mercredi 1 avril 2015

Le manoir de la Mancellière à Saint-André-Goule-d’Oie


En quittant le village du Coin, en direction du bourg de Saint-André-Goule-d’Oie, la route traverse un plateau, où il y a encore peu de temps des haies entouraient les champs et les prés, formant un paysage typique de bocage. Puis le remembrement des parcelles s’est occupé à faire disparaître la plupart des haies, oubliant ce que la terre cultivée doit aux arbres. Néanmoins, au milieu de cette nudité nouvelle du paysage, la ligne d’horizon parait rapprochée. Les arbres ont disparu, mais on garde l’impression d’un espace à la mesure de l’homme.  Le ciel y parait plus présent, avec l’infinie diversité de ses formes, de ses couleurs et de sa lumière.


Un manoir et un village disparus


Jusqu’à la Jaumarière, la chaussée aurait pu suive un tracé rectiligne, mais elle a gardé les légères courbes héritées de l’ancien chemin de Saint-Georges à Saint-André-Goule-d’Oie, tracées dès les premiers défrichements. Cinq cent mètres après les dernières maisons du Coin, une petite route sur la droite conduit au village de la Mancellière en quelques centaines de mètres. On l’emprunte juste après les maisons qui appartenaient autrefois au village aujourd’hui disparu, appelé le Puy Asselin. Un grand étang, quelques maisons aux façades blanches, de vastes bâtiments d’exploitation agricole, certains dédiés à l’élevage « hors sols » comme on dit près des usines Arrivé, la Mancellière ressemble aux villages des environs. Et pourtant s’élevait en ces lieux autrefois un manoir, ayant donné son nom à une seigneurie.

En continuant la route vers Saint-André, se trouvaient sur son côté droit les habitations des Petites Mancellières, dans un virage à droite où débouche un chemin venant de la Mancellière. Plus rien ne subsiste, et même le cadastre de 1838 ignore le lieu. Au nord, ce fief était bordé des landes du Peux. D’ailleurs, avec les bois, celles-ci occupaient la partie la plus importante de ce plateau aujourd’hui entièrement voué à l’agriculture. Dans le texte le plus ancien connu à son sujet, un aveu de 1514, les Petites Mancellières comprenaient 2,5 journaux de pré (1,5 ha), 8 journaux de vigne (près de 0,33 ha), et 5 à 6 septrées (10 à 12 ha) de terres cultivables (1).

Le propriétaire des Petites Mancellières était alors Christophe Bruneau, seigneur de la Rabatelière. Fils de Nicolas, Christophe Bruneau se maria avec Jeanne de la Boucherie. Leur fils ainé, Jacques, continua la lignée des seigneurs de la Rabatelière, et leur fils puîné fonda la branche des Bruneau de la Giroulière (Rabatelière). La branche cadette se diversifia en plusieurs rameaux : Bruneau de la Foy, Bruneau du Plessis, Bruneau de Beaulieu, etc. (2)
 Les Petites Mancellières était un fief noble tenu du seigneur de la Mancellière sous foi et hommage plein et à droit de rachat. Le devoir dû par le vassal était de treize deniers payables à la fête de la Chandeleur. Et le seigneur de la Mancellière prélevait 31 boisseaux de seigle, « rendables à mon dit hôtel de la Mancellière ». En 1639, il avait déjà vendu les droits seigneuriaux prélevés sur ce petit fief. C’était alors un bourgeois habitant la Chapelle de Chauché qui les possédait, un nommé François Augereau (3).

Les premiers seigneurs de la Mancellière et leurs suzerains


Le seigneur le plus ancien connu de la Mancellière s’appelait Jean Prevost, écuyer toujours propriétaire en 1499 (4). Après quoi, au début du 16e siècle, la seigneurie appartint à François Linger, seigneur aussi de Mermande (Saint-Christophe-de-Ligneron) et sieur du Coin Foucaud (dont le château était situé tout près, et qui possédait de nombreux fiefs à Saint-André). L’aveu de 1514 que nous avons cité a été rendu par sa veuve, Jeanne Raclet. La famille adopta le protestantisme, une partie de ses biens furent alors confisqués, puis elle revint au catholicisme (5). En 1607, c’est René Linger qui rendit un même aveu, à la fois pour la Mancellière, le Plessis-le-Tiers, le  Coin et le Peux.

Le seigneur suzerain de la Mancellière, dont dépendait le village voisin du Plessis-le-Tiers, était le seigneur des Bouchauds (Essarts). La lignée de Jehan des Bouchauds était éteinte, mais sa seigneurie était devenue la propriété du seigneur de Languiller en 1437. Celui-ci possédait aussi la seigneurie du Coin Foucaud (Saint-André), elle-même survivant aussi comme fonds seigneurial, avec ses prérogatives et ses revenus. Dans l’aveu de 1514, le seigneur de Languiller est Jean de Belleville, à cause de sa femme, Jacquette de Sainte-Flaive, fille de Jacob de Sainte-Flaive seigneur de Languiller. Elle avait épousé en 1506 Jean IV de Harpedanne de Belleville. Celui-ci était alors seigneur de Montaigu et de Belleville, et son épouse lui avait apporté dans sa dot Languiller, Sigournais, les Bouchauds, le Coin Foucaud, etc.

La seigneurie des Bouchauds était partagée par moitié entre le seigneur de Languiller et le baron des Essarts, ce dernier en étant en même temps le suzerain. Ils s’en partageaient ainsi les revenus (Voir notre article publié en avril 2014 : La seigneurie des Bouchauds aux Essarts).

Enfin la seigneurie de Languiller fut vendue par la famille de Belleville en 1604 à Marie du Fou, veuve de Charles Eschallard, avec ses fiefs annexes, en particulier les Bouchauds et le Coin Foucaud.

Dans ce 16e siècle mouvementé de la Renaissance, des guerres d’Italie et des guerres de religions, on constate aussi la disparition du monde politique du Moyen Âge sur ce plateau encore couvert de nombreuses landes de Saint-André-Goule-d’Oie, entre les ruisseaux du Vendrenneau et de la Petite Maine. Les seigneuries des Bouchauds et du Coin Foucaud, ne survivent qu’au titre du droit de propriété de leurs fonds, avec leurs liens vassaliques en cascades. Ceux-ci sont incarnés par les bourgeois locaux chargés de les gérer, notaires et fermiers. Ces derniers prenant les droits seigneuriaux à ferme, comme d’autres de leurs collègues prenaient à ferme les collectes d’impôts royaux. Nous savons que dès cette époque du 16e siècle le château du Coin était en ruines. Qu’en était-il à la Mancellière ?


Le manoir de la Mancellière et ses habitants


Emile Cardinal : l'Arbre
(collection particulière)
Dans son livre publié en 1906, l’abbé Charpentier écrit qu’à la Mancellière « était une petite gentilhommière dépendant de la Rabatelière. Le fermier en 1793 était Jean Allain. Il y donna asile à deux prêtres et la ferme fut incendiée. » (6). On doute de cet incendie, au vu du procès-verbal du 21 nivôse an 5 (10-1-1797) des experts nommés à l’estimation des biens à partager entre la République et Thérèse Montaudouin. On ne peut pas les soupçonner de partialité sur ce point, ayant plutôt tendance à estimer au plus bas les valeurs des biens. Dans d’autres métairies ils ont noté les incendies, mais pas à la Mancellière, indiquant que les bâtiments étaient « en passable état ». Ils inscrivent la superficie donnée par Jean Allain : 130 boisselées environ (près de 16 ha), estimant son revenu annuel à 250 F (7).

Jean Allain survécut à la guerre de Vendée car il est cité dans un document de 1808 comme possédant aux Landes du Pin, près de la Brossière, le pré et champ des Noues, d’une surface de 3 boisselées et 17 gaulées (8).

L’hôtel ou hébergement, comme on écrivait sur les parchemins, a été qualifié de manoir au 17e siècle. Ce devait être une maison ordinaire pour notre regard d’aujourd’hui, à deux niveaux.  Les murs de l’étage étaient en pierres, au lieu du mélange habituel de terre détrempée et de chaume appelé bousillage. Nous avons découvert un devis de réparation des bâtiments daté du 18 août 1700, qui permet de préciser une description des lieux (9). D’abord le manoir était entouré d’une muraille avec un grand et un petit portail, par où on pénétrait dans une cour donnant accès aux bâtiments. Le manoir comportait un four pour cuire le pain et un cellier. Sa couverture était en tuiles. Au-dessus de ce cellier se trouvait un grenier. Il jouxtait une pièce où le métayer habitait en 1700. A côté du bâtiment d’habitation il y avait une grange, une petite écurie et une "galerie" (où on rangeait les outils de l’exploitation). Un « pignon », nom donné probablement à un pigeonnier, complète ces bâtiments.

Quand l’abbé Boisson visite les lieux le 12 mai 1961, rencontrant monsieur Allain, il note que « les traces de la gentilhommière sont encore visibles et curieuses. D’abord dans le voisinage immédiat il reste de nombreux vestiges de vieux murs autour des champs. On signalait autrefois, disaient les anciens, des douves qui auraient entouré, protégé le château. Quand on a réparé, restauré la partie de la maison appelée gentilhommière, on a trouvé de nombreuses traces d’incendie, des pierres même profondément calcinées, et on a sorti des tombereaux de pierres taillées (granit) dont quelques-unes très belles, ornées de rosaces, et une marquée de lettres, une vaste cheminée » (10).

Au milieu du 17e siècle, ce manoir était habité par le régisseur. Il s’appelait Louis Penisson en 1662, puis Louis de Mersand en 1677. De plus une « grande chambre haute » était réservée lors de ses visites au fondé de pouvoir des propriétaires, avocat à Nantes, un nommé Feruchard, et aussi au seigneur de la Rabatelière, seulement « en passant », habitant alors à Paris le plus souvent, quand il ne participait pas aux guerres du roi de France (11). Pour le propriétaire, c’était plus une question de principe qu’une réalité, son château de la Rabatelière étant situé à 2,5 kms. Quoique nous ayons un document où il est indiqué le séjour en 1676 de Catherine Charlotte Bruneau, fille de Charles Bruneau et de Marie de La Baume Le Blanc, sa seconde épouse. Elle s’était mariée cette année-là, et peut-être était-elle en train de faire découvrir le Bas-Poitou à son mari, Charles Henri de Choiseul. Le manoir de la Mancellière aurait été au programme du voyage de noces !

Néanmoins les fermiers exploitant des lieux pouvaient habiter le manoir, mais dans des pièces indiquées dans un bail en 1677 à Gabriel et Pierre Debien. Ils se considéraient de la Rabatelière surtout à cause de la proximité du bourg. L’abbé Boisson, originaire de cette commune et professeur d’Histoire au petit séminaire de Chavagnes, a noté les paroles de sa mère, parlant des habitants de la Mancellière : « Ils y venaient aux offices par un chemin qui débouchait à mi pente de la côte qui monte à la Maison-Neuve. » (10).


Les terres de la Mancellière


Les terres attenantes au manoir se trouvaient dans l’espace limité par le chemin de Chavagnes à Saint-André, celui du Coin à la Chapelle de Chauché, et les terres des Petites Mancellières et de la Racinauzière.

La Mancellière
Dans un aveu de 1607 on énumère les autres domaines directement dépendant du manoir de la Mancellière : prés et terres de la Fenestre (journal de pré à deux hommes et 2 à 3 septrées de terre, soit environ 7 ha), l’ouche du Chaigneau (1 minée de terre soit 1 ha), le champ Frery (journal de pré à deux hommes et 5 septrées de terre et landes, soit un peu plus de 10 ha au total), le champ du Vignaud (2,5 septrées de terres et landes près du Vendrenneau, soit environ 5 ha). Le champ et bois des Bruyères comprenait un pré, 3 à 4 septrées de terres labourables et un bois, « tant de futaie » (arbres de charpente) que de serpe » (taillis pour le chauffage), avec droit de garenne (réservé aux lapins pour la chasse). S’y ajoute le bois de la Renuère avec le même droit de garenne (2 septrées de terre ou 4 ha), joignant un pré (3 journaux ou 1,5 ha) qui borde la Petite Maine.

La Maison Neuve (Rabatelière)
Le seigneur de la Mancellière déclarait aussi en 1514 une surface de 8 septrées de terres (16 ha) qu’il avait acquise au siècle précédent d’Henri d’Aubigné, seigneur de la Parnière (Brouzils) et qu’il tenait par hommage du seigneur de la Guichardière (Chavagnes), Jean Guichard, écuyer. Elle était située entre l’actuelle D 17, les terres de la Bordinière (Rabatelière) et celles de la Racinauzière (Saint-André). Il ajoutait qu’il y avait « fait édifier en l’an mil quatre cent quatre-vingt-dix-neuf une métairie garnie de maison, grange, four, jardin, ruage (chemin d’accès) et autres choses nécessaires pour ladite maison, contenant le tout une minée de terre ou environ (1 ha) ». M. Guilloteau signale dans ses commentaires en bas de l’article que cette métairie est la Maison-Neuve. C’est l’information donnée par A. de Guerry dans son livre : « Chavagnes communauté Vendéenne », page 74.

Ce fait est à souligner car nous n’avons que peu d’informations sur la naissance des métairies dans les tènements de Saint-André-Goule-d’Oie, faute de disposer d’ancêtres des cadastres modernes. Or nous savons que dès cette époque il y avait des métairies un peu partout dans les tènements des environs, notamment dépendant de la seigneurie de la Mancellière. Il est à noter qu’elles étaient affermées à prix d’argent et non pas à partage de fruits. Des chercheurs ont pu montrer dans d’autres régions du Poitou proches de Saint-André-Goule-d’Oie, qu’au sortir du Moyen Âge des seigneurs ont acquis et regroupé des petites tenures autrefois concédées, mais morcelées et suffisant à peine à faire vivre leurs propriétaires. Ils ont ainsi constitué des métairies rapportant davantage que les anciens droits féodaux. Certains d’entre eux sortaient ruinés de la guerre de cent ans, et ils devaient s’adapter aux nouvelles conditions économiques créées notamment par la dévalorisation de la monnaie. Des droits seigneuriaux avaient été fixés en valeur absolue sans possibilité de les augmenter pour suivre l’inflation. D’autres représentaient une part des récoltes, sujets à leurs variations et aux effets dévastateurs des guerres. Les paysans ruinés, cela voulait dire aussi des seigneurs ruinés. La transformation des corvées en redevances en argent, la création de métairies, de nouvelles concessions d’espaces incultes, l’extension des vignes, ont pu permettre aux plus entreprenants de ces seigneurs de mieux s’en sortir que d’autres.


document du chartrier de la Rabatelière
(source : Archives de la Vendée)

Dans une période antérieure à 1550, le seigneur de la Mancellière tenait à foi et hommage le petit fief Chevillon (2,5 septrées de terre, soit 5 hectares environ) sur la limite entre le tènement de la Bergeonnière et celui de la Bourolière. Il fut ensuite incorporé dans le tènement de la Bergeonière qui faisait partie de la mouvance du seigneur du Coudray, dépendant lui-même du Coin Foucaud (12).







Le fief de vigne de la Mancellière


Nous terminons l’énumération des domaines du seigneur de la Mancellière près de son manoir, par son fief de vigne. Il était situé au sud des deux longs bâtiments d’élevage actuels de la Mancellière. La vigne s’arrêtait vers l’est à mi-distance entre le chemin de Chavagnes à Saint-André et les bâtiments de la Mancellière. A l’ouest le terrain, appelé fief de vigne de la Mancellière, bordait le chemin de la Mancellière à la Maison-Neuve et à la Rabatelière, cité dans les confrontations de certaines parcelles. Au sud il s’arrêtait bien avant le chemin de la Rabatelière à la Chaunière de Saint-Fulgent, appelé autrefois de la Guichardière à Saint-Fulgent. C’est que les ceps de vigne préfèrent la partie haute du plateau, au sol plus sec et plus caillouteux. Ils bénéficient aussi d’un bon ensoleillement l’été, et la proximité de l’océan apporte de la douceur l’hiver. Si ce n’étaient les ceps qu’on y plantait, ne pourrait-on pas être heureusement surpris par la qualité des vins qu’on y pouvait produire ? 

Le texte le plus ancien connu qui fait état de la vigne de la Mancellière, est l’aveu de 1514 déjà cité, occupant une surface d’un hectare et demie. Mais celle-ci vient de temps encore plus anciens que nous n’avons pas pu situer. On sait que les vignes de Bourgogne remontent au temps de Gaulois, mais que la plupart des vignes en France sont venues avec les Romains (13). Dans la contrée elles devraient donc remonter donc au plus tôt au temps gallo-romain. Ce n’était pas une vigne comme il y en avait dans les villages pour la consommation locale. Le seigneur de la Mancellière y a consacré une grande surface très tôt, profitant de la qualité du sol, et y pratiquant les baux à complants avec plusieurs exploitants des environs. On y voit là une initiative des seigneurs pour mieux faire valoir leurs domaines. Dès le 16e siècle, les textes rapportent son nom de « fief de vigne de la Mancellière », suivant l’usage en Bas-Poitou de donner le nom de fief à beaucoup de tenures, sans lien bien établi avec le caractère noble ou non de la terre ainsi désignée. Au fil des siècles on observe que le mot fief, devenu synonyme de terroir, a disparu dans le nom des tenures, sauf pour les vignes. A l’époque moderne, cette originalité de langage est devenue un emblème commercial pour désigner les vins « des fiefs vendéens ». La référence à l’action de Richelieu pour expliquer l’origine des fiefs vendéens de vigne, ne s’applique pas à Saint-André-Goule-d’Oie. Il faut y voir là probablement l’emploi d’un terme valorisant, car faisant référence à un lieu noble. Ailleurs, comme dans le bordelais, chaque propriété viticole est bien devenu un château. D’autres propriétaires dans la vigne, mais aussi la bière, ont choisi de se  référer à une abbaye, pour profiter de leur image positive dans la qualité du travail bien fait.

Sur les terres voisines de la Racinauzière, la vigne du Chaume, était bien plus modeste, totalisant un hectare divisé en 25 parcelles en 1838.  

Vigne à la Mancellière (juin 2015)
Les rangées de vigne de la Mancellière étaient plantées dans le sens perpendiculaire au chemin de la Mancellière à Maison-Neuve, comme le sont maintenant la vingtaine de rangées toujours cultivées au même endroit, rescapées du remembrement. Les ceps ont été renouvelés depuis, la distance entre eux a probablement changé, mais l’ancienneté de cette culture ici se compte en de nombreux siècles. Le terrain était séparé en deux parties par un chemin situé en son milieu dans le sens nord-est sud-ouest. Dans la partie la plus à l’est les rangées de vignes étaient plantées dans le même sens que ce chemin. De plus, cette partie du fief de vigne était séparée d’est en ouest à peu près en son milieu par un chaintre appelé le « charraud de séparation ». Un petit bosquet, appelé giborage, existait encore en 1788 dans ce fief de vigne, près du chemin de la Racinauzière à Saint-Fulgent.

Les nombreux propriétaires du fief de vigne de la Mancellière en 1788


Cette année-là, une déclaration roturière de tous les teneurs de ce fief de vigne au propriétaire des lieux, alors le seigneur de la Rabatelière, Thomas René Montaudouin, nous donne des informations intéressantes (14). Au total on a 48 baux à complants pour cultiver en vigne 115 parcelles. Celles-ci en regroupent parfois deux, voire plus, se joignant, signe que des regroupements ont été opérés en même temps que des divisions. Ces plus petites subdivisions de terrains sont appelées de trois noms différents, sans qu’on puisse repérer une définition pour chacun d’eux. Ils semblent ici être employés indifféremment l’un pour l’autre. Le mot le plus utilisé est la planche, nom généralement réservé à la désignation des parcelles de jardin. Ensuite on a le carré, puis le canton. On trouve ces mots pour désigner généralement une partie de pré ou de champ chez les notaires des environs, comme aussi le mot : morceau. On compte au total 195 planches, carrés ou cantons de vigne composant les 115 parcelles confrontées entre elles pour les repérer. Ces 115 parcelles serviront de base aux 168 futures parcelles du cadastre napoléonien, publié en 1838 à Saint-André-Goule d’Oie. En le consultant sur le site internet des Archives de la Vendée, on pourra vérifier que la situation n’avait pas changé entre 1788 et 1838. Ces parcelles sont toutes plantées en vigne en 1788, sauf une seule laissée à l’abandon.

La surface totale de ces 115 parcelles est de 68 boisselées 38 gaulées, soit 8 ha 32 a. La surface de la vigne avait considérablement augmenté, passant de 1,2 ha en 1514 à 2 ha en 1607, pour être multiplié par quatre ensuite jusqu’à la veille de la Révolution. Elle représentait alors en moyenne 1,42 boisselées ou 17,2 ares pour chaque bail à complant. Mais cette moyenne est trompeuse. Les 10 plus gros propriétaires possédaient 40 % du total de la surface, ce qui veut dire qu’on trouve beaucoup de petits propriétaires de petites surfaces de vigne. Ainsi voit-on un frère et un beau beau-frère en commun dans un bail pour 4 rangées de ceps de 100 m de longs, partagées en 6 parcelles différentes, dont la plus petite mesure 56 m d’une rangée de vigne. Mais le plus important des propriétaires, Jacques Gilbert demeurant à la Racinauzière, possédait à lui seul 7 boisselées et 33,5 gaulées. On comprend cette dispersion en constatant que le mode d’acquisition de la propriété est rarement l’achat. Les successions dominent à une écrasante majorité.

Vigne de la Mancellière
Nos 48 exploitants du fief de vigne de la Mancellière habitaient pour 36 d’entre eux dans les environs, même s’ils appartenaient à des paroisses différentes, mais nous sommes sur un lieu frontière, proche de Chauché, la Rabatelière et Chavagnes. Sur les 21 exploitants de Saint-André-Goule d’Oie, un seul habitait un peu loin, au Coudray. On en trouve un à la Courpière de Saint-Fulgent, un à l’Enellière de Vendrennes et un à la Chauvinière des Essarts.

Les enfants François représentent bien cette dispersion. Leur grand-père, René François, originaire de la Boninière (Saint-André), était venu s’installer à la Racinauzière. Puis leur père, Mathurin François, s’était installé à la Boule (Rabatelière) vers 1754. C’est probablement à la même époque qu’il s’engagea dans un bail à complant sur le fief de vigne de la Mancellière, lui donnant la propriété des ceps de vigne. Et en 1788, quatre de ses enfants se sont partagé cet héritage totalisant 322 gaulées (5030 m2). Il y avait l’ainé, Louis, qui était resté bordier à la Boninière, et Jacques, métayer avec ses frères à la Télachère de Chavagnes. Parmi ces derniers, mon aïeul Jean, décédé depuis 6 ans, n’avait pas eu de part dans cette vigne. Deux de leurs sœurs en avait hérité en revanche : Françoise, mariée à Pierre Mandin de la Guibonière de Chavagnes, et Jeanne, mariée à Louis Perroteau habitant le bourg des Brouzils.

Indiquons que dans ce fief, le propriétaire avait en plus une surface de 3 200 m2 de vigne réservée pour lui et cultivée par le fermier de la Mancellière. On trouve aussi parmi les titulaires d’un bail à complant un bordier habitant sur place, Jean Allain, pour 65 gaulées, soit 975 m de longueur de rangées de vigne. C’est lui qui est cité par l’abbé Ferdinand Charpentier dans son livre, comme nous l’avons vu plus haut, et dont la maison fut incendiée par les révolutionnaires.

Les baux à complant de la Mancellière


Dans son aveu de 1514, le seigneur de la Mancellière indique qu’il prend le quart de la vendange à son profit et un denier de cens par journal, payable quand les fruits « quittent le fief », c'est-à-dire aux vendanges. La formule est la même en 1607, mais ces conditions ont changé en 1788. Qu’est-ce à dire ? Nous avons un bail à complant daté de 1646, où Charles Bruneau de la Rabatelière, alors propriétaire de la Mancellière, s’engage avec son régisseur Louis Penisson pour treize planches totalisant une surface de treize journaux de vigne (15). Il nous éclaire sur ce régime des complants en vigueur à la Mancellière.

La concession d’un terrain à complant, appelée baillette à complant par ailleurs, ou bail à complant, était un acte passé devant notaire, dans lequel le propriétaire du sol affermait à cens un terrain dans des conditions particulières, pour y cultiver une vigne. Il ne s’agissait pas d’un bail à ferme à durée déterminée, comme pour une métairie ou un moulin, ni d’un bail à cens à durée indéterminée. Le contrat, en réalité résultant d’une volonté unilatérale encadrée par la coutume, empruntait aux deux régimes cités. Les engagements du preneur étaient les suivants :

-        cultiver ou donner à cultiver la vigne « de toutes façons requises et nécessaires ». La formule renvoi à une codification du travail à effectuer, décrite dans la coutume du Poitou remontant au 15e siècle. Il existait cinq façons (travaux) obligatoires de la vigne, avec des dates ou périodes précises : nettoyer les rigoles, tailler, bêcher au pic en sillon, biner ou mettre à plat, sarcler pour détruire l’herbe. Le non-respect des règles de culture pouvait faire cesser le bail. Et le bail dure « tant et si longtemps que ladite vigne sera en état d’apporter fruits ». D’ailleurs un des exploitants précise, comme origine de son bail, que la vigne : « ayant été abandonnée il y a plus de 30 ans et dont je me suis mis en possession, mon dit seigneur, de votre consentement ». Le bail est à durée déterminée, dont la fin est liée à un évènement : l’abandon de la vigne. Cela peut donc durer longtemps, et le bail donne la sécurité nécessaire à l’exploitant pour s’engager dans une culture dont les premières années ne rapportent rien. Les baux à ferme habituels d’une durée de six ans en moyenne, ne donnaient pas cette garantie dans le temps.

Serpe pour couper les raisins
-        donner au propriétaire un cinquième de la récolte des vendanges, apportée au pressoir de la Mancellière. On voit que le seigneur a diminué son prélèvement d’un quart à un cinquième depuis 1607. Il a apparemment favorisé les vignerons pour en augmenter le nombre et augmenter ses revenus en conséquence. Mais la formule veut dire aussi indirectement que dans les premières années où la jeune vigne ne donne rien, le propriétaire ne reçoit pas de revenus.
   Dans ce sens on a trouvé un bail à complant à la Boutarlière de 1566, où le « complanteur » ne payait rien durant sa vie (16). 
La part du propriétaire du 1/5e de la récolte était aussi pratiquée par le seigneur de Linières à Villeneuve (Chauché) à la même époque, mais l’évêché de Luçon prélevait 1/6e en 1766 à Sainte-Florence pour une vigne dépendant du prieuré de l’Oiselière de Saint-Fulgent (17).

-        donner un cens de six deniers par an, ce qui représentait là aussi une diminution dans le cas retenu. Autrefois ce cens, appelé doit de soulage, aurait été du double, c'est-à-dire un denier par journal concédé. La somme était modeste et elle était due dès l’entrée en jouissance, le jour des vendanges. Elle représentait le droit de propriété du sol en quelque sorte.
On ne rencontre pas ici un droit supplémentaire payé au seigneur pour jouir des services d’un gardien chargé de surveiller la vigne, notamment au moment des vendanges. En revanche on rencontre ce droit pratiqué en 1606 dans une vigne près de Languiller : 6 deniers pour chaque journal de vigne (18).

-        dès qu’il n’y aura plus de vigne, la terre reviendra au propriétaire du sol, sans indemnité.

Nous avons rencontré un cas de retour évité de justesse sur une vigne du seigneur de Linières en 1781 au fief du Morque Pannié, paroisse de Chauché près de Villeneuve. Cinq planches de vigne, contenant 2 000 m2, étaient partagées par moitié en indivision suite à un héritage entre un jeune garçon maréchal, François Cauneau (ouvrier chez un maréchal ferrant de Sainte-Cécile), et les mineurs Durand. Les parents du premier, habitant le bourg de Saint-André, étaient morts jeunes quand il n’avait que quatre ans. Dans cette situation, la vigne à complant des parents fut négligée et François Cauneau vendit sa part à un métayer de Linières en 1781, quand il atteignit l’âge de 18 ans. Dans l’acte, le notaire de Saint-Fulgent écrit que le vendeur reconnaît que la vigne est « en agâts (friche) et inéluctable ruine, et que par cette raison il craignait que le seigneur s’en fut emparé ». Et l’acquéreur, s’engage dans l’acte à la prendre « à la charge de la réparer et à ses risques et périls et fortune » (19). D’ailleurs le prix de vente est bradé à 33 livres, alors que le métayer de Linières était bien placé pour ne pas craindre l’exercice de son droit de retour par le propriétaire du sol, moyennant la reprise de l’exploitation.

Ce que le texte du bail à complant de la Mancellière de 1646 ne dit pas, s’attardant sur les obligations du preneur, concerne les obligations du bailleur, régies par la coutume. Ainsi les impôts dus sur les vignes sont à la charge du propriétaire du sol, ainsi que la jouissance des haies qui entourent la vigne.

Le texte de 1662 indique que le cens était payable au « pas de fief ». C’était un local donné par le bailleur pour entreposer le matériel, les chevaux et les charrettes au moment des vendanges. Nous ne savons pas où il était situé à la Mancellière, probablement près du manoir proche.

L’abbé Boisson note dans sa visite des lieux en 1961 que « le vin se faisait dans un pressoir public, où tout le monde allait, situé près de la Racinauzière, dans le champ du Grand Boisson. Il y a en effet non loin de là deux champs : le Grand et le Petit Boisson » (10).

Dans le « terrier » de la Rabatelière (recueil portant l'indication exacte des redevances dues par les tenanciers d'une seigneurie) en 1651, on relève que le complant du fief de vigne de la Mancellière rapporte 10 barriques de vin annuellement, valant 100 livres (20). On peut comparer avec les 32 hectares de la métairie de la Porcelière, qui rapportaient 110 livres de prix de ferme par an en 1734, certes avec des redevances seigneuriales en plus.

Le cultivateur possédait ainsi la vigne, mais pas le sol, qui restait au propriétaire bailleur. Les preneurs possédaient le droit de vendre leurs ceps de vigne et de les transmettre par héritage comme nous l’avons vu. Lors de la crise du phylloxéra à la fin du 19e siècle, la vigne dû être arrachée, et certains propriétaires se mirent à réclamer l’entrée en jouissance des terres ainsi libérées. La cour de cassation leur donna raison. C’est que ces baux à complant sentaient bon la féodalité et ses droits seigneuriaux. La conception moderne du droit de propriété héritée de la Révolution, par son caractère exclusif, n’admettait plus ce type de « fil à la patte » à la propriété foncière. De nouvelles contraintes sur la propriété foncière seront créées au 20e siècle, mais dans un autre esprit, pour apporter plus de sécurité aux exploitants de la terre contre le libre exercice du droit de propriété.

L’aveu de la Mancellière indiquait pour terminer, le droit de son seigneur de « justice et juridiction basse avec prise et vengeance au désir de la coutume du pays de Poitou ». Le droit de justice désignait ici le poteau en bois ou la colonne de pierres, auquel on attachait le condamné pour être exposé en public pour une durée déterminée. On n’est pas sûr qu’il y fût encore au 17e siècle. La juridiction basse concernait alors les personnes pour les contraventions susceptibles d’amendes d’un montant inférieur à 7 sols 6 deniers, selon l’article 17 de la coutume du Poitou. On n’était plus au Moyen Âge.

La juridiction basse concernait surtout les litiges d’ordre foncier, où le juge seigneurial tranchait dans des affaires concernant les droits du seigneur local. Ainsi pour exiger « l’exhibition » (communication) des contrats d’acquisitions de biens immeubles (obligatoire), ou le paiement des droits de cens, rentes, lods et ventes, etc. Cette justice n’était pas obligatoire pour « les hommes et les sujets du seigneur bas-justicier », comme on disait à l’époque. En Poitou on n’était pas obligé de plaider devant le juge de son seigneur, s’il y avait une raison pour cela. Et l’appel gardait alors la définition de première instance. Cette justice seigneuriale n’était plus à cette époque du 17e siècle qu’une survivance en perte de vitesse, supplantée par la justice du roi, et à laquelle le justiciable pouvait toujours faire recours. Sauf que ses hommes, son organisation et ses règles étaient fort critiquables.

Dans un partage de succession chez les châtelains de la Rabatelière en octobre 1779, on indique que « le complant à la 5e partie du fief de vigne noble de la Mancellière » rapporte 80 livres. Il était qualifié de noble car la terre relevait du régime noble de la propriété foncière et non pas du régime censitaire. Ces 80 livres correspondaient à environ 5,33 barriques de vin. On en déduit que la production totale, 5 fois plus élevée, était de 26,5 barriques de l’époque. C’est moins qu’en 1651 plus haut avec ses 100 livres et 50 barriques au total. Ces 80 livres de revenus en 1779 sont à rapprocher des 223 livres que rapportait annuellement la métairie elle-même de la Mancellière. Elles valorisaient donc bien la surface foncière dédiée à la vigne. D’ailleurs les châtelains de la Rabatelière avaient concédé des complants de vigne dans d’autres de leurs métairies, mais de manière moins importante. Ainsi la vigne de la Grande Prée près du bourg de la Rabatelière (1 barrique), à la Racinauzière (demi-barrique), à la Brenenière (2 barriques), à la Benatonière (2 barriques), à la Rousselière (demi-barrique), et à la Robretière de Chavagnes (demi-barrique). Tous ces complants étaient aussi à la 1/5e partie (21).

Cela faisait des châtelains des acteurs actifs sur le marché local du vin. La  production de vin en 1759, leur revenant en propre (les complants et la vigne du château d'environ 3 ha), s'était montée à 29 barriques, dont 13 avaient été vendues, rapportant 182 livres. Et pour la vente, le seigneur de la Rabatelière disposait dans l’étendue de son fief du droit de ban de vin. Cela voulait dire que pendant 40 jours il était le seul à avoir le droit de vendre du vin. Et c’est lui qui fixait la date de commencement de ce délai. On imagine qu’il devait se trouver des lieux échappant à cette contrainte, mais dont notre documentation ne fait pas état.

La guerre de Vendée s’invite aussi dans l’histoire de ce fief de vigne de la Mancellière. A cause d’elle et de ses morts, des parcelles ont été abandonnées. En 1803 la châtelaine de la Rabatelière fit faire un procès-verbal de visite par le notaire de Chavagnes, constatant que des planches de vigne de la Mancellière avaient été délaissées depuis 10 ans environ. 16 propriétaires de vigne ont été concernés, soit le tiers de leur nombre en 1758, pour un nombre de parcelles représentant aussi un tiers (22). 

Le 26 décembre 1809, quinze cultivateurs des villages alentours signent en même temps un même bail à complant « chacun en ce qui le concerne » avec Thérèse de Martel, la châtelaine. Ce sont d’anciennes petites planches qui sont données à bail : 36 au total pour une surface moyenne de 2/3 de journal chacune. Le texte renoue avec ce qui se faisait avant la Révolution : le droit de complant est au 1/5e des vendanges payé chaque année en nature. Il est bien précisé que « le présent bail ne concède que la jouissance des vignes sans en aliéner le fonds. Si l’un des preneurs cessait de remplir ses obligations en tout ou partie pendant l’espace de 3 ans, le bailleur rentrera de plein droit dans la jouissance des objets abandonnés, après constat et procès-verbal fait par expert devant notaire ou juge de paix ». Aussi « chacun s’oblige de bien cultiver de toutes façons requises et d’usage, de la graisser convenablement tous les 5 ans aussi suivant l’usage, de l’entretenir de plan (sans pente), même d’en mettre (terre) où il en manque, comme aussi de ne pouvoir vendanger que les jours qui seront indiqués, de ne passer que par les entrées qui sont d’usage sans pouvoir traverser d’une planche sur l’autre et sortir à d’autres pas que celui ouvert pour la sortie de la vendange, le tout à peine de tous dépens, dommages et intérêts » (23). Enfin une remarque désobligeante pour le notaire rédacteur de l’acte. Il indique les surfaces dans les unités de mesure officielles en ares et centiares, en rappelant les anciennes en journaux de vigne et gaulées. Mais les correspondances entre anciennes et nouvelles mesures sont approximatives. 

Le chemin de fer et les routes ont permis, à partir de la 2e moitié du 19e siècle, aux vins abondants et de qualité de se vendre partout, faisant une concurrence aux vignes des villages de la France du Nord, de l’Ouest, de l’Est et du Centre. Cette concurrence a sélectionné les pays de vignoble et condamné les nombreuses vignes aux cépages les plus divers, exposées aux gels tardifs et aux maturités inachevées. Les Vendéens semblent avoir résisté longtemps, attachés à leurs productions personnelles. Il fallut attendre jusqu’au milieu du 20e siècle, pour les voir céder devant les primes du gouvernement afin qu’ils arrachent les plants des célèbres noah et othello, entre autre, où l’acidité le disputait à l’alcool lors de sa dégustation. Là aussi cette concurrence a sélectionné quelques terroirs vendéens, rescapés de la disparition massive des vignes.

Le cadastre napoléonien de 1838 enregistre la disparition de la seigneurie de la Mancellière. Sa partie nord est devenue grosso modo la section no H 4 de la Mancellière, avec probablement une partie de l’ancien tènement du Puy Foucaud et Puy Asselin. La Section no H 1 du fief de la Mancellière, comprend partiellement sa partie sud, avec le fief de vigne, incorporant en même temps la Racinauzière.

On y voit que le moulin à vent du Peux est la propriété en 1838 des héritiers Herbreteau (Thorigny de Chavagnes). La borderie de la Mancellière est propriété de Marie Joseph Allain. 
La métairie est possédée, ainsi que la métairie de la Racinauzière, par Charles de la Poeze, le nouveau châtelain de la Rabatelière.


(1) Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 38, copie de l’aveu de la Mancellière (mouvante des Bouchauds) le 26-8-1514 de Jeanne Raclet à Languiller (Jean de Belleville).
(2) Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 48-2, caveau des Bruneau et héritage de Mme de Martel.
(3) 150 J/E 2, registre d’assises de la Rabatelière de 1637 à 1651, les Petites Mancellières : page 154.
(4) 150 J/G 38, aveu du 7-11-1607 de la Mancellière, le Plessis le Tiers, le Coin et le Peux, et contrat d’échanges de terres du 7-2-1499 entre Jean Prévost et Guillaume Turcot.
(5) Société Académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise, Beauvais, 1886, volume 13, page 312.
(6) Abbé Charpentier, Saint-André-Goule-d’Oie, chez nous en 1793 (1906), page 166. Voir sa biographie dans l’article publié en juin 2012 sur ce site : Maires de St André : Augustin Charpentier (1848-1869), et Jean François Chaigneau (1869.
(7) Archives de la Vendée, domaines nationaux : 1 Q 342, no 117, partage Montaudouin et République du 3 pluviôse an 5 (22-1-1797).
(8) Archives de la Vendée, don de l’abbé Boisson : 84 J 14, gaulaiement du 3-2-1808 du tènement des Landes du Pin, page 21.
(9) 150 J/A 12-10, visites en 08 et 09-1700 des réparations à faire dans les domaines de la Rabatelière.
(10) Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 76-1, notes sur la Mancellière.
(11) 150 J/G 48, bail du 26-1-1677 de la Mancellière et de la Brenenière.
(12) 150 J/G 61, aveu du Coin Foucaud du 2-7-1605 par Languiller aux Essarts – deuxième copie d’un aveu de 1550.
(13) Gaston Roupnel, Histoire de la campagne française, Taillandier, 2017, page 254.
(14) 150 J/G 38, déclaration roturière du 21-11-1788 des teneurs du fief de vigne de la Mancellière.
(15) 150 J/G 38, baillette de vigne du 10-12-1646 au fief de la Mancellière.
(16) Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 29-2 : la Boutarlière, bail à complant du 12-9-1566 par Jean Gazeau à Girau Boudaud de 6 journaux de terre.
(17) Archives de Vendée, notaire de Saint-Fulgent, Frappier : 3 E 30/4, baillette de vigne du 28-11-1766 pour l’Oiselière entre le chanoine Coutouly et Maindron.
(18) 150 J/A 12-5, déclaration roturière du 2-6-1606 de Nicolas Bertrand à Languiller (Marie du Fou), pour raisons de domaines proches de Languiller et de son étang.
(19) 3 E 30/9, acquêt de vigne à complant du 5-9-1781 à Linières de Mathurin Herbreteau à François Cauneau,
(20) 150 J/A 12-10, terrier de 1651 de la Rabatelière.
(21) Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé boisson : 7 Z 58-12, Rabatelière, partage Montaudouin en 1779.
(22) Archives de Vendée, notaires de Chavagnes, Bouron : 3 E 31/21, procès-verbal de visite du 30 brumaire an 12 constatant que des vignes de la Mancellière ont été abandonnées.
(23) Bail à complant du 26-12-1809 dans le fief de vigne de la Mancellière, Archives de Vendée, notaires de Chavagnes-en-Paillers, Bouron : 3 E 31/24.


Emmanuel François, tous droits réservés
Avril 2015 complété en octobre 2018

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6 commentaires:

  1. Guilloteau denis1 mai 2015 à 21:35

    Bonsoir,
    tout d'abord je tiens à préciser que les descendants des Gilbert de la Racinauzière, Allain de la Mancelière et Herbreteau que vous citez ont constitué durant une bonne part du XX ème siècle près de la moitié de la population de la Rabatelière. Est-ce là la raison pour laquelle une bonne part des familles avaient leur vigne au "grand fief" ( prononcer "grand Fié") de la Mancelière, c'est en partie vrai mais aussi m'a-t-on dit récemment parce que la terre y est très profonde ! je pense que la réduction des vignes doit moins au remembrement qu'au renoncement de la descendance devant tant d'efforts.
    Concernant la création d'un village en 1499, il s'agit probablement de la "Maison neuve". C'est l'appellation qu'on rencontre à peu près partout pour les extensions de fief. Amblart de Guerry cite justement dans son ouvrage, la création - vérifiée par lui- de la Maison neuve de la Rabatelière en 1499 page 74.
    J'ai eu à me pencher sérieusement sur la généalogie des Bruneau. (Je n'ai pas exploité encore le chartrier de La Rabatelière). . Pour l'instant, j'ai du mal à isoler la naissance des Bruneau de la Giroulière. L'aîné des enfants de Christophe, Jacques seigneur de la Rabatelière, chevalier de l'ordre de Malte (épouse jacquette Moreau) est mort en 1525 à Saragosse (Syracuse Sicile) Il meurt jeune. Je trouve bien un Christophe épouse de la Bourdonnaye et un autre Jacques épouse jacquette Drapeau (qu'on dit parfois seigneur de la Giroulière) mais qui paraît être seigneur de la Foy. Son petit fils Pierre épouse Louise d'Albert est, à compter de 1671 seulement, seigneur de la Foy et de la Giroulière. dans les registres paroissiaux de la Rabatelière. Je pense que la Foy est lié aux Théronneau, seigneur de la Boucherie, pour leurs terres près de Combrand dans les Deux sèvres. La tradition chez les Bruneau est d'accorder un titre aux puinés, pris sur les terres de l'épouse. J'ajoute que j'ai établi de manière incontestable que les conditions d'extinction de la famille des Bruneau de la Rabatelière,données officiellement (décès de la marquise de Crillon et de son frère abbé) et reprises par tous les historiens reposent sur de faux certificats. Ce n'est pas un hasard si une trentaine d'années des registres paroissiaux de la Rabatelière a disparu....

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    1. Complément d'information : Mal transcrit comme "Christophle Bonneau, époux de Jeanne de la Bourdonnaye, Christophle Bruneau assiste au conseil de famille qui nomme un curateur à Gilles Chasteigner, en 1558 (Duchesne); il est présent comme cousin du père des mineurs à cause de sa femme.

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  2. Guilloteau denis2 mai 2015 à 14:13

    Bonjour,
    j'ajoute tout de même concernant les de "Giroulière" que j'ai relevé une marie Bruneau souvent marraine de baptême à la Rabatelière, qui signe jusqu'en 1638 (vue 3) Marie bruneau de la Rabatelière et à partir de 1639 "marie de la Giroulière " jusqu'en 1642 (baptême de François Laheu le 29/12/1642vue 17). cette même année, une Louise Bruno de la Giroulière signe également. A Chavagnes , le 19/08/1652 vue 180, baptême de Charlotte fille du seigneur de Boisgrolland ?. La marraine est Charlotte, Françoise bruneau de la Rabatelière, le parrain Alexandre Laheu. Charlotte ( orpheline de son père François , son grand père Charles 2 est décédé en 1650) n'a que six ans. Je relève la signature de Pierre Bruneau de la Giroulière, sans doute Pierre de la Foy qui agit comme tuteur. La situation est complexe au château puisque, selon la Coutume de Thouars la veuve de François ( Charlotte de Pompadour) a droit à l'usage du château, idem pour la seconde épouse de Charles 2 ( Marie de la Baume le blanc) toutes deux ont un ou des enfants en très bas âge. A-t-on poussé les belles sœurs vers la Giroulière ou existe-t-il réellement une lignée des "de Giroulière" depuis un siècle ?

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  3. bonjour,
    avant d'intervenir à nouveau sur la succession des "Bruneau de Rabastelière", j'ai voulu vérifier "encore" les différentes informations que j'avais glanées ici et là. Vous signalez à propos des Petites Mancellières que le propriétaire en est Christophe Bruneau (ce qui est très probable) et ajoutez qu'il est fils de Nicolas.. C'est l'idée que développent un certain nombre de "dictionnaires des familles du Poitou" en s'appuyant justement sur un aveu de 1473 (en fait 1474) portant sur la Mansellière recensé par Dom Villevieille. Je crois que l'œuvre de l'intéressé représente une centaine de manuscrits allant de A à Z. Par chance, les quelques manuscrits conservés par la BNF comportent cette référence lettres "Bru" vue 69/89 tome XX " Bruneau (Philippe Prévost, Sr de la Mansellière fait hommage au sr des Bouschaux près des Essarts pour raison de son hôtel de la Mansellière avec tout ce que noble homme, maître Nicole, licencié es loix, seigneur de la Rabastelière, tient de lui en hommage plain aux Petites Mansellières, le 21 septembre 1474" Tiré des archives du prince de Condé. J'avais noté aussi du dictionnaire historique et généalogique général du Poitou Tome 3 Dabadie Gautreau (beauchet Filleau)" Delaveau Catherine épousa jean Prévost, sr de la mancelière qui le 2/09/1473 rendit aveu du fief des Branconneries. Elle est nommée dans l'acte de vente de la maison de la confrérie de l'Assomption à Chavagnes le21/04/1470. confrérie dont elle faisait encore partie en 1534 (SEM Vendée 1876). Il s'agit de la note reprise in extenso dans l'ouvrage de Constant Gourraud. Les généalogistes s'appuient donc sur l'aveu de la Mansellière pour écrire" Nicolas, 1466, Sr de Coutancière,(près d'Aubigny, St Maixent) Sr de Maisault serait le père de Christophe, sr de la Rabastelière, de Guyart, Sr De la Touche au Blanc ( dont le petit fils Pierre Nycolleau était chevalier de malte) et même de Bonaventure Bruneau (..un Bonaventure bruneau semble en effet à l'origine de la branche des Grand-Ry voire pour certains des Bruneau de la Roche). Sourdeval dans son article sur la Rabastelière, qui a eu accès aux documents de constant Gourraud et du PuyTesson écrit que Christophe est fils de Miles ou Millet épouse Perrine de la Noue.
    Une fois encore, je suis très perplexe sur l'authenticité de ce document. On voit déjà qu'on aurait du trouver jean et non Philippe Prévost. L'origine "archives du prince de Condé est douteuse Les qualifications "noble Homme" et licencié es loix" , l'interprétation qui en est faite par les généalogistes, m'apparaissent directement orienté vers une des nombreuses tentatives d'usurpation du titre très prestigieux à l'époque ( et potentiellement sans hoirs) des "de Rabastelière" sans parler de l'exonération de l'impôt qui s'y attachait. Même si Guyart est bien noté dans les archives de l'ordre de Malte comme fils de Nicolas (ce pourrait être alors le frère de Miles), je reste sceptique.

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  4. Dans les Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé boisson : 7 Z 63, les Bruneau, on trouve une copie par l'abbé Boisson du "registre relié cuir de Charles Bruneau, tableau écrit par Me J. L. Bousseau (1688-1754), vers 1735 : Généalogie des Bruneau de la Rabatelière (1480-1737)". Il n'y a pas de dates mais les successions sur deux colonnes des deux fils de Christophe Bruneau de la Rabatelière : à gauche Jacques aîné (grand-père de Charles Ier) et à droite Guy, cadet, dont le fils cadet, Jacques, fut le 1er seigneur de la Giroulière.
    L'abbé Boisson a étudié les ascendants de Christophe et les deux générations suivantes en confrontant les sources ainsi :
    - Ch. Mourain de Sourdeval, SEV 1871, p. 88, données transcrites avec une plume épaisse
    - Beauchet-Filleau, dictionnaire des familles du Poitou, 2e édition, T 2, 1895, p. 45, données transcrites avec une plume fine ou au crayon (celles qui ont semblé confuses ou mal assurées).
    En cas de conflit entre ces 2 sources, nous avons cru bon de donner la priorité à Ch. Mourain de Sourdeval, dont l’information, appuyée sur CIC Gourraud, les archives de Puytesson et les archives de la Rabatelière (p. 88), semble plus sûre.
    Beauchet-Filleau se réfère pour sa part à la généalogie de Foucher (B. N. fonds franc 20230)
    - Paul Guerin, Archives historiques du Poitou, T 32, p. 339, données transcrite à l’encre bleue avec une plume ordinaire
    Et l'abbé Boisson nous livre les informations recueillies.
    Il continue ensuite par les descendants de Charles Ier Bruneau et Renée de la Mothe, se référant ensuite aux registres de Charles II. Ces informations ne semblent plus figurer dans le chartrier de la Rabatelière en dépôt désormais aux Archives départementales de la Vendée.

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  5. Me Bousseau a écrit vers 1735 que Christophe, fils aîné de Guy, lui-même fils cadet de Christophe, a épousé Jeanne de la Bourdonnais. Et son frère cadet, Jacques, fut le 1er seigneur de la Giroulière, et épousa Jaquette Drapeau.

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