mardi 1 septembre 2015

La Boutinière à Saint-André-Goule-d’Oie

Le Pont Boutin
Quittant le bourg de Saint-Fulgent, en direction de Saint-André-Goule-d’Oie, on arrive rapidement au pont Boutin. Edifié en 1850, il enjambe le ruisseau du Vendrenneau et marque la limite entre Saint-Fulgent et Saint-André. Tout de suite après, une pancarte indique le nom de la Boutinière pour désigner le village situé de chaque côté de la route. Un sieur Boutin a laissé son nom, non seulement à ce pont, mais aussi au village.  

Un texte de 1671 indique l’existence d’un « quaireux (cour) du pont Boutin », bordant un pré appelé « l’Ouche du Pont » (1). Il se trouvait à l’angle de deux chemins : celui qui va de Saint-Fulgent à Saint-André et celui qui va de Saint-Fulgent à St Florence. Celui-ci, toujours indiqué sur le cadastre napoléonien de 1838, longeait la forêt de l’Herbergement-Ydreau, et auparavant conduisait vers la Chevaleraye et la Brossière. L’ancien pont Boutin était alors situé bien plus bas que le pont actuel, et le chemin de Saint-Fulgent descendait vers le ruisseau avant de remonter vers la Boutinière.

Bâti sur le sommet d’une côte, l’habitat de ce village doit remonter à très loin. On sait que la voie romaine Nantes/Saintes par Montaigu, Saint-Georges-de-Montaigu, avait, à partir de Chavagnes-en-Paillers, deux parcours différents. L’un passait par Saint-Fulgent à la Chaunière, puis par la Boutinière (Saint-André-Goule-d’Oie), située sur la crête d’une colline, et continuait vers les Quatre-Chemins par la Brossière (2). On peut émettre l’hypothèse que le village de la Boutinière a été habité depuis très longtemps sur ce tracé.

Espace des anciens moulins de la Boutinière
Les vestiges du passé semblent avoir tous disparus, même les deux moulins à vent du village. Il faudrait un miracle pour en deviner l’emplacement au milieu de la pelouse d’une des nombreuses maisons neuves construites à leur place sur le côté est de la route. En été, l’herbe y sèche plus vite normalement, sauf si l’agriculteur, qui a repris le champ où ils étaient construits, a régulièrement enlevé depuis toutes les pierres remontant à la surface. 

Ce tènement de la Boutinière a une origine non documentée, né probablement d’un besoin de se défendre assumé par un chevalier. Nous en connaissons néanmoins son ancien périmètre, et il a été constitué d’une concession seigneuriale de plusieurs parcelles appelées tenures, d’où le mot tènement. Il bordait la rivière du Vendrenneau au nord et à l’ouest, et se confrontait au tènement du Coudray au sud, et à celui de la Chevaleraye et des Suries à l’est.

Au 16e siècle


Au 16e siècle ce tènement relevait de la seigneurie des Bouchauds, dont le seigneur avait résidé dans le bourg actuel des Essarts. Cela pourrait présumer qu’il en avait été le fondateur à l’origine, mais nous nous garderons bien de l’affirmer. Au 16e siècle il avait disparu, son « hôtel » était en ruines, et ses droits étaient alors possédés par les Harpedanne de Belleville. Cette histoire d’avant le 16e siècle, qu’on devine mouvementée, est absente des archives conservées de la Rabatelière. Celles des Essarts ont disparu avec l’incendie du château pendant la Révolution. Le seigneur des Bouchauds avait pu acheter, hériter, voire confisquer par les armes cette mouvance sur la Boutinière.

Le tènement de la Boutinière comportait un habitat constitué en village. Mais ce ne fut pas le cas de tous les tènements aux alentours : ceux de la Roche Herpière, des Bruères, des Suries, de la Bouguetière, du Dreplar et des Landes de l’étang du Pin, n’ont pas eu d’habitats attestés.

On sait que les tenures avaient été accensé (bail à cens) par les seigneurs moyennant le versement de redevances (cens), sous forme principalement de rentes en céréales et de sommes d’argent, ou parfois en nature (volaille). Puis les locataires avaient acquis la faculté de transmettre leurs tenures par succession et vente, moyennant d’autres redevances à verser, devenant ainsi des propriétaires. Mais ces biens étaient censifs ou roturiers, payant le cens et autres devoirs seigneuriaux, dans notre cas au seigneur des Bouchauds.

Les profonds bouleversements de la propriété foncière que connut le Moyen Âge échappent à notre connaissance à Saint-André. La documentation dont nous disposons commence en 1550. Elle nous décrit une situation représentative de la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie : peu de métairies, nées au Moyen Âge semble-t-il, et beaucoup de borderies. Et peu de changements tout au long des 17e et 18e siècles dans cette répartition des terres : globalement maintien du nombre de métairies et divisions des borderies.

La métairie de la Boutinière


Ainsi à la Boutinière il y avait une métairie. En 1796 elle comprenait 15,7 hectares dans 22 prés et champs, le plus grand d’entre eux faisant 1,8 ha (champ de Coudrette). Son plus ancien propriétaire connu est Pierre Joyneau, écuyer, seigneur de la Boucherie, maitre des Eaux-et-Forêts en Anjou demeurant en la ville d’Angers. Il la vendit à Jacob Arnaudeau le 20 mai 1625. Ce dernier demeurait dans le bourg de Saint-Fulgent et appartenait à une famille importante de la paroisse. Il déboursa 6 274 livres pour cet achat, mais comprenant en même temps l’achat de plusieurs rentes prélevées à la Chevaleraye, Machicolière et Maigrière, et quelques bâtiments dans le bourg de Saint-Fulgent : une maison près de la halle, une grange joignant la chapelle Saint Jean, la petite maison dite de Launay, et quelques jardins et champs relevant des seigneuries de la Thibaudière et de Saint-Fulgent. Au moment de l’achat, le métayer de la Boutinière s’appelait Pierre Chatry (3).

Les Arnaudeau comptent au nombre de ceux qui épousèrent la cause protestante à Saint-Fulgent. Jacob Arnaudeau sieur des Clavelières, fils de Jacob Arnaudeau et de Renée Varennes, avocat en parlement, épousa Madeleine Fournau le 6 juillet 1644 au temple de Châtellerault.
On a repéré aussi François Arnaudeau, né vers 1620, sieur de la Morinière, fils de Moïse Arnaudeau (notaire), qui fut greffier à Saint-Fulgent et épousa Marguerite Chervy. En 1644 il acheta des rentes de blés à Jacques Arnaudeau et Gilberte Courpé sa femme.
Le plus connu des Arnaudeau est le notaire Pierre Arnaudeau, à cause de ses nombreux actes faits avec Louis Proust au service du seigneur de Languiller, au tournant des 17e et 18e siècles. Le 19 mars 1688, on le rencontre sur le registre paroissial, greffier de Saint-Fulgent, qui assiste à la sépulture de René Bertrand seigneur de Saint-Fulgent , inhumé dans le chœur de l’église. Il était né en 1639, était catholique et fut syndic (maire) de Saint-Fulgent (13 juillet 1673, vue 19). Se présentant comme sieur de la Brunelière, il s’était marié à Jeanne de La Personne qui fut inhumée le 28 octobre 1704 (vue 58) dans l’église de Saint-Fulgent à l’âge de 65 ans. Lui-même a été inhumé dans l’église le 17 juin 1714 (vue 8) à l’âge de 75 ans. Leur fille, Marie Anne Arnaudeau, épousa en 1692 Pierre Gourraud, sieur de la Maisonneuve (3).

Dans la deuxième partie du 17e siècle la métairie de la Boutinière appartenait à Jean Corbière sieur de la Coussay, vivant à Beaurepaire. Il en avait hérité de sa mère, Marguerite Arnaudeau, d’une famille de bourgeois de St Fulgent. Il s’était marié le 11 février 1698 (vue no 64 sur le registre paroissial accessible sur le site internet des Archives de Vendée) à Saint-Martin-Lars en Sainte-Hermine, avec Marguerite Rousseau (née à Saint-Martin-Lars le 26 septembre 1679 avec 13 frères et sœurs), fille de Germain Rousseau, sieur de Landairie, et Marie Robert. A ce mariage était témoin un Rousseau, sacriste de la Grainetière (s’occupe de la sacristie). Ils eurent 4 enfants baptisés à Beaurepaire entre 1699 et 1703. Jean Corbière sieur de la Coussay a été inhumé à Beaurepaire le 23 juillet 1705 à l’âge de 45 ans (vue 48), emporté par la maladie.

Général de Bonchamps
Puis la métairie fut acquise en 1712 par Charlotte de La Douespe (1685-1740), épouse de Charles René de Farci, seigneur du Rozerai (4). Elle fut l’arrière-grand-mère de Charles Melchior de Bonchamps, le célèbre général vendéen, l’auteur du fameux pardon. Elle était la fille de 
François de La Douespe, venu avec son père de Normandie s’installer à Mouchamps chez les Rohan Soubise, protecteurs des protestants. D’ailleurs ses deux frères, sa sœur et ses parents émigrèrent aux Pays-Bas et en Angleterre en raison des persécutions. Ainsi Charlotte de La Douespe récupéra-t-elle la métairie de Puy-Mest (Essarts), dépendant de la seigneurie de la Barette, qui avait appartenu à son frère Jacques en 1672 (5). D’autres membres de la famille de La Douespe firent souche dans la région, comptant parmi leurs descendants Georges Clemenceau (6). Au moment de l’achat, le « colon » (métayer) était alors un nommé You.

Vers 1747, la métairie de la Boutinière, ainsi que celle de la Chevaleraye, furent vendues, probablement par les héritiers de Charlotte de La Douespe, à Perrine Bruneau, épouse de Jean Abraham de Tinguy, seigneur de la Sauvagère (Saint-Laurent-de-la-Salle), qui les paya sur ses biens propres pour le prix de 4 950 livres. Pour cela elle avait été remboursée d’une rente que lui devait Marguerite Elizabeth Angélique de Farcy du Rozerai, épouse d’Anne Arthus de Bonchamps, chevalier seigneur de la Baronnière (Anjou). Elle vendit aussi une métairie aux Essarts pour financer l’acquisition (7).

Le 7 septembre 1766 Jean Abraham de Tinguy loue la métairie de la Boutinière à Nicolas Audureau, venant du Plessis-le-Tiers (St André), en remplacement d’un nommé You (8). Il garde la réserve de deux greniers dans les bâtiments de la Boutinière néanmoins. La durée du bail est de 5 ans (1767-1572) pour une ferme annuelle de 230 livres. Les menus suffrages dus au propriétaire sont de 20 livres de beurre net au mois de mai, 6 poulets à la fête de Pentecôte, et 6 chapons à la fête de Noël. On peut estimer que le montant de la ferme représentait à cette époque de l’ordre de 8 % de rendement brut annuel du capital, bien loin des 3 % environ d'aujourd’hui en Vendée.

Le montant en argent de la ferme correspond à la valeur de 153 boisseaux de seigle à la mesure des Essarts, soit 26 quintaux. Compte tenu d’un rendement moyen autour de 9 quintaux l’hectare ensemencé, tel qu’observé dans la région de la Chataigneraie, il fallait une surface d’environ 2,9 hectares pour obtenir cette quantité de grains.

Si le paiement de la ferme avait été en nature, par partage des fruits des récoltes à moitié, nous aurions vraisemblablement pu lire dans le bail les cultures pratiquées dans la métairie. A s’en tenir à des exemples proches à cette époque, on trouvait : froment (un peu), seigle (surtout), méture (mélange de semences), baillarge (orge de printemps), orge, avoine, mil, blé noir, pois, fèves.

Au prix de la ferme, il faut ajouter le paiement par le métayer du droit de terrage seigneurial de 1/6 des récoltes après le paiement de la dîme ecclésiastique, et les autres droits seigneuriaux du tènement, significatifs ici, mais dont la métairie en supportait la moitié du total probablement. Enfin, il lui fallait prendre en charge la part réservée aux semences, et payer les impôts royaux : la taille, et suivant les époques le dixième ou le vingtième.

Aux récoltes il fallait ajouter les revenus de l’élevage. Les bovins étaient élevés pour le trait, et accessoirement pour la boucherie et la vente des bœufs dressés pour le trait. Ce point est important, or il n’est pas évoqué dans le bail. Cela veut dire que le propriétaire n’y était pas impliqué, et donc que vraisemblablement le « cheptel vif » (animaux) appartenait au métayer seul. Si celui-ci vendait une paire de bœufs âgés de trois ans et dressés à l’attelage, il encaissait alors une vente d’environ 130 livres à cette époque. Agés de huit ans et engraissés pour la boucherie, leur prix pouvait monter à 240 livres. On voit ainsi, que même accessoire dans le total du « cheptel vif », cette paire de bœufs prend une place importante dans le revenu du métayer, suivant la fréquence de sa vente et les prix pratiqués dans les foires aux bestiaux des Herbiers, Bazoges, Vendrennes, l’Oie, les Essarts et Saint-Fulgent. Dans cette dernière localité on comptait 7 foires autorisées dans l’année (Mardi de Pâques, Mardi de Pentecôte, Petite St Jean : 6 mai, St Claude : 6 juin, Grande Saint Jean : 24 juin, Saint Côme : 27 septembre et Saint-Fulgent : 8 octobre). Or la fréquence des ventes dépendait de la surface des prairies naturelles disponibles, et des aléas des épizooties et variations climatiques. Encore fallait-il être suffisamment riche pour posséder le cheptel d’animaux nécessaire. C’est pourquoi certains métayers affermaient une partie du bétail dans des baux à « cheptel de fer ». Il faudrait aussi ajouter le « menu bétail », principalement les « bêtes bêlines », mais ne représentant qu’une valeur d’appoint. Un mouton pouvait valoir 5 livres et une brebis 2 livres. Néanmoins la livre de laine en poids se montait à 1 livre en argent. On remarquera qu’aucune valeur d’appoint n’est à négliger dans cette économie proche de la subsistance.

L’élevage ne subissait que les impôts royaux, et à la Boutinière on ne rencontre pas de dîme sur les animaux. Cela confirme bien son rôle cantonné à un moyen de production à l’origine au Moyen Âge, comprenant aussi la production d’engrais naturel. Accessoirement, il constituait un moyen de subsistance pour les fermiers à cause du lait des vaches. Et ensuite, il pourra devenir partiellement un facteur d’enrichissement, même limité par la surface des prairies naturelles. 

Le Vendrenneau à la Boutinière au mois de juin
L’importance des prés le long du ruisseau du Vendrenneau rend très probable cette ressource complémentaire à la Boutinière, à laquelle s’ajoutaient les terres en guéret et en partie les landes en jachère pour nourrir les bêtes. Moyennant quoi, un métayer d’une métairie comme celle-ci, même chargé du prix d’une ferme, possédait une capacité de revenus plus élevée que celle de beaucoup de petits bordiers propriétaires. La surface cultivée constituait, dans la comparaison, le facteur essentiel de différentiation, à cause de la pratique des jachères, celles-ci neutralisant presque la moitié de la surface d’une métairie.

En dehors des redevances et impôts que nous avons évoqués, les autres charges du métayer n’étaient pas importantes : on n’achetait pas d’engrais le plus souvent à cette époque, et on fabriquait l’essentiel de ses outils en bois. Néanmoins il fallait payer les outils en fer au maréchal et les roues au charron. Puisqu’en économie de subsistance et autarcique tout compte, il faut noter l’achat des « hardes » (habits), quoique parfois, même dans les métairies, les femmes filaient et tissaient la laine. L’essentiel de la nourriture provenait du jardin et des « menus animaux » élevés. Quant à la main d’œuvre, elle était gratuite, fournie par la famille, femmes et enfants compris. Tout au plus au moment des moissons engageait-on des « valets ». Et si la taille de la métairie le nécessitait, on s’engageait en communauté avec les parents, ou frères et sœurs de l’un des époux. Dans cette communauté familiale, tout le monde vivait « au même pain et pot », frugal dans le meilleur des cas (voir l’article publié sur ce site en 09-2012 : Les communautés familiales d’autrefois dans le canton de St Fulgent). Mais quel malheur en cas de maladie ou d’accident, s’il fallait engager des valets.

On lit dans le texte du bail de 1766 que le métayer sera « tenu à toutes corvées et mandées, tant d’hommes, de femmes, que bœufs et charrettes », suivant la formule rituelle, alors que la pratique était restreinte par la coutume du Poitou.

Pour les arbres, que le preneur n’a pas le droit d’abattre ni de « giter » (prendre des jeunes pousses), des exceptions sont prévues : un chêne têtard chaque année « propre à faire des bûches, pendant le cours des présentes deux vergnes (aulne) pour faire des sabots, ainsi que le bois dont le preneur aura besoin pour l’entretien de ses charriages (charrettes) ». Ces arbres seront choisis par le propriétaire.

Les autres clauses sont celles que l’on trouve habituellement à cette époque : laisser à la sortie ce qu’on a trouvé en entrant dans le bail de paille, foin et engrais, labourer suivant l’assolement prévu par la coutume, entretenir les prés (nets de ronces avec un bon écoulement des « rouères » ou rigoles), les fossés, les barrières des champs et les haies (coupes d’un 1/5 des branches des arbustes par an), refaire les couvertures des logements et bâtiments une fois dans le cours du bail (en végétal séché), les matériaux étant fournis par le propriétaire. Suivant l’usage, le métayer supportera la charge des droits seigneuriaux reposant sur les propriétaires. Enfin le preneur s’oblige à la prison en cas de non-respect de son bail : « le preneur s’oblige même par corps à tenir prison close comme pour deniers royaux, attendu qu’il s’agit de ferme de biens de campagne ». C’est dire si les mœurs ont changé ! On devine derrière la formule la fragilité de la condition des métayers, qu’il faudrait étayer par des documents.

Blason des Tinguy
Le 7 juin 1771 Jean Abraham de Tinguy loue la métairie à André Roy qui venait de la Giroulière (Rabatelière) en remplacement de Nicolas Audureau (9). Il l’avait déjà louée le 8 avril précédent à Jean Augereau, habitant la Chardière de Chavagnes. Mais ce dernier comptait sur son père pour s’associer avec lui dans le bail, et le père refusa de quitter la Chardière. Alors « ledit Augereau ne se trouve pas assez fort pour faire seul ladite métairie », et le bail fut résilié avant même d’avoir commencé.

André Roy et sa femme Jeanne Auvinet s’engagent sur un bail de cinq ans (1772-1777) moyennant une ferme annuelle de 264 livres, et des menus suffrages d’un agneau à Pâques ou 3 livres au choix du bailleur. Les autres clauses du bail reprennent celles du précédent avec Nicolas Audureau, sauf sur un point : les corvées sont allégées et mieux précisées. On devine que la clause a fait l’objet d’une discussion, car on ne s’est pas contenté de la formule générale et tout prête des notaires.

Il est écrit que le preneur est tenu « d’un charroi à trois lieues à la ronde pendant le cours des présentes », ce qui est peu et inférieur aux limitations de la coutume du Poitou, étant bien précisé que le bailleur ne pourra « rien demander ni exiger du preneur les années qu’il pourrait ne pas lui faire faire ledit charroi, ni les répéter d’une année à l’autre ». La nourriture des « bouviers » (conducteurs de bœufs), sera prise en charge par le bailleur « seulement que lorsqu’ils seront en la demeure dudit sieur bailleur, soit en partant, soit à leur retour » (la coutume le prévoyait déjà).

Le 2 janvier 1776 un nouveau bail est signé pour 7 ans (1777-1784), moyennant 300 livres par an. Le métayer André Roy est remplacé par la communauté de Jean Boisselier, marié à Françoise Drapeau, et de Nicolas Girard, marié à Marie Boisselier, demeurant à la Chevaleraye. Le montant de la ferme a augmenté de 13,6 %. Les menus suffrages ont changé : 4 poulets, 4 chapons et 10 livres de beurre par an, mais sans représenter un changement significatif de charges. En revanche les corvées ont aussi augmenté : un charroi pour M. Tinguy de la Sauvagère à 3 lieues de distance maximum par an, et 10 charrois par an avec bœufs, charrette et un homme pour charroyer les bois, landes et fournilles (menu bois et branchages pour chauffer un four) du bailleur. C’est que le bailleur n’est pas le propriétaire. M. de Tinguy a baillé sa métairie à un boulanger demeurant dans le bourg de Saint-Fulgent, René Deboeuf. Et ce dernier a sous-affermé. Nous ne disposons que du contrat de sous affermage, et nous ne savons pas pourquoi on a procédé ainsi (10). 

La veuve d’Abraham de Tingy, Perrine Bruneau, vendit la métairie de la Boutinière, avec celle de la Chevaleraye, en novembre 1789 à Agnan Fortin, le dernier seigneur de Saint-Fulgent, moyennant la somme de 22 000 livres. On était entré dans une époque d’hyper inflation des prix avec la Révolution française.

Enfin, pour illustrer la situation d’un bordier à la Boutinière, on pourra relire le passage consacré à Christophe You dans l’article publié sur ce site en avril 2013 : Simon Charles Guyet à St Fulgent (1733-1793. Ce dernier avait en effet acheté à C. You en rente viagère une borderie à la Boutinière dans l’année 1776, d’une surface de 2 hectares.

Le paysage de la Boutinière avant la Révolution


Le Vendrenneau près de la Boutinière
Les prés étaient importants à la Boutinière. Ainsi « le pré des Rivières » et de « Coudrette » faisaient deux ha, le « pré de la Fontaine », aussi appelé « Pré Poiron » faisait un ha. La proximité de la « rivière qui descend de Vendrenneau au pont Boutin » l’explique en grande partie.

Cette désignation du ruisseau du Vendrenneau en 1671 est révélatrice. Les ruisseaux prenaient parfois naissance dans des étangs : le Vendrenneau à Vendrennes, Fondion et les Noues à St André. Ces derniers donnant naissance « au ruisseau qui descend de Fondion en la rivière de Vendrenneau » et « au ruisseau descendant de l’étang des Noues ». Mais ces dénominations changent sur le parcours du ruisseau. Plus près de l’amont, elles désignent les sources véritables dans la forêt de l’Herbergement proche. Les sols sont humides on le voit, et favorisent les prairies naturelles, à une époque où on ne cultivait pas encore les prairies artificielles dans cette région, faute d’engrais en assez grande quantité. C’est que les terres acides du bocage avaient une fertilité insuffisante.

Dans l’énumération des surfaces foncières, les parcelles de jardins étaient notées avec précision. Bénéficiant par priorité du peu d’engrais naturel disponible, de l’eau de la fosse du village ou d’un ruisseau proche, elles nourrissaient les familles. Avec elles, on voit l’importance de l’économie de subsistance qu’elles permettaient. Ainsi le « Grand Jardin » de la Boutinière occupait 2 400 m2, partagé entre les habitants du village.

Et il y avait des vignes comme partout : celle de la Boutinière descendait le petit coteau jusqu’à la route de la Chevaleraye (malgré une exposition au nord). En 1664, il y avait une boisselée de vigne appartenant à un greffier habitant le bourg de Saint-Fulgent, Arnaudeau, sur les sept boisselées en culture (11). Au tènement des Suries voisin, une partie du « champ du Chêne Creux » était plantée en vigne (12).

Ce qui retient l’attention dans la description des confrontations des champs et des prés, c’est la présence des chemins. Ils ont apparemment été tracés dès l’origine en même temps qu’on défrichait. Ils n’étaient pas classifiés comme ce fut le cas à partir du 19e siècle, quand on créa les routes. Tout juste remarque-t-on trois catégories, pas toujours bien distinguées en pratique : les grands chemins, en général pour les liaisons entre les bourgs des paroisses, les chemins pour les liaisons entre les villages, et les chemins de servitude pour se rendre dans un champ ou autre lieu précis d’un tènement. Ils n’étaient pas empierrés et la boue par temps pluvieux constituait le lot commun, d’autant qu’il n’y avait pas toujours des fossés.

Sur ces chemins entourés de haies plantées d’arbres, presque tous têtards, le voyageur à cheval devait écarter les branches, même le voyageur à pied parfois, pour ne pas se blesser au visage. En hiver la situation était pire, car il fallait marcher près des haies, le milieu du chemin étant impraticable à cause de l’eau et de la boue. Et encore cette situation hivernale pouvait durer près des deux tiers de l’année. Ainsi s’exprime un habitant de la Chataigneraie dans la revue des « Affiches du Poitou » en 1773 (13). 
On désignait les chemins par leur liaison, comme nous avons le « chemin du bourg de Vendrennes au Coudray Loriau », qui bien sûr pouvait être désigné autrement : « le chemin par où l’on va du Coudray Loriau à la Brossière ». De même « le chemin de Saint-André à la Javelière » était aussi « le chemin de la Ridolière à la Javelière ». A y regarder de près il y avait plus de chemins que maintenant, car plus d’habitats dispersés et plus de parcelles foncières qu’il fallait desservir. Ainsi que sont devenus « le chemin de la Javelière à la Remigerère », « le chemin de l’étang des Noues à Saint-Fulgent », « le chemin de la Grande Noue à la Boutinière » ?


Les propriétaires et leurs redevances seigneuriales


La Boutinière
En 1618 les propriétaires du tènement de la Boutinière étaient Julien Paynaud, Michel Chatry, Michel Rabereul (habitant au Coudray), Nicolas Cougnon et la veuve d’Antoine Cougnon (habitants de la Chevaleraye). Il est probable que cette liste de propriétaires est incomplète, n’étant pas certain que toutes les déclarations roturières aient été conservées.

Ils devaient au seigneur de Saint-Fulgent un droit de terrage consistant, à partir de 1560, à prélever 1/12 des récoltes, « rendables en votre chastel de votre ville de Saint-Fulgent ». Un autre 1/12 était prélevé au profit du baron des Essarts. Mais quelques rares champs en étaient exonérés et ne payaient qu’un modeste cens (14). Des cens et rentes féodales étaient dues à différents termes de l’année, au total : 4 boisseaux de seigle, 48 ras d’avoine et 3 livres 4 sols en argent. Nous reviendrons prochainement sur ces droits seigneuriaux, avec ceux de la Chevaleraye et de la Javelière, en racontant l’opposition des seigneurs de Saint-Fulgent et de Languiller à leur sujet.

En plus il y avait la rente foncière due à la seigneurie de la Roche de Chauché, possédée par la Rabatelière dès le 17e siècle, et échappant aux querelles des seigneurs suzerains que nous venons d’évoquer. A la Boutinière elle se montait à 4 boisseaux de seigle à la mesure des Essarts, répartie entre les propriétaires. On la rencontre dans quelques autres tènements de Saint-André d’un montant variable, aussi des Essarts et de Chauché, et remontant à une époque indéterminée (15).
 
Suivant Théophile de Tinguy, la Roche de Chauché constitua pour la famille Bruneau une branche détachée de la Rabatelière, au même titre que la Giroulière proche (16). Au 14e siècle La Roche appartenait aux Rezay, seigneurs de la Merlatière, Jarrie, Raslière et Saint-Fulgent. Elle passa en 1450 aux Bessay par le mariage d’Isabeau de Rezay avec François de Bessay, puis en 1473 aux Saligné par le mariage de Marie de Bessay avec Jean de Saligné (17). En 1571, suite à un partage entre Gilon de Bessay et Alexis Royrand, ce dernier, seigneur de la Patissière, prend la moitié par indivis de l’hôtel noble et métairie de la Roche de Chauché.  L’autre moitié indivis appartenait en 1507 à Louis Marchand, seigneur de la Métairie, à cause de Jeanne de Saligné sa femme (18).

Il existait à la Boutinière un droit particulier dit de « rivage », comme au Clouin et à la Porcelière. En Poitou, c’était le droit de couper les joncs et autres plantes aquatiques qui croissent sur le bord des rivières (18). L’ouvrage consulté fait état d’un usage par les meuniers qui fauchaient ces plantes pour les donner en nourriture à leurs mulets. On hésite à appliquer le droit de rivage à cet usage, car on rencontre la redevance dans les déclarations de tous les propriétaires du tènement et nullement dans celles des seuls meuniers de la Boutinière. Il parait probable que les plantes fauchées ne nourrissaient pas que les mulets des meuniers, et pouvaient aussi fournir la matière première des toitures des maisons. En tous cas, le débit des ruisseaux proches à St André exclut un lien entre ce droit et la navigation sur une rivière, qui est pourtant retenu par la documentation disponible habituelle sur le droit de rivage. Celle-ci ne tient pas compte de cette particularité propre au Poitou.

En l’état actuel de nos recherches, ce droit de rivage, lié aux fauchages des plantes des ruisseaux, semble différent de la redevance due au seigneur de la Boutarlière pour les abreuvages de l’étang du Pin, qui était de 8 ras d’avoine en 1764 (19).

Les 4 sols payés au titre du droit de rivage par les teneurs de la Boutinière, à la fête de notre dame de septembre (nativité), représentait un montant symbolique en 1606. Et à cette date celui-ci était partagé entre quatre bénéficiaires. Le baron des Essarts prenait un sol, le seigneur de Languiller prenait un autre sol et le sieur de la Patissière prenait les deux derniers. Celui-ci s’appelait Louis Payneau, greffier de la baronnie de Montaigu demeurant à la Patissière en la paroisse de Boufféré (20).

A ces redevances seigneuriales s’ajoutaient souvent d’autres charges collectives supportées par les propriétaires d’un tènement. Ainsi à la Boutinière, il existait sur le village une rente foncière annuelle et perpétuelle de 60 boisseaux de seigle due à un particulier. Bien sûr il y avait à l’origine de ces rentes une contrepartie dont avaient bénéficié les propriétaires, jamais indiquée. Le droit se perpétuait au fil des siècles parfois. Dans notre cas nous en prenons connaissance, car la rente a été achetée le 4 octobre 1649 par le prieur de la paroisse, Pierre Moreau, appartenant à une riche famille de bourgeois demeurant dans le bourg de la paroisse. Le vendeur est maitre René Rabreuil sieur de la Boutinière, pour sa femme Suzanne Gallot, moyennant la somme de 110 livres. (21)

Les moulins à vent de la Boutinière


Une particularité intéressante à la Boutinière ce sont ses deux moulins à vent, situés au sommet de la butte, proches du « Grand chemin qui conduit de Saint-Fulgent au bourg de Saint-André-de-Gouledois », sur le côté est. Sur le ruisseau du Vendrenneau on a repéré en 1675 deux moulins à eau : « le moulin à Grolleau », et le « moulin aux draps », en la paroisse de Saint-André, situé sur le tènement voisin de la Bergeonnière (22). Peut-être y en avait-il situés sur la paroisse de Saint-Fulgent.

Le « moulin à Grolleau » est visible sur le cadastre napoléonien de Saint-André (1838) dans le tableau d’assemblage (E) de la Boninière. Il n’est pas à confondre avec un autre moulin à eau situé du même côté (Saint-André) et plus proche de la Boutinière. Celui-ci était d’une construction récente, vers 1860/1870, et a été démoli au début du 20e siècle par M. Boisson, lequel l’avait fait tourner. Ce moulin appartenait à la famille Soulard, famille maternelle d’Eugène Boisson, et on l’appelait « le moulin Soulard ». Aux meuniers Soulard succéda le meunier Marché. Ces renseignements proviennent d’une visite sur les lieux en 1977 par l’abbé Boisson, guidé par M. Boisson (23).

Nous connaissons l'existence des moulins à vent par les déclarations roturières faites au seigneur du lieu. La plus ancienne qui mentionne un moulin à la Boutinière date du 7 juin 1595. Maurice Rabereul y déclare « un moulin à vent turquois avec pale droit » (24). Les mots employés restent en partie un mystère. On sait seulement que les moulins à vent, introduits en Europe au moment des croisades au Moyen-Orient, étaient appelés à l’origine « tours ailées » ou « moulins turquois ». Les deux expressions désignent deux types de moulins différents.

moulin turquois
Un livre récent nous apprend que les moulins turquois possédaient une cabine solidaire d’un pivot, ce dernier inséré dans une tour maçonnée. Le moulin à pivot tournant, était encore appelé moulin « massie » ou moulin « chandelier ». La cabine en bois, supportant les ailes, tournait par pression manuelle sur son échelle d’accès ou main courante (25). Ce type de moulin se distingue des moulins-tours, les plus fréquemment rencontrés en Vendée, comme celui de Bel Air à la Rabatelière, remarquablement restauré, ou celui de la Bourolière, dont la toiture a disparu. Leur tour en maçonnerie, de forme ronde appelée « tonnelle », était surmontée d’une toiture de forme conique. Elle tournait par pression sur une perche, et supportait les ailes. Les moulins étaient parfois bâtis sur une surélévation, une butte ou motte appelée « cerne », pour pouvoir manœuvrer les ailes.

Maurice Rabereul était un meunier habitant au Coudray (Saint-André), possédant un tiers en indivision du moulin, les deux autres tiers appartenant alors à un nommé Maurice Beriau. Ce moulin était bâti sur une parcelle de terre d’une demi-boisselée (environ 600 m2).

En 1595, la seigneurie des Bouchauds, dont dépendait la Boutinière, était déjà devenue la propriété du seigneur de Languiller, elle-même possédée par les seigneurs de Belleville. La déclaration roturière est adressée au « haut et puissant messire Léonor Chabot de Saint-Gelais, chevalier seigneur de Jarnac, au nom et comme tuteur ordonné par écrit de la personne et biens de demoiselle Marguerite de Belleville comtesse de Cosnac, Belleville et Languiller ».

Léonor Chabot, baron de Jarnac et seigneur de Saint-Gelais, était le deuxième époux de la tante de Marguerite de Belleville, Marguerite de Durfort-Duras. Il était aussi le fils de Guy Chabot, l’auteur du fameux « coup de Jarnac » en 1547. Marguerite de Belleville épousera bientôt Emmanuel Philibert des Prez, dit de Savoie.

Les redevances féodales dues au seigneur de Languiller étaient de 2 sols et 6 deniers par année « rendables en votre châtel du lieu de Languiller en chacune fête de Saint Jean Baptiste ». S’ajoutait le paiement de 2 chapons au profit du baron des Essarts. Ce dernier était resté en effet propriétaire d’une partie des droits seigneuriaux des Bouchauds.

Jean Burkhalter : Moulins en Vendée
Cette situation signifie que dès cette époque le moulin n’appartenait pas au seigneur des Bouchauds. Soit il l’avait vendu, soit il avait donné l’autorisation d’en construire un sur ce tènement de la Boutinière faisant partie de sa mouvance. Il n’en touchait qu’une redevance appelée cens, de faible valeur pour l’époque, qu’il partageait avec le baron des Essarts.

Le 2 juillet 1614, le moulin est toujours possédé en indivision par Maurice Rabereul. Mais les autres parts appartiennent à deux autres habitants du Coudray, aussi meuniers : Pierre Netraud et Pierre Ardouin (26). On apprend dans la déclaration roturière à cette date qu’on l’appelle le « moulin de Bordron », référence probable à son constructeur d’origine.

Une parcelle de terre a été achetée, portant la surface du terrain possédée à 2 boisselées. Sur elle le seigneur prélève un droit de terrage au 1/6 des récoltes, qui doit être apporté « chaque fête de notre dame en août » (assomption).

Mais la nouveauté de la déclaration de 1614, outre les propriétaires en partie différents, c’est le seigneur qui a changé. C’est celui de Saint-Fulgent, à cause de ses fiefs de la Chevaleraye et Boutinière, dont il se considère le seigneur.  Il s’appelait Jacques Bertrand et avait hérité de la seigneurie de Saint-Fulgent de sa mère, Charlotte Chasteigner, qui avait épousé Christophe Bertrand. Il prétendait posséder la mouvance et le droit de fief sur la Boutinière, à la place du seigneur de Languiller. Nous reviendrons plus tard sur cette querelle qui a duré près de deux siècles entre ces deux seigneurs, et qui s’alimentait notamment dans les arcanes du droit féodal. Les pauvres meuniers ne devaient pas être à l’aise dans cette querelle, et devaient aller vers le plus exigeant du moment, craignant de payer à l’un et à l’autre, au lieu de l’un ou l’autre.

Les redevances payées en 1614 sont les mêmes qu’en 1595, mais le seigneur de St Fulgent a tenu à faire reconnaître son droit de basse justice sur le moulin, signe manifeste de son droit de fief.

A la Boutinière
L’autre moulin était aussi possédé par des particuliers. Il avait fait l’objet d’une déclaration roturière au seigneur de Saint-Fulgent six semaines auparavant, le 21 mai 1614, par Marguerite Leray (27). C’était la veuve d’un Moreau sieur du Plessis, frère de Jacques Moreau sieur du Coudray. Ce dernier avait épousé Jeanne Laheu et est décédé avant 1617 (28). Nous avons raconté l’histoire de cette famille dans notre article publié sur ce site en juin 2014 : Les Moreau de St André Goule d'Oie aux 17e et 18e siècles.

Avec son beau-frère Jacques Moreau et son neveu Jacques Thoumazeau, Marguerite Leray déclare un champ appelée « l’Ouche du Moulin », laissé en indivision entre les trois cohéritiers, et situé à côté de son moulin de la Boutinière. Le droit de terrage qui y est prélevé, est partagé par moitié entre le seigneur de Saint-Fulgent et le baron des Essarts.

Marguerite Leray ne possède que la moitié de cet autre moulin, l’autre moitié appartenant à  Denis Maignan. Peut-être ce dernier était-il meunier, louant la partie ne lui appartenant pas. Ou bien les deux propriétaires louaient-ils le moulin à un meunier pour son exploitation. Le bail était alors rédigé comme celui d’une métairie, moyennant un loyer en argent.

Ce moulin était bâti sur une pièce de terre de 2 boisselées, une partie en jardin et l’autre en terre labourable, franche de droit de terrage. S’y trouve aussi une « maison à chapt » (toit à deux pentes et faîte au milieu).

Les redevances dues pour ce moulin sont partagées à moitié entre le seigneur de Saint-Fulgent et le baron des Essarts et payables à noël : 2 chapons et 1 feston de cens. A cette date le feston était une somme d’argent valant 14 sols 6 deniers ; plus tard il vaudra 15 sols.

A la Boutinière
Près de 60 ans plus tard, le moulin a changé de propriétaires. Dans une déclaration de 1671, la moitié par indivis est possédée par Louis Payneau sieur de la Patissière (29). Nous ne connaissons pas le propriétaire de l’autre moitié. Cette déclaration est faite au seigneur de Saint-Fulgent, René Bertrand. C’est le petit-fils de Jacques Bertrand que nous avons cité auparavant, rendu célèbre par le rapport de Colbert de Croissy et Barentin à Louis XIV sur l’état du Poitou. Colbert de Croissy lui fit une réputation abominable. C’était un protestant bagarreur il est vrai, ce qui a peut-être suscité quelque exagération. Les redevances seigneuriales n’ont pas changé à cette date.

Le 29 mars 1698, Catherine Payneau a pris la suite de son parent dans la propriété de la moitié du moulin. Elle fait ce jour-là une déclaration roturière à quelqu’un dont le nom est laissé en blanc ! Mais l’autre moitié appartient toujours au seigneur de Saint-Fulgent. A cette date les couteaux étaient tirés entre les seigneurs de Saint-Fulgent et de Languiller, ce qui explique le blanc bien volontaire qui parait dans le document, pour ne pas choisir entre les deux prétendants au droit de fief (30). Les redevances seigneuriales sont toujours les mêmes.

Catherine Paynaud est alors veuve de Pierre Maillocheau, sieur de la Daunière, demeurant à la maison noble de la Cantinière paroisse de Saint-Hilaire-de-Loulay. Elle y avait emménagé probablement après le décès de son mari. Avec lui elle avait vécu à Mesnard-la-Barotière, après s’être mariée à Boufféré le 6 février 1668 (vue 2). Ses neuf enfants sont nés à la Barotière, dont 5 survécurent.

En 1727, Claude Prosper Moreau possédait une rente de deux boisseaux de froment sur un des deux moulins de la Boutinière (31).

N’ayant pour source d’information que des déclarations roturières dues au seigneur local, nous n’en saurons pas plus sur l’activité des moulins. Ils étaient nombreux en ce 17e siècle et ne servaient pas qu’à fabriquer la farine. Mais nous ne connaitrons pas mieux les meuniers et leur vie, ni leur production, ni leurs modes opératoires, ni leurs clients, et ni leurs comptes. Dans son livre sur les moulins de Vendée, Elie Durel indique que les meuniers se payaient au dixième. Ils « craulaient ». « Sur une rasière, soit 80 kg, le client retrouvait 51 kg de farine, et 21 kg de son, 8 kg servait à payer le meunier » (32). 

Les Groleau, meuniers de la Boutarlière


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On remonte au plus loin à Clément Grolleau, marié à Perrine Coutand. Au moment de faire son testament en 1765, sa fille Jeanne est décédée, laissant une fille, Marie. Son gendre, Pierre Roturier, s’est remarié et a quitté la communauté existant entre lui, son beau-père et son beau-frère. Pierre Roturier loue à ces derniers sa part (un quart) dans le Grand moulin à vent. Dans la nouvelle communauté après son départ, le père, le fils et la bru sont fondés chacun pour un tiers des biens meubles et effets, valant au total 300 livres (33). Ils vivent ensemble, et Clément Grolleau lègue à sa bru Marie Mandin, « en reconnaissance de ses soins, tous mes meubles et effets mobiliers, morts et vifs, ensemble tous mes acquêts et conquêts immeubles tant à prix d’argent que d’arrentement, et le tiers de mes anciens biens fonds, et généralement tout ce que la coutume du Poitou permet de donner ». A sa petite-fille, Marie Roturier, il lègue la somme de 30 livres (34).

Clément Grolleau achète le 18 avril 1768 le ¼ du deuxième moulin à vent de la Boutinière appelé le « Petit Moulin », à Joseph Lhériteau bordier demeurant à la Gallerie (Vendrennes), partageable entre eux et la veuve You du Puygreffier. Le prix d’achat est de 200 livres, comprenant aussi des domaines au Coudray, où Grolleau demeure. Une partie du prix d’acquisition est payé au moyen d’une remise de dettes par Grolleau à l’acquéreur, concernant des livraisons de farine (35). On le verra d’autre fois, comme son fils, convertir en rentes perpétuelles des dettes d’agriculteurs lui apportant leurs céréales à moudre. Les Grolleau avaient un autre moulin sur la rivière du Vendrenneau.

Il est mort vers 1770, et son fils André Grolleau (1734-1803), épousa à Saint-André le 26 février 1754 Marie Anne Mandin (vue 113 du registre paroissial). Vers 1785 celui-ci quitta le Coudray pour venir habiter au village de la Boutinière près de ses moulins. Il fit des achats de biens fonciers, peu importants à chaque fois, à la Machicolière (deux fois), la Porcelière, aux Gâts, au Coudray. Il entreprit en 1783 la construction d’une grange au village de la Boutinière, le long d’une pièce de terre appartenant à Abraham de Tinguy, qui demeurait alors à la Giroulière avec sa femme. Ce dernier protesta d’un empiètement de terrain et d’une gêne pour l’écoulement des eaux. L’histoire en elle-même a peu d’intérêts, mais à lire la transaction qu’ils signèrent devant notaires pour régler le conflit, on voit deux personnes traiter d’égal à égal. Et pourtant l’un était noble et l’autre roturier. Que le noble ne fût pas seigneur de la Boutinière ne parait pas avoir influé sur les comportements, sauf probablement dans les rapports de civilité (36).

Avec sa femme André Groleau eu cinq enfants. Le premier est Marguerite Groleau, qui se maria avec René Monnereau, forgeron à Saint-Martin-des-Noyers. Leur fils Pierre Monnereau (1787-1856) sera curé des Brouzils  et fonda la « Congrégation des sœurs des sacrés cœurs de Jésus et Marie », autrement dit « les sœurs de Mormaison ». Le pape l'a déclaré « vénérable » en 1997.

Deux de ses frères se marièrent le même jour avec deux sœurs, à Saint-André le 9 février 1779 (vue 98). François Groleau épousa Françoise Pouzet, et Jacques Groleau épousa Jeanne Pouzet. Cette similitude de destins ne s’arrêta pas là, malheureusement. Ils furent tués par les bleus le même jour en 1794. En effet, Jacques Groleau est mort « dans les flots de la première guerre de la Vendée », écrit sur le registre d’état-civil le maire de Saint-André, François Cougnon, fils de l’ancien capitaine de paroisse (vue 137 sur le registre, au décès de sa femme, Jeanne Pouzet le 2-10-1827). Son fils Jacques continua les affaires de son père, car le cadastre napoléonien nous indique en 1838 qu’il était meunier à la Boutinière. Et dans le registre de reconstitution d’actes 1793-1801, à la vue no 9, on peut lire que Jacques Groleau « a été tué par les troupes républicaines le 26 février 1794 à Saint-Fulgent ». A la vue no 13 du même registre on lit en plus que « François Grolleau qui demeurait à la Boutinière … a été tué par les troupes républicaines le 26 février 1794 ». C’était le frère de Jacques, et on était en pleine révolte contre les colonnes infernales.

Les sœurs Pouzet avaient aussi un frère, Jean Nicolas, qui épousa Aimée Bordron, et une sœur, Marie, qui épousa Jean Bordron (1748-1813). Dans ces deux mariages, le même jour en 1770 (vues 5 et 6 à Saint-André-Goule-d’Oie), ce sont les couples Jean Pascal Pouzet, époux de Françoise Regrenil (de Sainte-Florence), et Jean Bordron époux de Renée Auvinet, qui marièrent leurs enfants. Les Bordron habitaient le bourg de Saint-André, où le mari était maréchal-ferrant et sera le premier maire de la commune en 1790. Jean Bordron (1748-1813) et son fils, aussi appelé Jean Bordron (1771-1850), se rangèrent du côté des révolutionnaires, le fils s’enrichissant en biens nationaux. 

Le quatrième enfant est Clément Grolleau (1761-1837) qui épousa à Saint-Fulgent Jeanne Badreau, fille d’un meunier de la Basse-Clavelière le 23 janvier 1785 (vue 32 sur le registre paroissial numérisé). Sa descendance y poursuivi les activités des moulins de la Clavelière jusqu’à leur terme, ainsi que les deux moulins de la Bourolière. Son fils s’appelait Jacques Grolleau, comme son cousin de la Boutinière.

Le cinquième enfant, Jeanne Grolleau, épousa Jean Aulneau, farinier demeurant au bourg de Sainte-Cécile (37). On est frappé par ces mariages dans le milieu des meuniers de préférence, quitte à aller dans les paroisses voisines chercher son conjoint. Le choix des parents y semble plus prépondérant que le hasard des coups de foudre amoureux. 

Devenu veuf, André Grolleau se remaria en février 1791 à Saint-André (vue 19) avec sa jeune voisine, Jeanne Girard. Ils eurent un enfant né le 4 octobre 1792 (vue 27).

Pendant la guerre de Vendée les bâtiments de la métairie d’Agnan Fortin dans le village furent incendiés : maison, chambre haute et basse, grange, toit à bœufs, et fournil (38). En 1794, la maison de Clément Grolleau fut aussi incendiée, ainsi que celle d’un de ses fils. La première a été estimée à 120 F avant l’incendie et la deuxième 300 F. Des travaux de reconstruction ont été réalisés en 1799 et 1800. Mais malgré cela, ces deux maisons avaient perdu en janvier 1810, 50 % de leur valeur d’avant l’incendie (39).

Enfin dans les déclarations ou reconnaissance de droits on découvre deux annexes au tènement de la Boutinière : le tènement des Suries et le pré de Coudrette. Ils méritent un développement particulier.

Le tènement des Suries


Le tènement des Suries se trouvait compris entre le chemin de Saint-Fulgent à Sainte-Florence au nord, la métairie du Coudray au sud, et entre les tènements de la Boutinière et de la Chevaleraye. La mouvance de ce tènement est incertaine dans les déclarations roturières. Certains documents disent les Bouchauds, d’autres le Coin Foucaud, les plus nombreux Languiller. Cela montre le flou régnant dans les esprits et les archives à cette époque, déjà très éloignée de celle des concessions seigneuriales de l’origine. Au vu d’un aveu du Coin Foucaud de 1605, les Suries dépendaient de cette seigneurie. Néanmoins le tènement était associé au tènement de la Boutinière. Dans un document daté vers 1693, il est écrit : « le village de la Boutinière et Suries » pour localiser une maison d’une borderie : « un autre contrat du 15 mai 1666 reçu sous la cour de Beaurepaire par Breau qui a les registres et Levin, y notaires, par lequel Pierre Bouffard vend au sieur du Coudray le tiers d’une maison et borderie size au village de la Boutinière et Suries pour le prix et somme de 120 livres. » (40).

Dans les années 1685 on dénombrait sept propriétaires aux Suries, qui devaient ensemble une rente annuelle de 8 boisseaux de seigle (1,4 quintal) au seigneur de Saint-Fulgent, et une autre rente à Pierre Moreau sieur du Coudray de 20 boisseaux de seigle, les deux à la mesure des Essarts. Ce sont Jacques et René Moreau qui l’avaient achetée ensemble par échange le 5 décembre 1631 avec René Rabreuil (41). Ils étaient frères, et dans leur succession cette rente échue dans l’héritage du fils de Jacques, Pierre Moreau.

En 1606 la rente de 20 boisseaux était payée en trois parts égales par les propriétaires de la Chevaleraye, Boutinière et Ridolière. Pierre Moreau l’avait eu en héritage de son père, lequel l’avait lui-même acheté à un nommé Rabereul (habitant du Coudray). Ce dernier l’avait acquise d’Aymon, seigneur de la Pitière (Chauché). Cette rente faisait toujours partie du patrimoine de Claude Moreau, fils de Pierre, en 1727, lors de l’établissement par les syndics de ses créanciers d’une sentence d’ordre de ses dettes (32).

Les huit personnes propriétaires aux Suries en 1685 étaient :
-        Françoise Papin, veuve de Pierre robin, demeurant à la Girarderie de Vendrennes,
-        André Rondeau, laboureur demeurant à la Ridolière de Saint-André,
-        Pierre Brisseau et son neveu Laurent Brisseau, laboureurs demeurant à la Ridolière,
-        René Chacun, laboureur demeurant à la Ridolière de Saint-André,
-        André Roger, laboureur demeurant à la Milonière de Saint-André,
-        Valérien Robin, maitre tanneur
-        Marie Brisseau, épouse de Nicolas Mandin, laboureur à Saint-André.

On ne sera pas étonné de la concentration des habitants de la Ridolière pour posséder des terres aux Suries. On sait que ce tènement de la Ridolière était tout petit, faisant partie du fief de la Machicolière, et comprenant surtout le village et ses jardins (Voir l’article publié sur ce site en août 2015 : La Machicolière dont le seigneur fut un prince.

Vers 1675, Pierre Moreau avait fait une déclaration au seigneur de Languiller pour différentes parcelles totalisant près de vingt boisselées de terres, prés et vignes, possédées au tènement des Suries (22).

Le pré de Coudrette


La Boutinière
Une pièce de terre située entre les tènements de la Bergeonnière et de la Boutinière, le long du Vendrenneau, faisait l’objet d’un statut spécial. Appelée le « pré de Coudrette », autrefois le « pré de la Motte », elle avait été donnée dès avant 1550 au curé de Saint-Fulgent en « franche aumône » par le seigneur du Coin Foucaud. C’était un don dont le bénéficiaire touchait les revenus en pleine propriété, mais la terre concédée conservait le lien féodal avec le seigneur donataire, symbolisé par le cens, modeste, de 4 deniers annuels au terme de Saint Jean Baptiste. Ce lien entraînait l’obligation d’une reconnaissance régulière par le curé de Saint-Fulgent au Coin Foucaud, suivant le même régime qu’à Fondion pour la chapelle et la métairie.

En 1654 c’est Pierre Boudaud qui fait sa déclaration, rédigée par les deux notaires de Saint-Fulgent : Thoumazeau et Benoist (42). On a pu repérer sa signature dans des actes de baptêmes du registre paroissial de Saint-Fulgent entre 1640 et 1671, à côté des vicaires qui se sont succédés auprès de lui pendant cette période.

En 1703 la déclaration est faite par Alexis Morineau (43), curé de Saint-Fulgent de 1689 à 1704 (Voir le dictionnaire des Vendéens sur le site internet des Archives de la Vendée). Il est décédé à Aizenay en 1721, où il était curé.

Le pré de la Coudrette, située en partie le long du ruisseau du Vendrenneau, y touchait le lieu-dit le « gué de Coudrette ». Il faisait partie de la mouvance du Coin Foucaud, mais le seigneur de Saint-Fulgent l’a un temps considéré comme annexe du tènement de la Boutinière, relevant de la seigneurie des Bouchauds. Le pré a lui aussi été prétexte à la querelle entre les seigneurs de Languiller et de Saint-Fulgent sur le droit de fief, au point que son histoire le rattache de fait à la Boutinière. Nous reviendrons bientôt sur cette longue et intéressante querelle.


(1) Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 58,  déclaration roturière du 8-4-1671 de 4 teneurs à Saint-Fulgent pour la Boutinière, à cause de la Chevaleraye (sic).
(2) Annuaire de la société d’émulation de la Vendée, Léon Brochet, Les voies romaines en Bas-Poitou, 1907, page 147 vue 79/136.
(3) Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 19, famille Arnaudeau.
(4) Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 40, Boutinière Chevaleraye Javelière procès sur la mouvance, avertissement du 27-2-1736 de la baronne des Essarts dans le procès entre les seigneurs de Saint-Fulgent et de Languiller.
(5) Archives de Vendée, archives de la Barette : 2 MI 36-4, déclaration en 1718 de Charlotte de la Douespe à la Barette pour sa métairie de Puy Mest.
(6) Arbre généalogique de la descendance de Thomas de La Douespe.
(7) Archives de Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Frappier : 3 E 30/12, vente du 11-11-1789 des métairies de la Boutinière et de la Chevaleraye par P. Bruneau à A. Fortin.
(8) Notaires de Saint-Fulgent, Frappier : 3 E 30/6, ferme de la Boutinière de Jean Abraham Tinguy à Audureau du 7-9-1766.
(9) Notaires de Saint-Fulgent, Frappier : 3 E 30/6, ferme de la Boutinière de Jean Abraham Tinguy à Roy du 7-6-1771.

(10) Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé boisson : 7 Z 76-1, Saint-André-Goule-d’Oie, lieux-dits et autres. 
(11) 150 J/G 58, déclaration roturière du 30-6-1664 de Pierre Moreau et Nicolas Cougnon à Languiller pour la Boutinière à cause des Bouchauds.
(12) 150 J/G 58, déclaration roturière du 12-1-1685 d’André Roger à Languiller pour les Suries.
(13) Archives de Vendée, bibliothèque numérisée, presse d’information générale numérisée par d’autres institutions (18e siècle) : Affiches du Poitou, Archives de la Vienne : 1-4-1773 vue 2.
(14) 150 J/G 40, donation de 1560 de J. de Belleville et aveu de Saint-Fulgent en 1618 à Languiller pour les biens donnés.
(15) 150 J/E 1, assise de la Rabatelière, Mancellière, Roche de Chauché et autres fiefs du 19-8-1632.
(16) Théophile de Tinguy, La Maison de Tinguy, Oudin à Poitiers, 1896, branche de la Sauvagère et de la Giroulière. Voir : www.tinguy.fr source Gallica-BNF (page 85, vue 105).
(17) Archives de Vendée, G. de Raignac, Quelques familles du Bas-Poitou, tome 5 terminé le 30 mai 1986 : 8 J 5, famille de Rezay, page 132 et s.
(18) Frédéric Godefroi, dictionnaire de l’ancienne langue française et de tous ses dialectes du 9e au 15e siècle, Librairie des sciences et des arts, 1938, tome 7.
(19) 150 J/G 11, déclaration roturière du 12-6-1764 de Meterau et Reveleau pour domaines au Pin
(20) 150 J/G 58, déclaration roturière du 1-6-1606 de 7 teneurs à la Boutinière, Chevaleraye, Suries et Bruères.
(21) Inventaire après-décès en 1666 du mobilier, vaisselle, linge et papiers de Pierre Moreau, Archives de Vendée, chartrier de Roche-Guillaume, famille Moreau : 22 J 29, page 65.
(22) Archives de Vendée, chartrier de Roche-Guillaume, famille Moreau : 22 J 29, déclarations roturières diverses de Pierre Moreau vers 1675.
(23) Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé boisson : 7 Z 73-9 logis et moulins de Saint-André-Goule-d’Oie, visite à la Boutarlière du 8 août 1977.
(24) 150 J/G 58, déclaration roturière du 7-6-1595 de Maurice Rabereul à Languiller à cause des Bouchauds, pour un moulin à vent de la Boutinière.
(25) E. Durel, Les moulins de Vendée, Geste Editions, 2016, page 22.
(26) 150 J/G 58, déclaration roturière du 2-7-1614 de trois teneurs à Saint-Fulgent à cause des fiefs de la Chevaleraye et Boutinière (sic) pour un moulin à vent de la Boutinière.
(27) 150 J/G 58, déclaration roturière du 21-5-1614 de Marguerite Leray à Saint-Fulgent à cause des fiefs de la Chevaleraye, Javelière et Boutinière (sic) pour un moulin à vent de la Boutinière.
(28) Inventaire après-décès de 1666 du mobilier, vaisselle, linge et papiers de Pierre Moreau, page 75, Archives de Vendée, chartrier de Roche-Guillaume, famille Moreau : 22 J 29.
(29) 150 J/G 58, déclaration roturière du 11-3-1671 de Louis Payneau à  Saint-Fulgent pour un moulin à vent de la Boutinière.
(30) 150 J/G 58, déclaration roturière du 29-3-1698 de Catherine Payneau à [blanc] pour un moulin à vent de la Boutinière.
(31) 22 J 29, sentence d’ordre du 9-9-1727 des syndics des créanciers de Moreau et Menard.
(32) E. Durel, Les moulins de Vendée, Geste Editions, 2016, page 10.
(33) Communauté nouvelle du 25-2-1765 entre les Groleau de la Boutinière, Archives de Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Thoumazeau : 3 E 30/118.
(34) Testament 20-2-1765 de Clément Grolleau, Archives de Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Thoumazeau : 3 E 30/118.
(35) Achat du 18-4-1768 du ¼ du petit moulin à vent de la Boutinière, Archives de Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Thoumazeau : 3 E 30/120.
(36) transaction du 16-12-1783 entre de Tinguy et André Grolleau à propos de la construction d’une grange à la Boutinière, Archives de Vendée, notaires de St Fulgent, Frappier : 3 E 30/10.
(37) Amortissement du 26-6-1792 de la rente de 14 livres par André Bonnin à Grolleau et consorts sur des domaines de la Porcelière, Archives de la Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Frappier : 3 E 30/13
(38) Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 10-4, partage de la succession des enfants Fortin avec la République subrogée dans les droits du fils aîné émigré.
(39) Archives de la Vendée, destructions immobilières pendant la guerre de Vendée : 1 M 392, commune de Saint-André-Goule-d'Oie.
(40) 22 J 29, mémoire pour le seigneur de Languiller en réponse à Moreau sur ses propriétés vers 1693.
(41) Inventaire après-décès en 1666 du mobilier, vaisselle, linge et papiers de Pierre Moreau, Archives de Vendée, chartrier de Roche-Guillaume, famille Moreau : 22 J 29, page 121.
(42) 150 J/G 18, déclaration roturière du curé de Saint-Fulgent à Languiller pour le pré de la Motte du 11-4-1654.
(43) 150 J/G 18, déclaration roturière du curé de Saint-Fulgent à Languiller pour le pré de la Motte du 30-9-1703.

Emmanuel François, tous droits réservés
Septembre 2015, complété en janvier 2018

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