vendredi 1 décembre 2017

La Bergeonnière à Saint-André-Goule-d’Oie

Le nom de la Bergeonnière a toujours été orthographié Brejonnière autrefois. Sa transformation en Bergeonnière est récente, vieille seulement d’un siècle et demi environ. L’histoire de ce village et tènement est des plus compliquée. D’abord il y avait au sortir du Moyen Âge deux petits fiefs indépendants à l’intérieur des limites du tènement, ce qui n’était pas fréquent dans la contrée. La connaissance de ses habitants n’est pas facile à cerner avec certitude, faute d’une documentation suffisante. Surtout, les redevances seigneuriales ont été partagées entre différents possesseurs, et presque chacune a une histoire propre. Mais entrons dans les détails.

Sa géographie


La Bergeonnière en 2017
Tel que nous le connaissons le tènement remonte au Moyen Âge, et se trouve coincé entre deux seigneuries : Linières et le Coudray. De peuplement probablement très ancien, le village de la Bergeonnière à Saint-André-Goule-d’Oie est né sur une pente au pied duquel coule un ruisseau, comme beaucoup d’habitats primitifs. Celui-ci rejoint Saint-Fulgent où il se jette dans le ruisseau du Vendrenneau. Il constituait la limite vers l’est, de ce qu’on appelait sous l’Ancien Régime le tènement de la Bergeonnière, finissant au « moulin aux draps » situé près de la Boutinière (1). Au nord il bordait le Vendrenneau, puis sa limite ouest le séparait du tènement voisin de la Bourolière, difficile à repérer de nos jours, car suivant des haies de champs dont les noms ont disparu. Au sud, le tènement était limité par le domaine de Linières, en même temps territoire de la paroisse de Chauché. Un chemin séparait ce domaine du terroir de la Bergeonnière, longeant sa longue muraille jusqu’au ruisseau descendant de son étang. Nous avons décrit cette dernière limite dans l’article publié sur ce site en janvier 2015 : Les fiefs de Saint-André-Goule-d’Oie et de la Pinetière en 1550 et 1540. Néanmoins, au-delà du ruisseau d’eau de la Fontaine de la Goudouinière venant de Linières, entre le Coudray et la Forêt, un espace de pré et de terre d’un peu plus d’un hectare, faisait partie du tènement de la Bergeonnière. Il apparaît que les limites de ce tènement se retrouvent assez bien dans celles de la section de la Brejonière no 3, faisant partie du secteur de la Boninière dans le cadastre napoléonien de 1838.

Les maisons du village bordent la route qui va de Saint-André à Chavagnes, et ses habitants avaient l’habitude des passages. Pendant la guerre de Vendée, cette position lui valut des malheurs avec les colonnes dites infernales. Nous avons raconté ce qui s’est passé dans la biographie d’un de ses habitants, dans un article publié sur ce site en avril 2011 : Pierre François Mandin, adjoint au maire de 1826 à 1830.

Dans le tènement de la Bergeonnière, subsista jusqu’à la Révolution, deux petits fiefs distincts : le fief Chevillon et le fief de Lhommage. De surfaces très faibles, les redevances seigneuriales qui y étaient perçues différaient de celles du tènement proprement dit de la Bergeonnière, d’où leur existence à part dans les aveux et déclarations roturières.

L’information la plus ancienne sur le fief Chevillon le fait tenir par le seigneur de la Mancellière du seigneur du Coin Foucaud, à foi et hommage, alors que le grand fief de la Bergeonnière était tenu par le seigneur du Coudray du seigneur du Coin Foucaud. Dès avant 1550 le fief Chevillon fut vendu à des teneurs de la Bergeonnière (2). Il contenait 25 boisselées de terre (3 ha) et 4 journaux de pré (2 ha), et se situait en limite des terres de la Bourolière et du ruisseau du Vendrenneau. Après cet achat, les nouveaux propriétaires relevèrent directement du Coin Foucaud.

Le fief de L’hommage n’était qu’un champ de 5 boisselées (environ 6 000 m2), situé près du village de la Bergeonnière, sans plus de précisions connues. Il était tenu du seigneur du Coin Foucaud à foi et hommage plain, à droit de rachat et à 5 sols de service par an payables à noël. Et en 1685, sa propriété était partagée entre deux personnes (3).


Espace près de la Jonchère d’autrefois
On relève au 17e siècle l’existence d’une jonchère le long du ruisseau descendant de l’étang du Pin, appelée la « Jonchère du Gui ». Le mot gui, désigne le gué permettant de traverser le ruisseau de la Fontaine de la Gandouinière, pour rejoindre le Coudray à la Bergeonnière. Espace où poussaient des joncs, la jonchère avait un usage de pâturage, occupant une surface de près de 6 boisselées environ. En 1627, un aveu précise que la jonchère touchait un pré ayant appartenu à Gelais Loriau, sans doute un des descendants de cette famille qui a donné son nom aux villages du Coudray Loriau et de la Forêt Loriau (4), ainsi que du fief de Lautruère Loriau près de la Brossière. Et « dans laquelle y avait anciennement un petit village et quelques teneurs », précise-t-on en 1753 (5). On ne sait pas quand ce petit village a disparu, mais en ce début du 21e siècle, des maisons sont revenues occuper cet espace accueillant près du ruisseau.

Un village d’artisans et de journaliers et une propriété foncière dispersée


En 1753 on comptait une quinzaine de propriétaires de bâtiments dans le village. Pour 11 d’entre eux on a pu faire le décompte de leurs bâtis : 15 maisons, 1 masureau, 1 four, 2 toits, et 2 granges (5). Deux maisons seulement comportent un étage, l’une ayant un « plancher » (grenier) et l’autre une pièce habitable au deuxième niveau. Certaines des maisons pouvaient comporter deux ou trois pièces accolées les unes aux autres au rez de chaussée. Ce qui étonne dans cette énumération est le faible nombre de bâtiments destinés à l’activité agricole (toits pour animaux et granges). En même temps plusieurs maisons avaient plus de 2 pièces, ce qui était rare. Peut-être que certaines étaient affectées à une activité artisanale. De plus, les 6 boisselées et 13 gaulées de jardin (7 500 m2) n’avaient pas une surface en rapport avec la population aussi nombreuse, au moins 100 personnes, qu’auraient pu le permettre la trentaine de pièces décomptées. Nous ne connaissons le métier que de peu des habitants, mais on a relevé en 1691 un sergetier (6). Il tissait une fine laine appelée la sargette. Bien sûr une autre explication possible à ce peu de bâtiments agricoles est l’importance des journaliers. Dans une déclaration de 1782, on en trouve effectivement beaucoup parmi les propriétaires, mais habitant en dehors du village. Seulement 2 propriétaires y habitent, d’ailleurs. On présume en conséquence que le village devait comprendre des artisans, et aussi des laboureurs à bras ou des laboureurs à bœufs qui se louaient à la tâche, la plupart n’étant pas propriétaires.

Autre caractéristique : l’absence de métairie au 18e siècle. Néanmoins un texte de 1618 fait allusion à la métairie de la Bergeonnière, sans que nous puissions connaitre son importance (7). Elle a été démembrée ensuite. La métairie du Coudray, y possédait un peu plus d’un hectare seulement de terre dans le tènement. En 1627, on indique de manière significative dans le tènement de la Bergeonnière, qu’il y a « un petit village et quelques teneurs : Antoine Brillouet, Jean Cougnon, François Aparilleau, Julien et François Brisseau et autres » (8).

En 1753, 70 % des 300 boisselées (36 hectares) du tènement sont possédées par 22 propriétaires différents. Le plus important, Jean Chacun, par l’héritage de sa femme Marianne Herbreteau, ne possède que 46 boisselées (5,6 ha). 15 d’entre eux possèdent moins de 8 boisselées (1 ha). Sur les 22 propriétaires connus, 5 ont acquis leurs biens, ou une partie, par arrentement, un autre en payant comptant l’achat de 8 parcelles de terres, ne totalisant qu’une surface totale de 14 boisselées. Les 16 autres propriétaires ont acquis leurs biens par héritage (5).

Les relations vassaliques et les redevances à payer par les propriétaires en 1753.


Le possesseur des redevances seigneuriales de la Bergeonnière les tenaient du seigneur du Coudray au Moyen Âge, jusqu’en 1550 environ, puis de son suzerain, la seigneurie de Languiller, quelques dizaines d’années après. Celle-ci les a vendus ensuite, et plus d’un siècle après elle les a repris à nouveau en partie. En marge d’un aveu de 1618, quelqu’un a ajouté cette information tout à fait essentielle : « est roturier par l’acquêt qu’en a fait le seigneur de Languiller » (7). Cela ne s’est pas fait sans complications et conflits. Pour tenter d’en clarifier la présentation, nous allons commencer par décrire la situation finale à la veille de la Révolution, pour voir ensuite comment on y est arrivé.

F. Herbo : Bord de rivière (coll. part.)
En 1753, la seigneurie de Languiller et ses fiefs annexes (dont le Coin Foucaud) était possédée par le seigneur de la Rabatelière (5). Il était le fils d’un riche négociant nantais qui avait acheté la seigneurie une trentaine d’années auparavant. Plus le temps a passé et moins les seigneuries constituaient un bon placement pour les finances de leurs propriétaires. L’historien Le Roy Ladurie a écrit : « les droits féodaux, pour de médiocres profits, présentent mille embarras et difficultés, tant au seigneur qu’au vassal » (9). Mais pour la position sociale de leur possesseur, on ne faisait pas mieux. Le fils ne faisait plus de commerce, il « vivait noblement » en supervisant la gestion de ses seigneuries, et en s’engageant dans l’armée « au service du roi ». C’est l’occasion de se rappeler que cette société française d’Ancien Régime n’entretenait pas des « valeurs » favorisant le commerce et l’industrie, soutenue par ailleurs dans ce sens par l’Eglise catholique.

Que payaient au seigneur de la Rabatelière les nombreux propriétaires de la Bergeonnière, se répartissant entre eux le montant des redevances collectives du tènement au prorata de leurs surfaces respectives ?
1° le cens d’un montant de 18 deniers payable à noël, soit un sol et demi. Aujourd’hui cela se monterait à un euro environ. C’était une valeur fixe, et entre sa valeur d’origine au Moyen Âge et celle de 1753, la dévaluation de la monnaie témoigne de toutes les catastrophes vécues par les habitants du royaume.
2° la rente de 1,5 boisseau de seigle (un peu plus de 20 kg), « rendable à votre château de Languiller au jour qu’assigne votre recette, et payable solidairement entre nous dits déclarants »
3° le droit de lods et ventes payable à chaque transfert de propriété par le nouveau propriétaire au seigneur suzerain, d’un montant d’1/6 de la valeur du bien en principe. Plus que les droits précédents, les lods et vente comportaient un enjeu financier significatif pour le suzerain.
4° la dîme des agneaux et cochons, qui était de 1/10 de la valeur des nouvelles bêtes nées et élevées dans l’année dans le village, alors qu’ailleurs à Saint-André on a constaté des prélèvements de 1/12. Elle représentait un montant faible, et elle portait aussi sur la laine
5° le droit de terrage était un prélèvement de 1/8 des récoltes de l’année, plus faible que partout ailleurs à Saint-André où c’était de 1/6. Cette redevance représentait près de 12 % des récoltes. Elle constituait une charge significative, s’appliquant aux plantes cultivées bien sûr, dont aussi à la Bergeonnière sur les « lenfaits » (lin). Dans d’autres villages, le lin pouvait être sujet à la dîme plutôt qu’au terrage.
Le suzerain de Languiller prélevait un quart seulement de ces deux dernières redevances seigneuriales qu’étaient la dîme et le terrage. Les autres quarts allaient pour chacun d’eux au prieur de Saint-André-Goule-d’Oie, à un chapelain d’une chapelle dite de Saint-Jacques, et enfin à un particulier, comme il est indiqué dans le texte de la déclaration (5).

La Roche de Chauché
S’ajoutaient à la Bergeonnière comme ailleurs d’autres redevances échappant en 1753 à la relation avec le seigneur suzerain du Coin Foucaud et de Languiller, féodales ou non :
1° une rente de 10 boisseaux de seigle quérable au 15 août, et due à la seigneurie de la Roche de Chauché, appartenant aussi au seigneur de la Rabatelière depuis le 17e siècle. Le mot « quérable » signifie que le transport était à la charge du créancier. « Rendable », le transport était à la charge du débiteur. Cette rente va donner lieu à un procès après la Révolution. Les propriétaires de la Bergeonnière la considéraient comme féodale et supprimée par la Révolution. La propriétaire du château de la Rabatelière la considérait comme foncière et roturière, donc non supprimée.
2° une rente d’1 boisseau de seigle, et 1 sol 6 deniers en argent à la seigneurie de Laudelière, alors propriété d’un Baudry d’Asson, demeurant au château de Beaumanoir à Dompierre-sur-Yon. Peut-être venait-elle de la famille de Goulaine (Vieillevigne), propriétaire de Linières au début du 17e siècle (10).
3° une rente de 4,5 boisseaux de seigle, quérable, à la cure des Essarts
4° une rente de 18 deniers à la baronnie des Essarts.
5° une rente de 24 carolus en argent (faisant 20 sols) et 24 boisseaux d’avoine, mesure de Montaigu, à la seigneurie de la Chardière en Chavagnes-en-Paillers. Le carollus était une ancienne monnaie frappée sous Charlemagne, n’étant plus utilisée depuis longtemps en Poitou. Mais dans la population le terme était utilisé comme monnaie de compte.
6° De plus, une partie des teneurs, on en compte 11 en 1753, déclaraient devoir une partie d’une rente de 48 boisseaux de seigle à la mesure de Montaigu le 15 août, et 5 livres en argent à noël, due à la chapelle des Aubiers. En réalité ces teneurs déduisaient ce qui avait été déjà payé à la seigneurie de la Chardière (voir le point 5 ci-dessus) des montants à payer. Ce sont certaines terres, les plus nombreuses, qui déterminaient les propriétaires redevables. On pense que la rente ne s’est pas appliquée à de nouvelles surfaces foncières gagnées sur des landes ou friches, et que le chapelain n’a pris aucune initiative sur ce point. On a repéré en effet qu’au milieu du 16e siècle les surfaces exploitées du tènement de la Bergeonnière se montaient à 200 boisselées, soit 100 de moins qu’au milieu du 18e siècle.

L’importance du terrage, prélevant environ 12 % des récoltes, est difficile à évaluer faute de connaitre au moins la surface des terres cultivées et les cultures pratiquées. Mais toutes les autres redevances que nous venons d’énumérer se montaient à un total proche de 80 livres par an, valeur de 1762, payées par une trentaine de propriétaires environ. La quote-part du plus petit d’entre eux n’était que de 1,7 % de ces 80 livres. C’était mon ancêtre, Mathurin François, qui déclarait au nom de ses enfants une parcelle de 40 gaulées (714 m2), venant de son épouse, Marie Chatry, originaire de la Bergeonnière et morte en 1747. Propriétaire de quelques hectares à la Boninière, exploités par son fils aîné, il était en 1753 métayer à la Boule (Rabatelière), et il devait 1 livre et 7 sols chaque année pour le tout petit champ de la Bergeonnière. Qui parmi les nombreux propriétaires ramassait les quotes-parts individuelles pour porter le tout au fermier de Languiller et aux six autres créanciers ? On ne le connait pas. Normalement c’était le plus important d’entre eux en surface. La tâche devait être ingrate, et c’était ainsi dans tous les villages, encrant dans la population l’idée notamment d’un statut de notabilité des plus importants propriétaires.

Ceux de la Bergeonnière se sont distingués au milieu du 18e siècle par les difficultés qu’ils mirent à faire écrire par un notaire leurs déclarations roturières au seigneur de Languiller, et les présenter ensuite à l’assise. Le procureur fiscal, Mathurin Thoumazeau, dû envoyer en 1752 un huissier au village pour donner « assignation à être et comparaître au mardi 27 du présent mois de juin, 9 heures du matin, en la salle basse du château de Languiller paroisse de Chauché ». L’huissier s’était présenté  « en parlant à Jacques Bertrand l’un des propriétaires dudit fief et tènement avec injonction requise de faire savoir à ses coseigneurs ou copropriétaires ». Au moins les désignait-on, vu d’aujourd’hui dans un sens différent, avec déférence de « seigneur », suivant l’expression juridique en vigueur pour désigner les propriétaires (11).

Le cas parait rare à Saint-André à cette époque, signe d’une réticence dont on ignore la cause dans le cas cité. Mais la lourdeur de "l’amassage" de ces rentes collectives pourrait à elle seule décourager bien du monde. On semble loin des révoltes paysannes sporadiques contre les droits seigneuriaux qu’on connut dans le même temps certaines régions de France. L’année d’après, le même Mathurin Thoumazeau, en tant que notaire de Saint-Fulgent cette fois-ci, rédigea la déclaration roturière des 22 propriétaires dans un texte unique. Il le fit avec une précision remarquable, car les redevances reconnues, les parcelles décrites, avec les provenances de propriétés, formaient un tout vraiment compliqué.

Et encore comprenait-elle, bien distingués, les deux petits fiefs de Chevillon et de Lhommage. Pour le champ de Lhomage les propriétaires payaient à Languiller chaque année 5 sols à noël. Pour le fief Chevillon ils payaient au même aussi à noël 2 sols et 3 deniers. Mais s’y ajoutait un droit de terrage au 1/6 des récoltes, payé moitié au chapelain de la chapelle Saint-Jacques, et moitié à un particulier.
Cette situation éparpillée des droits seigneuriaux de la Bergeonnière à la veille de la Révolution, est en rapport avec la désagrégation des petites seigneuries qui les possédaient à l’origine, tout au moins en partie. C’est ce qu’on va voir en remontant aussi loin qu’il est possible.

Le seigneur de la Bergeonnière en 1550 et les redevances perçues


Le Coudray vu du gué de la Bergeonnière
Le tènement de la Bergeonnière faisait partie de la mouvance de la petite seigneurie voisine du Coudray. Le seigneur du Coudray, Audayer au début du 16e siècle, devait avec sa foi et hommage au seigneur du Coin Foucaud, un service annuel de 10 sols à la Saint-Jean-Baptiste (2). La moitié du service était représentée par le tènement de la Bergeonnière, l’autre moitié par les tènements voisins du Coudray et de la Forêt.

Cette famille Audayer fut représentée à la sortie du Moyen Âge par Loys Audayer, et avant lui par son père François Audayer. Ce dernier était le fils de Pierre Audayer, seigneur de la Maison Neuve (Montournais) et de Léone Racaudet, fille de Pierre Racaudet, seigneur de la Cour Thiré et de la Barbotière à Saint-Martin-Lars. Celle-ci hérita de tous les biens de sa famille, dont le Coudray, légués à son seul fils ensuite. Elle est morte avant 1480 (12), et leur histoire mériterait un plus long développement. Après Audayer, le nouveau seigneur du Coudray fut Toussaint Menanteau, mais de quoi ce dernier était-il réellement seigneur, car beaucoup de redevances avaient été vendues ?

Probablement à la fin du Moyen Âge, les corvées de trois jours par an au maximum, au moment des fumailles (épandage du fumier), de cinq charrettes de six bœufs à la Bergeonnière, ont été supprimées et transformées en rente, comme dans tous les villages de Saint-André dépendant de la seigneurie du Coin Foucaud. Après cette incorporation, le cens et la rente féodale payées chaque année étaient en 1550 de 44 sols en argent, soit 2 livres et 4 sols, et de 48 ras (boisseaux) d’avoine et d’1 boisseau de seigle.

En 1550, la moitié par indivis des terrages et dîmes perçus à la Bergeonnière était due à Jehan de Plouer, écuyer, seigneur de Saint-Benoist (Sainte-Cécile), la Barette (Essarts) et autres lieux, lequel tenait ce droit de Loys Audayer, seigneur du Coudray (13). L’autre moitié des terrages et dîme était due au prieur de Saint-André. A cette date le terrage concédé à Jean de Plouer est estimé valoir par an 2 setiers de blé (32 boisseaux) et 11 trulleaux (boisseaux) d’avoine. Sa part dans la dîme est estimée valoir 12 deniers.

Puis on relève que le seigneur de la Chapelle Begouin tenait sous son hommage le seigneur de la Pitière (Chauché), lequel possédait une rente de 20 boisseaux de seigle sur une septrée de terre à la Chevaleraye et 4 boisselées à la Bergeonnière (14). Une autre petite exception donc à la Bergeonnière, dont on n’a plus de trace ensuite.

On voit là les redevances déclarées par le suzerain du Coin Foucaud (Languiller) dans un aveu de 1605, décrivant la situation de 1550. Malheureusement les archives du Coudray n’existent plus dans le chartrier de la Rabatelière, et on ne sait pas comment son droit de fief a disparu au profit de son suzerain du Coin Foucaud en cette fin du 16e siècle. Et ses droits seigneuriaux ont été par ailleurs vendus à diverses personnes. C’est ce que nous allons décrire pour chacun d’entre eux.

L’évolution du cens et de la rente féodale


A la fin du 16e siècle, le seigneur de la Chardière (Chavagnes-en-Paillers) avait acquis du suzerain de Languiller, le cens de 2 livres 4 sols et la rente de 48 ras d’avoine et d’un boisseau de seigle (7). La seigneurie de Languiller avait récupéré ces droits de son vassal du Coudray, d’une manière ou d’une autre, par retrait féodal probablement.

Félix Proust acheta vers 1627 une partie du cens et de la rente dus sur le tènement : 22 ras d’avoine et 18 sols 4 deniers. Le surplus appartenait au seigneur de la Chardière, pour faire un total de 48 ras d’avoine et 44 sols en argent. Proust possédait aussi la rente d’un boisseau de seigle, devenue 1,5 boisseau, et 9 deniers de cens et devoir appelé rivage, payable à noël. Le droit de rivage sera oublié ou incorporé par la suite, car on ne le retrouve plus dans les documents consultés. On sait qu’il correspondait au droit de couper les plantes qui poussaient sur le bord des rivières et des ruisseaux. Enfin il possédait les droits sur le fief Chevillon (4).

En 1664, les droits de Pierre Proust, probablement fils de Félix, avaient été acquis par Jean Martin, sieur de la Puygarnière, en indivision avec Antoine Moreau (15). Jean Martin les transmettra à son fils, Charles Antoine Martin sieur du Clouzy, qui en rendra une déclaration noble le 12 juillet 1685. Le même jour il fit sa foi et hommage à Languiller pour le champ de Lhommage (16).

Pierre Moreau sieur du Coudray, fils du fermier-régisseur de Linières, a acheté pour 200 livres le 1e septembre 1672 à Antoine Moreau, les droits seigneuriaux de ce dernier sur le tènement de la Bergeonnière, avec le quart de ceux du fief Chevillon. Il avait déjà acheté un premier quart du fief Chevillon en juillet 1670. Et il a payé les droits de rachats (ou frais de mutations) au fermier de la baronnie des Essarts, le sieur Penard, lésant le seigneur de Languiller de ses droits. Cela voudrait dire qu’il avait rendu un aveu aux Essarts, mais on n’a pas le texte de sa déclaration.

Languiller (Chauché)
Puis vint Philippe Chitton seigneur de Languiller à partir de 1674. Il n’accepta pas que les Martin et Moreau touchent les droits de lods et ventes, liés par définition au droit de fief lui-même. Ce tènement allait-il devenir un fief noble propre à asseoir le désir d’ascension sociale de Pierre Moreau, sieur du Coudray ? Les Moreau, qui avaient investi une partie des biens du Coudray, paraissaient entretenir l’ambition de devenir les nouveaux seigneurs des lieux, donc de la Bergeonnière en même temps. Le heurt avec le seigneur de Languiller était inévitable, quand on sait ce qui s’est passé ailleurs à Saint-André. Un procès devant le tribunal de Fontenay-le-Comte fut intenté par Philippe Chitton.

Entre les frères Moreau de la branche aînée existait apparemment une solidarité dans l’ambition de la famille. En effet, Jean Moreau, prieur de la Couture, donna mandat en 1679 à son frère Pierre de faire des poursuites en justice pour se voir reconnaître ses prérogatives seigneuriales. Dans le texte il se présente comme « seigneur du fief du Coudray Loriau en la paroisse de Saint André de Goulledoie » (17).

Philippe Chitton, obtint un jugement du tribunal de Fontenay-le-Comte du 30 décembre 1684 condamnant Pierre Moreau à faire ses déclarations, exhiber ses contrats d’acquisition et payer ses droits pour tous les domaines situés dans la seigneurie de Languiller, y compris la Bergeonnière et le fief Chevillon. Après la mort de Pierre Moreau le seigneur de Languiller attaqua sa veuve puis son fils, Claude Prosper Moreau, ce dernier le 4 mai 1693 (18).  

Ce dernier prétendait au droit de justice sur la Bergeonnière. Dans un mémoire au sénéchal de Fontenay, il revendiqua les attributs de la seigneurie sur la Bergeonnière à la place du seigneur de Languiller (19). Il s’agissait du droit de justice et le paiement des lods et ventes (en cas de vente ou succession) sur le tènement, qu’il désigne comme un fief, ce qui qualifie pour les puristes du langage une terre noble, ce qu’elle n’est pas on le sait. 

Dans notre article sur la Porcelière publié en juillet 2016 : Les droits seigneuriaux de la Porcelière à Saint-André-Goule-d’Oie, nous avons raconté comment Philippe Chitton fit céder le fils Moreau en lui signifiant le 14 janvier 1694 un retrait féodal. Ce retrait comprenait aussi les droits acquis récemment à la Bergeonnière, en même temps que ceux acquis à la Porcelière. C’est ainsi que le seigneur de Languiller acheta par vente forcée la part des droits seigneuriaux possédés par les Moreau à la Bergeonnière. Il devint aussi propriétaire de la part des Martin, mais on ne sait pas comment. Il conserva le cens, mais sa moitié de la rente de 48 boisseaux d’avoine fut transportée ensuite à la chapelle des Aubiers.

L’évolution du droit de terrage et de la dîme


Elle reprend en partie le récit de l’histoire du cens et de la rente féodale. A la fin du 16e siècle Jean de Plouer avait vendu sa moitié dans le droit de terrage et la dîme à Jacques Meance, vice sénéchal « de robe courte (toujours un noble) », de Fontenay et de Niort. Il avait acquis, avec son frère Claude à Chavagnes-en-Paillers, les métairies de "la Grande et Petite Hugetière", et c’est à Chavagnes qu’il fera construire un château à la Chardière. Il épousa Renée Royrand, fille du seigneur d’Essiré (Saint-Denis-la-Chevasse) (20). Il est mort avant le 5 juin 1589, date où sa veuve rendit son aveu au seigneur de Languiller pour la Bergeonnière, alors Jules de Belleville. 

La deuxième épouse de ce denier, Anne Goulard, pour des raisons que nous ignorons, avait fait une saisie des droits appartenant au seigneur de la Chardière. Et le 7 juin 1602, elle fit la main levée sur ces droits et accepta l’offre de foi et hommage de Renée Royrand, dame de la Chardière (21). Dans cet acte il n’est pas question de la seigneurie du Coudray, son suzerain du Coin Foucaud et de Languiller a bien pris sa place. 

Le 12 mai 1618, le seigneur de la Chardière, Jean Méance, âgé alors de 18 ans et petit-fils de Renée de Royrand, est représenté par Jean Thévenin, seigneur de la Rochequairie, pour rendre son aveu à Languiller concernant ses droits sur la Bergeonnière (7). Sa part dans le terrage et la dîme n’est plus que d’un quart, l’autre quart allant à un prieur de Sainte-Catherine, et la moitié allant toujours au prieur de Saint-André-Goule-d’Oie. Il possède aussi le terrage entier du fief Chevillon.

La Bergeonnière
Vers 1627, Felix Proust, demeurant au bourg de Saint-André, acquit une partie de la dîme et du terrage. Sa veuve, Perrine Pavageau, fit une déclaration noble pour la Bergeonnière à cause du fief du Coin Foucaud à Languiller le 21 juin 1627 (4). Elle prend le quart des droits de dîme et de terrage, le prieur de Saint-André ne prend plus qu’un quart. Il n’est plus question du prieur de Sainte-Catherine, et la moitié va « au seigneur de Villedor ». Ce dernier n’est pas désigné mais devait être à cette époque Isaac de Thorigné, seigneur du Bois Nerbert, à cause de sa femme, Sarah de La Muce, fille de Joseph de La Muce et de Françoise de Plouer (22). 

En 1651, c’est Robine Thounard, veuve de Pierre Proust qui fait sa déclaration à Languiller. Cette fois-ci la moitié de la dîme et du terrage que percevait le seigneur de la Muce a fait l’objet d’un don au chapelain de la chapelle de Saint-Jacques. L’autre moitié reste partagée entre la famille Proust et le prieur de Saint-André (23).

Comme pour le cens et la rente féodale, les droits de Pierre Proust, sans changement, ont été acquis en 1664,  par Jean Martin, sieur de la Puygarnière, en indivision avec Antoine Moreau, et il les transmettra à son fils, Charles Antoine Martin sieur du Clouzy. Et Pierre Moreau sieur du Coudray, a ensuite acheté en 1672 à Antoine Moreau, ses droits seigneuriaux sur le tènement de la Bergeonnière.
Puis le seigneur de Languiller récupéra vers 1700, les droits sur la Bergeonnière, comme nous l’avons vu ci-dessus, sauf bien sur ceux possédés par le prieur de Saint-André, le chapelain de Saint-Jacques et la famille Martin. Ces derniers la vendant ensuite à Louis Proust, sieur de la Barre (24). Il en fut de même pour le terrage du fief Chevillon.
  

Les droits du seigneur de la Chardière en 1782


Celui-ci conserva ainsi la moitié du cens, après avoir vendu sa part dans le terrage et la dîme. Et il lui restait aussi la moitié dans la rente de 48 ras d’avoine et 1 boisseau de seigle, après qu’il eut vendu l’autre moitié aux Proust. Jean Meance était mort le 2 novembre 1629 (vue 23 sur le registre de Chavagnes-en-Paillers), sans descendance. Avec lui s’éteignit le nom de cette famille en Bas-Poitou.

Jean Meance avait de son vivant emprunté une somme de 2000 livres à François de Suzannet écuyer seigneur de Ponthabert. Cette somme n’ayant pas été remboursée, François de Suzannet fit saisir la Chardière et la racheta (25). Il avait épousé Gabrielle Le Geay, fille d’André Le Geay, Grand Prévost du Poitou. Il fut le premier possesseur de la Chardière et certains de ses descendants y sont toujours présents (26). Mais le château a été reconstruit à neuf après sa destruction pendant la guerre de Vendée.

On trouve une déclaration roturière à la Chardière dans les archives du notaire de Saint-Fulgent en 1782. Cette année-là ce sont 21 teneurs qui se sont retrouvés chez le notaire Frappier, le 22 décembre. Leur reconnaissance ne porte que sur la rente de 24 boisseaux d’avoine et de 24 carollus (valant 20 sols ou 1 livre). Le texte est ainsi formulé : « qu’il est bien et légitimement due par chaque an sur le dit village et tènement de la Brejonnière à messire Pierre de Suzannet, … la rente noble de 24 boisseaux d’avoine mesure des Essarts à la Saint-Michel-Archange et 24 carollus aux fêtes de la nativité de Saint-Jean-Baptiste, à la Notre-Dame d’août et de Saint-Michel, suivant que les dits teneurs l’ont toujours exactement payée » (27).

Nouveau château de la Chardière (Chavagnes)
Le créancier était Pierre Alexandre Gabriel de Suzannet, chevalier seigneur de la Chardière. Il était alors capitaine des vaisseaux du roi, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis. Absent lors de la signature, il était représenté par les notaires, rédacteurs de l’acte. Son père, Guy François de Suzannet, avait lui-même déclaré ce droit qu’il percevait, dans un aveu du 9 juin 1751, au seigneur suzerain du Coin, c'est-à-dire à monsieur de Montaudouin, aussi seigneur de la Rabatelière. Son fils, Pierre Constant Jean Baptiste de Suzannet, a combattu sous les ordres de Charette pendant la guerre de Vendée. Il prit ensuite le commandement des soulèvements royalistes en Vendée en 1799 et aux Cent-Jours, et il est mort au combat en 1815.

Nous reproduisons en annexe le nom des vingt-un teneurs de la Bergeonnière cités dans l’acte, avec les indications de leur profession et de leur domicile. Seulement deux d’entre eux signent l’acte avec les notaires : Jean Bordron et François Mandin.

Jean Bordron, maréchal serrurier dans le bourg, fut le premier maire de Saint-André en 1790 et l’oncle du futur maire à partir de 1800, Simon Pierre Herbreteau. Il était aussi fermier des métairies des Bouligneaux (Saint-Martin-des-Noyers) et du bourg de Saint-André (28). Ils sous-affermaient ensuite les exploitations.

Qualifié ici de journalier, François Mandin est le sacristain de Saint-André-Goule-d’Oie dont on reconnaît la signature. Il épousa Marie Roger.

L’évolution de la redevance des lods et ventes


Jules de Belleville, seigneur de Languiller, vendit le 26 février 1565 à Mathurin Pasquereau le droit de lods et vente sur le tènement de la Bergeonnière (19).

Vers 1627, Felix Proust s’en était porté acquéreur (4).

On a vu qu’après 1762 Pierre Moreau, ayant acheté des droits seigneuriaux avec Martin, paya des droits de rachats (ou frais de mutations) au fermier de la baronnie des Essarts, se comportant comme le seigneur de la Bergeonnière, comme si par cet acte le fief était devenu noble, payant le rachat. Mais Philippe Chitton, seigneur de Languiller, n’accepta pas que les Martin et Moreau touchent les droits de lods et ventes à sa place. On sait que Languiller racheta pour finir toutes leurs redevances.


Une vente d’1/6 de borderie en 1790


Dans l’étude Frappier de Saint-Fulgent on trouve aussi un acte de vente intéressant au tènement de la Bergeonnière en 1790 (29). Jean Chatry et sa femme Perrine Bordron, demeurant à la Courpière de Saint-Fulgent, ont vendu à François Cougnon (30), bordier à la Forêt Loriau de Saint-André, leur part dans l’héritage d’une borderie à la Bergeonnière, affermée verbalement à un nommé Guesdon. Cet héritage venait d’André Chatry son père, sans doute le mari de Marguerite Chatry citée en annexe, et de son oncle Pierre Chatry. La part vendue était d’un 1/6e de la borderie pour un montant de 400 livres, payé comptant. Il est difficile d’apprécier cette somme, car déjà à l’époque l’inflation commençait à faire des ravages dans l’économie du pays. On avait déjà remarqué le degré de parcellisation des terres, on voit comment dans cette vente par licitation.

L’acte notarié de vente indique en date du 17 août 1790, soit un an après l’abolition des droits féodaux, : « à la charge à lui [l’acquéreur] de payer et acquitter à l’avenir quitte du passé, la portion des cens, rentes, charges et devoirs seigneuriaux et féodaux, dus et accoutumés être payés sur et pour raison des dites portions de borderie ci-dessus vendues et d’en faire les reconnaissances de droit au seigneur des Bouchaux, duquel la dite borderie est roturièrement mouvante ». L’indication du seigneur des Bouchauds est erronée on le sait, la Bergeonnière relevait du Coin Foucaud, mais cela n’avait pas d’importance, les deux étant possédées alors par le seigneur de la Rabatelière. Quant au rappel des droits seigneuriaux, un an après la célèbre nuit du 4 août 1789 qui les supprima, la formule n’est pas incongrue ici. En réalité certains droits étaient supprimés et d’autres rachetables, mais selon des modalités qui tardaient à venir. Alors les notaires n’avaient pas encore changé le texte habituel, et les propriétaires continuèrent à payer les rentes féodales, jusqu’à la fin de l’année 1792 comprise. On a cessé de le faire à partir de 1793, le rachat des droits féodaux ayant été abandonnés en 1793.

La Bergeonnière

ANNEXE : les teneurs de la Bergeonnière mentionnés en 1782 :

-        François Cougnon bordier demeurant au village de la Bergeonnière,
-   Jean Moreau, maçon, au nom de Marie Chatry sa femme, demeurant au même lieu de la Bergeonnière,
-        Pierre Crepeau, journalier, demeurant à la Boninière,
-    Pierre Chaigneau, aussi journalier, tant pour lui que pour ses copartageants demeurant à la Boninière,
-        André Rochereau, bordier, demeurant à la Boninière,
-        Pierre Moreau, journalier, faisant tant pour lui que pour ses copartageants (Boninière),
-       Louis François, aussi bordier, faisant tant pour lui que pour ses frères et sœurs, demeurant au lieu de la Boninière,
-        Mathurin Loizeau, journalier, demeurant au village de la Maigrière,
-        Marguerite You veuve Pierre Girardin, mère et tutrice de ses enfants, demeurant au village de la Machicolière,
-        Jean Millasseau, journalier, demeurant à la Bourolière,
-        André Fonteneau, journalier, demeurant à la Bourolière,
-        Mathurin Faupier, journalier, demeurant à la Bourolière,
-        Jean Pinet, aussi journalier, demeurant à la Milonière,
-        René Loizeau, bordier, demeurant au Coudray Loriau,
-        Jean Robin, laboureur, au nom de Marguerite Chatry sa mère, demeurant au Coudray,
-        Jeanne Boudaud veuve Jacques Parpaillon, demeurant au Coudray,
-        François Mandin, journalier, avec ses copartageants demeurant au bourg de Saint-André,
-       Jean Bordron, maréchal, au nom de messire de Villars (31) propriétaire de la métairie de Saint-André, demeurant au bourg de ce lieu,
-        Louis Girardin, farinier, demeurant à la Dalle paroisse de Saint-Fulgent,
-        André Bertrand, domestique, demeurant à la Fesselière paroisse de Chauché,
-        Pierre Pavageau, laboureur, demeurant à la Nouette paroisse des Essarts.
A cette époque les bordiers étaient des agriculteurs propriétaires, les laboureurs étaient des agriculteurs, et les journaliers étaient des valets qui se louaient à la tâche.

(1) Déclarations roturières de Pierre Moreau vers 1675, Archives de Vendée, chartrier de Roche-Guillaume, famille Moreau : 22 J 29.
(2) aveu pour le Coin Foucaud et le Vignault du 2-7-1605, reprenant un texte d’aveu de 1550, par le seigneur de Languiller aux Essarts – deuxième copie, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/G 61.
(3) 150 J/G 114, aveu du 12-7-1685 de Charles Martin à Languiller pour le champ de Lhomage près de la Bergeonnière.
(4) 150 J/G 114, déclaration noble du 21-6-1627 de Perrine Pavageau à Languiller pour la Bergeonnière.
(5) 150 J/G 115, déclaration roturière du 31-8-1753 de 22 teneurs à Languiller pour leurs domaines à la Bergeonnière.
(6) 150 J/G 115, acquêt du 2-7-1691 de 7 gaulées de jardin à la Bergeonnière d’André Chatry à Clément Cougnon.
(7) 150 J/G 114, aveu du 12-5-1618 de Jean Thevenin à Languiller pour la Bergeonnière.
(8) 150 J/G 114, déclaration noble du 21-6-1627 de Perrine Pavageau à Languiller pour la Bergeonnière.
(9) Le Roy Ladurie Histoire de la France rurale Seuil, 1975, Tome 2, page 424.
(10) 150 J/E 28, complainte du 24-4-1754 du seigneur de la Rabatelière pour les scellés à Beaumanoir.
(11) 150 J/G 115, assignation à comparaitre aux assises de Languiller le 27 juin 1752 aux teneurs de la Bergeonnière.
(12) Quelques familles anciennes du Bas-Poitou, famille Audayer, Archives de Vendée, Guy de Raignac, : 8 J 5, 5e série terminé le 30-5-1986, page 1 et s.
(13) Aveu de Languiller et autres fiefs aux Essarts le 2 juillet 1605, Archives de Vendée, travaux de G. de Raignac : 8 J 101, page 4.
(14) 8 J 101, copie inachevée d’un aveu pour la Chapelle Beguoin entre 1680 et 1685, reproduisant un aveu rendu en 1580, page 71 et 72 ; et chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 74, aveu du 29-5-1579 de la Chapelle Begouin, page 23.
(15) 150 J/G 114, déclaration noble du 30-6-1664 de Jean Martin à Languiller pour la Bergeonnière.
(16) 150 J/G 114, main levée du 20-1-1685 et foi et hommage de Charles Martin à Languiller pour le champ de Lhomage près de la Bergeonnière.
(17) 22 J 29, quittance de Jean Moreau au métayer du Coudray du 8-10-1679.
(18) 22 J 29, exploit d’huissier du 4 mai 1693 de Philipe Chitton contre Pierre Moreau.
(19) 22 J 29, mémoire de Claude Moreau contre Philippe Chitton du 4-5-1693 sur des fiefs de Saint-André.
(20) Quelques familles anciennes du Bas-Poitou depuis longtemps éteintes, 2e série, (famille Meance), Archives de Vendée, G. de Raignac : 8  J/36, page 24. 
(21) 150 J/G 114, main levée du 7-5-1602 par Anne Goulard pour la Bergeonnière.
(22) Quelques familles anciennes du Bas-Poitou depuis longtemps éteintes, 2e série (famille de La Muce), Archives de Vendée, G. de Raignac : 8  J/2, page 159 quarte.
(23) 150 J/G 114, déclaration noble du 10-7-1651 de Robine Thounard à Languiller pour la Bergeonnière.
(24) 150 J/G 115, déclaration roturière du 21-3-1702 de Marie Boudaud à la Bergeonnière.
(25) Quelques familles anciennes du Bas-Poitou depuis longtemps éteintes, 2e série, (famille Meance), Archives de Vendée, G. de Raignac : 8  J/36, page 28. 
(26) A C. Gourraud, Notes historiques sur Chavagnes, Archives de Vendée, société d’émulation de la Vendée (1876) : BIP PC 16/10, la Chardière : page 140 vue 52.
(27) Reconnaissance d’une rente au tènement de la Bergeonnière du 22-12-1782, Archives de Vendée, notaires de Saint-Fulgent, étude Frappier (1782-1784) : 3 E 30/ 10.
(28) Ferme du 2-1-1778, de la métairie du bourg de St André par Bordron, Archives de la Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Thoumazeau : 3 E 30/123.  
(29) Frappier : 3 E 30/ 13, achat de 1/6 de borderie à la Bergeonnière le 17-8-1790 de F. Cougnon à Chatry.
(30) Les Cougnon étaient nombreux à cette époque à Saint-André et dans les environs, et nous ne situons pas celui-ci parmi les autres avec certitude.
(30) Louis Auguste Pascault de Villars de Pauléon, le deuxième mari de Marie Bénigne Chitton. La fille de celle-ci, Marie Geneviève, née d’un premier mariage avec Charles Seguin de Brilhac de Nouzières, vendra la métairie à Charles de Lespinay en 1791, ayant épousé Charles Antoine de La Laurancie. La métairie du bourg avait été achetée, on ne sait quand, au seigneur de la Boutarlière, qui la possédait depuis la fin du Moyen Âge. Ses bâtiments étaient situés dans le bourg de Saint-André à côté de l’église actuelle, donnant sur le chemin qui est devenu la rue de la Madone.

Emmanuel François, tous droits réservés
Décembre 2017

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