samedi 1 décembre 2018

Les seigneurs de la Boutarlière et leurs descendants

Le partage de 1342 entre Linières et la Boutarlière


Située sur la commune de Chauché, et touchant à la fois les Essarts et Saint-André-Goule-d’Oie, la Boutarlière est un ancien fief noble détaché en 1342 de la seigneurie de la Drollinière (devenue Linières). Cette année-là Maurice Droulin, seigneur de Saint-Fulgent et de la Drolinière, « valet » (écuyer), donna à Jean Droulin, son frère puiné, pour sa part dans les successions paternelle et maternelle, le fief de la Boutarlière et 25 livres 9 sols de rente, qu’il lui assigne ainsi (1) :
Sur la Boutarlière : 10 septiers de seigle à 10 sols le septier      5 livres (2)
                               12 septiers de froment à 12 sols le septier   7 livres 4 sols 
                                 8 arpents de bois vert ..............................  4 livres 
Sur le Gâts 10 septiers mine de seigle à 8 sols le septier ......... 4 livres
                    et en argent ............................................................ 1 livre 15 sols 
Sur la Boucherie ........................................................................ 3 livres
Sur le Puyrenau .........................................................................               5 sols 6 deniers 
Sur le Pin une mine d'avoine pour .............................................               5 sols
Total 25 livres 9 sols.

À la suite de ce partage l’hommage de la Boutarlière au baron des Essarts continuait d’être offert par le seigneur de la Drollinière. Il s’en portait garant, le fief de la Boutarlière restait dans sa mouvance et l’ensemble dépendait des Essarts.

15e et 16e siècles


La Boutarlière (photo X. Aimé dans 
son livre sur l’histoire des lieux)
Le tènement de la Charilière (Chauché), situé au sud de la Boutarlière, restait rattaché à la Drollinière, et le tènement de la Haute et Basse Gandouinière situé à l’est de la Boutarlière relevait de ce dernier fief (3). Le seigneur de la Boutarlière percevait aussi 8 ras d’avoine par an pour le droit d’abreuvage dans les étangs du Pin, voisins d’une demi-lieue (4).

Après 1342 on a du mal à connaitre les propriétaires successifs de la Boutarlière. On note avec Guy de Raignac l’existence d’un Jean Droulin en 1391, un Maurice Droulin au début du 15e siècle, et un Jacques Droulin en 1509 (5), et aussi un Jean Droulin en 1488 (6). Jacques Droulin fit un aveu le 7 mars 1509 à René de Bretagne, comte de Penthièvre, vicomte de Limoges et de Bridiers, seigneur de Boussac et de Palluau (7). Cette référence à Palluau uniquement est une erreur au moins en partie, car les droits seigneuriaux déclarés étaient de deux sortes. Certains relevaient manifestement des Essarts : des redevances partagées avec d’autres seigneurs locaux, perçues sur des villages des Essarts, Chauché, Boulogne et Saint-André-Goule-d’Oie, et concernant le panage et mottage (pâture des porcs), l’avenage (culture de l’avoine), le métivage (droit sur les moissons), l’estage (droit de garde temporaire) et des hommages (en argent). S’ajoutaient des droits seigneuriaux propres au seigneur de la Boutarlière et des fiefs à Boulogne qui relevaient peut-être de Palluau. Pour tous ces droits il déclare ses droits de justice (droit d’avoir des fourches patibulaires ou piliers dont le nombre dépendait de la qualité du seigneur (8)), de juridiction basse et droit de vérolie (« contrainte sur les hommes à moudre à mon moulin si je l’avais en mondit fief »), et droit de four (pour cuire le pain).

Les droits d’avenages appelés ratiers étaient apportés en la « cohue » (halle) des Essarts, partagés par moitié et par indivis avec le seigneur des Bouchauds, sur 5 teneurs nommément désignés et 13 villages, dont 6 de la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie. Les autres droits d’avenages étaient partagés entre le baron des Essarts et les seigneurs de la Jarrie (Saligné), des Bouchauds (Essarts) et de la Boutarlière. Ils étaient prélevés sur 11 teneurs nommément désignés et 23 villages des paroisses des Essarts, Chauché et Boulogne. Les avenages pouvaient rapporter au total la valeur de 3 setiers (7,4 quintaux) à la Boutarlière. Les droits de panages et mottages étaient rendus en la cohue des Essarts, partagés par moitié et par indivis avec le seigneur des Bouchauds, et rapportant par an environ 20 deniers au seigneur de la Boutarlière. Ils étaient prélevés sur les éleveurs de 4 villages de Chauché, à raison de 2 deniers pour les cochons mâles et d’un denier pour les truies. Le droit de métivage de seigle et avoine était prélevé sur 55 villages dont 12 de la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie, pour de faibles montants de quelques boisseaux. Le droit d’estage concernait trois personnes. Les droits d’hommage en argent étaient rendus en la cohue des Essarts, partagés par moitié et par indivis avec le seigneur des Bouchauds, sur 65 villages, dont 10 de la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie, et beaucoup de particuliers, dont le prieur de Fondion et le prieur de Saint-André sur deux rôles fiscaux différents. On ne rencontre plus ces droits dans les quelques gaulaiements des tènements rencontrés pour les siècles qui suivent. Et dans une déclaration de 1651 au Clouin on voit 19 teneurs payer leur droit de métivage d’un boisseau de seigle à Languiller, dont la seigneurie des Bouchauds était une annexe (9). Languiller y a récupéré la part de redevance prélevée par la Boutarlière. Il est probable qu’il en a été de même pour les autres droits provenant du seigneur de la Boutarlière. Ces transports de redevances seigneuriales n’étaient pas rares à l’époque. C’est ainsi que la dame de la Boutarlière, Louise Bonnevin, partageait en 1550 avec la seigneurie de Languiller la moitié des terrages au fief de la Grollière, et avec Jarnigaud, écuyer, la moitié des terrages de la Girardière à Chauché (10).

La Boutarlière
Après Jacques Droulin on connait mieux les seigneurs de la Boutarlière. On a René Droulin qui renouvelle l’aveu ci-dessus aux Essarts en 1517 et reçoit un aveu en 1518 de Gilles de Saint-Hilaire pour les Drillères à Boulogne. Il est probablement frère de Jacques. Et ensuite lui succède Guyon Bonnevin, écuyer seigneur de la Sarrazinière, qui avait épousé en 1490 une dame de la Boutarlière, Catherine Droulin, la dernière à porter le nom des Droulin. La fille de ces derniers, Louise Bonnevin, épousa en 1519 Antoine Gazeau, écuyer seigneur de la Brandasnière (Cezay) et du fief Gazeau (mouvant de Pouillé près de l’Hermenault), né vers 1495. Il reçut en 1531 un aveu de Jacques de Saint-Hilaire. Louise Bonnevin et Antoine Gazeau acquirent le fief de Saint-André-Goule-d’Oie (bourg) avec sa métairie, entre 1534 (aveu de Pierre Brenier à la Drollinière) et 1539 (date la plus tardive de l’aveu du prieur de Saint-André à la Boutarlière) (11). On ignore la date de la mort d’Antoine Gazeau, mais sa veuve se remaria avec François de la Muce, un protestant condamné à mort très probablement pour sa participation aux guerres de religion, et ses terres de Revroc et d’Aubigné furent confisquées (12). Il se qualifia dans certains actes de seigneur du fief de Saint-André-Goule-d’Oie.  

Après lui et Louise Bonnevin, la Boutarlière et leur nouveau fief de Saint-André-Goule-d’Oie passèrent à Jean II Gazeau (1520-1587), seigneur de la Brandasnière et fils de Louise Bonnevin. Celui-ci entreprit la mise en valeur de son domaine de la Boutarlière. Ainsi il acheta 20 boisselées de landes dans les Landes du Bois Pothé (vers le Clouin) au baron des Essarts en 1564. Ce fut une cession à foi et hommage et à devoir  annuel de 15 boisseaux de seigle et 23 ras d’avoine, mesure des Essarts (12). Ces redevances signifient que la surface concédée devait être défrichée pour être mise en culture. En 1566 le même seigneur fit un bail à complant de 6 journaux de terre près de la Boutarlière à mettre en vigne, moyennant une redevance de 1/5e partie de la vendange annuelle, et un cens d’un chapon par an (12).  

Jean II Gazeau épousa Jacquine Vigier le 25 avril 1552. Ils eurent six enfants, dont Léon Gazeau I seigneur de la Brandasnière et de la Boutarlière, émancipé d’âge à 22 ans. Il fut un marin éprouvé à qui le roi Henri III permit d’armer en 1587 pour le roi du Portugal, Antoine, soutenu contre le roi d’Espagne. Léon Gazeau épousa Isabeau de Plouer le 25 février 1580, qui était veuve en 1595. Celle-ci vendit 40 boisselées de terre en landes en 1596, moyennant une rente de 6 chapons et la 1/6e partie des fruits, plus 20 écus « une fois donnée » (12). Il s’agissait ici aussi d’une mise en culture. C’est au temps probablement de Léon Gazeau et d’Isabeau de Plouer que le seigneur de Languiller leur vendit certaines redevances prélevées à la Machicolière et à la Ridolière, par moitié entre eux et un roturier nommé Brisseau. En 1609, Isabeau de Plouer, demeurant à la Boutarlière, fit une déclaration noble à Languiller pour ces redevances. On y apprend que sont prélevées divers cens se montant au total à 84 sols et 8 deniers, et surtout le droit de terrage se montant au 1/6e des récolte. La Boutarlière percevait en plus une redevance en nature de 8 boisseaux de seigle, 8 boisseaux d’avoine, et 7 chapons, chaque année à la toussaint, « à cause de certains arrentements faits aux teneurs de la Machicolière par les prédécesseurs seigneurs de la Boutarlière » (13). Tout ceci manifeste un investissement des seigneurs de la Boutarlière sur la paroisse de Saint-André dans la deuxième partie du 16e siècle.

17e siècle


La Boutarlière : porche d’entrée
Le seigneur suivant de la Boutarlière fut Léon II Gazeau, né en 1585, qui épousa le 24 avril 1613 Marie du Vergier, de l’église réformée. On peut leur attribuer le nouveau logis de la Boutarlière, un ensemble fortifié de la fin du 16e siècle suivant l’opinion d’Amblard de Guerry et de l’abbé Boisson. Ceux-ci ont relevé que le cadran solaire dans le mur à gauche de l’entrée porte la date de 1620 (14). Les seigneurs estimaient qu’ils n’avaient pas d’autres moyens pour se garantir contre le banditisme du moment. Le brigand Guillery se cachait dans la forêt des Essarts et fut capturé en 1608. C’était donc une forteresse utilitaire, et non pas de parade, avec des douves et un pont-levis. L’ancien château se trouvait en arrière du logis principal sur le terrain élevé, aujourd’hui cultivé en jardin (en 1960). Une tradition orale affirmait qu’un souterrain relierait Linières à la Boutarlière. On en doute, mais elle correspond au lien historique entre les deux anciennes seigneuries. Ce lien s’incarnait dans les deux hommages rendus à Linières par la Boutarlière, le premier pour le fief de la Boutarlière tenu dans la mouvance des Essarts, le deuxième pour le fief de Saint-André-Goule-d’Oie tenu dans la mouvance du Coin.

Léon II Gazeau et Marie du Vergier eurent cinq enfants, dont René Gazeau qui suit et David Gazeau, ce dernier ayant porté le titre de seigneur de Saint-André-Goule-d’Oie. Ce titre fut vivement contesté vers 1646 par le seigneur de Linières, Anne Legras, qui était, rappelons-le, suzerain de la Boutarlière depuis le partage de 1342 (15). Avec le titre il y avait aussi des enjeux financiers de redevances féodales. Voir sur le sujet l’article publié sur ce site en octobre 2018 : Sept siècles d’Histoire du bourg de Saint-André-Goule-d’OieEt l’article publié dans les miscellanées du site internet des Archives départementales de la Vendée : Pour l'honneur ou pour l'argent ? Rivalité à Saint-André-Goule-d'Oie au XVIIe siècle. Dans l’onglet « Découvrir », ouvrir « Pages d’Histoire », pour y accéder. C’est ce René Gazeau qui fut un fameux protestant, et qui selon la rumeur dans le pays se déguisa en prêtre, alla à Paris où il dit des messes chaque jour pour donner le change, tant qu’il crut y être inconnu (16). Il est mort à la Boutarlière en 1662. Dans un journal du Poitou de 1784 on peut lire une lettre dont nous citons l’extrait suivant : « Dans la paroisse de Chauché près les Essarts, il y a la petite terre de la Boutarlière ; au-devant de la maison est une prairie, dans un coin de laquelle on voit au milieu des ronces et des épines, un oratoire totalement en ruine, dans lequel est une tombe de pierre grisâtre, peu élevée de terre, au haut de laquelle sont deux écussons dont on ne peut distinguer les champs ... Ensuite on lit sur cette tombe : Cy Gist le corps de Haut et Puissant Messire René GAZEAU, vivant chevalier seigneur de la Brandanière, la Boutarlière et autres places, qui décéda le 21 Janvier 1662. Il pourrait se faire que le propriétaire actuel de cette terre détruisît entièrement cet oratoire, et fit servir la tombe à tout autre usage. Alors n'en restant aucun vestige, la mémoire de ce fait se perdrait absolument, et comme il peut intéresser la famille de MM. Gazeau, que je connais depuis longtemps, je vous prie de vouloir bien le consigner dans vos Feuilles. J'ai l'honneur d'être, etc. » (17). Il y a plusieurs dizaines d’années, l’abbé Boisson a noté : « une partie de sa pierre tombale était encore visible en 1967 sur une maison de la Charilière, récupérée dans un champ près de la maison de la Boutarlière (18).

Paysage de l’Aubrière près du Pin
René Gazeau (1620-1662) fit un aveu à Languiller en 1664, à cause du fief Pothé, pour la Frissonnière (Essarts), Puy Rondeau (Essarts) et l’Aubrière (à l’est du Pin à Saint-André) (19). Ces trois fiefs étaient tenus à trois hommages. L’hôtel de la Frissonnière, situé au nord de la Pertelière, se voit encore dans le cadastre napoléonien de 1825 mais a totalement disparu depuis. On ignore quand et comment ces trois fiefs entrèrent dans les possessions de la Boutarlière, au plus tard en 1655 (20). Mais ils appartenaient encore en 1618 à Charles Le Bœuf, écuyer sieur des Moulinets (Saint-Martin-des-Noyers), Bois Prochet et la Frisonnière (21).

En 1653 René Gazeau fit une déclaration roturière à Languiller à cause du fief des Bouchauds pour raison de 6 pièces de terre totalisant 112 boisselées (13 ha), touchant le chemin qui conduit de Sainte-Florence à Chauché et celui de la Boutarlière aux Essarts pour 5 d’entre elles. Sur l’une d’elles il y avait un moulin turquois (22). A cette époque il y avait aussi un moulin du même type à la Boutinière, différent de ceux à tonnelle (tour) comme celui de la Bourolière toujours debout. Il avait une cabine solidaire d’un pivot, ce dernier inséré dans une tour maçonnée. Le moulin à pivot tournant, était encore appelé moulin « massie » ou moulin « chandelier ». La cabine en bois, supportant les ailes, tournait par pression manuelle sur son échelle d’accès ou main courante (23). Pour ces champs le déclarant payait 4 boisseaux de seigle à la mi-août et 4 sols à noël, une moitié à Languiller et l’autre moitié aux Essarts, car les redevances des Bouchauds étaient partagées par moitié entre lui et son suzerain (Essarts). Le seigle était portable (on l’apportait au créancier) et l’argent était « quesitif » (le créancier venait le chercher).

René Gazeau épousa en 1644 Renée Bonnevin (24), avec qui il n’eut qu’une fille, Marie. Renée Bonnevin habita au moment de son veuvage la Haute-Braconnière (Dompierre-sur-Yon). Marie Gazeau épousa en 1665 Jean Philippe de Jaucourt, baron de la Forêt-sur-Sèvre et seigneur de Ville-Arnoul, gentilhomme de la religion prétendument réformée, suivant la formule officielle de l’époque. « C’est un homme d'esprit et d'érudition, fort sage et fort posé, bon capitaine, qui a longtemps et fort bien servi ; est aimé de tout le monde, et surtout de la noblesse ; peut beaucoup dans sa religion, à laquelle il est un peu trop zélé ; il est fort charitable aux pauvres et surtout aux passants ; il est ordinairement résidant à sa terre de la Forêt-sur-Sèvre, à quatre lieues de Mauléon, où il y a un château extrêmement fort et bâti dans un lieu inaccessible ». Ainsi s’exprime Charles Colbert de Croissy (frère du ministre) dans son rapport au roi Louis XIV (25). Jean Philippe de Jaucourt s’est réfugié à La Haye en 1687 après la révocation de l’édit de Nantes (26). Il se distingua ensuite sur les champs de bataille pour le compte des souverains protestants d’Angleterre et de Hollande.

18e siècle


Anne Louis Alexandre de Montmorency 
Sa fille, Catherine de Jaucourt, épousa Charles comte du Bellay en 1703. C’était un chevalier de l’ordre de Malte, un étendard du camp catholique. Héritière de la baronnie de la Forêt-sur-Sèvre, de la seigneurie de la Ville-Arnould et de la Boutarlière, Catherine de Jaucourt eut deux filles. La première épousa Charles François d’Estaing, marquis de Saillans, mort en 1686 sans postérité. La deuxième, Catherine Félicité du Bellay (1708-1727), épousa Anne Auguste de Montmorency (1679-1745), sixième prince de Robecq (en Artois, province espagnole devenue française, dans l’actuel département du Pas-de-Calais) et Grand d’Espagne. Elle fut elle-même dame d’honneur de Louise Elisabeth d’Orléans, reine douairière d’Espagne et veuve de Louis Ie, alors que son mari était Grand-Maître de la maison de la reine. Leur fils Anne Louis Alexandre de Montmorency (1724-1812), hérita de la Boutarlière.

C’est en son nom que la maison de la Boutarlière fut affermée le 2 septembre 1753 par Jacques Brejaud, sénéchal de la Forêt-sur-Sèvre, à Pierre Garnaud, notaire, procureur fiscal des Essarts et huissier, demeurant à la Boutarlière avec son épouse Marie Madeleine Monnereau. Le bail faisait suite à celui du 27 juin 1749 consenti à Pierre Monnereau (1689-1749), beau-père de Pierre Garnaud (27), lequel était fermier depuis les années 1730 (28). Le frère de Marie Madeleine Monnereau, Pierre Monnereau (1724-1784) fut syndic de la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie en 1763. On avait repéré en 1670 un Jean Maillard, sieur des Landes-Gateaux (Essarts), qui demeurait « au lieu noble de la Boutarlière, paroisse de la Chapelle de Chauché » dans un acte de vente en 1670 (29). Il devait en être le fermier.

La ferme Pierre Garnaud en 1753 se montait à 1500 livres par an. Le cheptel de la métairie appartenait au propriétaire bailleur pour la somme de 1324 livres de gros bétail, 86 livres de brebis et 45 agneaux. Ce montant du cheptel informe de l’importance de l’élevage à cette date. Avec la métairie il y avait un moulin à vent et les redevances féodales à percevoir. Pierre Garnaud gérait et faisait faire le travail ou à un métayer ou à des valets qu’il commandait en direct. Pour une connaissance plus complète de l’histoire des lieux nous renvoyons au livre de Xavier Aimé,  La Boutarlière ou le passé retrouvé (30). Le fermier s’engageait chaque année à donner une douzaine de perdrix chargées à la messagerie des Landes-Génusson pour les faire conduire « en l’hôtel du seigneur de Montmorency à Paris, rue de Grenelle, faubourg Saint-Germain, dont ils paieront le port ».

Anne de Montmorency vendit la Boutarlière en 1770 à Jacques Grégoire Boutillier (1717-1789), sieur du Coin (Coin des Pierres Blanches à Saint-Martin-de-Beaupréau dans le Maine-et-Loire), bourgeois habitant Mortagne-sur-Sèvre (31). Son fils, Marin Jacques Boutiller, lui succéda à la Boutarlière, mais pour peu de temps, étant mort guillotiné le 11 avril 1794 à Nantes. Révolutionnaire modéré, il déplut aux deux camps adverses. Son fils aîné, Marin Jacques Narcisse Boutillier de Saint-André est l’auteur des « Mémoires d’un père à ses enfants ou Une famille vendéenne pendant la Grande Guerre (1793-1795) ». Il était un cousin éloigné de Jean Aimé de Vaugiraud qui demeurait dans le bourg de Saint-André-Goule-d’Oie.

La sœur de Marin Jacques et fille de Jacques Grégoire, Marie Françoise Boutillier, possédait la Boutarlière avec son frère semble-t-il (32). Elle demeurait à la Verrie avec son mari, René Merland (1734-1794), épousé en 1771. Marie Françoise Boutillier et René Merland eurent un fils, Alexandre Merland (1776-1824) qui fut officier dans l’armée des Vendéens lors de la guerre de Vendée, y survivant. Il mourut célibataire (32). René Merland fut inhumé dans le cimetière de Saint-André-Goule-d’Oie en juin 1794, « sans convoi à cause de la guerre civile », est-il écrit sur le registre clandestin du curé de Saint-André (vue 18 du 2e registre clandestin numérisé). Dans l’acte le curé nomme Pierre Garnaud fermier. Ce n’est pas celui du bail de 1753, qui était décédé à Sainte-Florence le 14 mars 1784 (vue 106). Il eut 5 filles et 4 fils, dont Louis Pierre et Pierre François Augustin, et on ne sait pas désigner avec certitude lequel était fermier de la Boutarlière à cette époque. On sait en revanche que Pierre François Augustin, marié à Marie Boissau, fut électeur du canton de Saint-Fulgent en 1790 et 1792 et procureur dans la première municipalité de Saint-Fulgent, où il y résidait dans le bourg, étant notaire, procureur et huissier (33). Dans un acte notarié de 1791 il est aussi qualifié de fermier, mais sans préciser si c’était de la Boutarlière (34). 

19e siècle


Au début du 19e siècle, sans les redevances seigneuriales et sans le moulin en ruine, la Boutarlière est une importante métairie que va acquérir Jacques Bordron, laboureur (35). Dans son contrat de mariage du 25 juin 1789 aux Essarts (vue 36 des minutes notariales), il apporte 500 livres dans la communauté de sa femme, Marie Savary, ce qui veut dire qu’il n’était pas pauvre. Il s’est remarié en 1805 à l’âge de 39 ans, étant veuf, avec Marie Madeleine Andrée Bordron (1764-1838). Son fils, André Jacques Isidore Bordron, s’est marié en 1826 avec Lucie Mercier, fille du maire de Chauché après la Révolution de 1830, Constant Mercier, d’opinion orléaniste. D’ailleurs le maire et son gendre, qui était adjoint au maire, furent également victimes en juillet et août 1832 des bandes royalistes légitimistes qui attaquaient les partisans du nouveau régime. Une dizaine d’hommes envahirent la maison d’Isidore Bordron à la Boutarlière, « boivent, mangent, volent une somme de 200 F et emportent un baril de vin et plusieurs bouteilles pleines » (36).

Son fils Constant Isidore Samuel Bordron (1827-1893) lui succéda à la Boutarlière. Il épousa Constance Angélique Charpentier en 1857. Elle était la fille de Louis Charpentier du Clouin, qui avait aussi été victime des mêmes bandes en 1832 avec son frère Augustin (lequel sera maire de Saint-André de 1848 à 1869). Sur cette famille Charpentier, voir notre article publié sur ce site en septembre 2018 : Le Clouin à Saint-André-Goule-d’Oie. Enfin deux filles de Samuel Bordron épousèrent deux fils de Jacques Seiller et Marie Herbreteau. D’abord Adèle Bordron épousa Alphonse Seiller le 11 juillet 1892 (vue 11) à Saint-André. Et Elise Bordron (1872-1941), épousa Léon Seiller le 23 novembre 1897 (vue 23) aussi à Saint-André.   


(1) Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 29-2, lieux-dits de Chauché, la Boutarlière.
(2) 100 sols / 160 boisseaux (16 boisseaux pour 1 septier ou setier) = 7,5 deniers le boisseau de seigle en 1342. Et le boisseau de froment est estimé 9 deniers. En 1571 dans les comptes de la Boutarlière, 1 boisseau de seigle vaut 7 sols et 6 deniers, soit 12 fois la valeur de 1342.
(3) Deux partages du 20-10-1774 de terres à la Gandouinière et à la Charillère, Archives de Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Thoumazeau : 3 E 30/121.
(4) Ibidem (1)
(5) G. de Raignac, châteaux de Vendée, E. Bonnefonds, 1998, Tome 2, p. 112 et 113.
(6) Aveu de Bertrand de Saint-Hilaire pour les Drillères à Boulogne dans le dépouillement concernant les familles vendéennes par Guy de Raignac, analyse du cartulaire de la Jaunière, Archives de la Vendée : 8 J 100.
(7) Aveu du 7-3-1509 de la Boutarlière aux Essarts, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 39. Et aveu du 26-1-1517 de René Droulin aux Essarts pour le même objet.
(8) Archives de Vendée, Annuaire de la Société d’Emulation de la Vendée, A. Bitton, Naissance des fiefs, juridictions Bas-Poitevines et liste des droits de fief en Poitou 1889, page 109 et s. vue 72.
(9) 150 J/G 46, déclaration roturière du 28-8-1651 de 12 teneurs pour des domaines au Clouin, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière.
(10) Aveu de Languiller et autres fiefs aux Essarts le 2 juillet 1605, page 72 et s, reproduisant un aveu de 1550, Archives de Vendée, Travaux de G. de Raignac : 8 J 101.
(11) 150 J/C 17, positions contradictoires sur la dépendance de Saint-André-Goule-d’Oie à Linière et factum de M. du Plessis Clain contre M. La Brandasnière dans un mémoire de 1646. Et aveu du prieuré de Saint-André à la Boutarlière dans l’inventaire du 30-10-1787 des titres et papiers du prieuré et de la fabrique de Saint-André-Goule-d’Oie, Archives de Vendée, commune de Saint-André-Goule-d’Oie : 139 G 3 et 4.
(12) Ibidem (1).
(13) 150 J/G 37, déclaration noble du 27-4-1609 de Plouer (de), Brisseau et Auvinet à Languiller pour des droits seigneuriaux au fief de la Machicolière.
(14) Ibidem (1).
(15) 150 J/C 17, positions contradictoires sur la dépendance de Saint-André-Goule-d’Oie à Linières et factum de M. du Plessis Clain contre M. de La Brandasnière dans un mémoire de 1646.
(16) Ibidem (1).
(17) No 28 du jeudi 8 juillet 1784 du journal des Annonces, affiches, nouvelles et avis divers de la Province du Poitou, Michel-Vincent Chevrier éditeur à Poitiers, quarante-deuxième lettre publiée par M. Moisgas, avocat-feudiste à Mortagne, rédigée par un correspondant non cité.
(18) Ibidem (1).
(19) Aveu du 28-6-1664 de la Boutarlière à Languiller, à cause du fief Pothé, pour la Frissonnière, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/A 12-4.

(20) Mention dans une déclaration roturière du 18-4-1655 à Languiller pour le Pré Gazon à la Gandouinière, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 1. 
(21) 150 J/A 11, aveu du 6-4-1618 de Charles Le Bœuf à Languiller, à cause du fief Pothé et pour raison de la Frissonnière Puy Rondeau et de l’Aubrière.
(22) 150 J/C 9, déclaration roturière du 9-4-1653 de René Gazeau à Languiller à cause des Bouchauds pour des terres de la Boutarlière.
(23) E. Durel, Les moulins de Vendée, Geste Editions, 2016, page 22.
(24) Suzanne Masseau est témoin en 1644 au contrat de mariage de René Gazeau, écuyer, et de Renée Bonnevin [Archives de Vendée, G. de Raignac, Quelques familles anciennes du Bas-Poitou depuis longtemps éteintes, 2e série, (famille Masseau) : 8  J 41-2, page 154]
(25) Rapport au roi de Colbert de Croissy annoté par Dugast-Matifeux (1865), page 112, accessible dans Gallica. fr. 
(26) François Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois, Badier, Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de France, 1774, page 156.
(27) Ibidem (1).
(28) Archives de Vendée, chartrier de Roche-Guillaume, famille de Vaugiraud : 22 J 31, transaction entre de Vaugiraud et Monnereau sur des droits de lods et vente à la Boutarlière vers 1730. Voir aussi le registre paroissial de Chauché à la date du 11-1-1734, où fut enterrée Marie Masson (vue 31).
(29) Copie des contrats d’acquêt de la Pitière en 1663 et 1664 faits par Henri Reigner, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 39.
(30) Xavier Aimé,  La Boutarlière ou le passé retrouvé, édité par l’auteur. Archives de la Vendée : BIB MEM 455.
(31) Famillesdevendee.fr, famille Merland, branche de la Maisonneuve.
(32) Ibidem (26).
(33) Vente du 19-2-1789, de domaines à Garnaud, Archives de la Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Bellet : 3 E 30/130. Et 3 E 30/131, arrentement du 23-1-1791, d’une maison par Garnaud.
(34) 3 E 30/131, prêt d’argent du 9-7-1791, de 2700 livres par Garnaud.
(35) Ibidem (25) et (1).
(36) Rapport du préfet Paulze d’Ivoy au ministre de l’Intérieur sur la situation en Vendée (juillet 1833), Archives de la Vendée, annuaire de la Société d’émulation de la Vendée, 1958, page 20.

Emmanuel François
Décembre 2018

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jeudi 1 novembre 2018

La fabrique de Saint-André Goule-d’Oie au 19e siècle

Dans les débuts de l’Eglise, le mot fabrique désignait la masse des biens affectés à la construction et à l’entretien d’une église. Puis le concile de Trente (1545-1563) décida que la fabrique demeurait un organisme chargé d'assurer l'administration des biens d'une église, en prêtant son concours, à cette fin, à celui qui en était le recteur ou curé. A sa suite, le statut de la fabrique fut fixé par des lois civiles en France, et devint ainsi une personne morale autonome (1). A Saint-André-Goule-d’Oie, le premier document trouvé indiquant la présence d’un fabriqueur est le registre paroissial, où François Aulneau âgé de 34 ans et demeurant à la Brossière, est inhumé le 2 octobre 1744. On a ensuite le procès-verbal de l’élection à la fonction de fabriqueur de Louis Loizeau fils, le 12 septembre 1784, par l’assemblée des habitants de la paroisse réunie devant la porte de l'église à l'issue de la grand-messe (2). Voir notre article publiée sur ce site en janvier 2013 :  La fabrique de Saint-André-Goule-d'Oie au 18e siècleLes fabriques ont été supprimées par la Révolution, leurs biens confisqués et revendus comme biens nationaux. À Saint-André la fabrique n’avait pas de biens immobiliers. Pour le 19e siècle nous disposons enfin des documents sur la fabrique dans les archives de la paroisse.

Caricature : signature du concordat
Avant d’en rapporter le contenu, rappelons que les fabriques ont été rétablies par le concordat de juillet 1801, reconnues par l’article 76 de la loi du 18 germinal an 10 (8 avril 1802), et son statut a été fixé définitivement par le décret du 30 décembre 1809. Celui-ci fait des fabriques des établissements publics chargés de l’administration civile des paroisses, au moyen d’un conseil et d’un bureau. Elles assument les frais des célébrations du culte (habits, ornements, cierges, etc.), les salaires des éventuels auxiliaires du clergé, l’entretien et les grosses réparations des églises et cures, les frais d’assurances des bâtiments et le financement des retraites du clergé desservant, celui-ci rémunéré par l’Etat. Elles ont le pouvoir d’accepter des dons et legs, après avis de l’évêque et autorisation préalable du préfet, et de nommer des auxiliaires de l’église (bedeau, sonneur, etc.), sur proposition du curé. Dans tous les cas de travaux entrepris par la fabrique, le conseil municipal est obligatoirement consulté. Il exerce un droit de surveillance tant sur l'attribution des travaux que sur leur exécution. Ce même droit est reconnu au conseil de fabrique lorsque la maîtrise d'ouvrage est assurée par la commune sur des biens d’Eglise.

Le conseil de la fabrique comprend 5 membres dans les paroisses ayant moins de 5000 habitants. Nommés par le préfet pour commencer, ils sont renouvelés par 1/3 par les membres restants, tous les 3 ans et sont rééligibles. Le maire et le curé sont membres de droit du conseil. Ses membres sont appelés fabriqueurs, fabriciens ou marguillers, suivant les endroits.  Le conseil élit son président, son secrétaire et son trésorier lors de la première réunion trimestrielle de chaque année civile. Il se réunit chaque trimestre, et en urgence sur l’autorisation de l’évêque. Il vote le budget de l’année à venir, accepte les comptes de l’année passée. Il décide de l’emploi des dons, des travaux, des actions en justice, des emprunts, des baux, etc. et passe les marchés. Le bureau de la fabrique est composé de 3 membres en plus du curé. Il se réunit sur convocation du président, ou sur demande du curé, pour préparer le budget et l’exécuter, comme toutes les décisions du conseil dont il est l’organe exécutif.

Le décret du 30 décembre 1809 tint à interdire l’érection de cénotaphes dans les églises, ou des inscriptions, etc. à moins d’être autorisées par l’évêque. On craignait en effet des signes favorables à l’ancienne monarchie. Cette règle valut à la fabrique de Saint-André l’obligation de demander en 1846 à l’évêché l’autorisation de créer sur les murs de l’église paroissiale les représentations du chemin de croix (3).

Des débuts mal connus à partir de 1804


La première réunion du conseil de fabrique, dont les archives de la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie ont gardé le procès-verbal, date du 5 avril 1812 (4). Les membres présents examinent les recettes et les dépenses de la fabrique. Que s’est-il passé avant ce mois d’avril 1812, depuis l’arrivée au pouvoir de Napoléon ? Dans les jours qui ont suivi son coup d’Etat de novembre 1799, Napoléon libère les prêtres emprisonnés et promet la liberté religieuse. La circulaire du ministre de la police du 21 août 1800 n’exigeait des prêtres clandestins qu’un serment anodin de fidélité à la Constitution. Puis le concordat de juillet 1801 entre Napoléon et le pape, organisa la nouvelle Eglise de France. Mgr de Mercy, évêque de Luçon revenu d’exil, a démissionné en 1801. Le régime concordataire est introduit en avril 1802. Mgr de Mandolx est évêque de la Rochelle en 1802 et 1803, remplacé par Mgr Paillou en 1804. Saint-André-Goule-d’Oie fait partie de ce diocèse de La Rochelle. 

Mgr Paillou
L'Etat prend en charge le salaire du clergé mais se débrouille pour minimiser les coûts. Dans les articles organiques du concordat pour le culte catholique on ne prévoit que 50 évêchés en France, celui de Luçon disparait dans l’opération, et il faudra attendre 1817 pour qu’il soit rétabli avec Mgr Soyer, comprenant toute la Vendée. Les économies portent aussi sur le nombre de curés payés par l’Etat. Au départ on regroupe plusieurs paroisses pour un même curé, au minimum une paroisse par justice de paix. Et dans les paroisses l’évêque établit des succursales « de concert avec le préfet », administrées par des desservants. Ceux-ci touchent, suivant les règlements des évêques, des pensions et reçoivent les oblations (offrandes des fidèles), dit l’article organique no 68 du concordat. D’ailleurs le procès-verbal du conseil de fabrique à Saint-André du 5 avril 1812 commence ainsi : « Nous membres soussignés composant le bureau et conseil de fabrique de la succursale de Saint André-de-Goule-d’Oie, diocèse de La Rochelle, canton de Saint-Fulgent, arrondissement communal de Napoléon, département de la Vendée, assemblés dans la sacristie de l’église de ladite succursale ... ». Pourtant Saint-André était bien une paroisse, desservie par un curé, mais les nouveaux mots employés ont créé temporairement des catégories juridiques permettant de diminuer les engagements de l’Etat pour le salaire du clergé.

Le premier curé de Saint André connu après la guerre de Vendée est Charles Louis Audebert, né en 1741, ancien curé de Mallièvre, réfractaire et déporté en Espagne. Il rentre en France au concordat. En 1803 il est desservant à Saint-André-Goule-d’Oie, jusqu’en octobre 1804 (Voir le dictionnaire des Vendéens sur le site internet des Archives départementales de la Vendée). Il est remplacé par son prédécesseur le mois suivant, Louis Marie Allain. Celui-ci avait été nommé à la cure de Saint-André en 1783, s’était caché à partir de juillet 1792 dans les environs après son refus de prêter le serment à la constitution civile du clergé, puis à Saint-Mars-la-Réorthe. Il était revenu au grand jour à Saint-André de 1795 à août 1797, sur la foi d’une lettre du général républicain Hoche, cherchant à mettre fin à la guerre de Vendée. Persécuté à nouveau en septembre 1797, il fut condamné à la déportation en Guyanne et emprisonné, mais il réussit à s’échapper en janvier 1798 du port de Rochefort et dû se cacher à nouveau. En 1801 il réapparut à Saint-Mars-la-Réorthe où il fut un temps desservant de la paroisse.

Le maire de la commune, membre de droit de la fabrique, était depuis 1800 Simon Pierre Herbreteau, qui participa aux combats de la guerre de Vendée jusqu’à la fin, au début de l’année 1796, avec le général de Charette. Il était fils d’un métayer de Linières, le neveu du premier maire de la commune, Jean Bordron, et maréchal-ferrant dans le bourg comme son grand-père maternel. Il restera maire au temps de la restauration monarchique, jusqu’en 1825. Nous avons raconté son histoire dans un article publié sur ce site en août 2010 :Simon Pierre Herbreteau maire de 1800 à 1825. En son absence il se faisait remplacer aux réunions de la fabrique par François Fluzeau de la Brossière (1763-1824), l’adjoint au maire, qui fut capitaine dans l’armée vendéenne, élu agent communal en 1796, démissionnaire l’année d’après en refusant lui aussi comme le curé Allain le serment de septembre 1797, et cachant ce dernier avant sa capture le 18 décembre 1797. Nous avons raconté l’histoire de François Fluzeau dans deux articles publiés sur ce site : en août 2010, Les agents communaux Fluzeau (1796-1797) et Bordron (1797-1799), et en juillet 2017 : Les Fluzeau de la Brossière.

Les premiers fabriqueurs connus de Saint-André en 1812 ne sont pas les premiers désignés, mais les archives sur les débuts de la fabrique font défaut. On en a la preuve quand on 1829 on réélit François Mandin en indiquant qu’il exerce ses fonctions depuis 23 ans. Il a donc été nommé en 1806, date très proche du début de la fabrique. Et nous avons l’année 1805 dans un autre cas.

Le premier président est le curé lui-même en 1812. Le secrétaire n’est pas connu au début, et on ne serait pas étonné que la fonction soit tenue par le curé lui aussi, qui de toute façon rédige toujours les procès-verbaux des réunions du conseil. Pierre Rondeau (jusqu’en 1823), et Pierre Blandin (jusqu’en 1825) font partie des premiers fabriqueurs, pour lesquels nous n’avons pas d’informations.

Le trésorier est Jean Rochereau (1745-1817), dans cette fonction en 1816, mais à l’époque les procès-verbaux ne faisaient pas état des élections au sein de la fabrique. On a donc une approximation sur les dates pour les fonctions occupées. Ce Jean Rochereau demeurait à la Boninière. Il a cessé sa fonction de fabriqueur vers 1817, année de son décès à l’âge de 62 ans. Il était le fils de Louis Rochereau (1719-1779), ancien syndic de la paroisse en 1772, et de Marie Boudaud, et s’était marié en 1776 avec Marie Moreau.

Un autre fabriqueur est François Mandin (1769-1839), prénommé Jean François en 1826, alors qu’il est connu par l’état-civil avec les prénoms de Pierre François. Sa signature est identique à celle qui figure au bas de son acte de mariage avec Jeanne Guilmineau et dans son testament. Il a été capitaine dans l’armée vendéenne et sera nommé adjoint au maire en remplacement de François Fluzeau évoqué plus haut. Il le restera jusqu’à la Révolution de 1830. François Mandin est fabriqueur depuis 1805. Il signera un procès-verbal de la fabrique le 10 avril 1836 comme président, et il décèdera en 1839. Nous avons raconté son histoire dans un article publié sur ce site en avril 2011 : Pierre François Mandin, adjoint au maire de 1826 à 1830.

Un autre François Fluzeau est aussi fabriqueur, depuis 1814. Il est cousin du François Fluzeau adjoint au maire, ayant un arrière-grand-père en commun. Il est né en 1783 à Beaurepaire et a vécu à la Brossière, restant célibataire semble-t-il. Il remplacera Jean Rochereau comme trésorier en 1818/1819 et arrêtera en 1835 sa fonction de fabriqueur.

Les dirigeants de la fabrique de 1817 à 1835


Ces 5 fabriqueurs ont vu le curé Allain partir à la fin de l’année 1816, nommé à la cure de Boufféré. Pendant plusieurs mois il n’y eu plus de messes, « les quêtes et oblations ont cessé dans cette église à cette époque » (5). Il fut remplacé en août 1817 par François Trichereau, malade en arrivant et mort le 12 octobre 1819, âgé de 33 ans, au bourg de Saint-André (vue 141 du registre d’état-civil accessible sur le site internet des Archives de la Vendée). Son successeur fut Victor Marie Challet, né le 13 novembre 1783 et ordonné prêtre à La Rochelle en 1817 (dictionnaire des Vendéens). Il est curé de Saint-André le 28 octobre 1820, son nom apparaissant sur les comptes de la fabrique de l’exercice 1821. Et nous n’avons pas de procès-verbal de la fabrique pour l’année 1820, à cause de l’absence du curé plus probablement qu’à cause de l’insuffisance des archives. Le curé Challet sera muté en 1836 à Saint-Georges-de-Montaigu.

En 1824 Jean André Chaigneau (1801-1866) est un nouveau fabriqueur (6). Il est le mari de Félicité Angélique Loizeau, cousine de François Cougnon fils, le futur maire de Saint-André, et propriétaire au Coudray. Il cessera d’être fabriqueur en 1835. Son fils unique, Jean François Chaigneau, sera maire de Saint-André aussi brièvement en 1869 après avoir été adjoint au maire.

Tombe de François Cougnon
En 1826 le maire Pierre Herbreteau est remplacé par François Cougnon fils. Le père de ce dernier est l’ancien capitaine de paroisse pendant la guerre de Vendée. En 1829 il laissera la place de maire à Léon de Tinguy du Pouët, fils du maire de Saint-Fulgent, qui démissionna l’année d’après quand la Révolution de juillet 1830 installa sur le trône le roi Louis Philippe, vu comme un usurpateur. Le procès-verbal de la réunion de la fabrique en 1831 ne mentionne pas les membres présents contrairement à l’habitude, mais à la fin il manque la seule signature du maire (7). Et pourtant Jean Bordron fils avait été nommé à cette fonction en octobre 1830. On sait que de vives tensions perturbaient la commune dans cette période, nées de l’opposition entre les légitimistes et les orléanistes, parmi ceux qui professaient une opinion politique. Les élections du 25 mars 1832 désignèrent pour la première fois un nouveau conseil municipal, mais le maire restait encore nommé par le préfet. Jean Bordron apparait dans le procès-verbal de la fabrique en 1832, mais au 1e janvier 1835, le préfet le remplaça par Pierre Rochereau, du Coudray. Ce dernier était cousin par alliance de François Cougnon fils et d’Angélique Loizeau, épouse de Jean André Chaigneau. C’est le moment de prévenir que ce village du Coudray et la même famille vont fournir jusqu’en 1969 les maires de la commune de Saint-André-Goule-d’Oie de la manière la plus démocratique qui soit.

Dans cette même année 1826 deux nouveaux membres apparaissent. D’abord Alexis Herbreteau, fils de l’ancien maire Simon Pierre Herbreteau, et comme lui aussi exerçant le métier de maréchal dans le bourg. Ensuite on a Jacques Seiller, nommé par le préfet en se référant au décret du 30 décembre 1809. C’est bizarre puisque ce décret prévoyait la nomination par le préfet des premiers membres et leur élection ensuite par les membres restants de la fabrique. Peut-être manquait-on de candidat et l’autorité du préfet aurait pu servir alors de moyen de pression sur les pressentis. Jacques Seiller était cultivateur, et pourrait être celui qui demeurait au Plessis le Tiers, âgé de 38 ans aux élections municipales de 1832 (voir le procès-verbal des élections).  

Les dirigeants de la fabrique de 1877 à 1905


En 1835, l’ancien maire, François Cougnon fils, remplace comme trésorier de la fabrique François Fluzeau. Ensuite nous n’avons plus d’archives de la fabrique indiquant le nom de ses membres jusqu’en 1875, sauf une brève période de 1857 à 1859. Entre temps le curé Challet a été remplacé par Pierre Michel Chauvin à partir de noël 1842. Le curé Challet étant parti en 1836, on a un vide documentaire entre ces deux dates. Le curé Chauvin sera muté en 1857 à la cure de Saint-Philbert-de-Bouaine. En 1877, quand on retrouve des procès-verbaux de la fabrique, le curé desservant à Saint-André est Isidore Martin, arrivé en 1868. Le maire est alors Pierre Fonteneau, qui a remplacé le châtelain de Linières mort en 1875, Marcel de Brayer.

Livre de Ferdinand Charpentier
À partir de 1877 nous avons une nouvelle équipe de fabriqueurs (8). Pierre Piveteau laissera sa fonction de président du bureau de la fabrique à Alexis Charpentier en 1881, et celle de président du conseil de la fabrique en 1882. Il démissionnera en 1883, « vu son grand âge ». Le nouveau président est un neveu de l’ancien maire de 1848 à 1869, Augustin Charpentier. Un de ses frères est archiprêtre de Luçon (Jean Louis Charpentier), et un autre (Ferdinand Charpentier) est curé et écrivain, l’auteur de « Chez nous en 1793, Saint-André-Goule-d'Oie, récits d'un vieux Vendéen » (1906). Son fils, Constant Charpentier (1872-1957) deviendra prêtre et eut une position remarquée dans le diocèse de Luçon : secrétaire des Œuvres Diocésaines en 1908, et directeur du secrétariat social de la Vendée en 1922. Il a aussi un neveu, Gustave Fonteneau (1865-1925), qui sera longtemps curé de Beaulieu-sous-la-Roche.

François Rochereau est secrétaire jusqu’en 1881. Il demeurait à la Gandouinière et était le fils de Jean Rochereau et Anne Bordron. Il s’était marié avec Jeanne Robin et décèdera à l’âge de 58 ans le 12 mai 1887 (vue 42). C’est lui qui affermait la borderie de la Basse Gandouinière appartenant à la fabrique suite à un legs. A sa suite Jean Moreau est secrétaire du conseil de la fabrique en 1882 et décède le 17 mars 1883 (vue 182), à l’âge de 56 ans, demeurant à la Jaumarière. Il était le fils de Jean Moreau et de Jeanne Fonteneau. 

Jean Tricoire est fabriqueur jusqu’en 1888, avec une particularité : il ne sait pas signer, seul dans son cas.  

En 1883 apparaissent deux nouveaux membres de la fabrique (9). Marie Soulard et Pierre Rochereau. Jean Marie Soulard, du Coudray, deviendra trésorier de la fabrique en 1887, et président pour le dernier exercice documenté en 1903. Il sera présent à l’inventaire des biens de la fabrique en 1906, à côté du maire et du curé. Il fut élu aussi au conseil municipal en 1888. Il avait épousé en 1876 Clémentine Fonteneau et eut 9 enfants, dont François Marie Josèphe Soulard en 1878, qui épousa Marie Chatry. Ce dernier est le père de Gabriel Soulard, propriétaire au Coudray comme son grand-père. Pierre Rochereau, de la Boninière, sera secrétaire du conseil jusqu’à la fin en 1903. Nous manquons d’informations à son sujet, à cause de la protection des données personnelles de l’état-civil, mais ses descendants peuvent le reconnaitre.

En 1884 Auguste Fonteneau, de la Maigrière, est nouveau venu au conseil de fabrique (10). Il est élu à la place de François Rochereau de la Gandouinière. En 1889 c’est Marie Mandin, de la Baritaudière, qui remplace Jean Tricoire (11).

Du côté des curés, Isidore Martin a été remplacé par Charles Verdon en octobre 1891. Ce dernier restera en fonction jusqu’en octobre 1903, et sera remplacé par Emile Morandeau, ancien vicaire de la paroisse.

Château de Linières
Du côté des maires, Pierre Fonteneau a cédé la place de maire au nouveau propriétaire de Linières, ancien préfet, Eugène de Marcilly en 1888. Celui-ci meurt l’année d’après, et son fils Gaston prend la suite à la mairie. Il se faisait souvent remplacer aux réunions de la fabrique par l’adjoint au maire, et ancien maire, Pierre Fonteneau. En voie d’être ruiné, son domaine de Linières fut saisit par le tribunal de la Roche-sur-Yon et vendu en 1897. Il ne se représenta pas aux élections de 1896 et fut remplacé par Eugène Grolleau, gendre de Jean François Chaigneau évoqué plus haut, qui avait été maire en 1869. Eugène Grolleau resta maire de Saint-André-Goule-d’Oie jusqu’en 1943 ! Du coup on le décora de la légion d’honneur.

La loi de 1905, dite de séparation de l’Eglise et de l’Etat, supprima les fabriques, leur retirant certaines compétences civiles (sépultures, aides sociales) au profit des communes. Leurs compétences de gestion en matière religieuse ont été attribuées à des associations cultuelles, refusées d’abord par l’Eglise. En 1924 un accord avec le gouvernement porta sur les associations diocésaines et débloqua la situation. Les églises paroissiales devinrent propriété des communes. Néanmoins la législation napoléonienne des fabriques s’applique toujours en Alsace et en Moselle, territoire ayant appartenu à l’Allemagne de 1870 à 1918. Avec le retour à la France, ses habitants ont voulu conservé leurs avantages, sociaux surtout (jours fériés, sécurité sociale, etc.) hérités de la gouvernance allemande. Le concordat de 1801 n’a pas été abrogé par l’Allemagne dans ce territoire, ni par la loi française de 1905 bien sûr. Sa conservation avait été promise à leurs habitants par les autorités françaises pendant les combats de la première guerre mondiale. L’Etat continue d’y rémunérer le clergé, les fabriques continuent leurs gestions, et l’emploi du temps des écoles publiques aménage des cours de religion aux élèves volontaires.

Les recettes et dépenses de la fabrique (1811-1835)


Napoléon a conservé un des principes de la constitution civile du clergé de 1790 : le clergé est rémunéré par l’Etat, tous les biens d’Eglise ayant été confisqués et presque tous vendus. L’administration civile des paroisses fut confiée à des établissements publics, appelées fabriques comme sous l’Ancien Régime, suivant le décret du 30 décembre 1809. L’église paroissiale de Saint-André-Goule d’Oie appartient à un collectif de paroissiens en indivision et à leurs héritiers depuis 1801, date de son rachat à l’acquéreur de bien national. Il en est de même du presbytère (12). Mais pour ce dernier le décret de 1809 prévoit que les bâtiments de la cure sont fournis par les communes. Tous n’ont pas pu être rachetés en effet. 

Les biens d’une fabrique proviennent des dons, legs, fondations, quêtes, casuels, droits d’inhumation, subventions. Au départ il est fait obligation d’un inventaire des effets et mobiliers dans l’église. Ses charges sont les frais des célébrations du culte, des salaires des personnels éventuels, d’entretien et grosses réparations des églises et cures, d’assurances des bâtiments et retraites des desservants. Les comptes de la fabrique sont transmis à l’évêque pour approbation.

Premier livre des recettes et dépenses
La première comptabilité de la fabrique de l’église de Saint-André-Goule d’Oie conservée par les archives de la paroisse est de 1811, pour l’année comptable allant du 1e avril 1811 au 1e avril 1812 (13). Les dates de l’exercice ne sont pas conformes à la législation, qui prévoyait un exercice sur l’année civile. En 1821 seulement, avec le nouveau curé Challet, on adoptera l’année civile. Leur présentation n’est pas celle non plus prévue, devant respecter le plan comptable général. Les francs et centimes, monnaie en vigueur, s’écrivent avec les mots de livres et de sols dans le vocabulaire employé. Même la dénomination de la paroisse n’a pas changé : « Saint-André-de-Goule-d’Oie », avec le mot « de ». Le rédacteur des procès-verbaux est le curé Allain, autrefois réfractaire au serment. Il a prêté le serment à Napoléon pour exercer son ministère, mais ses épreuves subies pendant la guerre de Vendée l’attachent définitivement à ces habitudes d’Ancien Régime.
Les recettes s’élèvent en 1811 à 414 F, et sont détaillées pour chaque rentrée d’argent, chaque dimanche pour les quêtes et oblations (offrandes). Elles se répartissent en : 
-        Quêtes et oblations : 189,5 F. On ne connait pas la part de l’Etat dans la rémunération du curé ou desservant de Saint-André en 1811, mais il apparait que les oblations allaient à la fabrique plutôt qu’en complément de sa pension.
-        Location des bancs et chaises dans l’église : 163,5 F. Ces locations font l’objet d’une mise aux enchères tous les 5 à 6 ans. Le châtelain de Linières, Joseph Guyet, paie la plus grosse somme par an de 9 F en 1817. François Cougnon, du Coudray, l’ancien capitaine de paroisse et important propriétaire, paie 4,5 F (14).
-        Droits d’inhumation et services religieux : 61 F

Dans les quelques années qui suivent, ces montants vont légèrement baisser, et le montant des recettes en 1815 sera de 338 F. En 1814 (15) on a en plus un don de 98 F de particuliers pour l’achat d’une bannière.

Les dépenses sont du même montant que les recettes en 1811, et le resteront dans les années suivantes. Les gestionnaires indiquent d’ailleurs : « nous observons que les recettes et les mises (dépenses) seront à quelques sols près toujours à peu près égales, parce que nous n’achetons [que] ce qui est nécessaire à l’église, et nous ne faisons faire de réparations qu’au fur et à mesure que nous avons de l’argent » (13). Dans ces dépenses on relève des dépenses courantes de fonctionnement, renouvelées chaque année, qui se montent en 1811 à 105 F : cordes et huile pour l’entretien de l’horloge de l’église et la remonter régulièrement, blanchissage, raccommodage du linge et arrangement des autels, cordes et courroie des deux cloches, cire, saintes huiles, encens, pain d’autel. Le reste des dépenses concerne des réparations et surtout des achats (objets pour le culte, habillement pour le prêtre et ses assistants, décoration des autels). Pour ces derniers les libellés ne permettent pas de distinguer les renouvellements des nouveautés, car on présume l’importance des renouvellements à effectuer encore 11 ans après le retour à la paix religieuse. Il est révélateur à cet égard que le procès
Croix de Charette
-verbal évoque les réparations à faire pour expliquer le montant des dépenses. On note le 1e avril 1815 l’achat d’un bâton pour la croix d’argent, la fameuse croix de Charette « que l’on met à la tête du corps des défunts les jours de l’enterrement et du service » (comptes de 1815). Cette même année on répare le calvaire devant l’entrée de l’église (disparu depuis), et l’année suivante on construit un auvent joignant une petite porte de l’église sur le côté nord. Cette dernière construction a couté 300 F, dont 24,5 journées de charpentier à raison de 35 sols par jour, persiste à écrire le curé Allain, soit 1,75 F (16).

Ce dernier a quitté Saint-André en novembre 1816 pour desservir la cure de Boufféré. Il est remplacé par l’abbé Trichereau en août 1817, étant malade dans les mois suivants. D’ailleurs il mourra en octobre 1919, et sera remplacé par un jeune prêtre en octobre 1820, Victor Marie Challet. Les premiers comptes de la fabrique pour un exercice complet sont de 1821, après une interruption depuis l’année 1817. Mais jusqu’en 1833, nous n’avons alors que les montants totaux des recettes et des dépenses, sans les détails. Ils se situent un peu au-dessus de 400 F avec un quasi équilibre entre les entrées et sorties d’argent.

Ces valeurs changent en 1828, près de 1480 F, pour continuer ensuite de 1829 à 1834 à un niveau de 650 F de recettes en moyenne, et de 611 F de dépenses en moyenne. Mais nous n’avons pas le détail qui expliquerait cette augmentation de 50 %. L’inflation générale des prix ne peut pas être invoquée, et l’explication vraisemblable est la fin des restrictions de la période qui a suivi la guerre de Vendée. On voit le même phénomène dans la revalorisation de certains baux de fermes. En 1835 un imprimé de l’évêché de Luçon est rempli par le trésorier de la fabrique pour présenter les comptes conformément au plan comptable. Mais c’est un compte d’exploitation sans le détail des dépenses et des recettes (17).

La fabrique dressa le 8 mai 1836 un inventaire des effets et mobiliers appartenant à l’église de Saint-André-Goule-d’Oie (18). C’est une liste des objets du culte (croix, crucifix, vase aux saintes huiles, livres, missel, etc.), ornements (linge d’autel, tapis, bannière, etc.) et habits (aubes, surplis, rochets, soutanes, etc.). On relève l’existence de 2 cloches dans le clocher et d’une horloge placée dans une boite. Il y a aussi une chaire, des stalles et un confessionnal, « les bénitiers de l’église sont assez commodes, le grand est en pierre et l’autre, creusé dans le mur, n’est pas bien beau ». Le cimetière « est grand et fermé de haies vives avec une barrière en bois fermant à clé ». Sur le cadastre napoléonien de 1838 c’est la parcelle no 232 d’une surface de 40 ares, déjà située à l’endroit du cimetière actuel, mais agrandie depuis. « Il n’y a pas de rente sur la fabrique, tous ses revenus consistent dans le produit des bancs, des chaises et des oblations ».

Les recettes et dépenses de la fabrique (1846-1859)


L’imprimé des comptes de fabrique de l’évêché vaut aux procès-verbaux du conseil de fabrique une interruption dans l’indication des montants de recettes et de dépenses de 1836 à 1845, sans que l’imprimé y soit joint. En 1846 le procès-verbal mentionne à nouveau les montants totaux, jusqu’en 1852. Le détail des dépenses revient dans les procès-verbaux du conseil de fabrique à partir de 1846 jusqu’en 1851. De 1853 pour les dépenses, et de 1854 pour les recettes, nous avons une interruption dans les archives, jusqu’en 1856. Pour les trois années 1857 à 1859, nous disposons cette fois du détail des recettes et des totaux des dépenses. Les curés, rédacteurs des procès-verbaux, n’avaient pas chacun une même façon de faire comme on le voit, et l’absence de certaines archives reste sans explications, même si elle n’étonne pas. Malgré ces lacunes, qu’observe-t-on dans cette période ?

De 1846 à 1852, le plus faible montant des recettes est de 878 F en 1849, et le plus élevé est de 3007 F, avec une moyenne autour de 1500 F. Là encore on est passé à un nouveau palier représentant plus qu’un doublement du budget, et alors que les dépenses ont suivi à un même niveau. On observe qu’en 1857/1859 la location des bancs et chaises dans l’église approche les 1500 F. Etant mises aux enchères dans une église dont les dimensions n’avaient pas changé, cette hausse reflète celle du nombre d’habitants néanmoins et de leur pouvoir d’achat, réel globalement, celui-ci expliquant une participation financière plus élevée de leur part dans la pratique religieuse. Il fallut attendre l’année 1845 pour que la commune retrouve un nombre d’habitants identique à celui de 1791, après la perte de 23 % de sa population pendant la guerre de Vendée. Le budget des trois années 1857/1859 est de près de 1800 F en moyenne de recettes, mais de 2860 F en dépenses. Voici pourquoi.

Pour cette période incomplète de 1846 à 1856, des dépenses de grosses réparations apparaissent (19) : confection d’autel (450 F), réparation du clocher de l’église et du hangar de la cure (275 F), achat d’une petite maison (925 F), construction de la maison des religieuses avec l’école des filles (3300 F), ouvrage sur l’église (2979 F), charpente et autres dépenses pour la sacristie (500 F), réfection du mur du cimetière (200 F). Les dépenses courantes de fonctionnement aussi ont augmenté. Ainsi on paye Mandin 8 F pour monter l’horloge en 1846, 24 F à Fonteneau en 1847 et 25 F à Michel Fonteni en 1848 et les années suivantes. 150 F sont « payés aux dames religieuses pour soigner la sacristie, prendre soin du linge (au lieu de 36 F avant). On relève aussi des dépenses nouvelles de fonctionnement, signe des temps : 10 F par an pour « les prêtres âgés à la caisse de secours ».  On a aussi l’impôt foncier du couvent des religieuses (7 F) (c’est la maison des institutrices), à payer au receveur de Saint-Fulgent. On paye des honoraires de chantre à Marie Roy (25 F). En 1857 et 1858 on paye un supplément de traitement au curé et au vicaire : 200 F chacun, pour pallier l’insuffisance des sommes versées par la préfecture. Les vicaires étaient à cette époque payés par l’Etat à partir d’un procès-verbal d’entrée en fonction fournit par la fabrique. C’était une obligation résultant d’une ordonnance du 13 mars 1832, selon le procès-verbal de la fabrique de Saint-André du 2 janvier 1881. Pour des travaux à la cure on se fournit en matériaux au four de Fondion (briques, tuiles, barriques de chaux), chez Drapeau dit « Grand Bol », tuilier de profession. Entouré du bois nécessaire au four, le lieu se prêtait à cette activité nouvelle, qui dura jusque vers le début des années 1870.

Dans les années 1860, sans comptabilité passée à la postérité, nous avons un acte testamentaire révélateur. Jeanne Rochereau, veuve de Pierre Biré demeurant à la Boninière, dicte le 8 janvier 1860 son testament à son cousin Pierre Fonteneau de la Jaumarière, qu’elle institue son exécuteur testamentaire. N’ayant pas de descendance, elle lègue à ses frères et sœurs tous ses meubles et immeubles, comprenant notamment quelques pièces d’or : « Je remercie le bon dieu de me permettre de lui offrir quelques pièces de cet or qu’il a bien voulu me donner, je m’estime très heureuse de pouvoir lui rendre ». La phrase dictée résume bien son état d’esprit. Et ses héritiers devront donner :
-      à la fabrique de Saint-André-Goule-d’Oie 1 100 F, dont 300 F pour l’acquisition d’un ornement ou autre objet de l’église au choix de M. le curé, et les autres 800 F à l’entretien d’une lampe allumée devant l’autel de la Sainte-Vierge le jour de ses fêtes.
L’Italie avant 1860
-       au pape 100 F. « C’est l’aumône d’une pauvre femme de la catholique Vendée qui veut relever autant qu’il est en elle le pouvoir temporel du saint siège si sacrilègement attaqué de nos jours ». L’actualité internationale, s’agissant de ce qui se passait à Rome, était donc bien connue à la Boninière en 1860. Les armées sardes menaçaient d’envahir les états pontificaux pour opérer l’unité italienne, soutenues par le gouvernement français de Napoléon III. Dans l’opération, la Savoie et Nice allaient être rattachés à la France cette année-là. Et puis ces mots de « catholique Vendée »  claquent comme un étendard de la foi fortement identitaire, née dans la guerre de Vendée.
-        Au curé de la paroisse, 400 F consacrés à faire prier dieu dans l’église de Saint-André pour le repos de mon âme, pour celle de mon mari, de mes père et mère, de mes frères et sœurs et autres parents défunts.
-        S’il reste du blé au jour de mon décès dans mon grenier, je veux qu’il soit distribué 1 hl aux pauvres du village de la paroisse selon le bon plaisir de M. le curé (20).

Le registre de locations des bancs et chaises dans l’église, de 1861 à 1870, nous donne des informations nominatives intéressantes (21). Dans l’adjudication du 1e novembre 1861, le prix annuel le plus élevé est payé par Joseph Fonteneau de la Maigrière (67 F), suivi du propriétaire de la Boutarlière, Samuel Bordron (66 F). Jaques Brochard, métayer à Linières, paye 55 F. On a ainsi 38 adjudications pour les bancs les mieux placés devant l’autel de la Vierge et l’autel de Saint Pierre, moyennant un prix annuel moyen d’environ 50 F. Ensuite on a des places de tribune adjugées de 7 F à 8 F et des chaises adjugées de 4,75 F à 6,25 F. Dans l’adjudication du 1e novembre 1866, on voit des paroissiens payer un peu moins et d’autres au contraire ayant fait monter les enchères, comme Augustin Charpentier, maire demeurant au Clouin, à 73 F, Jacques Brochard de Linières, à 75 F, et Pierre Fonteneau de la Jaumarière, à 103 F. Le total des locations des chaises se montent à 224,70 F et celui des bancs à 2393,50 F.

En 1877, le conseil de fabrique décide de mettre à disposition dans l’église quelques chaises volantes qui seraient payées 25 centimes par chaise. « Il a décidé en outre que ces chaises ne pourraient être placées que du côté des chapelles, et il fait défense à qui que ce soit d’apporter des chaises de chez soi ou d’en prêter à d’autres pour les porter à l’église » (22). Pour l’adjudication des places dans l’église en avril 1887 « selon les anciens usages », le conseil de fabrique décide d’une exception rémunératrice. « Prenant en considération le désir exprimé par la famille de Marcilly, propriétaire du château de Linières, il a décidé que le 1e banc du côté de l’épitre, et les 5 premières places de la banquette qui se trouvent devant ce banc, ne seraient pas mises à l’adjudication ni cette année, ni plus tard. La famille de Marcilly offrant 200 F par an pour ces 10 places. La fabrique n’a que du bénéfice à lui accorder la concession de ces places à ce prix tant qu’elle voudra. » (23) Il y avait aussi de mauvaises surprises dans ces locations, comme en 1895 où on a dû constater un défaut de paiement cumulé de 512 F par des paroissiens ayant quitté le pays et étant insolvables.

Eglise de Saint-André-Goule-d’Oie
De 1860 à 1875, la comptabilité de la fabrique a disparu dans les archives paroissiales. C’est pourtant la période cruciale où se situe la construction de la nouvelle église. Elle sera prise en charge par la fabrique, et le devis initial de septembre 1874 se monte à 75 880 F. La fabrique avait une réserve de 26 560 F au départ, dont nous ne connaitrons pas en conséquence le contexte et les modalités de sa constitution. L’église fut bénite en 1877, et c’est en 1876 que les archives nous ont conservé à nouveau le registre des délibérations du conseil de fabrique, jusqu’en 1903.

Nous connaissons les montants des recettes de la fabrique de 1876 à 1894, puis de 1900 à 1902, mais sans leur détail. Les trois premières années ils incluent les emprunts réalisés pour la construction de l’église. La moyenne de leurs montants hors emprunts de 1880 à 1894 est de 4120 F, puis de 3145 F de 1900 à 1902. On a un seul décompte des recettes du deuxième trimestre 1890 (24). Leur total de 692 F se répartit comme suit :
-        Reçu pour les places des bancs : 501
-        Offrandes : 61
-        Honoraires de sépulture : 43
-        Tronc : 4
-        Quêtes : 83

Dans la même période les montants comptabilisés des dépenses, tantôt comprennent les remboursements d’emprunts pour la construction de l’église, et tantôt les exclus. Hors emprunts, les dépenses sont en moyenne de 3570 F, ce qui montre la marge positive dégagée pour ces remboursements. Ces derniers seront terminés en avril 1902 (25). Et nous n’avons pas les détails des dépenses.

Cette comptabilité était-elle complète ? On devine que non pour trois raisons. La première est l’existence de la caisse des messes. Elle était  gérée par le curé de la paroisse, recevant des sommes d’argent des fidèles pour qu’il dise des messes à des intentions demandées par eux, généralement pour le repos de leur âme et celle des parents défunts. Parfois un testament faisait un don ou un legs à la fabrique, à la charge par celle-ci d’acquitter le prix des messes demandées, selon un tarif fixé par l’évêché. C’est alors la fabrique qui alimentait la caisse des messes du curé.

L’autre raison tenait aux œuvres de charité pour les pauvres. On a l’exemple d’un legs testamentaire d’une petite borderie à la Gandouinière, fait à la fabrique, à la charge par elle que les revenus soient distribués aux pauvres de la paroisse. La fabrique passait les baux et percevait le prix de ferme, qu’elle versait à la caisse des pauvres gérée par le curé, suivant un antique usage. En 1881, comme les années suivantes, on lit dans le procès-verbal de la réunion du conseil de fabrique : « Le conseil a aussi été d’avis de laisser à M. le curé la disposition des 200 F provenant de la ferme de la Gandouinière aux pauvres les plus nécessiteux de la paroisse, et il a vu que dans la caisse des pauvres il y avait actuellement 500 F, dont 300 F ont été économisés afin d’acheter un petit mobilier mis à la disposition des malades pauvres quand on jugera le moment propice, et 200 F pour être distribués » (26). Les fabriqueur géraient, mais c’est le curé qui allait au contact des pauvres ou les recevait, gratuitement bien sûr. L’époque n’imaginait pas l’emploi de travailleur social. 

Enfin devait exister une caisse des écoles, au moins concernant celle des filles appartenant à la fabrique, pour gérer les flux financiers de fonctionnement. Comme les deux autres elle devait être indépendante, car on ne voit pas la trace de ces flux dans la comptabilité de la fabrique, sinon pour les frais de gros entretien des bâtiments.

Conclusion


Cette fabrique du 19e siècle, dont nous venons de raconter l’histoire à Saint-André-Goule-d’Oie, a été conçue par Napoléon en reprenant l’institution de l’Ancien Régime et en l’adaptant à l’évolution des lois. La confusion du temporel et du spirituel dans les assemblées d’habitants d’avant la Révolution a cessé. Le syndic devenu maire, et le fabriqueur, sont désormais deux entités distinctes dans leur objet et leur fonctionnement. Au cours du siècle on verra d’abord les conseillers municipaux élus par les citoyens (1830), puis le maire définitivement élu au sein du  conseil municipal (1884). Pendant ce temps les fabriqueurs sont cooptés sous l’œil du curé, car l’Eglise catholique est fondamentalement hiérarchique dans son organisation. Néanmoins la commune comme la fabrique agissent sous la tutelle de l’Etat. Qui plus est ce dernier rémunère le clergé et surveille la nomination des évêques par le pape. C’est-à-dire que pour l’essentiel l’Eglise reste un rouage de la société politique. Dans la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie, cela ne posait pas de problème, au moins pour une raison toute simple : tout le monde était catholique.

Mais ce que ne nous disent pas les procès-verbaux du conseil de la fabrique de Saint-André, c’est la lutte, allant crescendo au cours du siècle, entre l’Eglise et les républicains pour contrôler l’instruction. Cette lutte était étrangère aux habitants de Saint-André. Pourquoi ne pas enseigner la religion à l’école, comme aussi de confier l’aide aux pauvres au curé de la paroisse ? Cela leur semblait si habituel et si naturel. Mais Saint-André n’est pas la France, car la République s’est construite en France contre l’Eglise, sauf en Alsace-Moselle. Cette lutte va conduire à la loi de 1905, dite de séparation de l’Eglise et de l’Etat, qui mettra fin au concordat de Napoléon et supprimera les fabriques. Nous reviendrons bientôt sur cette séparation à Saint-André-Goule-d’Oie.


(1) Abbé Yvon Marcoux, pages.infinit.net/eglisejc/mot-fabrique.htm L’Histoire des Fabriques paroissiales.
(2) Acte d’assemblée d’habitants de la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie du 12-9-1784, Archives de Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Frappier : 3 E 30/10.
(3) Autorisation du 10-1-1846 d’ériger un chemin de croix dans l’église de Saint-André, Archives de la paroisse de Saint-Jean-les-Paillers, relais de Saint-André-Goule-d’Oie, carton no 28, chemise II.
(4) Recettes et dépenses de la fabrique de Saint-André Goule-d’Oie (1811-1812), ibidem : carton no 29, chemise V.
(5) Recettes et dépenses de la fabrique de Saint-André Goule-d’Oie (1816-1817), ibidem : carton no 29, chemise V.
(6) Recettes et dépenses de la fabrique de Saint-André Goule-d’Oie (1821-1829), ibidem : carton no 29, chemise V.
(7) Recettes et dépenses de la fabrique de Saint-André Goule-d’Oie (1830-1825), ibidem : carton no 29, chemise V.
(8) Registre des délibérations du conseil de fabrique pour 1877, ibidem : E 2/2.
(9) Registre des délibérations du conseil de fabrique pour 1883, ibidem : E 2/2.
(10) Registre des délibérations du conseil de fabrique pour 1884, ibidem : E 2/2.
(11) Registre des délibérations du conseil de fabrique pour 1891, ibidem : E 2/2.
(12) Inventaire de la fabrique le 1-2-1906, ibidem : carton no 29, chemise VII.
(13) Ibidem (2).
(14) Ibidem (4).
(15) Recettes et dépenses de la fabrique de Saint-André Goule-d’Oie (1813-1814), ibidem : carton no 29, chemise V.
(16) Recettes et dépenses de la fabrique de Saint-André Goule-d’Oie (1815-1816), ibidem : carton no 29, chemise V.
(17) Recettes et dépenses de la fabrique de Saint-André Goule-d’Oie (1830-1815), ibidem : carton no 29, chemise V.
(18) Inventaire des effets et mobiliers appartenant à l’église de Saint-André-Goule-d’Oie pour l’an 1836, ibidem : carton no 28, chemise II.
(19) Recettes et dépenses de la fabrique de Saint-André-Goule-d’Oie (1846-1856), ibidem : carton no 29, chemise V.
(20) Testament du 8-1-1860 de Jeanne Rochereau avec un legs à la fabrique, ibidem : carton no 29, chemise VI.
(21) Registre des locations des places dans l’église (1861-1870), ibidem : E 2/11.
(22) Ibidem (6).
(23) Registre des délibérations du conseil de fabrique pour 1887, ibidem : E 2/2.
(24) Registre des délibérations du conseil de fabrique pour 1890, ibidem : E 2/2.
(25) Registre des délibérations du conseil de fabrique pour 1902, ibidem : E 2/2.
(26) Registre des délibérations du conseil de fabrique pour 1881, ibidem : E 2/2.

Emmanuel François, tous droits réservés
Novembre 2018

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