vendredi 1 septembre 2017

Les fiefs de la Brossière à Saint-André-Goule-d’Oie (Ière partie)

Les fiefs de la Brossière
Les petits fiefs de la Brossière sont une particularité propre à la petite contrée autour de ce village à Saint-André-Goule-d’Oie. Nous les avons évoqués le mois dernier dans notre article intitulé : La Brossière à Saint-André-Goule-d’Oie. On en a compté huit : Mauvinière, Bignon, Giroisières, Toillet, Bequetière, Lautruère Loriau, Drillay, Prieuré. Ils sont petits par la taille, de 4 hectares à 21 hectares. Nous pouvons les situer grâce aux confrontations indiquées dans les documents les concernant, d’où la présentation de manière schématique dans la photo ci-contre. Les contours du tènement proprement dit de la Brossière nous échappent, faute d’en bien cerner ses limites vers le sud-ouest et le sud-est. Il en est de même pour le fief Drillay et le fief du Prieuré. Les géomètres du cadastre napoléonien, sans vouloir connaitre ces divers fiefs de la Brossière dont nous écrivons l’histoire, ont choisi le nom de : les Vallées et Mauvinières no 1 pour désigner l’espace qu’ils occupaient autrefois.

C’étaient des terres nobles pour 6 d’entre eux, c’est-à-dire de véritables fiefs pour lesquels le suzerain recevait un aveu après avoir accepté la foi et hommage de son vassal. Deux d’entre eux le resteront jusqu’à la Révolution. Un autre le restera aussi, mais dans une courte période d’observation au 17e siècle. Trois autres, créés nobles, verront leur droit de fief absorbé par leur suzerain de Languiller au 18e siècle, lequel reçut ensuite des déclarations roturières directement des teneurs.

Voyons l’histoire de chacun d’eux à commencer, dans une première partie, par le fief de la Mauvinière, le fief Bignon, le fief de la Bequetière, et le Fief du Prieuré.


Le fief de la Mauvinière


Les archives de la Rabatelière ne nous ont conservé jusqu’à nos jours que trois documents sur le fief de la Mauvinière, un pour l’année 1619 et deux pour l’année 1685. Et en l’espace de 66 ans, on le voit passer de la possession d’un roturier de Saint-Fulgent à celle d’un seigneur de la Guiffardière et de la Vrignonnière, aux Essarts.

Le fief relevait de la seigneurie du Coin Foucaud et il était situé près de la Brossière à Saint-André-Goule-d’Oie, touchant le ruisseau du Vendrenneau, les fiefs de la Bequetière à l’ouest et de Lautruère Loriau à l’est. Il était bien petit avec près de 4 hectares au 17e siècle. Approximativement il devait se situer à gauche de l’autoroute A 87 (dans la direction des Herbiers), avec la D 137 passant en son milieu.

A 87 près de la Brossière en direction des 
Herbiers (Mauvinière à gauche)
En 1619, son seigneur était Jean Mandin, demeurant au Plessis Richard paroisse de Saint-Fulgent (1). Il tenait le fief en tant que chemier (représentant), « tant pour moi que pour mes parageurs et part-prenants (autres possesseurs), promettant et tenant en gariment (garantie) sous moi et de moi ». La formule est insistante, indiquant qu’il rendait l’hommage plain et à droit de rachat au nom des autres possesseurs, pour le « fief, terroir et tènement » de la Mauvinière. On observe par la juxtaposition des trois mots, que ceux-ci ont perdu leur sens d’origine, devenant ici au fil du temps des synonymes.
Les redevances prélevées sont un terrage au 1/6 des récoltes, et 2 sols de rente noble, le tout payable à la mi-août par les teneurs (propriétaires) des terres dans le fief. Ce sont des habitants de la Brossière : Denis Pidoux, Jean Fluzeau, Mathurin Menanteau, André Pasquereau, Jean Parpaillon, François et Jacques Meteraux, Pierre Carré, Etienne Guignard, Jean Guesdon, Mathurin Pattin, André Pepin, Abraham Bregeon.

Ces redevances sont réparties : Jean Mandin en prend un quart. Les trois autres quarts appartiennent à l’époque à Hélie de Saint-Hilaire, écuyer, seigneur de Grand-Landes et de la Guiffardière (Essarts). Le texte insiste : ce dernier tient sa part « de moi sous mon dit hommage et gariment », c’est-à-dire de Jean Mandin.

Celui-ci fait écrire aussi : « et sur lequel fief et tènement j’ai tout droit de juridiction basse foncière, entièrement de prendre les ventes sans que aucun de ceux qui tiennent sous moi y prennent autre chose et n’ait aucun droit de juridiction sur ledit fief et tènement ». On n’est pas habitué à ce que les notaires, y compris ceux de la Merlatière, actifs à cette époque pour les habitants de Saint-André-Goule-d’Oie, mettent ainsi les « points sur le i ». On devine que le seigneur du fief, roturier de son état, ne voulait pas s’en laisser compter par son parageur, qui, lui, était un noble.

Or ce noble, dans un aveu du 12 août 1606 à Languiller pour la Guiffardière, avait indiqué son droit de terrage au 1/6 des récoltes « en un tènement de terre contenant 2 septrées de terre et demi journal de pré, tenant le tout à la rivière de Vendrenneau, au fief de la Burquetière et d’autre au chemin par lequel l’on va de Saint-André à Vendrennes » (2). Il s’agit bien du même fief de la Mauvinière, mais les droits perçus n’ont pas la précision du texte précédent. Il faut dire aussi qu’Hélie de Saint-Hilaire faisait son aveu « au nom et comme loyal administrateur de Hélie de Saint-Hilaire mon fils, et de défunte demoiselle Anne Puytesson ma femme ». Il demeurait au château du Retail. Son territoire, dépendant de la paroisse de Saint-Pierre-du-Luc (située en Poitou), constituait une enclave rattachée à Legé (Loire-Atlantique), dans les marches de la Bretagne et du Poitou. Vu de l’époque c’était un étranger à Saint-André.

Et c’est l’un des successeurs d’Hélie de Saint-Hilaire qui a pris la place de Jean Mandin 66 ans plus tard. On ne sait pas comment, une vente du droit de fief probablement. 

En 1685, c’est Pierre de la Bussière, seigneur de la Vrignonnière (Essarts), qui possède la Guiffardière. A cette date, le seigneur de Languiller est l’intransigeant Philippe Chitton, son beau-frère. Avec les notaires de Saint-Fulgent, Proust et Arnaudeau, qui avaient reçu commission en exécution de lettres de terrier, de procéder à la vérification des terres de Languiller, le propriétaire de la Guiffardière s’est déplacé à Languiller. Il a personnellement offert son hommage à sa sœur, épouse du seigneur de Languiller absent, à cause de la seigneurie du Coin Foucaud, pour le fief de la Mauvinière dépendant de la maison noble de la Guiffardière (3).

La Guiffardière (Essarts)
Le même jour, les mêmes notaires ont rédigé un aveu, où on retrouve les mêmes redevances payées par les teneurs du fief, qu’en 1619. Mais la Guiffardière est le possesseur unique du droit de fief et de ses revenus, comprenant le droit de basse justice foncière et celui de prendre les lods et ventes (droits de mutations). Une précision intéressante : Pierre de la Bussière indique qu’il a hérité de ces droits de son père, aussi nommé Pierre de la Bussière (4).  

Dans cette courte histoire au cours du 17e siècle du fief de la Mauvinière, on voit bien que la condition sociale du possesseur du fief ne compte pas, pour déterminer les redevances. Le nom qui le désigne non plus, fief ou tènement. Ce qui compte, c’est le mode de relation au suzerain du possesseur du terroir, noblement par foi et hommage, ou roturièrement par simple déclaration censive ou roturière.

A l’origine, le fief était une terre noble concédée en contrepartie d’un service. La tenure était une terre censive (payant le cens) ou roturière, grevée de charges comme les corvées et les redevances. En Poitou, le droit de fief comportait automatiquement le droit de basse justice ou foncière, au minimum.
A Saint-André-Goule-d’Oie, des redevances particulières de nature féodale, ainsi que les corvées seigneuriales, avaient été incorporées dans le cens ou les rentes seigneuriales, quand on aborde le 17e siècle. Restaient le terrage, important, et les lods et ventes payés à l’occasion des mutations de biens. Très souvent vendus, les droits étaient devenus objets de commerce, souvent détachés du droit de fief lui-même. Cela veut dire que la distinction entre terre noble et terre censive avait perdu une part de ses caractéristiques d’origine. Elle restait importante néanmoins, ne serait-ce qu’à cause de l’impôt royal de franc-fief, payé par des roturiers possédant des fiefs ou biens nobles.

Un siècle plus tard, la Mauvinière parait appartenir à la métairie des Noues, alors propriété du seigneur de Linières. C’est ce qu’on apprend dans les confrontations des parcelles du fief voisin de la Bequetière du 2 avril 1753.

Le fief du Bignon


Au fief du Bignon (aussi écrit Beugnon), la documentation nous donne un exemple de saisie des droits féodaux au profit du suzerain à la fin de l’Ancien Régime. Mais avant d’y arriver, commençons par les temps les plus anciens connus.

Une possession du seigneur de la Nouhe

En 1550 le fief contenait 48 boisselées de terres labourables et en friches et « des journaux à deux hommes de prés », situé sur la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie près du village de la Brossière, et dépendant du seigneur de la Nouhe à Vendrennes. Le fief du Bignon était mouvant de la seigneurie du Coin Foucaud. Il était tenu à foi et hommage plain et à rachat par Guillaume Goyon, écuyer et seigneur de la Nouhe, à cause d’Antoinette de la Grève (Saint-Martin-des-Noyers), sa femme. Le rachat était dit d’un cheval de service, dû en nature ou du moins à son estimation, selon les usages (5).

Le seigneur de la Nouhe devait à Languiller un cens de 12 deniers à chaque fête de Pâques, plus 7 deniers à chaque fête de Saint-Jean-Baptiste. Les teneurs du Bignon devaient une rente annuelle à Guillaume Goyon de 32 boisseaux de seigle, à la mesure des Essarts (6).

En 1600, le fief a changé. Il comprend 144 boisselées, 5 journaux de pré, plus dans une partie du village de la Brossière 9 boisselées de jardin, maisons et voies d’accès. Encore un défrichement qui s’est réalisé à la fin du 16e siècle, et tout près du village. Il fait penser aux défrichements des landes du Pin toutes proches.

Le droit de terrage a été amorti pour être transformé en une rente fixe annuelle, féodale et foncière, de 40 boisseaux de seigle (7). Ce droit avait appartenu au seigneur de Languiller, puis vendu ou revendu aux nouveaux possesseurs des droits sur le fief Bignon. C’est peut-être dans ces transports de propriété que s’est réalisé l’amortissement du terrage. Des calculs permettent d’apprécier sa valeur. Celle-ci correspond en gros, avec ce que nous savons des rendements de la culture du seigle et des surfaces neutralisées par la jachère des terres, à l’ancien quantum du terrage au 1/6 des récoltes. Qui avait à gagner dans cette transformation ? Probablement le possesseur des droits. Le changement tenait à leur fixité, quels que soient les aléas des récoltes d’une année à l’autre. Il faudrait surtout connaitre le vécu des personnes concernées au moment de la transformation, au regard des aléas climatiques, pour mieux comprendre ce changement. 

Eglise de Crossac
Clairement ici est affirmé aussi que le Bignon porte « fief et juridiction sur les teneurs dudit fief » par le possesseur des redevances. Quand on sait que ce point a fait conflit ailleurs avec Languiller, ici on ne rencontre rien de tel.

En 1600 le possesseur du droit de fief est Louis d’Avaugour, seigneur de Crossac (près de Pontchâteau en Loire-Atlantique) et du Bois, probablement le fils de Renée de Plouer (branche de la Murcerie), mariée avec René d’Avaugour, seigneur de Kergrois. Par sa mère il était un cousin éloigné des Plouer qui possédaient alors le fief voisin des Giroisières (8). Leur ancêtre commun était Regnault de Plouer, marié avant 1443 avec Robinette du Plessis. Les teneurs du Bignon sont : Gauthier, Pasquier, Metaireau, Bresson et Toillet, habitants du village de la Brossière bien sûr, ou de la Guierche, contiguë et située, elle, sur la paroisse de Vendrennes.

En 1626, un aveu est rendu pour le Bignon par François Manigaud, sieur de la Nouhe (9). Il avait acquis la seigneurie de la Nouhe de Renée Tirant, épouse de Louis d’Avaugour le 18 juillet 1610 moyennant une rente foncière annuelle et perpétuelle de 400 livres (10). Nous trouvons dans cet aveu de 1626 les mêmes informations que précédemment, avec en plus une formulation intéressante du droit de rachat : « et en cas de mutation vous est dû pour tout droit de rachat et cheval de service ce que je vous déclare », autrement dit un an de revenu (valeur de 40 boisseaux de seigle et du cens). On voit ici que la notion de cheval de service était devenue une formule comme synonyme de rachat. Ailleurs en Poitou elle pouvait se cumuler avec le rachat, sauf si le fief était abonné en devoirs annuels. Le cheval de service était le cheval que devait le vassal au seigneur à l’origine, dû ensuite en nature selon les usages (11).

En 1654, le seigneur du Bignon s’appelle Pierre de la Varenne, « écuyer sieur de Lardouinière et de la maison noble de la Nouhe y demeurant paroisse de Vendrennes ». Gabriel Manigaud, sieur des Hommeaux demeurant à la Rochelle, et fils de François ci-dessus, avait vendu le 16 octobre 1643 le fief de la Nouhe à Pierre de la Varenne et à sa femme Marie Espinaceau (Paul Chesneau, notaire à la Rochelle). Ces derniers habitaient à Lardouinière en la paroisse de Sainte-Florence, au moment de l’achat (10). Le même jour le notaire fit l’inventaire des titres de la Nouhe. Pierre de la Varenne avait reçu une assignation à comparaitre à l’assise de Languiller le 23 avril 1654 par  le procureur fiscal, pour y faire son offre de foi et hommage et payer ses droits. Pour cela il donna procuration à son notaire de Mouchamps le 7 avril précédent (12).

Le seigneur du Bigon (Les Herbiers), nouveau possesseur

Logis du Bignon aux Herbiers
Le fief du Bignon passa ensuite au seigneur du Bignon des Herbiers. Le nom du fief est le même, mais ce n’est là que coïncidence. Il s’appelait Charles Rouault et avait épousé Suzanne de la Varenne. Il fit sa foi et hommage le 6 mai 1683, allant sur place à Languiller, accompagné de deux notaires, et pratiquant la cérémonie dans ce cas prévue, ce qui était devenu de pratique rare (13), sauf avec Philipe Chitton. On soupçonne un problème. D’abord à cause de la personnalité du seigneur de Languiller, Philippe Chitton, un amateur de conflits. Ensuite parce que nous avons deux textes pour le même acte, signés des deux mêmes notaires de Saint-Fulgent le même jour. L’un, signé de Chitton et de Rouault, prévoit que le droit de rachat est d’un cheval de service. Le deuxième, non signé par les parties, ne prévoit pas de cheval de service. Ce dernier devoir féodal était fréquent dans la région, mais dans une formulation adaptée au Bignon, comme nous l’avons vu plus haut en 1626, et devenu sans portée pratique. Par nature il était imprescriptible, ce que ne devait pas ignorer Philippe Chitton, noble de fraiche date, qui se serait sans doute bien vu vivre au temps des chevaliers offrant un vrai cheval à leurs suzerains.  
Le successeur du seigneur du Bignon, Charles Gédéon Rouaut, se fit rappeler à l’ordre lui aussi pour rendre son aveu. Il reçut une assignation à comparaitre à l’assise de Languiller par Pierre Gourraud, procureur fiscal, le 7 mars 1702 (14). Il avait fait son hommage le 10 janvier 1701, et plus d’un an après il n’avait pas encore rendu son aveu et dénombrement, alors que le délai prévu dans ce cas par la coutume du Poitou était de 40 jours. C’est le 13 juillet suivant qu’il rendit son aveu, en reprenant le texte même de l’aveu de 1626. Notamment le cheval de service n’est pas évalué comme tel, mais par 40 boisseaux de seigle et un cens de  2 chapons et 22 sols 6 deniers (15).

La saisie du fief du Bignon

Un demi-siècle après on recommença. Le procureur fiscal de Languiller, Jacques Alexandre Barreau, fit citer à comparaitre à l’assise des lieux, le 25 juin 1751, le seigneur propriétaire du Bignon. Deux ans après, le nouveau procureur fiscal, Mathurin Toumazeau, fit une autre citation à comparaitre au même, le 28 avril 1753. Le procureur réclamait la foi et hommage, l’aveu, le paiement du droit de rachat, etc. Là aussi on ne comprend pas l’inertie du vassal. Mais un détail retient l’attention. L’huissier se déplace à la Brossière et s’adresse à Jean Metereau, l’un des teneurs du fief du Bignon habitant sur place « avec injonction requise de le faire savoir aux seigneurs propriétaires du susdit fief Bignon, ce qu’il m’a promis ». Certes la formule était habituelle et devait suffire en droit. Mais pourquoi ne pas se rendre aux Herbiers chez le vassal concerné ? C’est qu’il devait en être absent, et en Poitou, si la signification de la saisie féodale ne pouvait être faite au vassal personnellement, elle devait se faire au lieu seigneurial du fief saisi. Cela primait alors sur la qualité de la personne recevant la signification (16). Mathurin Thoumazeau alla jusqu’au bout de son action, après avoir constaté une autre absence à l’assise de Languiller le 15 mai 1753.

Logis de Languiller à Chauché
Le 15 juin suivant il obtint une sentence du sénéchal de l’assise de Languiller, condamnant par défaut le seigneur propriétaire du fief du Bignon, à remplir ses devoirs de vassal, sinon les revenus en seraient saisis (17). La sentence fut signifiée 7 jours après par René Gautier. Il était « sergent ordinaire des assises de la terre fief et seigneurie dudit lieu de Languiller et de la baronnie des Essarts, reçu et immatriculé aux greffes des dits lieux, demeurant au bourg de Saint-Fulgent ». Toujours en s’adressant à Jean Metereau à la Brossière, il lui fit « sommation et commandement de par le roi notre sire et de justice d’incontinent et sans délai, de satisfaire aux condamnations y portées, lui déclarant qu’à défaut de ce, et les délais de l’ordonnance passés, qu’il y sera contraint par toutes voies ». On ne connait pas Jean Metaireau, mais les visites de l’huissier ont dû le distraire de ses travaux habituels. Sans doute lui a-t-il fait profiter des saveurs de sa cave, comme on devait savoir le faire à la Brossière, village de passage, de commerce et d’hospitalité.

La signification resta sans effet, ce qui entraina un nouveau déplacement d’un huissier sur les mêmes lieux pour l’acte de saisie féodale, le 17 juillet 1753 (18). L’huissier intervenant s’appelait Joachim Frappier, résident aux Essarts, et il s’était fait accompagner de deux témoins : René Gautier, huissier de Saint-Fulgent qui avait fait la signification, et René Greau, menuisier demeurant aussi au bourg de Saint-Fulgent. Comme il l’écrit dans son acte, Joachim Frappier a « pris et saisi féodalement et mis aux mains dudit seigneur de Languiller le fonds, tréfonds, fruits, profits, revenus et émoluments dudit fief Bignon en la Noue de Vendrennes appartenances et dépendances en la paroisse de Saint-André-de-Gouledois ».

En conséquence il a d’abord consigné par écrit les confrontations du fief du Bignon sur place « indiquées par gens du pays, à ce connaissant ». Puis il a « établi pour commissaire la personne de Jean Parpaillon, journalier demeurant au village de la Brossière ». Pourquoi lui ? Il appartenait à une très ancienne famille propriétaire au village. Et nous savons dans un cas identique au Pin qu’on choisissait à cette occasion un homme en qui le seigneur de Languiller avait pleine confiance. Sa mission était d’assurer le « régime et gouvernement du fief et de ses fruits (récoltes) profits, casuels (ex. lods et ventes), revenus et émoluments », interdisant à quiconque d’y toucher. Et au plus tôt il devait saisir la cour de Languiller pour faire adjuger judiciairement, après enchères, le bail des fruits du fief saisi. Ce qu’il fit le même jour en faisant assignation au procureur fiscal de Languiller de participer à l’enchère fixée le 24 juillet suivant à 9 heures du matin « en la salle basse dudit château de Languiller paroisse de Chauché ». Nul doute que le texte avait été écrit avant de partir, et que Jean Parpaillon n’avait plus qu’à être présent. La salle basse désignait dans le langage de l’époque une salle du rez-de-chaussée.

Ce rôle de gouverneur des biens saisis consistait, semble-t-il en pratique, à surveiller l’exploitation des biens dans le court moment précédent l’adjudication du bail des fruits et revenus. En cas de problème il fallait prévenir l’huissier ou le procureur. Un brave homme suffisait à la tâche, pourvu qu’il soit près des lieux, même si la phraséologie juridique pouvait impressionner. A la même époque on lit les mêmes phrases pour la saisie de la baronnie des Essarts, pourtant d’une autre dimension et d’un autre enjeu.

Pour connaitre la suite nous n’avons pas de pièces officielles. Mais une note non signée et non datée a été conservée dans le dossier de cette saisie féodale. On y lit que les enchères pour l’adjudication du bail ont eu lieu avec succès avec la précision suivante : « Les frais ont été payés le 2 juillet 1754 ainsi il n’est rien dû ; l’hommage a été fait le même jour et l’aveu rendu et reçu ». Cela laisse entendre que des actes ont été faits par le fermier adjudicataire. On ne saura pas qui a pris la suite dans la possession des droits seigneuriaux, mais le mot aveu signifie normalement que la relation au suzerain est restée de nature noble. Cette saisie féodale rondement menée, repose sur une absence du débiteur, car on en a connu d’autres moins facile à réussir en si peu de temps, dès lors que le défendeur réagissait. Les arcanes de la procédure d’alors semblent riches, en effet, de possibilités.

Le fief de la Bequetière


Village de la Brossière
Il était limité par le ruisseau du Vendrenneau au nord, le village du Pont Girouard et le tènement de la Javelière à l’ouest, et par le tènement de la Mauvinière à l’est. 

Le 14 novembre 1607, Jean Gaucher, propriétaire demeurant à la Brossière, rend aveu pour lui à Languiller à cause de la seigneurie des Bouchauds dont il relève (19). Il avait fait sa foi et hommage plain avec droit de rachat, reconnaissant un devoir annuel de 3 deniers de service, dont la moitié pour Languiller et l’autre moitié pour le baron des Essarts. Ce partage était une particularité des Bouchauds que nous avons rencontrée ailleurs.

Les droits perçus sur les teneurs étaient bien faibles, et le rachat se montait à 6 livres. Ils comprenaient aussi une rente annuelle en argent de 4 sols 7 deniers payables à la Saint-Jean-Baptiste. Le reste n’est pas précisé. Mais on sait par ailleurs, qu’un autre seigneur possédait des droits de terrage dans des terres contiguës. On pense qu’existaient aussi sur la Bequetière d’autres droits dont nous découvrirons l’existence plus tard.

Le 17 août 1615, c’est le fils et héritier de Jean Gaucher, aussi prénommé Jean, qui rend l’aveu, pour lui et pour Michel Fluzeau (20). Ce dernier est qualifié de « mon parageur part-prenant », ce qui voudrait dire qu’une convention entre eux a désigné Jean Gaucher comme le « chemier » ou représentant de l’autre propriétaire des droits, avec qui ceux-ci sont partagés. Pourquoi ce partage entre eux ? Une acquisition ou un héritage probablement.

Les droits perçus sur les teneurs ne sont pas précisés, mais on les présume aussi faibles qu’en 1607. Par contre, apparaissent deux autres droits de valeur symbolique. D’abord un droit de rivage de 3 sols par an (pour la coupe des plantes poussant sur les bords des ruisseaux). Il est partagé pour ¼ au profit du baron des Essarts et rendable sous la halle des Essarts, un autre ¼ pour Languiller et la ½ à un sieur de l’Esdrière. Ensuite on a une rente de 5 sols par an partagée par moitié entre Languiller et les Essarts.

L’absorption du droit de fief de la Bequetière par la seigneurie de Languiller

Assignation du 5-10-1752 
(Archives de la Vendée)
La documentation accessible fait ensuite défaut longtemps, jusqu’au 5 octobre 1752. Ce jour-là, un huissier de Saint-Fulgent est venu apporter à François Guignard, demeurant à la Guierche, et possesseur en partie de biens dans le fief de la Bequetière, une assignation à comparaître à l’assise de Languiller, le mardi 15 octobre suivant (21). Dans l’assignation, faite à la requête de Thoumazeau, procureur fiscal de la Rabatelière et de Languiller, il est indiqué que la Bequetière relève de Languiller (sic) à foi et hommage plain, à rachat et à 3 deniers de service annuel. François Guignard est prié d’exhiber les contrats d’acquisitions de ses biens, de payer ses redevances, et de faire les reconnaissances nécessaires, valant titre nouveaux des droits féodaux. Autrement dit, le paiement des redevances avait besoin de l’intervention d’un huissier pour son exécution, ce qui, pour le moins, n’est pas le signe d’un grand respect de l’obligation. 

La formule de convocation est un imprimé utilisé dans ce type d’acte, où la partie laissée vide permettait de le personnaliser. Elle est la même pour convoquer un propriétaire parmi d’autre ou le possesseur de droits seigneuriaux. Alors pourquoi François Guignard ? Il est présenté dans la convocation comme le successeur lointain de Jean Gaucher, garantissant ses parageurs et part-prenants pour établir un titre nouveau de reconnaissance des redevances seigneuriales.

On ne sait pas s’il s’est présenté devant le sénéchal de l’assise de Languiller, mais il refusa le rôle qu’on voulait lui attribuer On sait qu’une procédure judiciaire fut engagée contre lui, mais que nous ne connaissons pas, ainsi que sa conclusion (22).

Toujours est-il que les choses prirent une direction inhabituelle et nouvelle. Nous avons en effet une déclaration roturière de 38 teneurs à Languiller (23), faite en avril 1753, 5 mois plus tard. Cela veut dire qu’il n’y eu plus de successeur à Jean Gaucher, et que François Guignard ne le remplaça pas. Les teneurs payent désormais leur redevance directement au suzerain, la seigneurie des Bouchauds, et la concession de fief avec les droits seigneuriaux, faite autrefois par ce dernier, n’existe plus. On ne sait pas comment cela s’est passé. On ne peut pas soupçonner le notaire de Saint-Fulgent, rédacteur de l’acte, d’incompétence. Il s’agit de Mathurin Thoumazeau qui était en même temps procureur fiscal de Languiller, c’est à dire celui qui recevait l’acte pour l’accepter ou le refuser.  

Le nombre de 38 propriétaires marque une forte croissance par rapport aux 11 rendants de 1607. La surface de ce qu’on appelle désormais un tènement, et non plus un fief, est de 150 boisselées environ, au lieu des 48 boisselées un siècle et demi plus tôt. On a défriché des landes communes, semble-t-il. Elles étaient proches du tènement de la Javelière et des champs de la Mauvinière.

Les teneurs doivent désormais à Languiller 10 sols chaque année, et une rente d’un boisseau de seigle à la mesure des Essarts. A la baronnie des Essarts ils doivent 3 deniers de cens, et au seigneur de la Drillère 9 deniers. Les valeurs ont un peu changé, mais sont toujours très faibles. Ce qui est étonnant, c’est que ces valeurs diffèrent de celles indiquées ci-après.

Le gaulaiement de 1761

Gaulaiement de 1761 (Archives de la Vendée)
Par chance, on trouve dans les dossiers de l’abbé Boisson, conservés aux Archives départementales, un gaulaiement de la Bequetière en date du 18 août 1761 (24). Il comprenait un arpentement de toutes les parcelles foncières et le calcul des redevances dues collectivement au niveau du tènement par chaque propriétaire. Le total des surfaces se montait à 146 boisselées et 51 gaulées, réparti entre 42 propriétaires. Les teneurs devaient à 5 créanciers différents, annuellement, un total de 16 boisseaux de seigle, 22 boisseaux d’avoine et 15 sols en argent. Nous en avons le détail :
-           A la seigneurie de Languiller : 3 boisseaux de seigle, 4 boisseaux d’avoine, et 12 sols 6 deniers en argent.
-              A la baronnie des Essarts, au titre des Bouchauds comme Languiller : 18 boisseaux d’avoine.
-              A la commanderie de Launay (ordre de Malte à Sainte-Cécile) : 8 boisseaux de seigle.
-     A la seigneurie de l’Andoullière (probablement la seigneurie de la Drillère indiquée dans la déclaration de 1753 ci-dessus) : 1 boisseau de seigle et 2 sols et 6 deniers.
-             Au prieur de Saint-André-Goule-d’Oie : 2 boisseaux de seigle, et autant au prieuré des Essarts.

Le réalisateur du gaulaiement ne se présente pas dans le texte qu’il a rédigé, contrairement à l’habitude, et sa signature est illisible. Nous savons par un autre texte qu’il s’agit de deux arpenteurs : J. Chancelier et Provost, demeurant tous deux à Montaigu (25). Après le long travail d’arpentage, qui pouvait prendre 2 à 3 jours pour mesurer chaque parcelle, suivait un travail de calcul. On commençait par le calcul de « supputation », consistant à déterminer quelles étaient les charges pour une boisselée. Ainsi le texte nous dit : « et après supputation faite, s’est trouvé que la boisselée doit et est chargée :
-        en seigle 1 mesure, moins la 8e partie d’une mesure
-        en avoine 1 mesure et la 5e partie d’une mesure
-        et en argent 1 denier et un quart de denier aussi par boisselée »
Rappelons que la mesure était la 8e partie d’un boisseau. Cela donne avec nos unités modernes pour une boisselée (1216 m2), en seigle : 1,685 kg, en avoine : 2,078 kg, en argent 4 centimes d’euro (26).

Le Pont Girouard près de la Bequetière
Puis pour chaque propriétaire, le gaulaiement détaille chaque parcelle possédée avec ses confrontations, sa nature et sa surface. Il en fait le total et donne la part de chacun dans les trois rentes en seigle, blé et argent. C’est le collecteur, qui une fois l’amassage accomplit auprès de chaque propriétaire, répartissait les redevances entre les cinq créanciers, pour les leur porter si elles devaient l’être. A voir le nombre de propriétaires et les valeurs en question, on le plaint pour ce travail qui devait être ingrat. Ce n’est pour rien que l’historien Le Roy Ladurie a écrit que « les droits féodaux, pour de médiocres profits, présentent mille embarras et difficultés, tant au seigneur qu’au vassal » (27).

Avec un tel nombre de 42 propriétaires se partageant les 17,8 hectares, on devine la dispersion de la propriété des terres. Le plus important d’entre eux est Me Verdon, sieur de la Morlière, notaire et huissier royal demeurant au bourg de Saint-Martin-des-Noyers (28), avec 19 boisselées, et le plus petit est René Pain avec 21 gaulées. Possédant plus de 5 boisselées chacun, ils ne sont que 7 propriétaires pour 8,1 ha. Et possédant moins de 2 boisselées, ils sont 19 pour un total de 2,7 ha. Les 16 autres propriétaires ne possèdent que des surfaces allant de 2 à 5 boisselées pour un total de 7 ha.

La Bequetière était un tènement sans bâtiments, avec peu de prairies naturelles (0,5 ha). Le tènement touche le ruisseau du Vendrenneau, mais celui-ci est trop en contrebas pour humidifier ses terres. On relève une surface significative de verger (0,5 ha), peut-être planté de pommiers. Le reste des surfaces était donc voué à la culture, des céréales essentiellement.

Le fief du Prieuré


Ce qu’on appelait le fief du Prieuré était un tènement dépendant du prieuré de Saint-André-Goule-d’Oie, dont les teneurs habitaient pour la plupart au village proche de la Brossière. Ils devaient collectivement au prieuré, qui en était le seigneur apparemment, une rente de 112 boisseaux de seigle par an. Les documents accessibles du chartrier de la Rabatelière n’en parlent pas. Pourtant le prieur devait probablement en rendre un aveu ou une déclaration à la seigneurie de Languiller, à cause du fief du Coin Foucaud, comme il le faisait pour la chapelle et la métairie de Fondion, tout à côté. Même dans l’aveu du Coin Foucaud aux Essarts, décrivant la situation de la seigneurie en 1550, le fief du Prieuré n’est pas mentionné (6). Et il ne peut pas être confondu avec les terres de Fondion au vu de sa situation géographique. On a de la peine en effet à penser que cette terre ait pu relever d’une autre seigneurie que celle de Languiller, ce qui aurait été la seule exception sans la paroisse de Saint-André-Goule-d’Oie.

Le Fief du Prieuré près des Gâts
Ce fief était limité au nord par les fiefs du Bignon à Saint-André et des Landes Borgeres à Vendrennes, et au sud par le tènement des Gâts, touchant même les ruages de ce dernier village, occupant à ce niveau l’espace entre la route de la Brossière à Fondion, et le ruisseau de Fondion au Vendrenneau. Vers l’ouest il touchait le tènement des Landes du Pin.

Une sentence fut rendue en la sénéchaussée de Poitiers le 10 août 1660 au profit du prieur de Saint-André, contre les teneurs du fief du prieuré (25). Nous ignorons la teneur du conflit.

Puis un gaulaiement de 1714 nous en dit plus. Il comprenait un arpentement qui déterminait la surface des parcelles foncières sur la base de la gaulée. Celle-ci, un carré à 12 pieds de côté (0,325 m), faisait 15,2 m2 de surface. Il en fallait 80 pour faire une boisselée de 1216 m2 à la mesure des Essarts en vigueur à Saint-André. Ces gaulaiements étaient réalisés dans un tènement ou un fief, relevant d’un même seigneur et payant un même régime de redevances pour tous les possesseurs dans le fief.

En 1714, le gaulaiement se présente sous la forme d’un acte notarié, établi par Landais, notaire aux Essarts (29). Comptabilisant toutes les terres pour chaque propriétaire, il est exhaustif et précis normalement, sauf qu’il manque des pages au document consulté. Il s’agissait de répartir à cette date une rente de 112 boisseaux de seigle, due chaque année au prieuré de Saint-André-Goule-d’Oie, entre 47 propriétaires. Le plus important, possédant 16 boisselées 20 gaulées (près de 2 ha), Louis Proust, sieur de la Barre, contribuait pour 10 boisseaux et 5 mesures. Il fallait 8 mesures pour faire un boisseau, et sa charge personnelle équivalait à 160 kg de seigle d’aujourd’hui. Le moins important, François Menanteau, à cause de sa défunte femme Marie Gauducheau, possédait une parcelle de champ de 21 gaulées et devait 1 mesure 1/3, soit 2,5 kg de seigle.

La surface totale était de 172 boisselées et 9 gaulées, ce qui en faisait un tènement moyen pour Saint-André (21 ha). Ce qui frappe est la dispersion en de petites parcelles et de nombreux propriétaires. 3 d’entre eux possèdent plus de 10 boisselées, 9 possèdent entre 5 et 10 boisselées et les 35 autres propriétaires possèdent moins de 5 boisselées. 

La Brossière
Tènement sans bâtiments, sa proximité des villages de la Brossière et des Gâts est la cause d’une petite surface cultivée en jardin. Surtout 22 % du total est occupé par des prairies naturelles, ce qui est beaucoup. Cela fait près de 5 hectares, à cause du ruisseau de Fondion au Vendrenneau qu’il longe.

En raison des nombreux changements de propriétaires, un nouveau gaulaiement fut effectué 47 ans plus tard. Un arpenteur de métier, Gabriel Proust, demeurant à Saint-Gorges-de-Montaigu, le réalisa le 3, 4 et 5 septembre 1761. Il fut clos et arrêté le 5 septembre (30). Auparavant, la publicité de son intervention avait été assurée par « un billet public à la grande messe paroissiale de Saint-André », écrit l’arpenteur. Il faut comprendre à cette date : à la sortie ou à la fin de la messe, et non plus à la fin du sermon pendant l’office.

Ce nouveau gaulaiement ressemble au précédent, avec un total de 181 boisselées et 8,5 gaulées réparties entre 50 propriétaires. Le calcul de « supputation » donne toujours 5 mesures d’un boisseau pour une boisselée possédée.

On voit apparaître la famille Fluzeau de la Brossière étendre ses possessions. François Fluzeau (1750-1820), fils de François (1696-1756), possède avec sa mère et ses frères et sœurs, 56 boisselées et 67 gaulées (8,2 ha), exploitées par 6 fermiers différents. Et le même François Fluzeau fils possède en communauté avec son cousin Jean Fluzeau (1732-1802), fils de Jean, 6 boisselées et 6 gaulées (7 394 m2).

Pour autant, si les Fluzeau ont regroupé des parcelles, d’autres parcelles ont été partagées au rythme des successions, car on compte au total 50 propriétaires. D’ailleurs, quand l’adresse de certains propriétaires est indiquée, on voit leur dispersion géographique : la Roche Mauvin (Louis Boisson), Linières (Pierre Gautron), Puygreffier, Gandouinière, Boninière, voire Beaurepaire et Bazoges. Nous observons là un phénomène naturel, il arrive un moment où la petitesse des surfaces et leur dispersion entre des propriétaires, obligés d’aller vivre ailleurs, poussent ces derniers à les vendre, à condition de connaître un acquéreur. Il suffit alors de la présence d’un bourgeois ou d’un seigneur ayant des moyens, pour donner à ce dernier un rôle d’amasseur de terres. C’est ainsi que se sont constituées autrefois certaines métairies.

La répartition des surfaces entre les prairies et les terres labourables n’a pas changé.


(1) Aveu du 12-5-1619 de Jean Mandin pour la Mauvinière à Languiller à cause du Coin Foucaud, Archives de la Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/A 12-2.
(2) Aveu du 12-8-1606 d’Hélie de Saint-Hilaire à Languiller pour la Guiffardière et 11 lieux à Saint-André, Archives de la Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/A 12-2.
(3) 150J/A 12-2, foi et hommage du 31-3-1685 de Pierre de la Bussière à Languiller (Philippe Chitton), pour le fief de la Mauvinière (Saint-André-Goule-d’Oie).
(4) 150J/A 12-2, aveu du 31-3-1685 de Pierre de la Bussière à Languiller (Philippe Chitton) pour le fief de la Mauvinière (Saint-André-Goule-d’Oie).
(5) Joseph-Nicolas Guyot, Répertoire universel et raisonné de jurisprudence civile, criminelle, canonique et bénéficiale  Paris : Visse, 1784-1785 tome III, disponible sur le site internet des Archives de Vendée, vue 200.
(6) 150 J/G 61, aveu du Coin Foucaud et du Vignault du 2-7-1605 par Languiller aux Essarts – deuxième copie reprenant un aveu de 1550.
(7) 150 J/F 27, aveu du 25-2-1600 de Louis d’Avaugour pour le fief Bignon à Languiller à cause du Coin Foucaud.
(8) famillesvendeennes.fr, famille de Plouer.
(9) 150 J/F 27, aveu du 5-11-1626 de François Manigaud pour le fief Bignon à Languiller à cause du Coin Foucaud.
(10) Archives de Vendée, notes généalogiques de Jean Maillaud, tome 21, page 273.
(11) idem (5)
(12) 150 J/G 8, procuration du 7-4-1654 de Pierre de la Varenne pour faire la foi et hommage du Bignon à Languiller.
(13) 150 J/G 8, foi et hommage du 6-5-1683 de Charles Rouault à Languiller pour le Bignon.
(14) 150 J/G 8, signification du 7-3-1702 du procureur fiscal de Languiller à Charles Rouault de présenter à l’assise son dénombrement pour le Bignon.
(15) 150 J/F 27, aveu du 13-7-1702 de Charles Gédéon Rouault pour le fief Bignon à Languiller à cause du Coin Foucaud.
(16) Note sur la manière de faire une saisie féodale en Poitou, Archives nationales, chartrier de Thouars : 1 AP/728. 
(17) 150 J/G 8, sentence du 15-6-1753 de l’assise de Languiller contre le seigneur du fief Bignon.
(18) 150 J/G 8, saisie féodale du 17-7-1753 du fief Bignon.
(19) 150 J/G 8, aveu du 14-11-1607 de Jean Gaucher à Languiller pour la Bequetière.
(20) 150 J/G 8, aveu du 17-8-1615 de Jean Gaucher à Languiller pour la Bequetière.
(21) 150 J/ G 8, assignation à comparaitre du 5-10-1752 à Guignard pour la Bequetière.
(22) 150 J/ G 8, titre d’une procédure vers 1753 contre Guignard concernant la Bequetière.
(23) 150 J/G 8, déclaration roturière du 2-4-1753 de 38 teneurs à Languiller pour la Bequetière.
(24) Gaulaiement du 18-8-1761 du tènement de la Bequetière, Archives de la Vendée, don de l’abbé Boisson : 84 J 7.
(25) Inventaire du 30-10-1787 des titres et papiers du prieuré et de la fabrique de Saint-André-Goule-d’Oie, Archives de Vendée, commune de Saint-André-Goule-d’Oie : 139 G 3 et 4.
(26) Suivant les calculs de Robert C. Allen (2001) cités dans : M. Perraudeau, Deux sorcières en Bas-Poitou, Geste Editions, 2016, page 69.
(27) Le Roy Ladurie Histoire de la France rurale Seuil, 1975, Tome 2, page 424.
(28) Reconnaissance du 16-1-1766 de la rente de 2 boisseaux seigle sur la Bequetière, Archives de Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Thoumazeau : 3 E 30/119.
(29) Gaulaiement du 8-8-1714 du fief du prieuré à Saint-André-Goule-d’Oie, Archives de la Vendée, don de l’abbé Boisson : 84 J 6.
(30) 84 J 10, gaulaiement du 5-9-1761 du fief du prieuré à Saint-André-Goule-d’Oie.

Emmanuel François, tous droits réservés
Septembre 2017, complété en mars 2018



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