samedi 2 octobre 2010

Maires suite : Bordron (1830-1834) et Rochereau (1835-1848)

Colonne de Juillet : place de la Bastille à Paris

Jean Bordron (1830-1834)


C’est Jean Bordron, ancien agent communal en 1797/1799 et fils du premier maire de la commune en 1791, qui sera nommé maire de Saint-André-Goule-d’Oie par le préfet du nouveau régime le 4 octobre 1830. Ce nouveau régime est appelé la Monarchie de Juillet, en référence à la révolution de juillet 1830. Le nouveau maire recommence à rédiger les actes de l’état-civil le 11 septembre 1830.

Un nouveau maire pour un nouveau régime politique


L’ancien maire, Léon de Tinguy, avait démissionné pour protester contre la révolution qui venait de chasser Charles X de son trône, le frère de Louis XVI. Pierre Mandin, l’adjoint, a suivi ensuite, mais en assurant l’intérim pendant l’été 1830.

C’est Pierre Rochereau du village du Coudray, déjà conseiller municipal, qui est nommé dans la fonction d’adjoint. En 1832 il sera remplacé par Louis Charpentier du Clouin.

Il est à remarquer qu’à Chauché aussi un nouveau maire et un nouvel adjoint ont été nommés. Et en 1834, J. M. Cailteau, ancien maire au moment de la Révolution, conservé par le Consulat, revient à la mairie de Chauché. Ces nominations montrent bien que le maire, à cette époque, occupe une fonction politique au sens partisan du terme.

Des élections réservées aux riches et  boycottées par les adversaires du régime


Suite à la Révolution de juillet 1830, est promulguée la loi du 21 mai 1831 qui instaure l’élection des conseillers municipaux par un corps électoral censitaire (il faut être imposable au minimum de 200 F. par an), où le droit de vote est réservé aux hommes d’au moins 25 ans. Les conseillers sont élus pour six ans renouvelables par moitié tous les trois ans.

Le maire et les adjoints sont nommés par le roi dans les communes de plus de 3 000 habitants, par le préfet dans les autres, mais choisis obligatoirement parmi les conseillers. Sans indemnité pour le dédommager du temps consacré à la fonction, le maire doit être riche ou aisé.

Le renouvellement intégral des conseillers municipaux s’étala de 1831 à 1833. A Saint-André il eut lieu le dimanche 25 mars 1832, suivant le procès-verbal disponible aux Archives. On peut y lire :
« … à onze du matin s’est réunie l’assemblée des électeurs de la commune de Saint-André-Goule-d’Oie convoquée pour ledit jour en vertu …sur l’invitation faite en temps opportun à chaque électeur par le maire au lieu de la mairie pour procéder à l’élection des conseillers municipaux…par Jean Bordron maire a pris place au bureau pour présider l’assemblée …
Ensuite il a appelé au bureau pour faire les fonctions de scrutateurs : »

Jean Herbreteau âgé de 60 ans et Herbreteau fermier âgé de 63 ans, les deux plus âgés.
René Guiberteau âgé de 31 ans et Henri Joussaume âgé de 25 ans, les deux plus jeunes.

« Le Président et les scrutateurs ont nommé Auguste Charpentier pour occuper la place de secrétaire, qui a de suite ouvert le présent procès-verbal…
Il a été reconnu qu’on avait placé en amont du bureau une table entièrement séparée de ce bureau et sur laquelle les électeurs pouvaient écrire leur nom, que le bureau était disposé de manière à laisser aux électeurs l’espace nécessaire pour circuler à l’entour pendant le dépouillement du scrutin, que la liste des électeurs était affichée dans la salle et de plus disposée sur le bureau destinée à l’inscription des votants...
»

Il est ensuite rappelé que pour être éligible il faut avoir 25 ans accomplis, que les ¾ des conseillers doivent être domiciliés dans la commune et que les 2/3 doivent faire partie des électeurs censitaires.

« A onze heures M. le président ayant déclaré le premier scrutin ouvert a fait faire un appel des électeurs qui sont venus successivement déposer leurs bulletins pliés dans la boîte destinée à cet usage et placée en avant du bureau en regard du nom des votants. Avant de déposer son vote, chaque électeur a prêté le serment prescrit par la loi et conçu en ces termes : Je jure fidélité au roi des français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume… »

On a attendu trois heures de temps depuis l’ouverture à onze heures et ensuite le président a « …fait prévenir les électeurs par le son du tambour que nous allions clore le scrutin ». Il a déclaré ensuite le scrutin clos. Puis on a procédé au dépouillement.





« …Les électeurs qui ont obtenu la majorité absolue (majorité plus une) des suffrages sont :

Jean Bordron            61 ans, propriétaire au Bourg :               36 voix
Pierre Rochereau      53 ans, propriétaire au Coudray :           36 voix
Louis Charpentier     31 ans, propriétaire au Clouin :             34 voix
Alexandre Sionneau 42 ans, propriétaire au Clouin :              34 voix
Pierre Guiberteau     32 ans, charron        à la Brossière :        32 voix
Jean Chaigneau        70 ans, propriétaire à la Boninière :        32 voix
Jean Fonteneau         45 ans, propriétaire à la Maigrière :       30 voix
Jacques Seiller          38 ans, propriétaire au Plessis le Tiers : 30 voix
André Robin             54 ans, propriétaire à la Gandouinière : 29 voix
Jean Herbreteau        61 ans, propriétaire à la Porcelière :       28 voix
Henri Joussaume      25 ans, propriétaire à la Gandouinière :  21 voix
Jacques Gorron         33 ans, propriétaire à la Brossière :        20 voix

Les nommés ci-dessus ont par conséquent été proclamés conseillers municipaux de la commune de Saint-André-Goule-d’Oie, canton de Saint-Fulgent, arrondissement de Bourbon-Vendée, département de la Vendée… »

Caricature de Daumier
La loi du 21 mars 1831 règle l’élection des conseillers municipaux par les habitants les plus imposés de la commune. A cette époque, être électeur, pour la majorité du personnel politique, constitue une fonction et non pas un droit. Elle est attribuée à ceux qui sont le plus à même de juger et d’assurer le bien commun, sur le critère de la richesse, représenté par le paiement des contributions directes, dont le montant était appelé cens. En même temps, cela permet aux conservateurs de l’époque de protéger leur influence politique. Nous avons trouvé une liste des électeurs censitaires de 1834, appelés à voter dans la commune de Saint-André-Goule-d’Oie. La liste de 1832 n’a pas été retrouvée, mais elle ne doit pas différer notablement.

Le montant minimal du cens n’était pas le seul critère pour être électeur. En effet, il fallait un nombre minimum d’électeurs fixé en fonction de la taille de la commune : au moins 2% d’électeurs pour les communes d’au moins 15 000 habitants. Cette proportion augmentait pour les petites communes jusqu’à représenter 10% dans le cas de Saint-André qui avait un peu plus de 1072 habitants en 1831. On sélectionnait alors les électeurs suivant le montant de leurs impôts, avec une priorité aux plus imposés, pour atteindre le nombre nécessaire.

D’abord cette liste des électeurs de Saint-André-Goule-d’Oie comprend 99 personnes, complétées par une autre de 19 noms, mais sans l’indication du montant de leurs cens. Elle ne comprend pas les contributions payées en dehors de la commune par des habitants de Saint-André. En revanche, elle comprend les contributions payées dans la commune par des non-résidents dans Saint-André.

Les 10 plus imposés représentent 34% du montant total des cens et parmi eux 7 demeurent en dehors de la commune :
de La Poëze              La Rabatelière 196 F.
Joseph Boisson        Vendrennes      191 F.
Guyet-Desfontaines  Paris                187 F.
Louis Bordron          Les Essarts      181 F.
Pierre Rochereau      Le Coudray     113 F.
M. Herbreteau          Chavagnes         98 F.
P. Maindron              Peux                  81 F.
J. Mandin                  St Fulgent         80 F.
A. Fortin (1)             Paris                   81 F.
Jean Bordron            Bourg                77 F.
(1) : Agnan Fortin s’était établi à Nantes, après avoir séjourné à Saint Domingue (important relais dans la traite des noirs). Il avait acheté en 1769 la seigneurie de Saint-Fulgent. Ses fils émigrèrent à la Révolution et il eut du mal à ne pas se faire saisir ses biens. Il a fait des dons à l’église de Saint-Fulgent ensuite et ses fils continuèrent dans cette voie en 1834 et 1860, selon l’historien Maurice Maupilier. La personne indiquée ci-dessus est un de ses descendants.

Au total, ce sont 17 personnes de cette liste qui ne résident pas dans la commune. En les excluant, les électeurs résidant dans la commune sont au nombre de 82. Ils se répartissent ainsi, suivant les tranches de montants de contributions directes payés en 1833 :
tranche de 100 F et +: 1 personne
tranche de 50 à 99 F : 14 personnes
tranche de 40 à 49 F : 11 personnes
tranche de 30 à 39 F : 13 personnes
tranche de 20 à 29 F : 12 personnes
tranche de 10 à 19 F : 31 personnes

L’indication des professions manque de précisions malheureusement, en se contentant trop souvent d’indiquer : « propriétaire », dans 77% des cas. Pierre Rochereau, le plus imposé, est marchand de bœufs. Les meuniers se situent dans les tranches les plus élevées, les maçons et autres artisans sont dans la tranche la plus basse, l’aubergiste paye 31 F.

Les contributions dont il s’agit sont au nombre de quatre : la contribution foncière, la contribution personnelle et mobilière, la contribution des portes et fenêtres et la patente. On sait que la première d’entre elles est la plus importante, favorisant ainsi le rôle des propriétaires fonciers en politique.

Saint-André-Goule-d’Oie, ce sont les moyens et petits propriétaires qui sont les plus nombreux à cette époque, continuant une situation existant déjà au moment de la Révolution. La vente des biens nationaux a eu très peu d’influence dans la commune. Linière a été rachetée par l’épouse de l’ancien propriétaire et la métairie de Fondion, qui dépendait du prieuré, par un propriétaire. Tout au plus, on sait que Jean Bordron a acheté deux biens nationaux sur St André : la métairie du Coin et une borderie au Peux. Depuis longtemps en revanche, l’ardeur au travail, l’âpreté aux gains, un sens prononcé de l’économie, sont des traits de comportement largement répandus dans la population. Pour certains, le sens de l’initiative dans le choix des cultures et dans la pratique des métiers de l’artisanat, ainsi que la volonté de préserver les propriétés au moment des mariages, ont permis l’émergence d’une classe de petits propriétaires fonciers. Plus tard, en 1912, on verra beaucoup de liasses de billets de banques quitter leur cachette dans les habitations pour rejoindre provisoirement le coffre du notaire, à l’occasion de la vente au détail du domaine de Linière. Le nombre des propriétaires a ainsi augmenté et les surfaces des propriétés aussi.

En rapprochant cette liste de 82 noms du nombre maximum de 36 voix qui se sont portées sur les élus municipaux en 1832, on obtient une participation de 44 % des inscrits. On ne connaît pas le chiffre exact compte tenu du caractère sommaire du procès-verbal des élections à cet égard. Plutôt que d’évoquer le son du tambour, on aurait aimé qu’il permette de calculer les absentions et les bulletins nuls. Mais avec ce chiffre on doit se trouver proche de la réalité. N’oublions pas que les royalistes légitimistes devaient être probablement aussi nombreux que les votants, mais qu’il leur était impossible d’aller jurer fidélité au nouveau roi « usurpateur », avant de déposer un bulletin dans l’urne. Quant aux républicains, nous savons par ailleurs qu’ils ne devaient pas être nombreux à cette époque dans la commune.

Ce procès-verbal mérite une autre remarque : on continue de voter en « assemblée votante », suivant une tradition remontant à l’ancien régime, pour désigner des élus ou des délégués. L’expression la distingue des « assemblées délibérantes », qui débattent et décident. D’où les précautions décrites pour attester de la loyauté de l’organisation du scrutin. C’est plus tard que sera abandonnée cette idée d’ « assemblée votante » et que l’isoloir fera son apparition avec des heures d’ouverture plus larges du scrutin et des bulletins de vote totalement anonymes.

La nomination de Jean Bordron, par son engagement comme « agent communal » à la fin du Directoire, représente bien le retour des « libéraux » au pouvoir, favorables aux idées de la Révolution et la mise à l’écart des royalistes légitimistes, tenants de l’ancien régime. On ne connaît pas ses rapports avec le nouveau châtelain de Linière et député de la Vendée : Guyet-Desfontaines qui était orléaniste. Les orléanistes (leur roi Louis Philippe étant de la branche des Orléans, descendant d’un frère de Louis XIV) veulent conserver l’institution monarchique et deviennent les ennemis des républicains. Mais ils veulent une monarchie moderne, tenant compte des évolutions nécessaires de la société et des acquis de la Révolution. En cela ils sont les ennemis des royalistes légitimistes dont ils ont chassé leur monarque, Charles X. Cette synthèse impossible entre des courants politiques opposés sombrera au bout de dix huit ans sous les coups d’une nouvelle Révolution, celle de 1848, qui instaurera la IIe République.

Le contexte politique en ébullition


Relatant le contexte électoral vendéen qui est celui du nouveau député de la circonscription des Herbiers, Guyet-Desfontaines, châtelain de Linière, je donne des extraits du rapport du préfet de la Vendée sur la révolte de 1832 en Vendée, mais en retenant des extraits concernant Chauché et Saint-André-Goule-d’Oie (page 140 de mon livre). Concernant le maire, en voici le texte :
« Le 8 août 1832 deux individus armés entrent chez M. Bordron maire de Saint-André-Goule-d’Oie, lui annoncent que le bourg est cerné par les royalistes, le battent, s’emparent de son fusil et sont obligés de prendre la fuite au moment où ils commençaient à piller, effrayés par la survenance d’un détachement de troupes de ligne. Les chouans tirèrent 3 à 4 coups de fusil sur le détachement qui riposta, mais la nuit était obscure, il fut impossible de les poursuivre. »

Je cite aussi les exactions des jeunes gens dirigés par un Guesdon de l’Herbergement (Sainte-Florence) et par un Jean Herbreteau de la Brossette (Chauché), notamment chez les frères Herbreteau, probablement ceux habitant à la Porcelière, et chez les frères Charpentier du Clouin, dont Louis était adjoint de la commune de Saint-André-Goule-d’Oie (1). Les deux meneurs furent lourdement condamnés par les Assises de la Roche-sur-Yon.

Fontevraud près de Saumur
François Guesdon, 22 ans et domestique, a été condamné à mort le 5 mai 1833, peine commuée aussitôt en travaux forcés à perpétuité sans expatriation. Il était à la prison de Fontevraud (Maine-et-Loire) lors de son amnistie le 27 avril 1840.

Jean Herbreteau, qui conduisait l’attaque contre le maire Jean Bordron, a été condamné le 23 avril 1834 à 6 ans de travaux forcés. Il était à la prison d’Embrun (Hautes-Alpes) lors de son amnistie en 1840. Surveillé à vie, le maire de Chauché où il a résidé le plus fréquemment ensuite, J. M. Cailteau, écrit une lettre au préfet le 26-5-1840. Il y affirme en particulier : « D’après l’entretien que j’ai eu avec ce condamné amnistié, il paraîtrait que sa conduite sera désormais assez sage, et qu’il saura correspondre à la faveur qui lui a été accordée, mais, si j’étais trompé par ces belles promesses, soyez persuadé M. le Préfet, que je m’empresserais de vous instruire des faits dont il se rendrait coupable ». Ces mots disent assez bien le rôle de fonctionnaire du maire, ici dans le domaine de la police, et aussi le dévouement militant que permettait le choix partisan des maires nommés par le préfet.

L’homme Jean Bordron fils


La vie privée du maire de Saint-André-Goule-d’Oie sort de l’ordinaire pour l’époque. En effet, il a vécu en concubinage, pendant au moins huit ans, avec une femme plus jeune que lui de 17 ans, avant de se marier avec elle. On peut imaginer qu’il ne devait pas être bien vu par le curé de la paroisse et nombre de ses concitoyens. Cela ne l’a pas empêché d’être élu conseiller municipal et d’être nommé maire par le préfet.

Son acte de mariage, le 21 février 1821 avec Jeanne Nicou, légitime les trois enfants qu’ils ont déjà eu ensemble auparavant : Jeanne née à Nantes en 1814, Jean Frédéric né en 1819 et Jean Pascal né en 1820, les deux derniers à Saint-André-Goule-d’Oie. Après leur mariage naîtront encore trois autres enfants à Saint-André. Sa femme, fille de Jacques Nicou et de Marie Anne Bretin du village du Pin, était née en 1788 à Sainte-Florence, alors que lui-même était né en 1771. Il est décédé le 28 mars 1850.

Après le décès de son père en 1813, il signe en précisant « aîné » ou « maire », selon la circonstance, pour se distinguer de ses fils.

Sa signature est aussi accompagnée de deux petits traits parallèles comportant trois points entre les lignes. C’est le signe de son appartenance à la franc-maçonnerie, ce qui montre une certaine indépendance d’esprit dans son milieu d’origine. On remarque le même signe accompagnant la signature du maire de Saint-Fulgent de 1803 à 1806, Jean Baptiste Bontemps, instituteur de la commune. Tous deux devaient appartenir à la même loge, peut-être à Montaigu. Les trois points peuvent être chez d’autres francs-maçons des petites étoiles et leur disposition différente, en triangle par exemple.

Ils accompagnent sa signature dès ses débuts sur le registre d’état-civil en 1797. Cette appartenance n’a pas néanmoins le même sens antireligieux qu’elle aura plus tard (des prêtres en faisaient alors partie).

Rappelons que la franc-maçonnerie est un mouvement répandu dans beaucoup de pays depuis le XVIIIe siècle. Elle a pour caractéristique de se conformer à des rituels et de s’organiser de manière ésotérique. Elle cherche à influencer les lieux de pouvoir et la vie sociale notamment par la solidarité entre ses membres. Prônant la liberté absolue de l’individu, le mouvement a pour ambition de perfectionner l’homme et la société. Son combat en France pour la laïcité l’a conduit sur des positions violemment antireligieuses et a engendré l’opposition tout aussi virulente des milieux catholiques contre lui. Il fut interdit et persécuté par l’Etat français de Pétain.

Après les évènements de 1789, où la franc-maçonnerie n’eut pas de rôle important, contrairement à une idée répandue, ses membres furent persécutés sous la Terreur en 1793 et 1794, eux aussi. Le mouvement se reconstitua ensuite sous le Directoire, recevant alors l’adhésion de Jean Bordron. Proche du pouvoir sous Napoléon, la franc-maçonnerie demeurait le conservatoire de la philosophie des Lumières, admettant encore à l’époque de la Monarchie de Juillet l’existence de Dieu.

Pierre Rochereau (1835-1848)


Pierre Rochereau succède à Jean Bordron le 1e janvier 1835. Il signe son premier acte d’état-civil le 19 janvier 1835 et son dernier acte le 6 août 1848. Il terminera son mandat avec la fin du régime de la Monarchie de Juillet.

Pourquoi cette nomination ? Notre hypothèse est qu’elle est sans doute liée à la politique d’indulgence du nouveau préfet, après les troubles rencontrés en 1831/1832. On sait qu’il a cherché à pacifier un département politiquement divisé et habitué aux révoltes. Pour cela il a rencontré beaucoup de maires en leur rendant visite et il est entré en relations avec les populations pour juger des situations locales. Dans ce contexte, où le propriétaire de Linière et député de la Vendée a peut-être dit son mot, on peut se demander s’il n’a pas été jugé que la présence de Jean Bordron à la mairie entretenait des divisions inutiles.

Son remplaçant, Pierre Rochereau, avait obtenu le même meilleur score que lui aux élections de 1832. Son père s’était installé au Coudray, mais ses ascendants étaient d’une famille possédant des biens, originaire de Vendrennes, puis s’établissant au début du 18e siècle à la Brossière de Saint-André. D’autres branches resteront à la Brossière et l’une d’elle ira faire souche à la Boninière de Saint-André. En faisait partie de celle-ci très probablement un syndic (ancêtre du maire) de Saint-André-Goule-d’Oie en 1773, Louis Rochereau.

Né le 27 juillet 1778, Pierre Rochereau était le fils de Jean Rochereau (1747-1805) et de Marie Loizeau. Son père (probablement) avait élu membre de la première municipalité de St André en 1790. Il s’est marié le 9 février 1801 avec Jeanne Boisson, fille de Pierre Boisson et de Marie Lucas, de Chavagnes-en-Paillers. Sa femme est née en 1784 et avait 17 ans le jour de son mariage, alors que lui-même en avait 23. A cette époque on se mariait tôt.

Son père était un beau-frère de François Cougnon, marié à Jeanne Loizeau, le capitaine de paroisse pendant la guerre de Vendée et habitant au logis du Coudray, un héritage de sa femme. Il est donc le cousin de François Cougnon fils, maire de 1826 à 1829. Nous savons qu’en 1834 il est le résidant de la commune le plus imposé, avec 113 F de contributions. Les propriétés de la famille et son activité de marchand de bœufs expliquent sans doute cette situation. Jean Bordron, qu’il remplace, le suit à la troisième place du palmarès, avec 77 F de contributions. Il était aussi le beau-frère de Louis Loizeau, frère de sa femme, et ancien fabriqueur de la paroisse avant la Révolution.

Sa sœur, Marie, s’est mariée avec Jacques Groleau en 1810, farinier à la Clavelière de Saint-Fulgent. Il existe aussi un autre Jacques Groleau, meunier à la Boutinière, à la même époque, et de la même famille. Voir notre article publié sur ce site en avril 2015 : La Boutinière à St André Goule d'Oie.

Sur les actes de naissance de ses enfants on voit plusieurs fois notés les enfants de l’ancien maire Pierre Herbreteau (Alexis et Pierre) et Jean Mandin, sacristain, comme amis de la famille.

On relève la naissance de 14 enfants dans son foyer sur l’état-civil de la commune entre 1802 et 1823, dont cinq moururent jeunes. L’un d’entre eux, âgé de 15 mois, mourut noyé accidentellement dans une fosse en 1818.

Faute pour son mandat, lui aussi, de disposer des délibérations municipales, nous ne connaissons pas les actions entreprises à cette époque par la municipalité. Tout au plus pouvons-nous rappeler que la loi du 21 mai 1836 impose désormais la délégation de l’entretien des chemins vicinaux aux budgets communaux. C’est un point important pour les habitants qui, dans ce domaine, vont sortir d’une situation qui n’avait pas dû beaucoup changé depuis le Moyen Âge.

La loi du 6 juillet 1837 donne à la vie locale une possibilité de s’exprimer : la commune reçoit la personnalité juridique (droit d’avoir des biens et un budget propre) et la possibilité de délibérer par elle-même sur certaines affaires.

Pierre Rochereau laisse la place, le 6-8-1848, au nouveau maire élu au suffrage universel instauré par la Révolution de 1848 : Augustin Charpentier. 

Celui-ci est resté maire de la commune jusqu’à sa mort le 7 juin 1869. Voir notre article publié en juin 2012 : Les maires de St André suite, Augustin Charpentier (1848-1869) et Jean François Chaigneau (1869).


Emmanuel François, tous droits réservés
octobre 2010, complété en août 2014

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