dimanche 5 janvier 2020

Un précieux patrimoine, le vin de Chauché

À la page 56 de mon livre, je relate la vente d’un vin de Chauché en date 6 août 1622 dans une auberge de Fontenay-le-Comte, « La Galère ».
Surpris par cette révélation, mettant apparemment la réputation de ce vin à un niveau supérieur à celui de mes souvenirs, je n’ai pas hésité, cependant, à l’honorer comme se doit de le faire tout bon citoyen attaché à la commune de Chauché.

Depuis, la fréquentation de deux blogueurs (http://chauche-nouvelles.allmyblog.com et http://georgespierre.unblog.fr), m’a ouvert un autre horizon. Chauché est le nom d’un cépage de vigne. Le dictionnaire Littré lui même l’affirme :
Chauché, nm (chô-ché), 1-Chauché gris, nom, en Bourgogne, du pineau blanc.
2-Nom d'un cépage de l'Aunis. Il y a le chauché noir et le chauché gris. Le vin d'Aunis, célèbre au moyen âge, se faisait avec le chauché. [Gloss. aunisien, p. 86]
Il semble bien que le cépage de Chauché était cultivé aux environs de La Rochelle au moins jusqu’à la Révolution, selon l’internaute yvonnet jeannine.

Et puis le Conservatoire du vignoble charentais - 16370 Cherves-Richemont, (http://www.labivin.net/article-nouvelles-decouvertes-sur-les-cepages--37818249.html), s’attache à découvrir les anciens cépages cultivés en Charente autrefois. La plus belle découverte reste le « trousseau gris » ou chauché ; il aurait été le cépage blanc le plus cultivé en Charente entre le 13e et le 18e siècle. Six types de chauché ont été identifiés, l’un d’entre eux a été testé avec de bons résultats, dignes d’un bon vin de pays.

« georgespierre.unblog.fr » nous rappelle la forte tradition de culture de la vigne dans la commune de Chauché, ainsi que son évolution. Il rapporte un détail important. L'abbé Paul Charrier, curé de cette paroisse, disait dans les années 1950 que l'origine du nom «Chauché» pouvait venir d'un cépage de vigne.

L’association du chant de la Pierre s’est activée pour retrouver le cépage de chauché, qui pousse encore à l’île de Ré. Il en va de la sauvegarde du patrimoine, au moins. Des plantations ont été faites à Chauché et on attend la première récolte avec intérêt.

Emmanuel FRANCOIS, tous droits réservés
Janvier 2010

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mercredi 1 janvier 2020

Les premiers seigneurs des Essarts en Vendée (1100-1453)


L’histoire de Linières et de Saint-André-Goule-d’Oie prend en partie sa source dans celle des seigneurs des Essarts. La paroisse de Saint-André était entièrement comprise dans le ressort de la haute justice de la châtellenie des Essarts au moins dès le 15e siècle, époque où ses fiefs et tènements se trouvaient tous dans sa mouvance suzeraine. Malheureusement le château des Essarts, avec ses archives, fut incendié lors de la Révolution. Il en résulte une grande difficulté pour reconstituer son histoire. Les recherches effectuées au 19e siècle ont proposé une liste des premiers seigneurs et quelques faits les concernant.

Leurs sources sont des chartes, documents écrits en latin consignant essentiellement des droits civils, et souvent signés par de nombreux témoins. C’est ainsi par exemple que nous connaissons les premiers seigneurs de Saint-Fulgent et de Linières, par des chartes de l’abbaye de la Grainetière. Il en est de même pour les premiers seigneurs des Essarts. Nommées par un patronyme propre, ou par le nom des seigneuries possédées, les personnes portaient souvent un même prénom de père à fils aîné. Pour gérer la difficulté les chercheurs ont donné des numéros aux personnages, comme les rois de France, de Louis Ier à Louis XVIII par exemple. Encore faut-il bien connaître les règles d’héritages pour comprendre les successions. Et il y avait 4 cas différents de successions dans le Poitou d’Ancien Régime suivant les zones géographiques. Enfin, la connaissance de la formation des blasons et du langage héraldique aide à faire des liens entre les personnes citées. L’histoire des premiers seigneurs des Essarts n’est donc pas impossible, mais avec des difficultés et trop peu d’informations.

Les archives des Essarts disponibles aux Archives départementales de la Vendée ne concernent que deux courtes périodes : 2e partie du 16e siècle, et fin 17e/début 18e. On dispose heureusement des archives du duché de Thouars (suzerain des Essarts) aux Archives Nationales (premiers travaux de transcriptions en 1753 de Jean-Frédéric Poisson disponibles aux Archives de la Vendée). Les publications de Beauchet-Filleau sur les familles Chabot, Apremont, Vivonne, etc. donnent des informations importantes, mais avec parfois quelques erreurs décelées par les initiés. Concernant les premiers seigneurs des Essarts, deux auteurs ont apporté des repères solides. D’abord Marcel Garaud dans son livre Les châtelains de Poitou et l’avènement du régime féodal XIe et XIIe siècles, (page 42 et s.) en 1964. Ensuite Guy de Raignac avec De châteaux en logis, Itinéraires des familles de Vendée, en 1991. Leurs ouvrages sont disponibles aux Archives départementales de la Vendée. Mais faute de documents, ces auteurs ont laissés quelques blancs sur les débuts de cette histoire des Essarts. Un livre récent vient en combler certains, de Joël Bibonne, Histoire de la famille de Vivonne, tome 1, A.C.V.B., 2018. Grâce à lui notamment, nous pouvons proposer un récit des débuts de l’histoire des seigneurs des Essarts.


Les seigneurs des Essarts aux 11e et 12e siècles


On sait que la châtellenie fut le cadre géographique réunissant plusieurs paroisses généralement, dans lequel se constitua la féodalité. Souvent les châtelains ont succédé aux vicaires, noms donnés aux autorités locales à l’époque carolingienne. Pour les Essarts nous ne savons rien de cette genèse. Le 7 décembre 1099, dans un acte de donation faite au prieuré de la Chaize-le-Vicomte par Hubert, vicomte de Thouars, et plusieurs de ses barons, nous relevons les noms qui appartiennent au pays du futur Bas-Poitou : Maurice de Montaigu, Jean de Bressuire, Raoul de Mauléon, Geoffroy de Tiffauges, Guillaume de Châteaumur, Maurice de Pouzauges, Guillaume Bertrand des Essarts, Étienne de Bournezeau, Bernard de la Roche-sur-Yon, Barbotin d'Apremont, Pierre de la Garnache et Urvoy de Commequiers. Hubert fut vicomte de Thouars de 1093 à 1104 et participa en 1098 à la croisade en Palestine et à nouveau en 1102 à la croisade conduite par le duc Guillaume IX d’Aquitaine. Il décéda à Jaffa en 1104 où il y fut inhumé. Des vassaux durent l’accompagner, et peut-être parmi eux le baron des Essarts. À l’origine le titre du baron était donné à leurs proches vassaux par le roi et les ducs. Puis les comtes et les vicomtes s’arrogèrent le droit d’en faire autant. Ce qui fait que le baron des Essarts comptait parmi les proches vassaux du vicomte de Thouars au Moyen Âge.

Avant on a des repères archéologiques sur place aux Essarts, précédant le château médiéval construit au 13/14e siècle : une tour et un logement fortifié, probablement en bois, construit sur une motte ou monticule (1). On fait une observation semblable à l’Aublonnière de Sainte-Cécile, fief vassal des Essarts : une motte entourée d’un fossé. On se demande si elle n’a pas fait partie du réseau de points fortifiés construits par les barons des Essarts probablement au 10e siècle pour faire face aux invasions vikings, ceux-ci établis de manière stable à Nantes au milieu du 9e siècle et de manière ponctuelle à Mareuil en 877, ruinant notamment l’abbaye de Luçon, dont dépendait le prieuré de Mignon à Saint-Martin-des-Noyers (2). On ne peut pas faire les mêmes observations à Languiller et à Linières, à cause des constructions ultérieures sur les mêmes lieux qui ont tout fait disparaître de ce qui aurait pu exister auparavant.

Après ce Guillaume Bertrand des Essarts, Guy de Raignac atteste de la trace d’un Tainart, baron des Essarts en 1120, sans plus de détails.

Puis on passe en 1196 pour voir la mention d’un Pierre d’Apremont (du nom de la seigneurie près de la côte vendéenne), seigneur des Essarts et de Chantonnay (Vendée). Cette année-là il fit un don à l’abbaye de la Grainetière (près des Herbiers en Vendée) de divers héritages, droits, coutumes et franchises dans ses fiefs et arrières-fiefs, du consentement de son frère Guillaume (3). Il avait épousé vers 1170 la fille d’Aimery de Chantemerle, ce dernier fils de Pierre de Pareds (4). Chantemerle était une châtellenie importante qui s'étendait sur les paroisses de l'Absie, des Moutiers-sous-Chantemerle, etc. (Deux-Sèvres et Vendée), et qui avait été une possession des seigneurs de Pareds (Jaudonnière). Située à l’ouest de la Châtaigneraie, la forêt de Chantemerle avait conservé depuis ces temps très anciens une réputation de mystères et de légendes comme les forêts de Vouvent, des Essarts, de la Chaize, d’Aizenay et de Gralas (5). Aimery de Chantemerle est mort à Dax, lors de la guerre des Albigeois (6), en présence de ses fils Guillaume et Aimery, et de Pierre d'Apremont son gendre. 

Si les chartes lèvent un voile sur l’histoire des Chantemerle, l’histoire religieuse nous parle un peu de Pierre d’Apremont aux Essarts. Ainsi il fit don à l’abbaye de Luçon de l’église de Saint-Thomas aux Essarts et de quelques autres objets (7). Plus tard il y fut ajouté une partie des revenus du prieuré de Saint-Pierre des Essarts pour former la prévôté des Essarts, celle-ci attribuée le 12 janvier 1468 à un chanoine de l’église sécularisée de Luçon, Valérien de la Roche (8). Il existait un troisième prieuré aux Essarts, le prieuré de Saint-Michel, qui possédait encore en 1703 quelques biens (9).

Selon Guy de Raignac la généalogie des premiers seigneurs d’Apremont n’est pas établie avec certitude. C’est avec eux qu’Aubigny (près de la Roche-sur-Yon) devint pour la première fois une possession des seigneurs des Essarts par le mariage d’Aenor, dame d’Aubigny, qui en 1180 habite sa demeure de Saint-Hilaire-le-Vouhis, avec un d’Aspremont, seigneur des Essarts (10). Néanmoins on ne fait pas le lien avec certitude avec Pierre d’Apremont déjà cité.


Les Chabot (1220-1270)


La baronnie des Essarts passa en 1220 à Thibaut Chabot (11). Le nom de Chabot, comme celui d’Apremont, est fréquent à cette époque dans le Bas-Poitou et il existe plusieurs généalogies sur les Chabot des Essarts qui diffèrent entre elles. Ce nom de Chabot était un sobriquet de « grosse tête », et il n’est pas possible d’identifier à coup sûr les premiers Chabot (12). Guy de Raignac indique que vers l'an mil, des seigneurs de la maison de Chabot, seigneurs d'Apremont et Mareuil, quittèrent leur nom de famille pour adopter celui de leurs terres, que les descendants ont continué à porter jusqu'à l'époque de leur extinction (13).  

Rocheservière
On n’a pas trouvé d’auteurs expliquant de manière incontestable comment la châtellenie des Essarts est venue à la possession des Chabot. Néanmoins on voit apparaître dans certains textes pour la première fois un Sebran II Chabot (ca1165-ca1231) seigneur de la Rocheservière (ouest de Montaigu en Vendée), la Grève (Saint-Martin-des-Noyers), Oulmes (près de Nieul-sur-l’Autise en Vendée) et les Essarts, marié à Agnès d’Oulmes. Il est probablement confondu avec Sebran III et ne paraît pas avoir été seigneur des Essarts. On ne lui connaît pas une autre épouse nommée Apremont ou une autre alliance qui expliquerait le passage de la baronnie des Essarts de Pierre d’Apremont à Sebran II Chabot. À moins de considérer les Chabot et les Apremont, ou certains d’entre eux, appartenant à la même famille à cette époque avec un même patronyme d’avant celui de leurs terres.

Le premier Chabot seigneur des Essarts avéré est Thibaut IV Chabot (parfois confondu avec Thibaut V, les numéros varient selon les généalogies consultées). C’était le fils de Sebran II Chabot et d’Agnès d’Oulmes (ou de la Mothe-Achard), qui eurent aussi (14) :
-          Girard Chabot (ca1197-ca1284), seigneur de la Mothe-Achard (proche les Sables-d’Olonne en Vendée), qui épousa Théophanie de Montfort, puis Eustache de Retz, et qui est l’auteur de la branche des seigneurs de Rais ou Retz
-          Sebran Chabot, auteur de la branche des seigneurs de la Grève, tige de celles de Jarnac et du Chaigneau.
-          Belle-Assez Chabot, mariée à Brient Leboeuf, seigneur de Nozay, d'une famille ancienne du Poitou, qui paraît originaire de Charroux. Belle-Assez fut dotée par son frère Girard Chabot, seigneur de Retz, de domaines sis au Port-Durand dans les paroisses de Couëron et de Chef-Chef au diocèse de Nantes. Lesquels domaines firent retour plus tard à la fille du donateur, soit que Bellassez fût décédée sans enfants, soit que la donation en sa faveur n'eût été que viagère. Belle-Assez était morte en 1264.
-          Jeanne Chabot, femme de Pierre Marbeuf. Tout ce que nous savons d'elle, se borne à une donation faite à son mari, et une autre à elle par son frère Thibaud IV, du droit d'usage dans la forêt de la Rocheservière, en 1230.

Thibaut IV Chabot (ca1199-ca1269) fut seigneur de la Rocheservière, Chantemerle, Oulmes et les Essarts. Il épousa en 1220 Aénor de Brosse (ca1206-ca1250), dite dame des Essarts dans certaines chartes, aussi héritière de Saint-Hilaire-le-Vouhis. Elle était la fille de Geraud V de Brosse (ca1186-ca1239) et de Belle-Assez (née vers 1189) qui fut dame de Pareds, Chantemerle, Mauléon (Deux-Sèvres au sud de Cholet) et Pouzauges (Vendée). Pour d’autres généalogistes Aénor de Brosse était fille de Bernard des Brosses, qui descendait des vicomtes de Limoges et d’Aumur, fille d’Aimery VII de Thouars. 

Thibaut IV Chabot eut avec Aénor de Brosse :
-          Thibaut Chabot seigneur des Essarts (G. de Raignac), qui épousa N. de Volvire vers 1245. G. de Raignac ne lui donne pas de numéro dans la descendance Chabot. Peut-être Thibaut V ou Thibaudin. En tout cas il n’est pas le père d’Aénor qui suit, mais son frère aîné.
-          Sebran III Chabot dit Sebrandin aîné. Il est cité comme frère d’Aénor qui suit par T. de Tinguy dans son histoire de la Rocheservière. Il est le père de Thibaut VI Chabot selon cet auteur. Dans deux chartes, l’une de 1279 et l’autre de 1291, on voit Sebran Chabot cité comme seigneur des Essarts. Guy de Raignac ne le cite pas, mais indique qu’un Sebran III épousa vers 1270 Airoire de Châteaumur et sera seigneur d’Aubigny.
-          Aénor de Chabot (1247-1303), qui épousa vers 1270 Ebles II de Rochefort. Certains généalogistes disent par erreur que son père est Thibaut V dit Thibaudin. Elle est citée comme dame des Essarts, d’Aubigny (Deux-Sèvres) et de Saint-Denis-la-Chevasse (Vendée à l’ouest de Chauché).

Aubigny (Deux-Sèvres)
La seigneurie d’Aubigny citée ici était située dans les Deux-Sèvres, relevant du seigneur de Parthenay et de l’abbé de Saint-Maixent (15). Il existait aussi un fief d’Aubigny, mouvant des Essarts, et situé au sud de la Roche-sur-Yon (Voir sa description en 1727 par le chargé d’affaires du seigneur de la Rabatelière (16)). Quant à la seigneurie de Rochefort ce serait celle de Bretagne selon Guy de Raignac, mais Beauchet-Filleau parle aussi des Rochefort sur Charente.

Chez certains auteurs on a une Mahaut Chabot, dame d'Oulmes et des Essarts, mariée à Savary de Vivonne, chevalier, seigneurs de Thors. C’est une erreur car Oulmes et les Essarts entreront dans le patrimoine des Vivonne par le mariage d’Eschive de Rochefort avec Savary II de Vivonne. 

Avec les Chabot on cherche avant tout à repérer ceux qui furent barons des Essarts : Thibaut Chabot et ses enfants pendant environ 70 années au 13e siècle. C’est l’époque de saint Louis et de la poursuite de la construction de grandes cathédrales gothiques, prolongeant le siècle précédent qualifié déjà de « siècle du grand progrès » par l’historien Georges Duby. Mais pour l’histoire des Essarts il nous faut se contenter d’hypothèses pour évoquer des faits marquants. On va retenir celle qui nous parait la plus importante : la poursuite du peuplement de la contrée et la création des paroisses de Saint-André-Goule-d’Oie et de Chauché. Avec les Rochefort qui vont suivre au château des Essarts dans les trente dernières années du 13e siècle, cette situation continue, mais désormais avec des seigneurs mieux connus.



Les Rochefort (1270-1295)


Avec le mariage d’Aénor Chabot vers 1270, la baronnie des Essarts entre au patrimoine de la famille Rochefort. Son mari, Ebles II (1240-1307), était le fils d’Ebles Ier de Rochefort (1205-1254), et d’Indie. Ebles Ier de Rochefort était seigneur de Fors (sud de Niort dans les Deux-Sèvres) par échange avec le comte Alphonse du Poitou en 1243. Indie était dame de Thors (au sud-est de Saint-Jean-d'Angély et au nord de Cognac en Charentes Maritimes) (17). Le rapport d’Ebles de Rochefort avec le château des Essarts est difficile à appréhender faute de documentation, et on note qu’il entre seulement dans une liste de possessions de châteaux sans apparaître comme le plus important. Si son propriétaire ne faisait que passer, il est certain que sur place des officiers assuraient les fonctions de la châtellenie : un gouverneur pour la fonction militaire, un sénéchal ou un lieutenant pour la fonction de justice, un receveur ou un fermier pour la fonction fiscale. On y trouvait certainement d’autres fonctions, avérées quand la documentation du vassal de Languiller nous les fournira plus tard. Ainsi le procureur fiscal qui représentait les intérêts du seigneur dans la cour de haute justice de la baronnie, et dans la mise en œuvre de son pouvoir de banalités (organisation économique). Aussi les notaires ou tabellions qui authentifiaient les actes sous l’autorité de la justice de la baronnie, se faisant agissant au nom du seigneur les lieux (18). La plupart avaient acheté leurs offices et leurs fortunes provenaient principalement des actes produits. Ils jouaient un rôle d’intermédiaire dans les relations des paysans avec le seigneur des lieux, rarement présent. 

Aénor Chabot était aussi héritière de la seigneurie d’Oulmes qu’elle apporta à son mari Ebles de Rochefort. On connaît de ce couple deux enfants :
-          Ebles III de Rochefort, fils aîné, est seigneur des Essarts (selon G. de Raignac). Il fit un accord en 1299 avec les héritiers de Sebrandin Chabot (Sebran III aîné son oncle) et mourut peu après.
-          Echives de Rochefort qui hérita des biens de son frère et se maria une première fois vers 1285 avec Savary II de Vivonne (1245-av1315). Elle se remaria avant 1319 avec Maurice de Belleville, dont elle n’eut pas d’enfant.


Les Vivonne de 1295 à 1418


Avec cette famille on entre dans le 14e siècle, qui prolongea encore pour peu de temps le Moyen Âge florissant. Une série de malheurs prirent la suite dans le royaume de France, dans le même temps qu’une renaissance artistique s’épanouissait dans les cités italiennes. Le livre récent de Joël Bibonne sur les Vivonne nous donne des éléments sûrs et intéressants de biographies des barons des Essarts.

Savary II de Vivonne (1245-av1315)
Savary II de Vivonne (à 16 kms de Poitiers dans la Vienne) est l’auteur de la branche des Vivonne qui portera les noms de Thors, Fors, Oulmes, la Châtaigneraie (Vendée) et Bujeilles. Il n'a pas épousé Mahaut de Chabot contrairement à ce qu’a écrit l’historien Duchesne, recopié par Beauchet-Filleau, mais Eschive de Rochefort vers 1285 (19). C’est aussi l’année où il fut reçu chevalier. Il était le fils de Savary Ier (1220-av1286), seigneur de Bougouin (Deux-Sèvres), dont il fit l’hommage lige en 1260 à Alphonse de France, comte du Poitou. Savary Ier s’était aussi fixé en Poitou cette année-là, sa famille anglo-normando-poitevine étant installée tant en Angleterre qu’en Poitou. Il avait épousé Aimone de Valogne vers 1243, et était lui-même le fils de Mabel Malet et d’Hugues VI de Vivonne (1192-1249), ce dernier nommé plusieurs fois sénéchal du Poitou, dont en 1220 par le roi d'Angleterre. Hugues VI descendait de Guillaume Ier, seigneur de Fors et Vivonne, et d’Hawise d'Aumale (Normandie), mariés en 1190.

Eschive de Rochefort apporta à son mari les seigneuries de Fors et Thors provenant de son père, et les Essarts, Oulmes, Aubigny et Saint-Denis-la-Chevasse, provenant de sa mère. Dans cette liste on voit que les Essarts ne sont qu’une seigneurie parmi d’autres, et dans les textes on voit souvent Savary de Vivonne désigné comme seigneur de Thors. Il était aussi seigneur de Faye (Deux-Sèvres, à l’est et proche de Bressuire).

Aigues-Mortes départ de saint Louis en croisade
(Photo des monuments nationaux)
Savary II de Vivonne fit la 8e croisade en 1270 avec saint Louis et en compagnie de son frère Hugues de Vivonne, seigneur de Bougouin (Deux-Sèvres). Il est revenu de Carthage (près de Tunis), accompagnant la dépouille du roi qui y était mort au mois d’août. Lui et ses successeurs étaient des militaires, entraînant avec eux leurs vassaux, dont ceux de la baronnie des Essarts comme probablement les seigneurs de Languiller, du Coin et des Bouchauds, etc.

Hugues de Vivonne fut le tuteur des enfants de Savary II en 1315, mort peu avant probablement. Il le resta jusqu’en 1320 (20), année où mourut Maurice de Belleville, le deuxième mari de leur mère, qui était déjà décédée. Le 10 janvier 1303, le roi de France Philippe IV le Bel était à Narbonne aux États Généraux du Languedoc (au temps de l’archevêque de Narbonne Gilles Aycelin de Montaigu qui était son conseiller), pour demander aux grands seigneurs de nouveaux subsides dans sa guerre dans les Flandres, dont le comte s’était allié au roi d’Angleterre. À ses côtés se trouvaient le sire de Montaigu et Savary de Vivonne (21). Ce dernier est mort à la suite de ses blessures dans les combats de la campagne des Flandres qui reprit en 1304 (22).

Savary II de Vivonne et Eschive de Rochefort eurent :
-          Savary III,
-          Ebles seigneur d’Oulmes,
-          Johan ou Hugues de Vivonne seigneur de Fors
-          Jeanne Eschive, qui épousa Guy du Puy du Fou. Ils eurent Jean et Aimery du Puy du Fou.

Savary III de Vivonne (ca1300-1367)
Savary III, seigneur de Thors, les Essarts, Aubigny et Faye, était majeur en 1322, année où il transigeait avec son oncle Hugues de Vivonne, seigneur de Bougouin. Cette même année il se maria avec Mahaut (Mathilde ou Maud) de Clisson (1300-1367), fille d’Olivier III, seigneur de Clisson, et d’Isabeau de Craon. Maud était veuve de Gouyon de Beauçay, mort sans enfant (21). En 1322 mourait le roi de France Philippe V, auquel succéda son frère Charles IV, roi de 1322 à 1328. Puis ce fut l’avènement d’un cousin de la branche des Valois, Philippe VI, qui fut roi de 1328 à 1350. Celui-ci nomma Savary de Vivonne sénéchal de Toulouse et de l'Albigeois vers 1334, et l'établit en 1336 capitaine dans certaines parties du Poitou et de la Saintonge, où il servit avec un chevalier et vingt-quatre écuyers de son hôtel, depuis le 20 juin 1336 jusqu'au 15 août 1337, époque où il se rendit à Amiens (23).

1337 est l’année où commence la guerre de Cent Ans entre le roi de France et le roi d’Angleterre, à laquelle vont participer les barons des Essarts. Le roi d’Angleterre, Édouard III, était le gendre du roi de France Philippe IV, dont les trois fils se succédèrent sur le trône de France de 1314 à 1328. À la mort du dernier on fit monter sur le trône Philippe VI, un cousin, plutôt que le gendre, en invoquant un article de la loi salique (applicable aux francs saliens) qui interdisait aux femmes de succéder au trône. Tel fut le prétexte au conflit auquel participa Savary III de Vivonne.

Carte Cassini (photo IGN)
En 1341 il est à Saint-Maixent à la défense du château, 3 ans avant son départ pour la Castille. En 1344 en effet le roi de France l’envoya en Espagne avec l'archevêque de Reims, pour renouveler l'alliance qui existait entre les deux royaumes. Le traité fut signé par l'archevêque de Reims et l’absence de signature du seigneur de Thors ne veut pas dire qu’il ne savait pas écrire, comme on a pu le lire, mais qu’à l’époque les seigneurs apposaient seulement leurs sceaux (24). Et on voit dans cette mission, outre la confiance du roi, la reconnaissance de ses capacités en matière diplomatique.

Au printemps 1346, Jean, duc de Normandie, avait repris Angoulême, aidé de Savary III de Vivonne, qui le servait avec 5 chevaliers et 42 écuyers de sa compagnie, recevant pour cela 452 livres de gages (25). Parmi eux la présence des seigneurs de Linières, Languiller, le Coin, le Coudray, la Mancellière et autres vassaux des Essarts est probable mais on manque de documents pour pouvoir l’affirmer. Après le premier désastre pour les Français à la bataille de Crécy le 26 août 1346, Savary de Vivonne fut nommé commandant du château de Poitiers. Malgré la trêve officielle qui devait durer jusqu’en 1355, des combats sporadiques eurent lieu. En 1353 il servait le nouveau roi Jean II sous le sire de Mortemart dans les guerres du Poitou et Saintonge. Il défendait Saint-Maixent sans doute lors de la bataille de Noaillé en 1359. Dans les années 1356 à 1360 il fut en contacts belliqueux avec les compagnies qui ravageaient le pays, et c’est au cours d’un accrochage avec une bande « d’Anglais » qu’il fut capturé. Fait « prisonnier sur parole », il partit chercher sa rançon, mettant ses vassaux à contribution. Par le traité de Brétigny (10 et 15 mai 1360) et la paix de Calais (24 octobre 1360), le Poitou, avec d’autres provinces, passa aux Anglais. La remise du territoire du 1e juillet 1361 à mars 1362 posa problème en Poitou au commissaire pour les Anglais, Jean Chandos. Savary III était vassal de l’évêque d’Angoulême pour Thors, de l’abbé de Saint-Maixent pour Aubigny, du comte de Thouars pour les Essarts. Ne voulant pas rendre hommage, il fut relancé par les Anglais, mais persista dans son refus apparemment, ce qui fut exceptionnel parmi les seigneurs du Poitou (26).

Cette fidélité de Savary III au roi de France lui valut d’être qualifié par ce dernier en 1360 « d’aimé et féal ». C’est que sa loyauté fut aussi mise à l’épreuve dans une autre guerre, plus privée, pour la succession au duché de Bretagne. Le 30 avril 1341 en effet, le duc de Bretagne Jean III décédait sans enfant. Pour lui succéder il y avait les lignées de ses deux frères :
-          Arthur II, déjà mort, qui avait comme héritière sa petite fille, Jeanne de Penthièvre, épouse de Charles de Blois. Ce camp fut soutenu par le roi de France Philippe VI, oncle de Charles de Bois. Il prétendait que les coutumes de Bretagne permettaient aux femmes de succéder dans les grands-fiefs, comme ce fut le cas lors de la succession de Jean de Kergolay en 1340.
-          Jean de Montfort, toujours vivant, époux de Jeanne de Flandre. Il soutenait que la Bretagne étant un duché-pairie et les ducs de sang capétien, la loi successorale était celle de la couronne de France : les garçons puînés passaient avant les filles de l’aîné les précédents. Cette loi salique avait permis d’écarter Édouard III d’Angleterre au profit de Philippe VI de Valois au trône de France. Ce camp fut soutenu par le roi Édouard III malgré l’argument contraire à ce qu’il soutenait pour obtenir le trône de France. Gageons que ses diplomates surent trouver les mots pour contourner le paradoxe.

Jean de Montfort, sans attendre l’arbitrage du roi de France par l’arrêt de Conflans du 7 septembre 1341,  qu’il savait favorable à son concurrent, vint à Nantes pour se préparer à la résistance et à la guerre (27). Il obtint le soutien d’Édouard III, qui lui donna le comté de Richemont en Angleterre, que déjà Henri III Plantagenêt avait donné à son aïeul Pierre de Dreux (28). Pendant ce temps, le roi de France recevait l’hommage lige de Charles de Bois pour le duché de Bretagne en septembre 1341. Cela faisait deux ducs de Bretagne en concurrence, Jean de Montfort et Charles de Blois-Châtillon. Une guerre de 20 ans commençait. Savary III participa aux opérations militaires en Bretagne, fidèle au roi de France sous la bannière du comte du Poitou en 1341/1342.

Loyset Liédet (enlumineur)  : 
miniature de la décaptation d’Olivier de Clisson
Olivier IV de Clisson, beau-frère de Savary III de Vivonne, fut approché par Édouard III pour rejoindre les Montfort et accepta de s’engager dans ce camp. Pendant une trêve, il se rendit à Paris pour participer à des tournois sur l’invitation du roi de France. Ce dernier, au courant de sa traitrise, décida de frapper fort ses ennemis, en le faisant arrêter. Olivier IV de Clisson fut d’abord emprisonné pour avoir conspiré contre le roi pour le service de l’Angleterre. Il fut décapité en août 1343. On peut lire dans Les Grandes chroniques de France que le condamné, étant emprisonné au Châtelet, « en fut extrait la tête nue et traîné tout vif jusqu’en Champiaux (halles de Paris). On le fit monter sur un grand et haut échafaud, là où il pouvait être vu de tous, et là eut la tête coupée. Duquel corps fut traîné jusqu’au gibet de Montfaucon, et puis fut pendu par les aisselles ... Sa femme, qui était appelée Jeanne de Belleville (vers 1300-1359), tant comme coupable des devant dites trahisons, fut semoncée en parlement, laquelle n’osa comparaître ; pour ce elle fut condamnée par jugement et bannie. » En décembre 1343 en effet, Jeanne de Belleville fut bannie du royaume et ses biens confisqués. Déjà avant son bannissement, animée d’un fort tempérament, elle s’était emparée d'un château de Charles de Blois et avait pris la mer en attaquant des marchands français. À partir de là, présentée comme une intrépide pirate vengeant la mort infâmante de son époux, qui plus est belle dame, des récits légendaires l'ont qualifiée de « tigresse bretonne » ou de « lionne sanglante ». Elle se réfugia en Angleterre (29). Suite à cette confiscation on voit le roi de France, à cause de la baronnie de Montaigu, recevoir en 1343 des aveux pour des terres à Saint-André-Goule-d’Oie, rendus par Jean de Thouars, possesseur notamment de droits sur la moitié du fief de Saint-André (bourg), lequel appartenait alors à Maurice Droullin, seigneur de la Drolinière (devenue Linières) (30) au moins pour une moitié.

L’attitude de son beau-frère et de sa belle-sœur n’altéra pas la fidélité de Savary III au roi de France. Il continua de combattre sous le roi Jean en Poitou et en Saintonge jusqu'à sa mort, arrivée vers le mois de septembre 1367. Cette guerre de succession au duché de Bretagne va réapparaître plusieurs fois dans l’histoire des barons des Essarts encore pendant deux siècles. Les enfants de Savary III durent servir sous ses ordres.

Cette époque de guerres en ce milieu du 14e siècle fut aussi celle d’un refroidissement climatique et de vagues de pestes, dont la fameuse peste noire à partir de 1348. Des mercenaires étaient engagés dans les armées combattantes, pratiquant la tactique de la terre brûlée. De plus, les périodes de pluies alternèrent avec de fortes sécheresses. La maladie et la famine s’ajoutaient ainsi aux victimes des soldats. Ces trois malheurs cumulés, ou successifs selon les périodes, provoquèrent des exodes et des vagues de mortalités effrayantes. La population diminua d’environ 35 % dans le royaume de France (31). On n’a pas de chiffres pour les environs des Essarts, mais nul doute que la contrée subit les mêmes catastrophes. On en fait le constat au milieu du 16e siècle avec la disparition de plusieurs villages dans la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie. Et aussi la disparition de petites seigneuries vassales des Essarts dans la même paroisse (le Coin, le Coudray), absorbées par la seigneurie de Languiller. On ne sait pas situer dans le temps ces disparitions, mais on n’a pas de doute sur leur contexte sinon leurs causes générales, commençant à apparaître au temps de Savary III de Vivonne, et se prolongeant pendant au moins un siècle.

C’est peut-être au temps de Savary III de Vivonne que la mouvance des Essarts s’élargit à la totalité des territoires de Chauché et de Saint-André-Goule-dOie peu avant ou en même temps quel’absorption de la seigneurie du Coin que nous venons d’évoquer. Dans un aveu de Jean de Thouars à Montaigu en 1343 on le voit tenir la moitié du fief de Saint-André-Goule-d’Oie (bourg) de Montaigu à cause d’une ligence qu’il possède à l’Herbergement Entier (au sud-ouest de Montaigu). L’autre moitié du fief est tenue par le seigneur de la Drollinière (Linières), Maurice Droullin (32). Puis en 1372 la seigneurie du Coin est possédée par le seigneur de Languiller (33). Dans un aveu vers 1405 le Coin est suzerain en totalité du fief de Saint-André, lequel est alors tenu en totalité par le seigneur de la Drollinière (33). Et le seigneur du Coin comme celui de Languiller sont vassaux des Essarts. Voilà bien de profonds bouleversements à Saint-André en aussi peu de temps. Ils ont notamment pour résultats de consolider la mouvance des Essarts sur tout le territoire de la paroisse, au détriment de la baronnie de Montaigu. Et on observe le même phénomène à Chauché. Or dans l’aveu de Jean de Thouars en 1343 à Montaigu, le seigneur de cette baronnie est le roi de France Philippe VI, et ce n’est qu’en 1362 que Montaigu fut rendu à Olivier V de Clisson. On peut donc penser que l’extension de la mouvance des Essarts fut décidée par le roi, faisant reculer la mouvance de Montaigu vers le nord. La question reste néanmoins à éclaircir.

Un procès révélateur des rudes mœurs de l’époque opposa Savary de Vivonne de 1341 à 1355, devant le parlement de Paris, au prieuré d'Aquitaine de Saint-Jean de Jérusalem (ordre de Malte) dont la commanderie de Launay, à Sainte-Cécile, était dans les bornes de la châtellenie des Essarts. Le commandeur de Launay avait érigé des fourches patibulaires (représentant le droit seigneurial de justice criminelle), ayant servi en particulier à la pendaison d'un garçon de neuf ans après sa condamnation à mort. Le baron des Essarts s’opposait à l’usage des fourches patibulaires, celles-ci étant réservées à sa propre haute justice seigneuriale sur le territoire de Sainte-Cécile. Le commandeur prétendait que ce droit lui avait été cédé par Ebles de Rochefort (oncle de Savary), confirmé ensuite par Savary lui-même, en 1338. Mais le scandale de la pendaison d’un enfant motiva leur suppression dans la commanderie de Launay, décidée par le parlement de Paris en 1355 (34). L’époque voyait l’enfant comme un jeune adulte.

Avec Mahaut de Clisson, Savary III de Vivonne eut :
-          Savary IV de Vivonne,
-          Hugues,
-          Guillaume,
-          Mahaut. Pour son mariage le prieur de l'abbaye d'Orbestier (commune de Château-d’Olonne), vint donner aux Essarts 400 sous à titre de contribution exceptionnelle à cause d’un domaine à Vairé (près de la Mothe-Achard), qui dépendait des Essarts (35). C’était un usage pour le seigneur de lever sur ses vassaux un double cens et taille quand il mariait sa fille unique.
Savary III s’est remarié avec Isabeau de Dinan.

Savary IV de Vivonne (ca1323-1351)
Il mourut avant son père sans doute dans les combats sous ses ordres. Il avait épousé en 1335 Marie de Chasteigner, fille de Thibaut Chasteignier, seigneur de la Châtaigneraie (Vendée), et de Jeanne de la Guierche (probablement la seigneurie située à Saint-Amand-sur-Sèvre). Son seul fils, Renaud Ier, fut son successeur. Savary IV ne semble pas avoir été seigneur des Essarts.
Marie Chasteignier épousa en 2e noces Aimar d’Archiac.

Renaud 1er de Vivonne (1340-av1371) (36).
Il succéda à son grand-père Savary III mort en 1367, comme seigneur de Thors, les Essarts, La Faye et Aubigny. Il fut aussi seigneur de Pouillé (Vendée à l’ouest de Fontenay). Mais déjà en 1353 le roi de France Jean II l’avait nommé sénéchal du Poitou (37). 1353 fut aussi l’année de son mariage avec Catherine d’Ancenis, dame d’Esnandes (av1320-1384). Celle-ci était la fille cadette de Geoffroy d’Ancenis et de Blanche d’Avaugour, et hérita pour partie des terres d’Esnandes (au nord de la Rochelle).

Roi Charles VI (le Fol)
Renaud Ier de Vivonne participa fin 1362 et 1363 avec 8 autres seigneurs poitevins à un voyage en Baltique vers les États teutoniques (future province prussienne), officiellement pour faire croisade, en fait pour échapper à l’hommage aux Anglais (38). Il s’agissait de traquer les derniers « païens » des pays baltes dans des parties de chasse à l’homme. En digne petit-fils de Savary III, sa fidélité au roi de France fut sans faille. Or en ces temps de féodalité, les liens vassaliques pouvaient amener les seigneurs à se retrouver par devoir dans le camp du roi d’Angleterre. Certes Bouvines datait déjà de plus d’un siècle et nombre d’historiens évoquent à son propos la manifestation d’un sentiment national français parmi les chevaliers engagés dans cette bataille. Mais, outre que le nombre de ses fiefs augmentait aussi celui de ses suzerains, il semble qu’il ne faille pas exagérer l’importance de ce sentiment national, et le choix de Savary III en faveur du roi de France apparaît bien comme un choix personnel au moins pour une part. 


Renaud Ier de Vivonne est mort avant 1371, et avec Catherine d’Ancenis il eut (39) :
-          Savary V,
-          Renaud II, marié à Marie de Mathas
-          Guillaume (1360-vers 1418), seigneur de la Tour-Blanche et de Brejeilles. Il épousa Catherine de Sainte-Flaive, fille de Thibaut seigneur de Sainte-Flaive et de l’Aublonnière, et de Letice de Parthenay. Il eut :
-          Renaud l’aîné, qui mourut sans postérité,
-          Jean, qui devint seigneur de l’Aublonnière (Sainte-Cécile), à la mort de son aîné Renaud. Il en rendait hommage à sa cousine Isabelle de Vivonne, dame des Essarts. Voir plus loin une lettre du roi en date du 6 août 1457 à son profit.
-          Marie qui épousa un parent, Guy de Vivonne.
-          Marguerite, mariée le 2 décembre 1392 à Jacques II de Surgères, seigneur de la Flocellière, de Cerizay et de Saint-Paul, un des seigneurs les plus riches et les plus considérés du Poitou, qui eut le titre honorifique de conseiller et chambellan des rois Charles VI et Charles VII.
Renaud Ier Vivonne se remaria avec Isabeau d’Avaugour.

Savary V de Vivonne (ca1355-1396)
C’est lui qui est cité dans un acte en 1372 des notaires des Essarts de ferme à perpétuité du tènement de la Milonnière (Saint-André), par Jean de Sainte-Flaive, seigneur de Languiller (40). Seigneur de Thors, les Essarts, Aubigny, Faye, Esnandes, Riez, Savary V de Vivonne épousa en 1380 Jeanne d’Apremont, fille et héritière de Gallois d’Apremont, seigneur de Riez (N. D. de Riez sur la côte vendéenne), Aizenay (Vendée), Rénac (Ille-et-Vilaine), Poiroux (Vendée). 

Il affranchit en 1385 ses vassaux du Poiroux d’une partie des redevances qui pesaient sur eux. Et il obtint du roi Charles VI des lettres datées de 1387 créant dans la seigneurie une foire le jour de la fête patronale et des marchés le jeudi de chaque semaine (41). 

Bataille de Nicopolis (1396)
Savary V de Vivonne servit aux guerres de Gascogne sous le connétable de Clisson en 1383.  Il fit « montre » à Poitiers, le 1er août 1387, avec 9 chevaliers bacheliers et 50 écuyers de sa compagnie. Il accompagna en 1396, contre les Turcs, Jean de Bourgogne, le jeune duc de Nevers, dit « sans peur », et périt à la bataille de Nicopolis le 25 septembre 1396 en Bulgarie (42). Ses vassaux poitevins n'eurent pas de rançon à payer, parce que les Turcs massacrèrent impitoyablement la plupart de leurs prisonniers, Savary de Vivonne entre autres. Une des valeurs nobiliaires de l’époque exaltait la prouesse au prix de la vie.

Savary V de Vivonne et Jeanne d’Apremont eurent (43) :
-          Renaud III de Vivonne, seigneur du Poiroux et d’Aizenay, qui mourut juste après 1414 (44) sans enfant de Catherine de la Haye, qu’il avait épousée en 1409. Il obtint la terre de Rénac en 1410 par arrêt du duc de Bretagne contre Jean Harpedanne, le nouveau mari de sa mère.
-          Savary, mort sans postérité
-          René, seigneur de Rénac, mort sans postérité connue.
-          Jeanne morte jeune (vivait encore en 1398)
-          Isabeau de Vivonne, qui se maria avec Charles de Blois et continua la lignée des possesseurs des Essarts.

À la mort de Savary V, ses enfants furent placés sous la tutelle de son frère Renaud II, mais pour les fiefs à viage comme les Essarts ce dernier prit la possession du fief. À sa mort les Essarts revinrent à sa nièce (Isabeau de Vivonne), dernier enfant survivant de son frère aîné, suivant la règle de succession en vigueur dans cette partie du Poitou, dite du viage ou retour.

Devenue veuve, Jeanne d'Apremont épousa Jean II Harpedanne, lui-même veuf de Marguerite de Mussidan, et mourut sans postéritéOn trouve, à la date du 31 mai 1410, un arrêt du Parlement rendu entre Jean Harpedanne, chevalier, seigneur de Montendre, et Jeanne d'Apremont, sa femme, d'une part, Renaud de Vivonne, seigneur de Thors, et Isabelle sa sœur, enfants de feu Savary de Vivonne et de ladite Jeanne d'Apremont, touchant le droit de chasse dans la forêt de Poiroux, la maison de la Motte à Fontenay, la terre de Renac en Bretagne, etc. (45).

Renaud II de Vivonne (1365-v1410)

Ruine de l’ancien château des Essarts
Dit « René », frère de Savary V et fils puîné de Renaud Ier, Renaud II de Vivonne succéda à Savary V pour les Essarts, suivant la règle de succession du retour ou viage en vigueur que nous venons d’évoquer. Ainsi, le 8 novembre 1396 Renaud II Vivonne rendit un aveu pour la baronnie des Essarts à la vicomté de Thouars, recommencé le 20 janvier 1398 (46). Le texte ne comprend pas de dénombrement, où sont décrites toutes les possessions des Essarts à cette date, mais confirme que Renaud a succédé à son frère Savary pour les Essarts. Dans un aveu de 1398 de Gilles Cornet à cause du château d’Aubigny, on voit que Renaud II est alors tuteur de Renaud, Jehanne et Ysabeau de Vivonne, enfants de feu Savary V de Vivonne son frère.

Le 19 juillet 1372 le duc de Lancastre afferme la ville et châtellenie de la Roche-sur-Yon pour 500 marcs de la monnaie d’Angleterre à Thomas Percy, sénéchal du Poitou, Jehan Harpedanne, sénéchal de Saintonge et Renaud II Vivonne (47). On constate ici que ce dernier est ménagé par les Anglais, malgré sa fidélité au roi de France. Il faut chercher la cause de ce ménagement dans l’importance du baron des Essarts pour les Anglais, matérielle certes avec ses nombreuses possessions, mais peut-être aussi d’autre nature qu’il serait intéressant d’explorer si la documentation nous en donnait les moyens.

Le 1er décembre 1372 dans l’église des Cordeliers de Loudun le duc de Berry, frère du roi Charles V, reçu l’hommage-lige solennel des barons poitevins, dont la vicomtesse de Thouars, Renaud (II) de Vivonne et Hugues de Vivonne son cousin (48). Renaud de Vivonne est seul désigné comme seigneur des Essarts, mais Thors, Aubigny, et Faye sont en indivision entre Savary V et Renaud II, à cause des règles de successions différentes.

En août 1373, « le sire de Thors et des Essarts (Regnaut de Vivonne) », ainsi est-il désigné, participe avec d’autres seigneurs poitevins sous la conduite du fameux du Guesclin au siège de Mortagne-sur-Sèvre occupé par les Anglais. Ceux-ci se rendirent contre la libération d’un des leurs, Jean d’Evreux (49). 

Renaud II de Vivonne gagna la bataille d'Aunay sur les Anglais, et se trouva à celle de Chizé (1373). Il fut chargé le 19 octobre 1384 par Charles VI, de faire avec le sire de Parthenay, observer en Poitou la trêve conclue avec le roi d'Angleterre. Il fit une revue militaire à Niort, le 16 avril 1385, en qualité de chevalier banneret, avec sa compagnie d'hommes d'armes composée, lui compris, de 19 chevaliers, 80 écuyers, 9 trompettes et un maréchal-des-logis, pour servir aux gages du roi en cette guerre au pays de Poitou, puis encore le 6 mars 1386 pour la guerre de Gascogne, et servit sous le maréchal de Santerre en 1387 et en Guyenne en 1389 (50). 

Dans une autre affaire on voit cette fois-ci Renaud de Vivonne aux Essarts. Guy d’Argenton était en opposition en 1385 avec le connétable Olivier de Clisson et fut mis en prison. Son frère Aimery lui écrivit une lettre cette année-là où il relate qu’il est allé voir le sire de Thors, Renaud de Vivonne, d’abord à Poitiers, pour intercéder auprès du sire de Clisson. « Après j’allai aux Essarts où je trouvai le sire de Thors en son lit, malade d’une jambe », qui lui promit d’intervenir (51).

En 1387 Renaud II, sénéchal du Poitou et gouverneur de La Rochelle, avec une troupe de 60 lances et 100 arbalétriers, accompagne le comte de Sancerre pour tenter de reprendre Bouteville aux Anglais, mais ils se retirèrent avec l’arrivée de Jehan de Harpedanne, allié de ces derniers. 

Roi Charles VII
Renaud de Vivonne était le 25 juin 1397 conseiller et chambellan du roi Charles VI, et retenu avec 50 hommes d'armes pour la défense de la ville de Paris, sous la conduite du duc de Berry, lors de la guerre des Armagnacs et des Bourguignons, ayant dans sa compagnie 5 chevaliers, lui compris, et 45 écuyers qui firent montre à Paris, le 28 septembre 1405 (52). En 1415 il était toujours sénéchal du Poitou. C’est à lui et non à son père Renaud I (mort avant 1371) que fut attribué le qualificatif de bon sénéchal (53). Il fut aussi chambellan du nouveau roi de France Charles VII.

Renaud II de Vivonne se maria avec Marie de Mathas, avec qui il eut Germain et Jean. Celui-ci, seigneur d’Aubigny et de Faye, épousa en 1431 Andrée de Varèze (54). De cette union naquit Marie de Vivonne qui épousa Jean de Chourses, fils de Guy et de Marie de Beaumont. Avec son frère Germain ils vendirent en 1431 la terre d’Anville, sans doute pour couvrir des dettes. Plus tard Isabeau de Vivonne, héritant de ses frères Savary V et Renaud II, fit un accord avec Andrée de Varèze et céda à cette dernière les terres de Pouillé et de Nalliers.

Mort vers 1410, Renaud II fut enterrée dans l’église de l’abbaye de Notre-Dame du Bois-Grolland sur la paroisse du Poiroux en Bas-Poitou (55).

Le fils naturel de Renaud II, Hector des Essarts, dit aussi « le Bâtard des Essarts », avec l’aide de son frère Jean de Vivonne, enlevait Catherine Eschallard, fille de Jean Eschallard (seigneur de Maillé, dont la famille avait été anoblie au 12e siècle). Hector était le capitaine du château d’Aubigny appartenant à son frère Jean. On ne sait si la victime fut consentante. Le père déposa plainte, mais les deux coupables obtinrent du roi des lettres de rémission, entérinées au parlement à Poitiers le 30 juin 1430, à la condition de poursuivre les pillards de la région, ce qui suppose qu’ils en avaient les moyens. Le père de la jeune fille s’opposa à l’exécution des lettres du roi et un procès s’engagea, où on trouve en 1434 une condamnation d’Hector au bannissement à perpétuité, qui ne fut pas exécutée. On ignore malheureusement la fin. Il faut noter que s’agissant des bâtards, la société du Moyen Âge était plus tolérante que dans la période qui a suivi. Mais s’agissant de l’autorité d’un père, les lois et coutumes l’ont toujours défendue avec rigueur dans l’Ancien Régime.


Charles II de Blois-Châtillon (v1396-1434) et Isabeau de Vivonne (v1400-v 1453)
Avec eux on approche de la fin des combats de la guerre de Cent Ans (officiellement en 1453), mais la guerre privée pour la succession au duché de Bretagne allait aggraver les malheurs des habitants de la baronnie des Essarts. 

La fille de Savary V de Vivonne et nièce de Renaud II de Vivonne, Isabeau de Vivonne, hérita de ses frères et recueilli l’héritage de son père à la mort de son oncle. Née probablement un peu avant 1400, elle se maria vers 1418 avec Charles II de Blois-Châtillon (v1396-1434), dit de Bretagne, seigneur d’Avaugour. En effet, le 8 janvier 1419, Gombault Augier, seigneur du Breuil-Bastart, rendit un dénombrement à damoiselle Isabeau de Vivonne, dame de Thors et à son mari (56). Et son unique fille, Nicole, est née en 1424.

Charles de Blois-Châtillon était le fils de Jean 1er de Blois-Châtillon, comte de Penthièvre, et de Marguerite de Clisson. Cette dernière apporta à son mari la baronnie de Palluau, lui venant de son père, le connétable Olivier IV de Clisson (1336-1407). En épousant vers 1418 la dame des Essarts, le baron de Palluau, Charles de Blois, associa les deux baronnies des Essarts et de Palluau. Cette association de fait dura jusqu’au milieu du 16e siècle. C’est ainsi que nous avons des aveux des seigneurs de la Boutarlière (Chauché) en 1509 et 1517 à René de Bretagne, comte de Penthièvre, vicomte de Limoges et de Bridiers, seigneur de Boussac, Champtoceaux, Châteaumur, de Palluau et des Essarts, « et à cause de son château et châtellenie dudit lieu de Palluau », pour des redevances de diverses natures dues sur plusieurs villages de Saint-André-Goule-d’Oie, Chauché, les Essarts et Boulogne, relevant pourtant seulement des Essarts (57). La confusion entre Palluau et les Essarts est ici révélatrice, alors même que le texte a été écrit et signé par un notaire de la baronnie des Essarts.

Marguerite de Clisson
Nous avons vu plus haut le baron des Essarts, Savary III de Vivonne, rester fidèle au roi de France, malgré la félonie de son beau-frère Olivier III de Clisson. Sa descendante, Isabeau de Vivonne, épousa la querelle de la famille de son mari près d’un siècle après. Pourtant le traité de Guérande de 1365 avait mis fin à la guerre de succession des ducs de Bretagne en officialisant l’application de la loi salique en ce duché. Mais la petite fille d’Olivier IIII de Clisson (décapité) et de Jeanne de Belleville (bannie), Marguerite de Clisson (épouse de Jean 1er de Blois-Châtillon), réveilla les passions en poussant ses fils à conspirer contre le duc de Bretagne en titre, un Montfort. Olivier de Bretagne, frère de Charles de Blois-Châtillon (mari d’Isabeau de Vivonne), obtint du dauphin (futur Charles VII), l’autorisation de s’emparer de Jean, duc de Bretagne, devenu pourtant entre-temps allié du roi de France. Il l’invita à dîner à Champtoceaux (Maine), le 9 février 1419, et l’emprisonna (58). Le mari d’Isabeau de Vivonne participa à l’opération. Le duc avec son frère Richard furent menés par tout le Poitou (dont le château des Essarts) pendant 7 mois jusqu’à Thors, le château d’Isabeau. Le duc fut libéré par le roi de France, et en cette année 1420 les terres d’Isabeau et de son mari furent en conséquence saisies par les Bretons. Elles furent données à Richard de Bretagne, comte d’Étampes, frère d’Arthur de Richemont, ce dernier futur duc en 1457/1458. Richard d’Étampes fut donc baron des Essarts à partir de 1420 par confiscation.

Marguerite de Clisson fut dame de la Roche-sur-Yon de 1407 à 1414. En effet, la sœur de Jean 1er de Blois-Châtillon, avait épousé Louis de France, duc d’Anjou et second fils du roi de France, qui avait reçu dans son apanage la châtellenie de la Roche-sur-Yon. Elle reçut cette châtellenie de son mari. Mais pris par les Anglais en 1369, le lieu de la Roche-sur-Yon fut repris en 1373 grâce aux efforts d'Olivier V de Clisson (père de Marguerite de Clisson), qui dirigea les opérations du siège de mai à juillet de cette année. Louis d’Anjou, reconnaissant devoir 12 000 livres au sire de Clisson, lui engagea jusqu'au payement de cette somme "la ville, terre et châtellenie de la Roche-sur-Yon". Celui-ci en resta seigneur jusqu'à sa mort (1407), après quoi sa fille Marguerite fut confirmée comme dame engagiste par la duchesse douairière d'Anjou. Ce fut le 8 août 1414 que, la somme de 12 000 livres lui ayant été payée, la Roche-sur-Yon fit retour au domaine d'Anjou (59). Au-delà même de l’histoire de la Roche-sur-Yon, cet épisode révèle les besoins d’argent, y compris des grands seigneurs, qui accompagnent les guerres. Celles-ci provoquent des ruines chez les paysans mais aussi parfois chez les chefs de guerres eux-mêmes.

Après la mort de son mari en 1434 Isabeau de Vivonne intenta un procès au parlement de Paris contre Richard de Bretagne. La ville de Paris étant aux mains des Bourguignons, le parlement s’était replié à Poitiers. Le procès dura 2 ans. Pendant ce temps elle leva des troupes, pour reprendre par la force sur Richard de Bretagne ses places en Bas-Poitou, les Essarts et Palluau notamment (60). La remise des terres du Bas-Poitou à Richard d’Étampes était illégale selon Isabeau de Vivonne, car le duc de Bretagne n’avait pas juridiction sur le Poitou. Par arrêt de 1436 le parlement lui accorda la jouissance des terres de Peyroux, Rié, la Châtaigneraie, Ardelay, Pouillé, la Mothe de Fontenay, Aizenay, Tigné, 1/3 de la châtellenie de Mortagne et ¼ d’Apremont. Suite à un accord passé par Marguerite d’Orléans, veuve de Richard d’Étampes (mort en 1438), avec Isabeau de Vivonne, pour mettre fin au procès entre elles, les Essarts revinrent au patrimoine de cette dernière. Le duc Jean V de Montfort fit opposition à l’exécution de l’arrêt, puis un accord fut trouvé vers 1448 avec les héritiers de la maison de Bretagne, Isabeau conservant ses biens en Poitou, mais cédant sa terre de Renac dans le duché breton (61).

Aublonnière (Sainte-Cécile)
Isabeau de Vivonne eut un cousin malhonnête en la personne de Jean de Vivonne, seigneur de l’Aublonnière (Sainte-Cécile). Il était le fils de Guillaume de Vivonne, l’oncle d’Isabeau de Vivonne, dame des Essarts, mort vers 1418. Guillaume de Vivonne avait épousé Catherine de Sainte-Flaive, dame de l’Aublonnière, elle-même fille de Thibaut de Sainte-Flaive, seigneur de l’Aublonnière et de Létice de Parthenay (62), et frère de Pierre, seigneur de Sainte-Flaive et de Languiller (63). Jean de Vivonne était seigneur de trois importantes seigneuries situées sur la paroisse de Sainte-Cécile. D’abord l’Aublonnière était une châtellenie avec ses forteresses et ses douves, pouvant valoir en 1597 50 écus par an, et dont 6 fiefs vassaux étaient tenus sous son hommage aussi à cette date (64). Le fief du Breuil Nicou avec son hôtel noble et ses anciennes forteresses consistait principalement en une métairie de 20 septrées de terre (39 ha), pouvant valoir 100 écus par an dans un aveu de 1591. Sous son hommage étaient tenus à foi et hommage plain et à rachat 16 fiefs vassaux. Le fief de Morennes avec son hôtel noble, sa métairie, garenne, cens, terrages et autres devoirs nobles, était situé au lieu actuel du Grand Morne, contenant en tout 22 septrées de terre (43 ha). 10 fiefs vassaux étaient tenus sous son hommage dans un aveu de 1591 (65). Jean de Vivonne, était aussi possesseur par indivis minoritaire de la seigneurie de la Châtaigneraie (66).

Né vers 1402 (67), il soutint un procès coûteux contre l’évêque de Luçon. On ignore la cause de la querelle mais on se souvient que des terres à Sainte-Cécile appartenaient à l’évêché de Luçon, touchant le fief de Morennes du seigneur de l’Aublonnière (68). Jean de Vivonne se plaignit de maladie (certains historiens le disent alcoolique), et avoua avoir mal géré ses affaires. Il contracta en conséquence de sa condamnation de grosses dettes envers un bourgeois de Fontenay nommé Emeri Bretin, qu’il fut incapable de rembourser (69). Pour éviter de vendre sa terre de l’Aublonnière à vil prix, il convainquit sa cousine, Isabeau de Vivonne, en même temps suzeraine de l’Aublonnière en tant que dame des Essarts, d’en acheter la nue-propriété en remboursant ses dettes, lui-même en gardant l’usufruit jusqu’à la fin de sa vie. Ensuite il fit faire des faux actes notariés où cette vente était révoquée. Après le décès d’Isabeau de Vivonne, sa fille et son gendre dénoncèrent le prétendu acte de révocation et obtinrent du roi l’emprisonnement de Jean de Vivonne à la Conciergerie du palais de justice de Paris. Faisant acte de repentance, il avoua ses forfaits et obtint une lettre de rémission (pardon) du roi, datée du 6 août 1457. Après son aveu le roi lui accorda la grâce, pour ce qui est de lui « voulant miséricorde préférer à rigueur de justice », et lui pardonna (70). Il est mort probablement vers 1470 en liberté, et après lui ses possessions furent réunies à la baronnie des Essarts, dont les propriétaires eurent le pardon moins facile que le roi de France. Le château de l’Aublonnière était en ruines en 1597 (selon un aveu des Essarts), lesquelles servirent à construire un moulin à côté.

Cette lettre du roi en 1457 nous donne un repère pour fixer la date de la mort d’Isabeau de Vivonne : avant 1457. Il est à rapprocher de l’année 1448 où fut conclue la restitution définitive du château des Essarts à la même Isabeau de Vivonne. Elle est décédée entre ces deux dates, probablement vers 1453 à cause d’un aveu de son successeur.

La fille unique d’Isabeau de Vivonne, Nicole de Blois-Châtillon, dame de Thors et des Essarts, et vicomtesse de Limoges, baronne de Palluau, épousa le 18 juin 1437 Jean II de Brosse. Ce mariage ouvre un nouveau chapitre dans l’histoire des seigneurs des Essarts.

Richard d’Étampes (1395-1438) et François duc de Bretagne (1435-1488)
Justifié ou non, la baronnie des Essarts fut donc possédée par la famille ducale de Bretagne de 1420 ou environ à 1448, en la personne de Richard duc d’Étampes d’abord. Il était fils de Jean IV duc de Bretagne, (dit aussi Jean II de Montfort), et de Jeanne de Navarre, la 3e épouse de son père. Richard d’Étampes ne sera pas duc de Bretagne, mais son fils François II, en épousant Marguerite de Bretagne, le sera de 1458 à 1488, le dernier, laissant son héritage à sa fille Anne de Bretagne, qui apporta ensuite par mariage le duché au royaume de France. Ce fils François II fut brièvement baron des Essarts en titre pendant 10 ans à la suite de son père, de 1438 à 1448. Sa femme, Marguerite de Bretagne, était fille de François Ie duc de Bretagne de 1442 à 1450 et de Yolande d’Anjou. François 1er duc de Bretagne était un neveu de Richard d’Étampes baron des Essarts.   

Dans une donation mutuelle en 1431 entre Jean de Sainte-Flaive, seigneur de Languiller, et sa femme, Marguerite du Pont, on voit que ceux-ci demeurent en général dans leur logis de Chauché, et que leurs biens meubles ont été pillés à la suite « d’une venue d’Écossais » (71). On pense aux combats autour des Essarts entre les soldats d’Isabeau de Vivonne et ceux de Richard d’Étampes pour la possession de son château. Si le logis de Languiller, dépendant des Essarts, a souffert de ces combats, qu’en a-t-il été à la Mancellière, au Coudray et à Linières ? Le château du Coin était en ruines vers 1405 (72). La documentation manque pour les autres maisons nobles, mais la question se pose aussi pour elles. Le fils de Jean de Sainte-Flaive, Philibert de Sainte-Flaive, restaurera et agrandira le vieux manoir de Sigournais provenant de sa femme Françoise de Beaumont, et en fera sa principale demeure (73), abandonnant le logis de Languiller à son fermier général. En cette fin de la guerre de Cent ans ces « Écossais » pouvaient aussi bien désigner une de ces fameuses « grandes compagnies » qui ont ravagé le royaume, bandes de soldats mercenaires, parfois désœuvrés, et vivant de pillages et de rançons.

Château des Essarts
C’est à cette époque que Jean Savary, seigneur de la Bultière (Chavagnes), dû rendre son aveu à Richard d’Étampes, aussi baron de Palluau, pour divers domaines dont la Belutière (devenue Bultière) (74). Le fief noble de la Bultière dépendait pourtant du Coin Foucaud (Saint-André). C’est par erreur que C. Gouraud indique, sur la même page de son article sur Chavagnes publié en 1876, que la seigneurie du Coin dépendait jadis de Palluau et passa aux Essarts (75). On voit dès 1405 que le Coin, tenu par Languiller, dépendait des Essarts. La date de l’aveu de la Bultière est effacée malheureusement et se situe très probablement entre 1420 et 1448, C. Gouraud estime la date au début du 15e siècle. On en déduit que dans cette période le seigneur du Coin fut court-circuité au profit de son suzerain, lui-même occupant temporairement les Essarts et Palluau par confiscation. Les 7 aveux et 2 fois et hommages conservés pour la Bultière dans le chartrier de la Rabatelière sont datés entre 1619 et 1776 et sont tous rendus à Languiller ou à la Rabatelière à cause du Coin Foucaud. À la même époque on observe, de plus, que le seigneur de la Barette (Essarts) dû faire deux aveux rapprochés pour sa même seigneurie, le premier en 1437 à Richard d’Étampes, et le deuxième en 1440 à sa veuve, Marguerite d’Orléans, au nom de son fils le futur François II (76). On remarque enfin qu’en 1405 le seigneur du Coin avait disparu et sa seigneurie était devenue une annexe de Languiller. La documentation manque pour comprendre comment cela est arrivé, mais on est tenté de penser que le contexte que nous venons d’évoquer a joué. Le château du Coin était en ruines en 1405 (77). Il eut visiblement moins de chance que celui de Languiller.

Cette présence bretonne aux Essarts est attestée par un indice significatif. En effet, dans un décret d’adjudication par la cour du duché de Thouars en 1673 des domaines des Roulins aux Essarts, on voit dans la confrontation d’une pièce de terre, l’existence du « grand chemin des Bretons » (78). Il était proche de la route actuelle des Essarts à la Merlatière et du village des Roulins. On ne sait pas quand il fut baptisé ainsi, mais on peut se demander s’il ne faut pas remonter pour cela au temps de Richard d’Étampes, faisant occuper son château des Essarts par une troupe de Bretons. L’historien Amblard de Guerry a repéré un « Grand Chemin de La Rochelle à Nantes » à partir du 16e siècle, aussi appelé le « Chemin Breton ». D’après lui il venait de Saint-Martin-des-Noyers, il évitait le bourg des Essarts, passait à l’ouest de celui de Chauché, aboutissait au carrefour de Gralas, puis se dirigeait vers la Copechagnière, l’Herbergement et Vieillevigne. Il s’agit probablement du même (79).

À suivre.


(2) Notes provisoires de B. Grimoüard, Les premiers seigneurs de l’Aublonnière, Archives de Vendée, G. de Raignac, « Généalogies vendéennes des familles », de Sainte-Flaive : 8 J 49. Aussi B. Grimoüard, Notes historiques sur Mignon, novembre 2001.
(3) Médiathèque de Poitiers, Dom Fonteneau volume IX, 181 (vue 5, no 29 du document accessible par internet).
(4) Marcel Garaud : Les châtelains de Poitou et l’avènement du régime féodal XIe et XIIe siècles, Société des antiquaires de l'Ouest, 1967, page 42 et s.
(5) L. Charbonneau-Lassay, La forêt de Chantemerle, dans la Revue du Bas-Poitou, 1909, pages 265 à 282 (accessible par internet sur le site des Archives de Vendée). 
(6) B. Fillon et O. de Rochebrune, Poiroux, page 5 dans "Poitou et Vendée études historiques et artistiques", T. 2, réimpression par Laffitte en 1981 de l’édition de 1887.
(7) Archives de Vendée, Abbés Aillery et Pontdevie, Chroniques paroissiales, Tome 1 (1892), extrait pour le canton du Poiré, page 172.
(8) Archives de Vendée, catalogue des cultes, fichier historique du diocèse de Luçon, paroisse des Essarts : 1 Num 47/291 (vue 4/38).
(9) Inventaire du 1-4-1703 de la succession de Jeanne Jeullin, veuve Merland, Archives de Vendée, famille Babin et Cicoteau : 25 J/4.
(10) Guy de Raignac, Histoire des châteaux de Vendée de l’époque féodale au 19e siècle, Ed. Bonnefonds, 2000, page 41. 
(11) Marie Pierre Baudry, Les fortifications des Plantagenêts en Poitou, 1154-1242, 2001, page 298
(12) Guy de Raignac, Histoire des châteaux de Vendée de l’époque féodale au 19e siècle, Ed. Bonnefonds, 2000, page 32.
(13) G. de Raignac, ibidem : page 40.
(14) Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou. 2e édition, tome 2, Henri et Paul Beauchet-Filleau, etc. 1895, page 177. Et Généanet.
(15) Joël Bibonne, Histoire de la famille de Vivonne, tome 1, A.C.V.B., 2018, page 359.
(16) Lettre du 2-9-1727 de Bousseau à M. Montaudouin sur les affaires en cours, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/F 7.
(17) Joël Bibonne, ibidem page 41.
(18) Arrentement en 1372 de la Milonnière par Jean de Sainte-Flaive, note sur la Milonnière à Saint-André-Goule-d'Oie, Archives d'Amblard de Guerry : S-A.
(19) Joël Bibonne, ibidem page 336. G. de Raignac indique vers 1290.
(20) Ibidem pages 337 et 340.
(21) Ibidem page 337.
(22) Ibidem page 339.
(23) Ibidem page 346.
(24) Ibidem page 350.
(25) Ibidem page 351.
(26) Ibidem page 359.
(27) Documents (1341-1342), Aux origines de la guerre de succession de Bretagne, Introduction, édités par Graham-Goering, Jones, Yeurc’h, Charon, Presses universitaires de Rennes, 2019, page 52.
(28) Georges Minois, Histoire du Moyen Âge, Perrin, 2016, p. 326 à 330, cité par Joël Bibonne page 349.
(29) Ingrid de Belleville, Jeanne de Belleville, la véritable histoire, Éditions du CVRH, 2022.
(30) Aveu en 1343 de Jean de Thouars à Montaigu (roi de France) pour des domaines à Saint-André, no 389, Archives Amblard de Guerry : classeur d’aveux copiés au Archives Nationales.
(31) Joël Bibonne, ibidem page 351.
(32) Idem (30).
(33) Notes no 2 sur la Milonnière à Saint-André-Goule-d’Oie, Archives d’Amblard de Guerry : S-A 2. Et notes no 5 et 17 sur le bourg de Saint-André-Goule-d’Oie, ibidem : S-A 3.
(34) Joël Bibonne, ibidem page 348.
(35) L. Brochet, histoiredevendée.com. Et Joël Bibonne, ibidem page 354
(36) Joël Bibonne, ibidem page 376.
(37) Ibidem page 356.
(38) Ibidem page 365.
(39) Ibidem page 366.
(40) Note no 9 sur la Milonnière à Saint-André-Goule-d’Oie, Archives d’Amblard de Guerry : S-A 2.
(41) B. Fillon et O. de Rochebrune, Poiroux, page 5 dans « Poitou et Vendée études historiques et artistiques », T. 2, réimpression par Laffitte en 1981 de l’édition de 1887.
(42) Ibidem page 377. Aussi : L. Brochet, histoiredevendee.com.
(43) Ibidem page 378.
(44) Ibidem page 381.
(45) Arch. nat., X1a 57, fol. 137. Recueil des documents concernant le Poitou contenus dans les registres de la chancellerie de France. 6 / publiés par Paul Guérin. Impr. Oudin (Poitiers) 1881-1958 (Gallica Identifiant : ark:/12148/bpt6k209491k), page 290.
(46) Aveu du 8-11-1396 des Essarts à Thouars, Archives nationales, chartrier de Thouars : 1 AP/1135. Et aveu des Essarts du 20-1-1398 à Thouars, ibidem : 1 AP/1131.
(47) Joël Bibonne, ibidem page 368.
(48) Ibidem page 371.
(49) Archives historiques du Poitou Impr. de H. Oudin (Poitiers) 1879 Tome 8, page 414 (Gallica Identifiant : ark:/12148/bpt6k209475d)
(50) Joël Bibonne, Ibidem, pages 375 et 376.
(51) Ibidem page 385.
(52) Ibidem page 392.
(53) Ibidem page 376.
(54) Ibidem page 396.
(55) Ibidem page 401.
(56) Société des archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, Édition Mme Z. Mortreuil (Saintes) 1874 (Gallica Identifiant : ark:/12148/cb32701443g/date), page 68.
(57) Aveu du 7-3-1509 de la Boutarlière aux Essarts, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 95.
(58) Reynald Secher, La Chapelle-Basse-Mer village vendéen, Révolution et contre-révolution, Perrin, 1986, pages 20 et 50. 
(59) Recueil des documents concernant le Poitou contenus dans les registres de la chancellerie de France. 6 / publiés par Paul Guérin. Impr. Oudin (Poitiers) 1881-1958 (Gallica Identifiant : ark:/12148/bpt6k209491k), page 233.
(60) Joël Bibonne, ibidem page 382.
(61) Ibidem pages 398 et 399.
(62) Recueil des documents concernant le Poitou contenus dans les registres de la chancellerie de France. 6 / publiés par Paul Guérin. Impr. Oudin (Poitiers) 1881-1958 (Gallica Identifiant : ark:/12148/bpt6k209491k), page 264.
(63) Archives de Vendée, travaux de Guy de Raignac, familles anciennes du Bas-Poitou, de Sainte-Flaive : 8 J 29, page 4.
(64) Aveu du 16-4-1597 des Essarts à Thouars, Archives nationales, chartrier de Thouars : 1 AP/1135.
(65) Aveu du 16-3-1591 des Essarts pour le Breuil Nicou, Morenne et fief commun, à Thouars, Archives nationales, chartrier de Thouars : 1 AP/1136.
(66) Joël Bibonne, ibidem page 402.
(67) Archives de Vendée, travaux de Guy de Raignac, familles anciennes du Bas-Poitou, de Sainte-Flaive : 8 J 49, notes provisoires de B. de Grimouard : Les premiers seigneurs de l’Aublonnière.
(68) Idem (64).

(69) C’est peut-être le même bourgeois de Fontenay-le-Comte, appelé Mery Bretin, dont la fille fut enlevée par Vincent Gautereau. Voir J. Chauvet, Criminels de « petit état » en Poitou médiéval, 2023, CVRH, p.224. 

(70) Joël Bibonne, ibidem page 390.
(71) Archives de Vendée, G. de Raignac, Généalogies vendéennes des familles, de Sainte-Flaive : 8 J 29, pages 13 et 15.
(72) Le fief du Coin et ses redevances à Saint-André-Goule d'Oie aux 15e et 16e siècles, Archives d'Amblard de Guerry : S-A 4. 
(73) Idem (71)
(74) Gourraud, Notes historiques sur la paroisse de Chavagnes les Montaigu, société d’émulation de la Vendée, 1876, vue 93 aux Archives de la Vendée.
(75) Lettre de Proust du 8-2-1729, procureur fiscal de Saint-Fulgent, à Volluette, avocat parisien du seigneur de Saint-Fulgent. Dans cette lettre on lit que J. Merland, procureur fiscal des Essarts, a lu dans les archives de la chambre des trésors du château des Essarts que la première concession du fief du Coin Foucaud était des Essarts. Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 40.
(76) Aveu en 1437 de la Barette (Regnault de Plouer) aux Essarts (Jean de Brosse), et aveu du 10-8-1440 de la Barette (Regnault de Plouer) aux Essarts (comtesse d’Étampes), Archives de la Vendée, archives de la Barette : 2 MI 36/3.
(77) Note no 5 sur le fief de Saint-André à Saint-André-Goule-d’Oie, Archives d’Amblard de Guerry : S-A 3.
(78) Décret du 2-9-1673 rendu à Thouars sur les domaines des Roullins (Essarts) appartenant à Tutault, Archives de la Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/A 4.
(79) A. de Guerry, Chavagnes, communauté Vendéenne, Privat, 1988, page 62.

Emmanuel François,  tous droits réservés
Janvier 2020, complété en juillet 2024

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