<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829</id><updated>2012-02-16T08:32:56.806Z</updated><title type='text'>LINIERES</title><subtitle type='html'>Livre : Les Châtelains de Linières à Saint André Goule d'Oie et à Chauché (Vendée)
par Emmanuel Francois</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default?start-index=26&amp;max-results=25'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>50</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-7939617164846173840</id><published>2012-02-02T17:51:00.000Z</published><updated>2012-02-02T17:51:36.096Z</updated><title type='text'>Emma Guyet-Desfontaines, une femme moderne de son temps</title><content type='html'>Nous avons déjà exposé la vie d’Emma Guyet (elle signait ainsi) jusqu’à son deuxième mariage en 1830, au temps où elle s’appelait Madame Chassériau. Nous avons aussi évoqué son intimité familiale et la vie de sa fille Isaure, interrompue à l’âge de 34 ans. La châtelaine de Linières vivait bien éloignée de St André Goule d’Oie et de Chauché, comme nous allons le voir ici en   abordant sa vie publique et d’artiste. Celle-ci a eu pour cadre principal le salon qu’elle tenait. Aussi il nous paraît nécessaire de situer auparavant cette institution des salons d’artistes dans une perspective historique. Dans le même temps nous pourrons mieux comprendre son comportement au regard des mœurs de l’époque. Ainsi Emma Guyet nous apparaît-elle comme une femme de son temps, mais une femme moderne dans son temps.&lt;br /&gt;Tout d’abord, qu’est-ce qu’un salon ?&lt;br /&gt;« Un salon est une réunion intime, où l'on se connaît et se cherche, où l'on a quelque raison d'être heureux de se rencontrer. Les personnes qui reçoivent sont déjà un lien entre celles qui sont invitées, et ce lien est plus intime quand le mérite reconnu d'une femme d'esprit l'a formé ; mais il en faut encore d'autres entre ceux qui s'y rencontrent : il faut des habitudes, des idées et des goûts semblables ; il faut cette urbanité qui établit vite des rapports, permet de causer avec tous sans en être connu et qui était jadis une preuve de bonne éducation et d'usage d'un monde, où nul n'était admis qu'à la condition d'être digne de se lier avec les plus grands et avec les meilleurs. &lt;br /&gt;Cet échange d'idées fait bien vite connaître la valeur de chacun ; celui qui apporte le plus d'agrément est le plus fêlé, sans considération de rang et de fortune, et l'on est apprécié, je dirais presque aimé, pour ce qu'on a de mérite réel ; le véritable roi de cet espèces de république, c'est l'esprit ! » Ces lignes ont été écrites par Virginie Ancelot, une romancière, auteur dramatique, mémorialiste et peintre, célèbre par son salon dans l’un des appartements de l’hôtel de La Rochefoucauld (rue de Seine) qu’elle ouvrit à partir de 1824. Le mot de « salon » est une invention du XIXe siècle, alors que l’institution remonte au XVIIe siècle. Il désigne ainsi une forme particulière de sociabilité. Avant le XIXe siècle, on qualifie de telles réunions de société, cercle, bulle ou cénacle. &lt;br /&gt;Le salon, par le droit de parole qu'y prenaient les femmes, leur permettait de jouer un rôle social. C’est dans leurs salons qu’est né l’art de la causerie caractéristique de la société française. Ces salons où l’on s’entretenait de belles choses en général, et surtout des choses de l’esprit, exercèrent une influence considérable sur les mœurs et la littérature.&lt;br /&gt;Dès le début du XVIIIe siècle, on trouve des salons accueillant les écrivains et les artistes, mais également on y donnait des fêtes, où se mêlaient aristocrates et bourgeois. Par exemple, Mme de Tencin, mère de d’Alembert, en animait un et avait publié cinq romans anonymement. La littérature, le théâtre, le jeu, la peinture, la musique y occupèrent alors une place importante : même la politique à partir du milieu du XVIIIe siècle. L’Encyclopédie est née dans le salon du baron d’Holbach. Sous la Révolution, les salons où l’on joue de la musique, où l’on sert des repas raffinés, où l’on cause politique, théâtre et littérature sont également nombreux.&lt;br /&gt;Au temps de Mme Guyet-Desfontaines, la vogue des salons est toujours vivace et les plus célèbres ont été ceux Juliette Récamier, (1) de Delphine de Girardin, (2) de Charles Nodier, (3) de Virginie Ancelot, (cf. ci-dessus) de la comtesse Taverna, (4) etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Julie ou Juliette Récamier (1777-1849), jolie femme qui donna le ton de la mode sous le Directoire. Elle fut amie de Benjamin Constant et de Chateaubriand.&lt;br /&gt;(2) Fille de Sophie Gay (amie de la mère d’Emma), écrivaine elle-même&lt;br /&gt;(3) ami du père d’Emma, journaliste et écrivain, eut une grande influence pour lancer le romantisme&lt;br /&gt;(4) Italienne née vers 1815, amie intime de Thiers&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons déjà indiqué qu’Emma commença par fréquenter le salon de Sophie Gay, l’amie de leur mère. Intéressons-nous à celui de Nodier, où Emma et Amaury-Duval firent leur début le plus marquant dans la société des artistes de leur temps. Pour décrire le salon des Nodier, nous reprenons ici le texte de Virginie Ancelot :&lt;br /&gt;« La maison de Nodier était fort animée, et les réunions pleines de gaieté ; je n'ai vu nulle part autant d'entrain. Les peintres, les poètes, les musiciens, qui faisaient le fond de la société, étaient laissés à toutes leurs excentricités particulières, et remplissaient le salon de paroles vives et retentissantes. &lt;br /&gt;Madame Nodier était aimable de bonté. Sa fille unique l'était avec son esprit, qui tenait de celui de son père, avec ses talents agréables et avec ses quinze ans. C'était une existence qui s'épanouissait parée de mille enchantements. Peu de jeunes filles ont eu, autant que mademoiselle Marie Nodier, cette verve  joyeuse qui semble dire : je suis heureuse de vivre ! &lt;br /&gt;On s'amusait donc beaucoup chez Nodier, car une réunion s'empreint naturellement des dispositions d'esprit de la femme qui la préside, et la toute charmante fille de Nodier remplissait de joie le salon de son père ; elle y avait ses amies, comme à la fleur de l'âge. Des poètes, des musiciens, des peintres aussi jeunes et joyeux, les faisaient danser, et tout cela était sous le charme de l'espérance ; la gloire leur apparaissait rayonnante, ils la voyaient de loin ! &lt;br /&gt;Il y avait aussi chez Nodier de ces rêveurs saint-simoniens et fouriéristes dont les âmes honnêtes croyaient possible une société sans crimes et sans malheurs : ils espéraient alors être témoins heureux de cette merveilleuse invention ! (5) Que d'espérances se mêlaient aux danses, aux valses, aux galops, aux polkas ! &lt;br /&gt;Et parfois, en carnaval, les déguisements les plus plaisants et les plus pittoresques amenaient la gaieté jusqu'à la folie. Alors il n'était permis à personne de venir sans être déguisé. Oh ! Il fallait toute la gentillesse de la jeune fille de la maison pour exciter la curiosité de graves personnages au point de les soumettre à cette décision »  (6)&lt;br /&gt;La fille de Charles Nodier écrit elle-même dans ses Mémoires, à propos de ces réceptions : « On put y admirer de nouveau, au rayonnement des noms illustres, les gracieuses ou splendides beautés que contenait l'écrin féminin de ce temps-là. Madame Victor Hugo, madame la comtesse O'Donnell, (7) madame Guyet-Desfontaines, mesdames Amédée Pichot, Duponchel, Deveria, Robert Fleury, madame de Bazaine Sénovert, madame Alexandre Bixio, ma sœur plutôt que mon amie madame Auguste Jal, Francine, la très-jeune nièce de mon père, déjà belle et déjà spirituelle, les deux adorables filles du général Pelletier. » (8)&lt;br /&gt;Et Alexandre Dumas de continuer dans ses Mémoires : « Nodier prétendait que j'étais une bonne fortune pour lui, en ce que je le dispensais de causer ;  mais ce qui, en pareil cas, était la joie du paresseux maître de maison, était le désespoir de ses convives : dispenser de causer le plus charmant causeur qu'il y eût au monde, c'était presque un crime : il est vrai qu'une fois chargé de cette vice-royauté de la conversation, je mettais un amour-propre inouï à bien remplir ma charge. &lt;br /&gt;Il y a des maisons où l'on a de l'esprit sans s'en douter, et d'autres maisons où l'on est bête malgré soi. Moi, j'avais trois maisons de prédilection, trois maisons où flambaient incessamment ma verve, mon entrain, ma jeunesse : c’était la maison de Nodier, la maison de madame Guyet-Desfontaines, et la maison de Zimmermann. Partout ailleurs, j'avais encore quelque esprit, mais l'esprit de tout le monde. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(5) Ce fut l’époque du lancement des premières théories socialistes, dont celles de Fourier, du Saint-Simonisme, et un peu plus tard de Proudhon&lt;br /&gt;(6) V. Ancelot, Musée des familles, lectures du soir, (T 24), page 98 et s.&lt;br /&gt;(7) Fille de Sophie Gay, née du premier mariage de son mari (A)&lt;br /&gt;(8) Mme Mennessier-Nodier, Charles Nodier : épisodes et souvenirs, Didier (1867) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quand Emma vient habiter chez Marcellin Guyet-Desfontaines en 1832, elle emmène tous ses amis du Quai Conti. Ses « mardis », qui deviendront plus tard des « samedis », vont trouver un cadre plus élégant. Vont s’y adjoindre les amis de son mari : le vicomte du Vigier, (9) Charles Guyet (quand il n’est pas en mer), (10) Félix Arvers, (11) A. de Musset, etc. Aussi son cousin le journaliste Isidore Guyet. Il cessa d'écrire dans les journaux en 1843, occupant ensuite ses loisirs à retracer ses impressions de journaliste sur les hommes politiques du temps. On lui doit aussi les explications ajoutées aux gravures au trait de l'arc de triomphe de l'Étoile par Normand (Paris, 1810-1811, in-4°. L. Louvet). Plus tard on verra des hommes politiques : Sébastien Luneau (député des Sables d’Olonne), Edmond Blanc (député de Haute Vienne), orléaniste conservateur qui fut aussi secrétaire général du ministère de l’Intérieur,  Odilon Barrot (chef de file des orléanistes de gauche dont fait partie Marcellin), l’amiral Lalande. (12) Des ministres viendront aussi se distraire : Montalivet, (13)   Cunin-Gridaine,  (14) Lacave-Laplagne, (15) ainsi que le grand ami Armand Bertin, qui succédera à son père dans la direction du Journal des Débats de 1841 à 1854. Le monde de la politique, de l’administration et des affaires représentait environ 20% des habitués du salon (16). Les membres de la famille et amis très proches représentaient à peu près la même proportion. Plus de la moitié des habitués étaient donc des artistes (littérature, peinture, musique, etc.), parfois amis proches en même temps. Mais dans une société française où l’aristocratie avait retrouvé toute sa place, elle est rarement présente chez les Guyet-Desfontaines. On est entre bourgeois.&lt;br /&gt;Au sujet du salon de sa sœur, Amaury-Duval a écrit : « Il y aurait peut-être un récit à faire des soirées de la rue d’Anjou, qui devinrent fort à la mode, et dont les programmes, variés à l’infini par le génie inventif de ma sœur, étaient plus curieux et plus inattendus les uns que les autres. » (17) &lt;br /&gt;Pour diriger un salon il faut une bonne connaissance des hommes, du tact, une autorité douce mais ferme. Mme Guyet-Desfontaines possédait ces qualités avec sa vivacité toute personnelle et sa bonne humeur contagieuse. C’est tout le paradoxe de cette société d’autrefois où la sphère des hommes et celle des femmes se rencontraient dans une profonde inégalité. On n’admettait pas que les femmes se mettent en vue comme les hommes, y compris dans les arts. Elles avaient une place éminente à la maison ou dans la société, mais comme mère ou épouse. Diriger un salon était un rôle de femme dans l’écrasante majorité des cas, celui de l’épouse et maîtresse de maison. La morale, la religion et l’enseignement cimentaient cet état de fait de leurs arguments, de leurs croyances et de leurs programmes. Le droit, marque des sociétés évoluées, le traduisait dans ses règles : ni capacité  juridique, ni droit de vote pour les femmes. C’est ainsi qu’à cette époque encore, une femme pouvait difficilement s’afficher comme écrivain. A titre d’exemples la grande femme de lettres et romancière, la baronne Dudevant (1804-1876), a choisi un pseudonyme masculin pour faire carrière : Georges Sand. (18) De même la fille de Sophie Gay, Delphine, épouse d’Emile&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(9) parent de sa mère, l’ex vicomtesse de Lespinay&lt;br /&gt;(10) Charles Guyet (1797-1867) fils de Jacques, un frère de son père, et ami d’Augustin Jal&lt;br /&gt;(11) Félix Arvers, poète, clerc dans l’étude de Guyet-Desfontaines à ses débuts&lt;br /&gt;(12) Julien Lalande (1787-1844), commanda l’escadre d’Orient de 1833 à 1839.&lt;br /&gt;(13) Camille Bachasson, comte de Montalivet (1801-1880), plusieurs fois ministre de Louis Philippe, dont il était très proche.&lt;br /&gt;(14) Laurent Cunin, dit Cunin-Gridaine (1778-1859), plusieurs fois ministre de Louis Philippe, et un des chefs du parti conservateur. &lt;br /&gt;(15) Jean Lacave-Laplagne (1795-1849) est un magistrat à la Cour des comptes,  député et plusieurs fois ministre des finances sous la Monarchie de Juillet. On s’est moqué de lui à cause de sa laideur.&lt;br /&gt;(16) calculé à partir des caricatures des habitués du salon (par J.A. Barre), pris comme échantillon représentatif&lt;br /&gt;(17) Amaury-Duval, Souvenirs (1829-1830, Plon (1885), page 253&lt;br /&gt;(18) A propos de Georges Sand, rappelons que son fils, Maurice Dudevand (1823-1889), épousa Lina Calamatta, la fille de Joséphine Raoul-Rochette, elle-même fille du grand sculpteur Houdon et aussi sœur de l’épouse de l’oncle d’Emma, Henri Pineu-Duval. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;de Girardin, fit carrière en littérature et dans la presse avec des pseudonymes masculins, dont le plus usité a été Charles de Launay. Une amie d’Amaury-Duval, Alice Marie Céleste Durand (1842-1902), femme de lettres, signait Henry Gréville. Emma elle-même indiquera comme nom d’auteur à ses livres : « une inconnue ». Amaury-Duval a écrit de manière révélatrice à propos de sa mère : « Elle s’était retirée à la campagne où le goût du jardinage avait remplacé son goût pour les arts qu’une mère de famille n’a pas le droit de cultiver, coupant, taillant, binant elle-même… » (19)&lt;br /&gt;Emma Guyet-Desfontaines, femme moderne de son temps, a elle aussi été freinée par les carcans sociaux de son époque. Nous l’avons même surprise à fumer ! En Angleterre, il est vrai, où elle se plaint en ces termes : « Il est défendu de fumer dans les rues, et mon pauvre mari se cache dans tous les coins pour passer un moment avec sa pipe. Quant à moi, je l’ai voulu, fumer, à la campagne, chez les Heath, et l’on m’a envoyé une députation pour me supplier de ne pas fumer, pour ma considération, pour les domestiques de la maison X. Tu juges de mon plaisir. » (20)&lt;br /&gt;Souvent pour une femme, l’acte de fumer affichait une appartenance au monde intellectuel, les romantiques ayant popularisé la pratique des fumeries. Ainsi la célèbre Georges Sand n’hésitait pas à apparaître en public la pipe à la bouche. L’acte de fumer était pratiqué surtout dans la haute société, avec l’idée de supprimer une frontière entre les sexes, et de faire preuve en même temps de modernité. Néanmoins, l’innovation ne manqua pas de faire débat. On sait qu’Amaury-Duval était un bon fumeur de pipe comme son beau-frère Guyet-Desfontaines. Malheureusement Emma ne nous précise pas si elle fumait la pipe ou la cigarette. Celle-ci était apparue en 1843, popularisant le tabac progressivement dans les milieux plus populaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(19) Manuscrit d’Amaury-Duval (Autun K8 35)&lt;br /&gt;(20) Lettre d’Emma Guyet à Amaury-Duval du 23-7-1854 (Autun K8 33)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Février 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-7939617164846173840?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/7939617164846173840/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2012/02/emma-guyet-desfontaines-une-femme.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/7939617164846173840'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/7939617164846173840'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2012/02/emma-guyet-desfontaines-une-femme.html' title='Emma Guyet-Desfontaines, une femme moderne de son temps'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-1777361668089208083</id><published>2012-02-02T17:32:00.000Z</published><updated>2012-02-02T17:32:44.663Z</updated><title type='text'>L’origine de St André Goule d’Oie</title><content type='html'>A la page 66 de mon livre, je réponds à la question de l’origine de cette paroisse en reprenant l’explication de L. Brochet (1) : « Saint André a pour origine le mouvement des bourgs francs au XIIIe siècle. On sait que des barons du Bas-Poitou créèrent des centres ou des villages nouveaux où ils attirèrent les serfs de leurs voisins par la garantie d'un meilleur traitement et par l'exacte limitation des rentes, des corvées, des taxes et des droits de justice. St André est cité par les historiens parmi les nombreuses paroisses ayant bénéficié de cette ère d’émancipation, tout comme Chauché, Les Brouzils, Mouilleron le Captif, etc. » &lt;br /&gt;Rappelons que les serfs du Moyen Âge n’étaient pas des esclaves comme au temps des Romains, ils possédaient la personnalité civile (ils pouvaient se marier légalement, acquérir, hériter, agir en justice et se livrer au commerce), mais ils restaient attachés servilement à un maître avec de nombreuses charges. Or, à partir du XIIIe siècle, les nobles, ayant besoin d’argent, ont racheté des droits anciens détenus sur leurs serfs, de certaines corvées par exemple. Les serfs, qui avaient la possibilité de cultiver un lopin de terre pour eux et de faire travailler leurs enfants, purent acquérir ainsi une amélioration de leur statut en plus des affranchissements. On sait que le roi Philippe le Bel (1268-1314), ayant besoin d’argent, chargea trois banquiers florentins d’organiser des affranchissements en série dans son domaine. Ces affranchissements individuels allèrent de concert avec les chartes de franchise, accordées aussi moyennant finances, à des communautés de villes et de villages. Or les conditions économiques des serfs s’étaient notablement améliorées pour favoriser ce mouvement. Il faut rappeler à cet égard que l'Antiquité avaient institué le système de la rotation biennale des terres labourables : un champ semé en céréales était laissé en jachère l'année suivante, il était labouré, mais non semé, et servait de pâturage. Au Moyen Âge, la rotation devint triennale : le champ était cultivé en céréales la première année, puis en légumes la deuxième année, avant d'être laissé en jachère la troisième année. Le gain de ce système était double. En effet, désormais seul un champ sur trois restait improductif, et la culture des légumes enrichissait la terre. La production augmenta de 50%, le paysan pouvait vendre ses excédents et améliorer sa condition.&lt;br /&gt;C’est ainsi que naquirent beaucoup de bourgs ruraux, adjacents à des églises ou formés dans des cimetières, vers 1100. Le cimetière, au sens du Moyen Âge, comme l’église, était un lieu d’asile à une époque où sévissaient les guerres privées. (2) Les cimetières comprenaient des maisons et leurs tènements (terres labourables, vignes, prés, etc.). Il a sans doute existé une charte pour St André Goule d’Oie, comme on en connaît pour d’autres bourgs, mais nous ne l’avons pas trouvée.&lt;br /&gt;Sur son origine, d’autres recherches permettent de mieux la situer, tout en s’appuyant sur l’explication ci-dessus.&lt;br /&gt;La piste la plus sûre de recherche est celle des documents bien sûr. Le plus ancien où le nom de la paroisse est mentionné, date du début de XIVe siècle. Il s’agit du « Grand Gauthier », (3) recueil réalisé avant 1306, puisque son auteur, Gauthier de Bruges, évêque de Poitiers, mourut cette même année. Le nom de la paroisse y est indiqué en latin  De Gula Anceris (De Goule d’Oie). De même y est mentionné le choix du prieur-curé par l’abbaye de Nieuil sur l’Autise et l’existence de la chapelle de Fondion, dédiée à St Laurent et desservie par le prieur de St André Goule d’Oie. Nous sommes dans les années 1200. On déduit seulement de cette &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Louis Brochet, la Vendée à travers les âges (1902) : histoiredevendee.com&lt;br /&gt;(2) M. Garaud, Les châtelains de Poitou et l’avènement du régime féodal, Mémoire de la Société des Antiquaires de l’Ouest (1864) page 244&lt;br /&gt;(3) Eugène Aillery, Pouillé de l’évêché de Luçon (1860) page 86 &lt;br /&gt;(books.google.com/books/.../Pouillé_de_l_évêché_de_Luçon.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;indication que l’origine de la paroisse remonte au plus tard à ces années-là. Mais la partie St André ne figure pas dans le nom de la paroisse à l’origine en 1306. Cependant il est mentionné par le prieur Baudry dès le début des registres paroissiaux conservés, au début du XVIIe siècle. Cela signifie aussi que l’expression « goule d’Oie », l’ancien nom du lieu, remonte à une origine plus ancienne que la paroisse elle-même, qu’on entendait alors, et qui a été seulement traduite en latin par « de gula anceris ». Donner un sens à cette expression latine, c’est d’abord valider ou contester sa traduction en latin, sans bien connaître la langue d’origine. Celle-ci a subsisté dans le patois local. Nous y reviendrons.&lt;br /&gt;Parmi les traces les plus anciennes de la période historique, nous disposons des vestiges des anciennes voies romaines. Or elles ne passaient pas au bourg de St André. On sait à quel point elles ont favorisé le peuplement de certains lieux situés sur leur passage. La voie Nantes/Saintes par Montaigu, St Georges de Montaigu, avait, à partir de Chavagnes en Paillers, deux parcours différents. L’un passait par St Fulgent à la Chaunière, puis par la Boutinière (St André Goule d’Oie), située sur la crête d’une colline, et continuait vers les Quatre chemins par la Brossière. On peut émettre l’hypothèse que les deux villages de la Brossière et de la Boutinière ont été habités depuis très longtemps sur ce tracé, même si nous ne possédons aucun document pour le prouver. L’autre parcours passait à Benaston, le haut bourg de la Rabatelière, la Chapelle de Chauché, l’Anguiller, et près du bourg des Essarts. (4) Entre ces deux tracés on a une partie de la paroisse de St Fulgent au nord et une partie de celle de Chauché au sud et St André Goule d’Oie au milieu. La Rabatelière est une création récente en 1640 sur une partie des territoires de Chauché, de Chavagnes et un peu de St André Goule d’Oie. (5) Sur ce futur espace de la paroisse de St André, il devait exister des lieux de peuplement comme on en a trouvé à Chauché, Chavagnes et St Fulgent. &lt;br /&gt;Nous disposons aussi d’une carte de J. M. Guerineau sur La Vendée de l’époque gallo-romaine à l’époque féodale. (6) St André Goule d’Oie y apparaît comme possédant un camp gaulois, comme les Essarts, St Fulgent et Chauché. D’une vraie valeur pédagogique, cette carte ne prouve rien sur l’existence des camps gaulois cités, nous semble-t-il.&lt;br /&gt;Le roi des Francs, Clovis, s’était converti au catholicisme vers 499, mais les occupants des habitations dispersées sur le futur territoire de St André Goule d’Oie, comme ceux du pays d’Herbauges, restaient attachés aux cultes païens. Le catholicisme arien (7) des wisigoths n’avait pas pénétré les couches populaires, disent les historiens. Implantés au sud de la Loire, les wisigoths avaient fait souche en quelques endroits des alentours, mais ils avaient été battus en 507 par Clovis à Vouillé, près de Poitiers.&lt;br /&gt;A quand remonte l’évangélisation catholique à St André ? Nous n’avons pas de document pour répondre, mais nous pouvons le faire chez les voisins. Elle s’est déroulée à partir des deux couvents (hommes et femmes), installés à St George de Montaigu vers 580 par St Martin de Vertou (527-601). A cette époque la ville s’appelait Durinum et avait perdu de sa prospérité d’antan. L’église érigée par les moines fut dédiée à St Georges et les couvents étaient une extension du monastère de Vertou que St Martin (de Vertou) y avait créé vers 575, en y instaurant la règle monastique de St Benoit. &lt;br /&gt;Les moines de Durinum évangélisèrent le pays alentour et un historien cite les Herbiers, Mouchamps, Vendrennes, les Essarts, Rocheservière. (8) St Fulgent faisait aussi partie de cette région évangélisée et son prieuré dépendait de l’abbaye de Vertou. Que l’évangélisation des peuplements de ce qui deviendra St André Goule d’Oie ait commencé au tournant des VIe et VIIe siècles est donc très probable. Comment évangéliser St Fulgent et les Essarts en évitant St André Goule d’Oie, situé entre les deux ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(4) Léon Brochet, Les voies romaines en Bas-Poitou, Annuaire SEV (1907)&lt;br /&gt;(5) A. de Guerry, Chavagnes, Privat (1988), page 74 sur la Maison Neuve.&lt;br /&gt;(6) Archives de la Vendée : 7 Fi 529&lt;br /&gt;(7) L’arianisme a été une hérésie propagée au sein de l’Eglise, niant la consubstantialité de la Trinité&lt;br /&gt;(8) Abbé Auber, St Martin de Vertou, Société des Antiquaires de l’Ouest (1868), page 48 et s.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premières églises ou chapelles ont été bâties en bois, à cette époque. Parfois elles l’ont été chez le seigneur du lieu, où les habitants avaient l’habitude de venir pratiquer leurs anciens cultes païens. A la place ils sont venus pratiquer le nouveau culte catholique. La notion de paroisse n’existait pas encore. &lt;br /&gt;D’autre fois c’étaient des moines qui bâtissaient leur église-prieuré sur des terres données par un seigneur, et accueillaient les habitants des alentours. A l’origine, les prieurés étaient de simples fermes, appelées granges, dépendantes des abbayes. L’abbé envoyait un certain nombre de religieux dans une ferme pour la faire valoir. Les religieux n’en avaient que l’administration et rendaient compte à l’abbé tous les ans. Ils ne formaient pas une communauté distincte et séparée de celle de l’abbaye et l’abbé pouvait les rappeler dans le cloitre quand il le jugeait à propos. Les prieurés furent érigés ensuite en paroisse. L’abbaye y plaçait alors au moins un simple prêtre. Quand il y en avait plusieurs, l’un d’eux, l’écolâtre, pouvait enseigner aux enfants « les lettres divines et humaines. »&lt;br /&gt;La création des paroisses est venue ensuite unifier autour des évêques ces différents lieux de culte. Le Pape avait menacé d'excommunication les seigneurs qui s'accrochaient, sans titre religieux, aux revenus des églises. Vers 980 on accorda des privilèges d'impôts aux paroisses des marches Poitou-Bretagne, ce qui veut dire que des paroisses existaient déjà dans la contrée. (9) La paroisse de la Chapelle de Chauché fait très probablement partie de ce mouvement de création de paroisses remontant au premier temps de l’évangélisation de la région. L’église de Benaston à Chavagnes remonte aussi à cette époque. Quant à la chapelle de Fondion, il paraît probable qu’elle remonte aussi à une période plus lointaine que celle du bourg de St André Goule d’Oie.&lt;br /&gt;Dès les débuts de l’évangélisation, on fixa les circonscriptions ecclésiastiques de l’évêché de Poitiers, érigé au IVe siècle. L’évêque était à l’origine secondé dans son territoire par des chorévèques. C’étaient des évêques attachés à un « pays » (pagus ou vicus), avec la fonction d'aider les évêques des cités épiscopales dans l'administration des groupes de population vivant à la campagne. A la fin du VIIIe siècle on supprima les chorévèques, tout en reprenant les mêmes circonscriptions. Ils laissaient en souffrance des services qui furent attribués à des archidiacres, archiprêtres et doyens. Les différences entre ces trois catégories, de nature semble-t-il surtout honorifique, sont difficiles à établir pour une époque aussi lointaine et ont pu varier suivant les évêchés. N’y attachons pas d’importance.&lt;br /&gt;Ainsi est né le doyenné de Paillers (transféré à Montaigu ensuite), qui doit son nom à une petite ville réduite à l’état de village et enclavée depuis dans la commune de Beaurepaire. (10) Il a donné son nom à Bazoges en Paillers et Chavagnes en Paillers. Le mot « paillers », d’origine gauloise, signifie cachette (dans les bois). Paillers a été le lieu de résidence du doyen de la contrée. Ce doyenné comprenait notamment la Copechagnière, Chauché et St Fulgent, alors que St André Goule d’Oie appartenait à l’archiprêtré de Pareds. C’est cette situation qui est à nouveau consacrée à la création de l’évêché de Luçon en 1317, par démembrement de l’évêché de Poitiers. &lt;br /&gt;L’archiprêtré de Pareds mérite une explication elle aussi, donnée par l’abbé Aillery dans son pouillé (11) de l’évêché de Luçon en 1860. Sur les bords de l’Arcançon, ruisseau qui traverse la plaine du Bas-Poitou, avait été édifiée au haut Moyen-Âge l’antique bourgade de Pareds.  Cette localité, devenue depuis un simple village de la Jaudonnière, a continué à imposer son nom à beaucoup de lieux aux alentours (ex. : Mouilleron, Bazoges, etc.) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(9) Note de D. Guilloteau à l’auteur du 12-10-2011&lt;br /&gt;(10) J. Lagniau, Notes sur l'histoire de Paillers, Annuaire SEV 1938, page 27&lt;br /&gt;(11) Le pouillé est un état des bénéfices ecclésiastiques d’un diocèse, d’une église ou d’une abbaye.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son archiprêtré comportait beaucoup de paroisses de l’est vendéen (notamment Pouzauges, les Herbiers, Chantonnay), et aussi Vendrennes, St Cécile et St Florence de l’Oie, pour citer les paroisses les plus proches de St André Goule d’Oie. Si on ne retient que la situation géographique du bourg de St André, oubliant les villages excentrés comme le Coin, à proximité de Chavagnes, on est tenté de se demander s’il n’existait pas une aire du « pays de l’Oie », qui expliquerait ce rattachement de St André à Pareds.  &lt;br /&gt;La position de St André Goule d’Oie, en frontière de deux circonscriptions ecclésiastiques, le doyenné de Paillé et l’archiprêtré de Pareds, ne parait pas s’expliquer par un découpage de nature politique. La petite région autour de St Fulgent et des Essarts faisait partie du pays d’Herbauges, comprenant un vaste espace allant de la Vendée à la Loire, qui resta sous administrée. Elle comprenait un seul viguier dans sa cité au départ de l’institution, chargé de la justice. La cité a disparu, sans même qu’on puisse la situer avec exactitude de nos jours. C’est que la priorité a longtemps été de survivre en pays d’Herbauges, à cause des invasions des voisins (bretons et angevins) et des razzias des normands. Durunum, Nantes, Luçon, etc. furent dévastées. Les limites du Poitou reculèrent jusqu’au Lay et la région tomba dès la fin du Xe siècle entre les mains du duc de Bretagne, puis du comte d’Anjou, revenant plus tard au Poitou. Cette situation troublée explique la création des nombreux fiefs à ligence de Chavagnes, en défense des ennemis, sur la marche d’Anjou qu’était alors Montaigu, avec la Petite Maine et le Vendrenneau comme limites à ne pas franchir. Montaigu resta une marche en revenant ensuite dans le Poitou.&lt;br /&gt;La situation changea à partir des XIe et XIIe siècles, quand la contrée connut un essor démographique et une nouvelle expansion religieuse. C’est l’époque des cathédrales, chère aux livres d’histoire des écoliers. Dans la région on défricha et on bâtit des églises, souvent à l’initiative du seigneur local, comme à Chavagnes et aux Brouzils. Il en confia le service à un monastère, et il attribua quelques terres au nouveau prieuré, pour faire vivre le clergé. &lt;br /&gt;Que s’est-il passé à Chauché ? Il existait probablement déjà la paroisse de la Chapelle, mais on créa un prieuré (dépendant de l’abbaye de Luçon) (12) sur un promontoire rocheux non loin de là et on bâtit une église dédiée à St Christophe. Celle-ci devint une paroisse à la même époque où l’on créa la paroisse de St André Goule d’Oie. Une concurrence entre seigneurs locaux pourrait expliquer ce qui s’est passé à Chauché.&lt;br /&gt;L’église de St Fulgent (Ecclesiam Sancti Fulgentii) est citée dans une bulle du pape Alexandre III du 17 mai 1179, comme faisant partie des possessions de l’abbaye de Saint-Jouin de Marnes. Or c’est à l’abbaye de St Martin de Vertou et à son prieuré de  Durinum, que St Fulgent doit sa création. Après que les normands eurent mis à sac en 843 la ville de Nantes, les moines de Vertou situés près de cette ville prirent peur. Ils rassemblèrent leurs trésors et allèrent se réfugier à Ension, où reposait dans une abbaye le corps de Saint Jouin. Ainsi est né le monastère de Saint Jouin et de Saint Martin de Vertou, appelé ensuite Saint-Jouin de Marnes (près de Moncontour dans les Deux-Sèvres).&lt;br /&gt;Aux Essarts l’abbé de Luçon nommait le prieur de l’église St Pierre nommée dès 1099 (3) (ecclesia de exartis, nom ancien d’après les chartes). D’autres prieurés (Notre Dame, St Michel) ont connu une vie éphémère aux Essarts, semble-t-il.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(12) Cette abbaye ancienne sera choisie pour siège du nouvel évêché en 1317. Le chapitre de la cathédrale de Luçon a ensuite conservé, à partir de 1468, le prieuré de Chauché comme une simple prébende au profit d’un de ses chanoines.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et St André Goule d’Oie ? Ses peuplements étaient probablement évangélisés. Ils disposaient probablement d’une église, mais que nous ne connaissons pas, sauf à s’interroger à nouveau sur l’origine de son nom, ce que nous ferons plus loin. &lt;br /&gt;Toujours est-il qu’un prieuré existait, qui desservait l’église du bourg. Ce prieuré dépendait de l’abbaye de Nieuil sur l’Autise, qui avait été fondée récemment, en 1069, sous le vocable de saint Vincent par Airauld Cassedener, seigneur de Vouvent.&lt;br /&gt;Pourquoi ce rattachement de St André Goule d’Oie à l’abbaye de Nieuil, la seule dans ce cas dans la région ? Nous n’avons pas de réponse satisfaisante. On sait que St André a été un moment rattaché au prieuré-cure de Mouilleron le Captif comme Ste Agathe de la Grève (St Martin des Noyers), Belleville et la Génétouze. (10 ci-dessus) Mais la piste s’arrête là.&lt;br /&gt;En résumé, au moment où on délimite les nouvelles paroisses que l’on crée au XII/XIIIe siècle, de St André Goule d’Oie, Chauché et Chavagnes seules les paroisses de la Chapelle de Chauché, de St Fulgent et des Essarts préexistaient depuis longtemps. A partir de cette constatation, on comprend comment les limites entre paroisses ont été fixées. &lt;br /&gt;Nous connaissons les limites de la paroisse de St André Goule d’Oie, qui n’ont pas beaucoup changé depuis l’origine aux XIIe/XIIIe siècles. Elles suivent la plupart du temps des limites naturelles (lisière de forêt et cours d’eau), sauf quand il s’agit de marquer la frontière avec la Chapelle de Chauché et les Essarts existant déjà. Voyons cela en détail (avec Geoportail, carte IGN, si l’on veut) :&lt;br /&gt;A partir du Clouin au sud-est, la délimitation de la paroisse suit la lisière de la forêt de l’Herbergement pour la séparer de St Florence de l’Oie. A Fondion elle emprunte le ruisseau de Fondion pour la séparer de Vendrennes, puis le ruisseau du Vendrenneau pour la séparer de St Fulgent, et de Chavagnes à l’extrême nord-ouest. Ensuite elle suit la Petite Maine jusqu’à la Salette où elle suit alors le ruisseau de l’Anguiller. A la création de la paroisse de la Rabatelière au XVIIe siècle, une partie du territoire de St André est entré dans la nouvelle paroisse autour de la Maison Neuve. (7 ci-dessus) La limite suivait après cela le ruisseau des Passe-lignes jusqu’à la Morelière. A partir de là, elle prend celle de la paroisse de la Chapelle de Chauché. Nous le savons parce que le fief de la Drollinière (Linières autrefois) faisait partie de cette paroisse et qu’il comprend au moins une partie de la Morelière. Et cela continue : la limite de St André est en même temps celle du fief de la Drollinière et de la paroisse de la Chapelle, jusqu’à ce qu’elle rejoigne à la Berjonnière le ruisseau de la Fontaine de la Gandouinière. La limite retrouve ici une limite naturelle jusqu’à la Gandouinière. Enfin, à partir de ce dernier village, le territoire de la paroisse de la Chapelle de Chauché continue de délimiter, avec les métairies qui en font partie, la paroisse de St André, mais sans la frontière naturelle d’un ruisseau ou d’une lisière de forêt. &lt;br /&gt;On voit clairement avec ce tracé qu’on a privilégié des frontières naturelles pour délimiter les paroisses, sauf à respecter le territoire préexistant de la paroisse de la Chapelle, approprié par le prieuré de Chauché, ainsi que celui des Essarts. N’oublions pas que l’imbrication des différents monastères sur les territoires a relevé d’une certaine concurrence entre eux, car l’élément matériel comptait beaucoup aussi : les églises rapportaient de l’argent. La paroisse de la Chapelle a disparu progressivement au profit de la paroisse St Christophe de Chauché, sans rien changer aux limites fixées. C’est ce qui explique que le territoire de Chauché s’avance jusqu’au bourg de St André, de manière peu pratique pour certains habitants. D’ailleurs, l’absence de frontière naturelle sûre à la Morelière a laissé un certain flou qui s’est révélé après la Révolution, alors que les paroisses étaient devenues des communes dans les mêmes limites et que les nouveaux impôts fonciers reposaient sur la valeur des parcelles de terre. On sait que les deux communes de Chauché et de St André Goule d’Oie n’étaient pas d’accord sur leur frontière à la Morelière et qu’il a fallu une ordonnance royale en 1818 pour trancher leur différent. &lt;br /&gt;Abordons maintenant la question de l’origine du nom de « Goule d’Oie ». Deux démarches peuvent être utilisées, à partir de la première expression latine connue : « de gula anceris ». La première se contente de la traduire en français, telle qu’elle se présente. La deuxième se demande d’abord s’il faut la prendre au pied de la lettre. Examinons les différentes démarches.&lt;br /&gt;Des latinistes distingués comme Marcel Baudoin relèvent que le « de gula anceris » de 1306 est devenu « de gula anceri » dans un document de 1533, mais qu’il s’agit d’une mauvaise graphie de « anseris » qui désigne l’animal, l’oie. (13) A ce détail près, l’expression latine veut dire gueule de l’oie et désigne bien un animal. En collant à cette traduction les érudits, se demandant quel sens donner à un tel nom, sont allés chercher des histoires de légendes ou se sont demandé si une statue de saint André n’avait pas été « ratée » au point de suggérer la ressemblance avec une « goule » d’oie.&lt;br /&gt;L’autre démarche consiste à s’interroger sur la traduction latine du mot primitif. En particulier le mot oie ne se rapporte pas forcément à l’animal. A St Florence de l’Oie et au village de l’Oie, tout à côté, les étymologistes expliquent que le mot « oie » a pour origine le nom d’un ruisseau, « aqua » en latin, issu d’une racine indo-européenne « akw », qui veut dire cours d’eau. (14) M. Baudoin, cité plus haut, va dans ce sens. Pour lui, « oia » a été un nom de pays et il cite deux exemples identiques. Le Yon, affluent du Lay proviendrait de « oiona », tout comme la Gorge d’Oie au sud de l’île d’Yeu. Quant au mot « gula », il suggère qu’il signifie entrée ou embouchure, comme un goulet. Il n’est pas certain de que signifie « oia », mais sa conviction est qu’il se rapporte à un nom de pays. Et il écrit : « Le goulet d’Oie du pays de St Fulgent pourrait tout simplement être le confluent de diverses branches qui forment le Vendrenneau, c'est-à-dire l’entrée du pays d’Oia de la Vendée centrale, à opposer au pays d’Oia de la côte du pays de Mont, sur le bord de l’Océan Atlantique. » (13) Faut-il le suivre sur l’hypothétique pays d’oia de la Vendée centrale ? Les références étymologiques sont rares et manquent de certitude. Mais le point de départ de sa réflexion est intéressant. &lt;br /&gt;D. Guilloteau, avec qui je corresponds pour mes recherches, grâce à internet, reprend la même explication pour le mot « oie ». Pour lui, le « de gula anceris » est sans doute la traduction approximative en latin « normal » par un moine, de ce qu’il entendait dans le patois local d’alors. Comme à St Florence, ici l’ « oie » ce pourrait être l’eau (qui aura été mal traduite en latin moderne). Cette région, écrit-il, pourtant élevée (ligne de séparation des bassins versants de la Sèvre-Maine et du Lay) regorge de ressources en eau et la toponymie touchant à l'eau y est riche. Quant à « Goule », il raccrocherait ce mot à celui de la famille Goellus ou Goyer, grand propriétaire local, qui a donné son nom au prieuré du Bois-Goyer (15) et à d'autres lieux-dits dans la région (fief Goyau, Goyas etc....). Et là aussi la traduction en latin moderne aurait déformée le sens initial. Si l’explication est juste, un certain Goellus, au pays de l’Oie (au pays de l’eau), serait à l’origine de l’habitat, devenu ensuite bourg autour de l’église de Goulledoye, devenant l’église d’une paroisse créée au XIIe /XIIIe siècle, et portant le nom de ce bourg. L’historien de St Fulgent, Maurice Maupilier, indique que « la famille seigneuriale des Goyau ou Goyer est très forte et très riche dans le pays autour du pays de l’Oie » (16)&lt;br /&gt;D. Guilloteau précise aussi : « Il est acquis, je pense, que l'appellation "oie" étant partagée entre plusieurs paroisses, elle correspond à une région que j'appelle "pays" pour la facilité. Ce pays jouxte de façon trop étroite "Paillers" (près de Bazoges, Mesnard, St Fulgent) pour appartenir originellement à Pareds. Je penche donc pour un rattachement postérieur du pays d'Oie à Pareds. Or on trouve dans le cartulaire de Marmoutiers, du temps de l'abbé Albert (soit 1032-1064), une donation par Adelende épouse d'Engelbaud Goel son mari, de la moitié de l'église et du bourg de St Germain le Princay au prieuré de Sigournais. Un prêtre, nommé &lt;br /&gt;Raynald, donne l'autre moitié de l'église. Il s'agit sans doute des aïeuls d’Engebaudus Goellus, contributeur à la création en 1120 du prieuré de Bois-Goyet (à Vendrennes).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(13) Archives de Vendée, Inventaires en ligne, Enseignement culture, Travaux d’érudits (Bouron-15J), La préhistoire des villes de Vendée, St André Goule d’Oie, M. Baudoin (vue 203/317)&lt;br /&gt;(14) Page 68 de mon livre : J. L. Le Quellec, Dictionnaire des noms de lieux de la Vendée&lt;br /&gt;(15) situé sur la commune de Vendrennes, à l’est de l’Oie.&lt;br /&gt;(16) M. Maupilier, St Fulgent sur la route royale…, Herault Editions (1989)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'intérêt de ce titre est qu'il établit un lien  entre le pays de Pareds et celui de l'Oie et peut ainsi expliquer le rattachement de cette zone et de St André au pays de Pareds. J'ai également trouvé des descendants au XIIIe siècle de cette famille dans des titres de l'abbaye de la Grainetière, ce qui laisse entendre que les possessions de cette famille allaient donc du sud (Pareds avec St Germain le Princay) au nord (Mouchamps, Vendrennes, l'Oie, la Barotière, Beaurepaire). » En résumé, l’auteur émet l'hypothèse que le territoire du bourg de St André lui appartenait également, et que cela explique son rattachement à la circonscription ecclésiastique de Pareds. &lt;br /&gt;En conclusion, il apparait hautement probable que les peuplements de ce qui deviendra la paroisse de St André Goule d’Oie furent convertis au christianisme à l’époque mérovingienne. On constate que la paroisse est apparue au Moyen Âge avec son nom primitif qu’on écrirait aujourd’hui Goule d’Oie ou Goulledoie, dont l’origine est inconnue, mais n’ayant aucun lien avec St André dont on a accolé le nom plus tard au nom primitif. Cette origine inconnue se rattache probablement à un pays de l’Oie, à l’instar des communes voisines plus à l’Est, et peut être à un grand propriétaire local du Haut Moyen Âge. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Février 2012&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-1777361668089208083?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/1777361668089208083/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2012/02/lorigine-de-st-andre-goule-doie.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/1777361668089208083'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/1777361668089208083'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2012/02/lorigine-de-st-andre-goule-doie.html' title='L’origine de St André Goule d’Oie'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-3811270918410216426</id><published>2012-01-02T18:44:00.000Z</published><updated>2012-01-02T18:44:24.424Z</updated><title type='text'>De Brayer et la nouvelle église de St André Goule d’Oie.</title><content type='html'>Le blason du propriétaire de Linières, au moment de la construction de l’église actuelle de la paroisse, Marcel de Brayer, est reproduit sur un des vitraux de l’église. Dans ses papiers personnels (1) nous avons retrouvé une lettre du curé de St André à Amaury-Duval, évoquant ce vitrail.  Le comte Marcel de Brayer est alors malade et se trouve, avec son grand-oncle Amaury-Duval, dans sa résidence parisienne, Linières étant sa deuxième résidence. Voici le texte de cette lettre : &lt;br /&gt;                                                                                          « St André Goule d’Oie 7 mai 1875&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Monsieur,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai appris avec beaucoup de plaisir que la santé de M. le Comte va s’améliorant. Je serais bien content de le voir à Linières, ainsi que vous, Monsieur, afin de causer ensemble des affaires de notre église. Elle s’élève rapidement, nous voici déjà rendus à la naissance des croisées.&lt;br /&gt;Mes paroissiens vont me payer mes vitraux. Je pense que je n’en aurai pas assez  à leur offrir. Sur onze croisées qu’il y aura dans la première partie de l’église, neuf m’ont déjà été promises. Il ne m’en reste plus qu’une d’un bas prix, qui sera au-dessus d’une petite porte d’entrée, et une des plus belles que je réserve pour M. le Comte. Elle sera placée dans le transept du côté droit, en entrant dans l’église. En face sera un vitrail de même grandeur qui sera payée par Mme veuve Chaigneau du Coudray. (2) Voici le sujet de ce vitrail.&lt;br /&gt;Il représentera  St André offrant le Saint Sacrifice de la messe, à l’Elévation. Dessous l’autel, les âmes du purgatoire qui attendent leur délivrance par l’offrande de la messe, un peu à côté les vivants prosternés, à cause de l’élévation de l’hostie, implorent la divine miséricorde. Au-dessus, en haut du vitrail, Marie est à genoux devant son fils qu’elle regarde avec amour, d’une main lui montrant l’hostie consacrée, de l’autre empêchant l’ange de la justice divine de frapper les coupables.&lt;br /&gt;Ce vitrail sera auprès de l’autel de la St Vierge. Celui que j’offre à M. le Comte, sera auprès de l’autel de St Joseph. Voici le sujet que je désirerais mettre dans ce vitrail.&lt;br /&gt;La Sainte Famille occupée au travail.  Marie assise tient sa quenouille et son fuseau, Joseph auprès de son établi tient sa scie ou son rabot, l’enfant Jésus est au milieu. Il parle et Marie et Joseph écoutent dans le respect et l’admiration. Au-dessus un Père éternel et le Saint Esprit, avec des rayons lumineux qui descendent du Père et du Saint Esprit jusqu’à l’enfant Jésus. Je crois que ce vitrail ferait beaucoup d’effet. Ce serait un tableau parlant et rempli d’instructions.&lt;br /&gt;Au-dessus du vitrail, d’un côté seraient les armes de M. le Comte, de l’autre son nom et celui de sa demeure.&lt;br /&gt;Si M. le Comte pouvait écrire, je suis persuadé qu’il aurait déjà fait connaître ses intentions. J’attendrais bien une complète guérison pour connaître la décision, mais je craindrais que le vitrail ne fût pas prêt à l’époque voulue si on attendait trop tard à le commander. Tous les autres vitraux sont commandés depuis déjà 15 jours. Il faudra qu’ils soient prêts pour la Toussaint.&lt;br /&gt;Si j’osais, je vous prierais, Monsieur, d’avoir l’obligeance d’en dire un mot à M. le Comte, quand vous jugerez le moment convenable, et de m’envoyer le dessin de ses armes, car je ne doute pas qu’il ne veuille avoir son nom et ses armes dans mon église, ce que tout le monde désire.&lt;br /&gt;Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de mon très profond respect.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;        Martin prêtre. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Archives d’Autun K8 34&lt;br /&gt;(2) Son mari, Jean François Chaigneau, est mort le 15-12-1869 à l’âge de 35 ans. Il était alors maire de St André depuis quelques mois, ayant remplacé Augustin Charpentier en juillet 1869.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On sait que l’église a été inaugurée le 19-8-1877. (3) &lt;br /&gt;La reconstruction de l’église s’est inscrite dans une action générale du clergé vendéen au XIXe siècle. Parmi les 300 communes du département, un tiers d’entre elles va procéder à la reconstruction complète de leur église, et un autre tiers va apporter des modifications de restauration importantes. 15% des chantiers se sont ouverts avant 1848, 25 % des reconstructions se sont entreprises sous le IIe empire. Plus de 50% des dossiers sont ouverts après 1870. Ces précisions sont données dans un article sur « Les églises en Vendée au XIXe siècle : neutralité et éclectisme » de Marie Paule Halgand. (4) Les destructions de la guerre de Vendée et la prospérité apportée par les progrès techniques au cours du XIXe siècle, ainsi que la vitalité de la population, ont favorisé le phénomène. Il faut y ajouter aussi l’action évangélique du clergé, qui fait dire à l’auteure de l’article cité que ces constructions témoignent d’un catholicisme « ostentatoire ».&lt;br /&gt;A St André Goule d’Oie, l’ancienne église était devenue insuffisante à cause de l’augmentation de la population (1525 habitants). Elle avait une surface totale de 230 m2, dont 185 m2 seulement pour les fidèles, une fois déduits le chœur, les petits autels et les fonds baptismaux. Sa disposition rendait son agrandissement impossible. (5)&lt;br /&gt;C’est la fabrique (6) de la paroisse qui a porté le projet entièrement, pour un montant total du devis s’établissant à 75 880 F. L’architecte du département, Victor Clair, en a dessiné les plans, et un nommé Tillot en a dirigé un temps les travaux. Il a réalisé aussi le perron du château de Linières. (7) Un emprunt de 10 500 F à 5% sur 10 ans a été souscrit auprès de Pierre Fonteneau, après autorisation préfectorale du 9-7-1874. Une indemnité de secours du ministère de l’intérieur et des cultes a été accordée le 11-2-1874 pour un montant de 10 000 F. Mais on avait demandé 15 594 F. et on manqua d’argent. La construction du clocher fut ajournée pour cette raison, ce qui explique probablement la bénédiction officielle de l’édifice trois ans plus tard que prévu. L’autofinancement de la fabrique représentait 35 % du devis et les souscriptions particulières 30 %. Le conseil municipal n’a pas participé au financement, ayant alors la charge d’un montant de 24 centimes additionnels aux quatre contributions, pour la construction des routes et de l’école des garçons à la même époque. (5)&lt;br /&gt;La commission départementale des bâtiments civils, dans sa séance du 16 août 1873, a émis un avis favorable au projet de l’église de St André Goule d’Oie et à son style néo-gothique. On lit que « La construction nouvelle est conçue dans le style de la plupart des églises nouvellement érigées dans le département ». (8) &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(3) Abbé Aillery, Chroniques paroissiales de St André Goule d’Oie, (1892) T1, page 280&lt;br /&gt;(4) Bruno Foucart, Françoise Hamon, L'architecture religieuse au XIXe siècle : entre éclectisme et rationalisme - 2006 - Architecture - 363 pages&lt;br /&gt;(5) Archives de la Vendée, St André Goule d’Oie (1 O art.632)&lt;br /&gt;(6) Patrimoine d’une église administré par un conseil, aussi appelé fabrique&lt;br /&gt;(7) Lettre de Victor Cesson à L. de la Boutetière du 21-11-1901&lt;br /&gt;(8) Archives départementales de la Vendée, registre des procès-verbaux de la commission départementale des bâtiments civils, (4N61)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La portée de la lettre du curé se lit dans le texte même. Il propose au jeune comte de reproduire ses armes et son nom sur un vitrail, pour le remercier en tant que donateur. Et il n’est pas le seul, chacun des vitraux de l’église porte l’inscription de la personne ou de la famille qui l’a financé. Dans le chœur, un des vitraux porte l’inscription : « don des paroissiens », provenant de la quête auprès des moins fortunés. La reproduction des armes du comte de Brayer sur un vitrail n’a donc rien à voir avec une survivance du droit du seigneur haut justicier dans le Bas-Poitou, avant 1789, de faire reproduire ses armoiries dans les églises du ressort de sa justice. (9)&lt;br /&gt;On peut voir aujourd’hui, tel que le décrit le curé dans sa lettre, le vitrail dans le transept du côté droit de l’église de St André Goule d’Oie. Il représente bien la sainte famille occupée au travail. Dans sa partie basse, on remarque deux blasons. &lt;br /&gt;A droite celui du général Michel de Brayer (1769-1840). Napoléon l’avait fait baron en 1810, puis comte en 1815 pendant les Cent Jours. Marcel de Brayer est son petit-fils et a porté le titre de vicomte, hérité de son père, mort en 1863. Le titre de comte était porté par le frère aîné de son père, Lucien de Brayer, qui fit une carrière militaire, puis diplomatique en Amérique du sud (consul de France au Paraguay). Le blason représente en bas un renard au-dessus d’un pont à six arches et dans la partie supérieure quatre dessins : un chevron avec trois points, un sabre, un serpent qui se mord la queue et une faucille. En langage héraldique la description est la suivante :  « Ecartelé : au 1er, de sable au chevron alaisé d'argent accompagné de trois besants du même ; au 2e, des barons militaires ; au 3e, de pourpre au serpent en cercle d'or se mordant la queue ; au 4e, d'azur à la faucille d'argent ; le tout soutenu d'une champagne de gueules chargée d'un pont de huit arches (10) d'argent sommé d'un renard passant du même. »&lt;br /&gt;Le blason de gauche est celui d’Amilcar de Brayer (1813-1870), le troisième fils du général Michel de Brayer. (11) Militaire de carrière lui aussi, il portait le titre de baron. Il devint général en 1864 et fut nommé comte par Napoléon III la même année. Célibataire, il obtint le 3-11-1869, l’autorisation de transmettre son titre nobiliaire à son neveu Marcel de Brayer (12). C’est ce qui advint après sa mort à la tête de ses troupes le 16-8-1870 lors de la bataille de Rézonville (Meurthe et Moselle). &lt;br /&gt;Marcel de Brayer a donc fait reproduire sur son vitrail les deux blasons qu’il a portés, en tant que vicomte d’abord (représenté à droite), puis en tant que comte (représenté à gauche). Ce dernier comprend dans sa partie basse un renard au-dessus d’un pont à six arches et dans sa partie haute trois dessins : une fleur, un chevron avec trois points et un serpent qui se mord la queue. Les deux blasons sont surmontés d’une couronne comtale et portent la même devise, choisie par le général Michel de Brayer et reprise par son fils : « Bien aimer, bien servir ».&lt;br /&gt;On ne saurait oublier d’indiquer ici que les titres nobiliaires portés par Marcel de Brayer n’avaient pas d’existence légale stricto sensu. L’usage pour les enfants de Michel de Brayer, de porter le titre de vicomte pour le second fils et de baron pour le troisième fils, et encore plus pour le petit-fils de reprendre le titre de vicomte de son père, devaient être autorisés par ordonnance royale, ce qui n’eut pas lieu ici. Et même l’accord donné par le garde des sceaux pour que le comte Amilcar de Brayer transmette son titre à son neveu, devait être approuvé par une ordonnance du chef de l’Etat. Ce qui aurait été impossible, avec l’avènement de la République après 1870. Néanmoins, la pratique du jeune Marcel de Brayer était monnaie courante, on appelait ces titres des titres de courtoisie. Etait aussi monnaie courante la pratique de  l’ajout de la particule « de » devant son nom, pour faire plus noble, et qui ne se justifiait pas, dans son cas, ni au regard de la législation sur l’état-civil ni au regard des règles habituelles les plus anciennes sur le statut nobiliaire. Sans exagérer en ironie, on peut observer que l’envie de noblesse, chez beaucoup de membres de la « haute société », semble s’être accrue après la nuit du 4 août 1789 qui l’avait abolie.&lt;br /&gt;La lettre du curé est datée du 7 mai 1875, et on y apprend la maladie de Marcel de Brayer, cloué au lit dans sa résidence parisienne, rue d’Athènes. On sait qu’il mourut le 19 juin suivant, d’une grippe mal soignée, selon Amaury-Duval, son grand-oncle qui deviendra son héritier.&lt;br /&gt;Ce dernier a donc confirmé au curé de St André Goule d’Oie l’accord de son petit-neveu pour reproduire les armes sur le vitrail, mais sans retenir la suggestion du curé de mettre son nom et celui de sa demeure à Linières.&lt;br /&gt;Une dernière remarque sur cette mort prématurée. Elle se situe à la veille d’une importante baisse de la mortalité des adultes et des enfants, due à de nouveaux progrès décisifs de la médecine et à l’amélioration de l’hygiène publique et privée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(9) Annuaire de la SEV, Les juridictions Bois-Poitevine, (1889)&lt;br /&gt;(10) Le blason original possède huit arches, contrairement à la reproduction sur le vitrail&lt;br /&gt;(11) C’est par erreur que certaines informations sur internet en font le père de Marcel de Brayer&lt;br /&gt;(12) Lettre d’Amilcar de Brayer du 6-11-1869, Autun (K8 33)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Janvier 2012&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-3811270918410216426?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/3811270918410216426/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2012/01/de-brayer-et-la-nouvelle-eglise-de-st.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/3811270918410216426'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/3811270918410216426'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2012/01/de-brayer-et-la-nouvelle-eglise-de-st.html' title='De Brayer et la nouvelle église de St André Goule d’Oie.'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-3721940186910194650</id><published>2012-01-02T18:28:00.000Z</published><updated>2012-01-02T18:28:43.828Z</updated><title type='text'>Emma  Guyet-Desfontaines dans son intimité familiale</title><content type='html'>Comme son mari, Emma Guyet-Desfontaines a été dessinée par Ingres en 1847 à la mine de plomb et rehauts de blanc (voir au musée Bonnat de Bayonne). Avec ce dessin d’Ingres, nous avons presque mieux qu’une photographie. Il entre dans la psychologie du modèle, et tout son talent est de l’exprimer. On se souvient du mot de ce peintre : « le dessin est la probité dans l’art ». Emma n’ayant pas la beauté des modèles du peintre, il ne la montre pas de face. D’ailleurs le caricaturiste des habitués du salon d’Emma, J. A. Barre (1) a choisi de la dessiner en pied et de loin. Ingres choisit une position de côté pour mieux mettre en valeur les qualités personnelles de cette femme. Certes, il laisse deviner sa corpulence, et sa coiffure, passée de mode maintenant, ne l’avantage pas. La mode des cheveux coiffés en bandeaux plats apparut à partir de 1840. (2) Mais Ingres valorise l’essentiel en montrant l’expressivité et la mobilité de son visage, frappantes chez elle. On la voit rieuse, ouverte aux autres. On devine sa capacité d’entraînement, sa spontanéité et son envie de bouger. Son caractère séduit. &lt;br /&gt;Quand on compare son portrait avec celui de son père, la filiation est frappante, ce qui n’est pas du tout le cas de son frère Amaury. &lt;br /&gt;Comme nous l’avons déjà indiqué le couple Guyet-Desfontaines n’eut pas d’enfant. Isaure Chassériau, fille issue du premier mariage d’Emma, adoptée comme sa fille par son beau-père, fut leur unique enfant. &lt;br /&gt;Son frère Amaury habitait au no 2 rue Valois (3), où il avait son atelier de peintre dès 1834, à l’âge de 26 ans. Elle le fait venir chez elle aussi en 1836, lui donnant une chambre et lui offrant un espace pour servir d’atelier. Emma est une vraie mère pour son frère. Au temps de leur vie commune à l’Institut, quai Conti, Amaury a fait partie de la commission d'artistes et de savants désignée par Charles X pour aller en Grèce lors de l'expédition de Morée, comme dessinateur dans la section archéologie. Il est parti en janvier 1829, mais il a dû abréger son séjour à cause d’une fièvre qu’il y a contractée. Les lettres d’Emma à son frère, pour lui donner des nouvelles de la famille, lui raconter les parties avec des amis à Montrouge, chez elle ou chez les Nodier (« combien je t’ai regretté ! ») montrent cet attachement de la grande sœur. Elle lui écrit de Londres : « J’aimerais à voir de ta chère écriture, à lire ce que ton affection pour moi t’inspirerait, afin d’être heureuse pendant quelques jours. » (4) Mais quand elle apprend qu’il est malade, elle éclate : « Tu me connais, tu sais combien je t’aime, combien tu m’es nécessaire. Je t’ai cru perdu, et j’ai été folle un moment. » (5) Elle part à Marseille au mois de septembre 1829, où il a été rapatrié, pour le soigner. Adolphe Thiers lui avait écrit pour la consoler (6) : &lt;br /&gt;« Ma chère amie,&lt;br /&gt;J’ai appris hier soir la triste nouvelle qui est venue vous affliger. Je conçois votre douleur, mais elle est prématurée. A l’âge de votre frère, on brave une fièvre, et plus que cela, je crois et je souhaite que vous serez bientôt rassurée. Je vous remercie de votre aimable sollicitude pour moi ; j’ai trouvé un Strabon, et je n’ai pas besoin d’user de la lettre de change de votre père.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Jean-Auguste Barre (1811-1896) a été sculpteur et médailleur. On lui doit un buste de Guyet-Desfontaines&lt;br /&gt;(2) D’Almeras, La Vie parisienne sous Louis Philippe, Albin Michel (1925), page 408&lt;br /&gt;(3) Elle a porté le nom de rue Batave de 1798 à 1814&lt;br /&gt;(4) Lettre d’Emma à son frère du 1-6-1829, Souvenirs, page 186&lt;br /&gt;(5) Lettre d’Emma à son frère du 22-8-1829, Souvenirs, page 218&lt;br /&gt;(6) Lettre d’A. Thiers à Emma Chassériau du 21-8-1829 (Autun K8 34)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Je le remercie ainsi que vous. Si j’ai un moment avant de partir, j’irai vous voir et vous rendre un peu de courage. Adieu. Tout à vous.&lt;br /&gt;A. Thiers »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce tempérament de mère dont fait preuve Emma Guyet se comprend par sa personnalité bien sûr, mais pas seulement. La maternité était devenue au début du XIXe siècle la passion du jour, une nouveauté pour une part dans la haute société. (7)&lt;br /&gt;Le couple Guyet-Desfontaines disposait de la maison de Montrouge, au sud de Paris, pour profiter de la campagne proche de Paris. Pour aider financièrement son beau-père, Marcellin s’en était porté acquéreur. La célèbre Mme Récamier, entre autre grande amie de Chateaubriand, loua le pavillon de Montrouge. Le texte suivant nous en donne la circonstance : «  Revenue à Paris à la fin de 1816, Mme de Staël effraya ses amis par le spectacle de son changement. Sa faiblesse était excessive ; elle n'obtenait le sommeil et on ne calmait ses douleurs que par l'opium.&lt;br /&gt;Mme Récamier, profondément inquiète pour la santé de son amie, Mme de Staël,  n'était pas moins alarmée par l’état de maladie de sa cousine, Mme de Dalmassy. Elle n’eût consenti en pareille situation à s'éloigner ni de l'une ni de l'autre ; cependant elle désirait donner à sa cousine le calme de la campagne et la vue d’un jardin, en conservant la possibilité de voir Mme de Staël tous les jours. C'est alors qu'on lui indiqua à Montrouge le pavillon de La Vallière, qui appartenait à M. Amaury Duval, de l’Académie des inscriptions, et dont le parc était encore presque intact ; elle le loua pour la saison. » (8)&lt;br /&gt;Les enfants Duval avaient leurs souvenirs à Montrouge. Mais, sans délaisser complètement les lieux, le couple préféra louer, dès 1835, un pavillon à Luciennes (devenue Louveciennes) en Seine et Oise (devenue ici les Yvelines). C’était devenu la mode dans les classes aisées de la capitale de préférer l’Ouest parisien, on disait que l’air y était plus sain, alors que Paris voyait un afflux massif de provinciaux dans ses murs et conservait encore l’essentiel de sa structure urbaine du Moyen-Âge.&lt;br /&gt;Ils y passaient l’été et y offraient à leurs amis un cadre nouveau de mondanités. « Nous avons reloué Luciennes. C’est là où je t’attends. C’est là où tu oublieras cette scélérate d’Italie, dans les délices de Capoue-Luciennes », écrit Emma à son frère qui est en Italie en 1836. (9)  &lt;br /&gt;Un ami d’Emma, le compositeur de musique Henri Reber, lui écrit au cours de l’été 1841 : « Je suppose que la vie est toute autre à Luciennes (10) ; j’y pense bien souvent et désirais de tout mon cœur être un peu au courant de ce qui s’y passe. Je compte sur votre obligeance pour m’en écrire quelque peu. Je sais que ce n’est pas une indiscrétion que de vous prier d’une lettre, c’est pourquoi j’ai la fatuité de croire que vous voudrez bien me répondre et me donner de vos nouvelles les plus détaillées possibles. J’espère que vous êtes tous en bonne santé… Que fait Delsarte ? (11) Je ne doute pas qu’il soit souvent à Luciennes, c’est pourquoi je vous prierai de lui rappeler mes amitiés et de l’engager à travailler sa voix. » (12)&lt;br /&gt;A la fin de l’année 1847, les Guyet-Desfontaines occupent un château à Marly le Roi dans un parc de 13 hectares, tout à côté de Luciennes et de St Germain en Laye. Nommé « Mes Délices », Emma l’appelle « la maison verte » dans une lettre à son frère, qui se trouve alors dans le Massif Central pour un projet de décoration de la cathédrale du Puy (qui ne se fera pas) : « Enfin nous avons une maison de campagne ! Une belle, une …que je voudrais que tu visses, avant que les feuilles ne soient encore toutes tombées ! C’est à Marly le Roi sur le plus haut point du département, en pleine forêt, et avec une vue digne de l’Italie ; les aqueducs terminent un des côtés du tableau, et de  l’autre on a la Seine, les forêts, tout ce qui était joli et beau à voir de Luciennes. Mirasse, que nous y avons mené hier, était comme un fou. C’est vraiment beau, grand, une occasion unique, des serres délicieuses et garnies de filles de l’air… Connais-tu cela ? Ce sont des buches soutenues dans l’air, sur ces buches de la mousse, et dans cette mousse des fleurs ravissantes et des plus rares. (13) Tu pourras mettre tes élèves dans mes serres, et réaliser enfin ton grand projet de tabac français, poussant sur ta fenêtre. J’ai de plus, paons, biches, pigeons, poules, vaches …des fleurs comme s’il en pleuvait, et des orangers comme aux Tuileries ! Viens donc voir tout cela….&lt;br /&gt;Ta lettre m’a bien amusée et bien fait rire. Comme je te vois d’une jolie force sur la chasse, je te préviens que dans mon parc, j’ai beaucoup de lapins, et qu’ils sont à ta disposition… Adieu, voilà le facteur, je te quitte bien triste en t’embrassant de cœur.&lt;br /&gt;Mille tendresses&lt;br /&gt;Emma Guyet » (14)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(7) D’Alméras, La Vie parisienne sous Louis Philippe, Albin Michel (1925), page 453&lt;br /&gt;(8) Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier (1859), page 299&lt;br /&gt;(9) Lettre d’Emma à Amaury-Duval du 8-5-1836 (Autun K8 34)&lt;br /&gt;(10) Par rapport à sa vie retirée en Dordogne où il travaille au château de  Montcheuil&lt;br /&gt;(11) François Alexandre Delsarte (1811-1871) a été ténor à l’Opéra-Comique, et professeur de chant.&lt;br /&gt;(12) Lettre de H. Reber à Emma Guyet du 15-7-1841 (K8 33)&lt;br /&gt;(13) Orchidées&lt;br /&gt;(14) Lettre d’Emma Guyet à Amaury-Duval du 18-10-1847 (Autun K8 33)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La « maison verte », aujourd’hui disparue, était située dans le village même de Marly, à proximité de la propriété de la comédienne Rachel, (15) une grande amie. Elle participera souvent aux fêtes des Guyet. Marly va devenir une résidence aussi occupée au fil du temps que Paris. Rappelons qu’en chemin de fer, St Germain était à une demi-heure de Paris, une commodité nouvelle depuis 1837, quoique forçant à sortir de son quant à soi, puisqu’on entrait dans un des premiers services de masse de la société industrielle naissante. Emma Guyet ne manque pas de le souligner à sa manière quand elle écrit, relatant un voyage en chemin de fer à Londres, « Allons adieu. Je vais encore voir je ne sais quoi. Les chemins de fer sont tellement pareils aux nôtres, que je me crois toujours sur celui de St Germain. On se presse autant pour y aller, on se précipite de même dans les voitures. C’est la même chose et&lt;br /&gt;on le manque aussi. » (16) &lt;br /&gt;L’ouverture de cette ligne constitue un évènement historique. Les trains partaient de la place de l’Europe à Paris, en attendant l’ouverture de la gare de la rue St Lazare. Le son du cor donnait le signal du départ du train et il y avait trois classes appelées wagons (1,5 F), diligences (1,75 F) et coupés (2 F). Ces tarifs, valables les dimanches et jours fériés, étaient plus faible de 15 % en semaine pour les classes diligences et coupés. « On va à une rapidité effrayante et cependant on ne sent pas du tout l’effroi de cette rapidité. Malheureusement nous sommes négligents en France, et nous avons l’art de gâter les plus belles inventions par notre manque de soins ; on va à St Germain en vingt-huit minutes, c’est vrai, mais on fait attendre les voyageurs une heure à Paris et trois quart d’heures à St Germain, ce qui rend la promptitude du voyage inutile. » (17) &lt;br /&gt;Un autre lieu comptera beaucoup pour la famille : Etretat. Il marque une nouvelle mode des milieux aisés : les bains de mer, parfois conseillés par les médecins eux-mêmes, sans doute pour fuir les miasmes des villes, sinon en attendant les progrès à venir de la médecine. Il est vrai qu’Emma souffrait de rhumatismes. Mais surtout, le séjour des vacances allait devenir une occupation distinctive des rentiers. Autant dire que le château de Linières ne pouvait pas compter dans cette mode, perdu dans le bocage profond de la lointaine Vendée, et qui attendra encore avant que Nantes, puis Montaigu, soient reliées par le chemin de fer à Paris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(15) Rachel (1821-1858), actrice de théâtre adulée, parmi les plus célèbres de son siècle&lt;br /&gt;(16) Lettre d’Emma Guyet à Amaury-Duval du 23-7-1854 (Autun K8 33)&lt;br /&gt;(17) Delphine de Girardin, Lettre Parisienne du 1-9-1837&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le village d’Etretat en Normandie était devenu un lieu d’attraction pour beaucoup de peintres depuis 1820. C'est aussi à cette époque que l'on commença à bâtir des villas en style balnéaire. La construction de 1843 à 1845 de la route de Fécamp à Etretat, facilita l’accès à cette campagne du bord de mer. Surtout, la station succombe à la mode des bains de mer après 1845, grâce à Alphonse Karr (romancier d'inspiration romantique), auteur d'un roman à succès sur la ville, publié en 1836 : Histoire de Romain d'Étretat (Amaury-Duval a peint le portrait d’Alphonse Karr, exposé au salon de 1859). A la même époque la côte d’azur était aussi à la mode, mais était trop éloignée des parisiens, faute d’une ligne de chemin de fer en cours de construction.&lt;br /&gt;Le premier document trouvé, signalant la présence des Guyet-Desfontaines à Etretat, date de 1850. Cette année-là, on compte « près de 200 baigneurs à la fois » et en 1852 s'ouvre un casino de planches et d'ardoises, sous l'égide de la Société des Bains de mer d'Étretat créée récemment, où l’on y donne des spectacles. La Plage d’Etretat sera le titre d’un des romans d’Emma Guyet publié en 1868.&lt;br /&gt;Voici en quels termes Emma décrit les lieux à son frère : &lt;br /&gt;« Mon cher ami,&lt;br /&gt;                                   Tu nous as promis une visite et nous la voulons. Tu nous as dit que M. Marie (18) t’accompagnerait, il le faut absolument ; mais assez vite. Le temps est beau, la mer est belle, il ne faut pas trop tarder.&lt;br /&gt;Ce qu’il y a de plus sûr, ce serait de m’écrire le jour de votre départ de Paris. J’enverrais alors une voiture à la station. Et en partance de Paris à 8 h du matin pour le Havre, vous prendrez vos places pour la station de Beuzeville où vous serez à 3 h. Là vous aurez une voiture envoyée par nous et vous serez ici à 5 h. Il faudrait mieux venir ici tout de suite et aller au Havre après.&lt;br /&gt;Si vous aimez mieux le Havre d’abord, vous trouverez mille occasions de venir ici facilement en 2 h et demie.&lt;br /&gt;Maintenant, qu’est-ce qu’Etretat ? Un endroit où, en arrivant on voudrait en repartir, et qu’on ne pense plus à quitter dès qu’on est triste ! C’est ravissant, un village à part de tout. Ce qu’on connaît, des bois au milieu du village, des sources d’eau claire et excellente, des maisons d’une propreté hollandaise (sauf les torchis), des promenades toujours nouvelles, et le tout d’une gaieté folle. Quant à la mer, admirable.&lt;br /&gt;Chacun vit ici comme dans un château à 100 lieues de Paris. On est sans cesse dans la rue, aux fenêtres, habillés ou non, on s’apprête, on chante (il y a un piano), on se promène ensemble, on se baigne ensemble, sans aucune cérémonie. Moi, qui sais, et reste sur la rive, je ris de la quantité de mollets qui me passent sous les yeux.&lt;br /&gt;Le poisson abonde, les crevettes sont pour rien. A chaque heure du jour arrivent des voitures les plus élégantes, des femmes charmantes qui viennent déjeuner ici et se baigner C’est un va et vient continuel. Une vraie rive d’Italie, rien n’y ressemble tant.&lt;br /&gt;Nous manquons enfin du nécessaire et nous dormons à merveille ! Arrivez, …viens t’en assurer par toi-même.&lt;br /&gt;Adieu, à bientôt. Je t’aime et t’embrasse.&lt;br /&gt;Emma Guyet » (19)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(18) Sylvain Marie (1805 1870), ami d’Amaury-Duval dès le collège, originaire d’auvergne, Préfet.&lt;br /&gt;(19) Lettre d’Emma Guyet à Amaury-Duval du 5-9-1850 (Autun K8 34)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Espiègle, Emma ne peut pas s’empêcher d’évoquer la nudité des mollets des baigneurs. C’est que les femmes se baignaient alors vêtues d’une robe de bain et coiffée d’un bonnet, avec rubans pour les plus coquettes. Les cabines de bain sur les plages étaient donc indispensables pour se changer. Il fallut attendre un demi-siècle pour voir les jambes et les bras nus, et encore un autre demi-siècle pour voir le dos et le ventre. Ensuite, l’évolution s’accéléra aussi en ce domaine. &lt;br /&gt;Une autre activité dans les milieux aisés de cette première moitié du XIXe siècle  réside dans les voyages à l’étranger, voire en Orient. Stendhal (20) met à la mode la notion de « touriste » avec sa Chartreuse de Parme en1839. (21)&lt;br /&gt;Amaury Duval père avait noué des relations avec une famille d’Anglais, les Heath. Rien d’étonnant pour un ancien secrétaire d’ambassade au royaume de Naples et dans les Etats Pontificaux, et pour le directeur des Beaux-Arts en France. Emma était marraine d’une de leur  fille, qui était venue faire un séjour à Paris au printemps 1829. Elle la reconduisit à Londres où elle comptait passer le mois de juin, y donner des leçons de musique et de chants et peut-être gagner un peu d’argent, laissant sa fille à Paris. La traversée de la Manche durait quatorze heures et elle était vécue comme une vraie expédition. Emma y a rencontré du succès. « …J’ai chanté, j’ai vaincu … On donnait bals et concerts pour la jolie dame de Paris » (22)&lt;br /&gt;Avec son mari et Isaure (depuis que celle-ci a quitté son mari) ils vont régulièrement en Angleterre. En 1851, le fils de l’ami Augustin Jal, Anatole, (23) fait aussi partie du voyage. On sait qu’après la Révolution de 1848, le roi des Français déchu et sa famille ont trouvé refuge dans la banlieue de Londres à Claremont. Alors les Guyet font leurs visites royales à l’occasion de leurs voyages. Ils resteront fidèles en effet aux Orléans jusqu’au bout.&lt;br /&gt;Sans écarter la part d’exagération qu’Emma met parfois dans ses récits, elle nous livre une vision étonnante de ses voyages. Pour l’époque, visiter les Anglais représentait, apparemment, la découverte d’un monde aussi étrange que de nos jours la rencontre d’une tribu papou par des touristes européens ! &lt;br /&gt;Qu’on en juge par la lettre suivante d’Emma à son frère :&lt;br /&gt; « Londres ce dimanche 23 juillet&lt;br /&gt;Mon cher ami,&lt;br /&gt;J’imagine que peut être tu ne seras fâché d’avoir de nos nouvelles. Jusqu’ici il m’a été impossible de t’écrire, ne restant jamais plus d’un jour dans un endroit. Enfin me voici à Londres depuis hier, et vite je viens te dire comme nous sommes ! Si tu veux m’écrire poste restante au Havre, nous y serons dans une huitaine de jours. Avant, nous irons en Hollande. Il n’y a que 24 heures de mer, et pour des marins comme nous, qu’est-ce que 24 heures ? Nous comptons partir d’ici mercredi pour Rotterdam.&lt;br /&gt;Notre voyage s’est assez bien passé, sauf les mauvais lits et toute espèce de bêtes ! Les Heath sont venus nous prendre à Brighton, et de là nous ont menés à leur maison de campagne. C’est délicieux ! Tous les enfants étaient réunis, quatre grands gaillards et les deux filles ! Tout cela beau et superbe. Mais deux de ces jeunes gens sont sourds et muets. C’est très triste à voir et très fatigant pour parler, joint à cela le peu de facilité pour la langue et tu auras une idée de l’agrément que nous avons eu ! J’avais renoncé à la parole.&lt;br /&gt;Mon dieu que les anglais me sont odieux ! Quels gens, quels mœurs, quels sauvages. &lt;br /&gt;Dans ce pays de liberté on ne peut porter une décoration sous peine d’être suivi ou hué. On ne peut se mettre à la fenêtre sans causer un rassemblement…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(20) Marie-Henri Beyle dit Stendhal (1783-1842), est un écrivain, auteur du  Rouge et le Noir, La Chartreuse de Parme et Lucien Leuwen&lt;br /&gt;(21) Pierre Guiral, Adolphe Thiers, Fayard (1986), page 44 &lt;br /&gt;(22) Lettre d’Emma à Amaury-Duval du 15-5-1829, Souvenirs (1885), page 195 &lt;br /&gt;(23) Anatole Jal, architecte reconnu, mais aussi élève d’Amaury-Duval. Il a peint à Linières&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier soir nous avons été à l’opéra. J’ai vu la reine, qui est fort laide (24) et coiffée ! Puis la princesse Clémentine et son époux (25) ! Cela m’a fait un effet de revoir mes chers princes.&lt;br /&gt;Je te quitte pour aller sous le tunnel. (26) Je suppose que je resterai à la porte. De là nous irons à Windsor, voir le château et diner. Il faut bien passer son dimanche. On ne peut même pas avoir de la bière à boire aujourd’hui. Rien ne se vend !..&lt;br /&gt;Quand tu verras les dames Bertin et Lesourd, (27) dis-leur que c’est mal à elles de ne pas avoir écrit un petit mot poste restante. Elles me l’avaient promis, surtout Mme Lesourd, pour le contrebandier à présent c’est trop tard puisque nous partons mercredi. Au Havre donc, poste restante, pour avoir de leurs nouvelles…&lt;br /&gt;………….&lt;br /&gt;J’ai été sous le tunnel ! J’ai été à Windsor. Le château est admirable. Je n’avais jamais rien vu de pareil, un vieux gothique sans aucun ornement, de grosses pierres en grès, carrées, de grosses tours, de toutes formes.  C’est superbe. Il y a énormément de Vandycke, (28) d’Holbein, (29) tous portraits de la famille royale. C’est très curieux…&lt;br /&gt;Je t’embrasse tendrement.&lt;br /&gt;Ta sœur&lt;br /&gt;Emma Guyet&lt;br /&gt;J’ai été prendre un bain. On a des baignoires en marbre, où on a la tête en bas et les pieds en l’air. Si on vous réchauffe son bain, on apporte un cric et on tourne à grand peine une manivelle. J’en ris encore. » (30)&lt;br /&gt;Il ne faut pas oublier aussi que les Anglais étaient alors les « ennemis héréditaires » de la France depuis un siècle, avant d’être remplacés bientôt par les Allemands dans ce rôle. Ceci pourrait contribuer à expliquer  certaines violences de ton dans cette lettre. &lt;br /&gt;La vallée du Rhin et l’Allemagne, Venise et l’Italie, la Suisse, et peut-être d’autres pays feront aussi partie de leurs destinations de voyages à l’étranger.&lt;br /&gt;Pendant ce temps le frère Amaury-Duval restait célibataire. Pourtant les bons partis ne devaient pas manquer et il fréquentait beaucoup de jolies femmes dans sa vie mondaine. Dans sa correspondance et ses notes nous le voyons sensible à l’attirance des femmes. Mais les encouragements de sa sœur n’ont visiblement pas suffi pour le conduire au mariage. Il est resté vivre chez elle et son beau-frère, partageant beaucoup de leur vie, et de leurs fréquentations.&lt;br /&gt;En 1854, le malheur vint frapper une première fois Emma Guyet. Elle perdit sa fille unique, comme nous l’avons indiqué dans l’article sur Isaure Chassériau. Qu’allait devenir Marcel, un enfant de douze ans quand sa mère est morte, alors que son père avait des devoirs et des droits sur lui ? &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(24) Victoria, reine d’Angleterre de 1837 à 1901. Des historiens confirment l’impression causée par la laideur de la reine sur notre « piplette » d’épistolière.&lt;br /&gt;(25) Clémentine d’Orléans, dite « Mademoiselle de Beaujolais » (1817-1907), est une fille du roi des Français Louis-Philippe Ier. Après la Révolution de 1848, la princesse avait quitté la France avec son père et la plupart des membres de la famille royale. &lt;br /&gt;(26) Le premier tunnel sous un fleuve a été construit dans les années 1826-1828 par l’ingénieur d’origine française Brunel (un émigré de la Révolution) à Londres. En 1854 il constituait une curiosité et ne servait qu’aux piétons pour passer sous la Tamise.&lt;br /&gt;(27), amies proches. La 1e épouse du directeur du Journal des Débats, la 2e épouse d’un sous-préfet&lt;br /&gt;(28) Van Dyck (1599-1641) a été peintre du roi d’Angleterre Charles Ier et de sa cour de 1632 à 1634 et de 1635 à 1641. Il représente l’école flamande de la période baroque, avec Rubens.&lt;br /&gt;(29) Hans Holbein le jeune (1498-1543) est un peintre et graveur allemand. En 1536, il est nommé peintre-valet de chambre du roi d’Angleterre Henri VIII et devint en peu de temps le portraitiste officiel de la cour d'Angleterre&lt;br /&gt;(30) Lettre d’Emma à Amaury-Duval du 23-7-1854 (Autun K8 33)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour la grand-mère, pas question de le lâcher et elle obtint gain de cause. « Nous avons été heureux, mon mari et moi, d’apprendre par Monsieur Guyet, que vous ne seriez ni inquiétée ni entravée  dans vos projets sur ce cher enfant. Certes il ne saurait être sous une tutelle plus tendre et plus dévouée. » Ainsi s’exprime Louise Belloc dans une lettre à Emma. Nous aurons bien sûr l’occasion de revenir sur la vie de Marcel de Brayer. Mais dès maintenant, il nous faut souligner les liens très forts qui l’ont uni à sa grand-mère, sa deuxième mère. &lt;br /&gt;Ce qui veut dire en même temps que des liens très étroits se sont noués avec son grand-oncle Amaury-Duval. Ce qui veut dire aussi qu’il est entré à part entière dans le cercle riche et nombreux des amis de la famille. Il a été l’héritier de cette dernière dans tous les sens du terme. &lt;br /&gt;De toute façon il semble bien que son père a été souvent absent pour son fils, alors même que les Guyet ont facilité les rencontres entre eux. Et ce père est mort à la fin de l’année 1863, alors que Marcel avait vingt-un ans.&lt;br /&gt;Un détail révélateur noté dans le journal intime d’Amaury-Duval à la date du 1e janvier 1847 : « Le temps est magnifique, froid, mais pas un nuage au ciel. Visite habituelle aux grands-parents. Le soir à dîner mon oncle Guyet, (31) Reber, (32) Mottez. (33) Ce matin, en allant chez Mlle Louise, (34) je vois la Seine prise. Le soir elle recommençait à couler.» On voit dans cet emploi du temps l’appartenance de l’oncle Amaury à la famille Guyet-Desfontaines, et dans la formulation, la place de Marcel déjà à six ans. C’est sa visite pour les vœux du nouvel an à Emma et Marcellin qui est notée, et non celle de ses parents. C’est typiquement un langage de grands-parents et de grand-oncle, déjà. Dans les mots utilisés ils reçoivent d’abord le petit-fils. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(31) Isidore Guyet, marié à Félicité Tardy, fils de Jacques, un frère de Simon Guyet (maitre des postes de St Fulgent lors de sa mort en 1793, tué par les royalistes à St Vincent Sterlanges)&lt;br /&gt;(32) Henri Reber, professeur au conservatoire, compositeur de musique. Un habitué de Linières&lt;br /&gt;(33) Victor Mottez, peintre élève d’Ingres et ami d’Amaury-Duval. Il a peint à Linières &lt;br /&gt;(34) Louise Bertin, qui habitait à Bièvres au sud-ouest de Paris, est sœur des directeurs du Journal des débats. Elle fut musicienne et poétesse. V. Hugo a écrit les paroles d’un de ses opéras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Janvier 2012&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-3721940186910194650?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/3721940186910194650/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2012/01/emma-guyet-desfontaines-dans-son.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/3721940186910194650'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/3721940186910194650'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2012/01/emma-guyet-desfontaines-dans-son.html' title='Emma  Guyet-Desfontaines dans son intimité familiale'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-7936239385219217363</id><published>2011-12-04T13:15:00.000Z</published><updated>2011-12-04T13:15:53.791Z</updated><title type='text'>Retour sur la paroisse de la Chapelle de Chauché</title><content type='html'>Mon article de janvier 2010 sur la paroisse de la Chapelle de Chauché faisait le point sur son existence mystérieuse en explorant plusieurs pistes. Le mystère provenait de la contradiction entre d’une part, des actes notariaux attestant de son existence par incidence, et d’autre part son absence dans les inventaires des paroisses de l’évêché de Luçon réalisés dans plusieurs sources. C’est ainsi que le compte de décimes de 1646 dans le diocèse de Luçon ne cite pas cette paroisse, que le fichier historique du diocèse de l'abbé Delhommeau n’en fait pas état non plus, (1) et que le pouillé de l’abbé Aillery en 1860 ne la mentionne pas, depuis la source la plus ancienne du « Grand Gauthier » à la plus récente (Dom Fonteneau). &lt;br /&gt;Internet m’a procuré un contact avec M. Denis Guilloteau, natif de la Rabatelière, passionné d’histoire locale comme moi. Grâce à lui, j’ai abandonné la piste des cartes anciennes, j’ai su qu’au village de la Chapelle de Chauché, M. Oré père confirmait l’existence d’une chapelle et d’un cimetière ancien dont il a repéré les traces. Surtout D. Guilloteau a trouvé dans les rapports de l’inspecteur des archives au conseil général de Vendée en 1899, que l’église paroissiale de la Chapelle de Chauché et la chapelle Beguoin détruite en 1792, ne faisaient qu’une. On s’en doutait, mais il fallait une preuve. Moyennant quoi, on peut refaire le point sur cette paroisse perdue par beaucoup de documents officiels.&lt;br /&gt;Commençons par le plus important : dans le registre paroissial de 1792, le curé Pierre Charbonnel (élu par les républicains de la paroisse) écrit : « Dans le mois de septembre mil sept cent quatre-vingt-douze, l'on a démoli la chapelle Begouin, située au village de la Chapelle, en cette paroisse ; l'on dit que c'était autrefois l'église paroissiale de Chauché. » (2) Cette dernière affirmation est ambiguë, car les deux églises de St Christophe et de la Chapelle ont en réalité coexisté longtemps.&lt;br /&gt;C’est dans le registre paroissial de Chauché qu’on trouve la première mention écrite de la paroisse de la Chapelle de Chauché, que nous ayons trouvée, le 16-4-1602. Elle concerne le baptême de Jacques Durcot, fils du seigneur de Boisreau, le parrain est Jean de Montsorbier. Dans l’acte, le prieur-curé de Chauché, Barbot, indique que ce dernier « demeure à la Pitière paroisse de la Chapelle de Chauché. » &lt;br /&gt;Les premières pages des premiers registres de la paroisse de Chauché au XVIIe siècle sont explicites. En 1609, la première page du registre des enterrements indique : « Guillaume Jounaudeau, Recteur de Chauché en Poitou, 1609 - Papier ou catalogue de ceux qui ont été enterrés aux cimetières des églises de Chauché et la Chapelle. »&lt;br /&gt;Ce registre note des enterrements jusqu’en 1668, comportant l’usage du cimetière de la Chapelle jusqu’à cette date pour certains paroissiens. En revanche, il semble qu’il n’y ait plus de baptêmes ni de mariages à la Chapelle. Ainsi en 1609, la première page du registre des baptêmes indique : « le papier ou catalogue de ceux qui ont été baptisés en l’église de Chauché … ». Il en est de même des mariages à partir de 1609 : « les noces qui ont été faites et célébrées en l’église de Chauché … ». Et en 1668, le registre commun aux trois types d’actes semble entériner la fin de l’activité pastorale de la paroisse de la Chapelle. Sa première page du registre porte le texte suivant : « Papier des baptêmes mariages et enterrements de la paroisse St Christophe de Chauché pour l’année 1668 »&lt;br /&gt;Sur la création et l’existence de la paroisse de la Chapelle de Chauché, nous n’avons aucune mention dans les pouillés et autres documents ecclésiastiques. Et pourtant elle a bien existé comme le montrent, non seulement le registre paroissial de Chauché, mais aussi des mentions faites dans des actes notariés en 1622 et 1631. A cette dernière date, on apprend que la &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Correspondance de T. Heckmann, 2010&lt;br /&gt;(2) Rapports des chefs de services au conseil général de Vendée, 1899-2e, page 74&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Drollinière (ancien nom de Linières) faisait partie de cette paroisse. Son fermier général, (3) Jacques  Moreau, y est présenté comme « sieur du Coudray, demeurant au lieu noble de la Drollinière paroisse de la Chapelle de Chauché ».  &lt;br /&gt;Tout s’est passé comme si les deux paroisses, celle du bourg avec l’église St Christophe et celle du village de la Chapelle avec l’église Beguoin (orthographe de l’époque), ont coexisté, la première prenant le pas sur l’autre dès le Moyen Âge, et l’absorbant progressivement. Avec les extraits des registres paroissiaux cités ci-dessus, on voit que la disparition de la paroisse de la Chapelle s’est faite au XVIIe siècle. Cette disparition s’achevant avec les enterrements, ce qui se comprend facilement. Les cimetières jouxtaient les églises autrefois, et ils ont toujours constitué un patrimoine qui ne peut pas disparaître en un jour.&lt;br /&gt;Le 5-2-1671 précisément, c’est l’église de la Chapelle qui est utilisée pour y enterrer, suivant l’usage d’alors, un de ses bienfaiteurs : « a été enterré dans l’église de la chapelle Beguoin ou de Chauché le corps de défunt Maitre Mathieu Bousseau…sieur de la Milonière, âgé de 20 ans notaire de la baronnie des Essarts… » Ici, de manière explicite, on rappelle que l’église paroissiale de la Chapelle s’appelait aussi la chapelle Beguoin. &lt;br /&gt;Il y a fort à parier que le nom de Beguoin est celui du fondateur de l’église. (4) De là à penser que le nom de chapelle a ensuite donner son nom au village, la tentation est grande.&lt;br /&gt;On comprend dès lors pourquoi aucune mention n’est faite au XVIIe siècle de la paroisse de la Chapelle de Chauché dans les premiers  registres de St André Goule d’Oie. On y fait toujours référence à la paroisse de Chauché (sans plus de précision), pour indiquer les sacrements donnés dans l’église paroissiale de St André à des paroissiens de Chauché, nombreux à cause de la proximité des villages de Chauché proches du bourg de St André (comme Linières). &lt;br /&gt;On comprend aussi l’assertion du Dictionnaire Flohic de la Vendée, où l’auteur évoque un déménagement de la paroisse de la Chapelle vers le bourg, c'est-à-dire vers l’église dédiée à St Christophe. (1)&lt;br /&gt;Enfin, un dernier acte sur le registre paroissial de Chauché indique la fin officielle de la paroisse de la Chapelle. Le 3-3-1671 « a été enterrée dans l’église de ce lieu …le corps de défunt Maitre Pierre Chanteau dernier prêtre prieur curé de ce lieu de Chauché et la Chapelle… » &lt;br /&gt;Certes, la chapelle Beguoin a été utilisée après 1671, mais de manière exceptionnelle. Il va de soi que les seigneurs locaux tenaient à leurs coutumes et prérogatives. Ainsi voit-on dans le registre de Chauché un mariage dans cette chapelle le 6-10-1706 : « ont été par moi soussigné reçus à la bénédiction nuptiale dans l’église de la Chapelle Beguoin annexe de Chauché, Messire Paul Alexandre de La Fontenelle chevalier sgr de la Violière de la paroisse de la Copechanière, et damoiselle Marie Magdeleine de Chevigné de cette paroisse. »&lt;br /&gt;Qualifiée d’annexe, cette chapelle ne servait plus vraiment, ce qui explique sa démolition en 1792, même si le contexte anticlérical de l’époque a, semble-t-il, été décisif. Son sort fait penser en partie à celui de la chapelle de Fondion, à St André Goule d’oie, et au prieuré de l’Oiselière de St Fulgent.&lt;br /&gt;Cette paroisse de la Chapelle est indiquée sur une carte du duché et pairie de Thouars en 1660, signée de Duval. (5) L’indication est reprise ensuite jusqu’en 1760 dans différentes cartes. Mais la situation de l’église paroissiale parait fantaisiste, loin du village de la Chapelle. La carte comporte une erreur majeure, fait remarquer D. Guilloteau : elle confond la Petite Maine (qui passe par Chauché et vient des Essarts) avec le rau vendrennau qui passe à Saint André. Le seul mérite de cette carte est de confirmer l’existence de la paroisse, mais sa localisation est erronée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(3) Le régisseur sous l’Ancien régime, qui affermait les droits du seigneur pour les gérer lui-même&lt;br /&gt;(4) Dans les comptes d'Alphonse de Poitiers de 1248, on lit : « de redemptore terre uxoris J Bedoin apud Solbise ». Ce J. Bedoin pourrait-il être le fondateur ? (note D. Guilloteau du 12-10-2011)&lt;br /&gt;(5) Archives départementales de la Vendée : 7 Fi 1508&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son appellation de paroisse au XVIIe siècle nous parait relever plus de la force de l’habitude que de la réalité. En effet, on imagine mal à cette époque que son curé ait été nommé par l’évêque sans qu’aucun document ne mentionne l’existence de cette paroisse. Or sans curé, pas de paroisse. Après l’inventaire de l’évêque de Poitiers, Gauthier de Bruges (1278-1306), où déjà cette paroisse n’est pas mentionnée, ce qu’on appelle le « Manuscrit de Luçon », qui est un procès-verbal d’une visite faite en 1533/34 dans les paroisses de l’ancien diocèse de Luçon par Pierre Marchant, archidiacre de Luçon, semble y faire allusion avec la mention suivante pour Chauché : « De Chaucheyo, 10 prêtres. Une chapellenie, un stipendie, (6) chapelle des Papions fondée en 1499 par Girard curé de Chauché. Cette chapellenie dite des Girard, et plus tard des Papions, devint en 1710 à la présentation de André Papion, sgr de Gilardière demeurant à Réaumur. » La chapellenie (bénéfice ecclésiastique attaché à un autel dans une église paroissiale ou à une chapelle particulière et isolée) mentionnée est peut-être la chapelle Beguoin. Logiquement l’inventaire des biens ecclésiastiques de Dom Fonteneau en 1712 (7) siècle ne mentionne pas la chapelle Beguoin. Par contre il mentionne, en plus du prieuré, la chapelle des Durcot ou des Boisreaux, la chapelle des Papions ou des Girard, et la chapelle de St Catherine des Thoumaseaux. De ces constatations il faut faire remonter l’existence « légale » de la paroisse de la chapelle, ayant son propre curé, au moins avant les XIIe/XIIIe siècles, c'est-à-dire avant la création des paroisses de St André Goule d’Oie et de Chauché. Une création postérieure à cette période, n’aurait pas échappé aux documents ecclésiastiques.&lt;br /&gt;Ces nouvelles paroisses ont été constituées à l’initiative d’un seigneur local. C’est ce qu’on a appelé la politique des bourgs francs. « Les seigneurs locaux créèrent des centres ou des villages où ils attirèrent les serfs de leurs voisins par la garantie d'un meilleur traitement et par l'exacte limitation des rentes, des corvées, des taxes et des droits de justice. » (8) L’historien L. Brochet cite Chauché et St André Goule d’Oie dans la liste de ces bourgs francs. &lt;br /&gt;Ces paroisses sont nées généralement autour de l’église d’un prieuré déjà existant. Celui de Chauché (dont nous ne connaissons pas la date de création) dépendait de l’abbaye de Luçon, érigée comme telle après les invasions normandes au début du Xe siècle. Pourquoi a-t-on voulu concurrencer ainsi la Chapelle de Chauché ? Simples fermes à l’origine ou granges, dépendant des abbayes, les religieux y étaient envoyés par l’abbé pour les faire valoir. Pour son intérêt, l’abbaye y établissait ensuite une cure, se réservant tous les revenus et le droit de nomination du prêtre. Ce dernier se voyait accorder une pension, dite congrue, et desservait la paroisse, au nom du monastère. Mais ces établissements monastiques ne pouvaient pas être créés sans l’accord du seigneur local. Vers 1100, des bourgs ruraux apparurent à la campagne, adjacent à l’église et au cimetière. (9) L’église et le cimetière était un lieu d’asile à une époque où sévissaient les guerres privées. De plus le positionnement du bourg de Chauché, sur un promontoire, lui donnait des possibilités défensives n’existant pas à la Chapelle, un km plus loin. Une concurrence entre seigneurs locaux a pu aussi favoriser le bourg de Chauché au détriment de la paroisse de la Chapelle de Chauché. Des chartes, comme celle de St Germain de Prinçay, montrent ce phénomène, et même si nous n’avons pas trouvé celle concernant le bourg de Chauché, il y apparaît comme très probable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(6) fondation en faveur d’une bonne œuvre et pour obtenir des prières après le décès du fondateur&lt;br /&gt;(7) Aillery, pouillé du diocèse de Luçon (1860), page 3&lt;br /&gt;(8) Louis Brochet, la Vendée à travers les âges (1902) : histoiredevendee.com&lt;br /&gt;(9) M. Garaud, Les châtelains du Poitou et l’avènement du régime féodal aux XIe et XIIe siècles, Mémoire de la société des Antiquaires de l’Ouest (1864), page 244&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que se passe-t-il autour de Chauché au moment de la création de sa nouvelle paroisse dédiée à St Christophe au XII/XIIIe siècle ? Aux Essarts, existaient déjà un prieuré en 1099 et une église dédiée à St Pierre, dépendant de l’abbaye de Luçon. De plus, une chapelle dédiée à Notre Dame était pourvue par l’évêque. (7) A St Fulgent aussi le prieuré était une création ancienne, avant les invasions normandes, de l’abbaye de Vertou, devenue l’abbaye de St Jouin de Marnes, à partir des deux couvents de Durinum (St Georges de Montaigu). &lt;br /&gt;Les autres paroisses voisines, Chavagnes et St André Goule d’Oie, ont été créées à la même époque que celle de St Christophe de Chauché. Rappelons en effet que la Rabatelière n’a été créée que bien après, en 1640, en prenant une partie du territoire de Chauché, de Chavagnes et de St André (autour de la Maison Neuve). (10) &lt;br /&gt;Ainsi, quand la paroisse de St André Goule d’Oie a été créée, on a dû tenir compte du territoire préexistant de la Chapelle. Or celui-ci avançait à proximité du bourg de St André. Nous le savons puisque la Drollinière, proche de ce bourg, en faisait partie déjà en 1631. Il est difficile d’imaginer qu’elle ne l’était pas déjà depuis sa création, vers le XIIe siècle au moins. C’est ainsi qu’en délimitant les paroisses les plus récentes, au XII/XIIe siècle, Chauché a repris le territoire de la Chapelle de Chauché et St André Goule d’Oie a dû en tenir compte. C’est ce qui explique que le territoire de Chauché s’avance jusqu’au bourg de St André, de manière peu logique et pratique pour ses habitants.&lt;br /&gt;Si la préexistence de la paroisse de la Chapelle de Chauché par rapport à celle de St André Goule d’Oie repose sur une base sérieuse, il n’en va pas de même pour fixer l’origine de la paroisse de la Chapelle. Celle-ci peut remonter loin dans le temps, peut être les VIe/VIIe siècles, même si le peuplement du village de la Chapelle est certainement encore plus ancien, sur une ancienne voie romaine. &lt;br /&gt;En conclusion, nous pouvons émettre l’opinion raisonnable qu’avant les XIIe/XIIIe siècles, un sieur « Beguoin » a dû fonder une église à la Chapelle, y nommant peut-être le desservant lui-même, comme cela a pu se faire avant que le pouvoir de nomination des évêques fut rétabli de manière systématique pour toutes les cures. Et le fief de la Drollinière se trouvait dans le territoire de cette paroisse. Ainsi, sa qualification de paroisse donnée à la chapelle Beguoin a dû correspondre à une réalité vers le Xe siècle, antérieure à celle de la paroisse de Chauché dédiée à St Christophe, même si elle n’a pas laissé de documents pour le prouver. La force des habitudes en a ensuite prolongé l’activité pastorale sous la même appellation, même si le nom de paroisse était devenu sans fondement. Il y avait néanmoins toujours l’église de la Chapelle, et les habitudes prises par les familles d’une partie de Chauché de la fréquenter avec son cimetière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(10) A. de Guerry, Chavagnes communauté vendéenne, Privat (1988), page 74&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Décembre 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-7936239385219217363?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/7936239385219217363/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/12/retour-sur-la-paroisse-de-la-chapelle.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/7936239385219217363'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/7936239385219217363'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/12/retour-sur-la-paroisse-de-la-chapelle.html' title='Retour sur la paroisse de la Chapelle de Chauché'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-1186534245805911754</id><published>2011-12-04T13:02:00.000Z</published><updated>2011-12-04T13:02:20.963Z</updated><title type='text'>Emma Duval veuve Chasseriau</title><content type='html'>Emma Duval, épouse de Guyet-Desfontaines, le propriétaire de Linières de 1830 à 1857, survécut à son mari jusqu’en 1868. Devenue veuve, elle ne géra pas le domaine, mais confia cette tâche à un cousin de son mari sur place, Eugène Narcisse de Grandcourt, qui habitait St Fulgent. (1) Les habitants de Linières l’ont peu vue, elle est restée à Paris où elle y mena une brillante existence. Son salon fut renommé en raison de sa personnalité et par la réputation des artistes qui le fréquentaient. Sa vie mérite d’être racontée à part de celle de son mari, tellement elle est riche, même si le procédé est parfois gênant, s’agissant du couple unit qu’elle forma avec lui et de la famille très soudée qui se constitua autour d’eux avec son frère Amaury-Duval, sa fille Isaure Chassériau et son petit-fils Marcel de Brayer.&lt;br /&gt;Nous évoquerons ici son milieu d’origine et son mariage avec son premier mari, Adolphe Chassériau.&lt;br /&gt;Antigone Sophie Emma Pineu Duval est née le 15 août 1799 aux Ternes, faisant alors partie de la banlieue de Paris. Ses parents étaient deux provinciaux qui s’étaient rencontrés dans la capitale.&lt;br /&gt;Son père, Charles Alexandre Amaury Pineu-Duval (1760-1838) était un breton, né le 28 janvier 1760 à Rennes (paroisse de St Germain), fils de Alexandre René Pineu, sieur Duval, et de Anne Doré son épouse. Sa famille était reconnue à Rennes, au point que Chateaubriand la cite dans sa correspondance. Le père d’Emma y a fait ses études et, à la suite de son père, il commença à l’âge de 19 ans une carrière d’avocat au parlement de Bretagne. A l’âge de 25 ans il vint à Paris pour entrer au ministère des Affaires Etrangères. Son premier poste l’envoie à Naples, comme secrétaire de l’ambassadeur Louis Marie Anne, baron de Talleyrand-Périgord, oncle du célèbre Talleyrand, plus tard ministre des affaires étrangères. Après la démission de l’ambassadeur, refusant de servir la nouvelle République française, Amaury Duval est nommé secrétaire auprès de l’ambassadeur à Rome, Nicolas-Jean Hugou de Basseville. Révolutionnaire convaincu, celui-ci s’attire des haines féroces dans la ville éternelle et il y est assassiné le 14 janvier 1793. Dans ses Souvenirs, Amaury-Duval écrit en évoquant son père (2) : « Il assista à l'assassinat de ce diplomate dans l'émeute de 1793, n'échappa lui-même que par miracle à la populace soulevée contre les Français, et, étant enfin rentré en France, le gouvernement républicain l'envoya rejoindre à Gênes la légation qui avait l'île de Malte pour destination, mais que le grand maître refusa de recevoir. Ce dernier contretemps décida mon père à quitter la carrière diplomatique. » Il préféra en effet démissionner en 1794 pour entrer au ministère de l’Instruction publique à Paris, puis au ministère de l’Intérieur : directeur des Beaux-arts. Ce poste élevé dans la hiérarchie du ministère, ne l’empêcha pas de continuer d’écrire de nombreux articles pour la Décade philosophique (favorable aux idées de la Révolution), où il y tient les rubriques de politique étrangère et des beaux-arts. Cette revue, un recueil périodique publié de 1794 à 1807, qu’il contribua à fonder avec Jean Baptiste Say, porta le titre de Décade philosophique, parce qu'elle paraissait tous les 10 jours. Elle devint la Revue philosophique, littéraire et politique en 1804 et fusionna en 1807 avec le Mercure de France, le journal de Chateaubriand, à l’instigation de Fouché. Le père d’Amaury-Duval partagea beaucoup d’idées nouvelles des républicains et servit loyalement Napoléon. &lt;br /&gt;Indiquons tout de suite qu’il se faisait appeler plus simplement Amaury Duval, ce qui entraine des confusions dans les recherches avec son fils, le peintre Amaury-Duval. Ses productions littéraires, en dehors des articles aux revues, sont des annotations à des ouvrages anciens ou &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) V. Noël-Bouton-Rollet, Amaury-Duval, l’homme et l’œuvre, (2007) page 73&lt;br /&gt;(2) Amaury-Duval, Souvenirs (1829-1830), Plon (1885), page II&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;nouveaux, pour l’essentiel portant sur des sujets d’histoire et de littérature.  &lt;br /&gt;En 1811, ayant remporté trois prix consécutifs à l'Académie des inscriptions et belles lettres, il fut élu membre de cette classe de l'Institut. Plus tard il fut élu secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles lettres. Il a collaboré aussi à l'Histoire littéraire de la France, ouvrage commencé par des religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur et continué par des membres de l'Institut, paru en 32 volumes entre 1833 et 1898. Il travailla avec Daunou (3) sur les tomes XV à XIX.&lt;br /&gt;En 1815, il fut mis à la retraite, alors qu’il n’avait que 55 ans. Ses opinions politiques ont dû probablement compter dans cette décision du nouveau ministre nommé par Louis XVIII, après la chute de Napoléon, au moment de la Restauration monarchique.&lt;br /&gt;La mère d’Emma était originaire du Bourbonnais, de Cusset (Allier) précisément. Fille d’un médecin, elle s’appelait Jacqueline Rose Tardy (1774-1823). Si son mari était un lettré et écrivain lui-même, elle était plus artiste et s’adonna à la peinture avant d’être accaparée par ses tâches de maitresse de maison et de mère. Elle fut quand même élève du peintre Girodet, ce qui n’est pas rien. (4) &lt;br /&gt;Elle était amie de Sophie Gay, dont Emma est la filleule. (5) Mme Gay était née Nichault de la Vallette et avait épousé Sigismond Gay, seigneur de Lupigny en Savoie. Elle avait un salon où se retrouvaient les « débris du Directoire », suivant l’expression peu charitable d’une partisane des Bourbons, faisant allusion aux hommes politiques favorables à la Révolution et à Bonaparte. (6) Mais on y rencontrait aussi des artistes comme Litz, Berlioz, Lamartine, Balzac, Alphonse Karr, Eugène Sue, etc. On y chantait, on y disait des vers, on y jouait la comédie et on y racontait, comme sous l’empire, des histoires de revenants. (7) Sa fille Delphine devint une journaliste et écrivaine célèbre sous le nom de Charles de Launay. Elle épousa Emile de Girardin, propriétaire de journaux et journaliste influent, de tendance libérale.&lt;br /&gt;Jeune fille, Emma noua des relations avec des amis de ses parents, de sa mère notamment, qu’elle conservera toujours. Ce fut le cas des Lesourd en particulier. Adolphe Lesourd, qui fut sous-préfet de Sceaux et directeur de l'octroi de Paris, s’était marié avec Adélaïde Louise de Sylvestre. Le père de celle-ci était membre de l’Institut comme Amaury-Duval.&lt;br /&gt;Une tante d’Emma, Roberde Duval, née en 1761, s’était mariée en 1785 avec Jean Guezou. Leur fille Adélaïde (1798-1876) s’est mariée avec Bénigne de Marcilly (1786-1850). Leur petit-fils Eugène de Marcilly (1822-1889) deviendra plus tard propriétaire de Linières en héritant de son cousin au 5e degré, Amaury-Duval.&lt;br /&gt;Une autre tante d’Emma, Félicité Tardy, s’était mariée avec Isidore Guyet, un cousin du père de Marcellin Guyet-Desfontaines, dont le père était originaire de St Fulgent. De ce fait, Isidore Guyet devint son oncle par alliance. &lt;br /&gt;Deux autres oncles d’Emma ont compté dans sa vie, frères de son père et ayant une place éminente dans le monde des arts.&lt;br /&gt;Alexandre Pineu-Duval (1767-1842) d’abord. Il fut matelot, architecte, soldat, comédien, poète comique, directeur du théâtre Louvois de 1810 à 1815 et administrateur de la Bibliothèque de l'Arsenal. Ce fut un auteur fécond et populaire, qui a laissé une soixantaine de pièces de théâtre, comédies (certaines furent censurées), drames, opéras comiques. Il entra à l’Académie française en 1812. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(3) Pierre Daunou (1761-1840) fut député girondin sous la Convention, et à la Restauration spécialiste de l’instruction. Il fut aussi chargé des archives nationales &lt;br /&gt;(4) Girodet (1767-1824) fut un peintre célèbre, membre de l’Académie des Beaux-arts &lt;br /&gt;(5) V. Noël-Bouton-Rollet, Amaury-Duval, l’homme et l’œuvre, (2007) page 3&lt;br /&gt;(6) V. Ancelot, Musée des familles : Lectures du soir, Volume 24 - Page 98&lt;br /&gt;(7) D’Alméras, La Vie parisienne sous Louis Philippe, Albin Michel (1825), page 427&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sa fille Jenny-Malvina Duval épousa l'architecte Mazois. Son autre fille, Adèle, épousa un officier d'état-major, M. Clément, et ils eurent pour fille unique madame Victor Regnault, femme d’un chimiste célèbre, professeur au collège de France et directeur de la manufacture de Sèvres. &lt;br /&gt;Le deuxième frère d’Amaury Duval, Henri (1770-1847), est entré en 1802 au Bureau des théâtres, dépendant du Bureau des Beaux-arts du ministère de l’Intérieur, que dirigeait son frère Amaury. Il écrivit une Histoire de France sous le règne de Charles VI (1842). Il se maria le 30-9-1805 avec Sabine Houdon, née le 6-3-1787, fille du grand sculpteur Houdon.&lt;br /&gt;On le voit, Emma Duval, née dans un milieu bourgeois sans grande fortune, a grandi dans un milieu favorisé par le talent. A ce propos, Jules Janin (8) a écrit ces lignes tout à fait justes sur Emma qui fut « une de ces personnes bien nées, bien élevées, au milieu des lettres et des beaux-arts, … où écrire est dans son esprit, dans son sang ; chez elle, celui qui n'écrit pas, dessine (allusion à son frère Amaury-Duval) ; à défaut de peintre, on aurait un musicien. Ces talents primesautiers sont le produit d'une vie heureuse, au milieu des beaux paysages en été, entre quatre murailles chargées de chefs-d’œuvre en hiver. »  (9)&lt;br /&gt;Emma est la fille aînée de la famille. Vint ensuite une autre fille, Laure née en 1802, puis un fils : Amaury, né en 1808. Laure mourut à l’âge de 14 ans. « Le chagrin de cette perte abrégea les jours de notre mère. », a écrit Amaury-Duval à la fin de sa vie. (10) Jacqueline Duval est morte le 29 octobre 1823, à l’âge de 49 ans.&lt;br /&gt;C’est à 18 ans qu’Emma épousa Adolphe Chassériau, le 28 mai 1817. (11) &lt;br /&gt;C’était un militaire, né en 1793 à Lyon, que son oncle, Frédéric Chassériau (1774-1815), chef d'état-major du général Belliard (né à Fontenay le Comte en 1769), avait aidé à ses débuts dans la carrière. L’oncle fut tué à Waterloo, mais Adolphe Chassériau en sortit indemne. Après cette défaite, celui-ci quitta l’armée. Il se lança ensuite dans une librairie d’ouvrages d’occasion, Le Dépôt Bibliographique, située rue Neuve des Petits Champs à Paris. Pour mieux le situer avec ses parents, nous reproduisons un extrait de L’histoire de la famille Chassériau, écrite par une cousine, Louise Swanton Belloc.  (12) Elle évoque d’abord le père d’Adolphe, Jean : « ayant fait ses études à Paris, et s’étant distingué dans la composition de l’ornement et des fleurs, il avait été attaché comme dessinateur aux Manufactures Royales de Lyon, où se fabriquaient les riches étoffes de la Cour. Il avait un véritable talent. J’ai vu, dans mon enfance, un bouquet printanier composé de lilas, de narcisses, de roses et de violettes, tissé d’après ses dessins dans les plus brillantes soies et … de la façon la plus harmonieuse, sur fond incarnat. Ce devait être un écran destiné à la Reine. Confisqué par la Commune révolutionnaire, il avait été racheté et envoyé à ma mère. J’ignore ce qu’il est devenu. &lt;br /&gt;Mon oncle Jean avait épousé une nièce de la célèbre mademoiselle Bertin, marchande de mode de Marie-Antoinette et admise par elle à une familiarité qu’on a souvent reproché à la pauvre Reine. Cependant, elle y avait conquis un cœur qui lui était resté dévoué, au point de sacrifier presque toute sa fortune à l’espoir chimérique de sauver sa noble protectrice. Elle avait tenté de corrompre le gardien du Temple, ceux de la Conciergerie, et ne se consolait pas d’avoir échoué. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(8) Jules Janin (1804-1874) fut un romancier et critique dramatique au Journal des Débats pendant quarante ans. Son autorité l’a fait surnommer « le prince des critiques ».&lt;br /&gt;(9) Journal des Débats du 4-8-1863 – article de Jules Janin&lt;br /&gt;(10) Amaury-Duval, Souvenirs (1829-1830), Plon (1885), page IV&lt;br /&gt;(11) V. Noël-Bouton-Rollet, Amaury-Duval, l’homme et l’œuvre, (2007) page 6&lt;br /&gt;(12) Louise Swanton, épouse du peintre nantais Belloc, était la fille de James Swanton qui avait épousé une sœur de Jean Chassériau, père d’Adolphe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma grand-mère, qui était d’abord opposée au mariage à cause de cette parenté avec Mademoiselle Bertin, avait fini par céder aux instances de son fils. Marié peu avant la Révolution, et ardent royaliste, il était membre du Conseil Municipal de Lyon lorsque cette ville se révolta contre le Décret de la Convention, en 1793, et ferma ses portes aux commissions extraordinaires de la République. Mon oncle avait pris part à toutes les révolutions et à tous les combats. Sa jeune femme était accouchée d’un fils, son premier enfant, pendant le siège qui fut terrible. Il touchait à sa fin. Une grande bataille, probablement décisive allait être livrée. Mon oncle, avec ses collègues du Conseil, marchait à la tête de l’armée lyonnaise. On se battit trois jours, sans trêve ni merci. Les bombes et les boulets pleuvaient dans les rues. Affolée d’inquiétude et de terreur, cette malheureuse jeune femme, qui était nourrice, prit son enfant dans ses bras et, trompant la vigilance de la garde et du domestique, elle franchit une fenêtre du rez-de-chaussée et courant jusqu’aux portes de la ville, s’informant à tous ceux qu’elle rencontrait du sort de son mari. Elle atteignit le champ de bataille et poursuivit sa recherche parmi les morts et les mourants. L’armée républicaine tira une dernière salve d’artillerie pour célébrer sa victoire et déchargea ses canons. Un boulet coupa les deux jambes de la pauvre jeune mère, qui tomba avec son nourrisson baigné dans son sang. Quelques heures après, tous deux étaient ramassés et portés à l’hôpital où elle expira, quand ses parents désespérés la découvrirent après vingt-quatre heures d’infructueuses recherches. &lt;br /&gt;Mr Chassériau n’était pas mort. Blessé au bras gauche, certain de la défaite, il avait pu gagner les bords du Rhône. Là, il avisa un batelier ; et comme cet homme hésitait à le passer, il lui présenta d’une main son pistolet et de l’autre sa bourse en lui disant d’opter. Arrivé sur l’autre rive, il put se réfugier chez un ami, qui le cacha deux mois au bout desquels il gagna l’Angleterre. Il n’apprit que beaucoup plus tard la cruelle fin de sa femme. Il avait été condamné à mort, ses propriétés avaient été confisquées, ses meubles et tout ce qu’il possédait furent vendus à l’encan. &lt;br /&gt;Recueilli par une tante de sa mère, son fils vivait (Adolphe). Je l’ai connu jeune homme, riche, brillant militaire, lieutenant de hussards à Waterloo, échappant aux périls de cette journée, donnant sa démission, marié à Emma Amaury Duval, fille du membre de l’Institut. » (13)&lt;br /&gt;En mars 1818, Emma mit un enfant au monde, Jean Auguste Edouard. Malheureusement il mourut le 26-7-1818 à Montrouge. (14) En 1820 naquit Isaure.&lt;br /&gt;Emma continua de fréquenter les milieux artistiques à la mode chez Sophie Gay. Mais elle connut de graves soucis à cause de son mari. Celui-ci s’était lancé dans l’édition, rue des Poitevins à Paris, aidé par son beau-père. Ce dernier l’aida financièrement en se portant caution auprès des créanciers, mais aussi il lui apporta son concours d’écrivain. Après des tentatives courageuses (Montaigne, Charron, annotés par son beau-père, Helvétius, Dupuis, Histoire de l'inquisition, etc...) ou peu raisonnables (Théâtre complet des latins, par J. B. Levée et par feu l’abbé Le Monnier ; augmenté de dissertations par Amaury-Duval et Alexandre Duval –1820 à 1823 – quinze volumes), l’affaire se termina mal. On en trouve encore des vestiges sur internet. Il y a à la Bibliothèque historique de Paris un "Mémoire à mes juges" d’Adolphe Chassériau, libraire, qui essaie de se défendre dans son procès, ainsi qu'un long inventaire de la saisie du dépôt bibliographique.&lt;br /&gt;Après sa faillite, Adolphe Chassériau s’est enfuit en Amérique du sud, abandonnant sa femme et sa fille, pour tenter d’y faire fortune. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(13) L. S. Belloc, History of the Chassériau Family, Girton College Cambridge (1880)&lt;br /&gt;(14) V. Noël-Bouton-Rollet, Amaury-Duval, l’homme et l’œuvre, (2007) page 6&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est alors qu’en 1824, quelques mois après le décès de sa mère, Emma, dépourvue de toute ressource, retourna avec sa fille habiter chez son père, au 15 quai Conti, où elle retrouva aussi son jeune frère Amaury-Duval. (15) &lt;br /&gt;Pour vivre, Emma donna des leçons de chant et des cours de piano et vendit des sacs de fantaisie qu’elle confectionnait elle-même. La duchesse d’Orléans, future reine de France, en acheta un 100 Fr. Son histoire a peut-être inspiré Balzac dans son roman de 1832, dit-on. Elle aide à réécrire le manuscrit du livre de Thiers, L’histoire de la Révolution française, pour l’éditeur (10 volumes). Le livre sera publié de 1823 à 1827. L’historien Mignet, (16) ami du père d’Emma, a fait connaître Adolphe Thiers, alors jeune journaliste, aux Duval et à Emma. Rappelons que ce dernier fut député, ministre, chef du gouvernement par deux fois sous la Monarchie de Juillet et premier président de la IIIe République. C’est un opposant aux Bourbons, comme on l’est aussi chez Amaury Duval, au moment où Emma entretient une relation d’amitié avec lui. La lettre suivante, qu’il adresse au no 15 Quai Conti à Paris, montre la confiance qui présidait à cette relation en 1817 :&lt;br /&gt;« Ma chère amie,&lt;br /&gt;Je suis extrêmement touché de votre souvenir, et du langage qu’il vous inspire. Si je ne suis pas allé vous voir, c’est que je n’ai la force de rien, et que j’abandonne tous mes projets aussitôt que formés. J’en suis à la fatigue, au désenchantement, au désabusé. Il y a quinze jours de malheur que je déplore, et il me semble que des siècles se sont écoulés, tant ma tête a roulé la même idée. Je n’ai de ma vie éprouvée de telles impressions. J’ai des moments de calme, de courage, je reprends à la vie, puis tout à coup je me ressouviens d’un malheureux fait, qui est toujours là derrière moi, et je retombe dans mon abattement. J’ai alors des impatiences d’une vivacité extrême. Il me semble que je puis lutter contre la nécessité, je m’irrite comme un enfant, pour retomber bientôt après. Voilà quelles sont les tristes successions de mon état présent. &lt;br /&gt;Je ne vois d’issue à ma situation qu’un voyage, que je ne pourrai faire avant deux mois, et qui me laisse encore un espace immense à traverser. Mon amie, j’ai trente ans cette semaine ! Que de vicissitudes, que d’émotions et de douleurs. Adieu ! Je me laisse aller comme un enfant. J’ai oublié mon travail pour vous écrire, et je me suis rempli le cœur de trouble. Adieu, je vous embrasse. J’irai vous voir, et faire bavarder auprès de vous, mon imagination souffrante et malade. &lt;br /&gt;Adieu. A. Thiers » (17)&lt;br /&gt;Qu’un homme aussi doué et de cette envergure se confie ainsi à Emma constitue une information significative sur elle, d’autant qu’il était plutôt misogyne. Emma Guyet était une femme au caractère trempé, sachant écouter, armée de courage, qui suscita l’admiration de ses amis. A cette époque Thiers est un journaliste au Constitutionnel et à la Gazette d’Augsbourg, encore pauvre, qui travaille d’arrache-pied, mais il a déjà commencé à faire reconnaître ses immenses talents. Il est encore célibataire et ne semble pas vouloir séduire Emma, même si leur relation est marquée de beaucoup de confiance. &lt;br /&gt;Le frère d’Emma raconta plus tard qu’elle se levait parfois à cinq heures du matin, en plein hiver, pour donner ses cours. Elle faisait de longues courses à pied pour économiser les dépenses de voitures. &lt;br /&gt;Malgré cette peine, toujours pleine d’énergie, elle était prête à courir au théâtre le soir, pour peu qu’un ami lui envoie des billets. Sinon elle passait la soirée à la maison où des amis venaient la voir : « alors les questions d’art, si vivaces à cette époque, étaient bien vite abordées : on discutait, on se disputait, pour mieux dire, et cela sans que chacun de son côté &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(15) Amaury-Duval, Souvenirs (1829-1830), Plon (1885), page 5&lt;br /&gt;(16) François  Mignet (1796-1884) fut historien et journaliste, ami de Thiers&lt;br /&gt;(17) Lettre de A. Thiers à Emma Chassériau du 10-4-1827 (Autun K8 34)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;interrompît le croquis ou l’étude commencée sur le coin de la table. Quand Thiers et Mignet venaient, la conversation prenait un tour plus grave…Pendant les conversations ou les discussions, ma sœur, qui ne pouvait rester une minute sans rien faire, travaillait à quelque ouvrage de femme, n’oubliant jamais le but qu’elle s’était imposée de nous faire vivre et de donner à sa fille une éducation pareille à celle qu’elle avait reçue. » (18)&lt;br /&gt;Elle élargit aussi le cercle de ses fréquentations et fit bientôt partie des familiers du salon de Charles Nodier (19) chez qui se réunissaient les artistes romantiques. En 1803 Nodier avait été un temps le critique de la rubrique poésie du journal La décade philosophique, fondé par Amaury Duval. En 1824, il a été nommé bibliothécaire de l’Arsenal, la bibliothèque du comte d’Artois, futur Charles X. Ce poste lui a permis de tenir un salon littéraire, le « Cénacle », et de promouvoir le romantisme. Les soirées de l’Arsenal ou les « dimanches », sont entrés dans l'histoire mythique du romantisme, à côté de la « première d'Hernani » ou des « amours de George et Alfred ».&lt;br /&gt;Emma y fait la rencontre d’Alexandre Dumas (20) qui deviendra un ami proche. Une anecdote dans une biographie de l’auteur dramatique et romancier est intéressante à citer (21) : « Une sœur du peintre Amaury-Duval raconte comment une fois, retournant de l’Arsenal à pied avec Dumas qui portait son sac et son peigne ; il était une heure du matin et la jeune femme était si fatiguée qu’elle ne pouvait pas marcher vite. Soudain Dumas, levant les yeux vers une lune étonnamment brillante s’est écrié : « Ah ! Madame, quelle lune merveilleuse ! N'iriez-vous pas jusqu’à  la barrière de l'Etoile ? Ne vous  sentez-vous pas transportée au-delà de vous par quelque puissance invisible ?» Elle, plus terre à terre, répondit : « Je me sens si peu transportée, monsieur, qu'un fiacre aurait plus de charmes à mes yeux que toutes les lunes du monde ». Dumas fut désarçonné et ne sut pas quoi dire pendant un quart d'heure… « Il est fort romantique le Dumas ! » avait commenté Emma ensuite en racontant l’anecdote. Un peu plus tard, quand il fut devenu « l'ami familier du Quai Conti, où habitait la jeune femme, il épouvanta le classique Alexandre Duval et l’historien Mignet en déclarant catégoriquement que Racine avait ruiné le théâtre et Boileau, la poésie. » &lt;br /&gt;L’amour de la littérature n’a pas été chez elle qu’une passion d’amateur. Elle est devenue auteure elle-même en publiant un roman en 1825 : L’oncle et la nièce, dont nous reparlerons plus tard. &lt;br /&gt;Avec l’accord de son père, elle reçut aussi chez elle ses amis, aidée par les Nodier, et où elle fit ses « mardis ». Les réunions évoluèrent vers plus de mondanités. L’on y chantait et dansait et l’on recevait des artistes : Sophie Gay, future Mme de Girardin, (22) Alexandre Dumas (20), Delacroix (23), Ziégler (24), Brizeux (25), les Jal (26), etc. Emma écrit : « Nos mardi se soutiennent et ta prédiction s’est réalisée ; on a dansé ! Ponchard (27) est venu : nous avons chanté le duo du Comte Ory (28); puis il a chanté seul trois fois, et nous a tous ravis… »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(18) Amaury-Duval, Souvenirs (1829-1830), Plon (1885), page 7&lt;br /&gt;(19) Jean-Charles-Emmanuel Nodier (1780-1844) est un écrivain et romancier à qui on attribue une grande importance dans la naissance du mouvement romantique en littérature.&lt;br /&gt;(20) Alexandre Dumas père (1802-1870) fut un écrivain à succès de pièces de théâtre et de romans&lt;br /&gt;(21) Lucas-Dubreton et J. Dumas, La vie d'Alexandre Dumas père, (1928)&lt;br /&gt;(22) Émile de Girardin (1806-1881) est un journaliste et créateur de journaux influent. &lt;br /&gt;(23) Ferdinand-Victor-Eugène Delacroix (1798-1863) est un peintre majeur du romantisme.&lt;br /&gt;(24) Jules Claude Ziegler (1804-1856) peintre, céramiste et photographe. Elève d’Ingres lui aussi.&lt;br /&gt;(25) Julien Pelage Brizeux (1803-1858) fut un poète breton à succès, défenseur de la langue bretonne.&lt;br /&gt;(26) Auguste Jal (1795-1873) historiographe de la Marine et écrivain. &lt;br /&gt;(27) Louis Ponchard (1787-1866) fut professeur de chant, et chanteur (ténor) à l’Opéra-Comique. &lt;br /&gt;(28) Opéra de Rossini créé en 1828&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pendant ce temps, que faisait Adolphe Chassériau en Amérique du sud ? La seule information dont nous disposons concerne son intention d’y créer avec un associé, M. Devisme, une société qui aurait pour but le commerce de librairie et celui d’impression et « dont le siège (serait) à Carthagène ou toute autre ville de Colombie ». Mais il meurt à Caracas le 5 février 1828. (29)&lt;br /&gt;Des problèmes ont dû surgir après ce décès, que l’on pressent sans les connaître. Un notaire de Vienne (Isère) écrit à Emma : « Ce que vous me dîtes de la conduite de la famille m’affliges sans m’étonner. Mon père, par d’ancienne relation avec le chef de cette famille, l’avait et m’avait appris qu’il n’y avait rien, je ne dirais pas de généreux, mais de juste à espérer. » (30)&lt;br /&gt;Malgré le triste sort qu’elle subit de son premier mari, Emma conserva toujours des relations avec la famille Chassériau. Tout au moins avec certain d’entre eux, car son mari eut dix-huit oncles et tantes, dont douze survécurent. Et certains ont eu une vie d’aventurier outre-mer.&lt;br /&gt;Ils descendaient tous de Jean Mathurin Chassériau du Chiron (1731 ou 1733-1785), né à la Rochelle, et de Louise Morin (1737-1794). Etabli à St Domingue et à la Guadeloupe, cet aïeul prospéra grâce au commerce triangulaire des esclaves. Sa mort subite et surtout la révolte des noirs à St Domingue ont déterminé l’éclatement de la famille. Avant 1791, la famille avait deux pôles : la maison de La Rochelle et St Domingue. &lt;br /&gt;À partir de 1791, les frères vont chercher fortune dans des directions différentes. (31)&lt;br /&gt;Emma et son frère garderont des relations suivies avec le cousin Théodore Chassériau (1819-1856)), fils de Benoit (1780-1844). Il entra à 11 ans dans l’atelier d’Ingres, où il fit la connaissance d’Amaury-Duval. Il devint un peintre célèbre de l’école romantique. Son frère ainé Frédéric (1807-1881) fut historiographe de la marine et milita contre l’esclavage. &lt;br /&gt;Une autre cousine entretint jusqu’au bout une relation amicale avec Emma : Louise Swanton Belloc, l’auteur du manuscrit dont nous avons cité un extrait plus haut sur L’histoire de la famille Chassériau. Elle a toujours été homosexuelle et a vécu la plus grande partie de sa vie aux côtés de sa tendre amie Adélaïde de Montgolfier, aux côtés de laquelle elle repose. Elle est l'auteure de la première biographie de Byron, préfacée par Stendhal qui était un de ses fervents admirateurs (en vain...), et en 1859 elle avait écrit à Darwin pour lui proposer de traduire "Origins" en français. Dans la seconde partie de sa vie, Louise s'est consacrée à la littérature pour les demoiselles et les enfants. (31)&lt;br /&gt;Devenir veuve à 29 ans, fut sans doute pour Emma une libération, si l’on veut bien mettre de côté certains sentiments. Elle eut ensuite beaucoup de prétendants, mais ceci est une autre histoire que nous avons déjà racontée (septembre 2011).&lt;br /&gt;Emma a vécu de près la Révolution de 1830, dite des trois glorieuses (trois journées des 27, 28 et 23 juillet). D’abord elle aurait été dans le secret, à en croire une anecdote racontée par Amaury-Duval dans ses souvenirs. Evoquant les réunions chez sa sœur, il écrit : « Quand Thiers et Mignet venaient, la conversation prenait un tour plus grave ; ils nous apportaient des nouvelles politiques. C’était à l’époque de la fondation du National (32); ils nous annoncèrent un soir l’apparition de ce nouveau journal et nous en firent connaitre le but : le renversement de la dynastie…, naturellement. J’entends encore Mignet, le dos appuyé à la cheminée, répondant à une question qu’on lui fit sur le remplaçant qu’ils avaient en vue : « N’y-a-t-il pas quelqu’un au « Palais-Royal ? » (33) Cela se passait le 31 décembre 1829, et le National parut le 1e janvier 1830. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(29 V. Noël-Bouton-Rollet, Amaury-Duval, l’homme et l’œuvre, (2007) page 6&lt;br /&gt;(30) Lettre de Joseph Decomberousse à Emma le 28-8-1828 (Autun K8 33)&lt;br /&gt;(31) Lettre de Nathalie Chassériau (janvier 2009)&lt;br /&gt;(32) Le National parut le 3 janvier 1830. Son nom provient du vocabulaire révolutionnaire, qui plaçait la nation au-dessus du roi. Ce dernier n’était que le mandataire de la nation.&lt;br /&gt;(33) Demeure du duc d’Orléans qui devint roi sous le nom de Louis Philippe Ie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rappelons que la Révolution de 1830, renversa Charles X, sept mois plus tard, et amena le duc d’Orléans au pouvoir. &lt;br /&gt;Quant aux évènements, c’est son ami Alexandre Dumas qui essaya, à sa manière de la faire participer. Dans ses Mémoires, il raconte ses faits d’armes en ces glorieuses journées révolutionnaires : « En sortant de l'Institut, je montai chez madame Chassériau, qui demeurait à l'Académie même, grâce à la position qu'y occupait son père, M. Amaury Duval.&lt;br /&gt;Madame Chassériau, qui s'est appelée depuis madame Guyet-Desfontaines, est une de mes plus anciennes amitiés ; je crois avoir déjà parlé d'elle, et dit que sa maison, avec les maisons de Nodier et de Immermann, était de celles où j'avais toujours de l'esprit. Qu'on ne s'y trompe point, ce n'est pas un compliment que je me fais, c'est une justice que je rends à madame Guyet-Desfontaines ; elle est si bonne, si gracieuse, si affable ; elle rit si bien et avec de si belles dents, qu'il faudrait être le plus grand niais de la terre pour ne pas avoir près d'elle au moins l'esprit qu'elle donne.&lt;br /&gt;Elle était, comme tout le monde, assez préoccupée des événements ; elle ne pouvait, au reste, tarder à recevoir des nouvelles : M. Guyet-Desfontaines était allé consulter ce grand thermomètre de l'esprit parisien qu'on appelle la Bourse. La Bourse était à l'orage. Le trois pour cents était tombé de soixante et dix-huit francs à soixante et douze. »&lt;br /&gt;Dans un autre passage de ses Mémoires, Alexandre Dumas relatant ses « exploits » lors de ces journées, y évoque à nouveau Emma, non sans humour : « Une fois-là, je n'avais que le choix des amis ; je montai chez madame Guyet-Desfontaines. Je dois dire que ma première apparition ne produisit pas tout l'effet que j'en attendais. D'abord, on ne me reconnut pas ; puis, quand on m'eut reconnu, on me trouva assez mal vêtu : le lecteur se rappelle mon costume.&lt;br /&gt;J'allai chercher mon fusil, que j'avais laissé à la porte pour ne pas effrayer madame Guyet et sa fille. Mon fusil expliqua tout. A partir de cette reconnaissance, madame Guyet, malgré la gravité de la situation, fut charmante de verve, d'esprit et d'entrain ; c'est, sous ce rapport, une femme incorrigible. Je mourais de faim et surtout de soif. J'exposai naïvement mes besoins. On alla me chercher une bouteille de vin de Bordeaux, que j'avalai presque d'un seul coup. Il résulta de ce charmant accueil, dont je me souviens dans ses moindres détails après plus de vingt-deux ans, que l'appartement de madame Guyet- Desfontaines faillit être pour moi ce que Capoue avait été, deux mille ans auparavant, pour Annibal. Cependant, avec un peu de force, j'eus cet avantage  sur le vainqueur de la Trebia, de Cannes et de Trasimène, de m'arracher à temps aux délices qui m'étaient faites. »&lt;br /&gt;Confrontons maintenant ce récit avec celui du frère d’Emma. Amaury-Duval écrit : « Le lendemain 29 [juillet], ma sœur vit arriver chez elle, dès le matin, Alexandre Dumas, noir de poudre et demandant quoique ce fût à manger. Il était depuis la veille près de l’Institut, à tirer sur le Louvre, et se trouvait épuisé. …Ma sœur lui fit servir une grande tasse de café au lait, qu’il dévora, tout en jetant un regard du côté du Louvre.&lt;br /&gt;« Savez-vous que ce serait une place excellente ? », dit-il à ma sœur, épouvantée, qui s’écria :&lt;br /&gt;« Jamais de la vie je n’y consentirai ; je ne veux pas faire de notre maison un point de mire »&lt;br /&gt;Enfin, il s’en alla, jetant toujours un regard de regret sur un poste si favorable pour faire le coup de feu. » (33)&lt;br /&gt;D’un côté un beau récit d’un auteur romantique, de l’autre la vérité …et au milieu une femme plein de bon sens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(33) Amaury-Duval, Souvenirs (1829-1830), Plon (1885), page 244&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Décembre 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-1186534245805911754?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/1186534245805911754/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/12/emma-duval-veuve-chasseriau.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/1186534245805911754'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/1186534245805911754'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/12/emma-duval-veuve-chasseriau.html' title='Emma Duval veuve Chasseriau'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-4667747497975409686</id><published>2011-11-02T10:59:00.000Z</published><updated>2011-11-02T10:59:50.625Z</updated><title type='text'>Le Coin, un fief seigneurial à St André Goule d’Oie</title><content type='html'>Une famille La Heu (ou Laheu), du village du Coin, faisait partie des notables de St André Goule d’Oie et de Chavagnes en Paillers au XVIIe siècle. &lt;br /&gt;Nous ne connaissons pas la date de création du fief du Coin. Néanmoins il paraît probable qu’au moment de la naissance de la paroisse de St André Goule d’Oie aux XIIe/XIIIe siècles, la plupart des terres où se trouve le Coin étaient occupées par la forêt et les landes de bruyères et de genets. Chavagnes et ses nombreux fiefs à ligence constituaient, à proximité et au-delà du ruisseau du Vendrenneau et du ruisseau de la Petite Maine, la limite défensive des marches de l’Anjou d’abord et de la Bretagne ensuite, avant de revenir dans la mouvance du Poitou. Ces ruisseaux ont servi à délimiter les communes. &lt;br /&gt;On sait qu’à peu près à la même époque, des colonies d’hommes ont continué à déboiser et ont ainsi créé de nouvelles métairies. Le Coin, dans la mouvance du baron des Essarts, est donc devenu, à une date ignorée, une tenure concédée à un chevalier, pour lui permettre de s’équiper avec un cheval et des armes pour faire la guerre à l’appel de son suzerain. Non loin de là, la Baritaudière possède un nom qui fait penser au seigneur de la Drollinière entre 1350 et 1380 : Guillaume Baritaud. Qu’il ait donné son nom à cette métairie créée par des colons sur ses terres paraît probable. Le village proche du Plessis le Tiers peut trouver son origine de la même manière. Le nom de « plessis » provient de celui de la clôture en bois qui entourait la pièce de terre mis en culture, pour la protéger des bêtes sauvages. A son nom était associé celui du défricheur.&lt;br /&gt;Il semble qu’aient existé des mines autrefois au Coin, mais nous recherchons des informations sur ce point. On sait seulement que des mines de plomb argentifère ont été exploitées, non loin de là, au Cormier et à la Marquerie de Chavagnes. Un seigneur de la Bleure et du Cormier devait chaque année à son suzerain, au Moyen Âge, « un marc d’argent en masse ». (1) Si ces mines ont bien existé au Coin aussi, on comprend mieux que les lieux furent concédés à un noble.&lt;br /&gt;Ce fief du Coin existait-il au moment de la guerre de cent ans ? On sait qu’au traité de Brétigny en 1360, le Poitou a été annexé à la couronne d’Angleterre. C’est ainsi que la paroisse de St André Goule d’Oie a été anglaise pendant les années 1360, tandis que la châtellenie de Montaigu, et le prieuré de Chavagnes en Paillers qui en dépendait, restaient français.  (2)&lt;br /&gt;En 1372, les Anglais occupaient Mortagne et l’Herbergement-Ydreau (St Florence). Cette année-là ils firent, sans succès, le siège de l’abbaye de la Grainetière, qualifiée de place forte et défendue par un vaillant capitaine pour le compte du roi de France, nommé Martinière. (3)&lt;br /&gt;On sait aussi que Du Guesclin a chassé ensuite les Anglais et s’est emparé de tout le Poitou au nom du roi de France en 1372. A cette occasion il a participé à la prise du château fort de Benaston (Chavagnes en Paillers), où on dit qu’il aurait eu une jambe cassée par une poutre enflammée qui traversait un fossé. (4)&lt;br /&gt;Ces troubles n’ont pas dû concerner le Coin en tant que lieu, même s’il était placé néanmoins sur une frontière, car c’était une exploitation agricole, comme la Drollinière (devenue Linières), entre les mains d’un guerrier.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1)  A. de Guerry, Chavagnes Privat (1988), page 29&lt;br /&gt;(2)  A. de Guerry, Chavagnes Privat (1988), page 71&lt;br /&gt;(3) Annuaire SEV, article L. de La Boutetière (1874), page 132 &lt;br /&gt;(4) Louis Brochet, la Vendée à travers les âges (1902) : histoiredevendee.com&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son histoire connue commence avec Pierre La Heu. (5) Le 22-11-1599, il figure comme fondé de pouvoir de Renée de la Mothe, veuve de Charles Bruneau, seigneur de la Rabatelière et propriétaire du domaine de Linières. Il acheta la Grande Roussière de St Fulgent en 1616, plus tard revendue à M. de Royrand. Pierre La Heu possédait aussi la métairie de Vrignay (Chauché) à la même époque. &lt;br /&gt;Il acquit le fief de la Brunière près du Coin. C’était un ancien fief à ligence sur la paroisse de Chavagnes, relevant du marquisat de Montaigu. Cela signifiait qu’il devait 40 jours de garde par an dans une maison à Benaston.  Il en prit le nom pour la première fois en 1621. (6) Les bâtiments des deux fiefs étaient très proches l’un de l’autre, séparés par le ruisseau du Vendrenneau. &lt;br /&gt;Marié à Marie Alluchon, Pierre La Heu eut six enfants (7) : &lt;br /&gt;- Jacquette, mariée en 1e noces à Chauché le 12-1-1612 avec Auguste Blouin. Il était lieutenant d’une compagnie au régiment de M. du Chateslier Barlot. En 2e noces elle épousa le 31-10-1618 Johan Malleuvre, capitaine des gardes de M. le prince de Marcillac, gouverneur d’Aquitaine. &lt;br /&gt;- Pierre Laheu, sieur de la Brunière, conseiller du roi, avocat en l’élection des Sables, qui vivait en 1649.&lt;br /&gt;- Louis Laheu, prêtre, inhumé à Chavagnes le 16-10-1627.&lt;br /&gt;- Jeanne Laheu, marraine à St André Goule d’Oie le 28-9-1628 de son neveu François Laheu.&lt;br /&gt;- Renée Laheu, baptisée le 8-11-1602 à Chauché. Elle est marraine le 7-12-1629 à St André Goule d’Oie de sa nièce Renée Laheu, et inhumée le 10-8-1645 à St André Goule d’Oie. Sa fille, Renée La Heu, fut dame de la Parnière (8) des Brouzils et de la Grande Roussière (St Fulgent) et épousa Jean Robert, seigneur de la Gennerie.&lt;br /&gt;- Alexandre. &lt;br /&gt;Ce dernier, Alexandre Laheu, sieur du Coingt (orthographe de l’époque) et Foucault, rendit hommage à Montaigu le 20-5-1638 pour le fief de la Brunière. L’arrière-fief du Coin-Foucault, lui, dépendait du fief des Essarts. (9)&lt;br /&gt;Qualifié d’écuyer, il fut gendarme dans la compagnie du duc d’Enghien (Louis II de Bourbon-Condé dit le Grand Condé). C’était un corps d’élite attaché à la personne du prince, sans rapport avec le métier de gendarme. Il avait suivi François Bruneau de la Rabatelière sur les champs de bataille. C’était le fils aîné de Charles II Bruneau, le fondateur de la paroisse de la Rabatelière, qui avait été fait baron par Louis XIII en 1632. François Bruneau avait reçu à Phillipsburg en 1644 la lieutenance d'une compagnie de gens d'armes par brevet du duc d'Enghien. Alexandre Laheu fut plus chanceux que son compatriote et chef. En effet, le 3-8-1845 François Bruneau tomba, avec 4000 autres soldats de Condé, à Nordlingen (aussi appelée bataille d'Alerheim), frappé de cinq blessures, en combattant à la tête de sa compagnie, et son cœur, enfermé dans une boîte de plomb apporté à la Rabatelière, fut déposé dans l'église.&lt;br /&gt;Vers 1649, Alexandre Laheu cessa d’être paroissien à la Rabatelière au bénéfice de Chavagnes en Paillers. Il est mort avant 1664.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(5) famillesvendeennes.info&lt;br /&gt;(6) Annuaire de la SEV, article de C. Gourraud (1876), page 145 et s. &lt;br /&gt;(7) Archives de Vendée, Notes Généalogiques de J. Maillaud, tome 18 pages 266 à 273&lt;br /&gt;(8) A. de Guerry, Chavagnes (1988), page 44. La Parnière (Les Brouzils) était un fief à ligence. Son seigneur levait à titre de sergent féal (huissier) les avoines dues au seigneur de Montaigu à la St Michel pour les usagers des landes.&lt;br /&gt;(9)Annuaire de la SEV, article de M. A. Bitton (1889), page 109&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il épousa Marie Viaudet vers 1625 (fille d’un auditeur à la chambre des comptes de Bretagne), dont il eut au moins six enfants :&lt;br /&gt;- Françoise née le 28-9-1628 à St André Goule d’Oie,&lt;br /&gt;- Renée née le 7-12-1729 à St André Goule d’Oie (elle y est décédée le 10-8-1645),&lt;br /&gt;- Alexandre né le 26-12-1630 à St André Goule d’Oie (qui suit),&lt;br /&gt;- Charles né le 4-5-1638, baptisé à la Rabatelière,&lt;br /&gt;- Bruno né le 7-10-1641 à la Rabatelière,&lt;br /&gt;- François né le 29-12-1642 à la Rabatelière,&lt;br /&gt;- Pierre né le 29-3-1645 à la Rabatelière.&lt;br /&gt;Alexandre Laheu né le 26-12-1630, sieur de la Brunière, se maria avec Louise de Maucourt (contrat de mariage chez le notaire Jean Fèvre à Fontenay le 28-7-1664). Jacques Thomazeau, cousin, est témoin au contrat. &lt;br /&gt;Il a été maintenu noble par sentence du 24-3-1670 (10) et mourut le 1-3-1694 (Chavagnes). Il eut pour enfants :&lt;br /&gt;- Jean Baptiste né en 1670 et marié à Chavagnes le 8-2-1712 avec Perrine de Chevigné, fille d’Henri de Chevigné, seigneur de la Surie. Leur fille, Jeanne Madeleine, fut baptisée à Chavagnes le 22-12-1714. Celle-ci fut veuve d’Estienne Bouron, notaire et greffier de Montaigu, demeurant au bourg de St Georges de Montaigu en 1767. Jean Baptiste Laheu, habitant le Coin, fut inhumé le 6-6-1737 à Chavagnes, ainsi que sa femme en 1717, âgée de 35 ans.&lt;br /&gt;- Anne, mariée le 21-4-1704 à St André Goule d’Oie avec Pierre Devasles, sieur de Chaillot, bourgeois de la paroisse de Nesmy.&lt;br /&gt;- Alexandre, sieur du Coin, né le 20-4-1677 à Chavagnes en Paillers. Il s’est marié à Marie Frappier. On ne leur connaît pas d’héritiers et son épouse a été inhumée à Chavagnes le 16-9-1755, âgée d’environ 80 ans. Après cette date, la Brunière et ses dépendances (avec le Coin et le Peux) fut acquise par la famille Royrand de la Roussière de St Fulgent.&lt;br /&gt;- Louise née en 1678 à Chavagnes en Paillers.&lt;br /&gt;- Marie née en 1680 à Chavagnes en Paillers.&lt;br /&gt;- Elizabeth née en 1682 à Chavagnes en Paillers. Elle eut pour parrain Pierre Moreau, sieur du Coudray et sénéchal de Bazoges, (11) et épousa Alexandre Gourraud, sieur de la Bonnelière (Chavagnes).&lt;br /&gt;- Michelle née en 1684 à Chavagnes en Paillers, épousa en 1718 Jean Hullin (Romagne, diocèse de La Rochelle). &lt;br /&gt;- Louise née en 1691 à Chavagnes en Paillers.&lt;br /&gt;Alexandre Laheu fut aussi père, hors mariage, de :&lt;br /&gt;- François, né d’Andrée Bouffard, baptisé le 11-12-1661 à St André Goule d’Oie.&lt;br /&gt;- Marie, née d’Anne Arnaud, baptisée le 23-6-1667 aux Brouzils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans une liste très détaillée sur les juridictions du Bas-Poitou à la fin de l’Ancien régime, le fief du Coin est mentionné, ainsi que celui de St Fulgent (dépendant de Tiffauges et des Essarts). Le seigneur du Coin a donc eu un droit de basse justice, ce qui veut dire qu’il jugeait des petits délits, des droits du seigneur et de certaines affaires civiles. Indiquons que le fief de Linières n’est pas cité. Selon l’auteur de la liste, (12) les destructions d’archives peuvent&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(10) Colbert de Croissy et Barentin, État du Poitou sous Louis XIV, page 401&lt;br /&gt;(11) Juge d’un tribunal&lt;br /&gt;(12) Annuaire de la SEV, article de M. A. Bitton (1889), page 109&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;expliquer certaines absences. Mais peut-être le fief de Linières n’avait-il pas droit de justice, celui-ci étant exercé par le baron des Essarts exclusivement. &lt;br /&gt;Sans trop s’étendre sur la justice de l’Ancien régime, rappelons d’abord que malgré ses efforts, la monarchie n’avait pas récupéré au XVIIIe siècle tous les droits régaliens (justice, impôts, police) exercés par les nobles après l’effondrement de l’empire carolingien. Comment était organisée cette haute justice locale, comme celle de la baronnie des Essarts sur le territoire de Chauché et St André Goule d’Oie ? &lt;br /&gt;A partir du XVIe siècle, les tribunaux du seigneur étaient présidés en Poitou par un sénéchal. Ils comprenaient aussi un procureur, appelé procureur fiscal (il veillait au respect des perceptions des taxes lors des procès) et un greffier. L’huissier, pour signifier les actes et faire des constats, s’appelait un sergent. La haute justice juge de tout, au pénal et au civil. La basse justice juge des petits délits, des droits du seigneur et de certaines affaires civiles. La procédure était écrite et des recours étaient possibles. Les juges de paix cantonaux ont remplacé cette justice à partir de 1791.&lt;br /&gt;Néanmoins, comme beaucoup de droits et institutions, cette organisation judiciaire s’est localement et partiellement évaporée au fil du temps. Dans son état de la justice d’Ancien régime à la veille de la Révolution, l’historien Beauchet-Filleau indique qu’à la sénéchaussée présidiale de Poitiers ressortissaient 300 hautes justices, dont 60 sans exercice, 40 sans officier et 50 mal administrées. (13) Il relève que St André Goule d’Oie entrait dans le ressort de la baronnie des Essarts pour la haute, moyenne et basse justice. La baronnie disposait d’un juge, d’un procureur fiscal et d’un commis greffier. D’autres paroisses relevaient de cette baronnie, mais en partie : Chauché, Boulogne, la Merlatière, St Martin des Noyers, le Bourg sous la Roche, Chaillé sous les Ormeaux et Lairière (fusionnée avec La Ferrière en 1828). Des châtellenies en relevaient aussi : Aubigny (paroisse d’Aubigny), l’Audonnière et Morenne (paroisse de St Cécile). La vicomté de la Rabatelière, Jarrie (Saligny) et Raslière (la Merlatière) avait un droit de haute justice sur les paroisses de la Rabatelière et Saligny en entier. Elle l’avait partiellement sur les paroisses de Chauché, Boulogne, et la Merlatière. En, revanche elle disposait d'un personnel nombreux avec un juge sénéchal, un procureur fiscal, un greffier et 7 procureurs (dont l’un était à la fois notaire et huissier) et tous les autres notaires, qui en totalité étaient au nombre de 9, et 2 huissiers. La justice de la châtellenie de St Fulgent s’étendait sur une partie de la paroisse de St Fulgent et rapportait en appel au marquisat de Montaigu. Le fief du Coin n’est pas cité dans cet inventaire. Le droit de justice s’était évanoui dans la nature, laissant perdurer des taxes après lui, elles-mêmes s’éteignant au fil des rachats, des dons etc. &lt;br /&gt;Cette administration judiciaire, par la superposition de ses structures, l’incompétence, voire la malhonnêteté de beaucoup de ses agents et leur inféodation aux seigneurs locaux, a été une des tares de l’Ancien régime. (14)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(13) Beauchet-Filleau, Justices royales, ecclésiastiques et seigneuriales du Poitou, Mémoires de la Société des Antiquaires de l’Ouest (1843) &lt;br /&gt;(14) Colbert de Croissy et Barentin, État du Poitou sous Louis XIV, page 263 et s.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Novembre 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-4667747497975409686?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/4667747497975409686/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/11/le-coin-un-fief-seigneurial-st-andre.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/4667747497975409686'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/4667747497975409686'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/11/le-coin-un-fief-seigneurial-st-andre.html' title='Le Coin, un fief seigneurial à St André Goule d’Oie'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-8776765861544114727</id><published>2011-11-02T10:45:00.001Z</published><updated>2012-01-22T06:48:57.897Z</updated><title type='text'>Isaure Chassériau</title><content type='html'>Charlotte Berthe Isaure Chassériau est la fille, née en 1820, d’Adolphe Chassériau et d’Emma Duval. Les métayers de Linières ne l’ont pas vraiment connue. Elle est morte, à l’âge de 34 ans, avant sa mère et c’est son fils, Marcel de Brayer qui a hérité directement de sa grand-mère du domaine de Linières. A priori, sa postérité se résume essentiellement à son portrait peint par son oncle Amaury-Duval, qui valut à l’artiste une médaille de première classe au salon de 1839. Il est exposé maintenant au musée des Beaux-arts de Rennes. A sa mort, elle laissa un fils unique, Marcel de Brayer, qui fut maire de St André Goule d’Oie, reconstruisit un nouveau château à Linières et publia un livre de poésies, tout à fait intéressant, quelques jours avant sa mort, à l’âge de 33 ans. &lt;br /&gt;Isaure Chassériau a fait partie d’une famille très riche de talents, de sentiments et d’argent, constituée par sa mère, le deuxième mari de celle-ci, Marcellin Guyet-Desfontaines, son oncle Amaury-Duval, et son fils Marcel. Avec eux, l’histoire des propriétaires de Linières de 1830 à 1885 est totalement parisienne au début, pour devenir de plus en plus vendéenne à la fin de la période, avec les parisiens de Vendée que furent Marcel de Brayer et Amaury-Duval. Dans cette brillante famille, quelle fut la place d’Isaure Chassériau ?&lt;br /&gt;Sa mère était la fille d’Amaury Duval, breton d’origine, qui débuta comme avocat à Rennes, commença une carrière de diplomate avant la Révolution, puis bifurqua vers le ministère de l’Instruction publique pour devenir ensuite directeur des Beaux-arts au ministère de l’Intérieur. Sympathisant de la Révolution, fidèle de Napoléon, il fut mis en retraite par la Restauration monarchique. Hommes de lettres, il fut secrétaire de l’académie des Inscriptions et belles lettres et rédigea de nombreux articles, notamment à la Décade Philosophique. Son frère, Alexandre Duval, fut un dramaturge à la mode, ce qui lui valut d’être élu à l’Académie Française. Un autre frère travailla comme lui dans l’administration des Beaux-arts et publia un livre d’Histoire. Amaury-Duval se maria avec Jacqueline Rose Tardy, originaire de l’Allier. Elle fréquenta le salon littéraire de son amie Sophie Gay. (1) Elève du peintre Girodet, elle s’adonna à la peinture, puis l’abandonna pour élever ses deux enfants. Emma naquit en 1799 et Amaury en 1808. Jacqueline Duval est morte le 29 octobre 1823, à l’âge de 49 ans.&lt;br /&gt;Emma Duval épousa à l’âge de 18 ans Adolphe Chassériau. Il venait de démissionner de l’armée et se lançait dans l’édition. Il n’a pas connu sa mère, tuée dans les combats de la Révolution à Lyon, ni son père, exilé en Angleterre à cause de ses opinions royalistes. Trois ans après leur mariage, Emma mit au monde leur fille Isaure. Les affaires d’édition de son père tournèrent à la faillite et il se trouva avec des dettes impossibles à rembourser. Pour se refaire, il quitta sa femme et sa fille et partit en Amérique du sud. C’est alors qu’en 1824, quelques mois après le décès de sa mère, Emma, dépourvue de ressources, retourna avec sa fille habiter chez son père, au 15 quai Conti, un logement de fonction de l’Académie.&lt;br /&gt;Isaure fut donc abandonnée par son père à l’âge de quatre ans. Certes, on a dû lui présenter sa fuite en Amérique de manière intelligente, quand on connaît sa mère. Mais en ce domaine, qui peut savoir ce qu’elle a ressenti et les explications qu’elle s’est données ? De toute façon, cette absence n’a pu que la marquer, sans doute profondément. &lt;br /&gt;Chez son grand-père elle fit la connaissance de son oncle Amaury, âgé alors de seize ans. L’affection qui l’a lia avec lui a dû compter dans la formation de sa personnalité. Sa mère débordait d’amour, mais son caractère entier n’a pas dû être toujours facile pour elle. Le jeune homme, la grande sœur et la petite fille ont noué des liens que la mort seule brisera, nous le verrons plus loin. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Sophie Gay (1776-1852), tint un salon littéraire, publia deux romans. Marraine d’Emma Duval.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour vivre, Emma Chassériau donna des leçons de chant et des cours de piano et vendit des sacs de fantaisie qu’elle confectionnait elle-même. Malgré cette peine, toujours pleine d’énergie, elle était prête à courir au théâtre le soir, pour peu qu’un ami lui envoie des billets. Sinon elle passait la soirée à la maison où des amis venaient la voir. Emma Chassériau organisa des réunions chez son père, aidée par les Nodier, (2) et où elle fit ses « mardis ». L’on y chantait et dansait et l’on recevait des artistes amis : Delphine Gay, la fille de Sophie, future Mme de Girardin, (3) Alexandre Dumas, (4) Delacroix, (5) Ziégler, (6) Brizeux, (7) les Jal, (8) etc. Mais son destin prit un tour inattendu à la mort de son mari en Amérique en 1828. Veuve, les prétendants ne manquèrent pas. L’heureux élu fut le jeune Marcellin Guyet-Desfontaines, fils unique de Joseph Guyet et de Félicité du Vigier, héritier de Linières et autres biens, un amour et une fortune.&lt;br /&gt;Isaure avait dix ans quand elle vint vivre chez son beau-père. Il était alors notaire et son affaire prospérait. Bientôt la petite famille déménagea dans le magnifique hôtel particulier du 36 rue d’Anjou St Honoré, avec ses salons dorés. Sa mère réussit à faire revenir son frère habiter chez elle, lui donnant une chambre et lui offrant un espace pour servir d’atelier. Fait nouveau : le jeune homme, la grande sœur et la petite fille ont agrandi leur cercle à Marcellin. Ce dernier ira se faire élire député aux Herbiers en Vendée, vivant de ses rentes, après avoir vendu son étude de notaire. C’est lui le « Vendéen », qui se rend de temps en temps au pays de ses parents. Pour lui Linières c’est sa mère et St Fulgent c’est son père. Pour s’y rendre dans les années 1830/1840, il faut de quatre à cinq jours avec le service des diligences. Les autres membres de la famille restent des parisiens à part entière. &lt;br /&gt;Isaure fut choyée par son beau-père, mais, au-delà des apparences matérielles, nous ne savons pas comment. On devine néanmoins dans les correspondances, un vrai attachement du beau-père envers sa fille adoptive. D’autant qu’il ne put pas avoir d’enfant lui-même. &lt;br /&gt;Nous savons qu’Isaure a appris le dessin avec Oscar Gué, (9) un peintre qui fréquentait le salon de sa mère, et alors que son oncle est en Italie. Elle indique dans une lettre à Amaury-Duval qu’elle est une « latiniste fort distinguée » et « joue même des contredanses à quatre et deux mains ». Plus loin elle lui décrit une réception chez le roi : « Tu ne peux pas te faire à l’idée de ce qu’est un bal d’enfants chez le roi, je me suis amusée tant qu’au moment de souper je n’avais plus faim du tout…Maman était éblouissante de beauté, elle était couverte de diamants…la reine était en train de saluer de vieilles dames lorsqu’elle s’est retournée et m’a parlé en me demandant si j’avais dansé. » (10)&lt;br /&gt;Dix-huit ans, c’est l’âge où elle perdit son grand-père, Amaury Duval, en 1838. Sa fille l’avait accueilli chez elle dans les dernières années de sa vie, et son nouveau gendre l’avait financièrement aidé. &lt;br /&gt;Dix-huit ans, c’est aussi l’âge de son portait par son oncle, accessible très facilement sur internet. L’artiste aime et admire son modèle, c’est la relation de la petite fille et du jeune frère d’Emma Guyet, l’oncle et la nièce. Dans un décor simple, et avec un bijou discret autour du cou, il choisit d’attirer le regard du spectateur sur la tête d’Isaure, car il la voit belle, avec son visage légèrement ovale, ses yeux expressifs, ses lèvres charmantes (le mot revient souvent sous la plume du peintre). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(2) Jean-Charles-Emmanuel Nodier (1780-1844) est un écrivain et romancier à qui on attribue une grande importance dans la naissance du mouvement romantique en littérature.&lt;br /&gt;(3) Émile de Girardin (1806-1881) est un journaliste et créateur de journaux influents. &lt;br /&gt;(4) Alexandre Dumas père (1802-1870) fut un écrivain à succès de pièces de théâtre et de romans.&lt;br /&gt;(5) Ferdinand-Victor-Eugène Delacroix (1798-1863) est un peintre majeur du romantisme.&lt;br /&gt;(6) Jules-Claude Ziegler (1804-1856) peintre, céramiste et photographe. Elève d’Ingres lui aussi.&lt;br /&gt;(7) Julien Auguste Brizeux (1803-1858) fut un poète breton à succès, défenseur de la langue bretonne.&lt;br /&gt;(8) Auguste Jal (1795-1873) historiographe de la Marine et écrivain. Témoin à l’acte de naissance de Marcel de Brayer.&lt;br /&gt;(9) Oscar Gué (1809-1877) peintre célèbre et ami du peintre Dauzats, autre habitué des Guyet.&lt;br /&gt;(10) V. Noël Bouton Rollet, Amaury-Duval, l’homme et l’œuvre (2007), page 24&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il la veut coquette dans cette robe magnifique, avec les bouquets accrochés aux cheveux et devant la poitrine. Elle a les cheveux noirs qui suggèrent les origines créoles de la famille de son père. Ses traits font penser à ceux de sa mère Emma et de son grand-père Amaury Duval, manquant de finesse. Passons sur la mode dépassée de la coiffure, sur les épaules tombantes et la pose embarrassée avec les mains sur le devant. Nous la voyons triste et compassée. Et n’en déplaise à son oncle, elle fait plutôt penser à la femme de chambre qui aurait mis la robe de bal de sa maîtresse pour se déguiser.&lt;br /&gt;« Aimable et bonne » a dit d’elle une parente, (11) mais peu douée pour le bonheur. La même parente qui écrivait à Emma Guyet en parlant d’Isaure : « Elle m’était toujours apparue affectueuse, mais triste et réservée. Elle semblait traverser ce monde sans y prendre racine. Elle avait sa patrie autre part. » Ce portrait et les rares écrits recueillis nous confirment que le caractère d’Isaure la portait à la solitude. Il l’exposait aux affections, mais aussi aux aspérités de son entourage avec une vive sensibilité, la rendant fragile. Elle semble porter en elle comme une attache invisible, qui l’empêcherait de prendre son envol et la garderait prisonnière dans quelque repli secret de son âme. &lt;br /&gt;Vingt et un ans, c’est aussi l’âge de se marier. Ses parents la dotèrent richement et elle convola avec un vicomte, comme on le faisait sous l’Ancien Régime ! L’union du titre et de l’argent, un terrain de rencontre entre les nobles et les bourgeois depuis longtemps. Sauf qu’ici on était entre parvenus.&lt;br /&gt;Nous connaissons en effet l’origine de la fortune des Guyet pendant la Révolution. Le mari d’Isaure était le vicomte Alfred Oscar Hermann Brayer, le deuxième fils du second mariage du général Brayer, anobli par Napoléon. Pour faire plus « noble », on disait d’ailleurs : « de » Brayer et nous respecterons la volonté de la famille, malgré que, normalement, la particule ne soit pas ici justifiée. Disons tout de suite que l’information trouvée sur internet, que son mari était le général Amilcar de Brayer est fausse ; c’est son frère Alfred qu’elle épousa.&lt;br /&gt;Le père, Michel de Brayer, avait soutenu Napoléon y compris pendant les Cent jours du retour de l’Empereur en 1815. Après cela il s’était exilé en Amérique du Sud pour échapper à une condamnation à mort par le gouvernement du roi Louis XVIII. Il fut gracié ensuite et réhabilité par le nouveau régime de la Monarchie de Juillet à partir de 1830. Il fut nommé, en effet, pair de France et gouverneur de la région militaire de Strasbourg. Les orléanistes voulaient rallier à leur cause les anciens partisans de Napoléon, souvent pourchassés par les Bourbons et comme eux, se voulant les héritiers de la Révolution.&lt;br /&gt;La mère d’Alfred, Marie Philippine de Sale, était baronne de Freyberg-Hopfereau. Née en Bavière, elle s’y était mariée avec le général Michel de Brayer en 1801. Le couple eut quatre enfants : Lucien, qui s’établira en Amérique du sud, Mathilde, qui deviendra la comtesse Marchand, Alfred né à Cologne en 1807 et Amilcar, le général, qui sera fait comte par Napoléon III.&lt;br /&gt;Jeune, Alfred fut fort dissipé, contractant des dettes, dit-on, qui le contraignirent bientôt à s’éloigner de la capitale. Il se fit remarquer néanmoins dans les rangs de la garde nationale, où il fit carrière. Grâce à son père, il obtint un poste dans l’administration des Finances. Nous le trouvons percepteur à Parthenay (Deux-Sèvres) en 1841, au moment de son mariage avec Isaure Chassériau à Louveciennes. (12)&lt;br /&gt;En 1842, nait à Louveciennes Marcel de Brayer le fils d’Isaure. Il a deux ans et demi quand sa grand-mère Emma rend visite à sa fille Isaure aux Andelys (Eure), où son mari a été muté. Il est alors receveur particulier des finances, c'est-à-dire effectuant les opérations de trésorerie dans un arrondissement pour le compte du trésorier-payeur général du département. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(11) Louise Swanton Belloc, une cousine née Chassériau&lt;br /&gt;(12) V. Noël Bouton Rollet, Amaury-Duval, l’homme et l’œuvre (2007), page 24&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emma écrit à son frère, alors en voyage en Italie : « Cependant malgré la neige, j’ai été aux Andelys. Il y avait 6 semaines que je n’avais vu mon enfant. J’ai trouvé Alfred assez changé et souffrant. Il avait de plus un clou au genou qui lui donnait de la fièvre. Mais à mon départ il était mieux. Isaure va bien, elle a repris. Quelle charmante femme ! Elle vit seule, ou à peu près, travaille, s’occupe toujours, et l’ennui ne la gagne pas. Son fils est là près d’elle à jouer, on ne peut avoir un plus doux intérieur. Marcel (qui s’appelle Farcel) est délicieux. Il parle depuis le matin jusqu’au soir, et très bien. Il ne grasseyera pas ! Ce sera un phénomène dans la famille ! Il a un camarade de cinq ans, une vraie victime. Je le couvre de baisers, de tendresse, mais le malheureux a la figure balafrée des égratignements de M. Farcel. Qui aime bien châtie bien, tel est l’axiome de tête. Il traite sa mère assez légèrement, mais l’adore. Quant à nous, nous en sommes fous. »&lt;br /&gt;L’année d’après, les jeunes de Brayer viendront habiter Paris, où Alfred a été muté. Ils habitaient au 33 rue de la Madeleine. &lt;br /&gt;Si dans cette lettre on voit le petit enfant faire la joie de sa grand-mère, on voit aussi Isaure à l’aise dans son intérieur, quoiqu’un peu seule.&lt;br /&gt;Cependant le mariage ne fut pas heureux, Alfred étant indélicat pour son épouse. Ainsi, les habits de la riche demoiselle de vingt et un ans et ceux du beau vicomte de trente-quatre ans, au moment de leur mariage, ne cacheront pas longtemps, l’un à l’autre, leurs âmes si peu en correspondance. « Libre de choisir entre beaucoup de prétendants qu’attiraient une grosse dot», la jeune fille épousa pourtant «un beau vicomte à tête vide, à cœur nul, qui l’a humiliée et délaissée. » Ainsi s’exprime la cousine de son père, Louise Swanton Belloc dans son histoire de la famille Chassériau. (12) &lt;br /&gt;Dans ses lettres à son frère, Emma fait de courtes allusions sur son gendre :&lt;br /&gt;« Cependant malgré la neige, j’ai été aux Andelys. Il y avait 6 semaines que je n’avais vu mon enfant. J’ai trouvé Alfred assez changé et souffrant… » &lt;br /&gt; « Isaure te dit mille choses affectueuses. Marcel t’embrasse, c’est un amour décidément, Marcellin te serre la main, et mon gendre…un insuffisant… » &lt;br /&gt;Nous n’en savons pas plus de sa part, mais on sent que ça ne va pas. Une procédure judiciaire est intentée par Isaure contre son mari, en vue d’obtenir une séparation de corps et de bien.  Le jugement de séparation des époux est prononcé le 24-12-1851, dix ans après le mariage. Alfred est alors sans emploi et couvert de dettes. Rappelons qu’à l’époque le divorce n’existait pas, mais la séparation de corps et de biens des époux pouvaient être prononcée par un tribunal, aux tords de l’un des époux. Cela veut dire qu’Isaure était revenue vivre un peu avant chez ses parents avec son fils, ce dernier étant âgé alors de neuf ans. Triste de nature, elle n’a pas été heureuse dans le mariage, au point d’y mettre fin à une époque où la procédure était rare. &lt;br /&gt;La carrière de fonctionnaire des impôts d’Alfred de Brayer n’a pas laissé de trace, à la différence de sa position au sein de la garde nationale parisienne. Il s’était comporté avec audace lors de l’émeute républicaine des 5 et 6 juin 1832, faisant suite à la sépulture du général Lamarque, qui avait dégénéré en émeute. Son père, général en poste à Strasbourg, le félicite : « J’apprends avec bien du plaisir que pendant les journées du 5 et 6 courant, tu as été chargé d’une mission importante, et que tu as été assez heureux de réussir. Non sans quelques danger puisque tu as perdu plusieurs de braves…reçois mes félicitations à cette occasion et n’oublie jamais qu’avec passion, l’audace est tout dans une entreprise de ce genre. Les rouges de Strasbourg ont aussi voulu se distinguer mais je suis intervenu… » En 1846 Alfred de Brayer est nommé capitaine et en 1849 il est chef d’escadron dans la garde nationale. A ce titre il est fait chevalier de la légion d’honneur le 6-7-1849.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(12) note de Nathalie Chassériau, 2009&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La santé d’Isaure était fragile. Un ami de la famille écrit en août 1853 : « Faites-moi l’amitié de m’écrire deux lignes pour me donner des nouvelles de la santé de Mme de Brayer ». A l’époque le secours de la médecine était bien faible et elle mourut rapidement. On devine le deuil pour Emma, Marcellin, Amaury, et le petit garçon, Marcel, premier drame dans le noyau familial. Isaure est morte au mois de mai 1854. La cousine de son père, Louise Swanton Belloc, écrit quelques mois après à Emma Guyet des phrases touchantes et intelligentes :&lt;br /&gt;« Non certes, chère amie, je ne vous ai pas accusée d’inaptitude ou de négligence. Votre silence m’affligeait comme preuve de la douleur qui vous absorbait, et à laquelle je n’osais m’imposer, malgré mon désir d’aller savoir de vos nouvelles. Hélas !&lt;br /&gt;Chère amie, qui peut avancer dans la vie, sans avoir de ces déchirements qui laissent d’incurables plaies ? Le cher et doux ange, que vous pleurez, a aujourd’hui la meilleure part. Elle habite un monde meilleur et plus beau, et Dieu, en la reprenant si jeune, lui a sans doute épargné d’autres rudes épreuves. Elle était trop pure et trop bonne pour n’avoir pas à souffrir beaucoup ici-bas. Dites-vous, chère amie, qu’en la retirant dans son sein, Dieu a plus fait pour elle que tout ce qu’eut pu et voulu faire  votre sollicitation maternelle.&lt;br /&gt;Je sens bien tout ce que cette absence laisse de vide dans votre pauvre cœur désolé, et combien la …et difficile sous l’atteinte de pareils coups. Mais elle a dû compter sur vous, sur votre courage pour la remplacer auprès de son fils, de ce cher petit Marcel, qui s’annonçait si aimable et si intelligent. Cet enfant, c’est encore elle, et si, comme je le crois fermement, nos chers absents pénètrent dans nos plus secrètes pensées, et peuvent encore, quoique invisibles, assister aux actes de notre vie, combien ne vous sait-elle pas gré de tout ce que vous faites pour cet enfant ! Que cette conviction vous soutienne, chère amie, et vous donne de force. Je voudrais que votre douce et chère fille fût présente et vivante dans vos souvenirs et dans ceux de tous vos amis, comme un bon ange gardien qui tempère et adoucit l’amertume de nos esprits. Pour moi, je ne me la rappelle pas, sans un profond attendrissement. Elle m’était toujours apparue affectueuse, mais triste et réservée. Elle semblait traverser ce monde sans y prendre racine. Elle avait sa patrie autre part…&lt;br /&gt;Voilà la vie, telle que la révolution, les soucis, les chagrins, nous l’ont faite. Encore faut-il porter vaillamment son fardeau jusqu’au bout.&lt;br /&gt;Le jour où vous voudrez me voir, envoyez moi un mot, et j’irai vous trouver, à Marly ou ici. Mais ne le faites que lorsque vous attendrez de ma visite un peu d’obligeance. Vous savez si je serais heureuse de pouvoir vous faire un peu de bien. Mais hélas ! Il ne suffit pas de vouloir.&lt;br /&gt;Adieu, chère amie, croyez comme toujours à ma vieille et sincère affection.&lt;br /&gt;       Louise Sw Belloc » (13)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour terminer, nous citerons cette phrase de son fils relevée dans son journal de voyage en Italie un an avant sa propre mort, en 1873. Il s’apprête à voyager seul en Italie et cherche dans cette solitude un renouveau personnel. « Si l’épreuve réussit, je suis sauvé, car j’aurais trouvé le vrai remède à cet ennui terrible qui m’enveloppe sans cesse dans un manteau de glace. » La tristesse en héritage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(13) Lettre de L. Belloc à Emma Guyet du 20-10-1854 (Autun K8 34)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Novembre 2011, rectifié en janvier 2012&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-8776765861544114727?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/8776765861544114727/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/11/isaure-chasseriau.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/8776765861544114727'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/8776765861544114727'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/11/isaure-chasseriau.html' title='Isaure Chassériau'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-4331888577435549552</id><published>2011-10-01T07:46:00.000+01:00</published><updated>2011-10-01T07:46:48.130+01:00</updated><title type='text'>Le catéchisme des trois Henri : le curé de Chauché attaque son évêque.</title><content type='html'>Dans le registre paroissial de Chauché, le curé Jude Bellouard écrit pour l’année 1757 : « En mille sept cent cinquante-sept, Monseigneur de Verthamon a voulu faire enseigner dans notre diocèse un catéchisme rempli d'erreurs ; les curés et viquaires de saine doctrine n'ont point voulu souscrire à l'enseignement d'un tel catéchisme. Ceux qui l'ont enseigné, ce sont des curés et vicaires étrangers poussés par un vil intérêt ou par d'autres motifs terrestres. Ce catéchisme mauvais est appelé le catéchisme des trois Henri. » (1)&lt;br /&gt;Diable !  est-on tenté de s’exclamer... ou mon Dieu ! Sur St André Goule d’Oie ou St Fulgent, on ne trouve pas d’allusion à ce catéchisme au nom apparemment « pas catholique ». En revanche l’évocation du clergé étranger ne nous étonne pas, puisqu’à cette époque le diocèse de Luçon manquait de vocations et avait dû faire appel à des prêtres venus de l’étranger. Ainsi de Jean Baptiste Poulain, prêtre de la province de Normandie, inhumé le 30 octobre 1688, d’Eustache Madeline, inhumé le 6 juillet 1699, qui était originaire de Vire en Normandie, ainsi que de Guillaume Burk, prêtre irlandais du diocèse de Cloufart (province de Conacy), décédé le 15 novembre 1701 dans la maison noble de Boisreau, et inhumé à Chauché comme les deux précédents. (2)&lt;br /&gt;Quant aux « motifs terrestres et au vil intérêt de ces prêtres », Jude Bellouard ne précise pas sa pensée. Peut-être fait-il allusion au laisser-aller de ses prédécesseurs à Chauché au temps des évêques jansénistes de Luçon. Ainsi Jacques Dorinière, prêtre, inhumé à Chauché le 24 janvier 1687, avait eu un fils à l’âge de 27 ans avec Suzanne Ayrault (qui fut inhumé à Chauché le 7 août 1674). Or Jacques Dorinière fut nommé ensuite chapelain à Chauché. Peut-être aussi avait-on gardé le souvenir de la querelle, au début des années 1600, entre le curé Barbot et son vicaire Normandin, pour la possession de la cure. (3) Bref, Chauché avait connu un clergé indigne autrefois.&lt;br /&gt;Mais cette attaque du titulaire de la modeste cure de Chauché envers l’évêque de Luçon, sur le terrain même de la religion, étonne. Alors, de quoi s’agit-il ?&lt;br /&gt;Le catéchisme des Trois Henri doit son nom au prénom des trois évêques qui le propagèrent à la fin du XVIIe siècle dans leurs diocèses, celui de Luçon (Henri de Barillon), celui de la Rochelle (Henri de Laval) et celui d’Angers (Henri Arnaud). Rédigé de manière simple, souvent avec des questions/réponses, il avait pour but d’enseigner la religion catholique dans les familles. A cette époque, chaque évêque écrit ou approuve un manuel d’enseignement dans son diocèse, appelé catéchisme, pour bien se démarquer de l’hérésie protestante. Publié en 1676, le catéchisme des Trois Henri fut interdit ensuite en 1701 dans le diocèse de Luçon par les successeurs de Mgr de Barillon, Mgr de Lescure et Mgr de Rabutin, très antijansénistes. C’est que Mgr de Barillon avait eu des sympathies pour le jansénisme et son prédécesseur, Mgr de Colbert, avait pris position contre le pape, quand celui-ci avait condamné Jansénius. Cette interdiction relevait d’une chasse au jansénisme en considération des personnes, plus que du texte même incriminé.&lt;br /&gt;Le jansénisme est né d’une fausse interprétation de la pensée de St Augustin, faite par Jansénius, évêque catholique d’Ypres. Publiée en 1646, dans son livre l’Augustinus, la doctrine présente l’homme comme irrémédiablement vicié par le péché originel. Son rachat par la grâce est réservé aux âmes prédestinées, niant à la fois le libre arbitre de l’homme et la volonté divine de sauver tous les hommes. (4) Cette doctrine fut condamnée par les papes à plusieurs reprises, mais elle séduisait des catholiques, en général des milieux cultivés,  épris d’austérité morale. Ils refusèrent d’obéir au pape, à une époque où son infaillibilité n’était pas un dogme. Le pardon des péchés exigeait de longues pénitences selon les jansénistes, et la communion était réservée à des fidèles très pieux.  &lt;br /&gt;Louis XIV, chef de l’Eglise catholique de France, réprima les jansénistes avec brutalité. Dans cette querelle, l’ordre des jésuites se mit en avant pour défendre le pouvoir du pape. Les deux camps ennemis, les jansénistes et les jésuites, ne s’alimentaient que d’exclusives, mettant aussi en œuvre les moyens judiciaires et politiques à leur disposition, puisque l’Eglise et l’Etat étaient fortement liés l’un à l’autre à cette époque. &lt;br /&gt;Mrg de Verthanon, de tendance janséniste, fut nommé évêque de Luçon en 1737. Par ses maladresses et ses provocations il ralluma dans son évêché la querelle des jansénistes et des jésuites. (5) Ceux-ci enseignaient au séminaire et ils avaient dans le même camp qu’eux, la majorité des chanoines de la cathédrale, et aussi les Ursulines de Luçon. L’évêque prit des mesures (nominations) qui mirent le feu aux poudres. On en vint aux mains dans la cathédrale et au couvent des Ursulines. En 1751 il décida de rétablir l’usage de l’ancien catéchisme des Trois Henri, remplacé depuis 1701. Ce manuel rappelait de manière classique l’essentiel des dogmes catholiques pour l’éducation des gens simples. Il était exempt de toute hérésie. Mais beaucoup refusèrent dans le clergé vendéen de l’enseigner, par sectarisme envers l’évêque, accusé à juste titre de jansénisme. Le parlement de Paris fut saisi, qui confirma la décision de l’évêque d’expulser les jésuites du séminaire de Luçon. On s’en rapporta au pape, qui refusa de condamner le catéchisme des Trois Henri. La querelle ne prit fin dans le diocèse qu’avec la mort de l’évêque en 1758.&lt;br /&gt;Sans la passion ordinaire des hommes, des hommes d’église en l’occurrence, la discussion autour de l’interprétation de la pensée de St Augustin n’aurait pas dégénérée dans tant de violence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Rapports des chefs de service au Conseil Général de la Vendée, lors de sa 2e session en 1899. Voir 2e chapitre du rapport, page 85 (vue 342 sur Gallica)&lt;br /&gt;(2) Rapports des chefs de service au Conseil Général de la Vendée, lors de sa 2e session en 1899. Voir 2e chapitre du rapport, page 82 (vue 339 sur Gallica)&lt;br /&gt;(3) Rapports des chefs de service au Conseil Général de la Vendée, lors de sa 2e session en 1899. Voir 2e chapitre du rapport, page 84 (vue 341 sur Gallica)&lt;br /&gt;(4) H. X. Arquillière, Histoire de l’Eglise (1941), Editions de l’Ecole, page 343&lt;br /&gt;(5) J. F. Tessier, de Verthanon evêque de Luçon jalons pour un itinéraire, 2e partie, S.E.V 1988, page 73 et s.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Octobre 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-4331888577435549552?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/4331888577435549552/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/10/le-catechisme-des-trois-henri-le-cure.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/4331888577435549552'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/4331888577435549552'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/10/le-catechisme-des-trois-henri-le-cure.html' title='Le catéchisme des trois Henri : le curé de Chauché attaque son évêque.'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-3441113635062540413</id><published>2011-10-01T07:28:00.000+01:00</published><updated>2011-10-01T07:28:19.582+01:00</updated><title type='text'>La vie privée de Guyet-Desfontaines (1797-1857)</title><content type='html'>La naissance de Guyet-Desfontaines le 17 avril 1797 a fait l’objet d’une fausse déclaration sur l’identité de ses parents. Il s’agissait alors pour sa mère, toujours mariée au vicomte Charles Auguste de Lespinay, parti guerroyer contre les révolutionnaires dans les rangs des émigrés, de cacher cette naissance adultérine et ses liens amoureux avec le jeune républicain originaire de St Fulgent, Joseph Guyet. On déclara un faux père : Desfontaines. Ses parents naturels, mariés en 1802, l’adoptèrent légalement en 1824 (la loi exigeait alors d’avoir l’âge minimum de 50 ans pour adopter). Il prit ainsi le nom de Guyet-Desfontaines.  &lt;br /&gt;Sur la jeunesse de Marcellin Guyet-Desfontaines, nous disposons de peu d’informations. Le peintre Delacroix a été son camarade au lycée impérial de la rue St Jacques à Paris (actuel lycée Louis Le Grand). Avec des parents fortunés, propriétaires du domaine de Linières (Vendée), le jeune Marcellin a dû recevoir une solide éducation, comme il le montrera plus tard dans sa vie d’adulte. Après le baccalauréat il a fait son droit.&lt;br /&gt;Dans son milieu familial, il a grandi avec le culte des principes nouveaux nés de la Révolution française. Mais il a dû aussi intégrer la partie royaliste de son « patrimoine génétique », avec l’histoire de sa mère, et les du Vigier de Mirabal. Les enfants du grand-oncle Jean Baptiste du Vigier, qui s’était fait massacrer en tant que garde du corps du roi le 10 août 1792, avait une autre vision de la Révolution Française. Un petit-fils participera à l’âge de 16 ans, dans la troupe des zouaves pontificaux en 1860 contre les piémontais, à la sanglante bataille de Castelfidardo. (1)&lt;br /&gt;Ajoutées à un héritage culturel aussi contrasté, les conditions rocambolesques de la déclaration de sa naissance, l’attente du délai de son adoption officielle par ses parents naturels en 1824, la mort de sa demi-sœur en 1811, Henriette de Lespinay, tous ces éléments lui ont donné une enfance et une adolescence peu banales. Indiquons tout de suite que dans sa vie d’adulte, il a beaucoup contribué au bonheur de ses proches, et il s’est consacré au service des autres dans l’action politique, donnant l’image d’un homme responsable et équilibré. &lt;br /&gt;Après son droit il a débuté dans la vie comme avocat près la cour d’Assise de Paris, puis au bout de quelques années il s’est orienté vers le notariat. Il a été nommé à son office du no 6 rue du Faubourg-Poissonnière (ancien 2ème arrondissement de Paris), à l’âge de 29 ans le 30 mai 1826. Son étude devait être importante. A son endroit, on notera l’expression de « riche notaire parisien », employée dans un document.&lt;br /&gt;Nous savons qu’il était passionné de théâtre, de peinture, de musique et de littérature. Il aimait fréquenter des artistes comme son ami Delacroix. Un de ses clercs de notaires, Félix Arvers (1806-1850), embauché en 1830, connut le succès en tant que poète à son époque. Un biographe du poète a écrit : « Il taquinait la Muse et publia un recueil de poèmes intitulé Mes Heures perdues (1833). Perdues surtout, a-t-on fait remarquer, pour son employeur, Me Marcelin-Benjamin Guyet-Desfontaines, notaire, chez qui il avait débuté en qualité de sixième clerc ; mais cet excellent homme, ami des belles-lettres et des poètes romantiques, savait fermer les yeux. » Il quitta l’étude en 1836 en tant que 2e clerc.&lt;br /&gt;Marcellin avait 33 ans quand son père est mort. C’est à la même époque qu’il rencontra sa future femme chez Isidore Guyet, dont il était le cousin issu de germain. Journaliste au Courier Français, Isidore habitait au no 26 boulevard de Boule. Républicain, il avait bien sûr signé la pétition contre la première des cinq ordonnances de Charles X du 26-7-1830 suspendant la liberté de la presse et rétablissant la censure. Contre la majorité des journalistes de l’époque, c’était un homme cultivé et instruit. Il avait notamment réalisé une bonne édition de Voltaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Journal  L’ami de la Religion et du Roi (1860), page 257&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais cet homme recevait aussi chez lui sa nièce et son neveu, les enfants d’une sœur de sa femme : Emma Chassériau et Amaury-Duval. Emma Duval s’était mariée avec A. Chassériau, mais était devenue veuve. &lt;br /&gt;Elle faisait alors pour son oncle « le résumé des principaux articles des journaux de Paris, peut-être un ministre, auquel ce résumé était envoyé », selon ce qu’écrit Amaury-Duval dans son livre de souvenirs. Il continue en expliquant la rencontre des deux futurs époux. Nous avons consacré un article spécialement sur  cette rencontre. (2)&lt;br /&gt;Guyet-Desfontaines s’intéressa à l’ancêtre de la photographie. A ce titre, on lui doit des clichés de daguerréotype, dont certains d’entre eux furent vendus aux enchères à Drouot-Richelieu en décembre 2008. Ils étaient estimés dans le catalogue à 200/300 €. La daguerréotypomanie, comme l’appela un caricaturiste, s’empara des gazettes vers 1839. Le 6 mars 1841, à onze heures du matin, Louis Philippe se fit daguerréotyper dans la cour des Tuileries et l’opération dura trois minutes.&lt;br /&gt;Néanmoins, c’est un des plus grands peintres français, Ingres (1780-1867), qui nous permet de montrer Guyet-Desfontaines dans un dessin, à la mine de plomb et rehauts de blanc (32x24.3 cm). Il est conservé au musée Bonnat de Bayonne et provient du fonds Amaury-Duval, légué à son élève Froment-Delormel. Marcellin nous apparaît élégant et sûr de lui, sensible et observateur, à l’aise dans les contacts humains, avec un air malin. &lt;br /&gt;Emma, revenue habiter chez son père après la banqueroute de son premier mari et sa fuite en Amérique du sud, fréquentait le salon des Nodier à l’Arsenal, un des lieux réputés de rencontre des artistes romantiques.  Elle avait elle-même créé son propre salon chez son père, qui avait un logement de fonction, quai Conti à Paris. Il était en effet secrétaire de l’Académie des Inscriptions et belles lettres. Elle y réunissait des écrivains, des musiciens, des chanteurs et des comédiens. Après son mariage, elle emmena tout ce monde chez son mari, rue du Faubourg-Poissonnière d’abord, puis au no 36 de la rue Anjou St Honoré. &lt;br /&gt;Guyet-Desfontaines aimaient les artistes, nous l’avons vu, son épouse aussi. Léon Séché, dans son Etudes d’Histoire romantique Alfred de Musset (1907) écrit à propose de son étude notariale : « Déjà fréquentée par les écrivains et les artistes, elle était déjà devenue, à partir de son mariage avec Mme veuve Chassériau, fille, sœur et nièce des trois Duval, (3) une manière d’académie, un salon où passaient et repassaient, chaque semaine, les habitués de l’Arsenal, à commencer par la famille Nodier. On y dansait, on y faisait de la musique, on y disait des vers, et les clercs de l’étude étaient de toutes les fêtes. » &lt;br /&gt;La personnalité d’Emma, les nombreuses lettres qu’elle a écrites, la notoriété de ses fréquentations, la réputation de son salon, forment un ensemble qui mérite plusieurs exposés particuliers sur cette femme, même si cette présentation oblige à séparer artificiellement la part de vie commune du couple, notamment leur vie mondaine et familiale.&lt;br /&gt;Guyet-Desfontaines perdit sa mère en avril 1833. &lt;br /&gt;Il se trouva alors à la tête d’une importante fortune, ayant recueilli l’héritage de ses parents et de sa demi-sœur. &lt;br /&gt;Il possédait le domaine de Linières (Vendée) bien sûr, mais aussi son étude de notaire, des fermes dans le marais vendéen et son immeuble à Paris.&lt;br /&gt;Il va acquérir une partie du domaine de Montrouge qui appartenait à son beau-père, Alexandre Amaury Duval, et à ses enfants. Celui-ci s’était porté caution pour son gendre, Adolphe Chassériau, quand ce dernier, quittant l’armée après Waterloo, s’était lancé dans une affaire d’édition de livres. Il avait fait faillite, mettant son beau-père dans des difficultés financières. Pour en sortir, celui-ci pu compter sur la générosité de son deuxième gendre, qui lui racheta la propriété familiale des Duval à Montrouge. Et à la fin de sa vie, son beau-père vint habiter chez lui. (4)&lt;br /&gt;Marcellin adopta la fille de son épouse, issue de son premier mariage, Isaure. Celle-ci avait 12 ans quand elle vint habiter chez son beau-père. Ce dernier la reçue et l’adopta comme sa propre fille, lui procurant les moyens d’une éducation d’un enfant de la haute société.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(2) Amaury-Duval, Souvenirs (1829-1830) Plon (1885), page 251&lt;br /&gt;(3) Amaury le père (membre de l’académie des Inscriptions et Belles lettres, écrivain et ancien directeur des Beaux-arts sous Napoléon), Amaury-Duval le frère (peintre reconnu de l’école classique), Alexandre l’oncle (membre de l’académie française, dramaturge à la mode).&lt;br /&gt;(4) V. Noël-Bouton-Rolet, Amaury-Duval : l’homme et l’œuvre (2007)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il accueillit aussi le frère de son épouse, Amaury-Duval. Ce dernier avait son atelier de peintre et son domicile à Paris, mais cela ne plaisait pas à sa sœur Emma, une sorte de « mère poule ». Avec l’accord de son mari, Emma réussit à faire revenir habiter son frère chez eux. Ils avaient beaucoup d’amis communs dans le monde des arts. A titre d’exemple, on relève que l’étude de Guyet-Desfontaines était au nombre des trois études de notaires qui recueillirent des dons au bénéfice des incendiés du théâtre de la Gaîté du 21-2-1835 (5) &lt;br /&gt;Ce fut une famille unie, y compris dans les difficultés, tous amis des arts, sinon artistes eux-mêmes. Après Joseph Guyet, propriétaire de 1800 à 1830, les trois propriétaires qui se sont succédés à Linières sont : M et Mme Guyet-Desfontaines (de 1830 à 1868), Marcel de Brayer, leur petit-fils (de 1868 à 1875) et Amaury-Duval (de 1875 à 1885), le grand-oncle de ce dernier, et frère de Mme Guyet-Desfontaines. &lt;br /&gt;L’histoire personnelle de chacun d’eux est intimement liée à celle des autres. Ils appartiennent tous à une même famille très unie par de forts sentiments. C’est ce qui explique que l’universitaire Véronique Noël-Bouton-Rollet, centrée dans ses recherches pour sa thèse de doctorat sur l’homme Amaury-Duval et sur son œuvre, s’est intéressée naturellement à ses proches : M. et Mme Guyet-Desfontaines, leur fille Isaure de Brayer et leur petit-fils Marcel de Brayer. &lt;br /&gt;Aussi nous devons souligner dès maintenant la place éminente de Marcellin Guyet-Desfontaines parmi les membres de cette famille, y compris pour sa belle-fille et pour son beau-frère. Elle va au-delà de l’épaisseur de son porte-monnaie. Il est l’exemple même d’un homme de cœur et aussi du service que peut rendre l’argent qu’on a. &lt;br /&gt;Le premier domicile de Guyet-Desfontaines au moment de son mariage est celui de son étude notariale rue du Faubourg-Poissonnière. Rapidement il emménagera au no 36 de la rue Anjou St Honoré. C’était un immeuble datant du XVIIIe siècle, détruit en 1861 lors du prolongement du boulevard Malesherbes et situé à la place de l’actuel No 28. Talleyrand a habité au no 35. (6) Plus tard Guyet-Desfontaines  habita au no 13 rue de la rue de Tivoli, devenue ensuite rue d’Athènes.&lt;br /&gt;Avec son épouse ils voyagèrent beaucoup, découvrant l’Italie, notamment Venise, l’Allemagne et la vallée du Rhin, la Suisse, la Hollande, l’Angleterre, où ils continuaient de fréquenter des amis des Duval, les Heath.&lt;br /&gt;Ils découvrirent les bains de mer, dont la mode a été lancée à leur époque. Ils choisirent un endroit pas trop éloigné de Paris : Etretat sur le rivage de la Manche. &lt;br /&gt;Ils eurent leur résidence de campagne aussi, délaissant Montrouge pour rester proches de leurs amis installés dans l’Ouest parisien. Ce fut un pavillon, loué semble-t-il dès 1835, à Luciennes (devenu Louveciennes). Le peintre Roqueplan a exposé au salon de 1856 une vue « du pavillon de Louveciennes, prise des hauteurs de Marly et appartenant à Guyet-Desfontaines. » (7)&lt;br /&gt;En 1847 Guyet-Desfontaines achète un château à Marly le Roi, à côté de Luciennes. Aujourd’hui disparue, la propriété était située à proximité de celle de la comédienne Rachel, dont le terrain est actuellement occupé par des lycées, à l’orée du parc royal et de l’Abreuvoir. Le chemin de fer de la gare St Lazare à St Germain en Laye avait été inauguré en 1837 et son trajet durait 25 minutes. On était proche de la gare de St Germain. Dans son livre, Les environs de Paris (1856), Adolphe Joanne écrit : « De la place de l’Eglise (Marly), sur laquelle on remarque une belle maison de campagne, appartenant à M. Guyet-Desfontaines, on atteint en deux ou trois minutes une porte qui donne accès dans la forêt». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(5) Journal l’Indépendant du 26-2-1835&lt;br /&gt;(6) A. Castelot, Talleyrand ou le cynisme, Perrin (1980), pages 205 et 353&lt;br /&gt;(7)  Revue universelle des arts 1855 T2, page 82 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le village de Marly, alors une commune de 1200 habitants, est bâti sur un promontoire dominant d’environ 150 m la Seine, proche. Le château a disparu aujourd’hui. Depuis 1830, de nombreuses personnalités s'installèrent à Marly : Geneviève Lambert de Sainte-Olive, veuve du baron Guillaume Dupuytren, Charles Duveyrier dit "Mélesville", Rachel. Alexandre Dumas habitait à St Germain, tout à côté. (8) &lt;br /&gt;A Marly, Guyet-Desfontaines put aussi cultiver une autre de ses passions : l’horticulture. Ses compétences le font admettre comme membre de la Société d’Acclimatation pour la protection de la nature, dans sa séance du 11-5-1855. (9) Il engagea du personnel pour entretenir les jardins et les serres, sous les ordres d’un jardinier en chef, Jean Aimé Lesueur (1815-1897). Ce dernier a travaillé ensuite à Boulogne pour le grand parc Rothschild (parc James). (10) Guyet-Desfontaines s’est tellement plu à Marly qu’à partir de la fin des années 1840, il préférait y rester le plus possible plutôt que de retourner à Paris. C’est sans surprise qu’on note sa nomination de maire de Marly le Roi du 26-6-1849 au 4-01-1852. Il fut élu conseiller général de la Seine et Oise. Les courtes biographies de lui, qui indiquent qu’après avoir perdu les élections législatives de 1848 il s’est « retiré sur ses terres en Vendée », ne sont pas exactes sur ce point. &lt;br /&gt;Marly fut aussi le lieu privilégié d’une passion qu’il partagea avec sa femme : le théâtre. Mais dans le couple, le rôle principal en ce domaine était tenu par elle et nous l’évoquerons à son sujet. On peut cependant noter qu’en pleine Révolution de 1848, l’amour du théâtre et sa réputation en ce domaine, font nommer pour un temps Guyet-Desfontaines membre de la commission devant décider du choix du nouveau commissaire du gouvernement à la Comédie Française. Celle-ci venait de faire elle aussi sa révolution en acclamant le gouvernement républicain et en faisant déclamer La Marseillaise par Mlle Rachel, célèbre comédienne et amie proche des Guyet-Desfontaines. On y célébrait aussi la suppression de la censure sur ses activités et la dissolution de la commission de surveillance du théâtre. En lui confiant cette courte mission, les républicains victorieux de 1848 signifiaient que Guyet-Desfontaines n’était pas un de leurs ennemis politiques.&lt;br /&gt;La grande passion de Guyet-Desfontaines, en dehors des arts, ce fut la politique.&lt;br /&gt;Il était partisan du nouveau régime de la Monarchie de Juillet. En digne membre de la famille Guyet, Marcellin Guyet-Desfontaines avait applaudi au renversement de la branche aîné des Bourbons. Le nouveau régime avait besoin de gagner à sa cause la circonscription législative des Herbiers en Vendée, où se trouvait Linières sur la commune de Chauché. Elle était représentée par un député légitimiste, ennemi du nouveau régime, Gabriel du Chaffault.  A l’époque la fonction de député n’était pas rémunérée, mais Guyet-Desfontaines possédait précisément une fortune suffisante pour lui permettre de se consacrer à cette fonction. Il devint député de la Vendée de 1834 à 1848. Son activité de parlementaire est décrite dans mon livre et ses campagnes électorales auprès de ses électeurs ont déjà fait l’objet d’un article spécial sur le présent site. Avec une vie aussi remplie désormais, il vendit en 1836 son étude de notaire, vivant des rentes procurées par son importante fortune. &lt;br /&gt;Pour sa participation à ces élections, Marcellin avait son pied à terre aux Herbiers, au château du Bignon, chez un frère de son père, Louis René Guyet (1776-1853). Le manoir du Bignon avait été acquis en 1828 par cet oncle à la famille des vicomtes de Rouault. Le nouveau propriétaire avait entrepris de remanier le pavillon central et sa façade du XVIIe, en ramenant des pierres taillées de l'abbaye de la Grainetière. Voici ce que Louis Guyet écrivait à son neveu, député de la Vendée le 5-4-1844, parmi des nouvelles diverses des amis et membres de la famille : « Je t’annoncerai que j’ai reçu en apparence bien conditionné deux paniers de vin de champagne. (11) A ton prochain voyage dans notre bocage, et lors de ton séjour au Bignon nous nous assurerons si l’intéressé est en aussi bon état, en attendant reçois mes remerciements… Aurais-je le plaisir cette année d’embrasser les bonnes joues dodues de ma nièce. Dis-lui en attendant que je te charge de lui donner un compte de baisers » Et puis il y a toujours les inévitables « pistons » demandés au député : « Timoléon a écrit à A. Guyet pour son frère Adolphe : aura-t-il l’espoir d’être placé ? C’est un jeune homme qui par son âge, la raison de son avancée, est bien longtemps à obtenir un léger avancement. »&lt;br /&gt;Son engagement chez les libéraux conduira, on le sait, Guyet-Desfontaines à participer aux évènements qui préparèrent la Révolution de 1848, mais il n’était pas pour autant du camp des républicains. Il restera fidèle jusqu’à la fin de sa vie à la famille d’Orléans, lui rendant visite dans son exil londonien. On a un texte du petit-fils de son épouse (issu du premier mariage de celle-ci), Marcel de Brayer, à l’âge de 9 ans, rendant visite à la reine en 1851 à Claremont dans la banlieue de Londres, emmené par ses grands-parents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marcellin Benjamin Guyet-Desfontaines est mort à l’âge de soixante ans le 22 avril 1857. &lt;br /&gt;La Revue de Bretagne et de Vendée écrit après sa mort : « De son côté le département de la Vendée a perdu récemment deux de ses anciens députés, M. Guyet-Desfontaines et M. Isambert. M. Guyet-Desfontaines était un homme aimable, un homme d’esprit et de talent, et qui savait faire d’une belle fortune un heureux usage : député de la Vendée de 1834 à 1848, puis membre du conseil général de Seine et Oise et maire de Marly le Roi jusqu’en 1851, il est mort à Paris le 22 avril dernier, une huitaine de jours après M. Isambert ». (12) La revue, marquée à droite, a salué l’homme au-delà de ses convictions politiques qu’elle ne partageait pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(8)  Nous avons cité les noms d’amis des Guyet-Desfontaines&lt;br /&gt;(9)  Bulletin de la Société d’Acclimatation, pour la protection de la nature (juin 1855)&lt;br /&gt;(10) Lettre de Denis Lesueur, un descendant rencontré sur le web (novembre 2010)&lt;br /&gt;(11) Le nombre de bouteilles dans un panier a varié avec les époques. Dans ces années 1840 la technique du bouchonnage des bouteilles de vin de champagne avait fait des progrès avec les capsules.&lt;br /&gt;(12) La Revue de Bretagne et de Vendée (Tome 1-Nantes-1857, numérisé au Harvard college library)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Octobre 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-3441113635062540413?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/3441113635062540413/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/10/la-vie-privee-de-guyet-desfontaines.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/3441113635062540413'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/3441113635062540413'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/10/la-vie-privee-de-guyet-desfontaines.html' title='La vie privée de Guyet-Desfontaines (1797-1857)'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-6785008026315564644</id><published>2011-09-19T21:09:00.000+01:00</published><updated>2011-09-19T21:09:30.648+01:00</updated><title type='text'>La rencontre de Marcellin Guyet-Desfontaines et d’Emma Chassériau</title><content type='html'>Guyet-Desfontaines et son épouse Emma furent propriétaires de Linières de 1830 à 1868. Emma Pineu-Duval s’était mariée à l’âge de 18 ans avec un officier, Adolphe Chassériau. Ce dernier venait de quitter l’armée après la défaire de Waterloo et la Restauration monarchique qui l’a suivie. Il s’était lancé dans une affaire de librairie et d’édition mais il fit faillite. Pour refaire fortune il partit en Amérique du Sud, laissant femme et enfant seuls à Paris. Il est mort à Caracas en 1828.&lt;br /&gt;Ainsi abandonnée, Emma Chassériau est venue habiter chez son père en 1824, quai Conti. Celui-ci, secrétaire perpétuel de l’Académie des inscriptions et belles lettres, y avait un logement de fonction. Elle y retrouva son jeune frère, devenu depuis le peintre Amaury-Duval, plus jeune qu’elle de 9 ans. Elle avait 29 ans quand elle devint veuve.&lt;br /&gt;Sans ressources, son père étant dans la gêne car il s’était porté caution des créances de son gendre, Emma Chassériau fit face avec courage à sa situation, multipliant ce qu’on appelle aujourd’hui les petits boulots. Elle exécuta des travaux de secrétariat pour Adolphe Thiers, elle confectionna des bourses en filet de soie et des sacs  pour dames, vendus auprès d’amis et par un marchand du palais royal, elle donna des cours de chants et de musique. Ce qui ne l’empêchait pas, de temps en temps, de sortir au théâtre (quand elle recevait un billet d’invitation) et de fréquenter les salons de Sophie Gay (une amie de sa mère dont elle était sa filleule) et de Charles Nodier. Elle recevait des amis aussi chez elle, quai Conti, où bientôt, elle eut ses réceptions où se retrouvaient nombre d’artistes.&lt;br /&gt;Devenue veuve, les prétendants ne se firent pas attendre. Au mois de janvier 1829, elle écrit à son frère : « T’avais-je dit que M. Decomberousse devait me présenter le petit de B…, et devait le présenter comme prétendant ? Eh bien ! il est venu mardi. De ta vie tu ne verras un costume pareil : pantalon collant, bas de dentelle, brillants tout le long de sa chemise ; serré à étouffer, vu qu’il est horriblement gros ; claque à la main, chaîne de montre, chaîne de lorgnon, bague à tous les doigts…Enfin, inouï. Il a fait révolution. Tout ce qu’il a dit a répondu à son costume. Associé d’agent de change il n’a parlé que de sa caisse et de rentes ; il m’a offert du jus de réglisse dans une petite bonbonnière en or…Me vois-tu la femme d’un homme comme cela ? C’est que je lui plais excessivement. »&lt;br /&gt;Son frère est en Grèce et au mois de mai suivant, elle lui écrit à nouveau : « L’excellente madame D… va bientôt retourner à Tours ; en la perdant, je vais perdre beaucoup. Est-ce qu’elle ne veut pas me faire épouser un prince ! Me vois-t-tu princesse ? Ma foi ! Cela amuserait. Delphine Gay aussi veut me marier à M. E. de G…. (1) Elle me le vante, elle m’en parle et reparle : si bien qu’il vient chez moi, que je reçois son journal, et tous les livres qui paraissent. » &lt;br /&gt;Deux jours plus tard, dans une nouvelle lettre elle revient sur le sujet : « Maintenant, je te demanderai un mari, puisque tu trouves tant de bonnes choses en Grèce, mais un mari français, bien aimable, bien riche, bien spirituel, bien bon, bien fait, qui comprenne toutes mes folies, et qui m’aime surtout ».&lt;br /&gt;Emma Chassériau fréquentait un oncle, Isidore Guyet, qui avait épousé Félicité Tardy, une sœur de sa mère. Le père d’Emma avait aidé son beau-frère avec des collaborations au journal de La Décade philosophique autrefois, dont il était un des fondateurs. L’oncle était maintenant journaliste au Courrier Français, après être revenu d’un exil à Bruxelles en raison de ses opinions politiques (c’était un opposant aux royalistes et aux Bourbons). Contre la majorité des journalistes de l’époque, c’était un homme cultivé et instruit. Il avait notamment réalisé une bonne édition de Voltaire. &lt;br /&gt;Le père de cet oncle, originaire de St Fulgent, avait été le frère de Simon Guyet, le maître de poste de St Fulgent, le républicain massacré le 14 mars 1793 à St Vincent Sterlanges par les royalistes. Ce dernier était aussi le grand-père de Marcellin Guyet-Desfontaines, qui allait bientôt hériter du domaine de Linières.&lt;br /&gt;Nous connaissons la suite, le dénouement ne fut pas long chez son oncle par alliance, Isidore Guyet, où Emma Chassériau rencontra Marcellin Guyet-Desfontaines. Ecrivant ses souvenirs à Linières dans les années 1880, Amaury-Duval apporte la précision suivante sur la rencontre de sa sœur et de son beau-frère : « aimable homme, spirituel, qui fut touché du récit de cette courageuse existence, aussi de la grâce et du charme que ma sœur possédait encore. Elle n’avait que trente-deux ans. Un amour très vif succéda à l’admiration, et, en 1832, Guyet-Desfontaines mit aux pieds de Madame Chassériau sa brillante fortune. » Tout est dit dans ces quelques lignes. D’abord le souci de la précision et de la vérité de l’auteur, écartant toute emphase, s’effaçant pudiquement derrière son sujet, loin de toute attitude romantique. Sa sensibilité aussi, pour énumérer d’un mot les qualités et les sentiments des protagonistes. Un style dépouillé et sensible, c’est tout l’homme Amaury-Duval. Et qui en dit beaucoup sur la naissance de cet amour. Quand Marcellin rencontre le sourire d’Emma et la vivacité de son regard, il est touché aussi du courage de la jeune veuve abandonnée et dans le besoin. C’est dans son âme qu’un être humain puise son énergie et sa force, on le sait. Chez une femme avec plus d’évidence. Or dans le cœur de Marcellin est gravée une histoire de femme courageuse. Celle de sa mère dans la virée de galerne et parmi les condamné(e)s aux noyades à Nantes. &lt;br /&gt;En 1840, l’historien Jacques Crétineau-Joly, publiera son Histoire de la Vendée militaire en quatre volumes. Il y consacrera une page sur l’histoire de l’ex dame de Linières, sauvée des noyades de Nantes, indiquant que son fils est maintenant député de la Vendée. &lt;br /&gt;Le mariage de Marcellin Guyet-Desfontaines et d’Emma Chassériau fut conclu fin décembre 1831. (2)&lt;br /&gt;Parmi les félicitations reçues par la mariée, nous avons une lettre de Thiers, l’un des hommes politiques parmi les plus marquants du XIXe siècle, (3) intéressante à reproduire. Emma connaissait Adolphe Thiers avant que son futur mari, député de Vendée, n’aille le soutenir à la chambre des députés : « Je vous assure qu’au milieu des tourments, des soucis de mille espèces, dont je suis assailli, votre bonheur m’a ému, et réjoui le cœur… Ma satisfaction a été réelle, je l’ai ressentie comme on ressent un bien qui vous est personnel. Si peu d’entre nous, vieux amis que nous sommes, si peu sont heureux, que c’est une fête de régiment quand il y en a un qui arrive au port ! J’irai dîner chez vous mercredi soir. Si je ne suis pas dans l’erreur sur le jour, en tout cas rectifiez ma mémoire. Adieu, soyez heureux, vous me ferez un grand plaisir. Faites agréer mes vœux à votre mari, qui a prouvé en vous choisissant, qu’il vous valait, et ce n’est pas peu de chose. &lt;br /&gt;A. Thiers » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Emile de Girardin, patron de presse, qui épousera bientôt Delphine Gay, la fille de Sophie !&lt;br /&gt;(2) Véronique Noël-Bouton-Rollet, Amaury-Duval, l’homme et l’œuvre, (2006), page 7 &lt;br /&gt;(3) Sous la Monarchie de juillet il fut député, souvent ministre et deux fois chef du gouvernement. Il fut député d’opposition après un bref exil sous Napoléon III. Après la défaite de 1871, il fut désigné comme chef du gouvernement pour négocier avec les Prussiens. Il a été alors le premier président de la IIIe République.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Septembre 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-6785008026315564644?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/6785008026315564644/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/09/la-rencontre-de-marcellin-guyet.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/6785008026315564644'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/6785008026315564644'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/09/la-rencontre-de-marcellin-guyet.html' title='La rencontre de Marcellin Guyet-Desfontaines et d’Emma Chassériau'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-5848553772991565054</id><published>2011-08-02T12:30:00.002+01:00</published><updated>2011-12-04T12:30:22.987Z</updated><title type='text'>Le Coudray aux 17e et 18e siècles</title><content type='html'>A la page 83 de mon livre j’évoque le fief du Coudray à St André Goule d’Oie à propos de la famille Royrand, ses propriétaires à la fin du 17e siècle. Le domaine du Coudray a été constitué pour doter d’un fief un des officiers du château des Essarts. (1) &lt;br /&gt;Le hasard des recherches et les nouvelles bases de données des archives départementales de la Vendée, m’amènent à enrichir et à rectifier cet article publié pour la première fois en août 2011 et déjà rectifié le mois d’octobre d’après. Cette version remplace bien sûr les précédentes.&lt;br /&gt;A la fin du XVIe siècle le fief du Coudray est possédé par Toussaint Menanteau, désigné dans des actes comme sieur du Coudray et de la Girardière. Il s’est marié avec Gilone de Gazeau de la Brandasnière, morte avant 1597. Celle-ci eut aussi deux sœurs : Esther et Lydie. (2)&lt;br /&gt;La branche de la Brandasnière est la troisième de cette famille Gazeau à cette époque. Une tante de Gilone, Louise, avait épousé Alexis Royrand, seigneur de la Patissière (Boufféré) en 1540. (3) Son frère aîné, Léon Gazeau, fut un marin remarqué et fut seigneur de la Boutarlière (Chauché). La Boutarlière restera une seigneurie pour ses descendants. Son deuxième frère, François Gazeau, fut l’auteur de la branche du Plessis et des Grandes Maisons. Il épousa Suzanne Royrand le 6-1-1583, (3) qui lui apporta la terre de la Limonière de Chavagnes en Paillers. Son troisième frère, Jacques Gazeau, fut l’auteur de la branche de la Couperie et du Ligneron. Parmi ses descendants, on trouve le futur seigneur de St Fulgent, Paul Louis Gazeau, qui assassina J. de Montsorbier en 1719 et vendit la châtellenie de St Fulgent à un négociant nantais en 1728. &lt;br /&gt;Toussaint Menanteau et Gilone de Gazeaux eurent une fille, Suzanne. Elle se maria avec Christophe Royrand, lui apportant le fief du Coudray. &lt;br /&gt;On trouve des Royrand dans le Bas-Poitou dès le XIVe siècle, un peu partout, possédant des fiefs nobles dès le XVe siècle, à Chauché (Belair), Chavagnes, St Denis la Chevasse, etc. L’historien Guy de Raignac (3) a décrit plusieurs familles portant ce nom, notamment celle d’Alexis Royrand qui épousa Louise Gazeau en 1540. Leur descendance s’établit un temps à la Petite Roussière de St Fulgent en 1627. Le premier général de l’armée du centre pendant la guerre de Vendée en 1793, Charles Aimé (1726-1793), est issu de cette branche. &lt;br /&gt;Les Royrand du Coudray ne sont pas parents de ceux de St Fulgent. Christophe Royrand, sieur du Coudray, était aussi sieur de la Faguelinière (Les Herbiers) depuis 1603 au moins. Cette possession dépendait du fief du Thréhant et était aux Foucher en 1464.&lt;br /&gt;Christophe Royrand et Suzanne Menanteau eurent au moins cinq enfants :&lt;br /&gt;- Esther. Sur le registre de Chauché, on relève le mariage, le 14-7-1626, d’Esther Royrand, fille de Christophe Royrand, écuyer, et de Suzanne Menanteau, sieur et dame de la Faguelinière, de la paroisse de Saint-André-Goule d’Oie, avec Pierre Basty, (inhumé à Chauché en 1665) sieur de Villeneuve, fils de feu Jean Basty et de Catherine Durand, sieur et dame de Maurepas, de Chauché. (4) Elle est morte à Chauché le 6-4-1648.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) G. de Raignac, De chateaux en Logis …, de Bonnefonds (1997)&lt;br /&gt;(2) E. de Lauzon, Généalogie de la maison de Gazeau, Luçon (1911), page 16 et s.&lt;br /&gt;(3) G. de Raigniac, Quelques familles anciennes du Bas-Poitou depuis longtemps éteintes, Archives de Vendée (1976) :8 J 1&lt;br /&gt;(4) Rapport des chefs de services au Conseil général de Vendée, 1899, 2e session, Chauché&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;- Pierre. Son baptême sur le registre de St André Goule d’Oie est du 26-11-1622. C’est la trace la plus ancienne de la famille Royrand sur ce registre.  L’enfant a pour parrain le prieur Pierre Baudry. &lt;br /&gt;- Bénigne. Elle se marie à Chauché le 26-2-1659 avec René Forestier, écuyer, seigneur des Coustaux, de la paroisse de Nalliers.&lt;br /&gt;- Jean, repéré par sa descendance. Il s’est marié avec Anne Trochon, avec qui il eut un fils, Pierre, né le 22-7-1646. La marraine de ce dernier est sa tante, Esther, dame de Villeneuve, épouse de Pierre Basty. Deux mois auparavant Jean Royrand avait eu un autre fils, nommé Pierre aussi, d’une Catherine dont le patronyme n’apparaît pas sur le registre (27-5-1646) : un enfant hors mariage. Le prieur de St André Goule d’Oie, Pierre Moreau, a été parrain des deux enfants, et c’est lui qui tenait le registre. &lt;br /&gt;Sa femme Anne Trochon a été inhumée à Nalliers le 25-9-1661. Jean Royrand a été enterré dans l’église de St André le 4-7-1669. Soit il avait par héritage un droit (de type féodal) à cette sépulture, soit il a été un bienfaiteur remarqué. La miséricorde du prieur, même à cette époque, que l’on suppose guidée seulement par des considérations spirituelles, n’aurait pas pu justifier cette pratique, après une vie privée du défunt manquant d’exemplarité. &lt;br /&gt;- Jonas, repéré par sa descendance. Il s’est marié à Elizabeth Grelier, avec qui il a eu deux enfants. Jean d’abord, né le 1-11-1652, puis Pierre, né le 18-1-1656. &lt;br /&gt;Suzanne Menanteau a été inhumée à St André le 14-4-1642.&lt;br /&gt;Par sentence du 24-9-1667, les deux frères Jonas et Jean Royrand, écuyers et sieurs du Coudray (St André) et de la Martinière (La Rabatelière), ont été maintenus nobles. Leur blason portait : d'azur à une rencontre de buffles d'or accompagnée de trois étoiles de même, deux en chef et une en pointe. (5) &lt;br /&gt;On voit aussi une fille Royrand mariée à Jacques Mandin (cette dernière famille possède beaucoup de ramifications dans la paroisse et son patronyme revient souvent à cette époque). &lt;br /&gt;Jonas Royrand a été inhumé le 24-2-1687 en présence de Jean Royrand son fils, Louis Proust sieur de la Barre et Pierre Arnaudeau sieur de la Grenelière.&lt;br /&gt;Jean Royrand, le fils aîné de Jonas, écuyer et sieur de la Nouhe s’est marié à Marie de La Personne à St Fulgent le 13 juillet 1673. Celle-ci était la fille de feu noble homme Nicolas de la Personne et de feu Anne Petit. Ils eurent deux fils prénommés Pierre, le premier le 29-2-1675 et le deuxième le 29-2-1676. Le registre des décès entre ces deux dates étant incomplet, nous n’avons pas pu vérifier l’hypothèse probable de la mort du premier enfant. Dans les deux cas, le parrain et la marraine sont les mêmes.&lt;br /&gt;Marie de La Personne fut enterrée dans l’église de St André le 16-2-1717. (6)&lt;br /&gt;Les héritiers de Jean Royrand vendront le Coudray à un bourgeois de Fontenay le Comte, Artus Corbier. Ce dernier est venu habiter sur place au Coudray, conservant sa maison de Fontenay le Comte, où il est domicilié néanmoins en 1699. C’était un bourgeois originaire de Fontenay le Comte, où il est né en 1654. Il est noté dans les actes, comme son fils Louis, sieur de Beauvais. (7)&lt;br /&gt;Son père était Jacques Corbier (fils de Pierre Corbier et de Marie Gobin), docteur en médecine à Fontenay. Il avait épousé en 1648 Claude Pascaud, fille du procureur royal de Fontenay. Il est mort avant 1682, père de sept enfants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(5) Colbert de Croissy et Barentin, État du Poitou sous Louis XIV, page 469  &lt;br /&gt;(6) C'est en 1777 qu'intervint la loi interdisant les inhumations dans les églises pour des raisons d'inconfort (odeurs dues aux exhumations involontaires de corps non décomposés lors de l'inhumation des nouveaux arrivants), et plus généralement pour rétablir l'hygiène dans les églises. Seuls y sont désormais acceptés, les archevêques, évêques, curés, hauts justiciers et fondateurs de chapelles. (http://provinces.francaises.free.fr/lexique_IJK.htm)&lt;br /&gt;(7) Archives départementales de Vendée, J. Maillaud, Notes généalogiques (T 10)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Artus Corbier se maria deux fois :&lt;br /&gt;- avant le 10-5-1689 avec Marie Moreau, fille de feu Louis Moreau, sieur de Villeneuve à St André Goule d’Oie. Louis Moreau habitait dans le bourg de St André Goule d’Oie et a été enterré le 15-3-1668 dans l’église. Il avait un parent, Pierre Moreau, qui habitait le Coudray, était sénéchal (juge) à Bazoges en Paillers, et fils d’un régisseur de Linières (vers 1631).&lt;br /&gt;- le 7-6-1703 avec Louise Billaud demeurant à Fontenay, fille de feu Henri Billaud, juge magistrat au siège royal de Fontenay et de Louise Giraud.&lt;br /&gt;Lors de son second mariage il est noté demeurant alors au Coudray Loriault à St André Goule d’Oie. De ce mariage naquit en 1705 un fils unique, Louis Corbier.&lt;br /&gt;Artus est mort avant 1609, date du remariage de sa veuve Louise Billaud avec Alexandre de Roannet écuyer, seigneur des Margues ou Margnes, capitaine au régiment de dragons de Belle&lt;br /&gt;Isle, présent alors à la garnison de Fontenay, âgé de 35 ans. Louise Billaud demeurait à Fontenay le 27-9-1713. Son mari a vécu au Coudray et on note son inhumation dans l’église de St André le 14-3-1735, chevalier de l’ordre de St Louis et ancien capitaine de dragon au régiment de Belle Isle.&lt;br /&gt;Louise Billaud vivait encore le 10-9-1738, alors veuve de A. de Roannet.&lt;br /&gt;Son fils, Louis Corbier, sieur de Beauvais, bourgeois demeurant au Coudray, épousa à Foussais par contrat du 10-9-1738 (notaire Fonteny à Foussais), Charlotte de Puyrousset.&lt;br /&gt;Celle-ci était la fille de Paul de Puyrousset, sieur du Deffend (né en 1642 à la Jaudonnière) et de Jeanne Mesnage, maintenu noble en 1715. Paul était le fils de Jacob de Puyrousset (1610-1683), sieur de la Brelaizière (Jaudonnière). L’ancêtre Puyrousset était un des pairs de la ville de la Rochelle. (7)&lt;br /&gt;Sur le registre de St André on note les naissances de filles de Louis Corbier et de Charlotte de Puyrousset, mais aucune ne survécut :&lt;br /&gt;- le 7-7-1739 naissance de Louise Corbier, fille de messire Louis Corbier sieur de Beauvais, décédée au Coudray le même jour&lt;br /&gt;- le 25-10-1741 : naissance de Louise Charlotte Corbier fille de messire Louis Corbier sieur de Beauvais et Dame Charlotte Puyrousset. Parrain : Louis de la Fons, écuyer sgr de Talgis. Marraine : Dame Louise Gillaud Desmarques. Elle est morte plus tard&lt;br /&gt;Le 28-6-1745, on relève l’inhumation de Louis Corbier de Beauvais, âgé de 2 ans.&lt;br /&gt;Le couple a été parrain et marraine plusieurs fois lors du baptême de métayers de la paroisse et pour celui d’un voisin du Coudray le 12-1-1743 : Louis René Loiseau, fils de René et Marie Gaspard. &lt;br /&gt;Louis Corbier décéda au Coudray à l’âge de 57 ans, le 13-11-1761. Charlotte de Puyrousset est morte sans postérité, avant le 7-5-1784.&lt;br /&gt;En 1762, après la mort de son mari, elle loue le domaine du Coudray à son voisin René Loiseau, marchand, qui acheta cinq ans plus tard « le fief et seigneurie du Coudray ». (8) Sa fille, Jeanne, se mariera en 1790 avec François Cougnon (1766-1848), capitaine de paroisse durant la guerre de Vendée. &lt;br /&gt;Incendié par une colonne infernale pendant la guerre de Vendée, le logis du Coudray fut restauré ensuite. (8)&lt;br /&gt;Pour terminer l’histoire du fief du Coudray, indiquons que le fils de François Cougnon, prénommé aussi François (1792-1858), qui fut maire de St André Goule d’Oie de 1826 à 1829, mourut sans enfant. Sa propriété fut reprise par un cousin, Grolleau, dont les propriétaires actuels sont les descendants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(8) Revue du Souvenir Vendéen, article de Jérôme Biteau : Deux capitaines de paroisse : les frères Cougnon de St André Goule d’Oie,  No 239 de juin 2007&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Août 2011, complété en octobre et en décembre 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-5848553772991565054?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/5848553772991565054/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/08/le-coudray-aux-17e-et-18e-siecles.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/5848553772991565054'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/5848553772991565054'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/08/le-coudray-aux-17e-et-18e-siecles.html' title='Le Coudray aux 17e et 18e siècles'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-4452692385006618248</id><published>2011-07-01T11:50:00.000+01:00</published><updated>2011-07-01T11:50:20.588+01:00</updated><title type='text'>Félicité Guyet et le milliard des émigrés</title><content type='html'>On sait que la vente des biens nationaux a beaucoup contribué à la pérennisation de l’œuvre de la Révolution française, mais aussi à l’enracinement des divisions qu’elle a suscitées dans la société politique française. Sans même évoquer les biens du clergé, les points de vue opposés sur l’émigration, la confiscation des biens des émigrés et leur vente en tant que biens nationaux, s’enracinant dans la guerre civile en Vendée, ont relevé de choix politiques irréconciliables. Et on peut remarquer que les nouveaux propriétaires sont devenus par la suite de bons défenseurs de la Révolution, évidemment. Quant aux anciens propriétaires, leur ressentiment a pu durer longtemps, on ne peut pas s’en étonner. Or Linières a été déclaré bien national suite à l’émigration de Charles Augustin de Lespinay. &lt;br /&gt;Dans cette situation, la Restauration monarchique n’a pas réussi à faire bouger les choses. La conservation des biens acquis nationalement a été promise par Louis XVIII aux anciens révolutionnaires, comme faisant partie du prix à payer pour son retour sur le trône en 1814. En pratique d’ailleurs, comment indemniser les primo acheteurs et surtout les suivants en rendant leurs biens aux émigrés ? La politique d’indemnisation pratiquée ensuite par l’Etat en faveur des émigrés spoliés, n’a pas suffi à faire oublier les confiscations révolutionnaires. Que s’est-il passé pour Félicité Guyet, ex vicomtesse de Lespinay, pour ses biens propres et ceux de son mari ? Elle a racheté Linières, certes, mais le domaine avait auparavant été confisqué à son mari.&lt;br /&gt;En 1809, Félicité Guyet hérita d’une partie des biens de son père suite à un partage entre la République et les descendants d’émigrés. Ce qui veut dire que tous les biens confisqués des du Vigier n’avaient pas été vendus. (1)&lt;br /&gt;Il semble qu’en mai 1829, Félicité Guyet a été reçue au château du Pally à Chantonnay, chez le marquis Alexis de Lespinay, pour s’y voir remettre sa part des indemnités versées par l’Etat en compensation des ventes en bien national des propriétés de son ex-mari Charles de Lespinay. Leur fille Henriette étant morte en 1811, sa mère était héritière de ses droits. Or la loi du 27-4-1825, appelée par ses adversaires le « milliard des émigrés » limitait ses indemnisations aux nobles spoliés, et avait permis d’indemniser en Vendée 321 propriétaires, sous forme de rente. (2) A cet égard, remarquons que les finances publiques n’ont pas déboursé un milliard de francs, mais des rentes sur ce capital, pour un montant de quelques dizaines de millions de francs. Gardons-nous de la présentation polémique des chiffres à cette époque. Mais cette polémique mérite une explication : l’indemnisation mettait directement en cause l’action révolutionnaire dans la défense de la patrie (les émigrés ayant aidé les ennemis de la France). Il fallait oublier et on rouvrit la plaie. De plus l’indemnisation, réservée aux nobles émigrés, ne concernait pas les destructions de patrimoines des paysans. Les pensions données aux veuves et aux combattants de la guerre de Vendée, par leurs montants et leurs modalités d’attribution ont parfois déçu.&lt;br /&gt;La commission chargée de répartir le « milliard des émigrés » a été dissoute à la fin d’année 1832 par le nouveau régime de la Monarchie de Juillet issu de la Révolution de 1830, qui y avait aussi nommé des fidèles à lui. Félicité Guyet avait encore des demandes en cours auprès de cette commission en cette année 1832, concernant ses propres biens dans la Vienne. On sait qu’elle avait contesté une indemnisation reçue. (3)&lt;br /&gt;Elle a demandé à son fils Marcellin Guyet-Desfontaines, alors notaire, de s’en occuper. &lt;br /&gt;Celui-ci a sollicité par l’intermédiaire du directeur du journal le Courrier Français, Théophile Chatelain, une entrevue à un membre de cette commission, M. Billy. C’est qu’un des journalistes du Courrier Français, un quotidien favorables aux idées libérales, s’appelait Isidore Guyet, cousin de Marcellin, mais aussi oncle de son épouse, Emma. (4) T. Chatelain précise dans sa lettre du 18-10-1832 à M. Billy (5) : « Je vous prie d’accueillir avec bienveillance M. Guyet notaire et neveu de mon collaborateur habituel. Il a des intérêts à débattre devant la commission d’indemnités dont vous êtes membre. Je lui laisse le soin de vous expliquer lui-même son affaire et je me borne à vous recommander de ne pas le regarder comme un émigré. Quoique compris dans la classe des indemnitaires, il n’en est pas moins plébéien par la naissance et ses origines. Mille compliments d’amitié. »&lt;br /&gt;Il semble que la démarche ne fut pas couronnée de succès. Le dossier de Mme Guyet a été renvoyé en 1833 par le ministère des Finances, auprès de qui travaillait la commission d’indemnités, à la préfecture de la Vienne, pour classement. (6)&lt;br /&gt;On remarquera que l’objet de la lettre est de préciser le bon parti du demandeur, celui des « plébéiens », autrement dit du peuple. C’est que la commission n’avait que des nobles anciens émigrés comme clients, la « classe des indemnitaires », est-il écrit pudiquement pour désigner, entre partisans de la Révolution, des adversaires politiques favorisés par le régime précédent. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Archives départementales de la Vienne : 1Q174 dossier 149 &lt;br /&gt;(2) E. Gabory, Les Bourbons et la Vendée (1923)&lt;br /&gt;(3) Archives départementales de la Vienne : 1Q 207, dossier 234&lt;br /&gt;(4) Il avait épousé une sœur de la mère d’Emma Guyet-Desfontaines et d’Amaury-Duval&lt;br /&gt;(5) Fonds Amaury-Duval de la Société Eduenne d’Autun : K8 33&lt;br /&gt;(6) Archives départementales de la Vienne : 1Q 228, dossier 234&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Juillet 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-4452692385006618248?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/4452692385006618248/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/07/felicite-guyet-et-le-milliard-des.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/4452692385006618248'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/4452692385006618248'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/07/felicite-guyet-et-le-milliard-des.html' title='Félicité Guyet et le milliard des émigrés'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-8215958043689270940</id><published>2011-07-01T11:45:00.000+01:00</published><updated>2011-07-01T11:45:21.635+01:00</updated><title type='text'>Louis XVIII s’intéresse à la Morelière</title><content type='html'>Quand la vicomtesse de Linières rachète en août 1796 au département de la Vendée le domaine de Linières, qui avait été classé bien national suite à l’émigration de son mari, la métairie de la Morelière, qui en faisait partie, était indiquée comme s’étendant sur les deux communes de Chauché et de St André Goule d’Oie, sans plus de précision. &lt;br /&gt;Avec la création des contributions foncières et mobilières par la Révolution, les communes ont un rôle actif dans l’établissement des impôts. C’est alors que les deux communes de St André et de Chauché, appuyées par leurs contrôleurs des contributions respectifs, revendiquent dans leur territoire une même partie des terres de la Morelière. Qui plus est, pour Chauché, la limite de la commune passe entre les bâtiments d’exploitation de la métairie et ceux d’habitation, alors que pour St André, la limite englobe tous les bâtiments ainsi qu’une partie de terres revendiquées aussi par la commune de Chauché.&lt;br /&gt;Nous savons que les communes, crées en décembre 1789, avaient repris les limites des paroisses existant sous l’Ancien régime, définies dès le Moyen-Âge. Ces limites étaient fixées dans les usages le plus souvent et le cadastre n’existait pas encore. Pour désigner les limites d’un bien dans un acte de propriété, on indiquait le nom des voisins ou des repères naturels comme des ruisseaux ou des chemins. Cette approximation a été à l’origine du flou constaté au début du XIXe siècle dans la limite entre les deux communes à la Morelière. Cette situation était insupportable pour le propriétaire, qui recevait des contributions à payer pour les mêmes terres, de la part des deux communes. &lt;br /&gt;C’est ce que nous découvrons dans un dossier de la préfecture de Vendée conservé aux Archives départementales (1 M 290). En 1817, le propriétaire du domaine de Linières, Joseph Guyet, le deuxième mari de la vicomtesse de Linières, à qui elle avait revendu le domaine en 1799, écrit au préfet en ces termes :&lt;br /&gt;« J’ai réclamé depuis bien des années contre la fixation des limites des deux communes de Chauché et de St André Goule d’Oie, arrondissement de Bourbon Vendée.&lt;br /&gt;Deux contrôleurs des contributions, M. Joubert et M. de Boureuil, sont descendus successivement sur les lieux, et tous deux ont, à différentes époques, constaté la justesse de ma réclamation. Je devais croire que rien ne pouvait faire différer d’y faire droit. Ce n’est pas sans étonnement que j’ai été dans le cas d’apprendre que les choses étaient dans le même état, quoique j’eusse rappelé plusieurs fois ma demande à MM. Les directeurs des contributions.&lt;br /&gt;La commune de Chauché et celle de St André Goule d’Oie arrêtent leurs limites sur mon domaine de Linières. L’une les porte jusqu’au chemin qui partage les bâtiments d’habitation de ma métairie de la Morlière, de ceux d’exploitation.&lt;br /&gt;La seconde, celle de St André, de son côté, dépasse ce chemin et va prendre outre les bâtiments d’exploitation de la Morlière, une étendue assez considérable de terrain qui dépend du même objet. Elle fait marquer sur ce point sa limite par un prétendu cours d’eau qui n’a d’existence que pendant l’hiver et qui se forme dans une pièce de terre que l’on surnomme les profondeurs de la Morlière.&lt;br /&gt;Il résulte de cette manière d’opérer que je suis compris dans les deux communes à la fois pour le même terrain, sur les rôles des contributions foncières et que le métayer de la Morlière se trouve éprouver une surcharge dont je suis tenu de le libérer.&lt;br /&gt;M. de Boureuil est le dernier contrôleur qui ait fait un rapport sur cet objet. Il doit se trouver dans celui auquel donna lieu ma demande en estimation comparative de mes propriétés avec celles de M. Herbreteau maire de la commune de St André Goule d’Oie. C’est à l’époque de cette opération que M. le contrôleur eut à examiner les lieux pour la fixation des communes.&lt;br /&gt;J’ai l’honneur de vous prier de vouloir bien faire rechercher les pièces relatives à cette affaire et de donner les ordres nécessaires pour que la rectification des limites que je sollicite, soit définitivement établie et que je sois déchargé soit dans l’une soit dans l’autre des communes de la part des contributions que je supporte en double emploi.&lt;br /&gt;J’ai l’honneur d’être avec respect, Monsieur le Préfet, votre très humble et très obéissant serviteur.&lt;br /&gt;J. Guyet&lt;br /&gt;A Paris le 9 juillet 1817&lt;br /&gt;Chef à l’agence judiciaire du Trésor Royal&lt;br /&gt;Carrefour de l’Odéon No 10 »&lt;br /&gt;Cette lettre nous donne des informations qui vont au-delà du problème soulevé de la délimitation entre les deux communes, mais restons d’abord sur ce sujet.&lt;br /&gt;Dans le dossier on peut lire un rapport établi par un expert nommé par le préfet de Vendée, M. Vinet des Brouzils, où les positions des deux communes restent figées, sans compromis entre elles. Elles sont représentées par Pierre Herbreteaun né à Linières au temps des de Lespinay, le maire de St André, et par Pierre Maindron, adjoint à Chauché, qui ne se doutait pas qu’il accepterait d’aller à Linières dans quelques années pour être le régisseur du domaine, au temps du fils de Joseph Guyet. Chauché ne veut pas changer sa limite malgré qu’elle partage les bâtiments de la métairie, les uns à St André et les autres à Chauché. St André veut continuer de fixer sa limite après la ferme, sur un ruisseau à sec la moitié de l’année. Mais l’expert recommande cette dernière position dans le but de mettre tous les bâtiments de la Morlière dans la même commune, en l’occurrence celle de St André Goule d’Oie.&lt;br /&gt;A l’époque les limites des communes étaient fixées par un acte du chef de l’Etat. C’est donc par une Ordonnance royale du 10 janvier 1818, signée du roi Louis XVIII, que les bâtiments de la Morelière, ainsi que quelques terres, passèrent tous dans la commune de St André Goule d’Oie. Voici son article 1 :&lt;br /&gt;« Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre, &lt;br /&gt;A tous ceux que ces présentes verront, Salut :&lt;br /&gt;……….&lt;br /&gt;La limite entre les communes de St André Goule d’Oie et de Chauché, département de la Vendée est fixée ainsi qu’elle est marquée par un liseré jaune sur le plan ci-annexé à partir de la rivière qui coule au bas de St André Goule d’Oie jusqu’à la croisée de la Brejonnière où l’on prend le chemin des murailles que l’on remonte jusqu’à la croisée de la Bourolière, prenant là le chemin des landes et le suivant jusqu’à la croisée de la Colle où abouti le chemin des Mules que l’on suit jusqu’au point où on traverse le ruisseau dit le ruisseau profond et suivant ensuite ce ruisseau du côté où il descend. En conséquence tout le terrain situé entre ce ruisseau, le chemin du Bois de la bergère et le chemin des Mules sera exclusivement imposé dans la commune de St André Goule d’Oie sans préjudice des droits d’usage ou autres que cette commune peut y avoir. »&lt;br /&gt;Merci Louis XVIII ! S’il était permis de plaisanter, c’est l’exclamation qui nous viendrait spontanément à l’esprit pour le compte de Joseph Guyet, républicain convaincu, qui n’a pas dû voir le retour du roi avec sympathie. C’est grâce à l’administration du roi cependant que la situation s’est débloquée. L’administration napoléonienne était restée auparavant empêtrée dans ses rigidités sur ce problème.&lt;br /&gt;Mais il faut laisser l’humour de côté. D’abord, encore deux siècles après les évènements, il est bien risqué de plaisanter sur le Roi et la Révolution sans provoquer l’incompréhension ! Plus sérieusement, il faut remarquer que les lourdeurs de l’administration ont visiblement plus compté dans cette affaire que le changement de régime politique. L’action du nouveau préfet de la Vendée semble avoir été déterminante. La position de Joseph Guyet, chef de bureau au ministère du Trésor public (appelé royal depuis le retour de la monarchie en 1814) a sans doute aussi suscité de la considération à la préfecture de la Vendée, pour instruire ce dossier auprès du ministre de l’intérieur, qui a préparé l’ordonnance royale. Quant à la signature du roi pour modifier les limites des communes, c’est celle du chef de l’Etat. A l’époque la loi le désignait pour ce type d’acte administratif. &lt;br /&gt;En nous donnant la situation professionnelle de Joseph Guyet, ce dossier nous apporte une information inconnue jusqu’ici. Il travaillait au service du contentieux du ministère des Finances. La précision, la concision et l’argumentation de sa lettre sont d’ailleurs dignes d’un bon juriste. Entre lui et le ministre il existait trois niveaux hiérarchiques, ce qui n’en fait pas un haut fonctionnaire en vue. Par comparaison, le chef du bureau des Beaux-Arts au ministère de l’intérieur au temps de Napoléon, Amaury Duval, le père du futur châtelain de Linières, n’avait qu’un échelon hiérarchique entre lui et le ministre. C’est probablement ce qui explique que Joseph Guyet occupe encore ce poste au temps de Louis XVIII. A cette époque déjà les changements de régime donnaient lieu à un changement des hauts fonctionnaires au sein des administrations, tous politiquement engagés. Amaury Duval fut d’ailleurs mis à la retraite d’office en 1815. La carrière professionnelle de Joseph Guyet ne semble pas avoir souffert, tout au moins à la date de 1817, du retour du roi.&lt;br /&gt;Ce poste, même si les relations pouvaient aider à y accéder parfois à cette époque, exigeait une formation juridique. Joseph Guyet possédait sans doute une licence en droit en conséquence, obtenue à Poitiers ou à Paris (Nantes n’avait pas d’université). N’oublions pas qu’il avait un oncle, licencié ès lois, qui résidait à Paris. C’était Jacques Guyet, marié à Anne Marie Lenoble, dont le fils Isidore (né en 1777), épousa une tante d’Amaury-Duval.&lt;br /&gt;Cela confirme le résultat négatif de nos recherches sur son hypothétique profession de notaire à Paris, malgré les affirmations en ce sens d’Alexandre Dumas et d’Augustin Jal, deux très proches amis de son fils pourtant.&lt;br /&gt;Avec un diplôme de droit, obtenu à 21 ans au plus tôt, il rencontre la vicomtesse de Lespinay à l’âge de 22 ans au plus tard (déduction faite à partir de la date de naissance de leur enfant), où, comment ? Elle avait de la famille à Poitiers et aussi à Paris. Nous en sommes toujours à des interrogations, mais peut-être aurons-nous d’autres documents à l’avenir pour approcher cette réalité. Cette lettre nous apporte indirectement déjà des informations utiles sur ce point.&lt;br /&gt;Une dernière remarque de détails au sujet de la lettre de Joseph Guyet : il écrit Linières avec un « s » à la fin. Nous savons que sous l’ancien régime le mot ne comportait pas de « s ». Nous avions vu cette lettre apparaître avec Amaury-Duval et maintenant il nous faut remonter à Joseph Guyet. Nous avions émis l’hypothèse que le pluriel avait accompagné, dans les années 1870, la construction des bâtiments de la ferme plus à l’ouest du nouveau château, créant ainsi deux lieux distincts d’habitations désignés par le même mot de Linières.  Avec Joseph Guyet, plus de cinquante ans avant la construction des nouveaux bâtiments de la ferme, l’hypothèse ne tient plus. Qui a dit que s’intéresser à l’orthographe, c’est découvrir la légèreté des hommes ?&lt;br /&gt;Quant à la Morelière, ses racines de Chauché n’étaient pas mortes avec la décision de 1817. Au 1e janvier 1980, une surface de 38 ha, pour l’essentiel la métairie de la Morelière, a changé de commune pour appartenir à Chauché. Elle a été échangée contre 21 ha de terres situées à la sortie du bourg de St André Goule d’Oie, sur la route des Essarts jusqu’à la Guérinière, entrant dans le territoire de cette commune. Cet échange a transféré les quatre habitants de la Morelière à Chauché au 1-1-1980, tout en permettant ensuite l’agrandissement du bourg de St André sur une nouvelle zone urbaine. Signe des temps et de la déconcentration de l’Etat français depuis 1818, c’est le préfet de la Vendée qui a signé l’acte de modification de la limite entre les deux communes, à la date du 24-12-1979. Autre changement : la décision de 1817 a tranché entre les positions opposées des deux communes, celle de 1979 entérine un accord entre les deux communes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Juillet 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-8215958043689270940?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/8215958043689270940/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/07/louis-xviii-sinteresse-la-moreliere.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/8215958043689270940'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/8215958043689270940'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/07/louis-xviii-sinteresse-la-moreliere.html' title='Louis XVIII s’intéresse à la Morelière'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-1414670642687082785</id><published>2011-06-13T13:10:00.000+01:00</published><updated>2011-06-13T13:10:44.775+01:00</updated><title type='text'>Le faux baron de Linières</title><content type='html'>On se souvient qu’au temps de Mazarin et de Louis XIV, le châtelain de Linières s’appelait Legras ou Le Gras. C’était dans les années 1635-1685.&lt;br /&gt;Anne Legras, d’abord, avait acquis le domaine d’Elie de Goulaine, un protestant établi à Vieillevigne. Sa fille Catherine se mariera avec un seigneur de la Verrie, René Langlois, qui avait acheté en 1666 l’Anguiller sur la paroisse de Chauché. Une autre fille, Anne, se mariera avec René Gaborin, lui apportant plus tard le fief de Linières. Son fils Claude lui succédera dans la propriété de Linières.&lt;br /&gt;C’est Anne Legras qui transformera le nom de Droslinière en Linière, peu après son acquisition vers 1635.&lt;br /&gt;Nos recherches sur cette famille étaient restées vaines jusqu’ici. Des chevaliers avaient porté ce nom dans le Bas-Poitou au XVe siècle, mais sans que nous puissions établir un lien entre eux et le châtelain de Linières. &lt;br /&gt;Pourtant ses titres de noblesse apparaissaient dans le registre paroissial de St André Goule d’Oie. Dans un acte de baptême du 26-6-1637, l’épouse du seigneur de Linières est qualifiée par le curé de « &lt;i&gt;hauste et puissante dame Janne Oliverau femme du haust et puissant messire Anne Legras chevalier de l’ordre du roy seigneur de la Linière et du Plessis Clain - - - et autres places&lt;/i&gt; ». C’est la première fois que nous voyons écrit le mot « Linière ». La notion de « &lt;i&gt;chevalier de l’ordre du roi&lt;/i&gt; » indique une décoration dans le langage moderne. Celle de « &lt;i&gt;seigneur &lt;/i&gt;» relève du domaine des civilités, et n’est pas porteuse, en soi, d’un titre nobiliaire.&lt;br /&gt;Puis surtout, dans un autre acte du 20-10-1650, le curé indique : « &lt;i&gt;Claude Legras baron de Linière et Jeanne Olivereau Dame du Plessis Clain&lt;/i&gt; ». Il s’agit du baptême de Claude Parpaillon, probablement un employé des châtelains. Dans un autre document, Anne Legras est noté aussi comme seigneur du Plessis-Quelin (Vienne), sans doute le « Plessis Clain » du registre de St André. &lt;br /&gt;L’explication au silence de la documentation est simple : c’était un faux noble !&lt;br /&gt;C’est ce que nous révèlent, dans leur rapport au roi Louis XIV sur l’état du Poitou, le marquis Charles Colbert de Croissy (frère du célèbre ministre), et Jacques Honoré Barentin. Intendants du Poitou et commissaires chargés de faire un état des lieux dans cette province fort perturbée par les guerres de religion, les deux hommes ont fait un travail sérieux sur l’état du clergé, des finances publiques et de la justice dans les années 1663 à 1669.&lt;br /&gt;Ils firent imprimer en 1667, chez Antoine Mesmer, « &lt;i&gt;imprimeur et libraire ordinaire du roi et de l’université à Poitiers, un Catalogue alphabétique des nobles de la généralité de Poitiers, maintenus et condamnés roturiers par Colbert, Barentin et Rouillé du Coudray, commissaires du roi, intendants en Poitou, avec les notes de Maupeou d’Ablieges leur successeur.&lt;/i&gt; » Ce document est maintenant accessible au public par internet. A la lettre L, pour l’élection de Mauléon (circonscription administrative de Chatillon/Sèvres), on lit :&lt;br /&gt;Chauché : LE GRAS (Claude), seigneur de la Linière, condamné roturier.&lt;br /&gt;Plus loin, dans un répertoire des faux nobles condamnés comme roturier, avec le montant de l’amende qui leur est infligée, on lit :&lt;br /&gt;LE GRAS (Claude), sr de Linière ……….5 000 livres&lt;br /&gt;La somme est très importante et parmi les plus élevées.&lt;br /&gt;Pour redresser les finances du royaume, un des moyens utilisés a été de lutter contre la fraude fiscale, notamment sur la taille, l’impôt principal. Les commissaires du roi cités plus haut indiquent que « &lt;i&gt;ceux qui se commettent dans l'assiette de la taille et la confection des rôles sont en bien trop grand nombre. Le principal provient de la quantité de faux nobles, qui se maintiennent par la violence, et exemptent même leurs fermiers et parents, en sorte que la taille est payée par les plus misérables.&lt;/i&gt; » C’est que les nobles payaient l’impôt du sang (au temps des chevaliers), sinon une contrepartie financière, et étaient exonérés des impôts ordinaires. &lt;br /&gt;Alors les commissaires du roi ont enquêté auprès de chaque famille bénéficiant du statut de noble dans le Poitou. Ils écrivent dans leur rapport : « &lt;i&gt;Après avoir exécuté ce qui était des intentions du roy en la généralité de Tours, nous avons passé, suivant les ordres de S. M., [sa majesté] en celle de Poitiers, en laquelle nous avons premièrement vaqué au département de la taille, que nous avons fait encore avec plus d'exactitude, les éclaircissements que nous avons pris, l'année dernière, nous ayant servi à nous garantir de surprise. Et comme nous y avons encore trouvé le même abus, qui est que les plus riches et les plus puissants s'exemptent de la taille, sous prétexte de différents privilèges de noblesse ou d'offices imaginaires, pour y remédier et travailler en même temps à l'exécution de l'arrêt du Conseil qui nous ordonne de connaître des malversations commises par le traitant des taxes faites ou à faire sur les usurpateurs de noblesse, nous avons fait donner assignation, par-devant nous, à tous ces prétendus exempts. Et la plus grande partie ayant comparu et représenté leurs titres, soit de noblesse ou d'autre prétendue cause d'exemption, assisté de personnes fort intelligentes, et qui connaissent parfaitement les familles de noblesse de la province, et de cette sorte, sans qu'il en ait rien coûté aux parties pour leurs expéditions, ni qu'ils aient été obligés de faire plus d'un jour ou deux de séjour auprès de nous, nous pourrons informer S. M., aussitôt que notre procès-verbal sera fini, quels sont les véritables gentilshommes de la province et combien il y en a, combien de douteux et combien de véritables usurpateurs. Et on prétend justifier que de douze cents qui se disent nobles, il n'y en a pas plus de deux cents.&lt;/i&gt; » Cette proportion est quand même surprenante.&lt;br /&gt;Pour la petite histoire, Jonas Royrand, vivant sur le petit fief du Coudray dans la paroisse de St André Goule d’Oie, a été maintenu noble par sentence du 24-9-1667, comme ses parents de la Roussière de St Fulgent. De même, Alexandre de La Heu, seigneur du Coin (St André) et de la Brunière (Chavagnes) a été maintenu noble par sentence de M. Rouillé du Coudray, du 24-3-1670. Leurs fiefs étant pourtant bien plus petits que celui de Linières. Et il en a été de même pour le terrible seigneur de St Fulgent, le baron René Bertrand, maintenu noble par sentence du 24-9-1667.&lt;br /&gt;Cette enquête sur les titres de noblesse sortait de l’ordinaire et leurs auteurs ont pris soin de se référer à un arrêt du Conseil du roi, (instance permanente de consultation auprès du roi, divisée en plusieurs formations) leur ordonnant de connaître des malversations, pour court-circuiter les procédures judiciaires habituelles. C’est normalement, en effet, la Cour des Aides, tribunal en matière fiscale, qui était compétente pour examiner les titres de noblesse. Les rapporteurs se justifient en écrivant au roi : « &lt;i&gt;Ainsi ce travail étant continué, on en tirera deux fruits fort considérables : le premier, que tous les usurpateurs seraient imposés à la taille, au soulagement des misérables et au grand avantage du recouvrement ; en second lieu, que S. M. pourrait tirer, en fort peu de temps, une très grande somme pour les amendes à quoi les usurpateurs sont sujets pour avoir injustement joui des privilèges et exemptions ; tandis que si la cour des Aides continue à instruire et juger ces affaires, les gentilshommes qui n'auront pas le moyen d'y venir plaider déchoiront de la noblesse qui leur est naturelle, et les véritables usurpateurs, soit par la connivence des traitants, avec lesquels ils s'accommodent, ou par d'autres voies, seront maintenus dans leurs usurpations par des arrêts contradictoires, et le remède que S. M. aura voulu apporter à cet abus n'aura servi qu'à l'augmenter.&lt;/i&gt; »&lt;br /&gt;Il faut dire que dans le même rapport, les auteurs critiquent vivement le fonctionnement de la justice, manquant de personnel compétent, voire honnête dans beaucoup de cas. Ils mettent aussi en cause tant le fonctionnement du présidial de Poitiers que l’empilement des subdivisions judiciaires dans la généralité du Poitou et l’institution des « &lt;i&gt;justices de villages &lt;/i&gt;», inféodées aux seigneurs locaux. Ils sont donc les premiers, dans cette affaire d’usurpation de noblesse, à recommander au roi de se méfier de la justice pour résoudre le problème. Mais la résistance de cette corporation de magistrats aux réformes sera telle, qu’il faudra attendre la Révolution pour penser un nouvel ordre meilleur en ce domaine et commencer à le mettre en œuvre.&lt;br /&gt;Nous avons là un exemple concret de la reprise en main des administrations par le pouvoir central, qu’a opérée Louis XIV, ce que les livres d’histoire appellent le renforcement du pouvoir absolu du roi. &lt;br /&gt;Après les guerres de religion, quelques dizaines d’années plus tôt, et la Fronde (1648 – 1653, qui a été une révolte de la noblesse contre le roi pendant sa minorité), Louis XIV avait entrepris cette reprise en main des affaires. La vérification des titres de noblesse, entreprise systématiquement, s’explique aussi dans ce contexte.&lt;br /&gt;Ainsi, au fil des siècles, ont donc défilé à Linières différents types de nobles, y compris pour l’heure, un faux. Pour ne pas jeter le discrédit sur la « corporation », indiquons tout de suite qu’il fut probablement le seul.&lt;br /&gt;Sa belle-famille était-elle au courant ? La famille des Oliverau s’est éteinte à la fin du XVIIe siècle et on n’a rien trouvé concernant sa confirmation de noblesse ou sa condamnation comme roturière. Jeanne Olivereau, sa femme, était la fille de Claude Olivereau, seigneur du Boistissandeau, à côté d’Ardelay, une famille de bons catholiques. Ce dernier avait succédé à son père, René Olivereau, en 1607, et terminé la construction du château actuel, commencée par son père. Celui-ci était mort dans une rixe familiale le 22-10-1622. C’est Guillaume Olivereau, né vers 1381, qui était venu s’installer au Boistissandeau, par son mariage avec la Dame du lieu, Marguerite du Grazay.&lt;br /&gt;Claude, le frère de Jeanne Olivereau, mourut en 1641 des suites d’un duel avec le seigneur d’Ardelay pour une question de droit d’enterrement dans l’église d’Ardelay. Sa veuve, Marie de Hillerain reçut de sa belle-sœur Jeanne Olivereau, avec l’assistance de son mari, Anne Legras, baron du Plessis Clain (est-il écrit dans l’acte du 8-12-1641 du notaire des Herbiers, Renard !) ses droits sur la terre du Boistissandeau et l’autorisation de faire passer la possession du château à sa propre famille. Ce qu’elle fit, et en 1674 Jean Baptiste de Hillerin devenait seigneur du Boistissandeau. C’était le fils du deuxième mariage de son demi-frère, Pierre de Hillerin, en 1613 avec Catherine Licquel. &lt;br /&gt;Cette condamnation de Claude Legras n’a pas empêché qu’on lise dans le registre paroissial en 1670, à nouveau : « &lt;i&gt;chevalier seigneur de Linière &lt;/i&gt;». Pour le prieur écrivant son registre, cela n’avait sans doute pas d’importance et peut-être n’était-il pas informé de la situation réelle du seigneur de Linières.&lt;br /&gt;Claude Legras fit l’aveu de son fief en 1672. L’aveu était une obligation attachée à la terre, qui s’imposait au propriétaire quel qu’il soit (y compris à un ecclésiastique par exemple).&lt;br /&gt;Cela ne l’a pas empêché de se marier avec une vraie noble, Françoise Charbonneau, le 6-9-1677. Celle-ci était la fille du défunt Gabriel Charbonneau, chevalier de St Symphorien sur la paroisse de la Bruffière, dont elle était originaire. Son père possédait aussi la châtellenie de Chambretaud. La famille Charbonneau remonte à 1250 et s’est éteinte au XVIIIe siècle. « &lt;i&gt;Cette maison est une bonne noblesse du Bas-Poitou&lt;/i&gt; » indiquent les auteurs du rapport sur l’état du Poitou à Louis XIV.&lt;br /&gt;Quand Françoise Charbonneau, la châtelaine de Linières devenue veuve, se remaria dans l’église de St André Goule d’Oie le 26-2-1685, son nouvel époux, René Bechillon, seigneur de la Girardière, avait été maintenu noble par sentence du 20-9-1667&lt;br /&gt;Pour terminer, on ne peut pas s’empêcher de revenir sur le motif de la transformation du nom de Droslinière en Linière par le nouveau propriétaire, Anne Legras, vers 1635. Il était plus facile de se prétendre baron de Linières (registre paroissial de St André Goule d’Oie) que baron de la Droslinière, titre qui n’avait jamais été porté auparavant, comme pouvaient le montrer les documents concernant ce fief. A cette époque, le suzerain des Essarts n’habitait pas sur place, la baronnie faisant partie des domaines d’une princesse royale de Savoie, après l’avoir été de la maison de Lorraine. Seuls des fonctionnaires locaux de la baronnie, avec qui on pouvait sans doute s’arranger, pouvaient soulever des difficultés. En donnant un nouveau nom au fief de la Droslinière, Anne Legras pouvait mieux brouiller les pistes. C’était sans compter sur le sens du devoir des fonctionnaires d’inspection et l’arrivée au pouvoir de Louis XIV. &lt;br /&gt;Jusqu’ici nous n’avions aucune explication sur le motif du changement de nom de la Droslinière par Anne Legras. Maintenant nous en avons un, très probable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Juin 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-1414670642687082785?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/1414670642687082785/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/06/le-faux-baron-de-linieres.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/1414670642687082785'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/1414670642687082785'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/06/le-faux-baron-de-linieres.html' title='Le faux baron de Linières'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-6030637062382594649</id><published>2011-05-03T11:06:00.000+01:00</published><updated>2011-05-03T11:06:40.385+01:00</updated><title type='text'>Les débuts de l’école de St André Goule d’Oie vers 1820</title><content type='html'>Avant la Révolution il n’y avait pas d’école dans la paroisse de St André Goule d’Oie. Cette situation était fréquente mais pas systématique dans le Bas-Poitou, certaines paroisses finançant une école dirigée par un instituteur, comme aux Essarts ou à St Fulgent par exemple. Ainsi le régent (nom souvent donné alors à l’instituteur) était choisi par l’assemblée des paroissiens à la sortie de la messe (voir les actes des notaires), parmi les personnes jugées localement capables (on a vu un représentant de l’Intendant de Poitiers réclamer, sans succès, un élargissement des candidatures dans la paroisse de Mouzeuil en 1754). Sa charge, payée par le fabriqueur de la paroisse, consistait à « instruire la jeunesse à lire, à écrire, à prier Dieu, et même d’apprendre le plain chant quand ils en seront capables,… d’apprendre le catéchisme ». Il devait aussi suppléer aux absences du sacristain et parfois remplir la fonction de chantre aux cérémonies religieuses. C’est que pour une centaine de livres de rémunération par an le régent devait naturellement à cette époque, compléter son emploi du temps par d’autres services. On le verra plus tard devenir souvent secrétaire de mairie, alors qu’il continuait à surveiller les bancs des écoliers dans l’église. Ces régents étaient des laïcs dans la quasi totalité des cas. On trouve aussi quelques écoles « pour les pauvres » financées par l’évêché dans certaines paroisses. La scolarité durait généralement trois ans et le calendrier scolaire libérait les enfants à la belle saison pour aider les parents dans leurs travaux. &lt;br /&gt;Ce faisant, nous venons d’évoquer les écoles de garçons. Pour les filles, les écoles ne semblent pas avoir été nombreuses. On note qu’à la fin du XVIIIe, l’évêque de Luçon fonde dans sa ville un pensionnat à leur intention, frappé qu’il était par le peu d’instruction des femmes de la noblesse et de la haute bourgeoisie. A Montaigu il existait deux écoles pour jeunes filles depuis le XVIIIe siècle. (1) Des précepteurs n’étaient pas toujours donnés aux jeunes filles de ces milieux, car il existait, il faut le rappeler, de grandes différences de fortunes dans la noblesse.&lt;br /&gt;A St Fulgent il devait y avoir une école des garçons,  mais les documents nous manquent pour l’évoquer. En revanche, fait à souligner, il y avait une école des filles, grâce à la générosité de Françoise Renée de Chevigné, originaire de Chavagnes en Paillers. Par un acte de donation du 27 septembre 1771, que dresse Frappier, notaire de la sénéchaussée de Poitiers, elle fonde une école de filles au bourg de St-Fulgent. Elle donne deux maisons avec leurs dépendances pour l’établissement de cette école et le logement des maîtresses (nommées par le curé) et aussi pour plus tard les biens meubles qui pourront lui appartenir à titre d’acquêts. La maîtresse régente choisira une fille pour l’aider à secourir les pauvres et les malades de la paroisse, et l’entretien des autels de l’église. (2)&lt;br /&gt;Faute d’école, souvent les curés remplissaient à cette époque la fonction d’instituteur pour les quelques enfants de propriétaires de la paroisse, à la demande de ces derniers. C’est ce que l’historien Amblard de Guerry rapporte pour Chavagnes en Paillers. On peut avancer l’hypothèse qu’il devait en être de même à St André Goule d’Oie. Dans les deux années 1789 et 1790, les actes de baptême du registre paroissial de St André sont signés par le parrain dans environ un tiers des cas. C’est une proportion plus faible que la moyenne en Bas-Poitou. (3) Quant aux marraines, on ne trouve de signatures que chez les nobles et les bourgeoises, très rares à St André. En comptant cette activité d’enseignement des ecclésiastiques, on a pu dénombrer environ 200 écoles dans le Bas-Poitou. Il y avait aussi quatre écoles d’enseignement secondaire avant la Révolution à Mortagne, Fontenay, Montaigu et La Roche sur Yon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Annuaire SEV, article du Dr G. Mignen (1906), page 212&lt;br /&gt;(2) Archives Historiques de Saintonge et d’Aunis, 1896, tome 25, p.130, citées par www.famillesvendeennes.fr (famille Chevigné de)&lt;br /&gt;(3) Billaud et d’Herbauges, 1793 la guerre au bocage vendéen, Ed. du Choletais (1992), page 3&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On le sait, le roi était, en pratique en France, le chef de l’église catholique en choisissant les évêques (confirmé ensuite par le pape), sauf qu’il ne se mêlait pas de doctrine, voire qu’il devait obéissance au pape en tant que chrétien. Dans cette logique, l’Eglise avait presque le monopole de l’instruction et des actions sociales (secours en cas de calamité, lutte contre la pauvreté et les maladies) dans la société de l’Ancien régime.&lt;br /&gt;La Convention a institué, par une loi de décembre 1793, l’école primaire gratuite, laïque et obligatoire. La réalité financière a considérablement freiné l’intention. Une loi de novembre 1794 a supprimé le caractère obligatoire tout en tolérant les écoles libres. Une loi de 1795 a remplacé la gratuité par une contribution financière des parents. Dans un état des écoles primaires du département de la Vendée, daté du 25 octobre 1795, on voit que dans le canton de St Fulgent (6 661 habitants), trois écoles sont recensées à St Fulgent, Chavagnes et Chauché, mais sans l’indication du nom d’un instituteur. La réalité ne suit pas l’intention. Dans un autre état du 23 septembre 1797, la situation n’a pas changé dans le canton, alors qu’on dénombre 47 écoles fonctionnant avec un instituteur public dans tout le département à cette date. St André est rattaché à St Fulgent pour l’accès à l’école publique. Au regard de la situation du pays ravagé par la guerre civile, cet état ne reflète sans doute pas la réalité, et les instituteurs étaient probablement plus nombreux.&lt;br /&gt;Avec l’empire napoléonien, les écoles primaires de garçon deviennent plus nombreuses (elles sont payantes et laissées aux soins des communes, ce qui favorisa les écoles privées dans certaines régions), le préfet nommant les instituteurs recrutés par l’Académie de Poitiers pour la Vendée. Nous n’avons pas repéré d’instituteurs à St André Goule d’Oie pour cette époque. Il faudra pour cela attendre l’année 1821, où l’on trouve sur l’état-civil de la commune le mariage d’un instituteur habitant le bourg. Originaire de Sallertaine, près de Challans en Vendée, il s’appelait Guillaume Chauvreau et avait 25 ans. La mariée, originaire de Chauché, s’appelait Marie Chaillou et avait 17 ans. C’est donc quelque temps auparavant que l’instituteur était arrivé dans la commune. Chez les voisins de St Fulgent, en revanche, on trouve un instituteur au début de l’Empire napoléonien dans l’état-civil. Et sa présence remonte à l’Ancien régime.&lt;br /&gt;Dès cette époque l’enseignement constitue un enjeu entre les catholiques et les libéraux (nouveau nom donné aux anciens révolutionnaires). Ainsi l’ordonnance royale du 29-2-1816, a créé les comités cantonaux pour surveiller les écoles primaires. Ils sont présidés de droit par le curé du chef-lieu de canton. Dans une lettre aux maires du 30-7-1816, le préfet fait les commentaires suivants sur le rôle de ce comité : « Il propose les sujets [personnes] dignes par leur conduite, leur éducation et leurs opinions politiques, de consacrer leurs talents à l'instruction de l’enfance. Il veille assidûment à ce qu'aucun individu non pourvu de diplôme académique, d'une autorisation du Préfet, et d’un brevet de capacité, se permette d'instruire dans le canton…. » Jean Baptiste Bontemps par exemple, l’instituteur de St Fulgent, était franc-maçon, ce qui méritait bien en effet de surveiller l’expression de ses opinions, pour les autorités.&lt;br /&gt;« Si la conduite scandaleuse d'un instituteur exige une mesure urgente, le Comité le suspend de ses fonctions ; mais sa révocation prononcée par le recteur seul sur le rapport du Comité doit être soumise à l'approbation du préfet… » Tout est dit, à la manière de l’époque, c’est à dire avec une autorité qui s’affiche comme on milite, avec assurance. A la différence de l’Ancien régime, il existe désormais un Etat qui s’impose y compris dans le domaine de l’école, fruit de la Révolution et de l’Empire. Bien sûr on trouve aussi chez le préfet des préoccupations qui datent : « Enfin, le Comité veille à ce que les garçons et les filles ne soient point réunis pour l’enseignement, à moins que les locaux ne l’exigent impérieusement, et pour lors même l'école doit être divisée en deux séances, l’une le matin pour les garçons et l’autre le soir pour les filles. »&lt;br /&gt;Un autre enjeu de taille avec l’extension de la pratique scolaire des enfants, c’est l’apprentissage du français, conduisant à une population bilingue. Celle-ci parlera ensuite pendant plus d’un siècle le patois et le français, en fonction des situations. Cette pratique généralisée du français contribuera fortement à développer, avec d’autres moyens, le sentiment d’appartenance à la France des populations les plus humbles et les moins éduquées. &lt;br /&gt;Cette même ordonnance royale de 1816 oblige les communes à créer et faire fonctionner une école primaire pour tous, quitte à se regrouper entre communes pour cela et quitte à prendre en charge la scolarisation des enfants indigents. Ce n’était pas facile de convaincre les pauvres de se priver de la main d’œuvre enfantine et de faire payer l’école par les impôts locaux. Les enfants travaillaient aux champs, à garder les troupeaux et à aider à certains travaux. Ils se sont naturellement retrouvés en usine parfois, quand les parents s’y sont fait embaucher et rémunérer à la tâche. &lt;br /&gt;Dans une circulaire du 2-8-1832, le Préfet de la Vendée fait une enquête auprès des maires du département pour recenser les écoles primaires. Plusieurs lois, en 1833 et 1850, viendront rappeler l’obligation d’une école primaire dans les communes, et les conseils généraux leur donneront des subventions d’investissements pour les aider. &lt;br /&gt;Les lois de 1882 et 1885 faciliteront cette obligation avec la prise en charge du coût par les impôts d’Etat (tant pour les riches que pour les pauvres), c’est ce qu’on a appelé alors la gratuité de l’enseignement, l’école devenant obligatoire jusqu’ à l’âge de 12 ans.&lt;br /&gt;A l’origine, cette école des garçons de St André Goule d’Oie est donc publique, car organisée par l’administration (l’instituteur était choisi par l’académie et nommé par le préfet). Elle n’était pas gratuite cependant, les parents devant payer des frais de scolarité. On sait que la première école des filles de St André était privée (gérée par les sœurs de Mormaison), et financée par la fabrique de la paroisse. Cette école publique des garçons n’est pas laïque non plus, car sous le contrôle officiel de la commune. Celle-ci était libre d’ajouter le catéchisme à l’enseignement de base.&lt;br /&gt;L’instituteur Guillaume Chauvreau habite dans le bourg de la commune, puis plus tard au village de la Machicolière. Avec sa femme ils eurent au moins neuf enfants, dont six moururent jeunes. Les ressources d’un instituteur ne devaient pas être importantes à l’époque, car on note que sa femme est déclarée comme journalière en 1837, malgré ses charges de famille.&lt;br /&gt;La présence de l’instituteur comme témoin ou déclarant dans certains actes de l’état-civil montre une fréquentation des royalistes légitimistes de la commune (de Tinguy, Cougnon du Coudray)&lt;br /&gt;Un autre instituteur exerce aussi dans les années 1835 et habite dans le bourg : Jean Baudry. Il a 25 ans en 1835 et sa présence s’explique par l’agrandissement de l’école des garçons. On parlait alors de Maître (directeur de l’école) et de Sous-Maître (qui n’était pas directeur). Jean Baudry est aussi secrétaire de mairie, si l’on s’en tient à l’écriture du registre à cette époque.&lt;br /&gt;La Charte « libérale » de 1830, promulguée avec la Révolution de juillet 1830, avait prévu dans son article 69 qu'une loi porterait sur « l'instruction publique et la liberté de l'enseignement ». La loi du 28 juin 1833, dite loi Guizot, supprime les comités cantonaux. La profession d'instituteur primaire est libre à condition d'obtenir un brevet de capacité, et de présenter un certificat de moralité. Chaque commune de plus de cinq cents habitants est tenue d'entretenir une école primaire, publique ou privée, et un instituteur. Le texte est attaqué par les catholiques, hostiles à l'existence de l'enseignement public, et par la gauche anticléricale, qui combat la liberté de l'enseignement confessionnel. Il n’aborde pas la question de l’instruction des filles, laissée de fait aux initiatives locales (suivant les communes, ces initiatives choisissaient un enseignement laïque ou confessionnel). Certains anticléricaux d’alors considèrent la question de l’instruction des filles moins urgentes, puisque les femmes ne votent pas. Quant aux catholiques, ils veulent une éducation religieuse pour tous, y compris les femmes.&lt;br /&gt;Cette volonté de contrôler la formation intellectuelle et morale des jeunes Français a été un long combat tout au long du XIXe et jusqu’à la fin du XXe siècle, occupant une place importante dans la vie politique française. Il explique en particulier la place originale en France de la religion dans la société et les types de relations entre les familles et l’école.&lt;br /&gt;A St André on loue un local dans le bourg pour l’école publique des garçons. On sait qu’il faudra attendre l’année 1873 pour construire la première école appartenant à la commune, grâce au jeune maire, Marcel de Brayer, le châtelain de Linières. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;mai 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-6030637062382594649?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/6030637062382594649/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/05/les-debuts-de-lecole-de-st-andre-goule.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/6030637062382594649'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/6030637062382594649'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/05/les-debuts-de-lecole-de-st-andre-goule.html' title='Les débuts de l’école de St André Goule d’Oie vers 1820'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-6599309580155508928</id><published>2011-05-03T10:52:00.000+01:00</published><updated>2011-05-03T10:52:47.399+01:00</updated><title type='text'>Charles Auguste de Lespinay : contrat de mariage</title><content type='html'>Nous connaissons un peu mieux le seigneur de Linières, dont nous avons découvert les péripéties de son retour d’émigration, grâce à son procès en cour de cassation en 1804 contre le divorce de sa femme (article en janvier 2010). Sa vie d’officier émigré a dû être intéressante. S’il existe des documents qui en parlent, nous ne les connaissons pas malheureusement. Or il semble être resté longtemps dans les rangs des émigrés, on ne retrouve sa trace qu’en 1800, date officielle de son retour en France. Un "Lespinasse de La Roulière", émigré, a fait toute la campagne de 1792 dans l'armée des princes : est-ce Augustin-Charles ? (1)&lt;br /&gt;Dans nos récentes recherches d’autres informations concernant ce personnage sont venues s’ajouter, que nous publions ci-après.&lt;br /&gt;Nos investigations dans le registre paroissial de Chantonnay nous ont appris qu’il perdit sa mère, alors qu’il n’avait que dix ans. En effet, Marie Louise Félicité Cicoteau, mariée à 24 ans avec Alexis Samuel de Lespinay dans l’église de St André Goule d’Oie est morte à l’âge de 37 ans. Elle est décédée au château du Pally (Chantonnay) le 8 mai 1763, et a été inhumée dans l’église de la paroisse St Pierre de Chantonnay. Sa fille aînée était morte un an avant à Montaigu (25-4-1762) et son dernier fils y était né 10 mois avant (29-7-1762). &lt;br /&gt;Le Pally était la résidence principale du couple, avec de fréquents séjours à Montaigu où ils possédaient un « hôtel » en ville, comme il est écrit sur le registre paroissial. Ils y passaient la saison d’hiver. Entre les deux il y avait Linières où ils ne devaient qu’y passer.&lt;br /&gt;Ils possédaient aussi aux abords de Montaigu la Petite Barillère et la Tonnelle. (2) Montaigu avait aussi l’avantage de posséder une des rares écoles pour jeunes filles du Bas-Poitou, dirigée par les religieuses « Fontevristes ». (3)&lt;br /&gt;C’est à Montaigu que naîtront certains de leurs enfants et où seront inhumés l’aînée et le dernier d’entre eux. Ils y marieront aussi leur fille Henriette.&lt;br /&gt;Cette disparition de Mme de Lespinay assez jeune explique sans doute que sa propre mère la remplace à St André Goule d’Oie pour remplir ses devoirs à l’égard du personnel du domaine de Linières et des domestiques. Il s’agit de Marie Agnès Badereau, veuve Cicoteau, qui avait épousé en secondes noces le capitaine de vaisseaux Séraphin du Chaffault. Elle sera à nouveau veuve en 1777, sans enfant de son second mariage. Ainsi, elle est présente, avec son gendre Alexis Samuel de Lespinay, au mariage de Marie Madeleine Fluzeau avec Pierre Bordron le 23-3-1769. Le marié était le frère de l’épouse du fermier de Linières, Jean Herbreteau. On la retrouve aussi avec son gendre le 1-6-1778 au mariage de René Cheminant et Marie Soudeau à St André. Le marié était jardinier au château du Pally à Chantonnay, et ses parents étaient originaires de St Donatien de Nantes (domicile de sa fille avant son mariage). La mariée était originaire de la paroisse St Jean Baptiste de Montaigu. &lt;br /&gt;Après la mort de sa mère, Henriette de Lerspinay, sœur de Charles Augustin, semble avoir vécu auprès de sa grand-mère maternelle à Montaigu, jusqu’à son mariage à l’âge de 18 ans. &lt;br /&gt;Probablement en a-t-il été de même pour les trois garçons : Armand (âgés de 9 ans au moment du décès de sa mère), Charles Augustin (âgé de 10 ans) et Louis Alexis (âgé de 12 ans) et pour le bébé, Henri (mort à l’âge de 4 ans).&lt;br /&gt;Marie Agnès Badereau a été marraine de son arrière-petite fille Henriette en 1783 à Montaigu, où elle est décédée le 3-7-1785 à l’âge de 77 ans, dans la paroisse de  St Jean Baptiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Lettre de Charles de Lespinay (7-1-2009)&lt;br /&gt;(2) Annuaire de la Soc. d’Emulation de la Vendée, article de M. Loquet (1908), page 31&lt;br /&gt;(3) Annuaire de la Soc. d’Emulation de la Vendée, article du Dr G. Mignen (1906), page 212&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le site gallica vient de nous l’accès internet à un vieux livre édité chez Grimaud à Nantes en 1891, intitulé : Généalogie de la Maison de Lespinay. Les erreurs n’y manquent pas, mais à la page 196 son auteur, L. Maitre, nous livre le texte du contrat de mariage de Charles Augustin avec Mlle Félicité du Vigier. Il avait été signé dans l’abbaye Sainte Croix, la veille du mariage religieux, avec le concours des membres de la famille. Mlle du Vigier était pensionnaire dans cette abbaye avant son mariage. La tante de la future épouse, Jeanne Louise du Vigier s’était mariée la veille, 19 mai, à Jardres (Vienne), où ses parents résidaient dans leur logis de Fontenelles. Voici le texte d’origine de ce contrat en date du 20 mai 1788 :&lt;br /&gt;« Par devant les notaires royaux, gardes-scel (4) à Poitiers, soussignés, furent présents : &lt;br /&gt;Haut et puissant seigneur Charles-Augustin vicomte de Lespinay, chevalier, seigneur de Lynière, capitaine de cavalerie au régiment de Berry, fils majeur de haut et puissant seigneur Alexis-Samuel de Lespinay, chevalier baron de Chantonnay, Puybelliard, Sigournay et Givais, seigneur du Pally, la Bruère et autres lieux, et de feue haute et puissante dame Marie-Louise-Félicité Cicotteau, demeurant ordinairement au château de Lynière, paroisse de Chauché, étant actuellement en cette ville logé paroisse Sainte-Opportune, (5) autorisée par l'effet des présentes par le dit seigneur baron de Lespinay, son père, présent établi logé au dit Poitiers, même paroisse Sainte-Opportune, d'une part ; &lt;br /&gt;Haute et puissante demoiselle Marie-Marguerite-Louise-Félicité Duvigier, demoiselle mineure, fille de défunts haut et puissant seigneur Jean-Guy Duvigier, (6) chevalier seigneur de Cognac, la Rouartinière, le Teinturier et autres lieux et de dame Marie-Marguerite Charprenet, (7) émancipée d'âge, procédant sous l'autorité de Me Marie-Pierre Constant, prêtre écuyer, vicaire général du diocèse, chantre et chanoine de l'église cathédrale de cette ville, son curateur aux causes, et sous celle de maître Jacques-Nicolas Mallet, avocat en la sénéchaussée et siège présidial du dit Poitiers, tuteur de la dite demoiselle Duvigier, à l'effet de l'autoriser à son mariage, mon dit sieur abbé Constant et le dit Me Mallet présents établis qui autorisent la dite demoiselle Duvigier demeurant en cette ville paroisse de Saint-Hilaire-de-la-Celle, et la dite demoiselle Duvigier, en l'abbaye royal de Sainte-Croix paroisse de Sainte-Oustragezil du dit Poitiers, d'autre part ; &lt;br /&gt;Entre lesquelles parties ont été faits les traités, clauses et conventions de mariage qui suivent : &lt;br /&gt;Ceux du dit seigneur futur époux consistent tant en ce qui lui est échu de la succession de ladite feue dame Cicotteau, sa mère, qu'autrement, et ceux de la dite demoiselle Duvigier consistent en ce qui lui est échu des successions des seigneur et dame ses père et mère, et en les acquêts faits à son profit depuis leurs décès du revenu de ses immeubles. &lt;br /&gt;Tout ce que dessus a été ainsi voulu, consenti, stipulé et accepté par les parties, à ce faire et accomplir ont obligé et hypothéqué tous et chacun leurs biens présents et futurs dont jugé et fait et passé au dit Poitiers au grand parloir extérieur de l'abbaye de Sainte-Croix, le vingt mai mil sept cent quatre-vingt-huit après-midi en présence de : &lt;br /&gt;Haut et puissant seigneur Pierre-Marie Irland de Bazoges, chevalier, lieutenant-général en la Sénéchaussée et Juge présidial du dit Poitiers (8) ; haute et puissante dame Henriette-Suzanne de Lespinay, son épouse, beau-frère et sœur du seigneur futur époux ; &lt;br /&gt;Haute et puissante dame Marguerite-Magdeleine de Beaufort, veuve et seconde épouse de haut et puissant seigneur Jean-Duvigier de Mirabal, aïeul de la dite demoiselle future épouse ; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(4) Chargé de sceller les expéditions dans les tribunaux.&lt;br /&gt;(5) Chez son beau-frère Irland de Bazoges (époux d’Henriette de Lespinay)&lt;br /&gt;(6) Jean Guy du Vigier, aussi seigneur de Reigné (près de la Mothe St Heray, Deux-Sèvres), suivant le &lt;br /&gt;     registre paroissial, était né le 15-7-1728. &lt;br /&gt;(7) Marguerite Charprenet était présente au mariage sur le registre paroissial.&lt;br /&gt;(8) Le lieutenant est juge dans les cours de justice des grands fiefs comme le comté du Poitou. Irland &lt;br /&gt;de Bazoges (en Pareds) avait de la famille dans le haut clergé local. Son ancêtre, Robert Irland, s’était installé en France au milieu du XVIe siècle et avait été professeur de droit à Poitiers. L’emploi de lieutenant-général appartenait à sa famille après lui. L’ancêtre s’était disputé avec Calvin, lui jetant son bonnet à la tête. Sa maison a donné son nom à la rue des Ecossais à Poitiers.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Haut et puissant seigneur Jean-Baptiste Duvigier, Comte de Mirabal, capitaine à la suite des dragons ; &lt;br /&gt;Haut et puissant seigneur Jean-Louis-Hilaire Duvigier, chevalier garde du corps du Roi (9) ; &lt;br /&gt;Haut et puissant seigneur Bertrand Guyot Duvigier de Mirabal, chevalier ; &lt;br /&gt;Haute et puissante dame Françoise Duvigier, épouse de haut et puissant seigneur Charles de Beaupoil de Saint-Aulaire ; &lt;br /&gt;Haut et puissant seigneur Joseph comte de Joubert, chevalier seigneur de Cissé Haute et puissante dame Louise Duvigier, épouse de haut et puissant seigneur Joseph comte de Joubert ; (10)&lt;br /&gt;tous oncles et tantes consanguins de la demoiselle future épouse ; &lt;br /&gt;et très illustre et très révérende dame Madame Louise-Claude de Bourbon Busset, abbesse de la dite Abbaye de Sainte-Croix ; &lt;br /&gt;Qui ont lu et ont signé. &lt;br /&gt;En marge est écrit : &lt;br /&gt;Enregistré à Poitiers le vingt-un mai mil sept cent quatre-vingt- huit, reçu soixante-quinze livres, insinué (11) au tarif soixante livres. &lt;br /&gt;Signé : Charbonnel Dutoral. Délivré la présente expédition comme dépositaire des minutes de M. Bourbeau, mon aïeul, &lt;br /&gt;Signé : Bourbeau. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(9)  Oncle de la future épouse, il était né le 14-1-1758 à Chauvigny dans la Vienne. La lecture du &lt;br /&gt;       Mémoire de la Société des Antiquaires de l’Ouest (1911) série 3 T4, page 40, nous apprend qu’il   &lt;br /&gt;       se fit massacrer à Paris le 10 août 1792, jour où le roi fut arrêté. Des gardes nationaux défendaient &lt;br /&gt;       les prisonniers, au nombre desquels se trouvait le chevalier du Vigier, mais la foule obtint de la  &lt;br /&gt;       section l’ordre de cesser toute résistance. Appelés un à un, les prisonniers furent égorgés par les &lt;br /&gt;       manifestants sur la place Vendôme, devant la porte des Feuillants. La tête du journaliste Suleau, &lt;br /&gt;       au nombre des victimes, fut promenée avec celles de deux autres victimes au bout d’une pique. &lt;br /&gt;       Par ailleurs, nous savons que ce chevalier était un franc-maçon de Poitiers, suivant le chroniqueur. &lt;br /&gt;(10) Mariée la veille, le 19-5-1788 et divorcée en 1801, sœur du père de Félicité du Vigier. Son mari &lt;br /&gt;       (1756-1836) se maria quatre fois. (www.boisetpaille.com)&lt;br /&gt;(11) Ancien terme de palais : enregistré (Dictionnaire Littré)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Mai 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-6599309580155508928?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/6599309580155508928/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/05/charles-auguste-de-lespinay-contrat-de.html#comment-form' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/6599309580155508928'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/6599309580155508928'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/05/charles-auguste-de-lespinay-contrat-de.html' title='Charles Auguste de Lespinay : contrat de mariage'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-49706938278502058</id><published>2011-04-24T10:52:00.001+01:00</published><updated>2012-01-22T07:11:13.000Z</updated><title type='text'>Etienne Benjamin Martineau</title><content type='html'>Beau-frère du futur châtelain de Linières à partir de 1800, Joseph Guyet, et occupant des lieux à cette époque, nous avons déjà eu l’occasion d’évoquer Benjamin Martineau, notamment grâce aux informations puisées dans le livre de M. Maupilier : Des étoiles au Lion d’Or, St Fulgent sur la route royale, Herault Editions (1989). Depuis avril dernier nous avons trouvé de nouvelles précisions sur cet habitant bien particulier de Linières la dernière année du XVIIIe siècle. En particulier, l’accès internet aux successions dans les archives de Vendée, constitue un atout précieux. Nous reprenons son histoire pour la rectifier et la compléter. &lt;br /&gt;Benjamin Martineau s’était établi médecin à St Fulgent et s’enthousiasma très tôt pour l’œuvre de la Révolution. On l’a vu en 1791 interpeller de manière vexatoire le curé de St Fulgent pour qu’il prête serment à la Constitution civile du clergé. On l’a vu dénoncer le curé Allain de St André et le vicaire Brillaud de St Fulgent, dont le serment de « haine à la royauté » en 1797 lui paraissait manquer de sincérité. On l’a vu se faire élire maire de St Fulgent en 1799, avec le secours de la troupe contre la majorité des électeurs. Bref, un extrémiste.  On sait aussi qu’il s’est enfui avec son beau-père, Simon Charles Guyet le 14 mars 1793, accompagnant vers Fontenay le Comte, la troupe en déroute des gardes nationaux commandée par Rouillé. A-t-il été témoin dans l’auberge du Chapeau Rouge à St Vincent Sterlanges, du massacre de son beau-père le 14 mars par les insurgés du canton de St Fulgent ? A-t-il pu l’assister avant de mourir le lendemain ?&lt;br /&gt;Né à La Chapelle-Thémer le 16 juin 1765, son père s’appelait Jean Baptiste Alexandre Martineau, né à Longèves vers 1734 ; ce dernier épousa à Chassenon le 3 juin 1761, sa cousine germaine, Rose Thérèse Martineau. Ils eurent 6 enfants. Il est intéressant de s’attarder sur cette fratrie. (1)&lt;br /&gt;- Le plus connu de ses frères est Ambroise Jean Baptiste Martineau (1762-1846), ardent républicain, qui fut élu administrateur du département de la Vendée et député suppléant à la Convention. Il a été l’un des hommes de confiance, sévissant à Fontenay, des plus enragés parmi les envoyés de la Convention en Vendée (Hentz, Francastel). (2) Il avait épousé Marguerite Sabouraud.&lt;br /&gt;- On a aussi écrit qu’un autre de ses frères aurait été sauvagement massacré par les insurgés lors de la déroute de Pont-Charrault le 19 mars 1793. (3) Serait-ce Philippe Constant Martineau dont on ne connaît pas les dates de naissance et de décès ? (4)&lt;br /&gt;- Venant Joseph Martineau était officier d’état-major de l’armée d’Italie lorsqu’il fut tué à la bataille du Pont d’Arcole le 11-11-1796. (5)&lt;br /&gt;- Rose Louise Martineau qui épousa Joseph Merland, sieur du Chastegnier.&lt;br /&gt;- Agathe Martineau qui épousa Guillaume Chevallereau, demeurant à St Hermine.&lt;br /&gt;- Honorée Martineau qui épousa le 12-11-1794 Pierre Ageron, négociant à Fontenay et qui s’établira aux Herbiers, en devenant le maire de 1807 à 1814. Son père avait été fermier général de la Grainetière. Il acheta le Landreau et a été considéré comme « un des grands profiteurs de la Révolution. » (6) &lt;br /&gt;Etienne Benjamin Martineau s’est établi médecin à St Fulgent. Il y a épousé le 17 mai 1791, Catherine Marie Sophie Guyet, fille aînée de Simon Charles Guyet et de Catherine Cousin, et sœur ainée du futur châtelain de Linières, Joseph. &lt;br /&gt;Il fut élu à la municipalité de St Fulgent dès 1790 et ensuite il fit partie des électeurs du canton pour les élections départementales en septembre 1792. L’arrêté du directoire de la Vendée du 5-2-1793 le nomma commissaire pour le canton de St Fulgent en vue d’y organiser la garde nationale. Mais il a dû fuir St Fulgent en mars 1793.&lt;br /&gt;Il faut dire qu’il était haï dans les environs. En témoigne un couplet de « la chanson de Marcé », du nom du général qui fut battu le 19-3-1793 à la bataille de la Guérinière (aussi appelée bataille du Pont de Gravereau) et qui égayait les paysans, sur l’air de la chanson de Malborough. Le refrain était le suivant : &lt;br /&gt;Marcé s’en va-t-en guerre&lt;br /&gt;Mironton, mironton, mirontaine&lt;br /&gt;Marcé s’en va-t-en guerre&lt;br /&gt;En guerre à St Fulgent&lt;br /&gt;Faisant allusion à la fuite des bleus, un des couplets concerne Martineau avec la prononciation du patois local (7) :&lt;br /&gt;Martineau sans tchulotte&lt;br /&gt;Les presse vivement&lt;br /&gt;Préparez au pus vite&lt;br /&gt;Cercueil et monument !&lt;br /&gt;Ses deux premiers enfants sont nés à St Fulgent.&lt;br /&gt;- Benjamin Charles, né le 14 février 1792, qui sera juge de paix à Palluau.&lt;br /&gt;- Louis Marie Amboise dont le baptême est inscrit sur le registre clandestin de St Fulgent le 4 août 1793. (8)&lt;br /&gt;A cette date, le père était réfugié du côté de Fontenay le Comte et sa femme, restée à St Fulgent, prit les initiatives nécessaires pour faire baptiser son bébé. La mort guettait les nouveau-nés à l’époque, et laisser non baptisé le sien a paru impensable à Mme Martineau. Que faire ? Le curé assermenté de St Fulgent, Baudry, était prisonnier des Vendéens, le curé insermenté avait été déporté en Espagne par les révolutionnaires. Restait le vicaire, insermenté lui aussi, qui se cachait aux alentours en compagnie du curé de St André. Alors on fit comme tout le monde, on le contacta, et il baptisa l’enfant. Le parrain, Louis Chateigner, noté comme notaire royal par le vicaire, était aussi maire de la commune cette année-là. La loi du 6-10-1791 avait pourtant transformé les « notaires royaux » en « notaires publics ». Il a signé sur le registre clandestin du prêtre réfractaire, qui ignorait les nouvelles lois ! Le refus de laisser l’enfant sans baptême valait donc bien cet accommodement à la lutte contre les prêtres réfractaires. A moins que la politique, avec les simplifications qui la font vivre, ne réussissent pas toujours à bien rendre compte des complexités de l’âme humaine ! La châtelaine de Linières, ex-vicomtesse de Lespinay, échappée par miracle des noyades du sinistre Carrier à Nantes, était bien tombée amoureuse du républicain Joseph Guyet …Alors, comme les irrésistibles effets de l’amour, l’impérieuse nécessité des baptêmes transcendait-elle aussi les luttes politiques ?&lt;br /&gt;Benjamin Martineau dénoncera pourtant ce vicaire en 1797, comme nous l’avons rappelé plus haut. &lt;br /&gt;Fuyant St Fulgent, on pense qu’il s’est dirigé à Fontenay, où se trouvait son frère, administrateur du département. Etienne Benjamin Martineau a fait partie à Fontenay du comité de sûreté générale où, en août 1793, les autorités départementales avaient placé des élus du 2e rang dont il faisait partie. Ce comité était au courant des dossiers de police, faisait rechercher les suspects importants, pouvait procéder aux interrogations et déférer à la cour militaire, antichambre de la mort.&lt;br /&gt;Il semble que son deuxième refuge ait été Champagné les Marais, où le curé constitutionnel de St Fulgent, retiré alors à Ancenis, lui écrit le 21-6-1794 : « on parle beaucoup ici d’un pardon par les représentants aux brigands qui mettent bas les armes, que 600 habitants des marais ont joui tout nouvellement de cette faveur. Je ne crois point à cette amnistie. »&lt;br /&gt;Plus tard Benjamin Martineau s’installa à Luçon pour y exercer la médecine. C’est ce qu’il déclare au moment de l’inscription du décès de son beau-père au bureau de l’Enregistrement de Montaigu, le 21 messidor an V (9-7-1797). Son troisième enfant nait à Luçon :&lt;br /&gt;- Rose Adélaïde Félicité, née le 13 novembre 1797 ; elle épousa à St-Fulgent le 17 octobre 1825, Joseph Alexandre Gourraud (Proustière de Chavagnes en Paillers), juge de paix et conseiller général. &lt;br /&gt;Puis c’est le retour à St Fulgent, ou plutôt à Linières. Le propriétaire était encore Mme de Lespinay, vivant, sans être mariée, avec Joseph Guyet, habitant tous les deux à Paris. Peut-être avait-on besoin de quelqu’un sur place, après l’incendie du château et de quelques métairies. Peut-être aussi que les haines ne s’étaient pas éteintes dans le bourg de St Fulgent. D’autant que même chez les révolutionnaires de la commune régnait la division. &lt;br /&gt;On se souvient qu’aux élections de mars 1799 à St Fulgent il y avait 78 votants (en 1798 : 90 votants), dont 33 partisans de Martineau et 45 contre. On se battit. Martineau fit appel à la troupe et ses partisans l’élisent seuls sous la protection des soldats.&lt;br /&gt;Sur l’acte de mariage de son quatrième enfant, on note que ce dernier est né à Linières :&lt;br /&gt;- Agathe Elise Emilie, née le 8 janvier 1799 ; elle épousa le 14 octobre 1833 à St Fulgent, Narcisse Hyacinthe Legras de Grandcourt. &lt;br /&gt;Puis Napoléon s’empara du pouvoir et imposa à tous la paix civile. Beaucoup des combattants des deux camps, qui luttaient depuis dix ans, ne demandaient qu’à vive en paix. Benjamin Martineau revint s’installer à St Fulgent où naquit son dernier enfant :&lt;br /&gt;- Adèle Félicitée, née le 7 janvier 1802 ; veuve, elle épousa à St Fulgent le 9 février 1835, Olivier Gabriel Désiré Legras de Grandcourt. &lt;br /&gt;Mais il ne resta pas longtemps à St Fulgent. Il alla exercer la médecine aux Herbiers, au moins depuis 1803, année où il y apparaît domicilié au bourg dans un acte notarié. Toujours passionné de politique il fut nommé maire de la commune du 15-4-1804 à décembre 1807. Il fut alors remplacé par son beau-frère Pierre Ageron. Mais le 2-7-1808 il prêta serment comme juge de paix aux Herbiers. &lt;br /&gt;Aux Cent-jours de retour de Napoléon, il fut élu le 12-5-1815 par l’arrondissement de la Roche sur Yon représentant à la chambre. (9) On sait que le nouveau retour de Louis XVIII après la seconde abdication de Napoléon rendit cette élection inutile.&lt;br /&gt;Il a fait deux acquisitions connues de métairies aux Herbiers et à Mouchamps.&lt;br /&gt;Etienne Benjamin Martineau est décédé à St-Fulgent le 8 novembre 1828.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Archives départementales de la Vendée, Généalogie J. Maillaud&lt;br /&gt;(2) Annuaire de la SEV, Les Bleus de Vendée, article J. Artarit, (2010), page 235&lt;br /&gt;(3) Annuaire de la SEV, Les Bleus de Vendée, article J. Artarit, (2010), page 278&lt;br /&gt;(4) famillesvendeennes.fr : Martineau, branche de Longèves&lt;br /&gt;(5) Archives de Vendée, Registre des déclarations de mutation, bureau de Montaigu (10 germinal an 5)&lt;br /&gt;(6) Jean Lagniau, Le Landreau en les Herbiers, (1971) – Auteur bien connu à St André Goule d’Oie&lt;br /&gt;(7) Billaud et d’Herbauges, La guerre au bocage vendéen, (1992), page 106&lt;br /&gt;(8) Archives départementales de la Vendée, état-civil St Fulgent : registre clandestin (vue10/78)&lt;br /&gt;(9) R. Robinet et Le Chaplin, Dictionnaire de la Révolution et de l’Empire&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;24 avril 2011, rectifié en janvier 2012&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-49706938278502058?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/49706938278502058/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/04/lancetre-vendeen-de-kate-middleton.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/49706938278502058'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/49706938278502058'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/04/lancetre-vendeen-de-kate-middleton.html' title='Etienne Benjamin Martineau'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-2001893274032167246</id><published>2011-04-02T03:37:00.000+01:00</published><updated>2011-04-02T03:37:44.513+01:00</updated><title type='text'>Achille DIEN, peintre de Linières</title><content type='html'>Avec tous les artistes et les peintres qui ont fréquenté Linières entre 1875 et 1885, c'est-à-dire au temps d’Amaury-Duval, on est un peu surpris de l’absence de tableaux représentant les lieux. On sait qu’Amaury-Duval lui-même était un portraitiste avant-tout et on ne connaît de lui qu’un seul dessin de paysage (d’Italie)&lt;br /&gt;Internet vient enfin de nous permettre de découvrir trois tableaux, œuvres de Louis Felix Achille Dien :&lt;br /&gt;- « &lt;b&gt;Un coin de parc à Linières &lt;/b&gt;» (figurant au Catalogue illustré du salon, 4e année, en 1882) &lt;br /&gt;- « &lt;b&gt;Dans le parc de Linières&lt;/b&gt; » (figurant au Catalogue illustré du salon, 3e année, en 1881 sous le no 859)&lt;br /&gt;- « &lt;b&gt;La pièce d’eau du château de Linières&lt;/b&gt; » (figurant au Catalogue des ouvrages de peinture et de sculptures exposés au Palais des Champs-Elysées le 2 Mai 1881 sous le no 739)&lt;br /&gt;Le catalogue illustré du salon a été édité par la librairie d’art L. Baschet, 125 Boulevard de St Germain à Paris.&lt;br /&gt;Ces informations figurent dans le Dictionnaire général des artistes de l'École française depuis l'origine des arts du dessin jusqu'à nos jours : architectes, peintres, sculpteurs, graveurs et lithographes, ouvrage commencé par Émile Bellier de La Chavignerie , continué par Louis Auvray,... - T2 et suppl. (1885). &lt;br /&gt;La Source de ces informations est la librairie du musée J. Paul Getty, (Los Angeles), accessible par Google.&lt;br /&gt;Que notre information provienne de Los Angeles ou de France n’a pas d’importance sur le point de savoir où sont ces tableaux. Car pour l’instant nous ne le savons pas encore. Internet reste la voie la plus facile pour trouver une réponse à cette question. Les propriétaires de ces tableaux, qui habitent quelque part dans le monde, peuvent vouloir se renseigner sur la pièce d’eau et le parc de Linières, certes moins connus que ceux du château de Versailles. Le présent site leur réservera un accueil empressé et leur ouvrira de larges horizons à Chauché et St André Goule d’Oie en Vendée, pour situer l'histoire des lieux.&lt;br /&gt;De plus, les recherches internet, si elles sont infructueuses, ne le sont par définition que provisoirement. Chaque jour voit augmenter la richesse de la documentation accessible. Tel qui ne sait pas où sont ces tableaux un jour, le découvrira demain.&lt;br /&gt;Mais au fait pourquoi Achille Dien à Linières ?&lt;br /&gt;C’était un ami d’Amaury-Duval, propriétaire du nouveau château de Linières (Chauché, Vendée), depuis la mort de son petit-fils, Marcel de Brayer qui venait de le construire. Le peintre Amaury-Duval avait entrepris la décoration intérieure à la demande de son petit-fils. Plusieurs peintres l’aidèrent dans cette tâche : &lt;br /&gt;- Mottez, son ami rencontré dans l’atelier d’Ingres. &lt;br /&gt;- Victor Cesson, son élève et ami personnel de Marcel de Brayer.&lt;br /&gt;- Eugène Froment, son élève qui sera son exécuteur testamentaire&lt;br /&gt;- Anatole Jal, fils d’Augustin Jal, amis de toujours d’Amaury-Duval et de sa famille. &lt;br /&gt;Achille Dien a fait partie des nombreux invités d’Amaury-Duval à Linières pour des séjours de loisirs. Ces invités étaient des membres de sa famille et des amis. Par ailleurs ils avaient presque tous un nom dans le monde des arts à Paris. On a parlé ensuite de la brillante société parisienne venue se promener au bord de l’étang. L’amitié et l’affection seules les avaient désignés.&lt;br /&gt;Achille Dien était le fils, né en 1827, de Felix-Antoine Dien, graveur, et de Victoire-Pauline Piat. Il fut d’abord un musicien réputé et sa spécialité musicale fut la musique de chambre. Beethoven et Henri Reber (ce dernier, ami intime des Guyet-Desfontaines et d’Amaury-Duval) ont été ses compositeurs de prédilection. Ses premières mentions dans La Revue et Gazette musicale (8 et 15 mars 1857) le louent pour ce choix, et il propageait encore l’œuvre de Reber en 1884. C’est Dien qui prononça le discours pour l’inauguration du monument funéraire de son idole, Henri Reber, en 1883. Lors d’une de ses soirées de musique de chambre, qui « peuvent être rangées parmi les meilleures en ce genre » (La France musicale, 28 mars 1869), sa femme l’accompagne, sans doute au piano, et il était assez bon musicien pour jouer régulièrement avec Saint-Saëns et Batta (ces derniers, habitués du salon de Mme Guyet-Desfontaines).&lt;br /&gt;Dans la Revue musicale, (1861/03), on peut lire cet extrait le concernant : « M. Achille Dien, un violoniste de talent, un musicien solide ; il a donné une belle soirée où il a conduit l’exécution de plusieurs morceaux de musique instrumentale avec intelligence et beaucoup de sentiment…. La transcription la plus ancienne de Saint-Saëns, la « Fantaisie sur des motifs d’Oberon de Carl Maria Von Weber », vit le jour en 1850, alors qu’il n’avait que quinze ans. Officiellement, cette page est le fruit d’un travail d’écriture réalisé conjointement avec son ami, le violoniste Achille Dien. Si ces deux jeunes musiciens étaient déjà des virtuoses de leurs instruments respectifs, il semblerait bien que le jeune pianiste ait défié les ressources du violoniste. Certes, le style de maturité de Saint-Saëns n’y est pas encore perceptible, pour autant son enthousiasme pour l’œuvre de Weber transparaît clairement, tout comme son humour au second degré qui joue non seulement avec la partition mais se joue aussi de celle-ci.&lt;br /&gt;Le premier concerto de Saint-Saëns fut le Concerto pour violon No 2 en ut majeur op. 58 ; il rencontra moins de succès et ne fut publié qu’en 1879. Il fut dédié au peintre et musicien Achille Dien, qui le joua lors d’une soirée donnée par Saint-Saëns le 9-4-1860 à la Salle Erard. »&lt;br /&gt;En 1894 Dien donne encore des concerts et enseigne le violon. &lt;br /&gt;Dien était à la fois violoniste et peintre. Après 20 ans de vie musicale, il exposa pour la première fois en 1869 et continua régulièrement à envoyer au salon des paysages, souvent au fusain, jusqu’en 1882.&lt;br /&gt;La musique le fit rencontrer H. Reber et l’amena vers Amaury-Duval. Il était déjà lancé dans la peinture quand il vint à Linières et peignit les trois tableaux indiqués ci-dessus.&lt;br /&gt;Dien se livrait aussi à des travaux théoriques et travaillait à l’amélioration de la colophane. C’est une substance issue des résines de pins, qui est frottée sur les crins de l'archet pour lui conférer l'aspérité dont il a besoin pour frotter les cordes du violon.&lt;br /&gt;Son ami H. Reber, membre de l’académie, a rapporté à l’Académie des Sciences le 29 avril 1878, deux mémoires de M. Achille Dien, lesquels concernent : 1° les notes défectueuses des instruments à archet, 2° la résonnance de la 2e mineure dans les cordes graves du piano. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Avril 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-2001893274032167246?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/2001893274032167246/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/04/achille-dien-peintre-de-linieres.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/2001893274032167246'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/2001893274032167246'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/04/achille-dien-peintre-de-linieres.html' title='Achille DIEN, peintre de Linières'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-6445091629476828320</id><published>2011-04-02T03:22:00.004+01:00</published><updated>2012-01-22T09:47:48.700Z</updated><title type='text'>Pierre François Mandin, adjoint au maire de 1826 à 1830</title><content type='html'>Pierre François Mandin remplace François Fluzeau, comme adjoint du maire de St André Goule d’Oie, à une date dont nous ne sommes par sûr. Il apparaît dans cette fonction dans des registres conservés aux Archives à partir du 1e janvier 1826, le maire étant alors François Cougnon. Il restera adjoint du maire suivant nommé dans les deniers temps de la Restauration monarchique : Léon de Tinguy. Mandin démissionnera, comme le maire, en 1830 pour protester contre l’arrivée du nouveau roi citoyen, Louis Philippe, après que la Révolution de juillet 1830 eut détrôné Charles X. &lt;br /&gt;Encore moins que le maire, nous n’avons rien trouvé concernant son activité municipale. Mais sa vie de combattant vendéen mérite d’être rappelée.&lt;br /&gt;François (le prénom Pierre est parfois oublié) Mandin, a été capitaine dans l’armée vendéenne, ce qui pour un paysan le fait sortir du lot. Dans le contrôle nominatif des anciens officiers, sous-officiers et soldats vendéens blessés, qui sont proposés pour recevoir les secours accordés par l’ordonnance royale du 3 décembre 1823, on relève le capitaine Mandin Pierre François, né le 25.02.1769. Il y est dit qu’il « a fait les premières campagnes. »&lt;br /&gt;Dans un autre document on note que Mandin Pierre François, « capitaine, distingué, a commandé des volontaires en corps d’élite. » En 1828, un nouveau contrôle nominatif le dit toujours capitaine, avec la notation : « A passé la Loire. Mérite. »&lt;br /&gt;Les recherches de l’historien Alain Gérard sur la guerre de Vendée montrent les manipulations et mensonges véhiculés parfois avec de faux documents. Ainsi en est-il de la déclaration, il est vrai particulièrement « trop belle pour être vraie » de Westermann, triomphant après le massacre de Savenay. Nous ne pouvons plus la reprendre sans tenir compte des travaux d’A. Gérard. Il en est de même avec les méticuleuses vérifications d’A. de Guerry à propos de la participation des frères Royrand aux combats de la guerre de Vendée. C’est pourquoi nous reprenons cet article pour le rectifier sur ces deux points. &lt;br /&gt;Pierre François Mandin est né le 25.02.1769 à St André Goule d’Oie et est décédé le 21.01.1839 dans la même commune. Il était fils de François Mandin (1745-1829) et de Marie Roger (1745-1809), demeurant au bourg de St André Goule d’Oie.       &lt;br /&gt;Son père était sacristain de la paroisse et sa présence est fréquente sur les registres clandestins (1793-1794) du prieur Allain, alors que ce dernier était obligé de se cacher à Chavagnes en Pailler, au village de la Maigrière ou dans la forêt de Gralas. Il enterrait les morts et devait sans doute suppléer à l’absence du prêtre dans ces circonstances pour conduire quelques prières. Le grand-père, Jean Mandin (1711-1756) et l’arrière-grand-père, François Mandin (1681-1756), étaient aussi sacristains. Le père de ce dernier l’était aussi, ainsi que nous avons pu le relever sur le registre paroissial de St André en 1670 (voir page 79 de mon livre). Et l’avant-dernier de ses fils, Jean Mandin, le sera aussi. Cette fonction de sacristain constituait un emploi partagé avec celui de cultivateur, longtemps resté dans la même famille.&lt;br /&gt;Pierre François Mandin était l’aîné d’une famille de 8 enfants dont 6 survivants.          &lt;br /&gt;Il a fait partie des jeunes gens de St André Goule d’Oie qui se sont engagés sous les ordres de Charles de Royrand (1726-1793), demeurant à la Brunière de Chavagnes en Paillers.&lt;br /&gt;Le « bounhomme Rouérand », comme l’appelaient les paysans, était un ancien officier du régiment de mousquetaires de Navarre, puis d’Armagnac. Il avait été blessé à la bataille de Raucoux (1746) et avait été distingué par le titre de chevalier de St Louis. Il fut proclamé à St Fulgent par les paysans des environs comme leur général. Il remporta la 1e bataille rangée contre des troupes de ligne le 19 mars 1793. En septembre 1793, son territoire du centre de la Vendée étant tenu par les bleus, il se joignit à l’armée des Mauges et participa ensuite, par discipline militaire et malgré ses convictions, à la virée de galerne, où il y mourut. Un autre frère Royrand, Charles Augustin, fut fusillé à Vannes en 1795 après le désastre de Quiberon, trois jours après son neveu, Charles César.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;François Mandin se retrouva aussi en compagnie d’un autre « gouledoisien », officier membre de l’état-major du général de Royrand, propriétaire au bourg de St André Goule d’Oie, Jean Aimé Jacques de Vaugiraud. Celui-ci était né à Mortagne le 4-1-1753 et avait été officier de marine, comme le vice-amiral Pierre René Marie de Vaugiraud (1741-1819), son cousin. Son père était Jean Gabriel de Vaugiraud, chevalier seigneur du Coudray en 1753, et sa mère Marie Jacquette Boutiller.&lt;br /&gt;Maurice Maupilier, dans son livre sur l’Histoire de St Fulgent, raconte que vers la fin de 1792 les rapports de police signalent dans la région de Montaigu la présence d’Aimé de Vaugiraud qui se cache dans ses terres (il était noble). Cité à comparaître devant le directoire du département de la Vendée, il ne se présente pas. Le 2-3-1793 le directoire se plaint que le district de Montaigu ne fait rien pour le chercher. Ambroise Martineau, membre du directoire du département, charge alors son frère Benjamin, membre de la municipalité de St Fulgent, en vertu de ses fonctions, de « requérir la force publique » pour exécuter l’arrêté d’arrestation de Vaugiraud. La brigade de St Fulgent n’a pas pu intervenir : la maison de Vaugiraud à St André était gardée par un rassemblement de paysans que Benjamin Martineau qualifie, pour se justifier, de « formidable ».&lt;br /&gt;Les administrateurs nomment alors Rouillé pour rechercher Vaugiraud. Il réquisitionne des citoyens de Fontenay membres de la garde nationale. Les « soixante hommes furent enveloppés en un clin d’œil » (Mercier du Rocher) à St Fulgent par des paysans. Il n’y eu pas de bataille mais une fuite de Rouillé et de ses hommes, emmenant avec eux Benjamin Martineau pour le protéger (ainsi que son beau-père Simon Charles Guyet). &lt;br /&gt;Vaugiraud assista le général de Royrand au moment de sa mort le 5-12-1793, près de Baugé, après qu’il eut été blessé à la bataille de Granville. Il réussit à repasser la Loire et continuera d’habiter le bourg de St André (il est parrain en 1806 et témoin d’un mariage en 1808).&lt;br /&gt;Comme Aimé de Vaugiraud, et avec d’autres jeunes de St André, François Mandin participa à la virée de galerne. Citons aussi François Girard qui fut chargé au Mans par le généralissime de La Rochejacquelein, de retourner en Vendée porter une lettre à Charrette lui demandant des secours. Il réussit à rejoindre ce dernier, mais trop tard pour empêcher le désastre de la virée de galerne.&lt;br /&gt;Cependant, tous les jeunes de la paroisse ne passèrent pas la Loire. Ainsi le capitaine de paroisse, François Cougnon, fit le choix avec d’autres, de rester se battre dans l’armée de Charette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La virée de galerne&lt;br /&gt;L’expression signifie que les combattants et les fuyards, femmes et enfants (on sait que la vicomtesse de Linière en faisait partie), ont traversé la Loire à St Florent le Vieil (Maine et Loire) pour se diriger en direction du Nord. Le vent de galerne désignait le vent du nord. Cette traversée a été comme une fuite éperdue, après une défaite militaire, pour rejoindre un hypothétique débarquement d’alliés sur la côte normande. Elle a concerné 40 000 hommes combattants, traînant avec eux 20 000 femmes, vieillards et enfants. &lt;br /&gt;Commencés spontanément en divers lieux en mars 1793, les premiers combats vendéens furent victorieux jusqu’à la défaite devant Nantes en juin 1793. Après la défaite devant Cholet en octobre 1793, les combattants des armées d’Anjou et du Poitou (sauf Charette qui était resté dans sa contrée de l’ouest de la Vendée), suivis de celles et ceux qui fuient les incendies et les massacres, ne savent pas où aller. Deux chefs suggèrent alors de rejoindre le Maine où des partisans devraient venir les renforcer. Du 18 octobre au 23 décembre, une longue colonne de Vendéens alla jusqu’à Granville où elle échoua à prendre la garnison. Sans l’aide promise inconsidérément, elle reflua ensuite chez elle dans un cortège de misères, se fit massacrer devant le Mans (où la vicomtesse de Linière a été sauvée par un jeune chef : Forestier) et courut éperdue vers la Loire. Des 60 000 Vendéens qui ont traversé le fleuve deux mois plus tôt il ne reste plus que 15 000 survivants. Devant Ancenis ils échouent à passer la Loire, bien gardée par les républicains. &lt;br /&gt;L’historien E. Gabory indique que « la faim, la dysenterie en tuèrent plus que le fer ; rien ne les fit trembler. Ils battirent Kléber, Marceau, Westermann en dix rencontres : ils s’emparèrent d’une dizaine de villes. Sans vivres, sans vêtements, ils parcoururent 170 lieues de chemin en moins de deux mois. Ils traînaient avec eux des femmes, des enfants, des vieillards, des malades- tout un peuple -et leurs difficultés étaient surhumaines. Nulle défaite ne fut plus glorieuse. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le massacre de Savenay&lt;br /&gt;Bloqués devant Ancenis, alors ils fuient vers Savenay en passant par Nort et Blain pour rejoindre la Bretagne, où peut-être ils pourront trouver refuge. Ils ne sont plus que 7 000, dont 5 000 en état de se battre. Ils se retrouvent le 22 décembre à Savenay. Au sud, la Loire immense et infranchissable, à l’est l’ennemi qu’ils fuient, au nord des marécages vers la Vilaine, à l’ouest les immenses marécages de la Grande Brière. Vers 13 h les soldats du général républicain Westermann arrivent aux avant-postes vendéens qui ont résolu de vendre chèrement leur vie. A la nuit tombée les républicains cessent le combat malgré leur supériorité en nombre, mais craignant leurs adversaires dans les combats nocturnes. &lt;br /&gt;Le 23 décembre au matin Westermann se frotte les mains, les bleus sont maintenant à quatre contre un. Les Vendéens attaquent les premiers, prennent deux pièces de canon. Pliant sous le nombre, ils sont refoulés dans Savenay, où le combat continue au corps à corps, furieux. Peu d’entre eux peuvent s’échapper, environ 2 000 Vendéens y réussiront. Les autres sont voués au massacre. La chasse à l’homme durera huit jours. Pour l’abréger, on promet la vie sauve à ceux qui se rendront : 1 200 fugitifs s’y laissent prendre : ils sont fusillés au bourg de Savenay. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;François Mandin présent a réussi à s’échapper du massacre de Savenay. Son évasion de cet enfer a été racontée dans un livre publié à Abbeville en 1894 : « Paysans et ouvriers – Héros et martyrs », par C. Paillart, Imprimeur-Editeur. Voici l’extrait intitulé « Les deux Mandins » :&lt;br /&gt;« Nés à St Fulgent, au village de la Chaunière (1), les deux cousins ne se ressemblent guère. L’aîné fit toute la grande guerre et passa la Loire : il se conduisit en vrai Vendéen pendant cette lamentable campagne d’outre Loire et parvint à échapper au désastre de Savenay. Monté avec un autre Vendéen dans une moitié de barrique, il se laissa aller au cours de l’eau et parvint à aborder sur la rive gauche de la Loire, cette nuit-là, la lune brillait de tout son éclat, les fugitifs furent aperçus pendant leur périlleuse navigation par les chaloupes armées qui défendaient les rives du fleuve. Malgré les balles qui sifflaient à leurs oreilles, les hardis navigateurs firent une heureuse traversée, et après avoir couru maints dangers parvinrent à rejoindre St Fulgent. » &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A son retour François Mandin épousa la veuve de son ancien camarade de combat, François Cougnon, un cousin des frères Cougnon, les intrépides capitaines de paroisse de St André Goule d’Oie. Il éleva aussi l’orphelin survivant, Pierre François. (2) Le couple vécut au village de la Bergeonnière et eut ensuite quatre enfants : Pierre né le 15.09.1799, Jeanne Françoise née le 17.12.1802 et décédée le 25.10.1803, Jeanne née le 25.09.1804 et décédée le 22-10-1805, Geneviève Jeanne née le 08.05.1808.&lt;br /&gt;Son épouse, Jeanne Guilmineau, après avoir perdu son premier mari, vit elle-même la mort de près. L’Abbé Charpentier, dans son ouvrage (1906) : « Saint-André-Goule-d’Oie - Chez nous en 1793 », rapporte l’anecdote suivante, parlant de la femme Mandin : « Un jour, sur le seuil de la maison de Mandin, des cavaliers bleus qui passaient, obligèrent sa femme, Jeanne Guillemineau, à se mettre à genoux. Ils voulaient la fusiller. Le premier lui tire un coup de pistolet : le pistolet rate. Le second l’ajuste : le pistolet rate encore. Un troisième lui met son arme sur le front : le pistolet rate toujours… » La scène s’est déroulée au village de la Bergeonnière. Elle a été rapportée par témoignage oral à l’auteur, un siècle après les évènements et écrite par lui. On ne peut donc pas garantir l’authenticité des détails. Mais il n’y a aucune raison de mettre en doute l’exactitude du fait lui-même.&lt;br /&gt;Dans les « Chroniques paroissiales » des abbés Aillery et Pontdevie (1891), les auteurs racontent un autre épisode de la guerre de Vendée concernant ce Mandin qui avait « échappé au désastre de Savenay et passé la Loire sous le feu des chaloupes canonnières ». Voici en résumé ce qu’ils écrivent.&lt;br /&gt;La maison de ce Mandin a été épargnée lors du passage d’une colonne infernale au mois de mars 1794 à la Bergeonnière. L’histoire de ce « miracle » commence au soir de la bataille de Chauché du 2 février précédent, gagnée par les Vendéens sous les ordres du général Charette, contre trois colonnes infernales, l’une venant de St Fulgent, l’autre des Essarts et la troisième venant de St Denis la Chevasse. Les combats ont été meurtriers et Charette a accepté de donner l’ordre de tuer les prisonniers, sur l’insistance de ses soldats. L’exaspération avait monté parmi eux avec les tueries des colonnes infernales. L’heure était désormais dans le camp vendéen à la vengeance. Au soir de la bataille, un capitaine des « bleus » s’égare dans les champs en voulant se cacher des poursuites des cavaliers vendéens. Il arrive au village de la Bergeonnière et frappe à une porte pour demander l’hospitalité. C’est la maison où loge Pierre François Mandin, revenu lui aussi de la bataille de Chauché. Il accepte de lui donner à manger et de le loger pour la nuit. Le lendemain matin, il le conduira vers St Fulgent.&lt;br /&gt;Deux mois plus tard, la colonne infernale du général Grignon remonte de Chantonnay vers Montaigu. A partir de l’Oie, les destructions sur le côté gauche de la Grande Route sont confiées au capitaine sauvé par Pierre Mandin. La troupe arrive ainsi au village de la Bergeonnière et son capitaine reconnaît tout de suite la maison hospitalière où il fut hébergé au soir de la bataille de Chauché. Il place une sentinelle devant pour la protéger. Toutes les maisons du village furent incendiées sauf celle de Pierre Mandin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeanne Guilmineau est décédée à la Bergeonière le 28-10-1828, à l’âge de 60 ans. Devenu veuf, Pierre François Mandin s’est remarié le 10-2-1835 avec Marguerite Grolleau. Il avait alors 66 ans, quatre ans avant sa mort en 1839. L’aîné de ses enfants, Pierre, est témoin du mariage sur le registre. La nouvelle épouse a 52 ans alors ; elle est veuve elle aussi, de André Lumineau. Elle est la fille de Jacques Grolleau et de Jeanne Pouzet. Jacques Grolleau était meunier à la Boutinière et cette famille a été profondément éprouvée, elle aussi, par les massacres des bleus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) : Il y avait aussi un François Mandin à St Fulgent, qui n’a rien à voir avec celui de St André, ce qui a entraîné l’erreur ci-dessus sur la bonne personne.&lt;br /&gt;(2) : le petit fils de François Cougnon fit ériger en 1886 un calvaire en mémoire de son aïeul mort à Savenay le 21 décembre 1793. L’édifice, situé sur la route de Chauché au carrefour de la Porcelière, a été restauré par l’association Le chant de la Pierre en 2008.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel FRANCOIS&lt;br /&gt;Avril 2011, rectifié en janvier 2012&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-6445091629476828320?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/6445091629476828320/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/04/pierre-francois-mandin-adjoint-au-maire.html#comment-form' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/6445091629476828320'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/6445091629476828320'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/04/pierre-francois-mandin-adjoint-au-maire.html' title='Pierre François Mandin, adjoint au maire de 1826 à 1830'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-6867808259713286602</id><published>2011-03-02T10:30:00.000Z</published><updated>2011-03-02T10:30:32.174Z</updated><title type='text'>Marcel de Brayer, maire et poète de St André Goule d’Oie.</title><content type='html'>Nous avons publié en janvier et février 2011 le journal du jeune maire de St André Goule d’Oie relatant sa vie dans la commune, et principalement les évènements de la guerre de 1870/1871. Un peu après, Marcel de Brayer, puisqu’il s’agit de lui, écrit un texte retrouvé comme brouillon dans ses archives personnelles, pour évoquer sa vie à Linières. Il a l’apparence d’une lettre à un ami, mais qu’importe, c’est le poète qui s’exprime. Voici ce qu’il observe de la campagne de St André Goule d’Oie, au temps des bougies, il y cent quarante ans. En voici le texte, ou plutôt le projet de texte, un premier jet :&lt;br /&gt;« Nous nous sommes promis mon cher ami de nous communiquer par lettre toutes les impressions que les circonstances diverses feraient susciter dans nos deux vies…&lt;br /&gt;La vie que je mène ici est vous le savez fort monotone, loin de la ville et d’une route fréquentée, notre château n’offre comme distraction que la ferme et les bois qui l’entourent. Il faut aimer la campagne pour s’y plaire, tout y est calme, tranquille, et l’on oublierait vite les hommes si les liens du cœur ne vous attachaient à quelques-uns d’entre eux. Aussi n’attends pas dans les lettres que vous recevrez de moi des impressions bien variées, celles que j’éprouve ici dans mes courses au milieu des bois, qui suivent de cette existence solitaire, sont de ces impressions que l’on sent, mais qu’on ne peut décrire. &lt;br /&gt;C’est un point de vue, un horizon changeant à chaque minute d’effet et de couleur, comme les flots de la mer. C’est une clairière au milieu des bois toute remplie de la vapeur légère du matin, c’est le soleil le soir avant de disparaître sur la cime des grands arbres et les toits de chaume de la ferme, c’est la cloche de l’église voisine qui sonne à cette heure de demie obscurité qui précède la nuit. Ce sont ces mille voix de la nature qui sont si douces à qui les entend, si chères à qui sait les comprendre. Vous riez habitants de la ville, et vous m’appelez poète et rimeur. C’est que vous ne comprenez rien à ce que je vous dis. Vous qui ne connaissez que la lumière des bougies d’un bal ou le pâle soleil qui enchante les villes et vos rues, chers citadins que vous êtes, que devez-vous vous moquez de nos bougies !&lt;br /&gt;Mais je vous ferai grâce de toutes ces belles choses qui ne sont pas à votre hauteur, prenez ceci comme vous l’entendez…&lt;br /&gt;Vous savez quel a toujours été mon goût pour la politique, non comme application, mais comme conviction. Cette science qui apprend aux hommes à se régir en société a toujours eu d’attrait pour moi.&lt;br /&gt;Ici dans ma solitude je passe en rêve tous ces sujets…C’est une bien belle et bien noble tâche que cette recherche des meilleures lois par lesquelles se puissent gouverner les hommes. Mais c’est une tâche aussi qui nous montre d’une façon bien désillusionnante le peu de perfection dont nous sommes capables…Vous ne savez pas combien il est doux de rêver à toutes ces choses sous l’ombrage de mes arbres chéris, au milieu de ces campagnes charmantes que le soleil rend si fécondes, le cœur et les yeux remplis de cette harmonie de la nature, qui, celle-là du moins, ne se trouble jamais. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Mars 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-6867808259713286602?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/6867808259713286602/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/03/marcel-de-brayer-maire-et-poete-de-st.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/6867808259713286602'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/6867808259713286602'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/03/marcel-de-brayer-maire-et-poete-de-st.html' title='Marcel de Brayer, maire et poète de St André Goule d’Oie.'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-667332929583423879</id><published>2011-03-02T10:24:00.000Z</published><updated>2011-03-02T10:24:22.094Z</updated><title type='text'>Palluau, juin 1832 : Le juge de paix a peur</title><content type='html'>Le 2 juin 1832, la jeune épouse parisienne de Guyet-Desfontaines, le propriétaire de Linières sur la commune de Chauché, avait écrit en Vendée à un cousin de son mari pour s’inquiéter des menaces d’insurrection  courant dans la région. C’est la lettre de réponse du cousin que nous publions ici, datée du 6 juin 1832.&lt;br /&gt;L’auteur de cette lettre, Benjamin Charles Martineau est alors juge de Paix à Palluau. Il était né à St-Fulgent le 14 février 1792. Il était le fils ainé de Catherine Guyet, mariée à Benjamin Martineau, médecin et républicain au comportement extrémiste dans les années 1790/1799 à St Fulgent. Catherine est la sœur aînée de Joseph Guyet, qui a acheté Linières en 1800 à sa future femme, l’ex vicomtesse de Lespinay. L’auteur de la lettre est donc cousin du fils de Joseph Guyet et Félicité du Vigier de Mirabal : Marcellin Guyet-Desfontaines, marié depuis le printemps 1831 à Emma Duval (à qui est adressée la lettre). Entre les Martineau et les propriétaires de Linières, la proximité familiale et politique est ancienne, allant jusqu’à loger un temps les Martineau à Linières en 1799. Plus tard, dans les années 1844, Emma Guyet-Desfontaines hébergera des petit-cousins Martineau, venus faire leurs études à Paris. A sa mort elle fera un legs important à l’un d’entre eux.&lt;br /&gt;L’auteur de la lettre a commencé par être notaire à Machecoul, puis il s’est marié en 1824 avec Mlle Lansier demeurant à La Chapelle-Palluau, où il est venu habiter. Il venait d’être nommé juge de paix du canton de Palluau, peu de temps avant la date de la présente lettre que nous publions.&lt;br /&gt;Le principal sujet évoqué dans cette lettre porte sur les troubles en Vendée de juin 1832. &lt;br /&gt;Après le renversement de Charles X en juillet 1830, les oppositions politiques s’exacerbent en Vendée plus qu’ailleurs, à cause de la guerre de 1793/1795, des souvenirs qu’on s’en est construits dans les deux camps ennemis et des soubresauts qui l’ont suivie, notamment en 1799 et 1815. &lt;br /&gt;Les « militants » royalistes légitimistes, nombreux en Vendée et soutiens des Bourbons renversés, pensent à reprendre les armes contre les « militants » révolutionnaires qui soutiennent majoritairement le nouveau roi installé, Louis Philippe, de la famille des Orléans. Son père, rallié aux révolutionnaires et qui se faisait appelé Philippe Egalité, avait voté la mort de Louis XVI en 1793. Le 21-11-1795, Charrette avait écrit au général Dumouriez, qui lui conseillait de se rallier au duc d’Orléans, futur Louis Philippe : « Dites au fils du citoyen Egalité qu’il aille se faire foutre. » c’est dire si les passions politiques pouvaient s’alimenter aux évènements du passé. Les administrations et l’armée sont aux ordres du nouveau pouvoir parisien, et les descendants des révolutionnaires ont une revanche à prendre sur le camp d’en face après quinze ans de Restauration monarchique par les frères de Louis XVI. La vie démocratique, qui exige par nature du consensus, est vécu comme un combat par les Français depuis 1792, d’où leur difficile et laborieuse éducation en la matière tout au long du XIXe siècle et même une partie du XXe siècle.&lt;br /&gt;Le terme de « révolutionnaires » désigne à l’époque les opposants aux Bourbons de la branche ainée : ils ont été républicains en 1793, en majorité bonapartistes en 1800. Beaucoup sont désormais orléanistes, se situant dans le camp du soutien aux idées et acquis de la Révolution française, comme les Guyet qui possèdent Linières et leurs cousins Martineau et Grandcourt de St Fulgent. Napoléon leur a imposé le respect de la liberté religieuse, mais ils restent quand même anticléricaux  chez beaucoup d’entre eux. La lutte pour laïciser l’enseignement vient constituer, notamment, alors, le nouvel enjeu politique au service d’une conviction intime qui les habite : la nécessité de libérer la société de « l’obscurantisme des prêtres ». Pour eux, religion et croyances de sorcellerie ne font qu’un et continuent d’enchainer les paysans arriérés du bocage au service des nobles et des curés. &lt;br /&gt;Dans ce contexte, les jeunes réfractaires au service militaire (une habitude très minoritaire, et pas seulement en Vendée) se mêlent dans les faits et les discours aux insurgés politiques, pour former des bandes rebelles qui terrorisent les autorités et leurs soutiens politiques locaux (souvent des propriétaires et des notables : voir mon livre page 137 et s. sur ce qui s’est passé à St André Goule d’Oie). Les « bleus » (ou plutôt les « culottes rouges », car les soldats ont changé d’uniformes) sont de retour, on ne va pas se laisser faire. Comme en 1793, pense-ton chez les royalistes « légitimistes » et activistes, l’heure est au soulèvement.&lt;br /&gt;La guerre civile s’installe progressivement en Vendée en 1831 et 1832, chaque camp a peur de l’autre et se livre à de graves provocations (vols, pillages, voire assassinats). A l’inverse de ce qui s’est passé en mars 1793, ce sont des nobles qui rassemblent des troupes parmi les paysans. Dans une lettre précédente du 6 avril à Emma Guyet, le juge de paix avait déjà écrit : « Notre situation dans la Vendée ne s’améliore pas  du tout. Ce jeudi dernier on nous menaçait d’un soulèvement général. »&lt;br /&gt;La duchesse de Berry, belle-fille du roi déchu et surtout mère du futur héritier « légitime » (Henri V), arrive en Vendée le 16 mai 1832 pour ordonner le soulèvement des provinces de l’Ouest et renverser le pouvoir qui avait lui-même renversé son beau-père. Elle a donné l’ordre du soulèvement général  pour le 4 juin prochain.&lt;br /&gt;Ce fut un échec total, prévu dans les deux camps par la majorité des personnes sensées.  &lt;br /&gt;La liberté religieuse n’était pas en cause et le pouvoir officiel n’était pas perçu comme odieux, sauf pour une minorité, même s’il paraissait illégitime pour beaucoup de gens dans la région (il faut dire que depuis 1792, on était habitué aux coups de force pour s’emparer du pouvoir à Paris !) La masse des Vendéens n’avait pas envie de prendre les armes et une partie des personnes influentes, dans le clergé en particulier, s’y opposait. De plus, beaucoup de chefs de l’insurrection trouvaient l’ordre du 4 juin inopportun au plan tactique, et il y eu des contre-ordres.&lt;br /&gt;Le souvenir des morts : une revanche ou une réconciliation, c’est l’affaire des vivants, qui sont les seuls maîtres de leur choix ; ce sont eux qui font parler les morts ! Voyons comment ce choix s’est effectué en Vendée en 1832 chez les survivants et les héritiers de la grande guerre de 1793, dans le camp des bleus en l’occurrence, en prenant connaissance de cette lettre du juge de paix de Palluau :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bourbon Vendée le 6 juin (1)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ma bonne Emma,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je viens de recevoir votre lettre du 2 courant. J’y vois avec peine les inquiétudes que vous fait notre position sur le rapport sanitaire et politique.&lt;br /&gt;Notre situation politique est tellement grave que nous n’avons guère le temps de nous occuper des ravages du choléra morbide qui, du reste, n’a jusqu’ici fait que fort peu de ravages dans le département. (2)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Nom de la Roche sur Yon à l’époque.&lt;br /&gt;(2) Le cholera s’était déclaré à Paris fin mars 1832. Dans sa précédente lettre du 6 avril B. C. Martineau avait déjà écrit à Emma Guyet-Desfontaines : « Il faut aujourd’hui que je vous écrive pour vous témoigner toute l’inquiétude que nous inspire votre position dans Paris infesté par le choléra. » Le chef du gouvernement, Casimir Périer, en est mort le 16 mai suivant. A l’époque il n’existait pas de vaccin. En Vendée, l’épidémie a concerné quelques communes de l’arrondissement des Sables. Le 19-7-1832, le Préfet de la Vendée, pour lutter contre la maladie, incitait les maires à surveiller et réglementer le rouissage du chanvre et des lins, « en ce qu’il corrompt les eaux dont les émanations sont généralement regardées comme pernicieuses »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La commune de la Chapelle-Palluau, dans l’étendue de laquelle je demeure, est, peut-être, de tout le département, celle qui offre le plus de cas de choléra morbide. On cite 4 ou 5 morts. &lt;br /&gt;Cela ne vaut pas la peine qu’on y fasse attention dans l’état actuel des choses. (3)&lt;br /&gt;Grâce aux concessions sans fin, aux molles et coupables complaisances du gouvernement, voilà le pays dans toutes les horreurs de la guerre civile. (4)&lt;br /&gt;La nuit du 3 au 4 de ce mois était fixée pour une intervention générale ; en effet elle éclata sur une grande portion de la rive gauche de la Loire qui s’étend de Nantes jusqu’à Montaigu et Legé. &lt;br /&gt;Des gardes nationaux et la troupe de ligne (5) sont de suite partis des villes et de tous les cantonnements, se dirigeant sur les points principaux de rassemblements, et il est probable que dans ce moment les bandes ont été rencontrées et dispersées sur plusieurs points, car la majeure partie de la population ne marche qu’à contre cœur et ne tiendra pas contre des troupes bien disciplinées et plein d’ardeur. (6)&lt;br /&gt;On annonce déjà qu’un rassemblement de 3 à 400 individus aurait été attaqué et mis en fuite sur la limite qui sépare la Loire inférieure de la Vendée. Il y aurait eu quelques morts du côté des insurgés, une vingtaine de prisonniers et à peu près autant de blessés.&lt;br /&gt;L’exaspération de la troupe et des gardes nationaux est telle que des lettres arrivées aujourd’hui de Nantes, annoncent que tous les prisonniers auraient été fusillés (7), à l’exception d’un vieux chevalier de St Louis, le colonel de Kersabiec (8), aux cheveux blancs et aux larmes duquel on aurait accordé la vie.&lt;br /&gt;On amène tous les jours ici des chefs influents pris les armes à la main. Le cri de tous les soldats est : « mort aux chefs de l’insurrection » (9)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(3) Pour comprendre cette réaction, il faut se rappeler que les progrès de la médecine et de l’hygiène ont commencé une cinquantaine d’années plus tard, et auparavant la mortalité des adultes était importante comparée à ce qu’elle est devenue depuis. &lt;br /&gt; (4) L’auteur de la lettre et sa lectrice appartiennent au camp des « révolutionnaires » qui a peur des royalistes locaux. Sur place on réclame une protection, c'est-à-dire une répression contre les insurgés. En revanche, le nouveau roi au pouvoir est conscient de la faiblesse de son adversaire et veut éviter de lui donner des martyrs, d’où l’impression donnée de « mollesse » par le gouvernement à ses fidèles comme notre juge de paix.&lt;br /&gt;(5) L’armée était constituée de volontaires engagés et de conscrits tirés au sort. La Garde nationale était une milice de citoyens formée dans chaque ville, pour le maintien de l’ordre et la défense des droits constitutionnels.&lt;br /&gt;(6) En plein déroulement de l’action, il faut remarquer que les informations du juge de paix ici correspondent à ce que les historiens ont reconstitué ensuite. &lt;br /&gt;(7) Les exactions et excès n’ont pas manqué dans les deux camps, caractéristiques de la « hargne » propre à toute guerre civile. Mais la propagande s’attachait à une présentation acceptable : ce n’est que par exaspération, bien sûr, qu’on a fusillé les prisonniers.&lt;br /&gt;(8) Sochian de Kersiabec, breton, avait été fait prisonnier dans le nord-Vendée.&lt;br /&gt;(9) Nous sommes ici en langage de propagande, peut être inconscient chez l’auteur. Les autorités proclamaient leur sévérité à l’égard des instigateurs et des chefs, et leur mansuétude pour les « égarés » qui ont suivi les appels au soulèvement. Tout pouvoir, qui se prétend populaire, ne peut pas supporter d’avoir le peuple contre lui. Moyennant quoi il n’est pas étonnant, en pratique, de trouver beaucoup de chefs chez les insurgés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jusqu’à ce moment l’insurrection n’a pas fait le progrès qu’on espérait ou qu’on craignait, car, malgré la présence douteuse de la duchesse de Berry dans notre pays (10), les rassemblements ne se sont presque pas grossis depuis deux jours, et si l’on parvient à la rencontrer tout sera fini dans quelques jours. Tout ce que l’on craint c’est qu’ils ne se dissipent avant d’avoir reçu une sévère correction. (11)&lt;br /&gt;Ma femme, mes enfants et moi, à la vue des évènements qui se préparaient, nous sommes réfugiés à Bourbon (12), où nous comptons rester jusqu’au retour de jours meilleurs. &lt;br /&gt;Les rassemblements dispersés, il ne faut pas s’imaginer que la tranquillité du pays sera établie pour cela. De longtemps les hommes compromis se tiendront en petites bandes et agiteront les campagnes. Il sera fort difficile de les détruire en raison même de leur peu d’importance ; et les hommes égarés et livrés à leur férocité naturelle ne s’épargneront aucun crime. (13)&lt;br /&gt;Au total, ma chère Emma, de longtemps notre position sera bien déplorable.&lt;br /&gt;Vous avez bien raison de me gronder, ma bonne cousine, vous ne méritiez pas le silence que j’ai gardé avec vous jusqu’à ce moment. Mais l’inquiétude que me causait l’absence de ma femme et de mes enfants qui étaient restés à Douin (14), pendant que j’étais ici occupé et anxieux du contexte général, ne me laissait pas la plénitude de ma raison (j’espère pouvoir être plus exact et plus soigneux à l’avenir).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(10) Elle se cachait en réalité et sa présence en Vendée était une rumeur pour le grand public à cette date. Quelques mois plus tard elle fut découverte par la police dans une cachette à Nantes.&lt;br /&gt; (11) Benjamin Charles Martineau, digne fils de son père, n’aime pas les royalistes partisans des Bourbons et de l’Ancien régime. Il exprime ici son ressentiment dans un courrier à caractère privé, où il se « lâche ». 179 ans après nous ne pensons pas manquer au respect de sa mémoire en publiant sa lettre intégralement. L’historien lui est même reconnaissant de sa confidence personnelle, tellement humaine ! Quel passionné de politique n’a pas prononcé en privé de paroles semblables pour se défouler ? Ajoutons ici que le juge de paix qu’il était n’avait pas de compétence en matière répressive. Détail à retenir : son interlocutrice est la jeune épouse du futur député orléaniste de Vendée (deux ans plus tard) : Guyet-Desfontaines.&lt;br /&gt;(12) Les villes et les gros bourgs, avec la présence des militaires, protégeaient les libéraux et républicains, tandis que les campagnes étaient le refuge des royalistes légitimistes.&lt;br /&gt;(13) L’auteur se trompe et les troubles cessèrent rapidement sous l’effet d’une politique où l’apaisement a succédé à une ferme répression. Son sectarisme ici s’alimente d’une image négative de ses adversaires qu’il voit comme des ennemis. Passion débordante, mère d’un aveuglement inconscient, les deux s’associant dans la peur : une facette de l’Histoire des hommes, pas seulement en 1832... Son cousin de Linières, Guyet-Desfontaines, était certainement plus politique, c'est-à-dire devant maitriser mieux ses passions en politique.&lt;br /&gt;(14) le lieu-dit de sa propriété dans la commune de La Chapelle-Palluau. Il a à cette date trois garçons de 7 ans, 5 ans et 4 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’ai point précisément de nouvelles de St Fulgent (15), mais j’ai des raisons de croire qu’on se porte bien et qu’on y est sans inquiétude du côté des chouans. (16)&lt;br /&gt;Adieu, ma bonne Emma, ma femme et moi sommes bien sensible à l’affectueux intérêt que vous nous témoignez et dont nous ne pouvions douter. Nous vous en remercions de tout notre cœur et vous embrassons de tout notre cœur ainsi que votre cher Marcellin (17) et votre fille. (18)&lt;br /&gt;Votre cousin bien aimé.&lt;br /&gt;B. C. Martineau&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On ne connaît encore d’ici Nantes que deux rassemblements de 4 à 500 hommes chacun, qui, selon toute apparence, ne se grossissent pas beaucoup.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(15) Où habitent ses trois sœurs, deux mariées à deux frères de Grandcourt et une avec le juge de paix Gourraud. Ses « raisons », notablement subjectives, ne renseignent pas forcément sur le climat régnant chez les révolutionnaires de St Fulgent à l’époque. En tout cas, on  n’a pas noté de faits d’armes dans cette région. Le registre d’état-civil de St André ne révèle pas non plus de morts consécutifs à ce soulèvement. &lt;br /&gt;(16) C’est à cette occasion que les autorités de l’époque ont popularisé le mot « chouan » pour désigner tous les insurgés des départements de l’Ouest de la France, y compris en remontant aux soulèvements antérieurs. Un souci de faire simple par amalgame, et surtout on ne pouvait pas les traiter de royalistes ! A cette cause partisane et militante a succédé plus récemment l’ignorance des fabricants d’enseignes commerciales pour continuer à populariser cette « étiquette », historiquement fausse en Vendée. &lt;br /&gt;(17) Prénom de Guyet-Desfontaines, qui se présentera aux élections en 1834 et sera élu député de la Vendée dans la circonscription des Herbiers.&lt;br /&gt;(18) Emma était veuve quand elle s’est mariée avec Marcellin l’année précédente et elle avait déjà une fille, née Isaure Chassériau, âgée de 12 ans en 1832.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour conclure sur ces évènements de 1831/1832 en Vendée, il est intéressant de lire un extrait du rapport écrit par le général Lamarque, après une enquête sur place à la fin de 1830. Il avait été le commandant en chef des troupes de Bonaparte en 1815 dans les départements de l’Ouest, au moment du soulèvement vendéen d’alors. Ce dernier s’était soldé par un échec, à la veille de la défaite de Waterloo. Là aussi, des chefs royalistes avaient tenté de soulever les paysans pour s’opposer au retour de Napoléon de l’île d’Elbe, chassant le roi Louis XVIII. Le passage du rapport reproduit ici est cité par  J. Crétineau-Joly, dans son Histoire de la Vendée militaire (1840), T 4, page 439 :&lt;br /&gt;« La situation en Vendée n’est inquiétante que relativement…Les royalistes regretteront longtemps le gouvernement déchu ; mais si l’on ne prend à leur égard que des mesures dictées par la justice et par l’intérêt qui doit s’attacher à des adversaires qui ont été si dangereux, nul doute que l’on parviendra aisément à leur faire entendre raison…Partout j’ai entendu le même cri : « qu’on nous laisse tranquilles avec nos prêtres, qu’on ne nous persécute pas, qu’on ne nous accable pas de nouveaux impôts, qu’on ne nous contraigne pas à aimer un gouvernement que jusqu’à présent nous avons le droit de regarder comme notre ennemi, et nous ne ferons aucune démonstration contre lui…Les nobles et les prêtres ont de l’influence, mais cette influence est raisonnée, et elle ne pourrait jamais les entraîner au-delà de leur volonté… La Vendée est un malade qu’il faut chercher à guérir par des calmants, et que, par des moyens irritants, il est très facile de jeter dans le désespoir. Ici le désespoir se transforme en guerre civile. Que personne n’oublie cette vérité, et ils ne s’en souviendront plus. »&lt;br /&gt;Apparemment les autorités ont globalement écouté les conseils du général Lamarque. Notre juge de paix semble avoir moins de recul que ce vieux général expérimenté. &lt;br /&gt;Chateaubriand partageait l’opinion du général Lamarque. Il a écrit : « la Vendée est une oriflamme vénérée et admirée dans le trésor de Saint Denis (19) sous laquelle la jeunesse et l’avenir ne se rangeront plus. ». (20) Le grand écrivain appartient au camp adverse, celui des Bourbons renversés, mais il ne croit plus à leur avenir quand il écrit Les Mémoires d’Outre-Tombe. Nous nous gardons bien de citer Chateaubriand pour son autorité politique. On le sait maladroit dans sa pratique du pouvoir et paradoxal dans ses idées. Ce qui est intéressant de noter dans sa phrase, c’est le sens qu’il donne au mot de « Vendée ». Celui-ci est pour lui, comme pour ses amis royalistes et leurs adversaires aussi, déjà, un symbole, celui de la contre-révolution, donc celui de la royauté. La portée de ce mot va bien au-delà d’un nom de département, et tant pis pour leurs habitants. Ainsi, déjà en 1830, on faisait de la politique avec les morts de 1793 ! Est-ce terminé ? D’où l’incompréhension de la réalité vendéenne par le reste de la nation encore de nos jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(19) Le tombeau des rois de France est dans la basilique de St Denis.&lt;br /&gt;(20) Chateaubriand, Les Mémoires d’Outre-Tombe, (Pléiade), T II, page 548&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Mars 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-667332929583423879?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/667332929583423879/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/03/palluau-juin-1832-le-juge-de-paix-peur.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/667332929583423879'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/667332929583423879'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/03/palluau-juin-1832-le-juge-de-paix-peur.html' title='Palluau, juin 1832 : Le juge de paix a peur'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-3184081697063118114</id><published>2011-02-01T16:08:00.000Z</published><updated>2011-02-01T16:08:05.698Z</updated><title type='text'>Acte de décès de Simon Charles Guyet</title><content type='html'>L’augmentation des documents numérisés mis en accès internet sur le site des Archives départementales de la Vendée, nous apporte chaque année son lot d’heureuses surprises. Et encore, ce n’est pas tout, son moteur de recherche est vraiment l’ami des chercheurs. On sait que le vrai problème d’un chercheur de documents d’histoire, comme les prospecteurs d’or d’autrefois, ce n’est pas d’explorer, mais de trouver. Il suffit désormais d’écrire : « Joseph Guyet » dans le moteur de recherche des Archives de Vendée, au bout du clic on obtient le certificat de décès de son père en 1793, dans les minutes d’un notaire de Luçon. Qui serait allé dans cette étude pour l’y trouver ?&lt;br /&gt;Dans mon article sur Joseph Guyet, récemment publié en décembre 2010, j’avais rassemblé toutes les informations recueillies après mes recherches sur des registres paroissiaux, et les notes prises dans les diverses publications que j’avais pu lire à son sujet et à celui de ses proches. Mais avec Internet, chaque année amène son lot de découvertes. Reproduisons le certificat de décès :&lt;br /&gt;«  Acte notarié constatant la mort de Charles Simon Guyet du 7 messidor an 3 (1)&lt;br /&gt;Par devant le notaire public (2) à Luçon en présence des témoins ci-après nommés et soussignés ont comparu&lt;br /&gt;Les citoyens René Rouillon (3) chasseur de la Vendée et François Bossard servant dans les hussards de Cholet- Pierre François Louis Marie Gentils receveur du droit d’enregistrement à Luçon- François Guinaudeau canonnier et Charles Durand réfugié à Gemme de la Plaine,(4)&lt;br /&gt;Etant tous présents à Luçon&lt;br /&gt;Lesquels ont déclaré avoir parfaitement connu le citoyen Charles Simon Guyet maitre de poste à St Fulgent district de Montaigu département de la Vendée qui est tombé au pouvoir des rebelles et a été massacré par eux le quatorze mars mil sept cent quatre-vingt-treize  (5) en la maison de Durand aubergiste du Chapon Rouge à St Vincent Sterlanges, et est mort de ses blessures le lendemain quinze du dit mois de mars (6)&lt;br /&gt;Ce que dessus les comparants affirment sincère et véritable pour en avoir une parfaite connaissance&lt;br /&gt;Dont et le tout qui’allé fait et rédigé le présent acte pour valoir et servir ce qu’il appartiendra&lt;br /&gt;Fait et passé audit Luçon étude de Pillenière le sept messidor an troisième de la République Française une et indivisible en présence du citoyen Philippe Payneau propriétaire et Louis Porché aubergiste demeurants séparément audit Luçon qui se sont ainsi que les comparants et nous notaire soussignés après lecture faite. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) 25 juin 1795&lt;br /&gt;(2) La loi du 6-10-1791 avait transformé les « notaires royaux » en « notaires publics ». Ils n’étaient pas officiers chargés de l’état-civil, mais en tant que fonctionnaires publics, leurs actes avaient une force certaine, surtout compte tenu des circonstances.&lt;br /&gt;(3) Ce témoin, comme les autres, nous est inconnu. Trois militaires, un fonctionnaire des impôts et un réfugié. Leur qualité est à la fois d’ « avoir parfaitement connu » C. Guyet » et d’avoir « une parfaite connaissance » des circonstances et de la date de sa mort. Ce qui compte ici, on le sait, c’est la signature du notaire.&lt;br /&gt;(4) Le mot « Saint » qui précédait la suite du nom de la commune a disparu, conformément à la loi d’alors. Il s’agissait de « déchristianiser » et « dénobliser » les noms. Mais notre brave notaire ne connaissait pas le nouveau nom de St Fulgent et ne l’a donc pas utilisé. C’est bien excusable, tellement il y a eu de changements de noms. Pour mémoire, rappelons que « St Fulgent » est devenu « Fulgent des Bois ». On retrouve ce nom utilisé dans l’acte de rachat de Linières en 1796, par exemple. Même remarque pour St Vincent Sterlanges.&lt;br /&gt;(5) Le présent acte de décès a donc été rédigé plus de deux ans après la mort qu’il constate. Cela indique que l’acte résulte d’une demande auprès du notaire et qu’il a fallu se donner la peine de réunir tous ces témoins à Luçon, longtemps après les faits. Les fonctions politiques du gendre Benjamin Martineau et celles de son frère Ambroise à  Fontenay, chez les républicains de l’administration du département, ont peut-être été utiles pour aplanir les difficultés à cet égard. &lt;br /&gt;Il parait naturel d’obtenir cet acte ne serait-ce que pour ouvrir la succession d’un homme, qui plus est devenu riche, laissant une veuve et huit enfants âgés de neuf à vingt et un ans. Dans le désordre des batailles, combien d’actes de décès n’ont pas pu être rédigés ! Et à St Vincent Sterlanges, comme dans beaucoup d’autres communes du bocage, les archives actuelles de l’état-civil n’ont été conservées qu’à partir de l’an V, toujours à cause de la guerre civile. Quant aux actes reconstitués de cette période, il y en a eu très peu dans cette commune, et ne concernent pas C. Guyet&lt;br /&gt;(6) Ce qui s’est passé à St Vincent Sterlanges se recoupe bien avec les faits de guerre connus. Le 12 mars 1793, les jeunes de St André Goule d’Oie, entrainés par Christophe Cougnon (demeurant à la Guérinière et régisseur à Linières), mettent en fuite une troupe de gardes nationaux venus de Fontenay sous les ordres de Charles Rouillé. (a) C’est sans doute ce jour-là, sinon le lendemain en voyant la tournure des évènements, que Charles Guyet et son gendre Benjamin Martineau s’enfuient avec la troupe de Rouillé (ou la rejoignent) en direction de Fontenay le Comte. (b)&lt;br /&gt;Le 13 mars les jeunes du canton se rassemblent au bourg de St Fulgent autour de l’aubergiste Lusson et du procureur de la commune Gautier. (c) Ils convainquent le vieux capitaine d’infanterie Royrand, âgé de 67 ans (riche propriétaire d’une vingtaine de métairies et demeurant à la Roussière de St Fulgent), ainsi qu’un de ses neveux de Chavagnes en Paillers, de s’engager avec eux et de diriger les combats. (b)&lt;br /&gt;Le 14 mars ils partent vers Fontenay et mettent en fuite à nouveau les gardes nationaux au village de la Brossière de St André Goule d’Oie. (d) Ils les poursuivent, passent les Quatre Chemins, St Vincent Sterlanges et arrivent à Chantonnay, où à nouveau le lendemain les Vendéens battent les gardes nationaux. &lt;br /&gt;Qu’il y ait eu le 14 mars un massacre de « bleus » et de patriotes de St Fulgent connus, dans l’auberge de St Vincent Sterlanges, est parfaitement concevable au vu des évènements que nous venons de rappeler.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Remarque&lt;br /&gt;Encore un compatriote massacré ! Les mots employés par habitude dans les livres pour désigner les ennemis en présence, de « Vendéens » d’un côté et de « bleus » de l’autre, contribuent à masquer cette réalité, qu’on s’est aussi battu entre Vendéens dans cette guerre civile. Le commandant des gardes nationaux, Charles Rouillé le jeune, était avocat-avoué et électeur du district des Sables d’Olonne. (a) Quant aux gardes nationaux sous ses ordres, beaucoup étaient Vendéens sans doute, de la région de Fontenay le Comte. &lt;br /&gt;D’ailleurs, des chercheurs notent le comportement de certains révolutionnaires locaux, comme ayant contribué à attiser le climat de guerre civile, avant, pendant et après le soulèvement.&lt;br /&gt;Benjamin Martineau le gendre de Charles Guyet, et tous les Guyet, vont porter dans leur cœur la haine de la devise de leurs adversaires « Dieu et le roi ». Nous le constaterons dans les années à venir dans l’histoire de Linières, avec le fils Joseph Guyet qui en deviendra propriétaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(a) Revue du Souvenir Vendéen no juin 2009, page 22 (article de J. Biteau)&lt;br /&gt;(b) M. Maupilier, …St Fulgent sur la route royale, Herault (1989)&lt;br /&gt;(c) L. de La Boutetière, Le chevalier de Sapinaud …, Salmon (1982), page 32&lt;br /&gt;(d) A. Billaud, La guerre de Vendée, Lussaud (1967)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel François&lt;br /&gt;Février 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-3184081697063118114?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/3184081697063118114/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/02/acte-de-deces-de-simon-charles-guyet.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/3184081697063118114'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/3184081697063118114'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/02/acte-de-deces-de-simon-charles-guyet.html' title='Acte de décès de Simon Charles Guyet'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-5756296327974356705</id><published>2011-02-01T15:58:00.000Z</published><updated>2011-02-01T15:58:30.897Z</updated><title type='text'>Journal du maire de St André Goule d’Oie en février 1871 (suite)</title><content type='html'>Voici la suite du journal intime de Marcel de Brayer, maire de St André Goule d’Oie, que nous avons commencé de publier dans un article précédent. Nous reproduisons ici la dernière partie correspondant aux quinze premiers jours de février 1871. Les notes s’arrêtent au 16 février, sans explications. &lt;br /&gt;Au vu d’autres documents, nous pensons que la pratique du journal intime n’était pas systématique chez Marcel de Brayer, mais seulement liée aux moments importants pour lui. Quoiqu’il faille rester prudent sur ce point car nous savons que les documents conservés ont fait l’objet d’un tri. Nous découvrons dans ces notes un jeune homme passionné par la politique et possédant une bonne culture historique, lui donnant une capacité de jugement à chaud sur les évènements, tout à fait intéressante. N’oublions pas qu’il a été élevé, après la mort de sa mère, par ses grands-parents maternels. Le deuxième mari de sa grand-mère, Guyet-Desfontaines, avait été député de la Vendée de 1834 à 1848, puis maire de Marly le Roi. Il a donc baigné tôt dans la politique, ce qui peut expliquer le ton de certaines de ses réflexions.&lt;br /&gt;Précisons que ces notes ont été écrites sur des feuilles volantes portant le titre : « Année 1871 ». Elles sont conservées, sous la référence K8 36, par la société Eduenne des Lettres, Sciences et Arts, dont la bibliothèque comprend le fonds Amaury-Duval. Elle est installée dans le musée Rolin de la ville d’Autun. &lt;br /&gt;La raison de cet archivage à Autun est simple. Célibataire, Amaury-Duval s’est trouvé dépositaire des papiers personnels de son petit-neveu, mort avant lui. Réunis avec les siens, avec ceux de sa sœur et de son beau-frère, et surtout avec les nombreux écrits de son propre père, il a tout légué à un de ses élèves, devenu un ami, en lui demandant de faire un tri. Cet ami, Eugène Froment, a accompli son devoir et à sa mort, ce fonds documentaire est devenu la propriété de sa fille : Mme Mazeran. Comme son père elle habitait Autun. C’est elle qui a décidé de confier cet héritage important par sa valeur historique, littéraire et artistique, à la société savante de sa ville : la société Eduenne. C’est l’occasion ici de remercier le responsable de la société Eduenne, monsieur Strasberg, en même temps conservateur du musée Rolin. C’est à lui que je dois d’avoir pu accéder au fonds Amaury-Duval.&lt;br /&gt;Sans héritier direct, Amaury-Duval, mort en 1885, a confié à ce même ami, aidé de deux autres, le soin de doter les musées et les proches de ses œuvres en sa possession. Et après avoir distribué généreusement rentes et objets personnels à ses parents et amis, il a légué le reste de son patrimoine (Linières et immobilier parisien) à un lointain cousin, parent au 5e degré : M. de Marcilly. Ainsi, tous les souvenirs se rapportant à Linières n’ont heureusement pas disparu à l’occasion de la démolition du château en 1912.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mercredi 1e février&lt;br /&gt;Nous attendons le journal avec impatience, (26) il arrive et ne contient rien ou presque rien. Une circulaire de Lauzier (27) annonçant pour demain les décrets et proclamations que réclame la situation actuelle. On attend toujours à Bordeaux l’arrivée des membres du gouvernement annoncés, on n’y dit rien. Une délibération du conseil municipal de Bordeaux qui demande à Gambetta de rester à son poste et de continuer la lutte à outrance. Un décret signé des membres de la délégation destitue quatorze magistrats pour des jugements rendus par eux en 1852. L’inamovibilité ne saurait être poussée plus loin ! Je passe ma journée à Linières avec mon oncle à faire transplanter des arbres.&lt;br /&gt;Jeudi 2 février&lt;br /&gt;Cette fois le journal est bavard, mais il ne dit rien de bon. La circulaire de Gambetta, datée de Bordeaux 31 janvier : « il n’a reçu aucune dépêche de Jules Favre, mais M. de Bismarck a répondu. L’armistice ne s’étend pas à l’armée de l’Est. Le général Chanzy a reçu communication de l’armistice par le prince Frédéric Charles. (28) 200 millions sont réclamés à Paris, et les prisonniers prussiens échangés contre des nôtres. Jules Favre ne parlait que d’un armistice général, de là ordre donné par nous à nos troupes de suspendre les opérations tan disque les Prussiens mieux informés les continuaient. » Gambetta termine ainsi : « la délégation, qui n’a, on le voit, reçu sur la convention de Versailles d’autre document officiel français que le télégramme de Versailles, signé Jules Favre, a le droit et le devoir de porter ces faits à la connaissance du pays, afin de faire porter sur qui de droit la responsabilité qui incombe à ceux qui n’ont pas fait connaître la convention dans toute sa teneur, et ont entraîné des erreurs d’interprétation, dont les conséquences, au point de vue de notre héroïque armée de l’Est, peuvent être irréparables pour la France. » Cette dernière phrase a pour but de mettre sur le compte de l’armistice le fait, déjà vieux de plusieurs jours, que l’armée de Bourbaki est complètement tournée et que cet infortuné général, craignant l’insulte de trahison si chère à la démagogie, s’est tiré cinq coups de revolver dans la tête sans parvenir à son but ! La dépêche si pâle de Laurier reparaît aujourd’hui avec des annexes assez colorées. La politique des ministres de la guerre, y est-il dit, est toujours la même, guerre à outrance, résistance jusqu’à complet épuisement ! Il n’est pas jusqu’aux élections qui ne puissent et doivent être mise à profit. Ce qu’il faut à la France, c’est une assemblée qui veuille la guerre et soit décidée à tout pour la faire !!! etc. Comme complément à tant d’inepties, le préfet de Bordeaux convertit tous les théâtres en réunions publiques, où l’on décrète la guerre à outrance, pas d’assemblées, un comité de salut public : et Gambetta sommé par la sainte canaille, répond qu’il est avec elle en parfaite communauté de vues. Ce sont les clubs de Bordeaux qui gouvernent la France !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(26) La poste a semble-t-il bien fonctionné vers la Vendée, malgré l’occupation prussienne. Mais nous avons une lettre de Gaston de Marcilly du 29-10-1870, à son cousin Amaury-Duval, où il se plaint des difficultés de circulation du courrier vers Brionne.&lt;br /&gt;(27) Directeur du personnel au ministère de l’intérieur dirigé par Gambetta.&lt;br /&gt;(28) Neveu du roi de Prusse, qui commanda brillamment au sein des armées prussiennes en France.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vendredi 3 février&lt;br /&gt;L’administration de M. Gambetta aura une fin digne d’elle. Nous recevons ce matin trois décrets et une proclamation. La proclamation dont le mot de la fin : aux armes aux urnes, résume le sens, contient ce passage : « Grâce à Paris, si nous sommes des patriotes résolus, nous tenons en main tout ce qu’il faut pour le venger et nous affranchir. Mais si comme la mauvaise fortune tenait à nous accabler, quelque chose de plus sinistre et de plus douloureux que la chute de Paris, nous attendait. On a signé sans nous avertir, à notre insu, sans nous consulter, un armistice dont nous n’avons connu que tardivement la coupable légèreté, qui livre aux Prussiens les départements occupés par nos soldats et qui nous impose l’obligation de rester trois semaines au repos pour réunir dans les tristes circonstances où se trouve le pays, une assemblée nationale. » &lt;br /&gt;Le premier décret convoque les électeurs pour mercredi prochain 8 février. Le second est unique dans son genre, il faut en citer en entier les considérants. « Les membres etc…., considérant qu’il est juste que tous les complices du régime qui a commencé par l’attentat du 2 décembre, pour finir par la capitulation de Sedan, léguant à la France la ruine et l’invasion, soient frappés momentanément de la même déchéance politique que la dynastie à jamais maudite dont ils ont été les coupables instruments, considérant que c’est là une sanction nécessaire de la responsabilité qu’ils ont encourue en aidant et assistant, avec connaissance des causes, l’ex-empereur dans l’accomplissement des divers actes de son gouvernement, qui ont mis la patrie en danger, décrète… ». Suit le décret en trois articles qui excluent du droit d’être députés ceux qui depuis le 2 décembre 1851 jusqu’au 4 septembre 1870 ont occupé 1° les fonctions de ministres, sénateurs, conseillers d’Etat et préfets. 2° la candidature officielle aux élections législatives. Déclare enfin nuls de nullité absolue les bulletins portant les noms de ces individus. Ces bulletins ne doivent pas être comptés. Pourquoi ne pas exclure aussi du droit de voter les 8 000 000 d’électeurs qui répondaient par oui ou par non au plébiscite de mai dernier. Le corps électoral français ne devrait se composer que du million et demi d’individus qui protesta alors par un non ! Je n’aime pas l’Empire, je hais la catastrophe que ses fautes ont amenée, mais de pareils décrets me rapprocheraient de lui par dégoût de ceux qui les formulent. Le 3e décret règle les formes de l’élection, il a aussi son article intéressant. C’est l’article 15 que voici : sont exclus de l’éligibilité les membres des familles qui ont régné sur la France depuis 1789. Sont nuls de nullité absolue, les bulletins de vote portant les noms des personnes désignées dans le présent article. Ces bulletins ne seront pas comptés dans la supputation des voix. Voilà pour le compte de M. Gambetta ministre de l’intérieur. Voici maintenant pour le ministre de la guerre, M. Gambetta. 1e février : l’armée du général Clinchant forte de 85 00 hommes avec son artillerie, est entrée en suisse par Verrières. Le 24e corps d’armée a pu s’échapper se dirigeant vers Lyon. Le général Clinchant est celui qui remplaça Bourbaki quand ce dernier voyant, il y a quelques jours, sa position tournée, poursuivi par la crainte d’être soupçonné de trahison, se brûla la cervelle, ou du moins tenta de le faire. On dit son état désespéré. Je reçois une lettre du préfet qui me demande la disposition des esprits autour de moi. Je ne répondrai pas. Je verrai le préfet lundi au conseil de révision de la classe 71 et là je lui parlerai. Ce que veut la France, c’est l’ordre d’abord, la paix ensuite, car tout homme sensé comprend maintenant que la continuation de la lutte est impossible ! La clique des exaltés républicains aidera pour une grande part à ce résultat, par la terreur qu’elle imposera aux honnêtes gens. Dans la réunion publique tenue au grand théâtre de Bordeaux le 31, communication a été faite des décrets relatifs aux élections. La réunion satisfaite, a nommé un comité de salut public pour prêter son concours au gouvernement ! Voilà un concours qui nous fera du bien.&lt;br /&gt;Samedi 4 février&lt;br /&gt;Les journaux la Liberté, le Français, la France, le Constitutionnel, l’Union, (29) l’Univers, la Patrie, la Gazette de France, (30) le Courrier de la Gironde, le Journal de Bordeaux, la Guyenne et la Province, publient une protestation contre le décret du 31 janvier. Ils ont envoyé des délégués à Jules Simon qui vient d’arriver de Paris, apportant un décret sur les élections signé le 28 janvier et supprimant toutes les incompatibilités, sauf l’inéligibilité des préfets en exercice dans les départements qu’ils administrent. Le décret seul est valable et doit être exécuté ! Je regrette que Jules Simon soit le commissaire envoyé par le gouvernement de Paris. Je n’ai jamais eu confiance dans cet homme. Voici les noms du comité de salut public chargé par le club du grand théâtre de Bordeaux de gouverner la France : Gambetta, Esquiros, Ledru-Rollin, Lullier, Albert Baume, Dupontel, de Royannet, Paulet, Sansas, Guépin père, Cantagril, Ranc, Louis Blanc, Scholeher, V. Hugo, Rochefort, Marcou, Mie, Delonstal, Hémon, Malardier, Delbois, Pierre Lefranc. &lt;br /&gt;On annonce que le duc d’Aumale (31) se porte à Angoulême et à Paris, le prince de Joinville (32) à Cherbourg.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(29) ces 5 derniers journaux sont de tendances libérales&lt;br /&gt;(30) ces 3 derniers journaux sont de tendance conservatrice&lt;br /&gt;(31) 5e fils de Louis-Philippe Ier, roi-citoyen déchu en 1848 (Monarchie de Juillet, branche des Orléans)&lt;br /&gt;(32) 3e fils de Louis-Philippe 1e qui a fait carrière dans la marine de guerre, y entrant à l’âge de 13 ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche 5 février&lt;br /&gt;On parle de conditions de paix exigées par la Prusse : 10 milliards, la Lorraine, l’Alsace, 20 vaisseaux, Pondichéry. Je n’y crois pas. Belle proclamation du gouvernement de Paris, calme, digne et pacifique. Gambetta a reçu la lettre suivante : Bordeaux, 4 février « Au nom de la liberté des élections stipulées par la convention d’armistice, je proteste contre les dispositions émanées en votre nom (sic) pour priver du droit d’être élus à l’assemblée des catégories nombreuses de citoyens français. Des élections faites sous un régime d’oppression arbitraire ne pouvant conférer les droits que la convention d’armistice reconnaît aux députés librement élus - de Bismarck ». Gambetta profite de cette liberté, qui est assurément une faute politique de la part de celui qui l’a écrite (si toutefois ce n’est pas une porte qu’il s’ouvre pour se débarrasser d’avoir à traiter avec un Gambetta qui ne lui plairait pas). Gambetta profite de cette lettre pour maintenir son décret du 31, dont elle est la justification la plus éclatante !&lt;br /&gt;Lundi 6 février &lt;br /&gt;Je vais à Montaigu pour le conseil de révision de la classe 71. Je reviens avec Chauvin, qui me dit qu’à Napoléon, il a été question de me porter sur une liste de candidats modérés à la constituante. Je regrette de ne pas l’avoir su, mais il est trop tard. J’ai d’ailleurs peu l’envie de me trouver dans une chambre dont le rôle sera fort ingrat, et qui aura peut être à proclamer la République comme gouvernement de la France. Je reviens de fort bonne heure et je trouve une circulaire de la délégation de Bordeaux qui maintient plus que jamais son décret, s’appuyant sur ce que le gouvernement de Paris est investi depuis quatre mois coupé de toutes communications avec l’esprit public, et de plus à l’état de personnel de guerre. Que fait donc Jules Simon ? Cela ne m’étonne pas de cet homme. Un membre de la délégation va partir pour Paris. Les bonapartistes, assure-t-on, se remuent beaucoup. Ceux-là je ne les crains guère ! Je fais une grande plantation d’arbres à Linières.&lt;br /&gt;Mardi 7 février&lt;br /&gt;Nouvelle protestation des journaux contre le décret de Bordeaux. Rien de nouveau sur le conflit. Gambetta fait tout ce qu’il peut pour agiter la France, mais la lassitude est venue. Quant aux élections qui se feront demain, je ne m’en mêle en aucune façon. Votera qui voudra et comme il voudra. Pour moi je fais mon choix dans les deux listes légitimiste et républicaine. Voici mon bulletin : général Trochu (33), Beaussire, Baron, Boucher, Jules Favre, Thiers, Bienvenu, Tabouret. (34)&lt;br /&gt;Mercredi 8 février&lt;br /&gt;Je suis à sept heures du matin à la mairie (35). On forme deux bureaux, je fais partie du second avec Eugène pour président. On se porte en foule au vote, quelques légitimistes présents dans la salle me font beaucoup de grâces, j’y réponds avec politesse. A sept heures et demie on commence le dépouillement du scrutin. Cela dure jusqu’à 1h du matin. &lt;br /&gt;Voici le résultat du vote du canton : la liste conservatrice légitimiste : 15411 voix, la liste républicaine : 1104 (Gambetta qui était porté en tête a obtenu le plus petit nombre de voix). Ont obtenu des voix sans figurer sur aucune liste légitimiste ou républicaine : Jules Favre : 21, Thiers : 14, les princes d’Orléans : 10, Garibaldi : 1, et les vainqueurs de la veille oubliés aujourd’hui (36), Alquier : 3, de la Poëse : 2, et en tout 198 voix. Le journal nous a appris ce matin l’arrivée à Bordeaux d’Emmanuel Arago, Garnier-Pagès et Pelletan, et la victoire décisive du gouvernement de Paris sur la délégation de Bordeaux. Gambetta se retire et l’annonce par une proclamation où se trouve cette phrase significative : « la divergence des opinions sur le fond des choses, au point de vue extérieur et intérieur, se manifeste de manière à ne laisser aucun doute ». C’est en effet la raison qui triomphe de l’extravagance inhabile et ambitieuse. Le décret de Paris est seul valable. Jules Simon, dans une lettre adressée aux journaux, dément que la Prusse ait fait connaître ses conditions. Il dit qu’il y a espérance sérieuse d’une paix honorable. Il faut donc, dit-il avec beaucoup de raison, faire tout ce qu’il faut pour que l’autorité de l’assemblée s’impose à la France, à l’ennemi, à l’Europe. Voilà qui est sagement parlé et j’aimerais l’homme qui écrit de telles paroles, si je ne connaissais son caractère et que je ne visse pas encore là un effet de girouette qui sait tourner au vent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(33) Trochu appartient à la liste des « conservateurs libéraux » (justement qualifiée ici de conservatrice). Parisien, il s’était présenté aussi dans le Morbihan. Les candidatures multiples étaient autorisées à l’époque. &lt;br /&gt;(34) Il ne prend qu’un nom à droite en définitive (Trochu). Les autres personnes choisies sont à gauche, des républicains modérés, vendéens ou parisiens. Il n’a pas voté pour les monarchistes orléanistes (le parti de son grand-père), qui faisaient liste commune avec les monarchistes légitimistes en Vendée. Il n’a dû retenir que 8 noms sur sa liste le lendemain, car la Vendée n’avait que 8 députés à élire.&lt;br /&gt;(35) Mairie de St Fulgent, où devaient se rendre les électeurs du canton, ce qui explique la présidence d’un bureau de vote par Eugène de Grandcourt.&lt;br /&gt;(36) députés de Vendée sous le régime précédent de Napoléon III&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeudi 9 février&lt;br /&gt;Décidément la logique n’est pas une qualité républicaine. Voici leurs circulaires signées Arago. Toutes les catégories d’inéligibles sont supprimées. Le peuple souverain peut porter son choix où il lui plait. Seconde circulaire, même date, même heure : « les familles qui ont régné sur la France ne peuvent être éligibles en vertu de la loi du 10 avril 1832 et du décret du 9 juin 1848. Un décret du 7 février 1871 étend ces dispositions à la famille Bonaparte. Veillez rigoureusement à ce que ces lois et décrets soient exécutés » Le peuple souverain a le droit de porter son choix où il lui plait, mais M. Arago, s’il lui plait de n’être pas en République et de choisir un monarque parmi les familles déchues du trône, n’est-il donc plus alors souverain, et de quel droit limitez-vous sa souveraineté ? Au fond, en tant que républicain, vous avez raison, mais il y a des phrases qu’il ne faut pas trop rapprocher les unes des autres sous peine de se faire moquer de soi. On écrit de Berlin au Times que l’Angleterre encourage les puissances neutres à l’aider activement dans l’œuvre de rétablissement de la paix, qu’elle a recommandé à la Prusse des conditions modérées, et demander aux puissances d’envoyer à leurs représentants à la conférence des instructions destinées à faciliter les négociations en faveur de la paix.&lt;br /&gt;Vendredi 10 février&lt;br /&gt;La liste conservatrice a passé en Vendée à une grande majorité, de même à Nantes (37). L’assemblée se réunira le 12 à Bordeaux. Guyot-Montpayroux (38) a été arrêté à Brioude par ordre de Gambetta et relâché le lendemain.&lt;br /&gt;Cela fait grand bruit, on parle d’une façon de coup d’Etat que Gambetta aurait voulu tenter et que l’arrivée des membres du gouvernement de Paris aurait empêché. Je ne sais ce qu’il faut en croire.&lt;br /&gt;Samedi 11 février&lt;br /&gt;Les résultats des élections commencent à être connus : dans le journal d’aujourd’hui, sur 24 résultats, 18 sont en faveur de la liste libérale et conservatrice, 5 listes républicaines, 1 celui de Marseille est mixte républicaine et conservatrice. M. Thiers a sept nominations et Gambetta deux. Magnifique proclamation du gouvernement de Paris, en réponse aux injures de Gambetta : elle ferait presque aimer les principes de ceux qui l’ont écrite.&lt;br /&gt;Dimanche 12 février&lt;br /&gt;Sur 22 élections, 19 appartiennent au parti libéral conservateur, 1 au parti républicain, celle du Var, les deux mêmes, celle de la Savoie et de Saône et Loire, mixtes. M. Thiers a 5 nominations, Gambetta une. La plus significative est celle du prince de Joinville dans la Manche, nommé le 1e de tous les candidats. &lt;br /&gt;Intéressant article du journal de Genève : il prétend tenir de très hautes sources que la diplomatie européenne présenterait comme solution à la guerre actuelle la neutralisation, au point de vue militaire seulement, de l’Alsace. Ce serait un résultat parfait pour nous, je crains même qu’il ne soit trop beau pour que la Prusse l’accepte. Tout aujourd’hui dépend de l’Europe : son intervention active peut décider pour longtemps de la paix du monde ! Aura-t-elle la sagesse de le voir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(37) Les élections du 8 février se sont déroulées au scrutin de liste majoritaire départemental à un tour : la liste arrivée en tête remporte l'intégralité des sièges à pourvoir dans le département. &lt;br /&gt;La Vendée avait 112 821 inscrits et la participation a été de 65 %. Les 8 députés élus de Vendée, dont Trochu, appartiennent tous à la même tendance : « conservateurs et libéraux » (en fait des royalistes légitimistes et orléanistes), obtenant en moyenne quatre fois plus de voix que la liste républicaine. Vu par les électeurs, c’était la victoire de l’ordre et de la paix contre les troubles républicains et la poursuite de la guerre. &lt;br /&gt;Les résultats nationaux, exprimés en nombre de sièges obtenus, sont : Républicains radicaux (Gambetta) : 38- Républicains modérés (Jules Favre) : 112- Libéraux (centre gauche : Thiers) : 72- Monarchistes orléanistes : 214- Monarchistes légitimistes : 182- Bonapartistes : 20&lt;br /&gt;(38) Député de l'arrondissement de Brioude. Adversaire de Gambetta, il fut arrêté comme réfractaire à la mobilisation et relâché le lendemain, ayant prouvé la régularité de sa situation militaire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lundi 13 février&lt;br /&gt;Dix élections connues : 5 libérales conservatrices, 4 républicaines, une mixte, celle de la Marne. M. Thiers est élu 1 fois. On ne sait rien encore de précis sur les élections à Paris, mais les bruits qui courent les annoncent mauvaises. &lt;br /&gt;J’ai à dîner le maire de Chauché M. Leroux, Eugène et Chauvin, maire de St Fulgent.&lt;br /&gt;Mardi 14 février&lt;br /&gt;20 élections : 17 libérales, 2 républicaines, une mixte, celle du Jura. Le duc d’Aumale est élu dans l’Oise, et M. Thiers a 3 nominations. On commence à connaître quelques résultats des élections de Paris : elles sont honteuses (39). Paris, après son admirable siège, vient de se déshonorer, mais où donc s’y cachent en pareille circonstance les honnêtes gens ? Compte rendu de la 1e séance de l’assemblée nationale tenue à Bordeaux le 12 à 3h, trois cent membres environ étaient présents. M. Benoist d’Azy préside comme doyen d’âge (40). &lt;br /&gt;Sont secrétaires comme les plus jeunes MM. de Castellane, Tanneguy Duchatel, Daniel Wilson et Paul de Rémusat. Séance préparatoire sans intérêt.&lt;br /&gt;Mercredi 15 février&lt;br /&gt;Trois élections, toutes les trois libérales. M. Thiers est nommé deux fois. 2e séance de l’assemblée le 13. Garibaldi, par une lettre fort digne au président, déclare ne pas accepter le mandat de député. Jules Favre, dans un discours simple, noble et élégant, remet, en son nom et au nom de ses collègues de la défense nationale, le pouvoir entre les mains de l’assemblée. &lt;br /&gt;Il demande à repartir pour Paris où il va traiter de la prolongation de l’armistice : il la veut courte, car les souffrances des pays envahis sont extrêmes. A la fin de la séance, Garibaldi veut parler. Insulte effroyable dans les tribunes : le président les fait évacuer. Et on est encore qu’à la 2e séance ! Rien d’officiel encore sur les élections de Paris, mais il est sûr qu’elles sont honteuses ! La paix, la paix ! Il nous la faut !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(39) Les républicains étaient vainqueurs à Paris, dont faisait partie Georges Clemenceau, né le 28-9-1841 à Mouilleron en Pareds. Le jeune comte de Brayer a pourtant voté pour des républicains lui-même, mais en choisissant des modérés parmi eux.&lt;br /&gt;(40) Denys Benoist d’Azy a 75 ans et il est le grand-père de Marie Benoist-d’Azy qui fut enterrée dans la tombe de Marcel de Brayer en 1933 au cimetière Montmartre de Paris. Mais ceci est une autre histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeudi 16 février : fin des notes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Emmanuel FRANCOIS&lt;br /&gt;Février 2011&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-5756296327974356705?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/5756296327974356705/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/02/journal-du-maire-de-st-andre-goule-doie.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/5756296327974356705'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/5756296327974356705'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/02/journal-du-maire-de-st-andre-goule-doie.html' title='Journal du maire de St André Goule d’Oie en février 1871 (suite)'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-2614086220654015829.post-6104181792550769049</id><published>2011-01-05T17:17:00.001Z</published><updated>2011-01-05T17:17:14.508Z</updated><title type='text'>Journal du maire de St André Goule d’Oie en janvier 1871</title><content type='html'>Marcel de Brayer, le jeune maire de la commune, âgé de 28 ans, avait été élu au conseil municipal de St André Goule d’Oie en août 1870. Le projet de construction d’un nouveau château à Linières et son implication dans les affaires de la commune le ramènent alors fréquemment en Vendée. De plus, la ville de Paris est assiégée par les Prussiens depuis la mi-septembre 1870, et il est plus sage de rester en province.&lt;br /&gt;Après la déclaration de la guerre de 1870 en juillet dernier, la France a été aussitôt envahie et son armée a perdu les batailles de Metz et de Sedan. Napoléon III a été fait prisonnier et ses adversaires politiques en ont profité pour installer à sa place un gouvernement provisoire de Défense Nationale, le 4-9-1870. Les modérés comme Thiers et les royalistes n’en font pas partie. Le gouverneur de Paris, le général Trochu, en est le président. Les républicains qui le constituent ont pour nom : Jules Favre, Camille Pelletan, Garnier-Pagès, Rochefort, Arago, Gambetta, Jules Simon, Ernest Picard, etc., Animés par le souvenir de la victoire de Valmy en 1792, ils prônent la guerre à outrance contre l’envahisseur. Mais la volonté de se battre n’est pas partagée par tout le monde.&lt;br /&gt;Chaque soir, Marcel de Brayer note dans son carnet intime les évènements marquants de ses journées en janvier et février 1871. Les évènements de la guerre y tiennent une très grande place. Les historiens y trouveront la confirmation de ce qu’ils savent déjà au plan national. Mais il est intéressant de découvrir la sensibilité politique particulière de ce jeune vicomte parisien à St André Goule d’Oie. On sait qu’il n’habite pas à Linières à ce moment-là, à cause des travaux préparatoires, où on démolit pour reconstruire ensuite un nouveau château. Il habite dans une maison de village avec son grand-oncle, le peintre Amaury-Duval, près du bourg et de Linières. Probablement une dans une de ses métairies proches de Linières : la Mauvelonière, les Noues ? Des proches lui écrivent (les premiers ballons permettent de passer les lignes ennemies) et il reçoit des dépêches télégraphiques et des journaux.&lt;br /&gt;Une révolte de « jusqu’au boutistes » contre les autorités parisiennes est réprimée le 22 janvier. En province et autour de Paris, les généraux français Bourbaki, Clinchant, Chanzy, Faidherbe, Garibaldi, Vinoy, Le Flô, etc. perdent leurs batailles. L’armistice est conclu le 28 janvier 1871 avec la reddition de Paris et la cessation des hostilités. Le chancelier allemand Bismarck a exigé des élections pour traiter avec un gouvernement régulier. Jules Favre, qui a conclu l’armistice, néglige d’avertir Gambetta que l’armée de l’Est (général Clinchant) en est exclue. Celle-ci, brusquement attaquée, se réfugie en Suisse où elle y est désarmée.&lt;br /&gt;Les élections au scrutin de liste départementale du 8-2-1871 désavouèrent les républicains, sauf à Paris. La majorité est nettement monarchiste, mais divisée. La nouvelle assemblée accepta le nouvel armistice du 26 février, puis le traité de Francfort du 10 mai 1871, et réserva la question du régime à donner au pays pour plus tard. &lt;br /&gt;Nous reproduisons le texte original du jeune maire pour la période du 1e janvier au 31 janvier 1871, dans un premier temps :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dimanche 1e janvier&lt;br /&gt;Triste journée : qu’elle doit être lugubre à Paris ! Le journal ne contient aucune nouvelle. J’ai la visite de plusieurs métayers, des hommes de Linières, où je vais passer une partie de l’après midi. Il fait un temps triste et froid. Cette année 1871, que nous réserve-t-elle ? Verrons nous bientôt finir les calamités qui nous accablent, et la paix faite, aurons nous assez de repos, dans cette France remuée par des révolutions sans nombre, préludes certains de révolutions nouvelles ?&lt;br /&gt;Lundi 2 janvier&lt;br /&gt;J’attends aujourd’hui à Linières six blessés. La commune m’a fourni quatre lits, je m’engage de tout le reste. Le journal nous apporte une triste nouvelle : la reprise par les Prussiens du plateau d’Avron. On dit Paris calme, mais attristé par cet échec. Mes blessés n’arrivent pas. De retour à St Fulgent, mon oncle m’apprend que Chauvin (1) le maire, a reçu de la préfecture des Deux-Sèvres une lettre ainsi conçue et qui lui était envoyée par la préfecture de la &lt;i&gt;Vendée : « Prière de nous informer si M. Marcel de Brayer est toujours maire de St Fulgent, et dans le cas contraire s’il l’on sait ce qu’il &lt;/i&gt;est advenu » Qu’est-ce que cela veut dire ? Nous dînons chez les Grandcourt. (2)&lt;br /&gt;Mardi 3 janvier&lt;br /&gt;C’est aujourd’hui que s’ouvre à Londres la conférence sur la question de la neutralité de l&lt;i&gt;a Mer Noir&lt;/i&gt;e. Le Siècle (3) nous apprend que Jules Favre (4), qui doit y représenter la France, a reçu un sauf-conduit du roi de Prusse. Peut-on espérer quelque chose de bon pour nous de cette conférence ? On le croit généralement. Pour ma part, je crois que les Prussiens ne traiteront jamais tant que Paris n’aura pas capitulé, à moins qu’on ne parvienne à les déloger de leurs positions, ce dont je doute. Faire la paix devant Paris, sans y entrer, équivaudrait pour eux à une véritable défaite, ils sont encore trop forts pour s’y résigner.&lt;br /&gt;Mes blessés (5) arrivent à Linières. Ils sont très bien moralement, et au point de vue de la tenue, mais physiquement les pauvres gens sont bien hypothéqués, et pourtant ce sont des convalescents ! Un seul est légèrement blessé au pied, celui-là a l’air vraiment distingué. Il n’a que 18 ans. Le plus jeune a 16 ans, il s’est sauvé de la Lorraine pour s’engager, certainement il serait mort de faim. C’est un enfant. Il est comme les quatre autres, atteint de douleurs et littéralement fourbus. Je les fais causer, ils se plaignent de l’incapacité des chefs et du peu de bravoure de quelques un d’entre eux. En général, ils en ont assez.&lt;br /&gt;Mercredi 4 janvier&lt;br /&gt;Temps magnifique, c’est presque une journée de printemps. Ah si l’on avait l’esprit calme ! Je reçois, pour le faire afficher à la mairie, le discours prononcé à Bordeaux par Gambetta (6) le premier de l’an. Toujours la m&lt;i&gt;ême emphase : « Les hommes au pouvoir peuvent se tromper, mais la République e&lt;/i&gt;st immortelle ! » Quel gouvernement, depuis le commencement de ce siècle, ne s’est pas entendu proclamer immortel ! Tout le reste est à l’avenant. Quand donc aurons-nous en France des hommes politiques sérieux. Jamais plus qu’en ce moment suprême, ils ne nous ont fait défaut. Les Prussiens continuent à bombarder les forts de Rosny, Nogent et Noisy. Ils ont ouvert le feu sur Bondy. Leur objectif doit être Romainville et Bagnolet, d’où l’on domine tout Paris. Je passe ma journée à Linières, à causer avec mes blessés. Décidément le soldat, comme le voyageur, est éminemment blagueur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jeudi 5 janvier&lt;br /&gt;Lettre de Girardin (7) à Gambetta : il lui propose un plan qui consiste à réunir en une seule armée tout ce que nous possédons de vrais soldats, à livrer bataille, le vaincu, quel qu’il soit, devant subir, quelle qu’elle soit, la loi du vainqueur. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(1) Léon Chauvin, maire de St Fulgent, de tendance libérale et ancien conseiller général.&lt;br /&gt;(2) Châtelains de St Fulgent, cousins de Marcel de Brayer par alliance.&lt;br /&gt;(3) Quotidien, de tendance républicaine depuis 1848.&lt;br /&gt;(4) Ministre des affaires étrangères du gouvernement de la Défense Nationale.&lt;br /&gt;(5) Rapatriés du front ou des hôpitaux et reçus par des particuliers pour leur convalescence.&lt;br /&gt;(6) Ministre de l’intérieur et de la guerre, il s’est échappé de Paris en ballon pour organiser la lutte.&lt;br /&gt;(7) Emile de Girardin, homme politique libéral (1806-1881), propriétaire de journaux. Il épousa en premières noces Delphine Gay, fille de Sophie Gay, une femme de lettes reconnue et très liée aux parents de Amaury-Duval (ce dernier a peint Mme de Girardin). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les journaux anglais sont fort violents à l’égard de l’affaire de Duclair (navire anglais coulé dans la Seine par les Prussiens). Je doute que le gouvernement s’en émeuve beaucoup. Le Général Faidherbe a, paraît-il, remporté une victoire sous Bapaume : les Prussiens auraient fait des pertes énormes (Pas de Calais). Le temps est triste : je vais à Linières.&lt;br /&gt;Vendredi 6 janvier&lt;br /&gt;Le journal ne contient aucune nouvelle. Seulement dans le Siècle, violente attaque contre Trochu (8) : voilà déjà l’impopularité qui commence pour lui. Quel peuple nous sommes grand Dieu ! Eugène (9) vient voir nos blessés à Linières ; nous allons ensuite faire courir ses chiens autour de Linières. Dégel, temps sombre. Quelle vie d’exil nous menons !&lt;br /&gt;Samedi 7 janvier&lt;br /&gt;Le journal est muet. Le temps est affreux. Je vais m’enfermer à Linières et j’y passe seul la journée.&lt;br /&gt;Dimanche 8 janvier&lt;br /&gt;Article de M. Ratisbonne (10), tiré des Débats (11) : il a été écrit après la reprise d’Avron. Ce doit être l’expression des sentiments de la partie sage de la population parisienne. Pas d’illusions, dit-il, ou nous forgerions par des espérances imaginaires, dont on se réveille en criant à la trahison. Craignons les énergumènes et la guerre civile. Le bombardement commence, restons calmes mais envisageons froidement notre situation. Le temps est superbe, nous allons à Linières, mon oncle et moi. Mes blessés engraissent à vue d’œil. Nous avons reçu une lettre de Victor (Giotto) (12). Il voudrait venir nous rejoindre et nous demande quel chemin prendre. Je ne vois que la mer ! Et nous sommes en France !&lt;br /&gt;Lundi 9 janvier&lt;br /&gt;Proclamation de Trochu assez pâle. Il affirme que le gouvernement n’est nullement divisé, en réponse à un bruit qui attribuerait à Picard (13) des idées d’accommodement avec l’ennemi. Paris est las et veut tenter un grand coup. Le bombardement des forts de l’Est continue.Le temps est affreux, je vais seul à Linières.&lt;br /&gt;Mardi 10 janvier&lt;br /&gt;Je fais mes comptes du mois dernier : quelle économie de vivre ici ! Le journal ne nous apporte que quelques commentaires des nouvelles d’hier. La conférence attend Jules Favre qui jusqu’ici refuse. Affreux temps. Seul à Linières. &lt;br /&gt;Mercredi 11 janvier&lt;br /&gt;Le courrier nous apporte la nouvelle de l’évacuation du Mans par les Français. Ce serait bien grave. Le journal n’en dit rien, mais il annonce deux forts engagements à quelques lieues du Mans, dont on ignore le résultat et qui pourrait rendre cette nouvelle vraisemblable. Article des Débats suppliant Trochu de ne pas écouter les conseils des exaltés qui demandent une action générale « Il faut attendre que les armées de province viennent délivrer Paris ». Hélas ! Quant à Jules Favre, il refuse, paraît-il, de se rendre à la conférence. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(8)Président du gouvernement provisoire de Défense Nationale et gouverneur de Paris.&lt;br /&gt;(9)Eugène de Grandcourt (1834-1883), avocat à Nantes, s’occupait du domaine de Linières. Il    était le fils de Agathe Martineau, une cousine de Guyet-Desfontaines (grand-père par alliance de Marcel de Brayer et beau-frère de Amaury-Duval.)&lt;br /&gt;(10)Louis Ratisbonne, littérateur et journaliste au Journal des Débats.&lt;br /&gt;(11)Journal des Débats, de tendance modérée, ne croyait pas à la possibilité d’échapper à l’armistice et craignait les débordements révolutionnaires. Un de ses rédacteurs, Silvestre de Sacy (1801-1879), était un grand ami des Guyet-Desfontaines et d’Amaury-Duval (dont il a peint le portrait), ainsi que ses directeurs successifs : Louis, Armand et Edouard Bertin, (portrait de Mme Edouard Bertin, belle-fille de Louis, par Amaury-Duval).&lt;br /&gt;(12)Victor Cesson, artiste peintre, est ami de Marcel de Brayer et élève d’Amaury-Duval.&lt;br /&gt;(13)Membre du gouvernement de Défense Nationale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il a raison à mon sens, pour 3 causes. 1° L’Europe verra ainsi quelle confusion jette dans ses affaires l’absence de la France. 2° Nous avons besoin de l’appui, au moins moral, des puissances étrangères. En donnant raison à l’Angleterre, nous nous aliénons la Russie, et réciproquement. 3° Enfin, si l’on doit s’occuper de nous dans la conférence, on le fera mieux, nous n’y étant pas. Jules Favre mettrait, d’après les on-dit, comme condition à son départ pour la conférence, la reconnaissance par l’Angleterre, de la République française. J’avoue que rien ne justifie cette prétention. La République existe de fait et non de droit. Ce que les puissances étrangères peuvent seulement reconnaître, c’est un gouvernement provisoire, tirant de l’assentiment général bien que tacite de la France, un pouvoir assez fort pour s’engager en son nom. Voilà tout. Le temps est glacé, je vais avec mon oncle à Linières.&lt;br /&gt;Jeudi 12 janvier&lt;br /&gt;Bien mauvaises nouvelles aujourd’hui. Les bombes atteindraient, dans Paris, tout le quartier du Panthéon. Le fort d’Ivry serait réduit au silence et celui de Rosny occupé par les Prussiens. Je reçois une lettre de Paris dans laquelle on me dit que l’on mange des chiens, des chats, des rats, mais que l’on est plein de courage. Cette lettre est datée du 31 décembre. Quant au Mans, on dit bien qu’il est évacué par les Français, mais on ne donne aucun détail. Un métayer à moi qui en revient, ayant voulu y aller voir son beau-frère soldat, nous raconte qu’il n’a pas pu approcher de la ville, que c’était un vrai sauve-qui-peut, et qu’on y parlait d’une défaite essuyée par nous, dans laquelle la cavalerie ayant lâché pied, aurait laissé massacré les nôtres. Qu’y a t il de vrai dans tout cela ? &lt;br /&gt;Le temps est magnifique, bien que très froid. Je vais passer la journée à Linières avec mon oncle. J’y reçois la visite des gendarmes de St Fulgent qui viennent voir mes blessés.&lt;br /&gt;Vendredi 13 janvier&lt;br /&gt;Les nouvelles de Paris sont terribles. Le bombardement a commencé dans la nuit du 8 au 9. Une pluie de projectiles, quelques obus énormes (94 k.), a été lancée sur la partie de la ville qui s’étend des Invalides au Muséum : un obus par intervalle de 2 minutes !  ( ?)  a été atteint ! Eglises, maisons particulières, ambulances, musée du Luxembourg. Le ministre des affaires étrangères a envoyé une protestation contre le bombardement que n’a précédé aucune des sommations d’usage. La dépêche ajoute : « Population raffermie par heureuses nouvelles de province, dont l'effet a été immense. Elle supporte l’épreuve sans bouger ». Quelles sont ces nouvelles ? Qu’est-ce que cela veut dire ? C’est indigne ! Est-ce de Chanzy qu’on veut parler et de son armée qui vient d’être battue au Mans le 10 ? Pourquoi tromper ainsi la France et jeter dans les cœurs des illusions irréalistes. Nous avons reçu des chimères depuis le commencement de cette guerre, et c’est là, là seulement, la cause de tous nos malheurs. Ah ! Quels comptes les hommes aujourd’hui au pouvoir auront à rendre un jour ! Mon oncle est malade de douleurs rhumatismales ; pour moi, je vais à Linières par un beau temps de gelée. Soirée bien triste. Il me semble que j’entends toute cette pluie de bombes sur mon cher Paris !&lt;br /&gt;Samedi 14 janvier&lt;br /&gt;Le journal nous apporte la nouvelle de la retraite de l’armée de Chanzy après une bataille de 2 jours sous les murs du Mans. Les mobilisés de Bretagne ont, paraît-il, lâché pied et accéléré la défaite. O folle République, qui croit faire des soldats en quelques jours et les opposer aux meilleures troupes de l’Europe avec l’ombre d’un succès ? Quand te débarrasseras-tu des rêves de grandeur, pour voir enfin clairement que les temps sont changés ? On pourra dire des républicains de nos jours ce que l’on disait des légitimistes de 1815 : ils n’ont rien appris et rien oubliés ! Mais hélas combien cette ignorance et ces souvenirs nous aurons coûté cher ! &lt;br /&gt;Il fait un temps de givre admirable, c’est féerique. Je vais faire une grande promenade à pied autour de Linières. Où est le temps où dans ces promenades solitaires, je m’amusais à rimer mes pauvres petites odes, et si les cauchemars qui m’oppressent sans répit maintenant, semblaient ne devoir jamais cesser d’occuper ma pensée.&lt;br /&gt;Dimanche 15 janvier&lt;br /&gt;Le journal ne nous apporte aucune nouvelle. Il contient seulement une lettre de Girardin revenant sur les conseils qu’il a dernièrement donnés au gouvernement, qui s’empresse peu de les suivre. J’ai reçu une lettre de Martineau (14) qui voit passer sans cesse à Marans des mobilisés des départements voisins : ils sont mal chaussés, mal vêtus, armés de fusils à piston. On les dissémine dans les villages au lieu de les rassembler dans ce fameux camp de la Rochelle, général Detroyat (15), qui devrait contenir 250 000 h. et dont les baraquements ne suffisent pas à mille. &lt;br /&gt;Je passe une partie de la journée à la mairie, à St André, et quelques instants à Linières. Le temps est froid et glacé. Quel hiver !&lt;br /&gt;Lundi 16 janvier&lt;br /&gt;Le courrier nous apprend qu’une dépêche affichée à Montaigu contient la nouvelle de l’incendie du faubourg St Germain. Je me méfie un peu de cette sorte de renseignements. Le journal n’en dit rien : quelques détails peu importants sur le bombardement, la prise de Péronne par les Prussiens. Les journaux anglais demandent tous l’intervention de leur gouvernement en faveur de la paix. &lt;br /&gt;Je vais à Linières. Dégel.&lt;br /&gt;Mardi 17 janvier&lt;br /&gt;Dieu merci, la nouvelle du courrier d’hier n’était pas vraie : le bombardement cause des dégâts et fait des victimes, mais il n’y a encore pas eu d’incendie ! Le journal contient seulement une troisième lettre de Girardin, où il démontre de nouveau l’urgence d’adopter immédiatement son plan, la guerre après la reddition de Paris devenant impossible à continuer. Nous allons faire une grande promenade à fond, mon oncle et moi dans la journée. Le temps, qui a été affreux toute la matinée, s’est seulement levé vers 3 heures ; nous en avons profité.&lt;br /&gt;Mercredi 18 janvier&lt;br /&gt;Le journal est intéressant aujourd’hui. Il contient deux articles, l’un de Lampuy intitulé la dictature de l’incapacité, et un autre de la Patrie (16) dont le sens légitimiste est curieux de la part de ce journal. Tous les deux forts violents contre Gambetta. Une dépêche venant de Versailles et par conséquent prussienne me semble importante : elle annonce « que l’Autriche voudrait, dans la conférence, poser des bases de paix et que la Prusse ne s’y refuserait pas. » Quant à cette conférence, elle a du tenir une première séance préparatoire hier à Londres, et s’ajourner jusqu’à l’arrivée de Jules Favre. Ce dernier ira-t-il, on ne sait encore rien ? Je vais à Linières. Assez beau temps dans la journée.&lt;br /&gt;Jeudi 19 janvier&lt;br /&gt;La seule nouvelle importante est une proclamation de Jules Favre dans laquelle il dit que l’Angleterre reconnaissant le nouvel état politique de la France, cette dernière doit être représentée à la conférence, et qu’il s’y rendra dès que la situation de Paris le permettra. Cette phrase est fort vague. &lt;br /&gt;Je vais à midi à une réunion des maires du canton pour arrêter en commun la liste départementale du jury. De là, à Linières avec mon oncle Amaury. Ce soir Charles de Grandcourt (17) vient nous voir et nous annonce une grande sortie à Paris.&lt;br /&gt;Vendredi 20 janvier&lt;br /&gt;Le journal ne dit pas un mot de la grande sortie, mais il annonce que Bourbalki, après une bataille dans laquelle toutes ses forces étaient engagées, n’a pas pu parvenir à rompre les lignes ennemies. Toujours la même chose ! Les optimistes comptaient sur lui parce que les Prussiens le laissaient s’avancer afin de mieux masser leurs troupes. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(14) Comme les de Grandcourt, c’est un cousin de Guyet-Desfontaines, son grand-père maternel par alliance.&lt;br /&gt;(15) Léonce Detroyat, ancien officier de marine, fut appelé par Gambetta à commander le camp de La Rochelle&lt;br /&gt;(16) La Patrie, journal de tendance conservateur&lt;br /&gt;(17) Charles de Grandcourt (1839-1918), cousin d’Eugène, était le fils de Adèle Martineau, cousine de Guyet-Desfontaines. Il se présenta aux élections législatives de 1877, sous la bannière de la gauche. Maire de St Fulgent de 1885 à 1900&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On voyait déjà Belfort débloqué et les communications avec l’Allemagne coupées à l’ennemi ! Je vais à Linières avec mon oncle.&lt;br /&gt;Samedi 21 janvier&lt;br /&gt;Il est arrivé au général Faidherbe, près de St Quentin, à peu près la même chose qu’à Bourbaki. Il est arrêté par des forces supérieures. La Prusse, d’après une dépêche de Berlin, ne ferait la paix qu’après la capitulation de Paris, et sur demande de la France. Quant à Gambetta, il a dit à Rennes : « aucun revers ne peut nous décourager, attendons la fin de l’hiver ! » Où sera-t-il à la fin de l’hiver ? Au train où les Prussiens marchent, la délégation ne pourra pas rester longtemps à Bordeaux, et alors ! Quelle folie ! Nantes est en proie à la panique : les idées de résistance y faiblissent beaucoup. Pauvres hommes ! Pauvre pays ! Nous allons à Linières, mon oncle et moi.&lt;br /&gt;Dimanche 22 janvier&lt;br /&gt;Tours est occupé par les Prussiens. Plusieurs sorties ont été faites devant Paris, partout repoussées. Les dépêches françaises n’en parlent pas, mais les dépêches prussiennes. L’Autriche, d’après ces dernières, se préparerait à une médiation entre la France et l’Allemagne. La conférence a tenu sa première séance mardi dernier. Lord Granville y a déploré l’absence de Jules Favre. &lt;br /&gt;Je vais à Linières. La panique gagne St Fulgent ! On est à la recherche d’un soi-disant espion qui s’informe de la fortune des habitants etc. etc. etc…Folie !&lt;br /&gt;Lundi 23 janvier&lt;br /&gt;Aucune nouvelle de la guerre. La France (18), à laquelle Eugène s’est abonné et qui arrive aujourd’hui pour la 1e fois, parle d’une pétition qui se signe à Bordeaux, demandant le départ des hommes mariés et de tout individu de 20 à 40 ans, quelle que soit sa position. L’infirmité ou la maladie seraient les seuls cas d’exemption. Mon oncle et moi, nous allons à Linières. Magnifique temps de printemps.&lt;br /&gt;Mardi 24 janvier&lt;br /&gt;Sortie de Paris du côté du Mt Valérien. On n’en sait pas le résultat. Dijon attaqué par les Prussiens. Lens a résisté, sous le commandement de Garibaldi. La France annonce comme imminent un décret appelant tous les hommes de 20 à 40 ans sous les armes. Quelle rage de levées ! On estime à un million douze cent mille hommes l’effectif armé de la France, et l’on n’en a pas assez ! Comme si c’était le nombre des soldats, et surtout de pareils soldats, qui décidaient de la victoire. Ce sont les chefs qui nous manquent, qui nous ont manqué, qui nous manqueront toujours dans cette malheureuse guerre, parce qu’il n’est plus temps d’en former ! Eugène qui a été hier à Nantes revient ce soir et nous donne quelques nouvelles. La sortie de Paris a été encore une fois repoussée. Nantes commence à ne pas vouloir se défendre. On y est furieux contre la marche des choses et c’est contre Gambetta. On dit qu’à Versailles on désire la paix, que la misère est immense en Allemagne. On prête à Chanzy deux plans : le premier, de se retirer vers Cherbourg et d’y embarquer ses troupes pour les débarquer où il le jugerait à propos. Le second, de marcher sur Nantes, d’y traverser la Loire et de porter la guerre en Vendée. On s’attend à une bataille du coté de Redon. Le pauvre Victor nous a écrit ; après avoir quitté son pays envahi, il est arrivé à Lille, espérant que son infirmité serait une exemption, il a vite passé à la révision et a été déclaré bon ! Par dessus le marché, injurié, bousculé, manquant de tout.&lt;br /&gt;Mercredi 25 janvier&lt;br /&gt;Le journal donne quelques détails sur la sortie de Paris. Le général Le Flô avait été nommé gouverneur de Paris, avant le départ de Trochu, ce qui indiquerait cette fois le projet, chez ce dernier, de ne pas rentrer dans Paris. L’armée s’est d’abord emparée de Montretout, La Jonchère et Buzenval. Il lui a fallu quitter toutes ces positions et rentrer sous le feu du mont Valérien. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(18) Journal acheté par Emile de Girardin, de tendance gauche libérale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je fais vacciner à la mairie toute la commune de St André, on arrive en masse. L’épidémie variolique fait d’affreux ravages tout autour de nous ; à St Fulgent, à St André, un enterrement, quelquefois deux, trois, chaque jour ! (19)&lt;br /&gt;Jeudi 26 janvier&lt;br /&gt;Long rapport de Jules Favre aux agents diplomatiques à l’étranger sur les démarches faites auprès de lui par lord Granville pour lui faire accepter de se rendre à la conférence. Il ressort de ce rapport la ferme intention émise par Jules Favre de poser la question de la paix devant la conférence. Curieuse citation d’une lettre de Gambetta où il lui dit : « Dans l’intérêt de notre cause il le faut ». Jules Favre se rendra en Angleterre quand la position de Paris le permettra. Le roi de Prusse a été acclamé empereur d’Allemagne par les princes et l’armée dans la grande galerie des glaces à Versailles. O Louis XIV, qu’en dis-tu ? Que de nœuds se lient en ce moment en Europe, qu’il faudra que la France dénoue si elle veut vivre. Que de prudence, de patience, de sagesse il lui faudra pour arriver à ce but. Ces vertus là, les aura-t-elle jamais ? Au moins ce but sera clair, net et précis, c’est beaucoup pour l’esprit français. &lt;br /&gt;Je vais à Linières avec mon oncle par un temps glacé.&lt;br /&gt;Vendredi 27 janvier&lt;br /&gt;Le journal nous apporte une étrange nouvelle. M. de Bismarck refuse à Jules Favre son sauf-conduit. La nouvelle arrive par l’Angleterre. On semble douter de sa véracité. Pour ma part, je n’ai aucun doute, elle n’est nullement fausse. Ce n’est pas au moment où Paris va se rendre que M. de Bismarck en laissera sortir Jules Favre. Le procédé est violent, mais c’est de la politique à la prussienne. Le télégraphe apporte aussi de Munich un fragment de discours prononcé à la chambre par le premier ministre bavarois, à propos des subsides nouveaux demandés pour la continuation de la guerre. Le discours est très pacifique : depuis Sedan, y est-il dit, la guerre n’a plus d’objet. C’est l’opinion de la Bavière et de ses alliés qui ne laisseront passer aucun moyen de la faire cesser. Le Wurtemberg est du même avis. Belles paroles, mais à quand les faits ?&lt;br /&gt;Samedi 28 janvier&lt;br /&gt;Nouvelles de Paris : il y règne une assez vive agitation. On demande que Trochu se démette de ses fonctions de général en chef : il n’a pas réussi. La nouvelle de la retraite de Chanzy, le peu de succès de la sortie, commencent à jeter l’alarme. C’est le commencement de la fin. Le temps est toujours glacé : quel hiver ! Rien à donner aux bestiaux, on en abat chaque jour. Disette bientôt, guerre sans fin ! Quelle année !&lt;br /&gt;Dimanche 29 janvier&lt;br /&gt;Eugène entre dans ma chambre, ce matin, m’apportant de bien tristes nouvelles, que le journal ne tarde pas à confirmer. Les énergumènes à Paris se sont portés sur Mazas (20), y ont libéré Flourens (21) et compagnie, ont voulu, sans y parvenir, s’emparer de la mairie du XXe arrondissement, ont ensuite envahi la place de l’hôtel de ville : fusillades aussitôt de toutes parts. La garde nationale les a enfin mis en fuite. Trochu a donné sa démission de général en chef. Il est remplacé par Vinoy, lequel a fait une proclamation bien découragée. Le titre de gouverneur de Paris est supprimé. Trochu reste seulement président de la défense nationale. Détails navrants sur la dernière sortie : Henri Regnault (22) a disparu ! Lettre (dans la France) de Jules Simon (23) recommandant aux préfets de rassembler farine, bestiaux etc. pour le moment où Paris pourra les recevoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(19) De décembre 1870 à mars 1871 il y a eu 59 décès à St André, soit 4 fois plus en moyenne, qu’en temps normal sur une même période de quatre mois. En janvier : 22 décès !&lt;br /&gt;(20) Ancienne prison de Paris, située en face de la gare de Lyon.&lt;br /&gt;(21) Universitaire et militant républicain virulent. Il fut emprisonné, après avoir organisé une émeute parisienne le 31-10-1870, reprochant la mollesse des autorités. &lt;br /&gt;(22) Petit-fils d’une cousine d’Amaury-Duval, mort le 19 janvier 1871 lors de la bataille de Buzenval&lt;br /&gt;(23) Membre du gouvernement de Défense Nationale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Rien de triste comme cette lettre. Quant à M. de Bismarck, il a fait savoir les raisons pour lesquelles il refusait le sauf-conduit à Jules Favre. Elles sont au nombre de deux. 1° Le gouvernement de la défense nationale n’a pas autorité pour traiter au nom de la France, l’envoyé de la Prusse à la conférence n’aurait pas traité avec Jules Favre. 2° (c’est la vraie raison, j’en étais sûr à l’avance) M. Jules Favre ne peut pas se soustraire aux conséquences d’une situation qui est en partie son ouvrage. C’est à dire, en d’autres termes, je vous tiens, je ne veux pas vous lâcher. Et il y a des gens qui disent que l’état moral du monde est en progrès ! Les hommes seront toujours les mêmes, bien fou qui se fait illusion sur eux !&lt;br /&gt;Lundi 30 janvier&lt;br /&gt;Il est dit que cette malheureuse guerre ne sera jusqu’au bout qu’un long coup de théâtre. On lisait parmi les dépêches de Bordeaux du 27 janvier 6h30 du soir ce passage qui, est cité intégralement : « La délégation du gouvernement est informée par ses agents à l’étranger, que le Times (24) publie, sur la foi de ses correspondants, que des négociations auraient été entamées entre Paris et Versailles, au sujet du bombardement de Paris et d’une prétendue reddition éventuelle de la capitale. La délégation du gouvernement n’accorde aucun crédit à ces allégations du correspondant du Times, car il est impossible d’admettre que des négociations aient été entamées sans que la délégation en ait été avertie au préalable. Les ballons arrivés jusqu’à présent, n’ont rien fait prévoir de semblable ». Aujourd’hui j’ouvre le journal et j’y lis en grosses lettres : dépêche télégraphique, Versailles 28 janvier 11h15 du soir. M. Jules Favre, ministre des affaires étrangères à la délégation de Bordeaux : « Nous signons aujourd’hui un traité avec M. le comte de Bismarck. Un armistice de 21 jours est convenu : une assemblée est convoquée à Bordeaux pour le 15 février. Faites connaître cette nouvelle à toute la France, faites exécuter l’armistice et convoquez les électeurs pour le 8 février. Un membre du gouvernement va partir à Bordeaux. » Cette nouvelle arrive comme un coup de foudre. La première impression est la joie. C’est un commencement d’accord, un acheminement vers la paix. Mais comment tout cela est-il arrivé, d’où vient que cet armistice si opiniâtrement refusé est aujourd’hui si rapidement conclu ? Ici les inquiétudes commencent : les optimistes y voient l’influence de la misère, du découragement en Allemagne, une injonction des puissances neutres. Pour ma part je ne vois pas les choses ainsi : ce n’est pas au moment où Paris va lui tomber dans la main que M. de Bismarck ira s’occuper des cris de détresse de l’Allemagne et des réclamations des neutres ; encore quelques jours, leur répondrait-il, et mon œuvre est complète, quelques jours qu’est-ce que cela après six mois d’une guerre acharnée ! Il faut que Paris se soit rendu ! Nous verrons cela demain ! Quatre de mes blessés me font leurs adieux, ils partent pour Napoléon (25) où l’intendant les appelle.&lt;br /&gt;Mardi 31 janvier&lt;br /&gt;Le journal me donne pleinement raison. Paris a capitulé, ses forts ont été occupés le 29 à midi par les Prussiens. L’armée est prisonnière de guerre dans la ville et a déposé le même jour 29 les armes. La garde nationale conserve les siennes. Différentes dépêches de Lyon, Bordeaux, signalent une grande animation, les résolutions insensées de quelques fous de continuer la guerre. Il est vrai que toutes ces manifestations ont eu lieu avant qu’on sut que Paris avait capitulé. &lt;br /&gt;Ici à St André, le paysan et le petit bourgeois concluent en disant : tout cela, c’est des trahisons ! Voilà le mot de la France dans ses défaites. Jules Favre et Trochu malheureux sont des traîtres ! Pauvre pays. Je fais transplanter à Linières un gros noyer près de l’allée qui descend à la pièce d’eau. Je passe toute ma journée à Linières. L’agent voyer vient sur le chantier de la route nouvelle. Je passe quelque temps avec lui. Qu’apprendrons-nous demain ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(24) grand quotidien anglais&lt;br /&gt;(25) nom de la Roche sur Yon à l’époque&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/2614086220654015829-6104181792550769049?l=www.linieres-saint-andre.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://www.linieres-saint-andre.com/feeds/6104181792550769049/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/01/journal-du-maire-de-st-andre-goule-doie.html#comment-form' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/6104181792550769049'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/2614086220654015829/posts/default/6104181792550769049'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://www.linieres-saint-andre.com/2011/01/journal-du-maire-de-st-andre-goule-doie.html' title='Journal du maire de St André Goule d’Oie en janvier 1871'/><author><name>FRANCOIS</name><uri>http://www.blogger.com/profile/09210350988092793386</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='32' height='24' src='http://4.bp.blogspot.com/_LeBIalz0iro/S1CRb4bWhcI/AAAAAAAAAAM/FppcEvKumn0/S220/Emma+04.jpg'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
