mardi 1 septembre 2020

Les seigneurs de la Roche de Chauché (1343-1797)

La seigneurie de la Roche, en limite de l’ancien bourg de Chauché, n’était pas de loin la plus importante des seigneuries de la paroisse. Les conflits survenus à l’issue de la Révolution à Saint-André-Goule-d’Oie et aux Essarts sur des rentes dues auparavant à cette seigneurie ont attiré l’attention sur elle. Ces rentes avaient-elles été supprimées par la Révolution, car féodales, ou ne l’avaient-elles pas été, car purement foncières ? Nous avons fait le récit de deux procès concernant ces rentes. Dans l’abondant chartrier de la Rabatelière on n’a pas réussi à trouver leur origine, mais on a pu suivre l’évolution de la seigneurie. C’est ce que nous nous proposons d’exposer ici.


L’origine connue avec les Rezay, seigneurs de la Merlatière et de la Roche de Chauché (1343-1598).


Philippe VI roi de France
et seigneur de Montaigu
L’historien Amblard de Guerry nous donne à lire dans ses archives un aveu en 1343 de Jean Cathus, chevalier seigneur du Bois Cathus (Beauvoir-sur-Mer), au roi de France en tant que seigneur de la baronnie de Montaigu, pour des droits possédés sur Saligny et Chauché. Ce sont en particulier 6 livres de droit de garde dues avec Jean de Puytesson pour des domaines situés en la paroisse de Chauché à cause de la seigneurie de Belleville, et pour la même cause 60 sous de droit de garde sur la Roche, et autant sur la Vergne Ortie (ces deux fiefs à Chauché). Jean Cathus tenait ces droits nobles à un gant blanc de franc devoir, c’est-à-dire sans obligation de foi et hommage (1). Le roi Philippe VI (roi de 1328 à 1350) est suzerain dans cet aveu, car il venait de confisquer tous les biens, dont Montaigu et Belleville, de Jeanne de Belleville, bannie du royaume après l’exécution pour félonie en août 1343 de son mari, Olivier IV de Clisson. Celui-ci avait pris parti pour le clan des Montfort à la succession du duché de Bretagne (mort du duc en 1341), à l’instigation du roi d’Angleterre, contre le clan des Blois-Chatillon soutenu par le roi de France. Et la guerre de Cent Ans avait commencé en 1337.

Dans cet aveu on remarque que l’influence de Montaigu s’étendait jusqu’au territoire de Chauché. L’influence de Montaigu s’étendait aussi de la même manière sur la moitié du fief de Saint-André-Goule-d’Oie (bourg) tenu par son vassal Jean de Thouars à cause de sa ligence de l’Herbergement Entier (au sud-ouest de Montaigu). L’autre moitié appartenait au seigneur de la Drollinière appelée ensuite Linières (2). Sur ce fief de Saint-André, on voit qu’en 1405 l’influence de Montaigu a cédé la place à celle des Essarts, le seigneur du Coin en étant le suzerain direct sous son hommage aux Essarts, et le seigneur de la Drollinière son possesseur en totalité (3). La paroisse de Chauché et les fiefs de la Roche de Chauché et de la Vergne Ortie (devenu la Vergne), sont eux aussi entrés dans la mouvance des Essarts vers le 15e siècle via leur suzerain direct, la Jarry. Ce reflux de l’influence de Montaigu, dû probablement aux bouleversements engendrés par les guerres, a entrainé de nouvelles relations féodales dans la mouvance des Essarts à Chauché et à Saint-André-Goule-d’Oie.

Et pour commencer on constate une relation bien compliquée à Chauché, au moment où Martin de Rezay possède à la fois la Jarrie (Saligny) et la Roche de Chauché. Dans un aveu de 1410, le seigneur de la Vergne Ortie tient la Roche de Chauché de la seigneurie de la Jarrie (4). Autrement dit son vassal de la Roche de Chauché était la même personne que son suzerain de la Jarrie. On sait qu’au-delà des hommes, la relation féodale concernait avant tout des patrimoines désormais, et les anciennes relations de fidélité entre nobles et chevaliers avaient laissé la première place à la hiérarchisation entre les fiefs. Nous allons tenter d’y voir clair dans cette relation féodale de la Roche de Chauché en remontant aux origines.

Le Jean Cathus que l’on a vu ci-dessus rendre un aveu en 1343 au roi de France, eut pour héritier son fils, aussi appelé Jean Cathus, lequel épousa en 1365 Jeanne Droulin, l’une des deux filles du seigneur de Saint-Fulgent et de la Drollinière. Une fille de Jean Cathus, Catherine Cathus, dame de Saint-Fulgent, épousa vers 1380 Sylvestre de Rezay, seigneur de la Jarrie et de la Merlatière. Elle était veuve sans enfant de Guy de Vivonne, seigneur de Bougouin, fils ainé d’Hugues et de Jeanne de Crux. C’est ainsi que Sylvestre de Rezay, seigneur de la Jarrie et de la Merlatière, devint seigneur de Saint-Fulgent avec la dot de sa femme (5). Rezay était le nom de cette famille qui avait pris le nom de sa terre d’origine : un fief breton, dont l’orthographe a évolué en Rezé, proche de la ville de Nantes, maintenant dans sa banlieue. Les Rezay sont venus s’installer à la Merlatière à une date non repérée. En 1453 Martin II de Rezay vendit la terre de Rezay à Guillaume de Saint Gilles, la Merlatière étant devenue la résidence principale de la famille, possédant aussi deux seigneuries proches : la Raslière, touchant le bourg de la Merlatière, et la Jarrie à Saligny. Comment les Rezay sont venus à la possession de la Merlatière ? On ne sait pas répondre de manière certaine, et l’historien Guy de Raignac avance la possibilité qu’elle l’ait été aussi par les Drouelin, seigneurs de Saint-Fulgent et la Drollinière.

La Jarrie à Saligny en 2019

Sylvestre de Rezay et Catherine Cathus eurent quatre enfants, dont Martin Ier de Rezay qui était en 1410 seigneur de la Merlatière, fief relevant du baron des Essarts. C’est Martin de Rezay qui reçut l’aveu de la Vergne Ortie cette année-là pour la seigneurie qu’il possédait de la Roche de Chauché (5). Il aurait aussi rendu aveu du château de Saint-Fulgent en 1412 à Tiffauges. On constate à ces dates le retrait de Montaigu de la Roche de Chauché et la Vergne Ortie évoqué précédemment, et probablement aussi de la paroisse de Chauché, le tout au profit du baron des Essarts. Indiquons tout de suite qu’un conflit entre les seigneurs de la Merlatière et des Essarts se termina par une décision du parlement de Paris en 1503 conduisant au changement de suzerain. Désormais la Merlatière dépendrait directement de leur suzerain supérieur : Thouars. Ce dernier consentit à la même époque à l’union en une seule des seigneuries de la Jarrie, Raslière et Merlatière, ne formant qu’un seul hommage (6). Le vicomte de Thouars les a érigées en châtellenies en 1504, leur accordant ainsi le droit de haute justice. Il a accordé aussi le droit de construire un château à la Merlatière, et de fortifier le logis de la Jarrie. Le château n’a jamais été construit, les propriétaires habitant à la Merlatière et à la Jarrie (6).

Martin Ier de Rezay épousa Jeanne de Vernou dont il eut 3 enfants connus : Martin II de Rezay, Louis et Isabeau. Louis succéda à son frère ainé Martin II dans la possession de la Merlatière, Jarrie et Saint-Fulgent. Isabeau de Rezay épousa vers 1450 François de Bessay, lui apportant en dot la majeure partie de la Roche de Chauché (7).

Dans un aveu en 1469 de Jean Vayronneau à Louis de Rezay, on voit que des domaines situés dans le fief de la Roche étaient tenus à foi et hommage plain, à rachat et à divers devoirs (8). Cet aveu ne concerne pas tout le fief, notamment pas sa métairie qui existait peut-être à cette époque. Et en 1607 dans un acte de procédure judiciaire on voit le sénéchal de la Jarrie se transporter « au-devant le grand portail du lieu noble de la Roche Boursault » (9). L’expression citée signifie qu’il n’y avait pas de château à la Roche, tout au plus une maison importante par sa taille dans les critères de l’époque. Ajoutons que des terres de la Parnière (Brouzils) étaient mouvantes de la Roche de Chauché (10). Un hôtel de la Nourissière à Chauché dépendait féodalement de la Roche et fut cédé en 1455 par Jean Geay aux Bertrand (11).

Le nom de la Roche Boursault employé ci-dessus pour désigner, quoique rarement, le fief situé près du bourg de Chauché ne doit pas être confondu avec un autre fief aussi appelé du même nom de la Roche Boursaud ou Boussau près du bourg de Saint-Denis-la-Chevasse, qui dépendait de la seigneurie voisine de Puytesson (12). Le seigneur de la Roche Boursaud près du bourg de Saint-Denis fut à la fin du 15e siècle René Bertrand, qui épousa une demoiselle de Rezay. Son fils, Roland Bertrand, épousa en 1540 Robinette Maignen, et son petit-fils, Christophe Bertrand, épousa Charlotte Châteigner en 1579. Le père de cette dernière, Gilles Châtaigner avait eu Saint-Fulgent en partage, et son oncle, René Châteigner avait eu la Merlatière, Raslière et Jarrie (13). Des Rezay, la châtellenie de Saint-Fulgent était passée aux Châteigner, puis aux Bertrand à partir de Christophe Bertrand ci-dessus.

Le 19 mai 1486 Louis de Rezay avait fait un accord avec un Bertrand seigneur de Rorthais, au sujet de l’établissement d’une verrerie dans les bois de Rortheau et de la Jarrie. Celle-ci avait besoin de bois pour alimenter ses fours, importants à Dompierre-sur-Yon et les environs. Cette verrerie survécut longtemps avec des hauts et des bas (14). On voit ainsi que les Bertrand seigneurs de Saint-Fulgent avaient eu des ancêtres verriers comme on l’a souvent écrit, mais sans que cette activité n’ait dérogé à leur appartenance à la noblesse. Les verreries valorisaient un domaine noble, comme les forêts et les étangs. Il y avait aussi des verriers nommés Bertrand à Mouchamps (selon B. Fillon), mais ce sont ceux originaires de Dompierre-sur-Yon qui devinrent seigneurs de Saint-Fulgent.

Dans la mouvance de la Merlatière se trouvait aussi le fief de Puytesson (alors à Chauché et depuis à Saint-Denis-la-Chevasse), qui avait juridiction sur 22 tènements de la paroisse de Chauché, dont le bourg, et avec droit de sépulture dans l’église paroissiale Saint-Christophe. Une partie de ces tènements, dont la Cantinière et la Marchegaisière, sont devenus après la Révolution des territoires de Saint-Denis-la-Chevasse. La mouvance de Puytesson ne comprenait pas l’ancienne paroisse de la Chapelle-Begouin (celle-ci dans la juridiction des Essarts), ni la seigneurie de la Roche de Chauché, qui avait sa haute justice. Néanmoins l’évêché de Poitiers incorpora la paroisse de la Chapelle Begouin dans la nouvelle paroisse de Chauché, n’en formant plus qu’une seule officiellement, lors des délimitations des paroisses de la contrée telles qu’elles existaient en 1306 lors de la parution du pouillé de l’évêché de Poitiers. 

La Roche de Chauché en 2019
Dans  l’aveu à Thouars du seigneur de la Merlatière en 1598, François de Beaumont, à cause de sa femme Nicole Chasteigner, tient sous son hommage, « à parage et à rachat quand le cas y advient à muance de moi, l’hôtel de la Roche de Chauché, ses appartenances de jardin, prés, bois, garenne, terres labourables et gastes (jachère), landes, terrages, complant, cens, rentes, bians, commandices, blés, avoine, hommes, juridiction haute, basse et moyenne, m’appartiennent à cause de madite châtellenie tenue en parage comme dessus, et se tient ledit hôtel et appartenances d’une part à la rivière de la Maine et à la rivière de la Petitière, d’autre aux terres de Puytireau, d’autre au village de la Vrignais, et se monte en tout 12 septrées de terre ou environ et en pré 6 journaux ou environ (au total environ 27 ha), le tout plus amplement confronté par les anciens aveux, et peut me valoir quand ledit rachat advient la somme de 60 livres » (15). Les confrontations décrites occupaient une surface supérieure à celle déclarée, suivant une habitude systématique, ce qui veut dire que la différence couvrait des espaces non défrichés ni exploités. Dans le même aveu on voit que le bois des Vrignais (50 arpents touchant le bois de la Boutarlière), et le bois Thibaut (6 arpents touchant le Landreau où sont des éoliennes aujourd’hui), sont indivis avec le seigneur de la Drollinière, certainement depuis le mariage des sœurs Droulin, et le resteront jusqu’à la Révolution. Cet aveu, comme les suivants, ne mentionnent pas la Vergne Ortie, dont la mouvance sur la Roche de Chauché est ainsi niée, contrairement à l’aveu précité de 1410. s l’aveu à Thouars du seigneur de la Merlatière en 1598, François de Beaumont, à cause de sa femme Nicole Chasteigner, tient sous son hommage, « à parage et à rachat quand le cas y advient à muance de moi, l’hôtel de la Roche de Chauché, ses appartenances de jardin, prés, bois, garenne, terres labourables et gastes (jachère), landes, terrages, complant, cens, rentes, bians, commandices, blés, avoine, hommes, juridiction haute, basse et moyenne, m’appartiennent à cause de madite châtellenie tenue en parage comme dessus, et se tient ledit hôtel et appartenances d’une part à la rivière de la Maine et à la rivière de la Petitière, d’autre aux terres de Puytireau, d’autre au village de la Vrignais, et se monte en tout 12 septrées de terre ou environ et en pré 6 journaux ou environ (au total environ 27 ha), le tout plus amplement confronté par les anciens aveux, et peut me valoir quand ledit rachat advient la somme de 60 livres » (15). Les confrontations décrites occupaient une surface supérieure à celle déclarée, suivant une habitude systématique, ce qui veut dire que la différence couvrait des espaces non défrichés ni exploités. Dans le même aveu on voit que le bois des Vrignais (50 arpents touchant le bois de la Boutarlière), et le bois Thibaut (6 arpents touchant le Landreau où sont des éoliennes aujourd’hui), sont indivis avec le seigneur de la Drollinière, certainement depuis le mariage des sœurs Droulin, et le resteront jusqu’à la Révolution. Cet aveu, comme les suivants, ne mentionnent pas la Vergne Ortie, dont la mouvance sur la Roche de Chauché est ainsi niée, contrairement à l’aveu précité de 1410.

Partage par moitiés de la Roche de Chauché (1470-1730)


Isabeau de Rezay, fille de Martin Ier, épousa François de Bessay vers 1450, déjà veuf de Françoise Jourdain. Puis la Roche de Chauché, terre et fief d’hommage, fut partagée entre leurs deux filles : Isabeau, qui épousa vers 1470 Jean Bodin, seigneur de la Rollandière (Pouzauges), et Marie qui épousa le 24 janvier 1473 Jean de Saligné, seigneur de la Lardière et Badiole.

Par un partage au sein de la famille Bodin, leur moitié de la Roche de Chauché échut à une nièce de Jean Bodin, Michelle Bodin, femme de Mathurin Gazeau, seigneur de la Brandasnière et du fief Gazeau. Leur fils Antoine Gazeau épousa le 6 octobre 1519 à la Roche-sur-Yon Louise Bonnevin, dame de la Boutarlière (fille d’une autre Catherine Droulin). Leur fille, Louise Gazeau, épousa vers 1540 Alexis Royrand, seigneur de la Patissière (Boufféré). Ils vendirent le 5 aout 1565 la moitié de la seigneurie de la Roche de Chauché, à Jacques Prévost écuyer seigneur du Bignon à Chauché (16). Néanmoins Jean du Gast et Renée Gazeau possèdent cette moitié dans un procès en 1607/1608 de la Jarrie sur l’hommage en parage de la Roche par la Merlatière. Nous n’avons pas réussi à éclaircir cette incohérence. Renée Gazeau était une descendante de Louise Gazeau et d'Alexis Royrand.

Jeanne de Saligné, fille de Jean, épousa en 1494 Louis Marchant, seigneur de la Métairie (Poiré-sur-Vie) et de la Chesnelière, lui apportant l’autre moitié de la Roche de Chauché. Charles Bruneau, seigneur de la Rabatelière, s’en rendit acquéreur à la fin du 16e siècle. Les terres constituaient une métairie appelée la « Petite Roche ». Mais dès 1602 la veuve de Charles Ier Bruneau, Renée de la Motte, fit un contrat d’échange avec Renée de Puytesson, lui donnant cette moitié de la seigneurie de la Roche (sauf deux hommages en dépendant), plus le bordage (borderie) de la Berthelandière (Chauché), deux pièces de terre et la somme de 660 livres. En contre-échange Renée de Puytesson donnait à la dame de la Rabatelière le droit de préciput (réserve prioritaire d’héritage) d’ainé de la seigneurie de Puytesson (17). Il faut savoir que si le château de la Rabatelière dépendait de la commanderie de Launay (Sainte-Cécile), faisant partie de l’ordre de Malte, des lieux autour du château dépendaient de la seigneurie de Puytesson. Renée de la Motte convoitait visiblement d’acheter Puytesson. Mais l’héritier des Puytesson, René Brandon, mari de Renée de Puytesson, sœur ainée et principale héritière de défunt Gilles de Puytesson, voulut annuler l’échange et engagea un procès au présidial de Poitiers. Les parties transigèrent par accord du 5 décembre 1603, enregistrant le désistement de Renée de la Motte dans cette transaction et le paiement d’une somme d’argent. En contrepartie René Brandon céda à celle-ci la moitié des honneurs, prérogatives, autorité et prééminence en l’église paroissiale Saint-Christophe de Chauché du côté droit, plus tout droit de fief et juridiction en la maison dite « Bouronne » dans le bourg de Chauché, appartenant présentement à Nicolas Dorin, moyennant une rente annuelle de 2 boisseaux de seigle, (mesure de Chauché dit le texte (18)). En cas de rachat par l’ouverture du fief de la Rabatelière pour cette maison, un tiers de son montant est abonné à une paire de gants blancs pour cette maison (19).

Le procès en 1607/1608 de la Jarrie contre les possesseurs de la Roche de Chauché portait sur l’hommage en parage à Thouars de la Roche par la Jarrie. Dans le parage, le chemier (premier des possesseurs, ici la Jarrie) faisait l’hommage pour les autres possesseurs du fief. La Jarrie déclara le parage fini et chacun des deux coseigneurs de la Roche devaient lui en faire l’hommage séparément. Au contraire Jean du Gast et Renée de la Motte refusaient de faire l’hommage au motif que le parage n’était pas fini, leur évitant ainsi de payer chacun un droit de rachat (20). Le présidial de Poitiers trancha en faveur de la Jarrie et dans le sens voulu aussi par le suzerain, le duché de Thouars (21). L’article 128 de la coutume du Poitou posait le principe que : « où le parage finit, l’hommage commence ».

Sans attendre la sentence, Jean du Gast rendit un aveu le 14 juillet 1610 à la Merlatière et Jarrie (possession de Suzanne de Beaumont) pour la Roche de Chauché sous l’hommage de la Jarrie à Thouars. On y voit l’étendue de la Roche partagée avec le seigneur de la Rabatelière, Charles Bruneau : 
- Hôtel et hébergement de la Roche avec sa garenne à connils (lapins) plantée en bois taillis, prés et terres diverses.
- Tènement des Begonnières et fief de la Roche au village de la Boule (Rabatelière). 
- Tènement des Brosses. 
- Tènement de la Debuterie (aussi appelé Dublière dans d’autres documents en 1725/1726, situé en limite de l’Oiselière), tenu par René de Meules seigneur du Fresne et de la Parnière à cause de sa femme Renée de Rorthais, sous l’hommage plain et à rachat fait à la Roche. Ce terroir, avec les deux suivants, composait une partie de la métairie de la Parnière. 
- Tènement de l’Oiselière (Brouzils) par le même sous un autre hommage. 
- Tènement de la Briaudière (touchant à la Parnière) par le même sous un autre hommage. 
- Fief Veronneau (près du bourg de Chauché) tenu par Bruneau de la Rabatelière sous l’hommage plain fait à la Roche. 
- Divers domaines vers la Vrignay (Chauché) tenu par les Chedanneau, à foi et hommage plain. 
- Fief Brosset tenu par Gilles Begaud (seigneur de la Chapelle) et Charles Bruneau, sous l’hommage plain fait à la Roche. Lesquels tiennent Jean Moreau et ses parageurs, Pierre Durcot, seigneur de l’Etang pour le tènement de la Créchère (Rabatelière) dit fief de l’Etang. 
- Sous l’hommage de Bruneau tiennent le curé de Chauché et une Chedanneau avec ses parsonniers (copropriétaires d’une indivision), la métairie de la Berthelandière (Chauché) et les droits du fief Thomazeau (Chauché) sous l’hommage plain fait à la Roche (21).

En 1618 la dame de la Rabatelière fit sa foi et hommage à la dame de la Jarrie, à cause de la seigneurie de la Merlatière et Jarrie, pour la moitié de la Roche de Chauché, acquise du seigneur du Gast (22). L’achat avait concerné le droit d’hommage et non la métairie, toujours possédée par Jean du Gast. Elle termine son aveu par l’affirmation suivante : « ladite autre moitié sera tenue de moi sous mon dit hommage comme ayant le droit de chemerage de toute ladite terre et seigneurie de la Roche de Chauché ». Ce droit de chemerage évitait à son coindivisaire (Jean du Gast) de rendre hommage directement à la Merlatière et Jarrie. C’était apparemment nouveau depuis l’aveu de ce dernier en 1610 cité ci-dessus.  

Cette position de la Rabatelière posa problème en 1725 quand un acquéreur de la Parnière, Jean Majou, dû payer les droits de lods et ventes et rachat au suzerain, c’est-à-dire à la Roche de Chauché appartenant par moitié au seigneur de la Rabatelière. Les droits s’élevaient à 2 100 £, venant s’ajouter au prix de l’acquisition de 6 900 £. Le seigneur de la Rabatelière empocha toute la somme se prétendant « seul chemier de la seigneurie de la Roche de Chauché à l’exclusion de tous autres » (23). En cette année 1725 l’autre moitié était possédée par Gilles Durcot, seigneur de Puytesson, Chauché et autres lieux. Celui-ci réclama sa moitié dans le paiement des lods et ventes, et poursuivi l’acquéreur Jean Majou devant la cour de la Jarrie, dont dépendait judiciairement la Roche de Chauché. Il obtint la saisie des revenus de la métairie formée des terres de l’Oiselière, Dublière et Briaudière. Jean Majou fit appel de cette sentence devant le présidial de Poitiers et appela en garantie le seigneur de la Rabatelière (24). La cour de Poitiers confirma le 14 mai 1726 le jugement du sénéchal de la Jarrie, mais condamna le seigneur de la Rabatelière à rembourser Jean Majou des pertes qu’il avait subies au profit du seigneur de Puytesson (25).

Le 27 décembre 1625, Charles II Bruneau, seigneur de la Rabatelière et fils de Renée de la Motte, avait acquis diverses terres dans le fief de la Roche de Jeanne de Lespinay, dame de l’Etang et de la Parnière, agrandissant ainsi sa moitié de métairie (26).

À cette époque, une difficulté surgit au sujet de la mouvance de la Roche de Chauché. Dès le 15e siècle nous avons vu le seigneur de la Merlatière en rendre la foi et hommage au même suzerain que celui de la Merlatière (les Essarts, puis Thouars). Il en fut de même en 1598. Ce lien vassalique fut rappelé au procès de 1607/1608 déjà cité. Or à l’assise en 1729 de la Jarrie et Merlatière, la dame de la Vergne Ortie, rendant son aveu pour le fief de la Vergne Ortie, déclara que le fief de la Roche en était un fief vassal. Elle reçut un blâme du sénéchal signifié le 20 mai 1729 (27). Il s’agissait de la dame de la Carte, Françoise Charlotte de Saint-Nectaire (1679-1755), mariée en 1698 à François Gabriel Thibaut de la Carte, marquis de La Ferté-Saint-Aubin (Loiret), capitaine des gardes du duc d’Orléans, gouverneur de Joinville. Elle prétendait qu’en 1410 la Roche était portée à titre de parage par son chemier de la Vergne à la Merlatière, et ensuite le fief de la Roche était devenu un fief immédiat de la Merlatière dans les aveux, ce qui ne fut pas contesté par son adversaire. Cette omission n’avait pas opéré, selon elle, l’extinction de la directe (ou mouvance) de la Vergne sur la Roche (28). On trouve d’ailleurs dans ce sens un aveu du 22 mai 1524 de Denis Macaire seigneur de la Macairière (Boulogne) à la Vergne Ortie (Renée Ortie) pour l’Oiselière de Chauché (29). Suivant les époques l’Oiselière était associée ou séparée de la Parnière voisine dans les possessions des vassaux de la Roche de Chauché.

La dame de la Carte prétendait faire appliquer le principe certain en droit féodal qu’il n’y a pas prescription entre le seigneur et le vassal au sujet de leurs relations seigneuriales respectives (article 372 de la coutume du Poitou). De son côté le sénéchal de la Jarrie et de la Merlatière plaida que depuis environ 3 siècles le seigneur de la Vergne Ortie n’avait pas été servi du fief de la Roche de Chauché, ne l’avait pas reporté au seigneur de la Jarrie, et ce dernier l’avait toujours reporté à Thouars par ses aveux, une telle durée se situant hors de la notion de prescription (30). Dans la suite il parait que la dame de La Carte abandonna sa revendication.


La borderie de la Vignolle en 1745 et le prélèvement de la grosse dîme


Foyer la Roseraie

Une déclaration roturière en 1745 de la borderie de la Vignolle, mouvante de la Roche de Chauché, nous donne des informations intéressantes (31). La borderie ne comprenait que 33 boisselées de terre (4 ha) et 1,5 journal de pré (0,7 ha), et occupait la partie sud-ouest actuelle du bourg de Chauché, proche de la Roche. C’est typiquement la surface d’une borderie de l’époque, touchant l’ancien bourg, et qui possédait en même temps 6 boisselées au milieu des « Landes de Chauché ». Celles-ci occupaient donc encore en 1745 une partie du bourg actuel, probablement là où se trouve l’actuel foyer de la Roseraie. Le métayer était logé dans une maison d’une seule pièce sans étage, comprenant un four, et à côté de laquelle il y avait un toit à animaux et une grange. Une pièce de terre appelée le Champ des Landes (5,5 boisselées) était chargée de deux redevances : le terrage au 1/6e des récoltes, allant aux 2/3 au sieur de Puytireau et 1/3 au seigneur de Languiller, et la dîme ecclésiastique ou grosse dîme sur les blés.  

Cette dernière redevance est très rarement mentionnée dans les archives seigneuriales. Or elle était due sur l’ensemble des terres de la borderie, se montant à la 1/13e partie des récoltes. Cette dîme se partageait entre le prieur de Chauché pour les 2/3 et le curé de Chauché pour un 1/3. On sait que le prieur était un chanoine de la cathédrale de Luçon, successeur des droits de l’abbaye de Luçon qui avait fondé le prieuré de Chauché vers le 12e siècle. Et le prieur déléguait un vicaire perpétuel pour assurer le service religieux sur place, qu’on appelait le curé. On a confirmation ainsi que le quantum au 1/13e de la dîme, rencontré ailleurs en Bas-Poitou, s’appliquait aussi à Chauché, et probablement aussi dans les paroisses environnantes. On apprend aussi que, sauf le cas particulier du champ des Landes, son prélèvement se substituait à celui du droit de terrage. C’était la « grosse dîme » ainsi appelée à cause de son prélèvement sur les récoltes de blés. À côté on avait les « dîmes de charnage » prélevées sur les « menus » animaux élevés (agneaux, cochons, veaux, etc.). Dans les documents seigneuriaux on rencontre souvent ces dîmes de charnage car elles allaient le plus souvent au seigneur, parfois partagées avec le curé de la paroisse du lieu. De manière moins explicite on relève aussi que dans les tènements et fiefs de la Bernardelière, la Servantière et la Vergne Ortie à Chauché, la moitié de la « dîme des blés », ainsi appelée, était prélevée par indivis en 1700 par les seigneurs de Saint Hilaire et Durcot. Cette moitié valait alors environ 32 boisseaux par an. C’est ce qu’on apprend dans un aveu du seigneur de Puytesson à la Jarrie, et on note l’absence de terrage (32).

On sait que la réforme grégorienne de l’Eglise au Moyen Âge a consisté entre autres à restituer au clergé les dîmes, que les seigneurs avaient confisquées à leur profit. Dans la contrée les seigneurs prélevaient le terrage au 1/6e des récoltes et souvent les dîmes de charnage. À Saint-André-Goule-d’Oie, ils ont perçu la moitié du terrage, l’autre moitié (équivalente à 1/13e) allant au prieur de la paroisse, et sauf exceptions ils ont gardé aussi les dimes de charnage pour eux. Cette situation dura jusqu’à un aveu en 1550 du seigneur de Languiller, et un demi-siècle après la totalité du terrage était prélevé à son profit à Saint-André, sauf dans un tènement sur les 12 où on a pu faire un relevé (33). On fait un rapprochement avec les guerres de religion et l’engagement de Jules de Belleville, alors seigneur de Languiller, dans les rangs protestants, pour expliquer ce changement. À partir du 17e siècle à Saint-André-Goule-d’Oie, on constate que le seigneur de Languiller, dont la mouvance couvrait toute la paroisse, prélève, sauf dans un cas à la Bergeonnière, la totalité du droit de terrage au 1/6e des récoltes et souvent les dîmes de charnage. Et dans le même temps le clergé prélève un faible droit de boisselage. On ne le voit pas prélever cette grosse dîme au 1/13e. C’est normal car cela ne regardait pas le seigneur dont nous lisons les archives. Sauf que certaines déclarations et aveux mentionnent aux 17e et 18e siècles, outre les prélèvements seigneuriaux, aussi toutes les autres redevances d’un même tènement. Et dans ce cas la grosse dîme n’est pas mentionnée non plus, sauf ici exceptionnellement pour la borderie de la Vignolle dans le bourg de Chauché, car elle y était prélevée.

Au cas par cas et pour certaines terres seulement à Saint-André, on constate après coup comme à la Vignolle, que la grosse dîme existe là où le terrage n’existe pas. Il faut aussi remarquer que le terrage au 1/6e représente le double de la dîme au 1/13e, et que l’addition des deux sur une même terre, par ailleurs pauvre, eut été difficile. Il reste que nous n’avons pas la preuve documentée que cette situation était générale sur les terres à grosse dîme dans les paroisses de la contrée. À Chauché, comme à Saint-André, Saint-Fulgent et les Essarts, on prélevait un droit de boisselage au bénéfice du clergé, s’ajoutant à la grosse dîme, celle-ci limitée à certains terroirs seulement. Le boisselage était un prélèvement en grains uniforme sur tous les propriétaires. Il rapportait à Chauché chaque année à la veille de la Révolution 360 livres, et la grosse dîme avec des rentes rapportaient 485 livres. Le boisselage en Bas-Poitou a fait l’objet d’une étude publiée en 1953, qui n’est pas parvenu malheureusement à éclaircir son origine, faute de documents conservés (34). À cet égard, le cas de la borderie de la Vignole, rapproché de l’évolution à Saint-André du prélèvement du terrage à la fin du 16e siècle, apporte un éclairage à prendre en compte sur l’origine du boisselage.


Les seigneurs de la Rabatelière, seuls possesseurs de la Roche de Chauché (1730-1797)


La Roche de Chauché en 2019

En 1730 le seigneur de la Rabatelière acheta l’autre métairie de la Roche de Chauché (en même temps que la métairie de la Bleure) à Gilles Durcot, seigneur de Puytesson et Marguerite Eveillard son épouse. En février 1732, Marie Bertrand, veuve de René II Montaudouin, les acquéreurs, eut la surprise d’être assignée au présidial de Poitiers pour être condamnée à déguerpir de ses deux métairies (35). Et par sentence du 24 juillet 1733 le présidial condamna la dame Montaudouin au profit de Suzanne Grelier (épouse de Frédéric Reignon, seigneur du Page), à déguerpir des métairies de la Roche de Chauché et de la Bleure (36). Les vendeurs avaient des dettes envers Suzanne Grelier et les biens étaient hypothéqués. Mais l’administration des Hypothèques d’alors n’avait pas les mêmes sûretés qu’aujourd’hui, laissant la possibilité de ventes mal garanties au détriment des acquéreurs. Moyennant dédommagements de la châtelaine de la Rabatelière, celle-ci pu garder les métairies.  

Le métayer de cette métairie, appelée parfois la « Grande Roche », était en 1746 Nicolas Charrier, payant une ferme annuelle de 140 livres (37). À partir de 1765 il a laissé la place à son fils Jacques Charrier, qui épousera Perrine Fonteneau à Saint-André le 10 novembre 1767 (vue 59). Le bail est renouvelé pour 5 ans en 1770, moyennant 145 livres par an (38). La ferme ne comprenait pas les terrages et émoluments de fief de la seigneurie de la Roche, perçus directement par le château de la Rabatelière. En 1773 le bail est renouvelé pour 5 ans à Jacques Charrier et sa femme Perrine Fonteneau pour 1/3, et pour 2/3 à Nicolas Charrier (frère de Jacques) et sa femme Marie Bordron (mariés à Chauché le 2 juillet 1761, vue 13), et moyennant le même prix de 145 livres (39). Ils contribuent, dans cette proportion dans le prix de la ferme, au coût des charrues, charrettes et ferrures nécessaires, et au paiement des domestiques. L’autre métairie, dite de la « Petite Roche », achetée par Charles Bruneau à la fin du 16e siècle, était en 1758 affermée à un nommé Dugast pour 120 livres par an (40). De 1786 à 1788 ce dernier payait une ferme de 250 livres par an, l’augmentation constatée de ce montant comprenant pour l’essentiel l’incorporation des redevances féodales intervenue entre temps (41).

Le 25 août 1635 le seigneur de la Rabatelière avait acquis par échange les châtellenies de la Merlatière, Raslière et Jarrie de Louis de la Rochefoucault, marquis de Bayers, et consorts. Il céda les métairies de Châteauneuf (Mouilleron-le-Captif) et du Plessis des Landes (Saint-Fulgent), ainsi qu’une rente de 1312 livres et 10 sols par an, et paya une somme de 12 000 livres (42).

Aux assises de la Roche de Chauché du 19 aout 1632 on constate l’existence de rentes dues par les teneurs de certains tènements et villages à Chauché, les Essarts et Saint-André-Goule-d’Oie (7 villages à Saint-André), allant de 4 à 18 boisseaux de seigle (43). Rien n’est dit sur leur origine ni sur leur nature. En revanche elles ont été classées parmi les biens non nobles dans un partage de succession en 1779 par la famille des propriétaires de la Rabatelière. D’autre part nous savons par une déclaration du 28 avril 1753 que les teneurs de la Brosse Veilleteau (Essarts) devaient à la Roche de Chauché une rente annuelle et perpétuelle de 16 boisseaux d’avoine, qui était qualifiée de « noble foncière » (44). Cette précision est rare et malheureusement les archives de nous permettent pas toujours de connaitre ni l’origine ni la nature des rentes payées. Une autre déclaration du 22 novembre 1744 par 13 teneurs à la Rabatelière, à cause de la Roche de Chauché, reconnait les rentes secondes foncières requérables de 3 boisseaux seigle d’une part sur le tènement de Puyravault Dessus, et 4 boisseaux seigle d’autre part sur le tènement de Puyravault de Bas, aux Essarts (45). 

Ce sont ces rentes que les propriétaires au village du Coudray et de la Bergeonnière (Saint-André) contestèrent sans succès après la Révolution. À leur sujet, voir les articles publiés sur ce site : Conflit sur la rente foncière du Coudray en 1798 en février 2015, et Justice indigne en 1805 contre les habitants de la Bergeonnière en janvier 2018. Les archives conservent aussi un dossier de contestation des propriétaires de la Boisilière (Essarts), représentés par René Cossais, dont nous ne connaissons pas l’issue. Certains de ses descendants habitèrent la Parnière à partir de la fin du 19e siècle, alliés aux Fauchet.

Château de la Rabatelière

Les teneurs du village des Gâts (Saint-André) se sont fait « tirer l’oreille » pour déclarer cette rente, ayant boudé l’assise en 1732 de la Roche de Chauché tenue au château de la Rabatelière. Le sénéchal des assises, Jean Bousseau, prononça un jugement de défaut à cause de leur absence, contre Jean Robin, Jacques Chedanneau et Gaucher le 7 juin 1632. À l’assise suivante du 19 août 1632, il enregistra la déclaration de Jean Robin « tant pour lui que pour les autres teneurs » de la rente seconde, foncière, annuelle et requérable de 8 boisseaux à la mesure des Essarts (le boisseau pesait 15,4 kg). C’était une rente qui avait été créée après une rente préexistante (elle était seconde), garantie sur un bien foncier comme un tènement (de nature noble ou non). Il est intéressant de noter qu’aux Gâts, la rente a été acquise plus tard et avant la Révolution par une famille prospère de la Brossière, les Fluzeau (46). Nous aimerions savoir si elle aussi a causé des difficultés après la Révolution.

Le propriétaire des deux métairies de la Roche de Chauché, René Thomas Montaudouin, émigra pendant la Révolution et ses biens furent confisqués. On opéra un partage en 1797 entre la République, aux droits de l’émigré, et sa sœur, étant en indivision avec lui. Dans ce partage les deux métairies tombèrent dans le lot attribué à la République. Dans l’estimation préalable qui avait été faite on note (47) : 
- La métairie de la Petite Roche exploitée par Charles Dugast. Déjà en 1735 le métayer s’appelait Pierre Dugast (48). 
- La métairie de la Grande Roche exploitée par Etienne Giraud 

Les deux métairies ont été adjugées à un nommé Vexiau demeurant à Nantes le 25 floréal an 6 (49). On relève que ses bâtiments n’ont pas été incendiés pendant la guerre de Vendée.


(1) Aveu en 1343 de Jean Cathus à Montaigu (roi), à cause de Belleville pour ses droits sur Saligny et Chauché, Archives d’Amblard de Guerry, classeur d’aveux copiés aux Archives Nationales, cote p. 47 
(2) Aveu en 1343 de Jean de Thouars à Montaigu (roi de France) pour des domaines à Saint-André, no 389, Archives d’Amblard de Guerry : classeur d’aveux copiés au Archives Nationales. 
(3) Notes no 5 et 6 sur le bourg de Saint-André-Goule-d’Oie, Archives d’Amblard de Guerry : S-A 3. 
(4) Consultation du 29-7-1730 de Maillard sur la Roche de Chauché relevant de la Vergne, Archives de la Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 11. 
(5) Archives de Vendée, G. de Raignac, Quelques familles du Bas-Poitou, tome 5 : 8 J 5, famille de Rezay, page 132 et s. 
(6) Union de la Merlatière et de la Jarrie du 2-6-1503, réunion et élection de la Raslière et Merlatière en châtellenie du 2-1-1504, Archives nationales, chartrier de Thouars : 1 AP/1182.  Et Louis de la Boutetière, Recherches sur le canton des Essarts, Annuaire de la société d’émulation, 1875, page 37 et s. (vues 61 à 69). 
(7) G. de Raignac, De châteaux en logis, itinéraires de familles vendéennes, Bonnefonds, 1990, page 114. 
(8) Aveu du 8-5-1469 de Jean Vayronneau pour des domaines à la Roche de Chauché, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 11. 
(9) Procès à la Jarrie en 1607/1608 sur le parage de la Roche de Chauché, Archives nationales, chartrier de Thouars : 1 AP/1182. 
(10) Attestation de paiement du 6 juillet 1581 de la ferme de la Parnière, Archives de la Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 11. 
(11) Lieux-dits de Chauché, Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 29-2. 
(12) Reconnaissance du 13-4-1753 de la rente de 352 boisseaux d’avoine due par Puytesson à Languiller, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/E 40. 
(13) Idem (11). 
(14) Assignation du 7-7-1758 pour la continuation de la verrerie de Dompierre, Archives de Vendée, maitrise des Eaux et Forêts de Fontenay : B 1448. 
(15) Aveu du 1-6-1598 de la Jarrie, Raslière et Merlatière, Archives nationales, chartrier de Thouars : 1 AP/1181. 
(16) G. de Raignac, Quelques familles du Bas-Poitou, tome 1 : 8 J 1, famille Royrand, page 130. 
(17) Echange du 30 aout 1602 entre la Rabatelière et Puytesson, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/E 40. 
(18) Mesure rarement mentionnée dans le chartrier de la Rabatelière, et jamais dans les comptes du château de la Rabatelière au 18e siècle. On subodore une confusion de langage avec la mesure de la Jarrie. 
(19) Transaction du 5 décembre 1603 entre la Rabatelière et Puytesson, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/E 40. 
(20) Idem (9). 
(21) Aveu du 14-7-1610 de la Roche de Chauché rendu à la Merlatière, Archives de Vendée, G. de Raignac, Dépouillements d'archives publiques et privées concernant les familles vendéennes, vol. 12, 8 J 101, pages 69 et 70. 
(22) Transaction du 12-10-1584 sur la mouvance de la Roche de Chauché, et foi et hommage de la Rabatelière du 9-7-1618, Archives de la Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 11. 
(23) Appel en garantie du 26-11-1725 au présidial de Majou contre Bruneau, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 18. 
(24) 150 J/C 18 : communication du 1-1-1726 de Chevalier à Bourot de 10 pièces du procès, page 3, 4 et 13. 
(25) 150 J/C 18 : ordonnance du 14-5-1726 du présidial de Poitiers sur un jugement de la Jarrie. 
(26) Contrat du 27-12-1625 où la dame de la Rabatelière est chemier de la Roche de Chauché, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 11. 
(27) Blâme du 20-5-1729 de l’assise de la Jarrie sur l’aveu de la Vergne Ortie, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 11. 
(28) Idem (4). 
(29) 150 J/C 18, aveu du 22-5-1524 de Denis Macaire à la Vergne Ortie pour l’Oiselière (Chauché). 
(30) Mémoire de Guyot vers 1735 dans le procès portant sur le droit de rachat de la Roche de Chauché, Archives de la Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 11. 
(31) Déclaration roturière du 17-12-1745 de la borderie de la Vignolle (Chauché), Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/F 32. 
(32) Aveu incomplet du 6-7-1700 de Puytesson à la Jarrie, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/E 40. 
(33) Notes sur les lieux de Saint-André-Goule-d’Oie, Archives d’Amblard de Guerry : S-A 1, S-A 2 et S-A 3. 
(34) Marcel Faucheux, Un ancien droit ecclésiastique perçu en Bas-Poitou : le boisselage, Potier, 1953, page 171 et s. Archives de Vendée : BIB 785. 
(35) Requête de 02-1733 de Bourot au présidial, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 1. Et lettre du 3-1-1732 de Bousseau sur diverses affaires en cours, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/F 1. 
(36) Sentence du 24-7-1733 du présidial de Poitiers condamnant M. Bertrand à déguerpir Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 1. 
(37) Livre des comptes de la Rabatelière (1755-1767) et titres de propriété, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/K 6, page 17. 
(38) Ferme de la Roche de Chauché du 4-4-1771, Archives de la Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Frapier : 3 E 30/6. 
(39) Les Montaudouin, Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 64. 
(40) Livre des comptes de la Rabatelière (1755-1767) et titres de propriété, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/K 6, pages 64 et 100. 
(41) Livres des recettes et dépenses du château de la Rabatelière (1786-1789) pages 2, 9 et 18, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/I 55. 
(42) Acquisition du 25-8-1635 de Jarrie, Merlatière et Raslière par échange, Archives nationales, chartrier de Thouars : 1 AP/1182. Aussi dans le chartrier de la Rabatelière : 150 J/B 3. 
(43) Assises du 19-8-1632 de la Rabatelière et autres fiefs, Archives de la Vendée, chartrier de la Rabatelière 150 J/E 1. 
(44) Idem (39). 
(45) Déclaration roturière du 22-11-1744 des teneurs de Puyravault Haut et Bas (rente à la Roche), Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/C 6. 
(46) Déclaration roturière du 15-4-1779 de trois teneurs des Gâts à Linières, Archives de Vendée, notaires de Saint-Fulgent, Bellet 3 E 30/126. 
(47) Idem (39). 
(48) Commandement du 27-6-1735 pour le 10e à Chauché (1735), Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/F 35. 
(49) Archives de Vendée, vente des biens nationaux : 1 Q 263 no 1189. 


Emmanuel François 
Septembre 2020.


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