mardi 1 octobre 2019

Les moulins à Saint-André-Goule-d’Oie


Tableau de Jean Burkhalter (coll. particulière)
Nous avons utilisé plusieurs moyens pour repérer les moulins. D’abord la carte Cassini donne une situation, non exhaustive néanmoins, des moulins existants vers 1760. Le cadastre napoléonien de 1838 donne des précisions sur les moulins, particulièrement sur les moulins à eau dans ses plans des limites du territoire de la commune, celles-ci étant en partie des ruisseaux, ainsi que sur les planches (pont léger en bois) permettant de les franchir. Les documentations seigneuriales et notariales apportent des informations partielles sur les localisations, les propriétaires, les transactions et les redevances des moulins. Les recherches sur place de l’abbé Boisson, avec recueil de témoignages des anciens dans les années 1970, sont précieuses et disponibles aux archives du diocèse de Luçon. Les archives des Eaux et Forêts de l’Ancien Régime ont été interrogées, n’apportant rien pour Saint-André-Goule-d’Oie. Il reste à investiguer celles du 19e siècle. Malheureusement notre documentation notariale du 18e siècle est trop pauvre sur Saint-Fulgent pour nous fournir des inventaires et des comptes, et nous permettre d’entrer dans la vie des meuniers. Pour y suppléer un peu on se référera à des travaux d’historiens. C’est ainsi que nous avons proposé dans l’histoire des villages de Saint-André-Goule-d’Oie des développements sur les moulins qu’on y a trouvés, que nous ne reprendrons pas ici, y compris avec leurs sources. C’est une synthèse que nous présentons maintenant, en commençant par un inventaire des moulins repérés. Et d’abord une précision : les moulins portaient généralement soit le nom des lieux-dits près desquels ils étaient établis ou dont ils dépendaient à l’origine, soit le nom des meuniers qui en étaient les propriétaires ou les exploitants.

Liste et localisation des moulins


Les deux moulins de Linières à vent et à eau, sont repérés dans la documentation seigneuriale à partir de 1300 environ, tous deux situés sur la paroisse de Saint-André. La première mention d’un moulin à vent en Vendée est dans une charte de 1205 (1). La technique en aurait été rapportée d’Orient lors des croisades. On est donc à Linières, vu d’aujourd’hui, dans les débuts des moulins. Celui à eau était construit sur le ruisseau de la Fontaine de la Haute Gandouinière à un endroit non repéré, proche de l’étang de Linières. En revanche le cadastre de 1838 situe toujours l’emplacement du moulin à vent dans « le champ du moulin » jouxtant vers le nord le village de la Forêt (section E 2, près du village de la Forêt, parcelle no 198 de Saint-André-Goule-d’Oie).

Les deux moulins du Peux à vent et à eau. Le moulin à eau est indiqué sur le cadastre de 1838 au lieu appelé le déversoir du moulin du Peux, et situé en amont du moulin Boudaud et en aval de la planche de la Roche Mauvin, sur le ruisseau du Vendrenneau prenant sa source à Vendrennes. On l’appelait « moulin à Maindron » ou « du Peux », suivant un témoignage de Joseph Boisson recueilli par l’abbé Boisson vers 1970. Cela veut dire qu’il fonctionnait encore probablement au 19e siècle.
Le moulin à vent du Peux était situé à la jonction du chemin de Chavagnes à Saint-André et de celui venant de la Racinauzière, sur une enclôture de 2 boisselées. Il était proche du chemin qui allait de Saint-Fulgent aux Brouzils, l’actuelle D 17, et plus au nord. Les deux moulins à eau et à vent ont été appelés dans certains textes « les moulins de la Burnière », du nom du village et fief du même nom à Chavagnes, repris pour lui-même par le seigneur du Coin et du Peux.

Moulin à vent du Coin
Les deux moulins du Coin à vent et à eau. Le moulin à eau était installé sur la rivière du Vendrenneau, à la croisée du chemin conduisant directement du Coin à la Burnière, dit « moulin à Boudaud » ou « du Coin ». Ce lieu est appelé actuellement « le seuil de la Burnière ». Le cadastre de 1838 indique toujours « le déversoir du moulin Boudaud », mais on n’est pas sûr que le moulin existait encore à cette époque. Il avait probablement été remplacé par le moulin à eau du Peux construit un peu plus en amont.

Une ruine de moulin à vent se trouve toujours à la sortie du village du Coin sur la route qui mène à la Racinauzière. Cité nulle part dans la documentation consultée, on en déduit qu’il serait récent, sa ruine n’étant pas un gage d’ancienneté, au contraire.

Le moulin à vent des Landes de la Mancellière a fait l’objet d’un bail en 1676 par la châtelaine de la Rabatelière. On ne connait pas sa localisation et on doute que ce soit celui cité précédemment au village du Coin, à cause des frontières entre les deux seigneuries voisines du Coin et de la Mancellière, indépendantes l’une de l’autre tout au long de leur histoire.

Les Moulins de la Maigrière. Un moulin à eau était situé près des maisons de la Maigrière et du « jardin de la Brejonnée ». La facilité d’accès du village explique en grande partie son implantation ici sur le ruisseau. Un peu plus loin vers l’amont de la rivière du Vendrenneau (côté Saint-Fulgent), il y avait un autre moulin à eau en ruine au milieu du 18e siècle, et enclos dans le tènement de la Chaunière et Bourolerie.

Il y avait aussi 2 moulins à vent sur la rive gauche du Vendrenneau (paroisse de Saint-André), presqu’en en face de la Chaunière. Ils apparaissent sur la carte Cassini mais pas sur le cadastre de 1838. Néanmoins M. Suire habitant la Maigrière en avait encore le souvenir en 1978, indiquant à l’abbé Boisson un emplacement de moulin, et on parle toujours d’un « verger du moulin ». De plus la documentation permet de repérer un moulin à vent situé près du village de la Jaumarière et du ruisseau du Vendrenneau, construit dans le « Champ du Moulin ». Celui-ci partait de la Maigrière en direction du moulin, sur plus d’un kilomètre. Le lieu-dit actuel des « Moulins » se situe en gros à l’endroit indiqué par les textes anciens.

Le Grand moulin de la Bourolière
Les deux moulins à vent de la Bourolière. Le Grand moulin a été construit vers 1570 et son successeur à la même place est toujours debout de nos jours, ayant perdu son toit. C’est un moulin-tour. Sa tour en maçonnerie, de forme ronde appelée « tonnelle », était surmontée d’une toiture de forme conique. Il était en ruine en 1765 et fut reconstruit ensuite. On l’a appelé parfois par erreur le moulin de la Boninière. Le Petit moulin de la Bourolière n’apparait dans la documentation qu’en 1724 et dut s’arrêter comme le Grand moulin vers la fin du 19e siècle. Il était situé devant le Grand moulin et plus proche du village de la Bourolière.

Les moulins de la Boutinière. Le moulin à eau dit « moulin Grolleau » figure sur le cadastre de 1838 (assemblage de la section E de la Boninière à Saint-André) avec l’indication de « moulin à Grolleau de la Clavière », situé dans l’ancien tènement de la Bergeonnière et en amont de la planche du Chaillou (celle-ci en aval de la route de la Rabatelière à Saint-Fulgent), et en aval de « l’ancien moulin de la Boutinière » sur le ruisseau du Vendrenneau. Plus en amont de ce dernier il y avait le Pont Boutin. En 1675 un texte cite le « moulin à Grolleau » et le « moulin aux draps », en la paroisse de Saint-André. Ce dernier devait être « l’ancien moulin de la Boutinière », mentionné dans le premier cadastre. On a enfin sur le ruisseau du Vendrenneau « le moulin Soulard », probablement situé à la place de l’un des deux derniers ou des deux à la fois. Son existence est rapportée par Eugène Boisson de la Boutinière à l’abbé Boisson avec visite sur les lieux en 1977.

Deux moulins à vent de la Boutinière figurent sur la carte Cassini et le cadastre ancien. Ils étaient bâtis en haut de la butte de la Boutinière, de l’autre côté du chemin par rapport au village à l’origine (vers l’est). L’un d’eux était un moulin turquois (ailes fixées sur une cabine pivotante) en 1595.

Le moulin à vent Briand ou Dria ou Belair. Il est situé proche et au sud de la Brossière sur le tènement des Landes du Pin. On le repère en 1766 et lors du soulèvement vendéen. Les hommes de Saint-André en avait fait un point de rendez-vous à la veille du 13 mars 1793. Il dut s’arrêter de tourner après 1818, et en 1904 il n’en restait qu’un vieux pan de mur.

Le moulin à vent de la Boutarlière. Il figure sur la carte Cassini et est cité dans un texte de 1653, appelé moulin turquois, comme celui de la Boutinière.

Pour mémoire nous indiquerons trois autres moulins. Le moulin Chiron, qui est cité par l’abbé Boisson, situé à la sortie du village de la Brossière vers Saint-Fulgent. Mais nous n’avons aucune information à son sujet. Le moulin du prieuré est cité aussi dans des documents mais sans aucune précision sur sa localisation, ni autre information le concernant. Et ce n’est pas un moulin au tènement de la Porcelière, probablement à vent, mentionné en 1666 dans un inventaire après-décès du prieur Moreau de Saint-André (2). Ici c’est l’homme privé qui est propriétaire du moulin et non le prieur. Nous n’en savons pas plus sur ce moulin en dehors de cette mention.

Ce nombre d’une vingtaine de moulins que nous venons de mentionner est plus élevé qu’il n’y en eut dans chacun des siècles qui se sont succédés du Moyen Âge jusqu’au début du 20e siècle. Certains en ont remplacé d’autres aux mêmes emplacements, et d’autres sont tombés en ruine alors qu’on en construisait ailleurs. L’insuffisance de notre documentation ne nous permet pas d’aller plus loin dans ces chronologies.

Les types de moulins


Les moulins ne sont pas autre chose que des moteurs transformant une énergie naturelle en énergie mécanique. L’arrivée des moteurs modernes au 19e siècle a augmenté considérablement les rendements de production, à cause notamment d’un fonctionnement régulier et indépendant des aléas du vent et des débits d’eau. Ils remplacèrent les moulins qui utilisaient une force motrice naturelle mais aléatoire (eau ou vent) pour réaliser un travail mécanique de frappe, de mouture ou de pressage. Ces aléas naturels expliquent que souvent on associait un moulin à eau et un moulin à vent, proches l’un de l’autre. Les premiers moteurs mis en œuvre par les meuniers ont utilisé des gaz pauvres produits par la combustion du bois (3). Puis vint le moteur électrique, et les meuniers troquèrent alors leurs moulins pour des minoteries. Les ailes tombèrent une fois le moulin arrêté, pour éviter de payer l’impôt. À Saint-André-Goule-d’Oie les moulins n’ont servi qu’à fouler des draps, moudre des écorces et bien sûr moudre des grains de céréales. On n’y trouve pas des moulins à huile, à papier, ou à pastel.

Les moulins à eau pour fouler les draps
Moulin à foulon
On a vu un « moulin aux draps » à la Boutinière, et peut-être y en eût-il un autre à la Maigrière par exemple. Les moulins à foulon se sont répandus en France à partir du 13e siècle, permettant le travail des étoffes à l’aide de la force motrice des moulins à eau, grâce à l’invention de l’arbre à cames. Il s’agissait de dégraisser, d’assouplir et de démêler les tissus avec la frappe automatique de maillets. Les draps étaient pour cela déposés dans une auge circulaire, ou de l’eau était mêlée à de la terre spéciale, de l’argile à foulon, et autres ingrédients comme du saindoux ou de l’urine. Cette mécanisation par les moulins avait remplacé le foulage avec les pieds par les « foulonniers », qui durait des heures. En 1605 est mentionné à la Chevaleraye un « petit masureau ou foulon et autre maison appelée la Chautoir », possédés par Toussaint Menanteau, seigneur du Coudray (4). Le texte ne mentionne pas un moulin à eau, mais une simple maison où on y pratiquait le travail de foulon, sans indication de la technique utilisée, mais nécessitant de l’eau puisée dans le ruisseau, lequel récupérait l’eau usée. Le progrès mécanique du Moyen Âge avait-il pénétré jusqu’à la Chevaleraye à cette date ? On se pose la question, mais peut-être que derrière le texte cité il y avait un moulin non exactement dénommé. On reste avec un petit doute. En tout cas le moulin aux draps de 1675, appartenant à Grolleau, ne laisse pas de doute sur la technique utilisée : le moulin à foulon.

Les moulins à tan
Aucun des moulins cités dans notre liste n’est mentionné comme servant à moudre l’écorce des chênes pour obtenir le « tan » (tanin) sous forme de poudre, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y en eut pas. Le tanin était absorbé par les peaux dans les tanneries pour les rendre souples et imputrescibles. Il y avait des moulins à tan près de la forêt de Gralas aux Brouzils. En 1708, la succession de Jacques Robin, un habitant de la Gandouinière, est partagée entre Sébastien Robin et sa sœur Marie, mariée à Pierre Auvinet. Dans le partage on mentionne un moulin à tan. Malheureusement il n’est pas dit où était situé ce moulin.

Les moulins à seigle et les moulins à froment, les plus nombreux
On distinguait aussi les moulins à seigle et les moulins à froment, qu’ils soient à eau ou à vent. Les moulins à eau avaient une roue différente pour le seigle et pour le froment.

Le régime seigneurial des moulins


Les livres d’histoire expliquent que sur les pressoirs des vendanges, les fours à cuire et les moulins, les seigneurs ont exercé leur monopole appelé droit de banalité. Celui-ci consistait à obliger les habitants à utiliser ces équipements pour en tirer profit. Sur l’exercice de la banalité seigneuriale, on a rencontré le cas d’un four dans le bourg des Essarts au 16e siècle, dans les bourgs de Boulogne et de la Merlatière (à la Raslière) au 17e siècle, et dans le bourg de Saint-Fulgent au 18e siècle. En revanche il existait dans la contrée des boulangeries dans les villages, exemptes de ce droit de banalité. Et on n’a pas rencontré de droit de banalité sur les pressoirs à vendanges.

La banalité des moulins s’incarnait dans le droit de vérolie suivant le mot utilisé dans le Bas-Poitou, consistant à obliger les habitants d’une seigneurie à faire moudre leurs grains au moulin du seigneur. Il ne rapportait pas d’argent directement, mais garantissait une clientèle, ce qui pouvait permettre de faire payer le service plus cher. On a rencontré ce droit de vérolie à la Chapelle de Chauché en 1658 (5). Les meuniers devaient venir charger les grains dans les maisons de la Chapelle et y rendre la farine, ne pouvant retenir les grains que la durée d’une saison. Les droits étaient payés aux meuniers en prenant une portion de farine fixée selon la coutume. Ce quantum n’est pas indiqué dans la déclaration de 1658. On voit que le droit de vérolie ne s’appliquait pas dans toute l’étendue de la seigneurie. Les moulins furent vendus avec le droit de vérolie en 1718 par Daniel Prévost, seigneur de la Chapelle de Chauché, moyennant la perception par lui d’une rente foncière annuelle et perpétuelle de 36 livres (6). Ce montant valorise le bien à 720 livres, ce qui parait bien peu pour les deux moulins. Ils devaient être en mauvais état.

On s’est servi de la documentation des moulins de la Chapelle de Chauché voisine, faute de connaitre celle des moulins du Peux à Saint-André-Goule-d’Oie, bénéficiant aussi du droit de vérolie. Et ce droit n’est pas cité ailleurs pour les autres moulins dans la paroisse, ce qui ne veut pas dire là encore qu’il n’a pas existé pour certains. Il trouve sa source au Moyen Âge avec la création du système féodal et a dû probablement s’appliquer pour les moulins de Linières et disparaître avec eux dans cette seigneurie. Mais avant que la Révolution de 1789 n’y mette fin, ce droit s’était bien évanoui dans les pratiques pour la période observée à Saint-André. À la Boutinière, à la Bourolière et aux Landes du Pin, on observe que la propriété des moulins avait été concédée par les seigneurs à des particuliers sans mention du droit de vérolie, ceux-ci exerçant leur activité comme n’importe qu’elle autre activité artisanale. Néanmoins certaines métairies dépendant du château de la Rabatelière et proches des moulins du château avaient l’obligation d’y faire moudre leurs grains (18e et 19e siècles). Mais cela résultait d’une clause contractuelle des baux et un non d’un droit féodal, même si cela revient au même. Ce dernier droit se rencontre néanmoins dans des tènements dépendants de la Rabatelière comme à la Landouinière de Chauché en 1745 (7). Avec des tout petits fiefs, le monopole créé par ce droit seigneurial perdait de son impact. On peut résumer la banalité seigneuriale des moulins de Saint-André à la veille de la Révolution en disant que sur les près de 11 moulins en fonctionnement alors, 1 seul appartenait à un seigneur (Boutarlière), 8 à des meuniers et 2 à des propriétaires inconnus. Et le droit de vérolie s’appliquait pour 3 d’entre eux au moins, et sans doute guère plus.

Avant la Révolution il fallait l’autorisation du seigneur du fief de construire un moulin, moyennant une redevance annuelle très faible (cens) et une redevance importante à chaque mutation de biens (rachat ou lods et vente). S’ajoutait l’autorisation de l’administration des Eaux et Forêts, exerçant la police de l’eau « dans l’intérêt du roi et du public », disait-on dans une ordonnance en 1716 de la maîtrise des Eaux et Forêts de Fontenay-le-Comte, compétente à Saint-André (8). La même administration continua sa mission après la Révolution.

Les propriétaires et périodes d’activité des moulins


Le ruisseau de la Fontaine de la Haute 
Gandouinière à la sortie de l’étang de Linières
Sur les moulins de Linières on ne dispose pas d’information mais il parait très probable, à cause de la période concernée, que le seigneur des lieux est resté propriétaire des moulins, avec exercice du droit de vérolie. Le moulin à eau n’existait plus en 1675 et l’étang lui-même était envasé au 18e siècle.
À cette date le moulin à vent était mentionné encore, mais en 1796 il était en ruine et en 1838 le cadastre le mentionne sans les maisons qui s’y trouvaient auparavant avec leurs voies d’accès et cours attenantes. On ignore l’époque de l’arrêt de son activité. A-t-il été victime des destructions lors de la guerre de Vendée ? Rien ne permet de l’affirmer, non plus que pour aucun autre moulin sur la paroisse. Au vu du nombre de maisons incendiées dans la commune ce serait probable s’il était encore en activité à cette époque. Mais faute de document à cet effet on ne peut rien affirmer sur ce point.

Les deux moulins à vent et à eau du Peux. Alexandre Laheu, seigneur du Coin et du Peux, les a créés avec droit de vérolie au milieu du 17e siècle. Il les vendit en 1723 à un meunier, André Maindron. Ce fut en contrepartie d’une rente perpétuelle et annuelle de 45 livres et d’un gâteau de farine par an. Ce gâteau parait être un usage chez les meuniers, car on le rencontre aussi accompagnant une rente sur un moulin de la Bourolière, où dans un acte de 1784 il est estimé valoir en argent 3 livres. Les petits-enfants d’André Maindron vendront leurs parts dans ces moulins du Peux en 1782 à leur frère André. On suppose que le droit de verolie faisait partie de la vente, mais ne pouvant s’appliquer que sur les villages du Coin et du Peux à Saint-André, et quelques autres à Chavagnes, dont la Burnière. Il obligeait les habitants de ces villages à faire moudre leurs grains au moulin du seigneur. La rente fut rachetée en 1803 par André Maindron pour 650 F. L’arrentement avait déjà transféré la propriété des moulins aux Maindrons, mais c’était une propriété obérée par une dette qu’il fallait racheter pour s’en libérer.  

Le propriétaire du moulin à vent des landes de la Mancellière était en 1676 le seigneur des lieux, c’est-à-dire le châtelain de la Rabatelière. On le constate dans un bail de cette année-là, où il est loué pour 45 livres par an à deux meuniers : Jacques Roger, de la Moriniène (Chavagnes), et Maurice Maindron, de la Boninière (Saint-André). Dans cette période les revenus de la seigneurie de la Rabatelière étaient en majeure partie saisis par un tribunal, et beaucoup de bâtiments dans les métairies au début du 18e siècle, le château lui-même, étaient en mauvais état, parfois menaçant ruine. Dans les comptes des régisseurs à partir de 1730 le moulin de la Mancellière n’apparait pas, alors que le châtelain de la Rabatelière possédait deux moulins à eau et à vent à proximité de son château, qu’ils louaient au meunier Pierre Suire en 1759 pour 110 livres par an (9). Il louait aussi les moulins de Thorigny proches aux meuniers Rochelet. La disparition du moulin de la Mancellière est avérée dans le cadastre de 1838, mais remonte très probablement à bien plus loin dans le temps.

Le ruisseau du Vendenneau à la Maigrière
Un moulin à eau de la Maigrière appartenait à la famille Papin en 1664. On ne connait pas les propriétaires des moulins à vent. Mais ce ne furent pas les familles de Vaugiraud et Moreau, appartenant à la noblesse et à la riche bourgeoisie. Leurs propriétés à la Maigrière sont connues et ne comprennent pas de moulins.

En revanche on les voit posséder des droits sur les moulins de la Bourolière. Le Grand moulin à vent de la Bourolière a été construit vers 1570 par Mathieu Fonteneau, qui a racheté le droit de rachat (droit de mutation d’un bien noble) au seigneur de Languiller. Ce dernier a vendu ses autres droits seigneuriaux dans le tènement et sur les moulins à d’autres personnes. Au passage on relève qu’un moulin pouvait être classé noble ou roturier comme tout autre bien foncier, ce qui entraînait un régime différent de redevances seigneuriales. Jacques Moreau, bourgeois habitant le bourg de Saint-André, parait posséder un peu avant 1644 ce Grand moulin. Ensuite on ignore les transactions dont il a fait l’objet, mais en 1692 l’héritier de Jacques Moreau, de Vaugiraud de Bazoges-en-Paillers, possédait une rente de 10 livres par an sur lui et le Petit moulin à côté, ce qui veut dire que les moulins appartenaient à quelqu’un d’autre. En 1732, les droits sur les deux moulins de la Bourolière, étaient affermés par de Vaugiraud moyennant soixante livres par an, ramenées à cinquante en 1740, avec une rente diminuant son revenu cette année-là à trente-sept livres. La nature de ces droits n’est pas précisée. En 1740, le Grand Moulin était possédé pour une moitié par André Fonteneau, farinier demeurant dans une maison attenante. L’autre moitié du moulin appartenait à Jean Robin, laboureur, et à sa femme Renée Brillouet, demeurant à la Bergeonnière. Le Grand moulin périclita ensuite et tomba en ruines. La succession de Vaugiraud l’arrenta en 1765 à Charles Auguste de Tinguy, seigneur de Vanzais demeurant à la Basse Clavelière (Saint-Fulgent). Le prix en était une petite rente de 4 livres par an à hauteur du peu de valeur du bien, mais il était prévu que l’acquéreur ferait faire les réparations nécessaires. Par cet acte on comprend que le moulin supporte une nouvelle rente pour financer sa réparation, mais au prix de l’arrivée d’un nouveau créancier. En 1782 les héritiers de Tinguy vendirent leurs rentes à leur voisin meunier nommé Jean Badreau. La vente concerna deux rentes : une ancienne de 20 livres due au chevalier de Vaugiraud, et une nouvelle de 18 livres rendable chez les de Tinguy. André Fonteneau est toujours le propriétaire en titre du moulin, mais avec ces dettes importantes.

Le Petit Moulin à vent de la Bourolière fut acquis en 1721 par Jacques Maindron, meunier à la Clavelière, à André Auneau, moyennant la poursuite du paiement d’une rente foncière aux de Vaugiraud. Par mariage, le Petit moulin devint la propriété de Jean Badreau, qui racheta aux de Vaugiraud leur rente sur le moulin. Sa fille unique épousa en 1785 Clément Grolleau, un des fils du meunier de la Boutinière. Ce gendre était propriétaire des deux moulins à vent de la Bourolière au sortir de la Révolution. Avec les rentes déjà possédées par son beau-père, il n’eut sans doute pas à faire beaucoup d’efforts financiers pour cela. On ne saura probablement jamais comment il procéda, puisque c’était l’époque de la Guerre de Vendée, aussi destructrice pour les archives. Le fils de Clément Groleau et de Jeanne Badreau, Jacques Antoine Polycarpe Groleau, fit prospérer les moulins de la Haute Clavelière et de la Bourolière. Par mariages, les deux moulins de la Bourolière échurent au 20e siècle à Madeleine Soulard, épouse de Charles Audureau, marchand de grains à Saint-André. Le Grand moulin fut peut-être le dernier de la commune à tourner, car sa propriétaire le remit en marche momentanément lors de la première guerre mondiale.

Cette histoire des moulins de la Bourolière a fait intervenir de riches propriétaires de la bourgeoisie et de la noblesse à titre de possesseurs d’une partie des redevances seigneuriales et de rentes foncières. Dans ce dernier rôle ils ont prêté de l’argent dans les formes de crédit en usage à l’époque, les rentes foncières. Mais les propriétaires sont restés des meuniers du début à la fin.

Le moulin aux draps de la Boutinière, qui apparait dans la documentation en 1675, appartient à un nommé Grolleau. On a pu reconstituer la généalogie de cette famille de meuniers de la Boutinière à partir du milieu du 18e siècle, avec un testament en 1765 de Jeanne Grolleau, fille de Clément Grolleau et Perrine Coutand. Le moulin Soulard est intéressant à cause de sa jeunesse. Construit par un nommé Soulard en 1860/1870, il fut démoli au début du 20e siècle par Eugène Boisson (né en 1911), lequel l’avait fait tourner. La famille Soulard, était la famille maternelle d’Eugène Boisson. Aux meuniers Soulard avait succédé le meunier Marché. N’oublions pas que la deuxième partie du 19e siècle fut une période d’un très important développement agricole avec la modernisation des techniques, et la production céréalière s’est fortement accrue.

Les moulins à vent de la Boutinière ont une histoire connue plus ancienne. Le moulin turquois, appelé le moulin de Bordron, appartenait en indivision à Maurice Beriau et Maurice Rabereul en 1595, ce dernier meunier demeurant au Coudray. Comme toutes les propriétés immobilières, la construction du moulin nécessitait une concession seigneuriale, à la Boutinière du seigneur des Bouchauds (Essarts). En contrepartie le seigneur recevait un cens de 2 sols et 6 deniers et 2 chapons par année et avait droit de justice foncière et droit de lods et ventes (droit de mutation sur des biens roturiers). En 1614 les propriétaires en indivision sont trois meuniers demeurant au Coudray : Maurice Rabereul, Pierre Netraud et Pierre Ardouin.

L’autre moulin à vent de la Boutinière appartenait en 1614 par moitié à Marguerite Leray, veuve d’un Moreau sieur du Plessis, frère de Jacques Moreau sieur du Coudray, une famille de riches bourgeois de Saint-André. L’autre moitié appartenant à Denis Maignan. Peut-être ce dernier était-il meunier, louant la partie ne lui appartenant pas. Ou bien les deux propriétaires louaient-ils le moulin à un meunier pour son exploitation. Le bail était alors rédigé comme celui d’une métairie, moyennant un loyer en argent généralement. Près de 60 ans plus tard, le moulin a changé de propriétaires. Dans une déclaration de 1671, la moitié par indivis est possédée par Louis Payneau sieur de la Patissière, auquel avait succédé sa fille Catherine en 1698. Nous ne connaissons pas le propriétaire de l’autre moitié. On suit l’histoire des deux moulins à vent ensuite, sans pouvoir les distinguer, jusqu’au début du 19e siècle avec la famille des meuniers propriétaires et exploitants, les Grolleau. De nos jours des maisons ont été bâties sur leur motte, qu’on appelait jadis des cernes.

Le moulin à vent Briand ou Dria ou Belair appartenait aux frères Garnaud en 1766, de la famille des bourgeois qui ont été fermiers de la seigneurie de la Boutarlière à cette époque. En 1797 le propriétaire est un habitant de Vendrennes, Charles Marmin. C’est André Marmin qui habite au moulin en 1823. Mais on sait qu’y habitait une autre famille de meuniers sans savoir si elle en possédait une part. En 1804 et 1807 c’est Jean Janière, farinier, qui y demeure avec son épouse, Françoise Charrieau. En 1827 Louis Coutaud, marié avec Renée Boudaud y habite, avec François Coutaud, son frère, aussi farinier au moulin de Belair.

Un moulin turquois
Le moulin à vent turquois de la Boutarlière était la propriété du seigneur des lieux. Compte tenu de la petite étendue de la seigneurie, on doute que le droit de vérolie, s’il a existé, ait pu suffire à fournir la clientèle suffisante pour le faire tourner. On ignore l’époque de sa construction. Il semble avoir disparu peu après la Révolution, car nous avons la mention en 1797 d’un Pierre Beneteau meunier demeurant à la Boutarlière, très probablement travaillant sur place (10). Et dans un acte de 1827 on voit que le moulin a été démoli (11).

Pour finir on notera que la disparition des moulins à Saint-André-Goule-d’Oie à la fin du 19e siècle et tout début du 20e parait précoce par rapport à d’autres régions. Ainsi en 1925 dans la Vienne il y avait encore 186 moulins en activité (12).

Quelques données techniques sur les moulins


Dans les notes de l’abbé Boisson on relève, éparses, les informations suivantes concernant les moulins de la Rabatelière. D’abord les meuniers distinguaient les vents suivants :
-        Vent de galerne : nord-ouest, subdivisé en haute galerne (plein nord) et basse galerne.
-        Vent d’ouest : vent de la marée.
-        Vent de sud : vent de la soulaine, subdivisé en haute soulaine (soleil levant ou est) et basse soulaine (sud sud-ouest).

Mais l’abbé Boisson a écrit cette phrase qui incite à la prudence : « j’ai interrogé 4 anciens meuniers de la Rabatelière : les 2 frères Herbeteau, Célestin Rambaud et Joseph Boudaunet. Ils ne sont pas tout à fait d’accord. » (13). On est tenté néanmoins de se référer à Henri Herbreteau qui précisait :
-        Le serein : brise du soir, « un bon vent sans à coup, utilisé chez nous surtout au temps de la voile ».
-        Soulaine : vent du sud « le meilleur, le plus régulier ».
-     Marée : ouest « mauvais à Bel-Air, contrarié par les bois du château ». À cet égard il existait une coutume consacrée par les tribunaux emportant l’interdiction de laisser pousser des arbres à moins de 200 mètres d’un moulin à vent.
-        Galerne : nord.
-        Bas : sud-ouest.

Les ailes des moulins à vent étaient munies de toiles, puis elles le furent par des vergettes et planches en bois. Les vergettes étaient des tiges de fer partant de la tête de l’arbre pour manœuvrer, il y en avait une pour chaque aile. Les ailes en bois coûtaient plus cher aux meuniers, mais constituaient un net progrès sur la voile pour les manœuvres. Le chapeau du moulin à tonnelle supportant les ailes était manœuvré de l’extérieur par un « guide » (perche), ou de l’intérieur à l’aide d’un « brassail » (chaîne) commandant dans les deux cas une roue dentée graissée qui faisait coulisser le tout sur un chemin de bois (souvent de cormier). L’attention nécessaire à la conduite du moulin à vent en faisait un travail plus pénible que la conduite d’un moulin à eau. Mais quand l’eau manquait, parfois dès le printemps, il fallait abandonner ce dernier pour le moulin à vent. C’est au sujet de ce dernier qu’il faut appliquer ce bout de chanson : « meunier tu dors, ton moulin va trop vite ! ». Pour obtenir des ailes assez longues, les moulins à vent étaient souvent construits sur une butte de terre ou un rocher, appelé avec ses alentours un cerne. Mais pour les notaires de Saint-Fulgent chaque moulin à vent avait son cerne, et ce mot désignait de manière générale pour eux le sol sur lequel était construit le moulin avec ses abords immédiats.

Le nettoyage des meules nécessitait d’abord de les lever avec un palan. Sa fréquence dépendait de l’ail sauvage dont les graines restaient mélangées avec les grains de céréales, et encrassaient les meules. La métallurgie moderne apporta au 19e siècle des charrues en métal pouvant labourer profond. Cela a permis d’enterrer les plantes adventices aux céréales appelées « mauvaises herbes », et d’améliorer la qualité des grains. La rotation normale des meules était de 60 à 70 tours par minute (100 à 120 dans les coups de vent). On remplaça à une époque non repérée les meules en pierre par l’installation de cylindres. Les meules furent conservées cependant avec les cylindres, pour s’en servir jusqu’au bout pour moudre le blé noir (sarrasin), dont les gens de nos contrées faisaient une consommation en hiver sous forme de galettes de blé noir, comme cela se faisait à large échelle en Bretagne.
Les constructeurs de roues à aubes et autres machineries en bois des moulins (les moulanges) s’appelaient des amoulangeurs, pratiquant une spécialité de charpentier. Dans les années 1760 le régisseur du château de la Rabatelière payait les charpentiers 15 sols par jour. On est là sur un tarif élevé d’artisan, mais l’amoulangeur était payé à 20 sols, voire 30 sols par jour (14).

L’économie des moulins.


Pain de seigle
Dans notre époque observée à partir du 17e siècle, les grains étaient portés par les chefs de famille au meunier pour faire de la farine, ou bien le meunier passait chercher dans les fermes les grains et livrer la mouture. Le pain de pur froment était très rare à cette époque. Il était plutôt composé de mouture avec une grande variété de grains : froment, seigle, avoine dans des proportions adaptées aux revenus des consommateurs. À l’aire du « progrès » au cours du 19e siècle le froment s’imposa dans la fabrication du pain. Le seigle fait un timide retour de nos jours dans les boulangeries, aidé par sa qualité nutritive meilleure (plus riche en protéine). Mais il eut longtemps la réputation d’un pain des pauvres.

Au 16e siècle les meuniers sont de modestes personnages, louant leurs moulins à des prix peu élevés (15). La coutume du Poitou fixa le salaire du meunier au 16e siècle. Pour un boisseau de froment mesuré à raz (les grains affleurant les bords du boisseau), le meunier devait rendre un boisseau de farine mesuré comble (le cône de farine au-dessus des bords contenait autant de matière sèche que possible). Son salaire était de 8 sols 7 deniers pour un setier de froment (16 boisseaux). Ou parfois le meunier gardait une partie du grain pour se payer. Le seigneur de Saint-Fulgent fixait à 1/16e le droit de mouture perçu par lui ou ses fermiers (16). On ne connait pas les quantums en vigueur à Saint-André. Dans son livre sur les moulins de Vendée, Elie Durel indique que les meuniers se payaient au dixième. Ils « craulaient ». « Sur une rasière, soit 80 kg, le client retrouvait 51 kg de farine et 21 kg de son, 8 kg de farine servaient à payer le meunier » (17).

Les moulins à vent pouvaient moudre de 14 à 20 hectolitres de grains par jour dans de bonnes conditions de vent. Selon l’auteur le meunier apportait la mouture non tamisée à son propriétaire dans de grandes pochées longues d’environ 1,50 m et peu larges, fabriquées en toile de lin. Il repartait avec les mêmes pochées remplies de grains à moudre (18). Au fil du temps et dès le milieu du 18e siècle ce métier de meunier a permis de s’enrichir. À voir l’histoire des Grolleau de la Boutinière et ceux de la Clavelière, on voit ses membres se marier avec des artisans et agriculteurs aisés. On les voit aussi faire crédit à des agriculteurs en difficultés, et finir parfois par s’approprier les biens hypothéqués de ces derniers.

On a du mal à connaitre la valeur d’un moulin et son rapport. Le prix des fermes tenait compte des terres et maisons attenantes au moulin lui-même et louées en même temps. On a vu pour cela les prix varier dans des proportions considérables. Néanmoins le bail de 5 ans du moulin des Landes de la Mancellière en 1676 ne concernait, outre le moulin, qu’une ouche de 3 boisselées, et on est donc proche avec lui de la location du seul outil de travail. La ferme se montait à 45 livres par an et ne parait pas grever de rentes ou autres charges significatives (19). Ce montant est à l’époque celui d’un prix de ferme d’une borderie de quelques hectares.

Pour une autre approche on a un devis de réparation du moulin à seigle installé sur le ruisseau de la Grande Maine, à la Pesotière de Saint-Fulgent en 1754, qui monte à 683 livres, hors les bâtiments où il est installé. Il est difficile d’apprécier sa valeur à neuf mais on est tenté d’arrondir à 1 000 livres pour cela, à cause de l’importance des réparations envisagées qui sont décrites au devis (20). On a une valeur de cet ordre en 1659 avec le moulin à vent du château de la Rabatelière, dégarni de moulanges, qui fut estimé à 350 livres comme bien noble et 310 livres comme bien roturier (21).

La rentabilité des moulins variait de l’un à l’autre. Le régisseur de la Rabatelière eut cette réflexion en 1730 sur un moulin à Champ-Saint-Père : « les moulins ne conviennent qu’à ceux qui les font tourner, et non à un propriétaire à qui ils coûtent plus qu’ils ne valent » (22). En revanche le même régisseur avait conseillé quelques années plus tôt au châtelain de la Rabatelière, seigneur du bourg de Chavagnes-en-Paillers : « Pour Chavagnes je vous conseille de faire construire un four à ban qui devrait produire au moins 75 livres de revenus » (23). S’agissant d’un bourg important, le chiffre d’affaire escompté devait permettre apparemment d’envisager un bénéfice intéressant. Mais il nous faudrait des comptes pour comparer le prix pratiqué par un moulin banal dans la contrée avec celui des moulins sans monopole.


(1) M. Chamard, La Vendée pour les nuls, First Edition, 2014, page 41. 
(2) Inventaire après-décès en 1666 du mobilier, vaisselle, linge et papiers de Pierre Moreau, Archives de Vendée, chartrier de Roche-Guillaume, famille Moreau : 22 J 29, page 144.
(3) Témoignage de Jean Thomas sur le moulin à eau du Gué à Sainte-Cécile.
(4) Déclaration roturière du 7-6-1606 de Toussaint Menanteau à Languiller pour la Chevaleraye à cause du Coin Foucaud, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 58.
(5) Déclaration roturière du 4-11-1658 des teneurs du bourg de la Chapelle et de la Barotière, ibidem : 150 J/C 77, page 5.
(6) Vente du 29-1-1790 d’une portion des moulins à eau et à vent de la Chapelle Begouin par Piveteau à Dabreteau, Archives de Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Frappier : 3 E 30/13.
(7) Déclaration roturière du 2-12-1745 de Jacques Mandin pour la Landouinière (Chauché), Archives de la Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 24.
(8) Interdiction du 18-9-1716 de détournement des eaux des rivières, Archives de Vendée, maitrise des Eaux et Forêts de Fontenay : B 1287.
(9) Livre des comptes de la Rabatelière (1755-1767) et titres de propriété, ibidem : 150 J/K 6, page 90.
(10) Lieux-dits de Chauché, Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 29-2.
(11) La Boutarlière, fonds Lagniau, Archives de Vendée : 250 J 59, page 12.
(12) Paul Raveau, Essai sur la situation économique et l’état social en Poitou au 16e siècle, Librairie des sciences politiques et sociales, Paris, 1931, page 68 [Archives de Vendée : L 14, en salle de lecture].
(13) Les moulins à la Rabatelière, fonds de l’abbé boisson, Archives du diocèse de Luçon : 7 Z 61.
(14) Livre des comptes de la Rabatelière (1755-1767) et titres de propriété, ibidem : 150 J/K 6.
(15) Ibidem (11), page 56.
(16) Aveu du 23-6-1774 de Saint-Fulgent (Agnan Fortin) à la vicomté de Tiffauges (A. L. Jousseaume de la Bretesche), transcrit par Paul Boisson, Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 13.
(17) E. Durel, Les moulins de Vendée, Geste Editions, 2016, page 10.
(18) Augustin Herault, Les « gas » du bocage vendéen de 1760 à 1960, Hérault, Maulévrier, (1977), pages 30 et 246.
(19) Ferme du 25-7-1676 du moulin à vent de la Mancellière avec quittances, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière, ibidem : 150 J/G 48.
(20) Estimation des travaux du 17-6-1754 sur les moulins de la Pesotière (Saint-Fulgent), Archives de Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Thoumazeau : 3 E 30/114.
(21) Arpentements et estimations en octobre 1659 du château de la Rabatelière et autres terres jointes, ibidem : 150 J/A 13-4.
(22) Lettre du 29-4-1730 de Bousseau à M. Montaudouin sur le moulin de Montorgueil, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière, ibidem : 150 J/F 7.
(23) Lettre du 20-8-1727 de Bousseau à M. Montaudouin sur les affaires en cours, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière, ibidem : 150 J/F 7.

Emmanuel François, tous droits réservés
Octobre 2019

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