mardi 31 décembre 2019

SOMMAIRE

Une adresse du sommaire peut comprendre plusieurs articles

                                                                 LIVRES PUBLIES

Table des matières du livre : "Les châtelains de Linières à St André Goule d'Oie"

Autre Livre : Découverte d’un poète vendéen, Marcel de Brayer


                                                          ARTICLES SUR LINIERES
Ancien Régime
Précisions sur les premiers seigneurs de Linières, les Drouelin (13e siècle)
Les fiefs de Saint-André-Goule-d’Oie et de la Pinetière en 1550 et 1540
Le faux baron de Linières (17e siècle)

Période de la Révolution
Charles Auguste de Lespinay : contrat de mariage (1788)
Acte de décès de Simon Charles Guyet en mars 1793
Mme de Lespinay échappe à la mort par deux fois (1793-1794)
Les témoins de l’enterrement du régisseur de Linière en 1794
La naissance cachée de Guyet-Desfontaines en 1797
Le divorce de Lespinay/du Vigier en 1800
Simon Charles Guyet à Saint-Fulgent (1733-1793)
Le mystère Joseph Guyet (1774-1830)
Etienne Benjamin Martineau (1765-1828)

Période de 1801 à 1830 (au temps de Joseph Guyet)
Félicité Guyet et le milliard des émigrés
Louis XVIII s’intéresse à la Morelière
La rente foncière du tènement de Villeneuve à Chauché
Les régisseurs de Linières de 1800 à 1830
L’évolution des baux dans le domaine de Linières de 1800 à 1830
Les activités agricoles et les techniques utilisées à Linières de 1800 à 1830 (Première partie)
Les activités agricoles et les techniques utilisées à Linières de 1800 à 1830 (deuxième partie)
Le statut des métayers de Linières de 1800 à 1830

Période de 1831 à 1868 (Guyet-Desfontaines)
Emma Duval veuve Chasseriau
La rencontre de Marcellin Guyet-Desfontaines et d’Emma Chassériau
Palluau, juin 1832 : Le juge de paix a peur
Le candidat Guyet-Desfontaines aux élections législatives en Vendée (1834-1849)
Pierre Maindron, un combattant vendéen honoré (1766-1850)
La vie privée de Guyet-Desfontaines (1797-1857)
Isaure Chassériau (1820-1854)
Emma Guyet-Desfontaines dans son intimité familiale
Emma Guyet-Desfontaines, une femme moderne de son temps
Emma Guyet-Desfontaines musicienne
Mme Guyet-Desfontaines femme de théâtre
Mme Guyet-Desfontaines mondaine et artiste
Mme Guyet-Desfontaines romancière
La disparition d’Emma Guyet-Desfontaines
Les cousins de Grandcourt de Saint-Fulgent

Période de 1869 à 1912 (de Brayer, Amaury-Duval et fin du château de Linières)
De Saint-André-Goule-d’Oie à la Haute-Egypte en 1869
Journal du maire de Saint-André-Goule-d’Oie en janvier 1871
Journal du maire de Saint-André-Goule-d’Oie en février 1871 (suite)
La construction du nouveau château de Linières (1871)
De Brayer et la nouvelle église de Saint-André-Goule-d’Oie en 1875
Marcel de Brayer, maire et poète de Saint-André-Goule-d’Oie
De l'art et de l'oeuvre d'Amaury-Duval (Véronique Noël-Bouton-Rollet)
Du nouveau sur le mystère des peintures du café Trotin
Achille Dien, peintre de Linières
La symphonie no 4 d’Henri Reber
Amaury-Duval témoin d’un scandale mondain en 1847
Les liens familiaux entre Amaury-Duval et Gaston de Marcilly
La fortune foncière des châtelains de Linières au 19e siècle
La fin du domaine et la démolition du château de Linières


                                      ARTICLES SUR SAINT-ANDRE-GOULE-D'OIE
Paroisse sous l'Ancien Régime
L'origine de Saint-André-Goule-d’Oie
La naissance de la taille à Saint-André-Goule-d’Oie en 1479
Saint-André-Goule-d'Oie en 1550 (Aveu de Languiller)
Les unités de mesure en usage à Saint-André-Goule-d'Oie sous l'Ancien Régime
Les seigneurs de Saint-Fulgent contre les seigneurs de Languiller (1595-1649)
Les seigneurs de Saint-Fulgent contre les seigneurs de Languiller (1650-1719)
Les seigneurs de Saint-Fulgent contre les seigneurs de Languiller (1720-1770)
Les communautés familiales d’autrefois dans le canton de Saint-Fulgent
Les Moreau de Saint-André-Goule-d’Oie du 16e au 18e siècles
La chapelle des Moreau dans l'église de Saint-André-Goule-d’Oie
La famille de Vaugiraud à Saint-André-Goule-d’Oie
La famille Proust de Saint-Fulgent et Saint-André-Goule-d’Oie aux 17e et 18e siècles
La fabrique de Saint-André-Goule-d'Oie au 18e siècle
Les assemblées d'habitants à Saint-André-Goule-d’Oie au 18e siècle
La bibliothèque d’un bourgeois de Saint-André-Goule-d’Oie en 1762
Le standing au 18e siècle d'un bourgeois de Saint-André-Goule d’Oie
Les Fluzeau de la Brossière aux 18e et 19e siècles
La famille de Tinguy à Saint-André-Goule-d’Oie

Période de la Révolution (1789-1800)
Le premier maire de Saint-André-Goule-d’Oie, Jean Bordron (1790)
Décembre 1790 : le curé de Saint-André-Goule-d'Oie sous surveillance
La vente des biens du clergé à Saint-André-Goule-d’Oie
Le curé intrus de Saint-André-Goule-d'Oie
Les frères Cougnon de Saint-André-Goule-d'Oie
Le maire, Guesdon (1793), assassiné par les conscrits
Pierre François Mandin, adjoint au maire de 1826 à 1830
M. de Vaugiraud à Saint-André-Goule-d’Oie (1753-1814)
Les pensionnés de la guerre de Vendée nés à Saint-André-Goule-d'Oie
Les agents communaux Fluzeau (1796-1797) et Bordron (1797-1799)
Les nouveaux impôts à Saint-André-Goule-d’Oie en 1796
Les persécutions religieuses dans le canton de Saint-Fulgent (1796-1799)
La vente des biens des émigrés à Saint-André-Goule-d’Oie
Conflit sur la rente foncière du Coudray en 1798
La révolte gronde : deux morts près de Linières (1799)
Justice indigne en 1805 contre les habitants de la Bergeonnière
Les registres paroissiaux clandestins de Saint-André-Goule-d’Oie en 1793 et 1794

 Période du 19e siècle
Les débuts de l’école de Saint-André-Goule-d’Oie vers 1820
Simon Pierre Herbreteau maire de 1800 à 1825
Deux maires de 1826 à 1830 : François Cougnon et Léon de Tinguy
Maires suite : Bordron (1830-1834) et Rochereau (1835-1848)
Maires de Saint-André : Augustin Charpentier (1848-1869), et Jean François Chaigneau (1869)
On a retrouvé Vincent Mandin
La fabrique de Saint-André Goule-d’Oie au 19e siècle
La construction de la nouvelle église à Saint-André-Goule-d’Oie (1875)

Les lieux-dits de Saint-André-Goule-d'Oie
La Baritaudière à Saint-André-Goule-d’Oie
La Bergeonnière à Saint-André-Goule-d’Oie
Sept siècles d’Histoire du bourg de Saint-André-Goule-d’Oie
La Boninière à Saint-André-Goule-d’Oie
La Brossière à Saint-André-Goule-d’Oie
Les fiefs de la Brossière à Saint-André-Goule-d’Oie (Ière partie)
Les fiefs de la Brossière à Saint-André-Goule-d’Oie (IIe partie)
La Bourolière à Saint-André-Goule-d’Oie
La Boutinière à Saint-André-Goule-d’Oie
La Chevaleraye et la Javelière
Le Clouin à Saint-André-Goule-d’Oie
Histoire du Coin et du Peux à Saint-André-Goule-d’Oie sous l'Ancien Régime
Le Coudray à Saint-André-Goule-d’Oie du 16e au 18e siècle
L'ancien logis du Coudray au 18e siècle à Saint-André-Goule d’Oie
La chapelle et la métairie de Fondion à Saint-André-Goule d’Oie
Au village de la Forêt à Saint-André-Goule-d’Oie
Le village des Gâts à Saint-André-Goule-d’Oie
La Jaumarière à Saint-André-Goule-d’Oie
La Machicolière et la Ridolière dont le seigneur fut un prince
La Maigrière de Saint-André-Goule-d’Oie aux 17e et 18e siècles
Le manoir de la Mancellière à Saint-André-Goule-d’Oie
La seigneurie de la Mancellière et le Plessis-le-Tiers
La saisie féodale de la Mancellière à Saint-André-Goule d’Oie
La Milonnière de Saint-André-Goule-d’Oie sous l'Ancien Régime
Les Noues à Saint-André-Goule-d’Oie
Les divers terroirs du Pin à Saint-André-Goule-d’Oie
Du rififi chez les seigneurs du Pin
Les droits seigneuriaux de la Porcelière à Saint-André-Goule-d’Oie
Les borderies et la métairie de la Porcelière aux 17e et 18e siècles
Plus de 60 ans de procès à la Porcelière de Saint-André-Goule-d’Oie
La Racinauzière
La Roche Mauvin à Saint-André-Goule-d’Oie sous l’Ancien régime


                              ARTICLES SUR LES ALENTOURS DE SAINT-ANDRE
Chauché
Un précieux patrimoine, le vin de Chauché
Le catéchisme des trois Henri : le curé de Chauché attaque son évêque
La confrérie de la Charité de Chauché (1685-1788)
Retour sur la paroisse de la Chapelle de Chauché
Les seigneurs de la Chapelle à Chauché
La géographie de la seigneurie de la Chapelle Begouin à Chauché et aux Essarts
Les domaines de la seigneurie de la Chapelle Begouin à Chauché
Les droits seigneuriaux des nobles dans le fief de la Chapelle Begouin à Chauché
Les droits seigneuriaux sur les roturiers de la Chapelle Begouin à Chauché
Les seigneurs de la Boutarlière et leurs descendants
La Morelière (Chauché)

Saint-Fulgent
Le refus de prestation de serment du clergé de Saint-Fulgent en 1791
Les seigneurs de Saint-Fulgent au 18e siècle

Essarts
La seigneurie des Bouchauds aux Essarts
La ferme de la baronnie des Essarts (1570-1577)
Le prévôt des Essarts











vendredi 1 mars 2019

La construction de la nouvelle église à Saint-André-Goule-d’Oie (1875)

L’actuelle église paroissiale de Saint-André-Goule-d’Oie a été construite en 1875/1876, à la place de l’ancienne, décalée vers l’ouest de quelques mètres semble-t-il sur un terrain de 8 ares (1). L’adjudicataire a été désigné le 3 septembre 1874 (2), et dans une lettre à Amaury-Duval du 7 mai 1875 le curé Martin écrit au sujet de la nouvelle église : « Elle s’élève rapidement, nous voici déjà rendus à la naissance des croisées » (espaces des vitraux) (3). On sait que l’église a été bénite le 19 août 1877 (4).

L’ancienne église


L’ancienne église était devenue insuffisante à cause de l’augmentation de la population (1525 habitants). Elle avait une surface totale de 230 m2, dont 185 m2 seulement pour les fidèles, une fois déduits le chœur, les petits autels et les fonds baptismaux. Sa disposition rendait son agrandissement impossible (5). L’architecte du département, Victor Clair, qui a supervisé les travaux de construction, avait réalisé en juillet 1873 un plan de l’ancienne église (6).

Plan de l’ancienne église (1873) 
(Archives paroissiales : 28-I Eglise et bâtiments)

Dans cette coupe longitudinale l’entrée par la nef, côté sud (gauche sur le plan ci-contre), ne comprend pas le ballet (auvent) mentionné dans la description de l’église en 1796 : « la ci-devant église dudit lieu, sacristie et ballet en dépendant, le tout se joignant » (7). Le texte ne dit pas où se situe le ballet, mais les côtés nord et est étant occupés par le presbytère on le suppose plutôt côté sud. Le plan ne fait pas apparaitre le presbytère non plus, situé à l’avant de cette coupe de la seule église, ainsi que le bâtiment de servitude du presbytère adossé à l’église, côté nord. Dans le plan de masse ci-dessous la tour à droite de l’entrée est bien représentée, avec un mur extérieur la joignant. Ce mur fut construit ou reconstruit en 1815 pour fermer une petite place devant l’église et le presbytère, où se trouvait un calvaire (8). On voit la sacristie prolongeant le chœur sur son côté nord. De plus, on sait que le sol de l’église avait un carrelage refait en 1764 (9) et réparé en 1856 suivant la comptabilité de la fabrique cette année-là. Ses murs étaient blanchis à la chaux comme ceux du presbytère (blanchissage en 1847). En 1850 on fit venir des ardoises de Nantes et réparer la charpente de la sacristie. L’érection d’un chemin de croix dans l’église de Saint-André avait été autorisée par l’évêché le 10 janvier 1846 (10).

Plan de l’ancienne église (1873)
(Archives paroissiales : 28-I Eglise et bâtiments)

Le financement de la construction de la nouvelle église



Une souscription fut lancée auprès des paroissiens pour la construction de la nouvelle église. On fit les comptes le 6 juillet 1873 et 286 chefs de famille répondirent à l’appel pour un montant total de 23 570 F (11). On peut penser que presque tout le monde participa. Les archives gardent leurs noms et prénoms, professions, lieux d’habitations et montants donnés. Cette transparence est révélatrice de certains traits des relations dans ce milieu à cette époque : simplicité et solidarité. Il y eut 2 anonymes. Les 6 plus gros donateurs s’engagèrent pour 41 % du total de la contribution, les 55 gros donateurs suivants pour 37 %, et les 225 petits donateurs pour 22 % de ce total. Voyons les plus gros donateurs :
-        Isidore Martin, curé né aux Herbiers d’un père marchand : 3 000 F
-        Pierre Fonteneau, de la Jaumarière, est trésorier de la fabrique et adjoint au maire. Il habitera le bourg plus tard et sera maire de la commune à l’été 1875. Il donna 2 000 F
-        Marcel de Brayer, maire et propriétaire de Linières : 1 500 F
-        Angélique Loizeau, veuve de Jean André Chaigneau du Coudray, cousine de François Cougnon fils : 1500 F
-        Henriette Papin, belle-fille de la précédente et veuve de Jean François Chaigneau du Coudray. Ce dernier fut maire 6 mois en 1869, et est mort à 35 ans. Elle finança aussi le vitrail de la Vierge et donna pour la construction de l’église 1 200 F
-        Augustine Fluzeau, veuve Rochereau de la Brossière, fille de François Fluzeau, capitaine dans l’armée vendéenne, ancien agent de la commune en 1796 et adjoint au maire à partir de 1800. Son mari était le fils de l’ancien maire (1835-1848), Pierre Rochereau. Elle donna 500 F.

Les dirigeants de la fabrique établirent une liste des donateurs avec les montants souscrits et l’étalement des paiements en 3 versements d’ici à 1876 (12). Le 1e paiement aura lieu quand les murs de la nouvelle église seront hors de terre, le second sera fait une année après le premier, et le dernier une année entière après le second (13). Cette liste a été conservée dans les archives, et on voit quelques défauts de paiements minimes qui durent être compensés. A titre d’exemple on a Jean François (fils), mon aïeul de la Boninière, qui avait souscrit 25 F et qui ne paya que 10 F au premier paiement à cause de son décès peu de temps après. Son père Jean François avait souscrit 25 F et paya 8,5 F au 1e paiement et 16,5 F au 2e.

Initiales de Marcel de Brayer dans le parc
du château de Linières
(photo Jean Caillé en juin 1974)
Des appels d’offres ont été affichés dans les communes voisines au cours de l’été sur un devis des travaux de 72 313 F. Et le 3 septembre 1874, se sont réunis au presbytère sous la présidence du président du conseil de fabrique, assisté du curé et du maire, le conseil de fabrique et le conseil municipal. Une seule soumission avait été déposée par le sieur Tilleau de Mortagne, offrant 1 % de rabais. En conséquence ce dernier a été déclaré adjudicataire, et le montant du devis d’adjudication qui était de 72 313 F a été réduit à 71 589,87 F. Suivent les signatures de Marcel de Brayer (maire), du curé et du vicaire et 11 autres édiles (14). C’est le même entrepreneur Tilleau qui construira l’escalier d’entrée du château de Linières devant la cour avec sa terrasse en grandes dalles de Charente (15). La commission départementale des bâtiments civils, dans sa séance du 16 août 1873, a émis un avis favorable au projet de l’église de Saint-André-Goule-d’Oie et à son style néo-gothique (16).

Le devis d’adjudication, majoré des honoraires d’architecte, se montait à 75 883 F. On disposait de 23 570 F de souscriptions, de 16 219 F de disponibles dans la caisse de la fabrique, augmenté d’un excédent prévu des exercices 1873 à 1876 de 10 000 F, et d’un emprunt de 10 500 F à 5 % d’intérêt sur 10 ans auprès de Pierre Fonteneau, déjà évoqué parmi les souscripteurs. Son prêt se comprend par l’absence de banque dans les campagnes. Au total on disposait de 60 289 F. On demanda une subvention au ministère de l’Intérieur de 15 594 F pour atteindre le montant du devis. Il n’accorda que 10 000 F et on manqua d’argent (16). La commune n’a pas participé au financement, ayant alors la charge d’un montant de 24 centimes additionnels aux quatre contributions, pour la construction des routes et de l’école des garçons à la même époque.

Surtout le devis initial fut dépassé de 24 %, et le décompte général définitif du 15 novembre 1878 des travaux de construction de l’église s’éleva à 93 940 F (17). On trouva de nouvelles ressources. De gros donateurs s’engagèrent sur un complément de souscription de 7 840 F : de Brayer (2 000 F), la veuve Chaigneau (2 400 F), Jean Louis Charpentier, curé de Luçon et originaire du Clouin (1 390 F), Bordron de la Boutarlière (1 200 F), Charles de Tinguy du Pouet du bourg (850 F). Si bien qu’au total le montant des souscriptions s’éleva à 31 410 F (18).

On fit appel aux paroissiens pour des emprunts sans intérêts dans les années 1876, 1877, 1878 et 1879 sur des montants très variables et totalisant au moins 12 650 F suivant la documentation laissée, mais on soupçonne un montant plus élevé (19). La durée des prêts n’est pas précisée. Dans ces emprunts on comprit un emprunt de 2 000 F à la caisse des messes du curé. Elle disposait toujours de sommes d’argent données d’avance. L’opération fut faite « du consentement des donateurs, à la condition que les défunts n’en souffriraient pas, et que les messes qui doivent être chantées pour eux seraient chantées à leur tour, à la condition aussi que cette somme serait remise dans la caisse des messes aussitôt que la fabrique pourrait la rendre » (20). Pour favoriser la souscription il fut décidé que pour chaque somme de 25 F qui serait donnée pour la construction de la nouvelle église, une messe serait chantée aux frais de la fabrique, pour le donateur ou la donatrice après son décès. Les prêteurs sans intérêt seront regardés comme prêtant à 5 %, et faisant don à l’église de l’intérêt qui leur serait dû naturellement. Et dès lors toute personne à qui il serait dû 25 F d’intérêt aura droit à une messe comme bienfaiteur de l’église et à autant de messes qu’elle serait censée avoir gagné en intérêt de sommes de 25 F. Et certains des prêteurs déclarèrent qu’ils abandonnaient les sommes prêtées pour faire chanter des messes pour elles après leur mort.

Eglise de Saint-André-Goule-d’Oie
Et puis il y a le cas particulier de Mme veuve Jean François Chaigneau du Coudray, « qui a donné à la fabrique la somme de 1 500 F à condition que chaque année, à perpétuité, un service de 2e classe et une messe serait chantée pour François Cougnon fils du Coudray, son cousin décédé en 1858. La fabrique, ayant besoin d’argent pour l’église, a inscrit cette somme au commencement de la construction de l’église parmi ses recettes du consentement de la donatrice, en lui promettant de faire célébrer le service et la messe avec les  intérêts de la somme de 1 500 F. Elle a promis aussi de placer sur l’Etat une somme suffisante pour faire le service et la messe dès que les dettes seront acquittées, et de faire tout approuver par l’autorité compétente. » (20). Ce cousin de la veuve Chaigneau, François Cougnon fils, était mort sans descendance et ses biens allèrent aux Chaigneau et Rochereau, à une époque où les droits de succession entre cousins n’étaient pas confiscatoires. 

Dans la séance du 6 avril 1902 du conseil de fabrique, « M. le curé fait observer que l’emprunt pour la construction de l’église étant remboursé intégralement, il reste encore à la fabrique à remplir l’engagement qu’elle avait pris de faire chanter une messe des bienfaiteurs par chaque somme de 25 F prêtée pour la construction de l’église. Il propose en conséquence au conseil de voter un crédit pour s’acquitter de cette dette. Le conseil à l’unanimité reconnait cet engagement prit au début de la construction de l’église et décide que chaque année il sera ouvert au budget un crédit spécial pour faire acquitter ces messes dites « messes de bienfaiteurs » jusqu’à concurrence de la somme de 3 444 F » (21).

Le 2 décembre 1926, le curé Leboeuf, constatant l’inflation des prix, conséquence directe de la première guerre mondiale, fit une demande à leur sujet au vicaire général de l’évêché de Luçon. Il écrit : « Après la construction de l’église paroissiale de Saint-André, la fabrique a assumé la charge de faire célébrer, pour les bienfaiteurs ayant versé une somme importante en faveur de l’édification de l’église, des messes chantées aux honoraires de 3 F. D’après le relevé que je viens de faire, le total de ces messes s’élève à la somme 3 888 F, soit 1296 messes chantées à 3 F l’une. Monseigneur, je vous prie de bien vouloir demander à sa grandeur Mgr l’évêque de Luçon, de convertir ces messes chantées à 3 F en messes chantées à 15 F. Elles seraient annoncées pour les bienfaiteurs vivants et défunts de l’église » (22). Dans sa réponse du 8 mars 1927, Mgr Mercier, vicaire général de l’évêché de Luçon, indiqua au curé de Saint-André : « Mgr a obtenu du Saint Siège, par indult (dérogation), que l’église de Saint-André-Goule-d’Oie puisse acquitter son obligation de messes pour les bienfaiteurs défunts en faisant célébrer des messes basses, et au plus tôt, en aussi grand nombre que le comporte la somme à laquelle s’élevait le total des honoraires de ces messes à l’époque où elles ont été promises, c’est-à-dire si je ne me trompe 1296 messes à 3 F l’une : 3888 F. L’évêché est en mesure de faire célébrer ces messes sans délai par des prêtres du diocèse aussitôt que vous pourrez en verser les honoraires. Ainsi se trouvera à peu près régularisé, au point de vue de la religion et de la justice la situation de la fabrique de votre paroisse. Vous en aurez été le bon ouvrier » (23). Il n’existait plus de fabrique à cette époque, mais des associations cultuelles qui en tenaient lieu. Les messes chantées avaient été transformées en messes basses et leur nombre maintenu.

Eglise de Saint-André-Goule-d’Oie
Pour terminer il est intéressant de relever la synthèse du décompte des dépenses pour la construction de l’église dressé par l’architecte le 15 novembre 1878 :
Chapitre 1 : Eglise : 76 980,47 F
Chapitre 2 : Beffroi : 8 234,05 F
Chapitre 3 : Sacristie et couloirs : 4 585,29 F
Chapitre 4 : Beffroi et palier : 571,45 F
Ensemble : 90 371,26 F
A déduire rabais 1 % : 903,70 F
Reste : 89 467,56 F
Honoraires 5 % : 4 473,37 F
Total général : 93 940,93 F (24).

Les vitraux et les cloches



Cette somme ne comprend pas les vitraux payés par les paroissiens. On lit dans les comptes de la fabrique : « L’argent donné pour les vitraux est dans la caisse de la fabrique dans une boite à part. » (25). Dans une lettre du 7 mai 1875, le curé écrit au maire à Paris, Marcel de Brayer : « Mes paroissiens vont me payer mes vitraux. Je pense que je n’en aurai pas assez à leur offrir. Sur onze croisées qu’il y aura dans la première partie de l’église, neuf m’ont déjà été promises. Il ne m’en reste plus qu’une d’un bas prix, qui sera au-dessus d’une petite porte d’entrée, et une des plus belles que je réserve pour M. le comte. Elle sera placée dans le transept du côté droit, en entrant dans l’église (autel de saint Joseph). En face sera un vitrail de même grandeur qui sera payée par Mme veuve Chaigneau du Coudray (autel de la Vierge) » (26). On peut toujours voir les noms des familles donatrices gravés en bas de chaque vitrail. Le vitrail du châtelain de Linières représente la sainte famille occupée au travail, et dans sa partie basse, on remarque deux blasons. A droite c’est celui du général Michel de Brayer (1769-1840), que Napoléon avait fait comte, le grand-père de Marcel de Brayer. A gauche est le blason d’Amilcar de Brayer (1813-1870), oncle de Marcel de Brayer, lequel avait hérité de son titre. Voir notre article publié sur ce site en janvier 2011 : De Brayer et la nouvelle église de Saint-André-Goule-d’Oie. 

Dans sa séance du 1e juillet 1883 le conseil de fabrique a décidé d’augmenter la somme assurée au titre de l’incendie de l’église de 10 000 F pour la porter à 130 000 F. On lit dans le procès-verbal que l’église « a coûté tout compris avec les meubles qui sont immeubles par destination 130 000 F » (27). Ces immeubles par destination étaient les autels, fonds baptismaux, cloches, etc.

Eglise de Saint-André-Goule-d’Oie
Les deux cloches de l’ancienne église furent récupérées dans l’église neuve. L’une était très récente, bénite par l’abbé Louis Charpentier, archiprêtre de l’église de Luçon. Il en avait été autorisé par l’évêque le 27 avril 1873 à la demande l’abbé Isidore Martin, curé de la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie (28). N’était-il pas originaire du Clouin et archiprêtre de Luçon ? C’est encore lui qui bénit les 4 nouvelles cloches de l’église le 19 septembre 1893. A cette occasion, un chant fut composé exprès pour la cérémonie, où il est appelé « le grand prêtre ».

Son auteur était l’abbé Chatry, curé de Saint-Mesmin et surtout originaire de la Courpière (Saint-Fulgent), dont la famille était bien connue à Saint-André. Il a écrit ces mots : « Et nous voulons suivre l’exemple des Essarts et de Saint-Fulgent », célébrant ainsi sans complexe l’esprit des clochers. Les parrains et marraines des cloches ont été Mme de Marcilly et Léon de Marcilly (ce dernier alors maire et propriétaire de Linières), Mme Grolleau, M. Grolleau (fille et gendre de la généreuse veuve Chaigneau, le gendre devenant maire en 1896), Mme Rochereau et M. Fonteneau (29). Il est assez probable que l’achat des cloches bénéficia de leur générosité. Et on électrifia les cloches en 1939 grâce à une souscription auprès des paroissiens pour un montant de 7 200 F (30).



Conclusion



Ainsi la construction de la nouvelle église est une œuvre de foi bien sûr, instructive sur la manière. Elle révèle en effet l’unité et la force de la communauté des habitants de Saint-André-Goule-d’Oie incarnée dans une volonté commune autour du projet. Cette communauté s’exprimait dans les deux entités juridiques de la société politique d’alors : la commune et la paroisse. Ses édiles, représentatifs et suivis, s’y répartissaient les rôles conformément à la loi. Ils ont pris collectivement un risque financier, appuyés sur deux principes forts qui les animaient : la solidarité dans la transparence, avec la participation de tous en fonction de ses moyens, et l’authentique simplicité des relations, où les possibles jalousies sur les patrimoines n’entravent pas l’action commune. Ce qui les unissait était plus fort que ce qui pouvait les diviser. Et puis on voit l’autorité du curé dans les procès-verbaux qui sont nos sources, Isidore Martin restant sur place de 1868 à 1891, un entrepreneur en somme. Le curé et les édiles ont traversé des difficultés, allant jusqu’à transformer des intérêts d’emprunts en messes et même emprunter dans la caisse des messes. Ceci sans contrat ni garantie juridique, mais avec une garantie plus forte, l’engagement moral entre gens qui se font confiance. Leur sens pratique les a conduits à un mélange du temporel et du spirituel à faire lever les bras au ciel de certains penseurs. Mais ils ont eu leur nouvelle église ! Cette solidarité et cette simplicité des gens de Saint-André ne sont-elles pas aussi plus généralement des caractéristiques de la société vendéenne en cette fin du 19e siècle ? Elles constituent une morale de l’action parmi d’autres connues, porteuse ici d’une entreprise audacieuse et réussie.


(1) Inventaire du 1-2-1906 des biens de la fabrique, Archives de la paroisse de Saint-Jean-les-Paillers, relais de Saint-André-Goule-d’Oie, carton no 29, chemise VIII.
(2) Procès-verbal du 3-9-1874 de l’adjudication des travaux de construction de l’église, Archives de la paroisse de Saint-Jean-les-Paillers, relais de Saint-André-Goule-d’Oie, carton no 28, chemise I.
(3) Lettre du 7-5-1875 du curé Martin à Amaury-Duval, Archives de la société éduenne d’Autun, Fonds Amaury Duval : K8/34.
(4) Abbé Aillery, Chroniques paroissiales de Saint-André-Goule-d’Oie, (1892) T1, page 280.
(5) Archives de la Vendée, Saint-André-Goule-d’Oie : 1 O art.632.
(6) Plan de l’ancienne église de Saint-André-Goule-d’Oie (cachet du 24-11-1873), Archives de la paroisse de Saint-Jean-les-Paillers, relais de Saint-André-Goule-d’Oie, carton no 28, chemise I.
(7) Estimation le 24-7-1796 du presbytère et de l’église de Saint-André-Goule-d’Oie comme bien national, Archives de la Vendée : 1 Q 218 no 190.
(8) Recettes et dépenses de la fabrique de St André Goule-d’Oie (1815-1816), Archives de la paroisse de Saint-Jean-les-Paillers, relais de Saint-André-Goule-d’Oie, carton no 29, chemise V.
(9) Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé boisson : 7 Z 73-1, généralités sur Saint-André-Goule-d’Oie.
(10) Autorisation du 10-1-1846 d’ériger un chemin de croix dans l’église de Saint-André, Archives de la paroisse de Saint-Jean-les-Paillers, relais de Saint-André-Goule-d’Oie, carton no 28, chemise II.
(11) Souscription du 6-7-1873 pour la construction de l’église de Saint-André-Goule-d’Oie, ibidem : carton no 28, chemise I.
(12) Paiements pour la souscription de 1873 de la construction de l’église de Saint-André, ibidem : carton no 28, chemise I.
(13) Réponses du curé Leboeuf du 10-12-1926 à un questionnaire envoyé par Mgr Mercier, vicaire général, ibidem : carton no 29, chemise VI, dossier des fondations de messes.
(14) Idem (2)
(15) Lettre du 21-11-1901 de V. Cesson à L. de la Boutetière dans V. Noël Bouton Rollet, Amaury-Duval, l’homme et l’œuvre (2007).
(16) Idem (5)
(17) Décompte général du 15-11-1878 des travaux de construction de l’église, ibidem : carton no 28, chemise I.
(18) Idem (12).
(19) Emprunts sans intérêt de la fabrique de l’église de Saint-André-Goule-d’Oie, ibidem : carton no 28, chemise I.
(20) Registre des délibérations du conseil de fabrique pour 1880, Archives de la paroisse de Saint-Jean-les-Paillers, relais de Saint-André-Goule-d’Oie, E 2/2.
(21) Registre des délibérations du conseil de fabrique pour 1902, ibidem : E 2/2.
(22) Lettre du 10-12-1926 du curé Leboeuf au vicaire général de l’évêché de Luçon, ibidem : carton no 29, chemise VI.
(23) Lettre du 8 mars 1927 du vicaire général de l’évêché de Luçon au curé Leboeuf, ibidem : carton no 29, chemise VI.
(24) Idem (17).
(25) Idem (12).
(26) Idem (3)
(27) Registre des délibérations du conseil de fabrique pour 1883, ibidem : E 2/2.
(28) Autorisation du 27-4-1873 à Louis Charpentier de bénir une cloche dans l’église de Saint-André, ibidem : carton no 28, chemise III.
(29) Chant pour la bénédiction du 19-9-1893 des 4 cloches de l’église de Saint-André, ibidem : carton no 28, chemise III.
(30) Devis et quittance en 1939 pour l’électrification des cloches de Saint-André, ibidem : carton no 28, chemise III.

Emmanuel François
Mars 2019

vendredi 1 février 2019

La Morelière (Chauché)

Le régime seigneurial au 16e siècle


Dans les redevances concédées par le baron des Essarts au seigneur de la Boutarlière dans l’étendue de la baronnie, on trouve en 1509 le village de la Morelière imposé d’un boisseau de seigle par an pour le droit de métivage. On a aussi au titre du droit d’ « avenage appelé ratier » 2,5 boisseaux de seigle pour un nommé Vignaud à la Morelière (1). L’avenage était dû à cause des droits d’usage et pacage accordés aux habitants de la châtellenie (2). Ce qu’il faut noter ici est le nom du nommé Vignaud, rare dans l’énumération des villages concernés par la redevance. Serait-ce le colon d’une métairie, autrement dit son métayer ?

Maitre d’Anne de Bretagne vers 1490 (B. N. F.)
Dans l’aveu de la seigneurie du Coin (autrefois appelé Coin Foucaud) aux Essarts, par le seigneur de Languiller en 1550, la Morelière est un tènement associé à la Boninière voisine et au village disparu de la Bouchardière (3). En 1519 celui-ci était situé au sud de la Boninière (4). En 1550, le seigneur du Coin percevait les redevances suivantes, ensemble pour les trois tènements et villages :

-   107 sols 10 deniers à divers termes dans l’année, tant de cens que des anciennes corvées seigneuriales supprimées et affermées à une valeur fixe. Auparavant les corvées étaient au tarif maximum de 3 jours par an pour tout le village avec 5 charrettes tirées par 6 bœufs. La même corvée au village du Clouin avait été estimée à 13 sols et 4 deniers lors de son incorporation dans le cens.
-        Sur-cens ou rentes féodales annuelles de 34 ras d’avoine et 6 boisseaux seigle
-        Terrage au 1/6e des récoltes.
-        Droit de dîme des agneaux, veaux et pourceaux, laine et lenfaits (lin), nés, élevés et produits dans le village.
Pour deux ouches (terres jamais mises en jachère) à la Morelière, s’ajoutait un cens annuel de 2 sols 4 deniers.

Une métairie du domaine de Linières sous l’Ancien Régime


Nous n’avons qu’une maigre documentation disponible consacrée à la Morelière dans le chartrier de la Rabatelière. Peut-être est-ce dû à la constitution d’une métairie par le seigneur de Linières, dont les terres jouxtaient le tènement. On trouve une mention de son existence dans la saisie en 1675 du domaine de Linières à cause des dettes de son propriétaire Claude Legras. On lit : « métairie noble de la Morelière, terres labourables et non labourables et généralement tout ce qui dépend ..., le tout sis et situé en la paroisse de Chauché, joignant aux terres du village de Bergeonnière, au village du Landreau, au bois de la Boutarlière et au village de Villeneuve » (5).

On ne sait pas depuis quand le territoire de la Morelière était occupé par une importante métairie, à l’existence attestée en 1675, d’une surface connue seulement au 19e siècle de près de 50 ha alors. L’aveu de 1550 ne donne même pas d’indice sur ce point. En revanche on a un faible indice en 1509 dans la liste des villages payant des redevances à la Boutarlière (voir plus haut). La métairie apparait dans les archives notariales accessibles de Saint-Fulgent dans la deuxième moitié du 18e siècle, ne concernant pas le domaine, mais un homme. Et l’homme est un de ses métayers, Mathurin Herbreteau. Fils d’André Herbreteau et d’Anne Pavageau, il s’était marié en 1751 avec Renée Rondeau. L’année d’après son frère, Jean Herbreteau, épousera la sœur, Marie Rondeau. Les deux frères tenaient une ou les deux métairies attenantes au logis de Linières, contenant ensemble environ 90 ha. Ils étaient les piliers des métairies de Linières dans cette deuxième moitié du 18e siècle, remplaçant les Rondeau dont ils étaient les gendres. Ils embauchaient des valets, et l’importante surface exploitée permettait de sortir du handicap des jachères. Ils pouvaient ainsi réaliser des économies. De ce fait ils appartenaient à l’époque à la catégorie supérieure des laboureurs. Certains même se consacraient à une activité complémentaire, source de richesse potentielle, le commerce du bétail. Ce fut le cas des deux frères Herbreteau de Linières, et particulièrement de Mathurin (1728-1793).

Levy : Le marchand de bestiaux
Entre 1781 et 1790 on le voit prêter 7 fois devant notaires de petites sommes d’argent, allant de 80 livres à 434 livres, souvent pour permettre l’achat de bétail. C’est qu’il en fait commerce, étant qualifié parfois de marchand laboureur dans les actes. En 1781 il vend deux paires de bœufs au Herbiers pour 235 livres. Il loue le bétail à des pauvres bordiers ou laboureurs, 7 fois entre 1775 et 1790. Là encore les capitaux engagés sont faibles : de 46 livres pour une vache à 160 livres pour « 4 vaches de différents poils, dont 1 d’âge inconnu, 2 âgées de 4 ans et 1 de 3 ans, plus une nogesse d’1 an poil marron et 1 taureau de 2 ans au poil châtain » (6). Ces baux de cheptel étaient à partage à moitié du croît et des pertes, donc du risque entre le bailleur et le preneur dans la même proportion. 

En 1787, Mathurin Herbreteau a quitté Linières pour s’installer à la Morelière voisine, une autre métairie du domaine de Linières (7). Il a remplacé les Fonteneau, qui demeuraient à la Gagnollière (Essarts) en 1793 (8), aussi du domaine de Linières. Mathurin Herbreteau a été « tué par les républicains pendant la guerre civile, laboureur demeurant à la métairie de la Morelière », le 15 septembre 1793 (1er registre clandestin, vue 15 de l'état-civil numérisé de Saint-André aux Archives de Vendée). Il y vivait avec son fils Jacques, marié à Saint-André en 1789 (vue 231) avec Marie Masson, et qui y est décédé le 10 messidor an 9 (29-6-1801) (vue 27). Quand la dame de Linières rachète Linières le 1e août 1796, le métayer de la Morelière s’appelle Jean Herbreteau, très probablement le frère de Mathurin et l’oncle de Jacques, car le métayer de Linières est alors André Chatry.

La Morelière tiraillée ente Saint-André Goule d’Oie et Chauché aux 19e et 20e siècles


Louis XVIII
La commune de rattachement de la Morelière a posé problème après la Révolution, les terres de la métairie s’étendant à la fois sur les communes de Saint-André-Goule-d’Oie et de Chauché. La taxe foncière devait-elle aller dans la caisse du receveur de Saint-André ou dans celle de celui de Chauché ? Les deux communes la prélevèrent en même temps sur quelques parcelles foncières, au détriment du propriétaire du domaine de Linières, alors Joseph Guyet. Il fit des démarches jusqu’en juillet 1817, qui finirent par aboutir. Une ordonnance du 10 janvier 1818, signée du roi Louis XVIII, décida que la partie foncière litigieuse  imposée par les deux communes, des bâtiments de la Morelière ainsi que quelques terres, se trouvait dans la commune de Saint-André-Goule-d’Oie (9). Un roi pour signer une limite de communes à la Morelière, c’est peu banal.

Le 1e janvier 1980, la commune de Saint-André-Goule-d’Oie a donné à celle de Chauché l’essentiel de la métairie de la Morelière (38 ha) avec tout le village, et a reçu en échange 21 ha de terres situées à la sortie du bourg de Saint-André-Goule-d’Oie, sur la route des Essarts et provenant de Chauché. Il s’agissait pour elle de se donner le moyen d’un accroissement de l’urbanisation autour de son bourg. Le préfet a alors suffit pour entériner l’accord des deux communes.

La métairie et ses métayers au 19e siècle


Jean Guyet, régisseur de Linières et cousin de son propriétaire Joseph Guyet, afferme la métairie de la Morelière le 28 mars 1806 pour 3 ans (1807-1810) à Jacques Sorin et René Sorin père et fils, laboureurs demeurant à la Fortière en la commune de Chauché. Ces derniers remplacent les colons (métayers) Masson et Millasseau. Le bail est à partage de fruits à moitié, avec l’engagement des preneurs de maintenir sur la métairie un nombre d’hommes suffisant pour son exploitation. Les bestiaux nécessaires au trait seront fournis moitié par moitié entre le bailleur et les preneurs, ainsi que les engrais. Il en sera de même pour les semences à hauteur de 25 boisseaux de toutes espèces de grains, le surplus étant fourni par les preneurs pour emblaver (ensemencer) les terres. Comme sous l’Ancien Régime avec ses redevances seigneuriales et impôts, les preneurs acquitteront toutes les impositions foncières qui seront prélevées sur la métairie sous quelques dénominations qu’elles puissent être (taxe foncière) et à quelles que sommes elles puissent se monter, « même sous le titre de subvention de guerre ». Les menus suffrages consistaient en la moitié des oies qui seront élevées chaque année sur la métairie, 12 poulets à la Saint-Jean, 6 chapons gras à noël, 15 livres de beurre au mois de mai, et une somme de 30 F en numéraire par an pour tenir lieu d’un cochon de lait. Les preneurs à ferme sont sujets à toutes corvées envers le bailleur tant d’hommes que bœufs et charrettes. Ces corvées, limitées dans leur nombre par l’usage, avaient ici un fondement contractuel, mais elles prolongeaient celles relevant du droit seigneurial qui avaient été supprimées avant 1550 comme nous l’avons déjà constaté plus haut. Enfin il est convenu que le revenu annuel de la métairie est de 240 F, montant nettement sous-estimé servant à être déclaré à l’administration de l’Enregistrement à la Roche-sur-Yon (10).

Le 22 septembre 1812 Jean Guyet signe un nouveau bail pour 5 ans (1813-1818) avec de nouveaux métayers : André, Jean et Pierre Fonteneau, laboureurs venant de la Boutarlière (Chauché) et remplaçant les Sorin. Il s’agit du même type de bail à partage de fruits, avec de légères évolutions. Les semences de froment seront fournies moitié par moitié entre les parties au bail, mais les autres semences seront fournies par les preneurs seuls. Les menus suffrages sont les mêmes sauf pour le beurre, 30 livres au lieu de 15, et 18 F au lieu de 30 F pour le cochon de lait. Le revenu annuel de la métairie est descendu à 200 F, signe d’une période de mauvaises années (11). Le 28 mars 1817 le même régisseur signe un nouveau bail pour 5 ans (1818-1823) avec de nouveaux métayers : Jean Biret, Jean Pierre et Mathurin Biret, demeurant ensemble à la Clavelière (Saint-Fulgent). Les clauses sont les mêmes que précédemment, avec la même valeur de 200 F d’estimation du revenu annuel. Les menus suffrages sont de 30 livres de beurre, 6 chapons et 12 poulets (12). Jean Biret était marié à Madeleine Gallot. Ils eurent Louis, né à Saint-André le 8 mars 1830 (vue 235).

La Morelière (2019)
Les Biret seront renouvelés dans un autre bail à la Morelière, et le 15 mars 1830 c’est Pierre Biret qui s’engage à nouveau pour 5 ans (1830-1835) « tant en son nom qu’en ceux de ses frères et belles-sœurs demeurant en société avec lui ». Le régisseur étant décédé, Joseph Guyet, résidant à Paris, a nommé comme fondé de pouvoir Joseph Alexandre Gourraud, juge de paix du canton de Saint-Fulgent demeurant à Chavagnes, et son cousin par alliance. Cette fois le bail est à prix d’argent, avec un fermage annuel de 1 100 F à terme échu. Joseph Guyet avait affermé toutes ses métairies à prix d’argent et la Morelière restait la dernière à ne pas l’être. Un des enjeux de ce type de bail consistait pour le métayer à posséder le cheptel, comme de nos jours il possède son tracteur agricole. Pour cela Joseph Guyet avait vendu à crédit sa part dans les cheptels. Si le revenu du propriétaire passe de 200 F par an en 1823 à 1100 F par an en 1830, l’inflation des prix compte pour peu, et la prise en compte de la réalité du vrai revenu pour beaucoup évidemment. Les menus suffrages sont « toute la cire que donneront les abeilles s’il y en a sur la métairie, laquelle sera fondue et mise à l’état de cire jaune et pain suivant l’usage, laquelle charge est évaluée 3 francs par an pour l’Enregistrement seulement ; ils donneront aussi, outre le prix fixé et à titre de menus suffrages, 20 livres de beurre au mois de mai de chaque année ; le bailleur aura le choix de se faire livrer en nature ou payer la somme de 10 francs par an, 6 poulets ou 3 francs, 4 chapons ou 4 francs, aussi au choix du propriétaire ; les poulets se donneront ou paieront à la Saint-Jean et les chapons à Noël ». Le rédacteur de l’acte étant juge de paix, on voit poindre son expérience quand il écrit que les preneurs à bail  « ne pourront point chasser sur la métairie, ni tendre cages, lacets, cordes et pièges, ni rien qui puisse détruire le gibier ; ils ne laisseront chasser personne sans la permission du bailleur » (13).

Joseph Guyet est mort à Paris le 30 mai 1830 et son fils, Benjamin Guyet-Desfontaines, désigna le même juge de paix du canton de Saint-Fulgent pour faire la déclaration de succession au bureau de Montaigu, le 2 novembre 1830, pour ses propriétés situées dans le canton de Saint-Fulgent (no 227, vue 67 sur le site internet des Archives départementales de la Vendée). La Morelière est déclarée pour une valeur de 736 F, probablement sa valeur cadastrale, qui est un barème fiscal propre aux terres agricoles. Les droits de succession étaient alors de 1 % calculés sur la valeur du bien, égale à 20 fois le revenu annuel.

Benjamin Guyet-Desfontaines est décédé à Paris le 22 avril 1857, et sa légataire universelle, son épouse, désigna comme fondé de pouvoir Hyacinthe Narcisse Legras de Grandcourt, lieutenant-colonel en retraite à Saint-Fulgent et cousin par alliance, lequel envoya le secrétaire de mairie de Montaigu, faire la déclaration au bureau de Montaigu le 5 octobre 1857 (vue 98 à 101 au premier registre et vues 2 à 7 au deuxième registre suivant). La métairie de la Morelière est décrite pour chacune des communes de Saint-André Goule d’Oie et de Chauché par ses 76 parcelles cadastrales, avec leurs surfaces, leurs appellations et leurs montants de revenu. Au total on a 42 ha à Saint-André et 11 ha à Chauché.

Lors du décès de son épouse en 1868, née Antigone Pineu Duval, sa succession fut déclarée au bureau de Montaigu le 7 avril 1869 (no 188, vue 95). La métairie de la Morelière contient alors 55 ha. Et on apprend qu’elle est affermée à la famille Onillon, moyennant une ferme annuelle de 2 535 F.

Hyacinthe Narcisse Legras de Grandcourt
En 1870 fut effectué un état des lieux entre le fermier sortant, Pierre Drapeau, et le fermier entrant, Onillon, associé au bailleur représenté par Hyacinthe Narcisse Legras de Grandcourt. Le procès-verbal de la visite nous donne des informations sur l’habitation des métayers et sur les activités agricoles (14). Au rez-de-chaussée il y avait 6 pièces et un corridor : une pièce à vivre, deux chambres, un cellier, un fournil et une laiterie. La pièce à vivre a deux fenêtres à carreaux, un potager (rangement), un foyer (cheminée) en pierres brutes, « les murs sont blanchis à la chaux et le sol en terre mal uni ». La chambre supplémentaire possède aussi sa cheminée et ses murs sont blanchis. En revanche l’autre chambre à côté du cellier a des murs non blanchis. Le fournil avec son four carrelé (où on faisait cuire son pain), possédait un âtre et un fourneau de forge. À l’étage, on trouve deux greniers dont les murs sont en bousillage (torchis) et deux autres greniers bâtis en dur avec carrelage au sol et une ouverture chacune avec un contrevent seulement. Ces greniers servaient à entreposer les récoltes, et on y triait les grains avant livraison pour leur donner une valeur marchande. Il fallait en particulier enlever les graines de mauvaises herbes mélangées aux grains des céréales après la moisson. Nous avons là un nombre important de pièces en relation avec une métairie importante, quand on la compare avec la modestie des maisons des nombreux petits bordiers propriétaires à cette  l’époque.

Le recensement de population en 1872 à Saint-André-Goule-d’Oie (vue 27) nous donne le nom des personnes vivant dans cet espace. René Onillon a 62 ans et sa femme, Marie Anne Bordet, 55 ans. Ils ont quatre enfants qui vivent aussi sous leur toit : Véronique (26 ans), Augustine (21 ans), Julie (17 ans) et François (23 ans). Avec eux sont aussi logés trois domestiques : Augustin Retailleau (17 ans), François Gouraud (25 ans) et Pierre Metereau (17 ans). Ainsi ces neuf personnes dorment dans trois pièces. Nous savons par ailleurs que des lits à quenouilles s’entassaient dans ces pièces chauffées avec le feu de la cheminée, et que la disposition de ces lits par rapport à l’âtre privilégiait la hiérarchie sociale de l’époque : les anciens d’abord, puis le fils aîné, puis les filles, puis les garçons. Les valets et domestiques avaient le même confort, parfois le même lit, que les filles et les garçons. Les colonnes des lits (appelées quenouilles) supportaient une planche en bois, d’où tombaient des rideaux (15).

Le rapport des experts énumère ensuite les bâtiments d’exploitation, qui comprennent : la volaillère, le toit à porcs, le toit aux oies, un autre petit toit à côté de la maison, le toit aux bœufs et le toit aux vaches, avec chacun : crèche, râteliers et grange à foin. Dans la même bâtisse que le toit aux vaches, on trouve le toit aux moutons et le toit à la jument, séparés par des clions (cloison légère en bois). L’énumération succincte des 60 parcelles de champs, pacages (prés) et jardin nous apprend qu’on cultivait le lin d’été, le lin d’hiver, le blé, l’avoine, le colza, l’orge, la jarosse (plante fourragère), le trèfle. Deux pièces de terre seulement sont notées en état de lande. Plus de jachère ni de friches : les plantes fourragères ont fait leur apparition pour nourrir le bétail, véritable bon en avant pour l’agriculture au milieu du 19e siècle, dû à l’apparition de l’engrais, particulièrement le chaulage de ces terres acides.

Megret : Buste d’Amaury-Duval 
(musée Rolin d’Autun)
La déclaration de succession au bureau de Montaigu le 13 décembre 1875 (no 230, vue 112), de Marcel de Brayer, propriétaire de Linières, indique que la Morelière contient toujours 55 ha, avec un revenu annuel de 2 790 F. En comparant en cette année 1875 les loyers des métairies de l’amenage de Linières, on constate que la Morelière fait partie des métairies dont le fermage se situe autour de 50 F l’hectare, alors que d’autres sont de moins bons rapports, autour de 43 F l’hectare (Noues, Linières, Guérinière). 

Lors du décès en 1885 du propriétaire suivant, Amaury-Duval, sa succession est déclarée au bureau de Saint-Fulgent le 25 juin 1886 (vue 57). La Morelière, toujours affermée aux Onillon, est évaluée à 3 165 F de revenu annuel. La veuve de Guyet-Desfontaines a dû payer un droit de 3 % de la valeur des biens en 1868. Pour le grand-oncle Amaury-Duval, héritant de son petit-neveu, les droits ont été de 7% calculés sur la même base. On sait que pour des legs faits dans un testament à des personnes sans lien de parenté avec le testateur, les droits s’élevaient à 11 % (16). En 1889 la Morlière a un revenu annuel de 3 227 F, avec les mêmes métayers les Onillon, (déclaration de succession d’Eugène Raffard de Marcillly au bureau de Saint-Fulgent le 27-11-1889, vue 3).

Après la banqueroute de Gaston de Marcilly, fils du précédent, le domaine de Linières fut vendu aux enchères publiques en 1897 par le tribunal civil de première instance de la Roche-sur-Yon. L’ensemble ne comptait plus alors que 418 hectares, avec 8 corps de ferme (17). Son acquéreur, Augustin Auriault, revendit 10 mois après son acquisition en 1898 le domaine de Linières, après avoir vendu entre temps 3 fermes. Il ne restait plus que 300 ha et 5 fermes, dont la Morelière, quand Louis de la Boutetière l’acquit en 1898. En 1907 celui-ci signa un renouvellement de bail pour 7 ans (1907-1914) avec François Onillon père et son épouse Marie David (18). La surface de la métairie n’est plus que de 36 ha. Soit les 19 hectares manquantes font l’objet d’une autre ferme, soit ils ont été vendus, les deux hypothèses étant vraisemblables. C’est que l’augmentation sensible de la productivité agricole a conduit à diviser les grandes métairies parfois pour mieux augmenter les revenus. Avec la diminution de la surface, le prix de ferme est en ce début du 20e siècle de 2 300 F par an, auquel s’ajoutent les impôts fonciers payés par les preneurs (200 F) et les menus suffrages (4 kg de beurre, 6 poulets et 3 hectolitres d’avoine, estimé en tout 30 F).

Louis de la Boutetière vint habiter sur place à Linières, puis déménagea au lieu-dit de la Boutetière à Saint-Philbert-de-Pont-Charrault en 1911, suite au départ de son frère ainé qui l’habitait auparavant (19). Il décida de vendre Linières, donnant mandat à cet effet à un nommé Richard, habitant de Poitiers. Celui-ci demanda à un marchand de biens, Libaud demeurant à Luçon, d’organiser la vente, lequel s’associa à un expert de Saint-Fulgent, nommé Gilbert. Libaud procéda à une vente au détail des métairies, et à la fin le château de Linières lui resta sur les bras. Richard l’acquit lui-même pour le vendre à la construction. La démolition du château fut surveillée sur place par MM. Gilbert et Fonteneau, demeurant au bourg de Saint-Fulgent (20). François Onillon et ses fils achetèrent 20 ha de la métairie de la Morelière pour 33 400 F le 16 octobre 1911 (21).


(1) Aveu du 7-3-1509 de la Boutarlière aux Essarts, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 95.
(2) Archives de Vendée, Annuaire de la Société d’Emulation de la Vendée, A. Bitton, Naissance des fiefs, juridictions Bas-Poitevines et liste des droits de fief en Poitou 1889, page 109 et s. vue 70.
(3) Aveu du Coin Foucaud et du Vignault du 2-7-1605 par Languiller aux Essarts – deuxième copie reproduisant un aveu de 1550, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 61.
(4) Foi et hommage du 12-4-1519 d’André Landois au Coin Foucaud pour la Boninière, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 18. 
(5) Saisie du 28-9-1675 de Linières appartenant à Claude Legras, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 17.
(6) Bail à cheptel du 30-5-1775 de Mathurin Herbreteau (Linières) à André Braud (Chaunière de Saint-Fulgent), Archives de la Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Bellet : 3 E 30/126.
(7) Ibidem. Bellet : 3 E 30/129, bail à cheptel de fer du 17-4-1786, pour Mathurin Herbreteau de Linières. Et Ibidem. Bellet : 3 E 30/129, arrentement du 19-9-1787, de 180 £ pour Mathurin Herbreteau de la Morelière.
(8) Baptême de Jacques Fonteneau le 12-4-1793 à Saint-André-Goule-d’Oie, inscrit en supplément sur le registre paroissial de 1792 vue 28.
(9) Dossier de délimitation de la commune de Saint-André-Goule-d’Oie, Archives départementales de la Vendée : 1 M 290.
(10) Bail de la Morlière du 28-3-1806 à colonage partiaire de Jean Guyet à Sorin, Archives de Vendée, notaires de Saint-Fulgent, papiers Guyet : 3 E 30/138.
(11) 3 E 30/138, bail de la Morlière du 22-9-1812 à colonage partiaire de Jean Guyet aux Fonteneau.
(12) 3 E 30/138, bail de la Morlière du 28-3-1817 à colonage partiaire de Jean Guyet aux Biret.
(13) 3 E 30/138, bail de la Morlière du 15-3-1830 à prix d’argent de Joseph Gourraud à Pierre Biret.
(14) Archives privées E. François.
(15) Ferdinand Charpentier, Chez nous en 1793, Saint-André-Goule-d'Oie, récits d'un vieux Vendéen, 1906, Arch. dép. Vendée : BIB A 632.
(16) Actes testamentaires de Laure Longuemare, veuve Charles Louis Guyet, Archives nationales, études notariales de Paris, Me Pitaux : MC/ET/XIV/850.
(17) Vente sur saisie immobilière du domaine de Linières Archives de la Vendée, L’Avenir et l’Indicateur de la Vendée du dimanche 7 mars 1897 no 28 : 4Num 366/13, page 4. 
(18) Idem (14).
(19) Emmanuel François, Les châtelains de Linières à St André Goule d’Oie, Lulu.com (2012), page 255.
(20) Témoignages de Mme de Hargues et de Mme veuve Fonteneau, née Gilbert, en 1794, Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 32-3.
(21) Répertoire des formalités des hypothèques des ventes en 1911 chez le notaire Robain de Chantonnay, Archives de Vendée.

Emmanuel François
Février 2019

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