jeudi 1 octobre 2020

Les seigneurs et habitants de la Parnière des Brouzils (1350-1871)

La Parnière
Sur la route départementale no 7 qui va de Chauché aux Brouzils, à 3 kms du bourg de Chauché se trouve la maison de la Parnière, faisant partie de la commune des Brouzils à l’orée de la forêt de Gralas. Ses habitants fréquentaient plus souvent le bourg de Chauché que celui des Brouzils. C’était un petit fief noble avant la Révolution. Le lieu était connu aussi en ces temps anciens pour l’expression : « l’été d’la Parnière », entendue à la Copechagnière, les Brouzils et Chauché. S’il ne faisait pas beau début septembre, on disait : « n’y aura l’été d’la Parnière ». S’il faisait beau en fin septembre, on constatait : « c’est l’été d’la Parnière » (1). On ne sait pas pourquoi la Parnière a ainsi été une référence météorologique dans ses environs. L’historien Amblard de Guerry avance une hypothèse : le seigneur de la Parnière levait à la Saint-Michel (fin septembre) les avoines dues par les usagers des landes au seigneur de Montaigu (2). Autrement dit il était vu comme faisant la pluie ou le beau temps !

Le même historien a transcrit un aveu en 1343 au roi de France, ce dernier en tant que seigneur de Montaigu, de Guillaume Normandeau pour la Normandelière (Copechagnière). Il y cite Maurice de la Parnière qui tenait de lui des domaines, en un lieu que la dégradation du document n’a pas permis de lire, occupant une surface de 12 septerées de terres, bois et landes, et pré en journaux à 7 hommes (3). À la même époque le seigneur de la Parnière était un parent de Maurice, Guillaume de la Parnière, marié à Létice Buor (fille du seigneur de la Lande, Guillaume Buor). Ce sont les premiers seigneurs de la Parnière connus, portant le nom de leur terre. Leurs blasons étaient « de gueules, à cinq annelets d'argent, posés deux, deux et un ; au franc quartier d'azur » (4).

 

La Parnière et la famille d’Aubigné (v1443-v1540)


Le deuxième seigneur connu de la Parnière est Charles de la Parnière, marié à Marguerite Charuelle à la fin du 14e siècle. Il était le fils de Guillaume cité ci-dessus. On le connait par son gendre, qui épousa en 1443 Jeanne de la Parnière, Thibault d’Aubigné. Thibault était aussi seigneur de la Jousselinière et de la Touche d’Aubigné (Maine-et-Loirre), fils de Jean d'Aubigné et de Marguerite Gasselin. Il promit en 1445 à Jean de Mauges 400 écus d'or neufs, en faveur de son mariage accordé avec Marguerite de la Parnière, sœur de Jeanne sa femme (5).

Thibault d’Aubigné (1402-av1482) fut reçu écuyer en l’écurie du roi Charles VII par lettres données le 12 juillet 1450 aux Montils-les-Tours, en considération de sa noblesse. Il fit son testament le 12 juillet 1480, par lequel il ordonna sa sépulture dans le chœur de l'église paroissiale de Pin-en-Mauges avec ses prédécesseurs, et fonda une chapelle dans la maison de la Jousseliniere, dont il se réserva la présentation à lui et à ses successeurs. Il était mort avant le 14 décembre 1482 (5). Les d’Aubigné avaient pris le nom de la terre dont ils étaient seigneurs en Anjou (Aubigné-sur-Layon dans le canton de Vihiers, Maine-et-Loire), et formaient une famille d’ancienne noblesse dont l’ancêtre, 9 générations plus tôt, avait possédé un fief en Syrie lors des croisades. À une lieue (4 kms) d’Aubigné se trouvait la Touche dans la paroisse de Faveraye-Machelles, que possédait aussi Thibault, le seigneur de la Parnière, avec la Jousselinière (près du Pin-en-Mauges, Maine-et-Loire). On connait 6 enfants à Thibaut d’Aubigné et Jeanne de la Parnière, dont François l’ainé et Antoine. Ce dernier épousa Charlotte de Brie, dont descend, 4 générations plus tard, le célèbre Agrippa d’Aubigné (1552-1630), poète, historien et un des chefs protestants pendant les guerres de religion (6). L’épouse de Louis XIV, marquise de Maintenon née Françoise d’Aubigné, serait sa petite-fille, ce qui fut contesté parfois.    

On connait un Aubin d’Aubigné vendant en 1436 la seigneurie des Bouchauds (Essarts), suzeraine des fiefs de la Mancellière et de la Roche Mauvin à Saint-André-Goule-d’Oie. On ne sait pas faire de lien, pourtant probable, entre lui et Thibaut d’Aubigné, seigneur de la Parnière. L’année d’après, la seigneurie des Bouchauds, à nouveau en vente, était acquise par le seigneur de Languiller, Jean de Sainte-Flaive (7). Son père avait acquis la seigneurie du Coin à Saint-André quelques dizaines d’années auparavant.


François d’Aubigné, seigneur de la Touche, la Jousselinière et la Parnière, le fils ainé de Thibaut et de Jeanne de la Parnière, épousa Marie Paumart, fille de Jean Paumart et de Catherine de Launay, et veuve de Thibaut d’Aubigné, son père, que ce dernier avait épousée en 2e noces après le décès de Jeanne de la Parnière. François d’Aubigné eut au moins 8 enfants, dont l’ainé, Hervé d’Aubigné. Dans le cartulaire de la Jaunière on trouve l’indication que François d’Aubigné, seigneur de la Parnière, tenait à foi et hommage plain de la seigneurie de la Jarnigandière mouvante de Montaigu, la métairie de la Caillère et la moitié du droit de terrage de la Boutaire (toutes aux Brouzils) (8). L’extrait du cartulaire peut se dater vers 1470. 

Hervé d’Aubigné, fils du précédent, seigneur de la Touche, la Jousselinière et la Parnière, fit son aveu pour la Parnière le 10 juin 1499 au baron de Montaigu, Gilles de Belleville, tenue à foi et hommage lige (9). Il devait sa ligence de 40 jours en sa maison de ligence située à l’Herbergement-Entier (sud-ouest de Montaigu), appelée communément la ligence de la Parnière. L’hôtel noble de la Parnière est décrit ainsi : « avec ses issues, entrées, vergers, courtils (jardins), treilles, étangs, vignes, bois, garennes, prés, terres gastes (landes), gaigneries (terres labourables), cens et rentes en blés, deniers, chapons, gelines (poules), bians (corvées) de bras et de bœufs, terrages, terrageries (terres soumises au terrage), dimes de bêtes, complant (vigne), usages de bois gros et menus, justice, juridiction basse et autres droits de noblesses ». À cette date les domaines occupaient 8 septrées de terre labourable (15 ha environ), en pré journaux à 30 hommes (15 ha), en vigne journaux à 30 hommes ou environ (12 ha) et 10 septrées de bois (20 ha), le bois situé entre la forêt de Gralas et la Parnière. Cette énumération manque de précisions géographiques, mais on sait que d’autres terres de la métairie de la Parnière, les tènements de la Dublière, l’Oiselière et Briaudière relevaient de la seigneurie de la Roche de Chauché (10).

 
                                  Gravure d’O. de Rochebrune : château de Montaigu

De plus, le seigneur de la Parnière possédait des droits dans la forêt de Gralas, celle-ci appartenant au baron de Montaigu. D’abord celui de prendre tout bois sec, vert et mort pour son chauffage et autres nécessités, exceptés chênes, fainiers (hêtres) et châtaigniers, à condition d’avoir perdu le feuillage après la floraison. Ensuite il pouvait « prendre des abeilles crues (errantes) ou qui fussent venues d’épaves, … et les cueillir de l’arbre où elles seraient assises, et dudit arbre pourrait prendre auprès des dites abeilles jusqu’à 9,5 pieds et en faire ce qui lui plairait ». Pour ce « droit de noblesse des abeilles » il était tenu de payer chaque année un gallon de miel (5 kg) à la « vigile » (veille) « Pâques fleuries » (dimanche des Rameaux), estimé à 5 sols en argent par an. En plus il pouvait se fournir en rortes (liens, d’osier de préférence) nécessaires pour faire le labourage de ses terres (attaches des bœufs) dans la partie de la forêt appelée le Pastureau, et prendre les restes des arbres coupés et non marqués par le verdier de la forêt (garde-forestier). Enfin il avait le droit de faire pâturer ses « bêtes aumailles (gros bétail), bœufs, vaches, veaux, génisses, chevaux, poulains, porcs et autres bêtes ».

Le seigneur de la Parnière tenait aussi sous son hommage sa sergentise (fief chargé d’un service) sur les paroisses des Brouzils, de Boufféré, de Saint-Denis-la-Chevasse, Mormaison, Saint-Sulpice-le-Verdon, Bevereau (près de Montaigu), pour ce qui était du ressort de Montaigu. Il pouvait déléguer son office à un alloué (titulaire d’une charge judicaire), préalablement agréé par le sénéchal ou châtelain de Montaigu. La sergentise de la Parnière constituait un office de justice de la baronnie de Montaigu chargé de fonctions financières locales : amendes, inventaires, prélèvements de certaines rentes, gardant une partie des prélèvements pour se rémunérer. L’aveu de 1499 énumère dans le détail les redevances concernées : amendes de justice, inventaires, demande de corvées de bœufs, abattage des bestiaux. Pour cela le seigneur de la Parnière devait chaque année un devoir appelé quinzaine de mai, valant 17 sous 6 deniers. Les valeurs des péages sont précisées pour chacune des denrées transitant aux limites de la châtellenie de Montaigu (au pont Sainte-Mesme), dans les villes de l’Herbergement-Entier et autres paroisses, en certaines fêtes ou occasions (foires et marchés), et comprenant des exceptions bien sûr. S’ajoutent aussi des redevances en argent, et volailles dues par les teneurs de nombreux tènements des paroisses aux alentours du ressort de Montaigu, mais ne comprenant pas Chauché.


L’aveu décrit dans le détail les 4 droits de corvées à sa demande, fournies par les teneurs des tènement Cailleau des Mortiers et Chemairière des Brouzils :
- pour aller aux marais quérir du sel une fois l’an,
- aux alentours de la terre de la Parnière en temps d’hiver
- à couvrir les blés au temps de la Saint-Michel,
- pour faner tous les prés de la Parnière, jusqu’à ce que le foin soit sec et mis en meulons (meules ou tas), et le conduire en la grange de la Parnière.

Tous ces droits sont estimés valoir chaque année environ 100 livres. Et s’y ajoutent des fiefs vassaux et tènements roturiers tenus de la Parnière. C’est le cas du fief du Marchais près la Mothe Girard aux Brouzils, tenu à foi et hommage, ainsi que les villages du Chêne, des Girairières (Brouzils). Sont tenues aussi sous l’hommage de la Parnière une rente de 3 mines (24 boisseaux) de seigle, prélevée à la Chemairière et due aux héritiers de Philippe de la Garde (Rocheservière), une autre rente d’une mine de seigle due à Jean Grignon sieur de la Robretière (Chavagnes). 

Gravure d’O. de Rochebrune :
 
porte du château de Sigournais
Hervé d’Aubigné épousa en 1509 Catherine de Sainte Flaive, déjà veuve de Louis de Villeneuve en Anjou. Elle était la fille de Guy de Sainte Flaive (v1432-v1486) seigneur de Sigournais, Languiller, Sainte-Flaive et fief Goyau, et de sa deuxième épouse, Roberte de Coningham. Catherine de Sainte Flaive et Hervé d’Aubigné transigèrent en 1517 avec la fille de Jacob de Sainte Flaive (demi-frère de Catherine), Jacquette, et son mari Jean de Belleville, seigneur de Languiller. Elle avait aussi comme demi-sœurs Jacquette, qui épousa Guyon de Rezay, seigneur de la Jarrie et de la Roche de Chauché, et Françoise, qui épousa René de la Tremoïlle seigneur de l’Herbergement-Ydreau (devenu l’Oie).

Hervé d’Aubigné vendit le fief de la Maisonneuve (alors situé à Saint-André-Goule-d’Oie et depuis 1640 à la Rabatelière) au seigneur de la Mancellière, Jean Prévost, avant 1499, année où ce dernier y fit construire les bâtiments d’une métairie (11). Hervé d’Aubigné possédait la Roche Mauvin, comme on le voit dans une offre de foi et hommage plain de son fils en 1546.


Avec Catherine de Sainte Flaive il eut :
- René d’Aubigné, qui suit, et qui épousa en 1531 Renée d’Escoubleau de Sourdis,
- Antoinette, qui épousa en 1535 Jean III de Rorthais, seigneur de la Durbelière,
- Hardy, seigneur de la Touche,
- Renée, morte jeune.

René d’Aubigné, seigneur de la Touche, Jousselinière et Roche-Barathon, la Peronnière et les Nouhes, possédait plusieurs domaines dans la contrée en 1550, outre la Parnière :
- Le fief-métairie de la Roche Mauvin à Saint-André-Goule-d’Oie. Il a donné une procuration au fermier des lieux, Guillaume Moreau, pour en faire le 22 juillet 1546 la foi et hommage plain avec droit de rachat à un cheval de service, qui fut reçue par le sénéchal de Languiller et des Bouchauds, établi aux Essarts (12). Plus tard la Roche Mauvin passa à sa sœur Antoinette
- « Des choses » au village de la Chataigneraie (Essarts) avec Jean de Ligny, seigneur du Boisreau à Chauché, tenues sous l’hommage de Languiller à la baronnie des Essarts (13).
- La moitié des terrages de la Limouzinière (Chauché) avec Jarnigand seigneur de la Benetière (Chauché), tenu sous l’hommage de Languiller, et l’autre moitié sous l’hommage de la Barotière (Chauché), alors possession du seigneur de la Chapelle (14).

Rorthais (v1540-1610)


Antoinette d’Aubigné, sœur de René d’Aubigné, apporta à son mari Jean de Rorthais, notamment la Parnière, la Roche Mauvin et la moitié des terrages de la Limouzinière. Pour cela il dut y avoir un partage entre les enfants d’Hervé d’Aubigné aux alentours de 1550. Les Rorthais sont une famille noble d’origine chevaleresque qui a donné les branches de Montbail, la Durbelière et la Poupelinière. La Durbelière était située proche de Mauléon (Deux-Sèvres) et le célèbre général vendéen, Henri de La Rochejaquelein y naquit en 1772. Dans un aveu de la Chapelle Begouin à Languiller du 29 mai 1579, est décrite la possession par Antoinette d’Aubigné, dame de la Durbelière et de la Parnière, de la moitié par indivis sur la Limouzinière (Chauché). Sa surface exploitée était de 25 septrées (163 boisselées ou 50 ha). Les redevances qu’elle perçoit sont (14) :

-          La moitié des dimes des bêtes, laines, lins, chanvres et potagers (produits du jardin) qui peuvent bien valoir par an 5 sols de rente ou environ.

-          De plus elle prend comme ses prédécesseurs la moitié du droit de terrage, ce dernier étant de 1/6e des récoltes, valant par an 3,5 setiers de blé ou environ à la mesure des Essarts (56 boisseaux, soit 860 kgs de seigle environ au total, dont elle prenait la moitié).

-          La rente qu’elle touche se monte à 10 sols, 4 chapons et 2 gelines (poules) à noël, et 15 sols à la fête de Saint-Jean-Baptiste.

-          S’y ajoute une autre rente en blés : 7 boisseaux de seigle et 7 boisseaux d’avoine à la mesure des Essarts au terme de mi-août.

-      Enfin elle peut requérir une corvée de 4 bœufs avec une charrette et 2 hommes pour les conduire, un jour toutes les quinzaines. Ces corvées féodales évolueront au 18e siècle vers une corvée de laboureurs à bras par semaine. C’est une rareté à signaler, quand on la compare avec la situation des corvées féodales à Saint-André-Goule-d’Oie, où dès le 17e siècle leurs valeurs avaient toutes été incorporées dans le cens ou les rentes existantes. 


Le fief-métairie de la Roche Mauvin a été vendu ensuite par échange au seigneur de la Rabatelière à

la fin du 16e siècle, par Jean de Rorthais, seigneur de la Durbelière (15). Il a conservé la Parnière

car en 1581, lors de l’attestation du paiement du fermier de la Parnière, on voit que celle-ci est tenue

La Roche Mauvin  (Saint-André-Goule-d’Oie)

de la Roche de Chauché par Antoinette d’Aubigné, dame de la Durbelière et de la Parnière (16).

Jean de Rorthais et Antoinette d’Aubigné eurent 3 enfants connus :
- François de Rorthais, seigneur de la Durbelière, de la Trappe et de la Parnière, qui épousa d’abord Antoinette Tourteau, puis en 1585 Jacqueline de la Chataigneraie.
- Urbain de Rorthais, abbé commendataire de Beaulieu, prieur de Courson et du Puits Notre-Dame, conseiller aumônier ordinaire (titre honorifique) de la reine douairière de France, Catherine de Médicis. Henri IV le choisit pour l’évêché de Tours en 1592.
- Catherine, qui épousa en 1561 Charles Petit de Salvert.

François de Rorthais. Il nous est connu presque uniquement dans une affaire judiciaire. Il fut en effet condamné par sentence de la cour seigneuriale des Essarts du 6 juin 1585 à faire la foi et hommage lige sans ligence, devoir de rachat et 5 sols annuels de garde, au seigneur de la Chapelle (René Begaud), à cause de la Chapelle et pour raison de la moitié par indivis de la Limouzinière. Le seigneur de la Chapelle avait abonné son devoir de rachat à Languiller par amortissement, ce qui n’avait aucune conséquence sur le droit de sous-rachat de la Chapelle sur la Limouzinière, contrairement à ce qu’avait espéré François de Rorthais (17).  

François de Rortais et Jacqueline de la Chataigneraie eurent une fille, Renée de Rorthais. Elle était mineure et orpheline en 1598, et c’est son oncle, Urbain de Rorthais qui fit l’offre de foi et hommage cette année-là à la Chapelle Begouin, pour la moitié du fief de la Limouzinière de Chauché, au nom de sa nièce (18).

Pierre de Meules, seigneur de Fresne, chevalier de l’ordre de Saint-Michel et maître de camp (colonel) d’un régiment d’infanterie, épousa Renée de Rorthais en 1602 (19). De leur mariage est issu Louis de Meulles, chevalier seigneur du Fresne et de la Durbelière, époux en premières noces de Madeleine Girard de Charnacé, et en deuxièmes de Marie-Anne Duvergier de la Rochejaquelin (20).

Dans un aveu à la Roche de Chauché du 14 juillet 1610, est cité René (Pierre) de Meules tenant le tènement de la Debuterie à foi et hommage plain à cause de sa femme Renée de Rorthais. Il est qualifié de seigneur du Fresne et de la Parnière, et tenait sous le même hommage le tènement de l’Oiselière  voisin, et celui de la Briandière, le tout constituant la ferme de la Parnière (21). 

Gourdineau (1614-1723)


On ne sait pas comment le fief de la Parnière passa après 1610 de Pierre de Meules à la famille Gourdineau, de manière avérée dès 1615, par achat ou par mariage probablement. Les Gourdineau étaient implantés en Bas-Poitou comme le suggère le mariage de Pierre Gourdineau, sieur de la Haustière, à Chavagnes-en-Paillers le 6 février 1622 (vue 9 du registre paroissial accessible sur le site des Archives de Vendée) avec Renée Laheu, dame de la Coussière.

Michel Gourdineau, seigneur de la Haustière (ou Hauttettière) et de la Parnière, rendit un aveu vers 1615 pour la Parnière à Montaigu. La copie du texte est imparfaite à cause de la détérioration de l’original. On note des droits supplémentaires par rapport à l’aveu de 1499 ci-dessus, sur des villages et tènements à Saint-Georges-de-Montaigu : Pitière (27 boisselées) et autres pièces des Begaudières et Corbinières. Aux Brouzils : les Baudrières, la Serazinière (proche la Brelaizière), la Bonninière, et le tènement du censif Cobergeau (près le village de la Sauvetrière). À Saint-Denis-la-Chevasse le tènement de l’Ouvrardière (22).

Michel Gourdineau rendit un aveu le 18 aout 1650 à Languiller pour raison de droits à la Vrignonnière de Chauché, parfois appelée la Vrignonnière Girardeau (23). Il y est indiqué comme demeurant à la Parnière. Sur la Vrignonnière il avait droit de juridiction basse, lods et ventes (droits de mutations) et tous émoluments de fiefs. Il avait aussi des droits d’usage dans la forêt de Gralas faisant 600 hectares, celle-ci appartenant en 1668 aux héritières de Gabriel de Machecoul, marquis de Vieillevigne, Montaigu et autres lieux, et de Renée d’Avaugour. Un conflit surgit en 1662 entre ces héritières et plusieurs usagers de la forêt, dont Michel Gourdineau. Ce dernier fit valoir qu’il avait acquis le 12 mai 1614 avec Elizabeth Rabot (sa femme très probablement), la métairie de la Chemairière (Brouzils) de François Limousin, seigneur de la Michelière. Cette terre, relevant de Montaigu, avait un droit d’usage dans la forêt de Gralas. Puis dans un aveu de la Parnière du 30 juin 1646, il est indiqué que celle-ci avait dans la forêt le droit de bois mort pour son chauffage, et celui de prendre des abeilles errantes avec redevance d’un galon de miel (24), comme on l’a vu plus haut dans un aveu de 1499.  Avec les autres usagers de la forêt de Gralas le seigneur de la Parnière revendiquait de garder ses droits d’usage. Il eut gain de cause par jugement de la Chambre des réformations des Eaux et Forêts au siège général de la Table des Marbres du Palais à Paris le 23 juillet 1668, jugeant en dernier ressort (25).

En 1677 Michel Gourdineau avec Gabriel de Plouer, seigneur de la Chopinière (Sainte-Cécile) et mari de Marie Gourdineau, firent une transaction avec Barthélemy Soulard pour transformer une créance qu’ils avaient sur lui en rente sur la Vrignonnière de Chauché (26);


La Vrignonnière (Chauché)

Michel Gourdineau, seigneur de la Parnière, fit offre de foi et hommage le 30 juillet 1681 à Philippe Chitton, seigneur de Languiller à cause de Languiller, pour raison des tènements de la Robinerie et de la Vrignonnière (Chauché). Mais les deux hommes s’opposaient sur la nature de certaines redevances, nobles ou roturières, prélevées dans ces deux fiefs. La querelle avait donné lieu à une première sentence en 1675 de la cour des Essarts condamnant Michel Gourdineau à payer à Philippe Chitton les bians (corvées) dus sur la Robinerie et la Vrignonnière. La sentence avait été confirmée en appel en 1678 par le sénéchal de Thouars (suzerain des Essarts), puis infirmée en recours devant le présidial de Poitiers en 1679. Le 19 mai 1681, le parlement de Paris avait accepté le recours en dernier ressort fait devant lui par le seigneur de Languiller. Les actes de procédure s’y succédèrent avec ardeur ensuite des deux côtés (27). C’est alors que Gournideau crut habile de faire son offre de foi et hommage devant notaires au palais de justice de Paris, où il avait donné rendez-vous à Philippe Chitton. Moyennant quoi on a le texte suivant : « Aujourd’hui 31e et dernier jour de juillet l’an 1681 sur les onze heures, en la compagnie des conseillers du roi notaires au Châtelet de Paris soussignés, Michel Gourdineau, écuyer sieur de la Parnière, demeurant ordinairement à Marigny-en-Brie (baillage de Château-Thierry), étant de présent à Paris logé rue Jean de l’Epine, s’est transporté en la grande salle du Palais à Paris, où étant, il aurait rencontré Philippe Chitton, écuyer ... ». Les notaires poursuivent en écrivant que Gourdineau, s’adressant à Chitton, « s’étant à cet effet mis en devoir de vassal, sans épée ni éperon, après avoir mis le genou en terre, lui a dit à voix intelligible qu’il lui portait la foi et hommage qu’il soutient faire à cause des dits fiefs susdits ... ». Chitton en retour a blâmé le seigneur de la Parnière « pour ce qu’il n’est ni en état ni en lieu où il se doit faire (l’hommage), attendu que c’est à son hôtel de Languiller où il doit faire ledit hommage, en présence des officiers qui le recevront quand il se mettra dans son devoir, puisque c’est au lieu seigneurial que l’on doit faire rendre les fois et hommages, et prêter le serment de fidélité à son seigneur, la main sur le saint évangile, ainsi qu’un vassal est tenu faire, suivant et au désir de la coutume du Poitou où les lieux sont situés, et non en la salle du Palais où ces sortes d’actes ne se peuvent faire valablement ... » (28). On a là un des exemples du comportement chicaneur et inflexible de Philippe Chitton. Jugé comme défectueux, Gourdineau fut condamné à faire de nouveau ses devoirs et obéissances par arrêt du 2 septembre 1682 (29). Ce texte nous transporte dans l’univers du droit féodal et nous donne une information précieuse : le seigneur de la Parnière vivait à cette date dans la petite commune aujourd’hui appelée Marigny-en-Orxois près de Château-Thierry (Aisne). Sa fille Michelle se mariera et vivra dans la province de Brie. Il ne faudra pas s’étonner en découvrant plus tard que la Parnière était laissée à l’abandon. Quant au procès, il se termina en 1684 par la condamnation de Gourdineau par le parlement de Paris à payer à Chitton deux rentes nobles annuelles : 3 boisseaux de seigle et 3 sols et 1 chapon (29).


Robert et Majou (1723-v1750)


Alexis Robert lui succède à la Parnière, étant l’héritier de Michel Gourdineau ci-dessus (30). Très probablement était-il son petit-fils et fils de Renée Gourdineau (1630-1688), qui avait épousé Jean Robert, seigneur de la Générie (Clouzeaux) et des Pacaudières (La Couture). Renée Gourdineau est décédée le 21 janvier 1688 à La Couture (vue 25). Ils eurent Renée et Suzanne, jumelles nées le 30-9-1673 à La Couture (vue 4). L’historien Maurice Maupilier leur a trouvé d’autres enfants (31) : 
- René Robert (1660-1694) seigneur de Générie et d’Aubigny, marié à Claude de Beynac (1674-1751). 
- Paul Robert, mort en 1691. 
- Suzanne Robert, mariée le 18 mai 1693 avec Eusèbe Girard (Session du conseil général de la Vendée, rapport des chefs de service, 1894, 4 Num 220/150, page 402, vue 159). Elle était veuve en 1720.
- Alexis Robert, seigneur des Pacaudières et possesseur de la Parnière, marié à Agathe Boucquet et mort en 1706. Son fils Alexis mourut jeune, assassiné en 1724.

En 1701 Alexis Robert était en procès à la cour présidiale de Poitiers contre Gabriel Antoine de Creux, marquis de Montaigu, sur le paiement du droit de ligence de la Parnière. On constate que le devoir de ligence de la sergenterie n’était plus rempli personnellement par le seigneur de la Parnière, et qu’en conséquence ce dernier se refusait à verser les devoirs financiers qui y étaient liés. Le suzerain de Montaigu prétendait au contraire convertir cette obligation personnelle en une obligation réelle en argent (32). L’information est intéressante en ce qu’elle révèle l’obsolescence à cette époque des droits seigneuriaux de la sergenterie issus du Moyen Âge, dont la valeur en argent s’était considérablement dévaluée avec l’inflation. Deux exemples de l’aveu de 1499 pour s’en rendre compte : le droit d’herbeaux consistant à prélever à la Saint-Michel sur les débiteurs de rente en avoine, 1 denier pour chaque setier dû (soit 16 boisseaux), et le péage d’1 denier perçu sur chaque marchand d’oignons, moutarde ou autres graines entrant en la châtellenie de Montaigu chaque Saint-Georges et Sainte-Radegonde (le denier était en plus partagé par moitié avec le prévôt de Saint-Georges-de-Montaigu). En pratique « le jeu n’en valait plus la chandelle ». 

La Parnière

En 1703 Alexis Robert demeurait à la Parnière, ayant une dette de 49 livres 9 sols envers Jeanne Jeullin, veuve de Joachim Merland sieur des Charprais, la mère de Jacques Merland sieur de Champeau et futur fermier de la baronnie des Essarts (33). Ce ne devait pas être la seule dette, car la maison noble de la Parnière et ses dépendances fit l’objet d’une saisie réelle sur Alexis Robert à une date non repérée, comme on l’appendra plus tard dans un acte de 1723, à la requête de deux créanciers : André Chevallier et Pierre Grondel, marchands (34).


Et puis on a un aveu pour la Bironnière et la Vrignonnière en 1720 d’Anne Joseph de Lespinay, pour sa femme Marie Michelle Gourdineau (1670-1754), fille de Michel Gourdineau. Dans cet aveu Anne Joseph de Lespinay est dit seigneur d’Artonges (Brie) et de la Parnière (35). Renée et Marie Michelle Gourdineau étaient-elles sœurs ? C’est probable et en tout cas la Parnière passa du fils de Renée à Marie Michelle. Celle-ci épousa en 2e noces Antoine François de Chavigny. Elle est morte en son château d’Artonges en Brie (Aisne) le 24 mars 1754 à l’âge de 84 ans, loin de la Parnière qui avait été entre les mains d’un adjudicataire du bail judiciaire, Nicolas Papin pour les années 1722, 1723 et 1724. Ce dernier rendait compte de sa gestion à un contrôleur des saisies réelles de la sénéchaussée et siège présidial de Poitiers (Pierre Mathieu Babinet).

Les bâtiments de la Parnière étaient en mauvais état, et Nicolas Papin fit une requête le 23 février 1723 au lieutenant général du Poitou pour lancer une procédure d’expertise des dégâts, lequel ordonna une commission spéciale à cet effet. Le lendemain 24 février le contrôleur aux saisies nomma comme son procureur pour la visite de la Parnière Louis Basty, procureur (avoué) en la cour de justice de la Rabatelière (36). Par ordonnance du 3 avril 1723 Pierre Gourraud, sénéchal et seul juge ordinaire civil et criminel des vicomtés et châtellenies de la Rabatelière, Jarry et Raslière, nomma deux experts pour la visite et l’estimation des réparations les plus urgentes et nécessaires à faire à la Parnière. Les deux experts nommés d’office sont François Suire, maître maçon demeurant au village de la Haye à la Rabatelière, et Mathurin Debien, maître charpentier demeurant à la Parnière (37). Le même juge a donné acte, le 5 aout 1723, à ces deux experts de leur acceptation et serment, et a fixé leurs honoraires à 40 sols chacun pour leur journée (plus du double des gages d’une journée dans le métier). Alexis Robert avait été assigné à comparaitre en la personne de son avocat, qui ne comparut pas. Le juge le déclara défaillant et le texte de l’ordonnance ne fait pas allusion à son décès intervenu, son assignation ayant apparemment été faite pour la forme. Malheureusement le contenu du dossier accessible s’arrête là et on ne peut pas profiter de la visite des lieux.

On trouve au début de l’année 1725 un nommé Jean Majou ayant acquis la métairie de la Parnière (tènements de l’Oiselière, Dublière et Briaudières). Probablement l’a-t-il achetée aux enchères devant un tribunal. Il avait payé le tout 9 000 £, y compris les droits de lods et ventes et rachats (droits seigneuriaux de mutations) pour 2 100 £ (38). Nous le savons par un procès intenté contre lui par le seigneur de Puytesson au tribunal seigneurial de la Jarrie (Saligny) pour défaut de paiement des droits de mutations seigneuriaux. Or l’acquéreur les avait tous payés au seigneur de la Rabatelière. Majou fut condamné par le sénéchal de la Jarrie le 6 mars 1725. Il fit appel au présidial de Poitiers, appelant en garantie le seigneur de la Rabatelière, et finit par avoir gain de cause (39). C’est qu’alors la seigneurie de la Roche de Chauché, vassale de la Jarrie et suzeraine de la Parnière, était partagée par moitié entre les seigneurs de Puytesson et de la Rabatelière, et les droits seigneuriaux se partageaient aussi par moitié. À cette époque le métayer de la Parnière s’appelait Michel Caillaud (40). Jean Majou, sieur des Coudrais, demeurait à la Loubinière-des-Champs en la paroisse de Sainte-Pazanne (41).

Après cet épisode qui se termine en 1726, la documentation fait défaut jusqu’en 1759, où apparait le nom du futur propriétaire des lieux.


Les Forestier (v1785-v1830)


« Dame Renée Gralepois, de la Parnière », âgée de 36 ans, épousa le 26 juin 1759 aux Brouzils (vue 113 du registre paroissial 1753-1760 AD2E038) Joseph Forestier, âgé de 38 ans, demeurant à Chauché et veuf de Marie Madeleine Jagueneau. Sans archives sur la propriété à cette époque il nous faut se contenter de suivre les propriétaires par leur état-civil, désormais des roturiers. Au jour de ce mariage la mariée est orpheline de ses parents, René Gralepois et Marie Canteteau, mariés aux Brouzils le 25 septembre 1718 (vue 73). Or le 19 juin 1725 un René Gralepois avait été adjudicataire des revenus de la métairie de l’Oiselière (Parnière), saisis féodalement à la requête et au profit du seigneur de Puytesson, sur son propriétaire Jean Majou comme on vient de l’évoquer. C’est donc probablement le même René Gralepois qui acquit la maison de la Parnière à une date inconnue, vendue probablement par le sieur Majou de Sainte-Pazanne. René Gralepois est qualifié de « maitre » au mariage de son autre fils René Gralepois le 20 février 1759 aux Brouzils avec Marie Bouron (vue 110). Le mot désignait alors un artisan ayant des ouvriers ou quelqu’un exerçant une profession libérale au sens actuel du mot.

En 1788 le seigneur de la Rabatelière fit abattre des arbres au bord du chemin traversant sa forêt de Gralas à partir de la Parnière. Il note dans son livre de compte : « Payé à Lucas pour faire aligner l’avenue de ma forêt d’aller de la Parnière à la Pierre Blanche : 9 livres » (42).


On connait trois enfants à Joseph Forestier et Renée Gralepois, habitant à la Parnière, baptisés aux Brouzils : 
- Charles Joseph né le 13 décembre 1761 (vue 141) et décédé le 28 novembre 1796 (vue 36). 
- Marie Anne née le 19 décembre 1763 (vue 9). 
- René Pierre né le 2 avril 1766 (vue 127).

On a une anecdote intéressante sur le fils ainé, Charles Joseph. Il avait 22 ans quand le garde-chasse du château de la Rabatelière le surpris en train de chasser illégalement le 13 septembre 1783 aux environ de la maison de la Roche de Chauché. Dans son procès-verbal le garde-chasse, Pierre You, écrit : « j’ai aperçu le sieur Forestier le jeune, praticien, demeurant à la Parnière, dans une pièce de terre qui était en blé nouvellement coupé située près de la Roche, étant des fiefs et seigneuries, lequel avec un fusil et 2 chiens, l’un courant et l’autre couchant, chassait, et d’autant qu’il n’est de qualité requise et n’a ni droit ni permission ». Il était praticien, c’est-à-dire qu’il connaissait la pratique des lois, notamment l’ordonnance sur les Eaux et Forêts de 1669 interdisant la chasse aux non possédants de fiefs sur les domaines des fiefs, comme celui de la Roche de Chauché alors possédé par le châtelain de la Rabatelière. « Comme j’avançais vers lui pour lui faire commandement de me remettre le fusil qu’il portait, il s’est mis à fuir sans qu’il m’ait été possible de le joindre malgré que je lui aie crié que je lui faisais commandement de me remettre son fusil, ce que j’ai pris pour un formel refus de sa part de satisfaire à mon commandement. » Le garde alla déposer son procès-verbal à la maitrise des Eaux et Forêts de Fontenay-le-Comte le 3e jour suivant, où il jura de sa vérité la main levée (43). 
La suite judiciaire, que nous ne connaissons pas, était de la responsabilité de cette administration. Forestier le jeune dut bien avouer à ses parents sa mésaventure, et sans doute fut-il heureux 6 années plus tard de découvrir les décrets publiés après la nuit du 4 aout 1789 pour « détruire entièrement le régime féodal ». Le privilège exclusif de chasse dans les fiefs nobles fut aboli. Mais le décret du 30 avril 1790 interdit ensuite de chasser sur le terrain d’autrui sans l’accord du propriétaire, ce qui dut le décevoir avec tous les braconniers de la contrée, toutes opinions confondues.

René Pierre Forestier (1766-1840) était marchand, demeurant à la Parnière lors de son mariage le 4 juillet 1785 à Chauché (vue 79) avec Marie Anne Jeanne Cailleteau (1759-1803) (44). Celle-ci, baptisée à Chauché le 31 août 1759 (vue 126), était la fille du fermier de Languiller, Pierre Cailleteau (1736-1784) et d’Anne Roy (1739-1816). Ils habitaient au logis (appelé alors château) et géraient par sous-location la grande métairie des lieux (exploitant eux-mêmes la borderie du logis) et trois autres métairies aux Essarts et à Chauché. Anne Roy, fille d’un bordier de Maurepas (Chauché) et de Françoise Cauneau, avait un frère, François, qui épousa Marie Forestier, sœur du curé de la paroisse, Charles Louis Forestier. Un frère de Pierre Cailleteau, Jacques, épousa une tante du maire de Saint-André-Goule-d’Oie, Marie Bordron.


Pierre Cailleteau est mort en 1784. Outre sa fille Marie Anne, il eut :
- Anne Louise (1769-1831), mariée à Augustin Beneteau d’abord (le 11-11-1795 vue 32 du 2e registre clandestin de Chauché), puis à Honoré Fumoleau.
- Jean Marie (1773-1855), célibataire, qui fut maire de Chauché en 1799 et dans les débuts de Napoléon, d’obédience républicaine, puis en 1830 servant les orléanistes. Ses notes sur le registre d’état-civil de Chauché révèlent un esprit cultivé et des opinions politiques fermes mais d’un comportement pacifique.
- Anne Adélaïde (1775-1853), mariée en 1802 à la Copechagnière avec Pierre Rezeau (1764-1813), marchand de bois, et surtout un chef vendéen nommé par le général Charette chef de la division de Montaigu en fin 1793.
- Pierre Louis (1777-1852), 16 ans en 1793, combattit aux Cent Jours en tant que capitaine, et fut percepteur des communes de Chauché, la Rabatelière et la Copechagnière. En récompense de son engagement il reçut un fusil d’honneur sous le régime de la restauration monarchique (45).

-        Marie Jeanne (1781-1837), mariée à Chauché avec Hélie Brisseteau

La sœur de Pierre Cailleteau, Marie Anne, épousa René Bossard, devenu fermier de la Chapelle après avoir travaillé à Languiller avec ses beaux-parents. Il fut agent (maire) de Chauché sous le Directoire, d’obédience républicaine. Son fils, François Bossard (1769-1801) fut capitaine de la garde nationale de Chauché à la fin de 1790, subissant l’animosité du camp royaliste de la commune dès 1791. En mars 1799 il fut élu président de la municipalité cantonale de Saint-Fulgent, nécessairement républicain dans le contexte local de la période.


Dans cette belle-famille, ouverte aux courants politiques opposés, René Pierre Forestier était du camp de la Révolution. Il n’est pas facile d’expliquer pourquoi dans cette famille les opinions politiques avérées collent difficilement aux déterminismes de toutes sortes, avancés habituellement pour décrire les engagements vendéens pendant la Révolution. C’étaient des paysans aisés et instruits assimilables à la bourgeoisie des gros bourgs, et leur capacité à faire des choix personnels est un fait à prendre en compte. Faut-il s’en étonner au moment où la liberté individuelle devenait une valeur sacrée dans les croyances et les discours des républicains ? René Pierre Forestier fut élu électeur du canton des Brouzils en 1792 avec 6 autres personnes. À l’époque le suffrage était à deux degrés, et ce sont ces électeurs qui furent admis à élire du 2 au 8 septembre 1792 à la Chataigneraie les députés de la Vendée à la Convention Nationale. Parmi ces électeurs se trouvaient aussi son frère, Charles Joseph Forestier, également propriétaire à la Parnière, ainsi que Louis François Michel Dubucquois, curé constitutionnel de l’Herbergement (46). Ces électeurs étaient élus par peu de citoyens, ceux qui étaient favorables aux nouvelles autorités révolutionnaires, leurs adversaires rejetant massivement les élections. Être élu plus tard en 1799 dans le bocage vendéen emporte la présomption d’une opinion favorable à la Révolution, comme on le constate dans le canton de Saint-Fulgent. De la présomption on passe à la certitude pour les frères Forestier, car ils ont dû se réfugier à Montaigu dès le 28 octobre 1793, puis à la Chapelle-Themer (47). Ce fut le lot de certains de ceux qui étaient favorables à la Révolution dans le bocage. Cela dépendait apparemment de l’ambiance locale et des individus, et il semble qu’à Chauché l’atmosphère a pu être « électrique ». Les révoltés vendéens, formant la majorité de la population, appelaient avec mépris ces « bourgeois » républicains des « patauds » et leur faisaient la chasse. Ainsi au décès de son frère Charles Joseph Forestier à Montaigu le 8 frimaire an 5 (28-11-1796, vue 36/72), René Pierre Forestier, étant témoin, est indiqué comme agriculteur demeurant à Montaigu. Ce qu’on ne sait pas, c’est s’il a fui temporairement Chauché à son initiative pour se réfugier, ou s’il a fait l’objet de menaces. Les comités communaux royalistes mis en place après la révolte de mars 1793 ont eu pour consignes en effet de mettre en demeure leurs ennemis de combattre à leur côté ou de quitter la contrée (48). 

La Chapelle-Themer

Le repli à la Chapelle-Themer (dans la plaine du sud Vendée sous la protection des armées républicaines) s’explique par la présence de Jean Gralepois, un parent qui avait acheté le domaine de la chapellenie de la Jarnie-Gandière aux Brouzils le 5 mai 1791, vendu comme bien national, ainsi que des terres de la cure des Brouzils le 28 avril 1792. À la Chapelle-Themer Marie Anne Cailleteau mit au monde deux de ses enfants, en 1795 et 1796. Un autre parent, Pierre Joseph Graslepois demeurant aux Brouzils avait acheté des terres dépendant de la cure des Brouzils le 8 aout 1791. Le district de Montaigu vendit tous les biens d’Eglise aux Brouzils (4 petits bénéfices ecclésiastiques et la cure), en beaucoup de lots, 24 au total dont 18 pour le seul presbytère et ses terres, à 16 acquéreurs différents en 1791 et 1792, presque tous demeurant dans la commune. Cette observation est à l’opposé de ce qu’on constate à Saint-André-Goule-d’Oie où l’on vendit les biens d’Eglise par blocs entiers à 4 propriétaires avant 1793 et le reste après, non sans difficulté avec certains habitants dans la paroisse. Et pourtant les deux paroisses se mobilisèrent pareillement dans la guerre de Vendée, ce qui confirme que ces ventes ont peu compté par elles-mêmes dans le déclenchement du soulèvement dans la contrée. René Forestier de la Parnière acheta le domaine du bénéfice du Chiron le 28 mars 1792. Son frère Joseph acheta à Chauché le bénéfice des Papions, et une maison à la métairie du Puytireau le 17 mars 1791 (49). On n’a pas l’inventaire des achats de biens nationaux par René Forestier, mais on relève qu’il revendit en 1808 à Thérèse de Martel, châtelaine de la Rabatelière, un petit pré situé le long du chemin de la Rabatelière à Chauché, provenant de l’adjudication au département de la Vendée du 1er floréal an 7 (20-4-1808) (50).

Le 11 février 1804 René Forestier racheta la terre de Languiller avec le logis, sa borderie (25 ha), ses deux grandes métairies, le bois de Languiller (92 ha), le tout à Chauché, et les métairies de la Justière et Foretière situées aux Essarts. Le vendeur était René Fabre, docteur en médecine et chirurgie à Nantes. Ce dernier l’avait acquise de la nation le 18 pluviôse an 6 (6-2-1798) en commun avec Vincent Luminais et compagnie. Puis dans un partage du 9 prairial an 7 avec ce dernier, il avait récupéré la pleine propriété de Languiller. René Forestier était entré en jouissance des biens achetés le 23 avril 1803, qu’il paya comptant 30 000 F (51), montant particulièrement faible comparé aux ventes de 1796, mais la valeur du franc a considérablement varié dans la période.

Sa femme est morte en couche à la Parnière le 30 thermidor an 12 (22-11-1803, vue 109 sur le registre des Brouzils). On imagine qu’elle a aimé revenir sur les lieux de son enfance en propriétaire, quelques mois malheureusement avant sa mort à l’âge de 44 ans. On remarque dans son acte de décès que son frère Jean Marie Cailleteau était alors fermier de Languiller. Il devait y vivre avec sa mère Anne Roy, et était toujours maire de Chauché. On ne sait pas si René Forestier le garda longtemps comme fermier. Lui-même y mourut le 11 juillet 1840 (vue 246). Il conserva néanmoins longtemps ses attaches aux Brouzils, y étant nommé maire par le préfet de janvier 1812 à juin 1814, secondé par son adjoint nommé Gralepois, à la suite du décès du maire précédent. Sept de ses enfants étaient nés à la Parnière entre 1789 et 1793, puis entre 1798 et 1803.

En limite du bois de Languiller vers la Girardière se trouvait un petit bois dit « des Héritiers », que René Forestier exploita, faisant abattre des arbres, car le considérant comme ayant fait partie du lot de Languiller vendu comme bien national et ayant appartenu auparavant au frère émigré de Thérèse de Martel, la châtelaine de la Rabatelière. Elle possédait le château et des terres attenantes, dont le bois des Héritiers, et elle contesta ce qu’elle considéra comme une appropriation illégale. L’enjeu de leur conflit était de déterminer le contenu du lot vendu par le département de la Vendée en 1798. Après une expertise, le Conseil de préfecture de la Vendée donna raison à Mme de Martel par arrêt du 25 mai 1812. En conséquence le tribunal de première instance de Napoléon-Vendée condamna le 15 juillet 1812 par défaut René Forestier à restituer à Mme de Martel la propriété du Bois des Héritiers et de la dédommager de la coupe de bois qu’il y avait effectuée (52). Devant le refus de payer de ce dernier, un huissier vint à la Parnière à son domicile le 13 janvier 1813 faire une saisie de meubles. Le procès-verbal note soigneusement les objets saisis dans chacune des pièces de la maison, René Forestier étant absent. Et le texte indique : « Louis Miguel, présent, demeurant à la Copechagnière, accepte d’être le gardien des meubles saisis. La vente est fixée au 30 de l’Avent sur la place du marché de Montaigu » (53). On ne connait pas la suite immédiate donnée à la saisie, mais Forestier ne lâcha pas. Il fit appel au Conseil d’Etat. Mais ce dernier rejeta son appel par ordonnance du 25 juin 1817 (54). Forestier dû payer les frais du procès perdu, la valeur des arbres abattus (900 F), et restituer le bois des Héritiers.


Querqui de la Pouzaire (v1830-v1842)


Après 1800, on n’a plus d’informations concernant la Parnière. Dans le premier cadastre des Brouzils (1838) on voit que le logis de la Parnière appartient avec ses terres à Sophie Querqui de la Pouzaire (55). Elle appartenait à une famille de la Marchegaizière depuis qu’en 1790 Auguste-Aimé Querqui de la Pouzaire avait épousé Henriette Marchegay. Un André Marchegay avait construit en 1645 le logis de la Marchegaizière situé à Saint-Denis-la-Chevasse (56). On comprend ainsi que les archives de la Parnière sont conservées à la Pouzaire de Saint-Hilaire-le-Vouhis.


Les Fauchet (depuis 1842)


Quand François Victor Fauchet (1817-1877) se marie aux Brouzils le 10 janvier 1842 (vue 309), avec Victoire Piveteau, il était domestique au Plessis le Tiers (Saint-André) et orphelin de ses parents. Ceux-ci, Joseph Fauchet et Marie Anne Audureau, avaient vécu à la Sauvetrière (Brouzils) à la naissance de leur premier enfant et on les suit à la naissance du troisième à la Girairière (Brouzils) et du cinquième (François Victor Fauchet) à la Bichonnière (Chauché). Cette itinérance était celle des métayers. Les parents de Victoire Piveteau (1818-1883), François Piveteau et Louise Begaud, ont vécu aux Brouzils. Sur leurs 6 enfants, deux moururent jeunes et deux autres sont restés célibataires.


François Victor Fauchet est venu habiter à la Parnière après son mariage, où sa femme y vivait déjà avec sa mère Louise Begaud et avec ses frères. Le père François Piveteau y était décédé le 12 octobre 1831 (vue 181). Louise Begaud avait 3,5 ha de domaines fonciers propres dans sa succession au bureau de Montaigu en 1855. On pense que les beaux-parents étaient métayers à la Parnière et François Victor Fauchet est entré dans la communauté de biens meubles déjà formée avec sa belle-mère, sa fille et ses deux fils. Au jour de son mariage le 10 janvier 1842 se sont aussi mariés le frère de la mariée, Louis Piveteau, avec la sœur du marié, Hyacinthe Fauchet. Cette pratique de marier les frères et sœurs dans deux familles n’était pas exceptionnelle. Les mariées devaient emmener leurs dots chez leurs maris, souvent sous forme d’avance d’héritages, ce qui affaiblissait le patrimoine de leurs propres familles. 

Eglise paroissiale de Chauché

Dans le contrat de mariage rédigé pour les deux mariages en même temps, on actait que chaque future épouse vendait sa part à sa future belle-sœur, ce qui en final gardait le patrimoine dans chaque famille d’origine. Dit autrement cela revenait à échanger les filles pour garder les patrimoines intacts entre gens de même condition. Quelle part avaient les sentiments dans la formation des couples à cette époque ? Les rares observations montrent qu’ils existaient généralement, mais on ne connait pas leur conception et leur importance dans ce milieu. Le beau-frère Louis Piveteau décèdera à la Chemairière des Brouzils le 13 avril 1872 (vue 106). Sur l’acte on lui attribue la profession de rentier. Sa femme décèdera à l’âge de 84 ans à la Parnière des Brouzils le 10 mars 1896 (vue 132). François Victor Fauchet mourra à la Parnière ainsi que sa femme. Il y avait acheté une maison en 1851 (57).

Jean Charles Fauchet (1845- ?) est leur fils qui leur succédera sur les lieux. Il épousa Marie Augustine Cossais et leurs trois enfants y sont nés, dont Victor Jean Joseph Fauchet, né le 8 juin 1871 (vue 111), qui continua la lignée des Fauchet à la Parnière. Marie Augustine Cossais était la fille de Jacques Louis Cossais, cultivateur et tisserand à Benaston de Chavagnes-en-Paillers. Ce double métier était tout naturel, quand on ne disposait que de peu de terres à cultiver. Parfois on qualifiait l’intéressé de bordier. L’agriculture contribuait à l’autonomie financière dans l’exercice d’un métier artisanal soumis aux aléas des commandes. Mais aussi l’artisanat procurait une ressource complémentaire à une activité agricole aléatoire au climat et peu rémunératrice. Cette situation était très répandue dans la contrée depuis fort longtemps.


Victor Fauchet (1871-1941)
Victor Fauchet épousa Célestine Cossais, dont la lignée est différente de celle de sa belle-mère malgré l’homonymie. Elle était fille d’Alexis Cossais et de Marie Charpentier. Les enfants de Victor Fauchet et Célestine Cossais naquirent à la Parnière. Parmi eux, ma mère.


(1) Lieux-dits de Chauché, Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 29-2. 
(2) A. de Guerry, Chavagnes, communauté vendéenne, Privat, 1988, page 44. 
(3) Aveu de 1343 de la Normandelière à Montaigu, copie d’Amblard de Guerry dans son classeur d’aveux faite aux Archives Nationales, P. 47. 
(4) Anselme de Sainte Marie, Histoire de la maison royale de France et des grands officiers de la couronne, 1730, page 452. Et Gaston de Carné, Revue historique de l'Ouest, Volume 14, Bureaux de la Revue, 1898 - France (Google eBook). 
(5) Ibidem. 
(6) http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Aubigne.pdf 
(7) Mémoire vers 1680 disant que Languiller est chemier des Bouchauds, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/A 12-5. 
(8) Guy de Raignac, Dépouillement concernant les familles vendéennes, analyse du cartulaire de la Jaunière, Archives de Vendée : 8 J 100, page 59, vue 61 accessible par internet. 
(9) Aveu du 10-6-1499 de la Parnière à Montaigu, copie d’Amblard de Guerry dans son classeur d’aveux, faite aux archives de la Pouzaire. Dossier famille d’Aubigné. 
(10) 150 J/C 11, attestation de paiement du 6 juillet 1581 de la ferme de la Parnière. Et aveu du 14-7-1610 de la Roche de Chauché rendu à la Merlatière, Archives de Vendée, G. de Raignac, Dépouillements d'archives publiques et privées concernant les familles vendéennes, vol. 12, 8 J 101, pages 69 et 70. 
(11) 150 J/G 38, copie de l’aveu du 26-8-1514 de la Mancellière aux Bouchauds. 
(12) 150 J/G 35, réception d’hommage de la Roche Amauvin du 22-7-1546. 
(13) Aveu de Languiller et autres fiefs aux Essarts le 2 juillet 1605 reprenant un aveu de 1550, Archives de Vendée, travaux de G. de Raignac : 8 J 101. 
(14) 150 J/C 74, aveu du 29-5-1579 de la Chapelle Begouin. 
(15) 150 J/G 35, ferme du 24-11-1591 de droits de rachat à la Roche Mauvin. 
(16) 150 J/C 11, attestation de paiement du 6 juillet 1581 de la ferme de la Parnière. 
(17) 150 J/C 21, sentence du 6-6-1585 pour la Chapelle à cause de la Limouzinière. 
(18) 150 J/C 21, aveu du 29 octobre 1598 de la Parnière à la Chapelle Begouin pour la moitié de la Limouzinière en Chauché. 
(19) E. de Monbail, Notes et croquis sur la Vendée, réimpression en 1978 par Laffitte Reprints de l’édition de 1843, page 166. 
(20) Gilles Ménage, Vie de Pierre Ayraut, 1675, remarques, p. 127. 
(21) Aveu du 14-7-1610 de la Roche de Chauché rendu à la Merlatière, Archives de Vendée, G. de Raignac, Dépouillements d'archives publiques et privées concernant les familles vendéennes, vol. 12, 8 J 101, pages 69 et 70. 
(22) Copie partielle d’un aveu vers 1615 de la Parnière à Montaigu, copie d’Amblard de Guerry dans son classeur d’aveux faite aux archives de la Pouzaire. 
(23) 150 J/A 11, retrait lignager de Chitton sur Brunet et divers, pièce no 108. 
(24) Dans les comptes du régisseur de la Rabatelière du 3 mars 1757 on voit qu’un jalon de miel pesait environ 5 kg, valant de 2 livres en argent [Livre des comptes de la Rabatelière (1755-1767) et titres de propriété, Archives de Vendée, chartrier de la Rabatelière : 150 J/K 6, page 31]. 
(25) M. de Gouttepagnon, Procès devant la Chambre des réformations des Eaux et Forêts au siège général de la Table des Marbres du palais à Paris, Revue du Bas-Poitou, 1897 2e livraison, pages 184 à 191 (vues 35 à 38 accessibles sur le site des Archives de Vendée). 
(26) 150 J/F 34, transaction du 10-3-1677 entre Barthélemy Soulard, Gabriel de Plouer seigneur de la Chopinière et Michel Gourdineau seigneur de la Parnière. 
(27) 150 J/C 42, arrêt du parlement de Paris du 6-6-1684 Chitton et Gourdineau. On y trouve l’historique des procédures. 
(28) 150 J/C 42, foi et hommage du 31-7-1681 pour la Robinerie et la Vrigonnière à Languiller. 
(29) Idem (27). 
(30) Mémoire vers 1701 sur le paiement d’un droit de ligence par la Parnière, Copie d’Amblard de Guerry dans un classeur d’aveux rendus au roi pour Montaigu en 1344. 
(31) Maurice Maupilier, Trois aigles d’azur au cœur profond de la Vendée, histoire de Mareuil-sur-Lay et du pays mareuillais, Le cercle d’or, 1980. 
(32) Idem (30). 
(33) Inventaire et partage du 1-4-1703 de la succession de Jeanne Jeullin, veuve Merland, Archives de Vendée, famille Babin et Cicoteau : 25 J/4, page 18. 
(34) 150 J/F 34, requête du 23-2-1723 de Nicolas Papin au lieutenant général de Poitiers demandant la visite de la Parnière. 
(35) 150 J/C 42, aveu du 23-9-1720 d’Anne Joseph de Lespinay à Languiller pour des droits seigneuriaux sur la Bironnière et la Vrignonnière (Chauché). 
(36) 150 J/F 34, pouvoir du 24-2-1723 du commissaire aux saisies à L. Baty pour le représenter à la visite de la Parnière. 
(37) 150 J/F 34, ordonnance du 3-4-1723 nommant 2 experts pour estimer les réparations à faire à la Parnière. 
(38) 150 J/C 18, appel en garantie du 26-11-1725 au présidial de Majou contre Bruneau. 
(39) 150 J/C 18 : ordonnance du 14-5-1726 du présidial de Poitiers d’un jugement de la Jarrie. 
(40) 150 J/C 18 : communication du 1-1-1726 de Chevalier à Bourot de 10 pièces du procès, page 4. 
(41) Ibidem : 150 J/C 18, page 2. 
(42) 150 J/I 55, livre des recettes et dépenses 1787-1789, page 28. 
(43) Procès-verbal du 13-9-1783 de chasse interdite à la Roche de Chauché, Archives de Vendée, maitrise des Eaux et Forêts de Fontenay : B 1441. 
(44) Familles de Chauché, Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 29-3. 
(45) P. Gréau, Les armes de récompense aux vétérans des armées de l’Ouest, La Chouette de Vendée, 2019, page 113 et 175. 
(46) Avant l’insurrection (1789-1792), Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé Boisson : 7 Z 46-1, d’après Chassin, Préparations de la Guerre de Vendée, tome 3, page 51. 
(47) Les réfugiés, les frères Forestier, Archives du diocèse de Luçon, fonds de l’abbé boisson : 7 Z 104-1. 
(48) Claude Petitfrère, Conseils et capitaines de paroisse : des comportements démocratiques en Vendée ? Actes du colloque La Vendée dans l’Histoire, Perrin, 1994, page 67 à 80. 
(49) Répertoire de ventes de biens nationaux antérieures à la loi du 28 ventôse an IV, district de Montaigu, Archives départementales de la Vendée sous-série 1 Q. 
(50) Vente du 20-4-1808 d’un pré par Forestier à Thérèse Montaudouin, Archives de Vendée, notaires de Chavagnes-en-Paillers, Bouron : 3 E 31/23. 
(51) Vente du 21 pluviôse an 12 de Fabre à Forestier de Languiller, la Justière et Foretière, Archives de Vendée, notaires de Montaigu étude F, J. M. Brethé : 3 E 27/59-2, vue 200. 
(52) 150 J/C 68, jugement du 15-7-1812 du tribunal civil de Napoléon contre Forestier. 
(53) 150 J/C 68, saisie du 13-1-1813 de mobiliers à René Forestier. 
(54) 150 J/C 68, ordonnance du 25-6-1817 du Conseil d’Etat rejetant l’appel de Forestier. 
(55) Archives de Vendée, cadastre napoléonien des Brouzils, tableau des sections : 3 P 422, vue 252 accessible par internet. 
(56) Guy de Raignac, Histoire des châteaux de Vendée de l’époque féodale au 19e siècle, Ed. Bonnefonds, 2000. 
(57) Archives de Vendée, cadastre napoléonien des Brouzils, matrice des propriétés foncières : 3 P 3496, vue 4 accessible par internet. 


Emmanuel François
Octobre 2020



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