dimanche 1 juillet 2018

Les registres paroissiaux clandestins de Saint-André-Goule-d’Oie en 1793 et 1794

Les débuts de l’état-civil


Les registres paroissiaux, tenus par les curés des paroisses sous l’Ancien Régime, contenaient l’inscription des baptêmes, mariages et sépultures faits dans la paroisse. C’étaient des documents officiels provenant en Vendée de la sénéchaussée de Poitiers. Les autorités révolutionnaires les ont remplacés par les registres d’état-civil tenus par des officiers de l’état-civil (maires), contenant l’inscription des naissances, mariages et décès survenus chaque année dans la commune. Décrétés par l’assemblée nationale le 20 septembre 1792, leur entrée en vigueur a été fixée au 1e janvier 1793. Le commencement des nouveaux actes manifeste le culte de la loi exprimant la souveraineté de la nation. On citera par exemple le premier registre conservé de Chauché : « le 15 janvier 1793 l’an 2e de la République Française, nous François Renolleau officier public de la commune de Chauché, canton de Saint-Fulgent, district de Montaigu, département de la Vendée, nommé en exécution de l’article 2 du titre 1e de la loi du 20 septembre 1792, l’an 4e de la liberté, qui détermine le mode de constatation de l’état-civil des citoyens, étant au lieu des séances de la commune, a été  présenté un enfant reconnu de sexe masculin nommé … » (1).

Dans la guerre de Vendée, commencée en batailles rangées en mars 1793, l’action administrative a été fortement perturbée et chaque camp a voulu bruler les papiers de son ennemi. Si bien que l’état-civil des Vendéens de la contrée de Saint-André a presque entièrement disparu de 1793 à 1800. Certes, on voit conservé dans les communes les plus ravagées par la guerre civile, comme celle de Saint-André, des registres communaux à partir d’avril 1797 (floréal an V). Mais ceux-ci ont souffert, les premières années, de leur rejet par les populations. Il faut attendre le retour de la paix par Napoléon en 1800, pour disposer d’un inventaire sérieux de l’identification des habitants de Saint-André.

On peut néanmoins accéder aux registres clandestins des curés réfractaires au serment à la constitution civile du clergé. Ils étaient clandestins car non officiels, et parfois tenus au péril de leur vie par des prêtres obligés de se cacher pour échapper dans un premier temps à la déportation, et dans un deuxième temps à la mort. Ce fut le cas de Louis Marie Allain (1751-1823), curé de Saint-André à partir de 1783 (voir le dictionnaire des Vendéens sur le site des Archives départementales). Conservés dans les archives du diocèse de Luçon, ces registres clandestins font partie de l’état-civil mis à la disposition du public par les Archives départementales de la Vendée, pour en tenir lieu. En pratique en effet, ils suppléent à l’état-civil dont la conservation a été défaillante quand il a existé.

Au-delà des investigations individuelles qui en constituent l’objet même, ces registres nous révèlent ou confirment quelques faits advenus dans la commune de Saint-André-Goule-d’Oie.

1792 : début des hostilités


D’abord la clandestinité du curé a commencé en juillet 1792 dans cette commune. On le sait à cause des décisions prises par les autorités. Par arrêté du 30 juin 1792, le Directoire du département de la Vendée convoqua tous les prêtres insermentés à Fontenay pour y être internés. Dans la Vienne les autorités furent moins agressives, provoquant la colère des jacobins locaux (2). Avec le recul on remarque que ce texte était entaché d’abus de pouvoir. Mais bientôt la loi devait aller plus loin : celle du 26 août 1792 condamna à la déportation tous les prêtres insermentés, et au bagne les récalcitrants qui refusaient de partir. Beaucoup de prêtres quittèrent ainsi la France, notamment ceux du sud de la Vendée. Les embarquements eurent lieu à la fin de l’année 1792 à Saint-Gilles-Croix-de-Vie ou aux Sables-d’Olonne, concernant 250 prêtres, généralement vers l’Espagne et  l’Angleterre.

Les historiens s’accordent à fixer le début de la guerre de Vendée en mars 1793 avec le commencement des batailles rangées. Bien sûr ils expliquent que « le feu couvait sous la cendre », et que la levée de 300 000 hommes « mit le feu aux poudres », suivant les expressions habituellement utilisées. C’est plutôt en juillet 1792 qu’ont commencé les hostilités avec la traque des prêtres et la clandestinité des réfractaires parmi eux. Et elles se sont arrêtées avec le retour des survivants 1800. C’est ce que nous montrent les deux registres clandestins de Saint-André, suivis en 1796 du début de l’état-civil.

Pour savoir ce que fit le curé Allain dans cette situation, il est intéressant de regarder son registre paroissial de l’année 1792. On remarquera que ce dernier poursuit sans changement celui de l’année 1791, lequel commence par une inscription des nouvelles autorités ainsi libellée : « Registre contenant 16 feuillets cotés et paraphés par premier et dernier par nous Jacques Moisgas vice-président du district de Montaigu soussigné, le siège n’étant pas encore en activité, pour servir à enregistrer les actes de baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie pendant la présente année. Fait à Montaigu le 2-1-1791. Signé J. Moisgas ». Un tampon officiel marque le haut de la page. En son milieu est reproduite une fleur de lys, symbole de la monarchie (Louis XVI ne sera déchu que l’année suivante). Sur le haut du pourtour est l’inscription « Poitiers ». Sur le bas du pourtour on lit : « P P 2 sols 4 deniers ». C’était le timbre de l’ancienne sénéchaussée de Poitiers apposé sur ce type de papier pour prélever une taxe. Au début de 1791 on est visiblement dans une phase de transition entre les anciennes autorités administratives et les nouvelles.

Le tampon est régulièrement apposé à chaque feuille du registre de 1791/1792, comme au temps de l’Ancien Régime. A la vue 16/30 du registre numérisé accessible par internet sur le site des Archives départementales, on passe aux actes de l’année 1792 sans changer de registre. Puis on ne voit plus de tampon à partir de la vue 23/30 portant la première date du 23 juin 1792. Les actes sont cependant toujours signés par le curé Allain. Et à la vue suivante 24/30 (à partir du 28 juillet 1792), les actes de baptêmes et sépultures sont signés par le maire de la commune Jean Bordron. On en déduit que le curé Allain se cache très probablement. La rédaction parait être d’une main peu en rapport avec la signature du maire. Il y a là apparemment deux mains pour tenir le registre.

Alors si ce registre paroissial est toujours considéré comme officiel, il est visiblement tenu clandestinement à partir de juillet 1792 avec la participation du maire. Jean Bordron signera ainsi 14 actes de sépultures et 27 actes de baptêmes sur des pages sans tampon officiel. Ces actes écrits par quelqu’un d’autre que le curé et le maire, sont datés entre fin juillet et fin décembre 1792. Il n’y a pas de mariages, mais sans surprise car on sait que l’été était consacré aux travaux des champs. C’est en février et au début du printemps qu’avaient lieu alors les mariages. Enfin l’écriture du curé réapparait à la vue 28/30. C’est pour ajouter 4 actes dans le désordre au vu de leurs dates en juillet et septembre de 1792. Ce sont 5 baptêmes faits à la Rabatelière par le curé du lieu, d’enfants nés dans les villages de la commune de Saint-André proches du bourg de la Rabatelière. Louis Allain ajoute aussi un baptême fait par lui dans son église en date du 12 avril 1793, concernant un enfant né à la Gagnollière des Essarts. Il ajoute à chaque fois que ces actes « ne sont pas à sa place à cause de la guerre ». Ce mot de guerre employé ici interroge, puisque la première bataille date de mars 1793. On pense que ces 6 derniers actes ont été écrits après les évènements qu’ils relatent, et ajoutés à la fin du registre, là où il restait encore de la place.

Ces baptêmes à la Rabatelière ne sont pas une nouveauté à cause de la proximité de son bourg pour les villages où sont nés les futurs baptisés, mais ils étaient plus rares d’habitude. Et les parents de l’enfant de la Gagnollière, les Fonteneau originaires de la Bourolière (Saint-André), sont revenus dans leur ancienne paroisse car le curé y était alors sous la protection de l’armée royaliste, dite « du Centre ». Les Fonteneau avaient été engagés par le propriétaire de Linières sur sa métairie de la Gagnollière.

Pour vérifier que les actes du registre paroissial de Saint-André ne sont plus au complet à partir de la mi-1792, un bilan de la totalité des actes de l’année 1792 est intéressant à observer en comparaison des années précédentes :
Nombre de naissance : 27. On rappelle 1791 : 50 - 1790 : 54 - 1789 : 49 - 1788 : 52
Nombre de mariages : 12. On rappelle 1791 : 9 - 1790 : 5 - 1789 : 10 - 1788 : 7
Nombre de sépultures : 29. On rappelle 1791 : 22 - 1790 : 27 - 1789 : 61 - 1788 : 37

Bourg de Saint-André en 1900
Comment comprendre l’intervention du maire ? Visiblement il a rendu service au curé à première vue. Son père avait été longtemps fabriqueur de la paroisse et lui-même avait été syndic en 1787. C’était une personne reconnue, et pour cette raison il avait été élu le premier maire de la commune en 1790. Son métier de maréchal dans le bourg le mettait en contact avec beaucoup de monde. A l’été 1790 il a fait une requête au nom du conseil municipal à l’Assemblée Nationale pour qu’on laisse un peu de biens au curé de la paroisse, au lieu de tout prendre comme bien national (3). Il a certainement participé aux débats de l’assemblée votante de la commune en 1790 sur les modalités pratiques des scrutins, où des oppositions se sont fait jour. Mais on ne sait pas les décrire ni cerner ses protagonistes.

Son jeune fils de 25 ans fut nommé agent communal (maire) en septembre 1797 pour remplacer François Fluzeau, élu mais refusant le serment de haine à la royauté décidé par les auteurs du coup d’état jacobin. Ce fils Bordron était du camp des révolutionnaires. Et son père lui-même, notre signataire du registre, participa à l’élection du président de la municipalité cantonale en mars 1799. C’est un indice fort d’appartenance au camp républicain dans le contexte local de l’époque, d’autant qu’il s’est rangé dans le camp minoritaire (33 sur 78 électeurs présents) de Benjamin Martineau, qui sorti victorieux de l’élection en organisant un coup de force avec l’aide des gendarmes de Saint-Fulgent (4). Mais le même fils Bordron ne trouvait personne en 1798 dans sa commune pour renseigner les matrices servant au calcul de l’impôt foncier. Il refusait aussi de faire abattre les croix aux carrefours. Et il laissait faire, au minimum, en 1799, les prières dominicales du dimanche qui réunissaient dans l’église les paroissiens sans prêtre (voir notre article : Les agents communaux Fluzeau (1796-1797) et Bordron (1797-1799). Alors pouvait-il être avec son père favorable à la Révolution de 1789 et refuser les excès de ses partisans ? Loin de Paris et des foyers de propagande en province, une réponse positive est possible pour des Vendéens à l'esprit d'indépendance fort développé. On aimerait disposer de plus d’informations pour répondre, et les indices que nous venons d’indiquer concernant Jean Bordron père sont insuffisants pour dresser son profil politique avec certitude. Notamment se pose la question de l’opportunisme dans ses attitudes, à cause de l’achat de biens nationaux par son fils. Alors à qui a-t-il rendu service en signant les actes du registre paroissial au deuxième semestre 1792 ? Notre intuition est qu’il a aidé le curé, certes, mais en même temps il a assumé sa responsabilité à l’égard de la communauté paroissiale, qui devait tenir à son registre. Le mot de « communauté » employé ici qualifie bien cette petite société paroissiale. Il mériterait un développement particulier, et il nous parait important pour tenter de comprendre cette signature de Jean Bordron.

Le 1e registre clandestin de Saint-André repris dans les états-civils de Saint-Fulgent, Chauché et la Rabatelière

Bourg de Saint-Fulgent en 1900
On dispose de deux registres clandestins à Saint-André-Goule-d’Oie. Le premier pour l’année 1793 a été repris dans les registres d’état-civil accessibles par internet des communes voisines de Saint-Fulgent, de la Rabatelière et de Chauché. Pour Saint-Fulgent, la proximité de son bourg pour certains villages de Saint André, et les cachettes probablement communes en partie des desservants réfractaires des deux paroisses, expliquent que certains habitants sont enregistrés sur le registre de la commune d’à côté. Il n’y eut pas de curé intrus à Saint-André, et le seul prêtre disponible était donc le curé réfractaire. A Saint-Fulgent, le curé, obéissant aux autorités, fut embarqué pour l’Espagne où il y est mort en décembre 1793. Le vicaire Brillaud est resté sur place, tenant son registre clandestin où se trouvent quelques habitants de Saint-André. Il y eu bien un curé officiel à Saint-Fulgent, Jean Baptiste Baudry, élu par les électeurs du district de Montaigu. Il fut accueilli comme un intrus dans sa nouvelle fonction à partir de l’été 1791. La plupart des paroissiens se sont détournés de ses services, recourant massivement au vicaire réfractaire au serment, même la femme du révolutionnaire extrémiste Benjamin Martineau en 1793 ! (5).

L’ajout du registre clandestin de Saint-André pour l’année 1793 dans les registres d’état-civil de Chauché est normal. Depuis la création des paroisses au Moyen Âge, les habitants de Chauché demeurant à proximité du bourg de Saint-André, se sont toujours adressés au curé de ce dernier bourg pour leurs baptêmes, mariages et sépultures. Mais à partir de 1793 le nouveau maire de Saint-André ne pouvait pas enregistrer des actes concernant des citoyens de Chauché. Il n’est pas nécessaire en revanche d’aller chercher des habitants de Saint-André sur le registre clandestin de Chauché, à cause de l’éloignement. Celui-ci existe pourtant, car le vicaire de Chauché, élu curé par le district de Montaigu, fut chassé par ses paroissiens. Un prêtre délivré de la prison de Fontenay par les Vendéens en mai 1793, Jacques Guyard, s’est caché dans les environs et a desservi clandestinement les paroissiens de Chauché. On trouve aussi un acte isolé de lui sur le registre clandestin de Saint-Fulgent.

A la Rabatelière aussi, ses habitants ont peu de chance de figurer sur un registre de Saint-André. Et le registre clandestin de cette commune n’a pas été conservé. C’est dommage, car son curé réfractaire, Guesdon de la Poupardière, se mis au service de tous, intervenant même ponctuellement sur le registre clandestin de Chauché. La présence du registre clandestin de Saint-André dans les registres d’état-civil de la Rabatelière nous parait une précaution, peut-être utile quand les actes concernent des habitants des villages du Plessis-le-Tiers et Racinauzière de Saint-André, pour prendre les plus proches du bourg de la Rabatelière.

L’état-civil de Chavagnes ne comprend que son propre registre clandestin. Mais on a vérifié qu’il ne concerne aucun habitant de Saint-André. On pense que certains habitants des villages de Saint-André proches de son bourg, ont dû contacter le prêtre réfractaire de Chavagnes. Sous l’Ancien Régime ils le faisaient déjà parfois. Le registre clandestin de Chavagnes se présente comme un court martyrologue très incomplet, où défilent principalement les morts « tués par les républicains ». Et comme à la Rabatelière et à Chauché, il n’est pas nécessaire d’aller chercher des habitants de Chavagnes sur le registre clandestin de Saint-André à cause de l’éloignement.

Les registres clandestins marquent un engagement politique et religieux.


La première page du premier registre clandestin de Saint-André est celle d’un document officiel où on lit le texte suivant : « Registre destiné à inscrire de suite et sans aucun blanc les actes de baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Saint-André-de-Goule-d’Oie au diocèse de Luçon, district de Montaigu, département de la Vendée, pour l’année 1793. Le dit registre contenant 16 feuillets cotés et paraphés par nous commissaire dans cette partie [….] à Montaigu le 30 décembre 1792. Signé Brunet ». Il porte un tampon officiel, où la fleur de lys a disparu, remplacé par une figurine (une déesse tenant à la main la balance de la justice, Themis). Sur le haut du pourtour on lit une devise : « la loi et le roi ». Et sur le bas du pourtour on lit : « minute 4 s » le S voulant dire sols sans doute. On est maintenant en République, malgré la devise qu’on n’a pas eu le temps de remplacer. Les administrations avaient du mal à suivre l’accélération des décisions politiques. Le tampon est encore apposé sur la feuille suivante où sont inscrits des actes datés du 3 janvier au 6 février 1793. Ensuite on ne le voit plus.

Après avoir vérifié que le même tampon est apposé sur le premier registre d’état-civil tenu par un officier public de la commune de Chauché, on constate donc que le curé a utilisé le registre destiné au maire. Ce dernier le lui a donné ! Voilà bien un signe évident de rupture avec l’autorité du district. Qui est ce maire ? La seule chose qui soit sûr est qu’il a été tué par une bande de ses concitoyens probablement le 11 mars 1793, parce qu’il avait donné aux autorités la liste des conscrits de la commune qui devaient être tirés au sort pour la levée des 300 000 hommes. L’adjoint a aussi été tué et on a indiqué son nom : Marchand, habitant au village du Plessis le Tiers. Mes proches recherches et celles de l’abbé Boisson, conduites indépendamment l’une de l’autre (6), désignent la même personne très probable comme maire assassiné : Jacques Guesdon, beau-frère de l’adjoint Marchand, habitant dans le même village. Dans la première municipalité de Saint-André en 1790 il tenait le rôle de procureur. Il se disait qu’il était royaliste, et tous les indices relevant de son histoire personnelle allaient dans ce sens. En donnant le premier registre d’état-civil au curé pour le remplir comme avant, on en a confirmation. Ainsi dès le 1e janvier 1793, le nouveau maire de Saint-André s’était mis hors la loi sur ce point. Il aurait dû en faire autant pour la liste des conscrits. On invoquera, sans s’étendre, l’ignorance et l’affolement pour expliquer sa mise à mort par les jeunes de sa commune, la bêtise aussi, au moins vu d’aujourd’hui. Et il est bien difficile alors de faire de la défense de la religion un motif essentiel de ce début de la guerre de Vendée dans la commune de Saint-André. Sa place dans une motivation essentiellement politique reste néanmoins à préciser.

Ce n’est pas tout. Après la présentation officielle du registre par l’autorité du district de Montaigu, le curé Louis Allain ajoute sa propre présentation personnelle avec le texte suivant : « Si dans le présent registre il manque des actes il ne faut pas en être surpris, parce que dans ma persécution et dans celle que l’Eglise a eu à souffrir, j’ai eu bien de la peine à y rassembler ceux que l’on trouve dans le présent registre et dans celui de 1792. Allain prêtre curé de Saint-André-de-Goule-d’Oie. » Il se cachait depuis 6 mois déjà à cette date, et son texte lui a été dicté par l’expérience. Mais il conjugue au passé avant même d’écrire le premier acte daté du 1e janvier de l’année. Il a donc écrit après coup son premier registre clandestin, on ne sait pas quand ni à quel rythme au début, en rassemblant des actes notés par ailleurs sans doute. Le deuxième registre a été écrit au moins en partie après la fin de la persécution religieuse en 1800, soit 6 à 7 années après les évènements. La suite de nos observations nous le confirmera.

Sacre du roi à Reims
Mais pourquoi constituer un registre à tout prix ? On cherchera en vain dans les obligations religieuses du catholicisme la tenue des registres paroissiaux. Ceux-ci ne relevaient après tout que d’une règle temporelle. On sait que les rois de France avaient fait des curés des paroisses des agents administratifs de l’Etat. Ecrit longtemps après les actes, le registre prend l’allure d’un service rendu à la population notamment pour prouver des âges, ouvrir des successions, gérer des patrimoines de couples mariés. Ecrit pendant la guerre civile par le curé lui-même, le registre est aussi un acte politique.

En témoigne ainsi clairement le 2e registre clandestin du vicaire Brillaud de Saint-Fulgent. A la vue 21 de ce registre numérisé on a la présentation suivante : « Armée du Centre - Registre pour servir à inscrire les actes de baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Saint-Fulgent, lequel registre contenant 12 feuillets a été coté et paraphé par nous Jacques Forestier commissaire général pour le roi dans l'arrondissement de l’armée du Centre, ce jourd’hui 12-11-1794 l’an 2 du règne de Louis XVII. Signé Forestier commissaire général ». On a le même texte écrit à la date du 7-1-1795 (vue 35). Nous avons là l’existence parallèle d’une administration royaliste ayant pris la place de l’administration officielle, celle-ci vue comme illégitime. Cette administration officielle municipale ne parait pas avoir existé pendant les combats, au moins en partie et même à Saint-Fulgent. C’est ce qui ressort des notes qui suivent. A la vue 66 le vicaire écrit : « Les officiers municipaux étant nommés je n’ai plus le droit de dresser aucun acte public ». On hésite à dater cette note. A la vue suivante no 67 le même vicaire écrit : « Registre pour inscrire les actes de baptêmes, mariages et sépultures de la paroisse de Saint-Fulgent pour l’année 1796 (double) ». Il a donc conscience de doubler les nouvelles autorités municipales installées en juillet 1796, après la fin de l’état de siège. Et à la vue 78 il note : « Les officiers municipaux étant nommés je n’ai plus le droit de dresser aucun acte public ». Il continuera pourtant en 1797 dans le 3e registre clandestin de Saint-Fulgent. La portée politique de ces registres est signée, pour lui liée à son activité de prêtre.

Sur la première page du deuxième registre clandestin de Saint-André le curé Allain a écrit : « Registre destiné à inscrire les actes de baptêmes, mariages et décès de la paroisse de Saint–André-de-Goule-d’Oie, département de la Vendée, pour les années 1793 et 1794 années de la guerre civile, ce qui a fait qu’on n’a pu inscrire les actes de suite et dans l’ordre qu’ils devraient être. On ne sera point étonné en conséquence d’y trouver beaucoup de transcriptions, parce qu’on enregistrait qu’au fur et à mesure qu’on le pouvait, étant obligé de fuir à tout moment. » Ce texte suggère une tenue du registre à une époque proche des actes enregistrés, du moins à son début. Et cette justification de n’avoir pas pu respecter l’ordre des actes sur le registre n’exprime pas seulement qu’un regret. Elle suggère pudiquement une situation dramatique. Le curé allait de cachette en cachette pour échapper à la mort. Des témoignages rapportés dans certains livres citent comme refuges la forêt de Gralas, des bois à Saint-Fulgent, un château à Chavagnes (chez Guerry de Beauregard avec le curé Remaud de Chavagnes). Deux siècles après, en 1976, il se disait que l’on conservait toujours dans une famille des environs un chandelier datant de la Révolution, qui servit à éclairer le prêtre lors de la célébration de la messe dans un grenier chez un nommé Soulard à la Maigrière (7). La présence du vicaire Brillaud de Saint-Fulgent est attestée dans une cachette de la Maigrière, celle du curé Allain y est donc très probable. Au 3e trimestre 1797 ce sont les autorités de Saint-Fulgent qui signalent le curé Allain disant des messes clandestines chez François Fluzeau à la Brossière.

Le curé de Saint-André a rédigé ces registres en y rapportant autant certains des actes qu’il a fait lui-même que ceux faits par d’autres, comme répondant à une demande d’inscriptions de la part des paroissiens. D’ailleurs l’abbé Boisson dans ses recherches a relevé une erreur concernant le baptême de Jean Fluzeau, indiqué par le curé Allain comme né à la Brossière le 8 octobre 1793 et baptisé le lendemain à la Joussière de Saint-Fulgent par le vicaire Brillaud (vue 17). Or ce dernier indique dans son propre registre que Jean Fluzeau est né le 2 octobre 1794 au village des Gâts et baptisé le même jour par lui à la Joussière (vue 37). Dans les deux actes l’enfant a les mêmes parents, parrain et marraine. Cette naissance a donc été enregistrée à une date inconnue, plus tard, sur la foi de témoignages insuffisants.

La priorité du curé était de rester au service de ses paroissiens et de sauver sa peau. Les républicains payaient des mouchards et obligeaient des gens du pays à marcher devant eux pour les conduire dans un pays aux nombreux chemins sans carte ni panneaux. Les témoignages sur ces guides forcés sont rares. La réalité vécue derrière ces registres et leurs erreurs de dates parfois, est celle de la traque et de la peur. On n’y voit qu’un seul massacre collectif vers la Jaumarière, à la différence des registres du vicaire de Saint-Fulgent, où la lecture des massacres de Lerandière et de la Fructière, par exemple, le long de la route de Saint-Fulgent à Montaigu, ne peuvent que troubler le lecteur encore deux siècles après.

Le curé sous la protection de l’armée catholique et royale du Centre (mars à juillet 1793)


Le premier registre clandestin du curé Allain concerne 64 actes de l’année 1793 et 2 de l’année 1794. Alors que le deuxième registre clandestin concerne 54 actes de l’année 1793, et 49 actes de l’année 1794. Au total cela fait 118 actes pour l’année 1793, dont 54 décès, et 51 actes pour l’année 1794, dont 29 décès. Et on n’a rien les années suivantes, sauf un acte de l’année 1799, le registre d’Etat-civil ne prenant le relais partiellement qu’à la fin de 1796.

Et pourtant le nombre d’habitants de Saint-André-Goule-d’Oie est passé de 1300 en 1791 à 1032 en 1800 et 1126 en 1820 (8). Ces chiffres sont à rapprocher d’un nombre des naissances supérieur à celui des décès presque chaque année dans la période des 20 ans précédent 1791. Même si des erreurs de comptages ont pu être commises par le maire Jean Bordron en 1791 et par son successeur Simon Pierre Herbreteau en 1800, elles ne sont probablement pas significatives. La dépopulation que traduisent ces chiffres est donc considérable, peut-être incluant un déplacement de populations. Sauf qu’on n’en a pas vu le moindre indice au cours de nos recherches sur cette commune. Il ne faut pas exclure non plus des épidémies et famines pendant cette période, précisément à cause des destructions massives, comme par exemple 53 maisons déclarées incendiées dans la commune dans un état incomplet daté de 1810 (9).

Au mois de janvier 1793 les deux registres clandestins actent 8 baptêmes et 2 sépultures. Celles-ci, dans le cimetière de Saint-André, portent la même date du 24 janvier, l’une en présence du curé et l’autre non. Deux baptêmes sont faits par le curé dans l’église en ce mois de janvier, le 24 janvier aussi et le 20. Pour 5 autres baptêmes que le curé fait lui-même, il ne précise pas l’endroit. C’est une cachette. Et un baptême est fait à la Rabatelière par le curé du lieu. Au mois de février la situation est la même : il baptise clandestinement, et essaie d’assister aux sépultures dans le cimetière, ce qu’il réussit à faire 5 fois sur 6.

Au mois de mars, changement de situation avec le soulèvement armé le dimanche 10 mars : il baptise dans l’église 4 fois, et 2 autres baptêmes sont faits, l’un par le curé de la Rabatelière dans son église, et l’autre de manière clandestine par un autre prêtre non nommé. Il fait lui-même l’unique sépulture. Il est visiblement alors sous la protection des paroissiens qui ont pris les armes. Et un nouveau type d’actes apparait, marqué par la lettre M en marge, qui veut dire mort. Il vient s’ajouter aux actes de sépultures marqués par la lettre S. Le 17 mars il note un mort à la bataille de Chantonnay, et le 19 mars il note 2 morts à la bataille de la Guérinière (aussi appelée du Pont-Charrault dans les livres d’Histoire, située à Saint-Vincent-Sterlanges). Le curé est apparemment libre de ses mouvements, mais on relève peu de morts à Saint-André dans les premiers combats de mars 1793, constat à faire avec prudence pour un registre écrit après les évènements par un prêtre qui se cachait.

Le mois d’avril confirme la liberté du curé : il fait 4 sépultures dans le cimetière et 8 baptêmes dans l’église paroissiale. Même situation en mai, juin et juillet, avec même un mariage célébré le 5 mai dans l’église, après publication des bans. Il célèbrera un autre mariage le 3 juin. Mais il n’y a dans ses actes que des sépultures et pas de morts à la guerre. Il faut attendre le 29 août pour y voir noter le suivant. Or les gens de Saint-André ont participé au moins à la première bataille de Luçon à fin juin 1793, et certainement à d’autres pour lesquels nous n’avons pas de témoignages écrits. Cette absence de morts sur le registre pour cette époque pose question. Ce registre serait-il postérieur aux évènements de plusieurs années ? C’est ce que nous vérifierons dans le chapitre qui suit.

Retour à la clandestinité (août 1793 à septembre 1794)


Vitrail : messe clandestine
Durant les mois d’août et septembre, on voit 11 fois le curé baptiser et enterrer librement dans sa paroisse. Mais pour 9 autres actes, c’est le curé de la Rabatelière ou le vicaire de Saint-Fulgent qui officient. On baptise en effet à Saint-Fulgent 5 fois des enfants de Saint-André, et on y enterre un « tué par les républicains » de la Brossière. Il y a même un baptisé par le curé de Boulogne et une sépulture dans le cimetière de Saint-André par le desservant clandestin de Chauché, Guyard. L’armée du Centre du général de Royrand ne semble pas suffire pour la protection du clergé local. On croit deviner derrière ces précisions la difficulté des paroissiens pour trouver des prêtres clandestins, et obligés de changer de cachettes souvent.

Les 7 actes du mois d’octobre 1793 montrent le retour à la clandestinité : 3 sépultures seulement avec la présence du curé dans le cimetière et 2 autres sans lui. Les 2 baptêmes sont faits par le curé de la Rabatelière et le vicaire de Saint-Fulgent. En novembre le curé est présent 2 fois dans le cimetière et 1 fois dans l’église. 2 autres sépultures se font sans lui à Saint André et une autre à la Rabatelière. Et puis il y a un mort dans la virée de Galerne et un enlèvement à la Brossière. Au mois de décembre, on ne compte que 2 présences du curé dans l’église pour des baptêmes. Pour la seule sépulture notée, c’est le sacristain qui conduit les prières à la place du curé. Et 1 mort au siège d’Angers et 8 morts dans des massacres à la Jaumarière, Boninière et Brossière. Pour cette période les chiffres ont des allures d’un échantillon de la réalité.

Sur les 15 actes de janvier et février 1794, on note un seul baptême qui a été fait pendant la virée de galerne à fin 1793. Une seule sépulture est faite par le curé, 1 autre par le curé de la Rabatelière, 3 autres par le sacristain et 1 autre sans précision. Et puis on a 4 « tués par les ennemis de la religion », 3 « tués par les républicains » et 2 tués aux combats. On remarque ici l’équivalence de sens entre les mots « républicains » et « ennemis de la religion ». Parfois on peut relever, mais pas toujours, des lieux de combats : aux Brouzils (8 janvier) et à Saint-Colombin (29 janvier).

De mars à mai 1794, les 15 actes au total de baptêmes et sépultures se raréfient, mais le curé est presque toujours présent dans son église et au cimetière. On a même trois inhumations qui se suivent en présence du curé pour des membres de la famille Richard du village de la Bourolière en février et mars 1794 (vue 12 du 2e registre). Et suit une quatrième inhumation le 20 août 1799 de Marie Richard, âgée de 12 ans, en présence de sa famille seulement. On a vérifié que l’année 1799 indiquée n’est pas une erreur en recherchant l’année de naissance de la fillette. Et le curé Alain explique son absence à cause de la persécution des prêtres. Cet ace confirme deux choses. La première est qu’il a été écrit sur le registre après la fin de la clandestinité du curé au plus tôt au début de 1800. Et 18 actes des années 1793 et 1794 ont été inscrits après lui. La deuxième chose est le retour à la clandestinité du curé Alain, après son évasion de la prison de Rochefort en janvier 1798. Il avait été victime en effet de la reprise des persécutions religieuses après le coup d’état jacobin de septembre 1797. Il était donc bien absent lors des prières dominicales dans l’église de Saint-André, celles-ci dénoncées par le commissaire cantonal de Saint-Fulgent en février 1799. 

De juin à septembre 1794 on n’a que 12 actes marquant l’absence du curé de Saint-André. Il est remplacé par celui de la Rabatelière le plus souvent pour les baptêmes et les sépultures, et une fois par le vicaire de Saint Fulgent. 3 sépultures notées se font sans les prêtres. Le 8 juin le curé a créé une rubrique inhabituelle de « décès » pour noter les « prières de sépulture à la Boutarlière de Me René Merland (60 ans), et porté au cimetière sans convoi à cause de la guerre civile ». Il précise les noms de 5 témoins qui ne se sont pas présentés pour signer l’acte.

La paix du général Hoche à partir d’octobre 1794


Laneuville : portrait de Lazare Hoche
Mais d’octobre à décembre 1794 on voit un tournant dans la guerre avec deux mariages faits par le curé dans son église, y compris les publications des bans, le 28 octobre et le 26 novembre, « les lois de l'Etat d'ailleurs dument observées » a écrit dans les actes le curé Allain. Certes on ne compte que 4 baptêmes dans l’église et 1 sépulture en présence du curé. C’est le signe de la pacification du général républicain Hoche. Il promet aux prêtres réfractaires la vie sauve et le libre exercice du culte. Et il leur demande de prêcher le dépôt des armes, tout en poursuivant la traque des combattants insurgés.

Le curé de Saint-André va jouer le jeu de Hoche et a sans doute exercé sa fonction en 1795. On l’a vu cette année-là embaucher une servante à son presbytère et louer du bétail à ses anciens métayers de Fondion. On suppose qu’il a dû tenir un registre, mais si c’est le cas il n’a pas été conservé.

Conclusions


Au terme de cette analyse des deux registres clandestins du curé de Saint-André-Goule-d’Oie, il est utile de revenir sur leur portée politique. Ils témoignent de la survivance du rôle administratif des curés des paroisses dans l’ancien royaume de France. Ce dernier avait été le garant de la religion catholique, laquelle avait constitué un des éléments constitutifs de l’Etat monarchique. Ayant transformé ce dernier, les députés de la Constituante voulurent en faire autant avec l’Eglise au moyen de la constitution civile du clergé. Mais poussés par la nécessité du moment de trouver de l’argent, la politique définie manqua de réflexion stratégique sur le rôle de l’Eglise. Son application enclencha un processus de radicalisation qui s’est terminé en bain de sang dans certaines régions, notamment en Vendée dont on fit un emblème, là aussi pour des raisons opportunistes.

Or la constitution d’un Etat moderne intervenant dans les domaines de la santé, de l’aide aux pauvres, de l’instruction, exigeait une nouvelle relation de l’Eglise avec la société politique. L’Eglise avait en effet un monopole dans ces domaines. Mais la Révolution désorganisa beaucoup d’hôpitaux ainsi que l’enseignement de la médecine. L’instruction publique fut pensée plus tard, une fois le désordre instauré, et très peu mise en œuvre. Ainsi mal enclenchée, cette affaire de religion catholique et de république resta au cœur de la vie politique nationale tout au long du 19e siècle ensuite, contribuant à définir les clivages et les appartenances politiques. Elle s’estompa ensuite progressivement au 20e siècle autour de la notion très originale de laïcité. Néanmoins d’autres démocraties européennes sont nées avec l’économie d’une guerre civile de ce type, et parfois plus tôt qu’en France. La constitution civile du clergé n’est-elle pas une improvisation malheureuse, non seulement pour les Vendéens d’alors, mais aussi pour l’instauration de la démocratie en France ? Celle-ci mit bien du temps à s’installer à la fin du 19e siècle et à se consolider ensuite, trainant la terreur révolutionnaire comme un boulet. Il restait heureusement la déclaration des droits de l’homme de 1789, élevée au niveau d’un mythe, entre autre pour faire oublier la suite. Mais si la France a acquis la réputation de « patrie de la déclaration des droits de l’homme », elle n’a pas celle de « patrie de l’application des droits de l’homme ».

Les nombreux historiens de la Guerre de Vendée sont restés prisonniers de ce problème politico-religieux omniprésent pendant presque deux siècles, ne parvenant pas à se dégager d’une dose plus ou moins forte de militantisme dans les deux camps opposés. La sérénité n’est même pas totalement acquise autour du sujet, à cause du rôle qu’on veut faire jouer à l’Histoire dans l’éducation des jeunes. Il reste maintenant aux historiens sans parti pris à éviter l’écueil de l’anachronisme pour retrouver la société d’avant la Révolution, hors des clivages qu’elle a créés.


(1) Archives de la Vendée, consulter les archives numérisées, état-civil de Chauché, registre des naissances et décès de janvier à mai 1793, vue 2.
(2) Jacques Peret, Histoire de la Révolution Française en Poitou-Charente 1789-1799, Projets Editions, Poitiers, 1988, page 143.
(3) Rapport du 3-11-1790 de Goupilleau au district de Montaigu sur la pétition de la municipalité de Saint-André-Goule-d’Oie : no 6, 4. Médiathèque de Nantes, collection Dugast-Matifeux, vol. 67.
(4) Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 12-III, procès-verbal du 22 ventôse an 7 de Martineau et lettre du même à Coyaud du 4 et 13 germinal an 7.
(5) Archives départementales de la Vendée, état-civil Saint-Fulgent : 1er registre clandestin vue 10/78.
(6) Paul Boisson (1912-1979), professeur d’Histoire au petit séminaire de Chavagnes-en-Paillers, puis aumônier à l’hospice de Saint-Fulgent. Ses travaux historiques sur le canton de Saint-Fulgent sont précieux.
(7) Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 6 III, notes de l’abbé Boisson du 6-3-1796 sur un chandelier datant de la Révolution.
(8) J. Hussenet, Détruisez la Vendée, CVRH, 2007, page 605
(9) Archives de la Vendée, destructions immobilières pendant la guerre de Vendée : 1 M 392, commune de Saint-André-Goule-d'Oie.

Emmanuel François, tous droits réservés
Juillet 2018

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