vendredi 1 mai 2015

La seigneurie de la Mancellière et le Plessis-le-Tiers

Nous savons que pour la Mancellière, le seigneur suzerain de Languiller, dans un long procès contre cette seigneurie (1677-1685), fit état des métairies qui en dépendaient : Maison-Neuve, les Petites Mancellières, le Plessis-le-Tiers, la Bordinière, la Fesselière, la Racinauzière, etc. Et pourtant la documentation conservée est incomplète à leur sujet. Peut-être faut-il voir dans ce constat l’état déficient de la tenue des chartriers concernés, constaté souvent à cette époque pour Languiller et ses fiefs annexes, sans même évoquer leur mauvaise conservation jusqu’à nos jours. Et dans ces deux constats, les guerres civiles ont dû avoir une part déterminante. De plus, le rachat des petits fiefs de la région avec ceux de leurs suzerains, tous disparus et réunis à Languiller, a pu faire oublier les liens vassaliques en cascades, devenus d’un moindre intérêt, à partir du moment où toutes ces seigneuries étaient possédées par le même seigneur. Et cette situation s’accentua quand le seigneur de la Rabatelière acheta Languiller, c'est-à-dire son suzerain pour la Mancellière, au début du 18e siècle. D’ailleurs cette situation confuse contribue à expliquer les procès que fit Philippe Chitton, le nouveau seigneur de Languiller à partir des années 1677, pour faire respecter par ses vassaux ses prérogatives de seigneur dominant. Nous aurons l’occasion d’y revenir dans un autre article.

Ces dépendances de la seigneurie de la Mancellière se situent évidemment dans les environs immédiats à Saint-André-Goule-d’Oie. Mais elles débordent aussi sur les territoires de Chauché, la Rabatelière et Chavagnes. Encore que pour Chavagnes il ne s’agisse que de la partie de son territoire située au-delà de la Petite Maine. En revanche, le ruisseau du Vendrenneau parait former une frontière, et la Mancellière ne possédait pas de dépendances sur Saint-Fulgent et la partie de nord-est de Chavagnes. On fait un constat de même portée pour les demeures des 48 propriétaires de baux à complant du fief de vigne de la Mancellière en 1788. A l’ouest, la Petite Maine nous apparaît comme un lieu de passages, alors qu’au nord-est le Vendrenneau est une frontière qui sépare.

Sur la Petite Maine pouvait exister une navigation pour le transport de marchandises. Que diraient les documents, qui n’existent probablement plus, sur l’histoire de ces lieux au temps des dynasties mérovingienne et carolingienne ? On a pu lire que des vikings sont venus jusqu’à Chauché par la Petite Maine, partant de la région nantaise qu’ils avaient envahie. On sait aussi qu’une villa wisigothe était implantée à Benaston proche, pouvant attirer des chasseurs de butin. Mais sans document, même au sens large, pas d’Histoire.

Les documents accessibles nous projettent juste après le monde féodal du Moyen Âge. Au 15e siècle la féodalité survit à la Mancellière, mais les chevaliers des origines ont disparu. Pour beaucoup de familles nobles il reste leurs patrimoines dévalués de droits seigneuriaux, parfois de manière compliquée comme ce fut le cas à St André Goule d’Oie. Examinons maintenant ce qui reste de ces droits pour la seigneurie de la Mancellière tels qu’ils nous apparaissent dans les archives de la Rabatelière.

Les tènements du Puy Sallé et des Charprais


Le tènement (terroir d’étendue variable tenu d’un seigneur) du Puy Sallé, situé près du chemin qui va de la Roche Mauvin à la Porcelière, contenait 3 septrées de terres et 1 journal de pré (au total environ 6,5 ha), et il a été concédé aux teneurs du Plessis-le-Tiers, habituellement représentés par Jean Boudaud. Ceux-ci devaient porter à la Mancellière 32 boisseaux de seigle chaque année (5,5 quintaux).


La Maison-Neuve
Le tènement des Charprais, situé près du Plessis-le-Tiers, a fait l’objet d’arrentement (concession perpétuelle) à plusieurs teneurs de la Maison-Neuve, et le seigneur de la Mancellière y possède une rente : 48 boisseaux de seigle portés à la Mancellière à la mi-août, plus 5 sols, ainsi que 20 autres sols à noël. La surface est importante avec ses 20 septrées de terres et 3 journaux de prés (environ 41,5 ha). Cette rente a été vendue ensuite à un sieur de la Generie.

Le tènement du Plessis-le-Tiers


Plus important est la partie de l’aveu de 1607 concernant le village et tènement du Plessis-le-Tiers. En 1515, le seigneur de la Mancellière ne mentionne aucun droit pour lui. En revanche, dans son aveu du 7 novembre 1607 (1), il avoue tenir, à cause de la seigneurie des Bouchauds, une terragerie (terre soumise au droit de terrage, non précisé ici, mais en général de 1/6 des récoltes dans la région), sur ce tènement. Ces droits de terrage s’appliquent aussi sur les foins, et il en partage le revenu avec Nicolas Amauvin à raison d’un quart pour ce dernier. Et il a droit de dîme sur les pourceaux, les chevreaux et la laine. Sur les « fruits de hautes branches » (poires, pommes, cerises, etc.) du verger, il prélève aussi une dîme, partagée à moitié avec le prieur de Saint-André. Ce Nicolas Amauvin appartient probablement à la famille qui a créé le tènement voisin de la Roche Mauvin, anciennement appelé Roche Amauvin.

Le Plessis-le-Tiers
Deux mois après, le 8 janvier 1618, seize teneurs du Plessis-le-Tiers font une déclaration roturière au seigneur de Languiller cette fois (2). Ils déclarent lui devoir 8 boisseaux seigle, 20 « ras » (proches du boisseau) d’avoine à la Saint Michel, et outre à la Saint Jean Baptiste 6 sols 3 deniers et autant à noël. Le texte affirme que les terres sont situées dans le fief du seigneur de la Mancellière, « lequel a droit de prendre et lever les ventes et honneurs (ou redevance de lods et ventes) et autres droits et émoluments de fief ». Il n’y a pas cumul avec les droits du seigneur de la Mancellière, car ces droits de Languiller s’appliquaient sur certaines parties du tènement seulement. Mais dans cette déclaration on n’indique pas à quel titre ces droits étaient dus à Languiller, à la seigneurie des Bouchauds probablement, comme l’a fait deux mois avant leur suzerain de la Mancellière. Mais les « notaires soussignés, jurés et juridiction des châtellenies et seigneuries de la Merlatière, Jarrie, la Raslière », cherchant à faire simple dans la description du lien vassalique, utilisent dans l’acte de déclaration roturière une formule approximative : «  tenons roturièrement et déclarons vous devoir de rente par chaque année à vous ma dite dame, à cause de vos dites seigneuries de Languiller, des Bouchauds, du Coin Foucaud ». Ainsi n’ont-ils rien oublié, mais « ratissant large » ils ont manqué de précision. 

On comprend mieux cette situation confuse en consultant les registres des assises de la Rabatelière, où les teneurs du Plessis-le-Tiers s’y trouvent régulièrement cités. Ils sont défaillants les 7 juin et 19 août 1632, c’est-à-dire absents tout simplement, malgré les affiches qui annonçaient le jour des assises. En revanche, ils sont une trentaine le 4 juin 1637, à présenter une déclaration détaillée (3).

Ils reconnaissent relever de la Rabatelière à cause de la sergenterie de la Menancenerie pour un tènement particulier appelé les Guimardrie où ils doivent 20 mesures de seigle et un terrage au 1/6 des récoltes. Ils déclarent aussi les redevances, à Languiller bien sûr les 8 boisseaux de seigle et les 20 ras d’avoine, puis à divers autres créanciers :
-        à la baronnie des Essarts : 29 boisseaux de seigle et 20 ras d’avoine et 54 sols en argent,
-        à Léandre Thoumazeau sieur de la Rousselière : 13 sols 6 deniers en argent et 46 boisseaux de seigle,
-        au sieur de Landrelière à cause du fief des Drillères : 2 boisseaux et 12 deniers,
-        à Louis Loizeau de la Boninière, Moreau et Breau : 4 boisseaux seigle,
-        au prieur de St André : 1 boisseau de blé de rente,
-        à Amaury Maillard : 2 boisseaux de seigle,
-     aux Basty de la Laneresnière : 3 boisseaux de seigle, de laquelle rente les défunts Jean et Christophe Basty ont donné 1,5 boisseau à la fabrique de Chauché.

Dans la même déclaration on trouve que le seigneur de la Vrignonnière et de la Guiffardière (Essarts), lève sur le tènement du Plessis-le-Tiers 32 boisseaux de seigle rendus à la Guiffardière, et 2 chapons et 10 sols à noël. Ces redevances résultaient d’un affranchissement de terrage fait autrefois, qui avait donné lieu à un conflit avec le seigneur de la Rabatelière, se terminant par un accord où la Guiffadière en rendait hommage à la Rabatelière. Sauf que le seigneur de Languiller, suzerain de la Guiffardière, prétendit que cet hommage lésait ses droits, et la querelle repartit à nouveau (4) !

le Plessis-le-Tiers
Dans un aveu en 1606 d’Hélie de Saint-Hilaire à Languiller pour la Guiffardière, ce dernier déclarait encore une corvée pour une partie des teneurs du Plessis-le-Tiers, qui parait avoir disparue en 1637. En réalité ses droits étaient répartis au Plessis-le-Tiers sur plusieurs parcelles foncières, concernant à chaque fois des propriétaires différents (5)

Il parait en revanche qu’à la Giroulière (Rabatelière), les teneurs devaient un « bian  à bœufs » (corvée) par semaine à la Rabatelière, et que ceux des teneurs du Plessis-le-Tiers voisin, qui y possédaient des terres, étaient d’astreinte une semaine sur trois. Et pour les rentes ils en prenaient en charge le tiers (6). On voit là que la seigneurie de la Rabatelière avait conservé des corvées au 17e siècle, supprimées dans la seigneurie du Coin Foucaud depuis longtemps.

Dans un état des redevances dues au château de la Rabatelière, on relève une redevance du village du Plessis-le-Tiers à noël de 8 sols et 2 poules (7).

La mouvance du Plessis-le-Tiers parait tiraillée à partir du 16e siècle entre les Bouchauds à cause de la Mancellière, et la Rabatelière, nouveau possesseur de la Mancellière. Languiller (pour les Bouchauds) et la Rabatelière, se sont partagé une partie des droits seigneuriaux de manière peu claire pour la postérité. Néanmoins, sur un plan humain, le village apparaît plutôt dans « l’orbite » de la Rabatelière.

Cette situation féodale du Plessis-le-Tiers résulte de sa composition compliquée, faite de 5 parties différentes : le fief de la Guimardrie, avec son terrage au 1/6 des récoltes, et 4 autres fiefs avec leur terrage au 1/8 des récoltes : fief des Filées, fief des Landes communes, fief des Landes renfermées, et fief des Epinettes. De plus, on voit la surface totale de ces fiefs passer de 403 boisselées à 700 boisselées. Des défrichements ont existé, des erreurs dans les documents aussi, nous laissant dans l’incertitude. Et en 1748, la baronnie des Essarts recevait toujours une reconnaissance de titre nouveau de la part des 18 teneurs du Plessis-le-Tiers (8).

Pour terminer nous donnons le nom de ces teneurs, certains étant en communauté : Denis Grolleau, Pierre et Nicolas Brisseau, Jean Pidoux, Etienne Guesdon, René Caillé, Pierre Cailleau, Jean Girard, Jacques Girard, Denis et Pierre Ardouin, Pierre Herbreteau, André Borgleteau, Nicolas Trotin, Maurice Giraud, Jean Lardière, Jeanne Giraud, Pierre Fonteneau.
Malgré la disparition des aveux concernant les fiefs dépendants de la Mancellière, quelques actes conservés nous informent sur certains d’entre eux. Ce sont des fermes conclues à une époque où le propriétaire de la Mancellière est désormais le seigneur de la Rabatelière, et nous allons commencer par un bail concernant la métairie du manoir lui-même.

La borderie de la Mancellière 


La Mancellière
Le bail de « la maison noble » de la Mancellière et de la métairie de la Brenenière, a été passé devant les notaires de la Rabatelière le 26 janvier 1677 (9). Les métayers habitent la Brenenière (Chavagnes). Ce sont Gabriel et Pierre Debien, père et fils, et il s’agit de renouveler leur bail de la Brenenière en y ajoutant la métairie de la Mancellière, située à 800 m de distance. Le bailleur est Marie de La Baume Le Blanc, deuxième épouse de Charles Bruneau, IIe du nom, remariée à Esrard marquis du Châtelet. Son chargé d’affaire pour le Bas-Poitou est un avocat nantais, Feruchard, qui a constitué comme fondé de pouvoir un régisseur habitant le manoir de la Mancellière, Louis de Mersand.

Le bail est prévu pour durer six ans, commençant à la fête de la chandeleur (2 février), moyennant le paiement annuel de 172 livres pour la Mancellière et de 210 livres pour la Brenenière.

Les obligations des preneurs sont d’abord un rappel des principaux usages, sur le paiement des devoirs seigneuriaux payés par eux (cens, rentes), et leur obligation d’entretenir le chaume des toitures (une fois dans la durée du bail), le bailleur les fournissant des matériaux nécessaires, à prendre là où il l’indiquera. Il est aussi interdit aux preneurs de couper les arbres sans autorisation express, sinon pour entretenir les haies suivant les règles de la coutume (émonder un 1/5e des arbres têtards chaque année). Nous savons que les métayers pouvaient loger dans une partie du manoir, laissant l’autre au régisseur, et devant réserver une chambre au propriétaire de passage ou à son chargé d’affaire. Il y avait aussi une autre restriction concernant un jardin, loué à Louis Moreau de la Racinauzière pour 30 livres, et qui à son terme intégrerait le bail des Debien à moitié, l’autre moitié étant réservée à la jouissance du régisseur.

A la fin du 17e siècle la Mancellière connu une triste période, probablement la conséquence des disettes des années 1690 et des ennuis judiciaires des propriétaires, seigneurs de la Rabatelière. En 1700, nous apprenons qu’il y a toujours un adjudicataire ayant pris en ferme l’ensemble des domaines de la Rabatelière, Laurent Trotin. Pour engager des réparations, il a obtenu du parlement de Paris le droit de faire faire des visites des biens pour constater leur nécessité et les évaluer. Le sénéchal de Fontenay le Comte a nommé en juillet 1700 un charpentier et un maçon de Chavagnes, assistés d’un notaire demeurant à Chauché pour rédiger le procès-verbal, Christophe Basty. Ces trois personnes, en présence de Me Ceaux, procureur de l’adjudicataire, viennent à la Mancellière le 18 aout 1700, pour leurs constations (10).

Ils sont accueillis vers 8 heures du matin, dit le procès-verbal de la visite, par Pierre Pineteau, fermier. Le devis total des réparations est particulièrement important : 800 livres, à comparer à ceux de la Racinauzière (75 livres), Maison-Neuve (110 livres), la Roche Mauvin (320 livres), la Porcelière (90 livres), etc. Il y a d’abord le mur d’enceinte du manoir démoli sur les trois quart de sa longueur. Il faut refaire à neuf le four à cuire le pain, et reconstruire le grenier sans couverture et avec une partie des murs à remonter. Il faut faire 5 portes pour remplacer ce qui en tient lieu. La couverture de la grange est à refaire et une partie d’un mur de la petite écurie est tombée. Le pignon est en partie en ruine.
Dans ces conditions, le prix du bail de la ferme a dû baisser à 150 livres par an. Vers 1720 il a remonté à 180 livres (11).
 
la Mancellière
En 1758, le prix était toujours de 180 livres, quand un nouveau bail de 9 années fut signé au profit d’un nouveau fermier : Jean Allain et Jacquette Champaigne sa femme, demeurant à la Chambornière (Rabatelière). Ils remplacèrent la veuve de Charles Boisson à partir de la St Georges 1760. A ce prix s’ajoutaient les menus suffrages pour 10 livres de beurre par an, et les droits seigneuriaux dus par moitié à Languiller (à cause des Bouchauds) et l’autre moitié aux Essarts(à cause aussi des Bouchauds). Les nouveaux fermiers devaient fournir eux-mêmes le bétail nécessaire à l’exploitation. Les obligations du bail sont reprises d’une sorte d’exemplaire qu’on trouve systématiquement un peu partout à l’époque, même pour l’obligation de refaire la couverture des toits, alors que celle-ci est en tuiles à la Mancellière, et ne nécessite pas l’obligation d’une intervention tous les 5 ans, comme pour les couvertures en végétal séché tel que le chaume. Comme d’autres métayers, ils ont l’obligation d’entretenir chacun leur portion dans la vigne du château de la Rabatelière. Le bail précise que le fermier n’a aucun droit sur le fief de vigne de la Mancellière : « et quant à la vigne de la Mancellière qui est à droit de complant, ainsi que de tous les droits et émoluments de fief dépendants du même lieu de la Mancellière, ledit seigneur bailleur se les réserve en entier » (12).


Le 2 avril 1771 les mêmes métayers signent un nouveau bail pour les 5 années 1770-1775, pour le même prix de 180 livres (13). Ils vont rester longtemps à la Mancellière.

Le moulin des landes de la Mancellière


Il y avait un moulin à vent appelé le Moulin des landes de la Mancellière, pour lequel nous n’avons pas pu déterminer son emplacement, à ne pas confondre avec le moulin à vent du Peux malgré sa proximité. Au milieu du 17e siècle il était loué, comme on le faisait d’une métairie, les notaires utilisant le même type de texte. Le 25 juillet 1676, ce sont Jacques Roger, meunier, demeurant à la Moriniène de Chavagnes, et Maurice Maindron, aussi meunier, demeurant à la Boninière de Saint-André-Goule-d’Oie, qui afferment le moulin avec un bail de cinq ans (14). Celui-ci commence à la Saint Jean Baptiste (24 juin), moyennant un loyer annuel de 45 livres. La propriétaire est Catherine Charlotte Bruneau de la Rabatelière, fille de Charles II Bruneau et de Marie de La Baume Le Blanc, et mariée en 1676 avec Charles Henri de Choiseul. Exceptionnellement elle était présente à la Mancellière, où les notaires de la Rabatelière se sont déplacés pour faire signer le bail. Celui-ci concerne, outre le moulin et ses dépendances immédiates, une petite ouche de terres de trois boisselées.

Le paiement est prévu en deux termes égaux à Noël et à la Saint Jean Baptiste. Une clause de participation aux corvées de métayers est prévue. Une clause particulière prévoit l’entretien d’une rouère (rigole d’eau) par les preneurs.

La métairie de la Fesselière


Un autre bail concernant la métairie de la Fesselière (Chauché), proche de la Mancellière, a été signé le 11 février 1662 au lieu de Bourneuf par des notaires de la Copechagnière (15). Le bailleur est Marie de La Baume Le Blanc, deuxième épouse de Charles Bruneau, IIe du nom, déjà citée. Elle est représentée par le régisseur sur place, Louis Penisson, sieur de Sainte Catherine. Les preneurs en communauté sont Jacques et Jean Gallot, venant de la Roche Mauvin (St André), village voisin de la Mancellière.

Il s’agit d’un bail de cinq ans commençant à la Saint Georges (23 avril). Le prix annuel de la ferme s’élève à 300 livres, payables en deux termes égaux, moitié à noël, moitié à la Saint Georges. Il s’y ajoute la livraison à la Mancellière de 50 boisseaux d’avoine mesure de Montaigu à la mi-août, et les traditionnels menus suffrages. Ces derniers sont précisés : à la fête de Pâques, deux chevreaux, à la fête de la Pentecôte, 30 livres de beurre net, 12 poules, 4 oisons, et à Noël 6 poulets, un millier de fagots pris dans le bois taillis de la métairie, rendable à la Mancellière. On aimerait connaître ce que représente ce millier, s’agissant de fagots, probablement 1 000 livres ou 500 kg. Et on trouve les clauses habituelles sur les corvées, la couverture en chaume des toitures, l’entretien des haies et l’interdiction d’abattre les arbres, le paiement des devoirs seigneuriaux. On précise aussi une clause habituelle, de laisser à la fin du bail l’herbe non coupée à l’usage du métayer entrant, ainsi que la même quantité de foin, de bourrées (produits des landes destinés à faire de l’engrais) et litières, qu’à l’entrée en jouissance.

Pour terminer, indiquons que les archives du notaire de Saint-Fulgent comprennent des baux concernant les métairies de  la Mancelière et de la Racinauzière, louées par de Montaudouin, châtelain de la Rabatelière, avant la Révolution (16).

L’Herbretière


L’histoire de cette habitation isolée, située au sud du village de la Mancellière et au bord de la D 17, ne se trouve pas dans les documents anciens. Les maisons ont été construites au début du 20e siècle seulement, par la famille des Herbreteau de Thorigny à la Rabatelière. D’où le nom donné au lieu-dit. Les familles Mary et Pillard y habitèrent ensuite (17).


(1) Archives de Vendée, Chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 38, aveu du 7-11-1607 pour la Mancellière, le Plessis-le-Tiers, le Coin et le Peux.
(2) 150 J/G 38, copie de la déclaration roturière du 8-1-1608 des 16 teneurs du Plessis-le-Tiers à Languiller à cause du fief des Bouchauds.
(3) 150 J/E 2, registre d’assises de la Rabatelière de 1637 à 1651 du jeudi 4 du juin 1637 : page 43.
(4) 150J/A 12-2, accord du 14-5-1653 entre le procureur de Languiller et le seigneur de la Vrigonnière sur leurs litiges en cours.
(5) 150 J/A 12-3, aveu du 12-8-1606 d’Hélie de Saint-Hilaire à Languiller pour la Guiffardière et 11 lieux à Saint-André-Goule-d’Oie.
(6) 150 J/A 13-2, mémoire sur les droits de quelques tènements de la Rabatelière de 1741 à 1743
(7) 150 J/A 13-3, état non daté du dépouillement des domaines sujets à dîmes et terrages pour le château de la Rabatelière.
(8) Archives historiques du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 76-1, déclaration roturière 20 juillet 1748 des teneurs du Plessis-le-Tiers à la baronnie des Essarts.
(9) 150 J/G 48, bail du 26-1-1677 de la Mancellière et de la Brenenière.
(10) 150 J/A 12-10, visites en 08 et 09-1700 des réparations à faire dans les domaines de la Rabatelière.
(12) 150 J/E 29, ferme du 18-4-1758 de la métairie de la Mancellière à Jean Allain.
(13) Archives de la Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Frapier : 3 E 30/6, ferme de la Mancellière du 2-4-1771.
(14) 150 J/G 48, ferme du 25-7-1676 du moulin à vent de la Mancellière avec quittances.
(15) 150 J/G 48, bail du 11-2-1662 de la Fesselière à Jacques et Jean Gallot.
(16) Archives de Vendée, notaire de Saint-Fulgent, Frappier : 3 E 30/6, fermes du 2-4-1771.
(17) Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé boisson : 7 Z 76-1, Saint-André-Goule-d’Oie, lieux-dits et autres.


Emmanuel François, tous droits réservés
mai 2015 complété en mars 2017

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